Des super-réservoirs de magma découverts sous la Toscane (Italie) // Super magma reservoirs discovered beneath Tuscany (Italy)

Une étude par une équipe italo-suisse, publiée dans la revue Communications Earth & Environment, vient de révéler que la Toscane cache sous ses magnifique paysages de vastes réservoirs de magma. Ce n’est pas vraiment une surprise car la province italienne est réputée pour sa géothermie dont la centrale de Larderello est le parfait exemple. Voir ma note du 24 septembre 2023 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/09/24/larderello-italie-paradis-de-la-geothermie/

Photo : C. Grandpey

Grâce à la tomographie du bruit ambiant, qui permet d’analyser avec une précision inédite les vibrations naturelles du sol, une équipe de l’Université de Genève (UNIGE), de l’Institut des géosciences et des ressources de la Terre (CNR-IGG) et de l’Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV) a identifié sous la Toscane un vaste réservoir contenant environ 6 000 km3 de magma. Au-delà de la prouesse scientifique, cette avancée ouvre la voie à des méthodes d’exploration plus rapides et moins coûteuses pour localiser des ressources telles que les réservoirs géothermiques, le lithium (très recherché aujourd’hui) ou les terres rares, dont la formation est étroitement liée aux systèmes magmatiques profonds. Outre son grand intérêt scientifique, cette étude montre que la tomographie, en explorant le sous-sol rapidement et à moindre coût, peut être un outil utile à la transition énergétique.

Quand on parle de super réservoirs de magma, de super volcans ou de super éruptions, on pense tout de suite au Parc national de Yellowstone aux États-Unis, aux lacs Toba en Indonésie et Taupo en Nouvelle-Zélande. Ces célèbres sites volcaniques abritent d’immenses réservoirs de magma de plusieurs milliers de kilomètres cubes. Des indices visibles en surface comme des dépôts éruptifs, des cratères, des déformations du sol ou des émissions de gaz révèlent leur présence. Cependant, en l’absence de tels signes, d’importants volumes de magma peuvent rester cachés et passer inaperçus dans les profondeurs de la croûte terrestre.

C’est le cas en Toscane où des réservoirs contenant au total 6000 km3 de fluides volcaniques, entre 8 et 15 km de profondeur viennent d’être mis au jour par les équipes scientifiques mentionnées ci-dessus. Ce magma, qui pourrait potentiellement donner naissance à un super volcan dans plusieurs millions d’années, ne présente actuellement aucun risque. Sa présence a été mise en évidence grâce à la tomographie du bruit ambiant, une technique d’imagerie du sous-sol utilisée en sismologie. Elle permet de «radiographier» la structure interne de la croûte terrestre en exploitant les vibrations naturelles de l’environnement, issues notamment des vagues océaniques, du vent ou des activités humaines. En pénétrant le sol, ces signaux sont enregistrés par des capteurs sismiques à haute résolution déployés en surface. Une soixantaine d’appareils ont été utilisés dans le cadre de cette étude. Lorsque ces vibrations se propagent à faible vitesse, elles peuvent indiquer la présence de matériaux fondus tels que le magma.

Répartition des réseaux sismiques pour cette étude

L’analyse combinée des enregistrements a permis de reconstituer une image en trois dimensions de la structure interne de la zone couverte.

Modélisation de la province magmatique toscane

.Source : Université de Genève.

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A study by an Italian-Swiss team, published in the journal Communications Earth & Environment, has revealed that Tuscany conceals vast magma reservoirs beneath its magnificent landscapes. This is not entirely surprising, as the Italian province is renowned for its geothermal energy, of which the Larderello power plant is a prime example.

Thanks to ambient noise tomography, which allows for unprecedentedly precise analysis of natural ground vibrations, a team from the University of Geneva (UNIGE), the Institute of Geosciences and Earth Resources (CNR-IGG), and the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV) in Italy has identified a vast reservoir containing approximately 6,000 km³ of magma beneath Tuscany. Beyond the scientific achievement, this breakthrough paves the way for faster and less expensive exploration methods to locate resources such as geothermal reservoirs, lithium (highly sought after today), and rare earth elements, whose formation is closely linked to deep magma systems. In addition to its significant scientific interest, this study demonstrates that tomography, by exploring the subsurface quickly and at a lower cost, can be a valuable tool for the energy transition.
When we talk about super magma reservoirs, supervolcanoes, or super-eruptions, we immediately think of Yellowstone National Park in the United States, Lake Toba in Indonesia, and Lake Taupo in New Zealand. These famous volcanic sites contain immense magma reservoirs of several thousand cubic kilometers. Visible signs on the surface, such as eruptive deposits, craters, ground deformation, and gas emissions, reveal their presence. However, in the absence of such signs, significant volumes of magma can remain hidden and undetected deep within the Earth’s crust.
This is the case in Tuscany, where reservoirs containing a total of 6,000 km³ of volcanic fluids, located between 8 and 15 km deep, have recently been discovered by the scientific teams mentioned above. This magma, which could potentially give rise to a supervolcano in several million years, currently poses no risk. Its presence was detected using ambient noise tomography, a subsurface imaging technique used in seismology. This technique allows researchers to « X-ray » the internal structure of the Earth’s crust by exploiting natural environmental vibrations, such as those generated by ocean waves, wind, or human activity. As these signals penetrate the ground, they are recorded by high-resolution seismic sensors deployed on the surface. Approximately sixty devices were used in this study. When these vibrations propagate at low speeds, they can indicate the presence of molten materials such as magma.
Combined analysis of the recordings made it possible to reconstruct a three-dimensional image of the internal structure of the covered area.

Source: University of Geneva.

Étude des sources chaudes de Yellowstone avec la tomographie de résistivité électrique (TRE) // Study of Yellowstone hot springs using electrical resistivity tomography (ERT)

Aujourd’hui, de nouvelles technologies sont utilisées pour étudier les systèmes hydrothermaux de Yellowstone. Il y a une vingtaine d’années, j’ai participé à une campagne de mesures de la température des sources chaudes dans le Parc, sous l’égide de l’Observatoire volcanologique (YVO). J’utilisais un thermomètre qui m’a permis de relever les températures d’une vingtaine de sources. Aujourd’hui, la situation est différente. Des capteurs radio ont été installés à divers endroits du Yellowstone Geyser Basin ; ils enregistrent automatiquement les températures des chenaux d’écoulement des geysers, des bassins hydrothermaux, des sols et même de l’air. Les données sont ensuite transmises quotidiennement par radio et Internet aux bureaux de l’USGS à Menlo Park, en Californie, où elles sont archivées et mises à la disposition du public sur le site web de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone.

Morning Glory Pool, l’une des innombrables sources chaudes de Tellowstone (Photo: C. Grandpey)

Le dernier numéro des Yellowstone Caldera Chronicles , une chronique hebdomadaire rédigée par des scientifiques de l’Observatoire, est consacré à l’étude de l’eau et des roches dans le sous-sol de Yellowstone. Par le passé, les géologues effectuaient des forages pour étudier les conditions géologiques et hydrothermales du sous-sol, notamment en 1967-1968. Cependant, forer dans un système hydrothermal actif est une opération complexe et dangereuse, avec le risque d’une libération brutale de vapeur et d’eau chaude pendant les opérations de forage. La plupart des anciens forages ont été scellés, mais les diagraphies et carottes de roche extraites ont fourni de précieuses informations.
Ces dernières années, la géophysique est devenue une technique essentielle pour imager le sous-sol et étudier le système hydrothermal de Yellowstone sans avoir recours au forage. Des méthodes telles que la sismique, la magnétotellurique, l’électromagnétisme et la gravimétrie permettent aux scientifiques de déterminer les propriétés fondamentales des fluides et des roches. Les méthodes d’imagerie géophysique sont idéales pour le Parc national de Yellowstone car elles sont non invasives : il n’est pas nécessaire de perturber le sol pour étudier le système hydrothermal souterrain.

L’Université du Wyoming utilise depuis une dizaine d’années des méthodes géophysiques terrestres pour imager les réseaux hydrothermaux situés sous les sources chaudes et les geysers de Yellowstone. En 2018, un groupe d’étudiants a parcouru plus de 3 kilomètres avec un encombrant matériel géophysique afin de recueillir différents types d’images du sous-sol sous Sentinel Meadows, un bassin hydrothermal actif du Lower Geyser Basin.

Un ensemble de données a pu cibler le réseau hydrothermal sous la source Rosette (Rosette Spring, également appelée Bison Pool) grâce à la tomographie de résistivité électrique (TRE). L’eau hydrothermale étant conductrice, cette méthode est particulièrement efficace pour en réaliser l’imagerie en sous-sol. Les étudiants et leurs enseignants ont déployé cinq lignes parallèles de capteurs électriques autour de Rosette Spring afin de mesurer la résistivité du sous-sol. Cela a permis d’obtenir une image des eaux hydrothermales souterraines sans forer ni endommager la surface.

Source : YVO

Les résultats de la tomographie de résistivité électrique indiquent la présence d’eau hydrothermale près de la Rosette Spring à une profondeur de 5 à 10 mètres. Cependant, aucun conduit ne semble relier cette eau à la surface. Cela signifie que l’eau hydrothermale alimentant la source circule probablement à travers un réseau dense de petits canaux dans les dépôts glaciaires qui constituent la géologie de surface de la région. Ces canaux sont si étroits qu’ils sont difficiles à observer avec l’équipement utilisé par l’équipe de terrain. De plus, la ligne de TRE la plus proche de la source Rosette présente un signal plus résistif, caractéristique de dépôts de geysérite formés par le refroidissement et la précipitation de la silice par l’eau chaude de la source. Ceci démontre que les dépôts de silice observés en surface s’étendent en sous-sol jusqu’à une profondeur d’environ 7 mètres. L’image TRE ne révélant aucun conduit ou structure tubulaire reliant les eaux profondes à la surface, l’origine de l’eau de Rosette Spring demeure un mystère.

Les recherches se poursuivent afin de comprendre comment les eaux hydrothermales circulent depuis les réservoirs profonds jusqu’à l’émergence des sources chaudes de Yellowstone. Les géologues de l’Observatoire volcanologique de Yellowstone nous expliquent que de nouvelles données géophysiques haute résolution apporteront sans aucun doute de nouveaux éclairages concernant le système d’alimentation en eau chaude de Yellowstone.

L’intégralité de l’étude se trouve à cette adresse :

https://www.usgs.gov/observatories/yvo/news/path-least-resistance-investigating-hot-spring-plumbing-systems-yellowstone

Source : USGS, Observatoire volcanologique de Yellowstone.

Parmi les résultats de tomographie de résistivité électrique du sous-sol de Rosette Spring figure une coupe transversale de la ligne R3 comparée aux images de Google Earth. Les anomalies de résistivité élevée (du jaune au rouge) près de la surface correspondent à des dépôts de geysérite en surface. À côté de cela, la zone plus profonde à faible résistivité (bleu foncé) est interprétée comme étant constituée d’eau hydrothermale alimentant la source. (Source : Wyoming State Geological Survey)

Among the surface imagery and subsurface electrical resistivity tomography results from Rosette Spring, there is a cross sectional view of line R3 compared to Google Earth imagery. High-resistivity anomalies (yellow to red) in the near-surface correlate with white sinter deposits on the ground surface. In contrast, the deeper, low-resistivity zone (dark blue) is interpreted as hydrothermal water that feeds Rosette Spring. (Source : Wyoming State Geological Survey)

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Today, new technologies are being used to study the hydrothermal systems at Yellowsrone. Two decades ago, I participated in a campaign to measure the temperatures of the hot springs under the auspices of the Volcanological Observatory (YVO). I used a hand-held thermometer and collected the readings for about two dozen springs. Today, things are different. Radio-equipped sensors have been installed at different spots within the geyser basin, recording temperatures within runoff channels from geysers, hot pools, soils, and even air. The data are saved by the sensors and are then transmitted daily via small radios and the Internet back to the USGS offices in Menlo Park, California, where they are archived and distributed to the public on the Yellowstone Volcano Observatory website.

The latest issue of the Yellowstone Caldera Chronicles, a weekly column written by scientists of the Yellowstone Volcano Observatory (YVO) is dedicated to the study of water and rocks that are underground in Yellowstone.

In the past, geoscientists drilled boreholes to investigate subsurface geologic and hydrothermal conditions, most recently in 1967–68. However, drilling into an active hydrothermal system is complicated and risky. Many of the holes can erupt with steam and hot water during drilling operations. Most of the old boreholes were sealed, and the drilling logs and rock cores that were extracted provided valuable information.

More recently, geophysics has emerged as a key technique to image the subsurface and study the Yellowstone hydrothermal system without drilling into it. Methods such as seismic, magnetotelluric, electromagnetic, and gravity allow for scientists to determine fundamental material properties of fluid or rock. Geophysical imaging methods are ideal for Yellowstone National Park because they are noninvasive, meaning you do not have to significantly disturb the ground to learn about the subsurface hydrothermal system.

The University of Wyoming has been using ground-based geophysical methods for a decade to image the “plumbing systems” below hot springs and geysers in Yellowstone.

In 2018, a group of students hiked more than 3 kilometers with a very heavy collection of geophysical equipment to collect multiple types of subsurface images beneath Sentinel Meadows, a hydrothermally active drainage in Lower Geyser Basin. One data set targeted the plumbing system beneath Rosette Spring (aka Bison Pool) using electrical resistivity tomography (ERT). Hydrothermal water is electrically conductive, which makes this method very effective at imaging hydrothermal water in the subsurface. The students and instructors laid out five parallel lines of electrical sensors across Rosette Spring to measure the resistivity of the subsurface, which yielded an image of the hydrothermal waters below the ground without requiring any drilling or other damage.

The results from the ERT survey show that there is hydrothermal water near Rosette Spring about 5–10 meters down, but that there is no distinct pipe or conduit leading to the pool at the surface. This leads to the important conclusion that the hydrothermal water feeding the pool likely travels through a dense network of small pathways in the glacial deposits that make up the surface geology in the area. Such pathways are so small that they are hard to see with the equipment that the field team used. Additionally, the ERT line nearest to Rosette Spring shows a more resistive signal indicative of white sinter deposits that are created by the hot spring waters cooling and precipitating silica. This demonstrates that the white sinter deposits seen at the surface extend into the subsurface to a depth of about 7 meters. Because the ERT image does not show a resolvable conduit or pipe-like structure from deeper water to the surface, it remains a mystery as to how Rosette Spring gets its water, and research continues into how hydrothermal waters travel from deep reservoirs and emerge as hot springs in Yellowstone. YVO geologists say that new high-resolution geophysical data will undoubtedly continue to provide insights into Yellowstone’s hot water plumbing systems.

Just click on this link to find the study :

https://www.usgs.gov/observatories/yvo/news/path-least-resistance-investigating-hot-spring-plumbing-systems-yellowstone

Source : USGS, Yellowstone Volcano Observatoty.

Datation des éruptions de Yellowstone // Dating the Yellowstone eruptions

Les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) ont recensé au moins 28 éruptions au sein de la caldeira de Yellowstone depuis sa formation il y a 631 000 ans. Il s’agit d’une estimation minimale basée sur les vestiges géologiques préservés. Les travaux en cours visent à affiner ce décompte en identifiant les éruptions plus anciennes dont les dépôts ont été enfouis ou masqués par des coulées de lave plus récentes. Ces résultats ont été présentés dans les Yellowstone Caldera Chronicles, une publication hebdomadaire rédigée par des scientifiques et des collaborateurs de l’Observatoire. À noter qu’en janvier 2025, un numéro des Yellowstone Caldera Chronicles avait déjà été consacré au passé du super volcan :

Yellowstone (1) : le passé du super volcan // Yellowstone (1) : the past of the super volcano

L’histoire volcanique de Yellowstone comprend trois éruptions qui ont formé la caldeira au cours des 2,1 derniers millions d’années. La plus récente, il y a 631 000 ans, a créé la caldeira que nous connaissons actuellement et a marqué un tournant vers des coulées de lave rhyolitique de plus petite taille et des dômes confinés principalement à l’intérieur de la caldeira, et non plus vers des éruptions d’envergure continentale.
La cartographie géologique et la datation ont permis d’identifier au moins 28 éruptions au sein de la caldeira depuis sa formation. Il s’agit d’un décompte minimal basé sur les éruptions identifiables avec certitude dans les archives géologiques. Les dépôts éruptifs plus anciens sont souvent masqués par des coulées de lave plus récentes, et dans de nombreuses zones, seuls de petits affleurements isolés subsistent, ce qui limite notre compréhension de leur étendue et de leur âge. La glaciation et l’érosion ont par ailleurs modifié le paysage, en déplaçant ou en redistribuant les matériaux volcaniques.
Pour reconstituer l’histoire éruptive de Yellowstone, les géologues ont établi une relation entre une cartographie de terrain détaillée avec la géochimie, la géochronologie et le paléomagnétisme. La composition chimique permet de distinguer les différents types de de magmas ; la datation radiométrique précise le calendrier des éruptions, tandis que les signatures paléomagnétiques conservées lors du refroidissement de la lave permettent de différencier les éruptions survenues à des périodes différentes.
Les rhyolites du Plateau Central (Central Member Plateau) constituent l’une des séquences éruptives post-caldeira les mieux étudiées et recouvrent une grande partie du fond de la caldeira. De nouvelles datations avec la méthode 40Ar/39Ar divisent ces coulées en cinq groupes éruptifs informels, avec des âges moyens rapportés à un niveau de confiance de 95 %, ce qui améliore la résolution entre les éruptions rapprochées.
La région de West Thumb, au bord du lac Yellowstone, enrichit ce tableau. On pense qu’il s’agit de la zone d’émission d’une éruption explosive à l’origine du Tuf de Bluff Point. Cela prouve que le volcanisme post-caldeira ne s’est pas limité aux seules coulées de lave.

Le canyon de la Yellowstone River présente de beaux exemples de tufs rhyolitiques (Photo: C. Grandpey)

Une coulée de lave affleurant dans la vallée de Hayden (célèbre pour ses meutes de loups) était auparavant associée à une éruption datée d’environ 102 000 ans, mais les nouvelles données montrent que la lave pourrait être plus proche de 160 000 ans, ce qui laisse supposer une éruption jusqu’alors inconnue. Des scientifiques de l’USGS ont prélevé des échantillons de cette coulée en 2025 pour une datation à l’argon ; on attend les résultats.
Des travaux effectués sur le terrain en 2025 ont également permis d’identifier un petit affleurement de lave le long de la Gibbon River, près du ruisseau Nez Perce Creek, qui semble se situer sous une coulée connue. L’analyse géochimique et la datation à l’argon permettront de déterminer si cet affleurement correspond à une éruption distincte ou s’il fait partie d’une unité déjà identifiée.
Par ailleurs, des chercheurs de l’Université du Montana ont identifié des dépôts volcaniques au nord-ouest de la caldeira, près de la Madison Junction. Ces dépôts pourraient provenir d’éruptions survenues peu avant la formation de la caldeira, il y a 631 000 ans. Si c’est le cas, cela permettrait de combler le fossé entre l’activité de pré-caldeira et de post-caldeira.
Source : USGS, The Watchers.

Carte de la caldeira de Yellowstone avec la localisation et l’âge des éruptions rhyolitiques les plus récentes à Yellowstone, et appartenant au Central Plateau Member. La région de West Thumb est indiquée car elle est considérée comme le lieu d’une éruption explosive et la source du Tuf de Bluff Point. Les rhyolites du Central Plateau Member sont divisées en cinq groupes informels d’après les nouvelles datations effectuées avec la méthode 40Ar/39Ar. Chaque groupe informel est représenté par la même couleur. Les numéros figurant sur la carte et dans la légende indiquent l’emplacement des différentes coulées de lave. L’âge moyen par groupe et son intervalle de confiance à 95 % sont indiqués à côté de la liste des unités. (Source : USGS)

Carte de meilleure résolution à cette adresse :

https://www.facebook.com/USGSVolcanoes/posts/how-many-eruptions-has-yellowstone-had-simple-questioncomplex-answer-todays-yell/1300881892086276/

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Scientists at the Yellowstone Volcano Observatory (YVO) have identified at least 28 eruptions within the Yellowstone Caldera since it formed 631 000 years ago, a minimum estimate based on preserved geologic evidence. Ongoing work is focused on refining this count by identifying older eruptions whose deposits were buried or obscured by younger lava flows. The findings were presented in Yellowstone Caldera Chronicles, a weekly column written by scientists and collaborators of the Yellowstone Volcano Observatory. In January 2025, an issue of the Yellowstone Caldera Chronicles was already dedicated to the supervolcano’s past (see above).

Yellowstone’s volcanic history includes three caldera-forming eruptions over the past 2.1 million years. The most recent, 631 000 years ago, created the present-day caldera and marked a shift toward smaller rhyolite lava flows and domes confined largely within the caldera rather than continent-wide eruptions.

Geologic mapping and age dating identify at least 28 eruptions within the caldera since its formation. This is a minimum count based on eruptions that can be confidently recognized in the geologic record. Earlier eruptive deposits are often obscured by younger lava flows, and in many areas, only small, isolated outcrops remain, limiting insight into their extent or age. Glaciation and erosion have further modified the landscape, removing or redistributing volcanic material.

To reconstruct Yellowstone’s eruptive history, geologists combined detailed field mapping with geochemistry, geochronology, and paleomagnetics. Chemical compositions distinguish magma batches, radiometric ages constrain eruption timing, while paleomagnetic signatures preserved during lava cooling separate eruptions that formed at different times.

The Central Plateau Member rhyolites form one of the best-studied post-caldera eruptive sequences and cover much of the caldera floor. New 40Ar 39Ar dating divides these flows into five informal eruption groups, with mean ages reported at the 95 percent confidence level, improving resolution between closely spaced eruptions.

The West Thumb region of Yellowstone Lake adds another layer to this picture. It is thought to be the vent area for an explosive eruption that produced the Tuff of Bluff Point, showing that post-caldera volcanism was not limited to lava flows alone.

A lava flow exposed in Hayden Valley was previously linked to an eruption dated at about 102 000 years but the new data suggest the lava may be closer to 160 000 years old, suggesting a previously unrecognized eruption. USGS scientists collected samples from this flow in 2025 for argon dating, with results pending.

Field work in 2025 also identified a small lava exposure along the Gibbon River near Nez Perce Creek that appears to lie beneath a known flow. Geochemical analysis and argon dating will determine whether this exposure represents a distinct eruption or part of an already identified unit.

In addition, researchers from Montana State University have identified volcanic deposits northwest of the caldera near Madison Junction. The deposits may represent eruptions that occurred shortly before the caldera-forming event 631 000 years ago, helping overcome the gap between pre-caldera and post-caldera activity.

Source : USGS, The Watchers.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde.

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Le 20 décembre 2025, une éruption de boue s’est produite au niveau du Black Diamond Pool, dans le Parc national de Yellowstone. Une vidéo partagée par l’USGS sur les réseaux sociaux montre de la boue en train de jaillir du Biscuit Basin, à mi-chemin entre l’Old Faithful et le Grand Prismatic. Il se peut que d’autres éruptions soient passées inaperçues si elles ont eu lieu de nuit ou lorsque la caméra était masquée par la glace.
Le Black Diamond Pool a déjà été le théâtre d’une explosion hydrothermale en juillet 2024. Elle avait projeté des roches et de la boue à plusieurs dizaines de mètres de hauteur et endommagé une passerelle. Cet incident avait entraîné la fermeture de la zone aux visiteurs en raison des dégâts et du risque de nouvelles explosions.
Voici une vidéo de l’éruption du 20 décembre :
https://youtu.be/U6lBFU1mL5s

Source : Service des parcs nationaux.

Éruption du 20 décembre 2025 (Source : NPS)

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En Indonésie, les autorités locales mettent en garde contre le danger des coulées pyroclastiques et des lahars. Le 21 décembre 2025, une importante coulée de boue, déclenchée par de fortes pluies sur le Semeru, a piégé un mineur de sable dans la rivière Regoyo, dans l’est de l’île de Java. L’homme a survécu sans être emporté par les eaux. Par ailleurs, un camion a également été bloqué par la crue. De plus, les routes menant à trois hameaux ont été coupées par la coulée de boue.
Voici une courte vidéo de l’incident :

https://www.youtube.com/shorts/E9ZGFZaOgwU?feature=share

Source : presse indonésienne.

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Toujours en Indonésie, l’éruption du Merapi (Java) se poursuit. Ces derniers jours, le dôme de lave sud-ouest a généré entre 3 et 36 avalanches par jour ; elles ont parcouru jusqu’à 1,5 km vers le sud-ouest dans la ravine de la Bebeng, 1,8 km dans celle de Sat/Putih et 1,8 km dans celle de la Krasak. Une coulée pyroclastique a dévalé le flanc du volcan sur 1,5 km le 20 décembre 2025. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et il est conseillé au public de se tenir à une distance d’au moins 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.
Source : PVMBG.

Dôme du Merapi (Photo: C. Grandpey)

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Dans sa dernière mise à jour du 23 décembre 2025, le Met Office islandais indique que l »accumulation de magma sous Svartsengi demeure lente mais régulière, comparable à celle des dernières semaines. Tant que cette accumulation se poursuit, la probabilité d’une éruption reste élevée ; cependant, l’incertitude quant à la date de la prochaine éruption augmente lorsque l’accumulation est lente, comme c’est le cas actuellement. Compte tenu du rythme actuel d’accumulation, cette incertitude s’étend sur plusieurs mois. Le constat est simple : personne ne sait quand se produira la prochaine éruption !
Les mesures et les modélisations montrent que depuis mars 2024, le volume de magma nécessaire pour déclencher une éruption a augmenté. La quantité de magma accumulée sous Svartsengi entre les éruptions depuis cette date oscille entre 17 et 23 millions de mètres cubes. Depuis la dernière éruption en juillet 2025, un peu plus de 18 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi.

Volume de magma accumulé sous Svartsengi depuis décembre 2023. Les barres orange représentent le volume accumulé entre les éruptions. La barre rouge représente le volume accumulé entre l’éruption de juillet 2025 et aujourd’hui.

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Débuté le 23 décembre 2025 à 20h20 (heure locale), l’Épisode 39 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a brutalement pris fin le 24 décembre 2025 à 2h13, après environ six heures de fontaines de lave ininterrompues. Les fontaines émises par la bouche sud ont atteint une hauteur de 420 mètres, tandis que celles de la bouche nord ont culminé à près de 280 mètres. Cet Épisode 39 a produit environ 10 millions de mètres cubes de lave. Le débit éruptif moyen, calculé à partir des deux fontaines, a dépassé 190 mètres cubes par seconde. Les coulées de lave ont recouvert environ 60 à 70 % du plancher du cratère de l’Halema’uma’u.
Source : HVO.

Fontaines de plus de 400 m de hauteur (image webcam)

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Dans son dernier rapport hebdomadaire, l’’IGP indique que le Sabancaya (Pérou) poursuit son activité éruptive. Au cours de la semaine écoulée, une explosion d’intensité modérée a été détectée, avec une colonne de cendres et de gaz qui est montée à 1 300 m au-dessus du sommet du volcan. L’IGP a également enregistré une activité sismique liée à la circulation des fluides magmatiques et à la fracturation interne de roches. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique reste Orange.

Crédit photo: IGP

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Les images satellites de Home Reef (arc volcanique de Tofua / Tonga) montrent qu’entre le 17 et le 22 décembre 2025, de nouveaux lobes de lave se sont formés dans plusieurs directions à partir d’un cratère situé au centre de l’île. Les coulées à l’est et au sud-est ont atteint l’océan et ont étendu le littoral d’environ 100 m. Des anomalies thermiques ont également été observées au sommet de l’île.
Source : Copernicus.

Home Reef en décembre 2025 (Source : Copernicus Sentinel-2)

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L’Agence météorologique japonaise (JMA) indique qu’une activité éruptive est toujours observée au niveau du cratère Minamidake du Sakurajima. Une incandescence nocturne du cratère est visible sur les images des webcams et de petites éruptions sont parfois détectées. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 5) et le public est invité à la prudence dans un rayon de 2 km autour des cratères Minamidake et Showa.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Puracé (Colombie). La sismicité est caractérisée par de brefs épisodes de trémor, des signaux longue période indiquant des mouvements de fluides et des périodes de trémor continu. La sismicité se situe à des profondeurs inférieures à 2 km. Les émissions de gaz et de cendres s’élèvent entre 600 et 1 700 m au-dessus du sommet. D’importantes émissions de SO₂ sont détectées sur les images satellitaires. Les températures élevées dans la zone du cratère sont probablement liées aux émissions de gaz à haute température. Des retombées de cendres sont toujours signalées dans plusieurs localités. Le niveau d’alerte reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs).
Source : Servicio Geologico Colombiano.

Cratère du Puracé (Crédit photo : SGC)

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L’activité éruptive se poursuit sur le Fuego (Guatemala), avec des explosions stromboliennes quotidiennes. Des grondements et des ondes de choc sont toujours signalés. Des explosions projettent parfois des matériaux incandescents jusqu’à 300 m au-dessus du sommet. Des avalanches de blocs incandescents dévalent plusieurs ravines, atteignant parfois la végétation. Des retombées de cendres sont signalées dans les zones sous le vent. Le 18 décembre 2025, des lahars ont dévalé trois ravines, emportant des branches d’arbres, des troncs, des matériaux volcaniques et des blocs atteignant 3 mètres de diamètre.
Source : INSIVUMEH.

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Au Kamtchatka, la couleur de l’alerte aérienne reste à l’Orange pour le Krasheninnikov et le Sheveluch. Elle est maintenue au Jaune pour le Bezymianny.

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Dernière minute : Pour le moment la situation n’est pas inquiétante, mais il semblerait que l’Etna (Sicile) ait choisi la veille de Noël pour rappeler aux Siciliens qu’il est toujours en vie. Une hausse d’activité est observée par l’INGV et l’alerte aérienne (VONA) est passée à la couleur Jaune (niveau 2, avant l’Orange et le Rouge). Les instruments montrent une activité strombolienne à l’intérieur du Cratère Nord-Est, accompagnée d’une hausse du tremor. Le dernier bulletin de l’INGV (26 décembre 2025) fait état de projections  de matériaux incandescents qui retombent parfois sur le flanc du cône, et l’émission de quantités modestes de cendres volcaniques. Le nuage éruptif est transporté par le vent en direction nord-est, et de légères retombées de cendres ont été signalées à Piano Provenzana et Taormina.

Des explosions stromboliennes sporadiques se sont également produites durant la nuit dans la Bocca Nuova, en particulier au niveau de la bouche BN-2, avec l’éjection de matériaux incandescents
jusqu’à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du cratère.

Source: INGV.

Source : INGV

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Dernière minute : L’activité du volcan de boue Piparo (Trinité-et-Tobago) a commencé à s’intensifier tôt le 24 décembre 2025 et s’est poursuivie jusqu’à Noël, avec des projections de boue jusqu’à 4,60 m de hauteur et des dégâts aux routes, habitations et infrastructures environnantes. Plusieurs maisons situées aux alentours du volcan ont signalé des fissures et des effondrements de murs en raison de la hausse d’activité depuis mercredi. Les autorités ont confirmé la présence de soulèvements du sol et de fréquentes éruptions du volcan de boue toutes les 10 à 20 secondes. Les éruptions étaient audibles jusqu’à 15-30 m du site.

La dernière éruption majeure du volcan remonte au 22 février 1997, lorsqu’il a projeté de la boue et des débris à 61 m de hauteur, recouvrant une superficie de 2,5 km². Plus de 300 personnes ont été évacuées. 31 familles ont été déplacées, et des animaux domestiques et du bétail ont péri lors de l’événement.

https://www.youtube.com/watch?v=mCYTPWIIsdo&pp=ygUgUGlwYXJvIG11ZCB2b2xjYW5vIGRlY2VtYmVyIDIwMjU%3D

Le volcan est resté relativement inactif jusqu’à l’éruption majeure de 2019, qui a provoqué des fissures et des effondrements de murs, affectant plusieurs maisons du secteur.

Source: The Watchers.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is the latest news about volcanic activity around the world.

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On 20 Decembern 2025, a muddy eruption occurred at Black Diamond Pool in Yellowstone National Park. Video shared by the USGS on social media shows mud spraying up and out from the pool in Biscuit Basin which is located about midway between Old Faithful and Grand Prismatic. Other recent eruptions have mostly been audible and not visible, because they happened either at night or when the camera was obscured by ice.

Black Diamond Pool was previously the site of a hydrothermal explosion, in July 2024, that sent rocks and mud flying tens of meters high and damaged a boardwalk. It prompted the closure of the area to visitors due to the damage and the potential for additional hazardous activity.

Source : National Park Service.

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In Indonesia, local authorities warn against the dangers of pyroclastic flows and lahars. A large lahar triggered by heavy rains on Mount Semeru trapped a sand miner in the Regoyo River in East Java, on December 21, 2025. The man survived without being swept away. Meanwhile, a truck was also reportedly stranded by the flood. In addition, roads leading to three hamlets were reportedly cut off by the mudflow.

Source : Indonesian news media.

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Still in Indonesia, the eruption at Merapi (Java) continues. During the past days, the SW lava dome produced 3-36 daily lava avalanches that traveled as far as 1.5 km SW down the Bebeng drainage, 1.8 km down the Sat/Putih drainage, and as far as 1.8 km SW down the Krasak drainage. A pyroclastic flow traveled 1.5 km down the flanks on 20 December 2025. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is advised to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

Source : PVMBG.

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In its latest update of 23 December 2025, the Icelandic Met Office indicates that magma accumulation beneath Svartsengi remains slow but steady, comparable to recent weeks. As long as magma accumulation continues, the likelihood of an eruption remains elevated; however, uncertainty regarding the timing of the next eruption increases when magma accumulation is slow. Given the current rate of accumulation, the uncertainty in timing spans several months. It’s easy to conclude that nobody knows when the next eruption will occur !

Measurements and modelling indicate that since March 2024, the volume of magma required to trigger an eruption has increased. The amount of magma that has accumulated beneath Svartsengi between eruptions since that time has ranged between 17 and 23 million cubic metres. Since the last eruption in July 2025, just over 18 million cubic metres of magma has accumulated beneath Svartsengi.

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Started at 8:20 pm (local time) on December 23, 2025, Episode 39 of the Kilauea eruption (Hawaii) ended abruptly at 2:13 a.m. on December 24, 2025 after about 6 hours of continuous fountaining. Lava fountains from the south vent reached up to 420 m while north vent fountains were just under 280 meters at their heighest. Episode 39 fountains produced an estimated10 million cubic meters of lava. The global average eruption rate was over 190 cubic meters per second from the dual fountains. Lava flows covered about 60-70% of the floor of Halemaʻumaʻu crater.

Source : HVO.

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In its latest weekly report, the IGP indicates that Sabancaya (Peru) continues its eruptive activity. During the past week, a moderate explosion was detected, with a column of ash and gas rising 1,300 meters above the volcano’s summit. The IGP also recorded seismic activity related to the circulation of magmatic fluids and internal fracturing of rocks. Consequently, the volcanic alert level remains Orange.

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Satellite images of Home Reef (Tofua volcanic arc / Tonga) showed that between 17-22 December 2025 new lobes of lava advanced in multiple directions from a crater the center of the island. Flows to the E and SE each entered the ocean and extended the coastline by about 100 m. Thermal anomalies were also observed over the summit. .

Source: Copernicus.

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The Japan Meteorological Agency (JMA) indicates that eruptive activity is still observed at Sakurajima‘s Minamidake Crater. Nightly crater incandescence is visible in webcam images and small eruptive events are occasionally detected. The Alert Level remains at 3 (on a 5-level scale), and the public is advised to be cautious within 2 km of both the Minimadake and Showa craters.

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Eruptive activity continues at Puracé (Colombia). Seismicity is characterized by pulses of tremor, long-period signals indicating fluid movement, and periods of continuous tremor. The seismicity is located at depths of less than 2 km. Gas-and-ash emissions are rising 600-1,700 m above the summit. Significant SO2 emissions are detected in satellite data. Elevated temperatures in the crater area are possibly associated with the emissions of hot gases. Ashfall is still reported in several communities. The Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale).

Source : Servicio Geologico Colombiano.

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Eruptive activity continues at Fuego (Guatemala) with daily Strombolian explosions. Occasional rumbling sound and shock waves associated with gas emissions are reported. Explosions occasionally eject incandescent material as high as 300 m above the summit. Incandescent block avalanches descend several drainages, sometimes reaching vegetated areas. Ashfall is reported in areas downwind. On December 18, 2025, lahars descended three drainages, carrying tree branches, trunks, volcanic material, and blocks as large as 3 meters in diameter.

Source : INSIVUMEH.

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In Kamchatla, the aviation color code is kept at Orange for Krasheninnikov and Sheveluch. It is Yellow for Bezymianny.

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Last minute: For the moment, the situation is not alarming, but it seems that Mount Etna (Sicily) chose Christmas Eve to remind Sicilians that it is still alive. An increase in activity has been observed by the INGV, and the aviation color code (VONA) has been raised to Yellow (level 2, before Orange and Red). Instruments are showing Strombolian activity inside the Northeast Crater, accompanied by an increase in the tremor. The latest INGV bulletin (December 26, 2025) reported ejections of incandescent material that occasionally fell back onto the flank of the cone, and the emission of modest quantities of volcanic ash. The eruptive cloud is being carried by the wind in a northeast direction, and light ashfall has been reported in Piano Provenzana and Taormina.

Sporadic Strombolian explosions also occurred overnight in Bocca Nuova, particularly at vent BN-2, with incandescent material being ejected up to several tens of meters above the crater.

Source: INGV.

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Activity at the Piparo Mud Volcano (Trinidad and Tobago) began increasing early on December 24, 2025, and continued through Christmas, ejecting mud up to 4.6 m into the air and damaging roads, homes, and nearby infrastructure. Multiple homes in areas around the volcano have reported cracks and wall collapses due to the increasing activity since Wednesday.. Officials confirmed visible cracks, ground uplift, and frequent eruptions occurring every 10–20 seconds. The eruptions were audible up to 15–30 m away from the site

The last major eruption at the volcano occurred on February 22, 1997, when it erupted mud and debris 61 m into the air, covering an area of 2.5 km². This forced the evacuation of over 300 people. Thirty-one families were displaced, while some pets and livestock were killed during the incident.

https://www.youtube.com/watch?v=mCYTPWIIsdo&pp=ygUgUGlwYXJvIG11ZCB2b2xjYW5vIGRlY2VtYmVyIDIwMjU%3D

The volcano remained relatively dormant until its next major burst in 2019, when it caused cracks and wall collapses affecting multiple homes in the area.

Source: The Watchers.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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