Nouvelles recherches sur l’histoire éruptive de Yellowstone // More research about Yellowstone eruptive history

La surveillance des volcans aux États-Unis est une priorité pour l’USGS qui est en train de mettre en place un système d’alerte volcanique à l’échelle du pays. Le système permettra aux scientifiques de mieux contrôler les volcans dangereux aux États-Unis en modernisant et en étendant les réseaux de surveillance existants, notamment à l’aide de sismomètres large bande, de récepteurs GPS effectuant des mesures en continu et en temps réel, et de capteurs de gaz volcaniques. De nouveaux réseaux sont également en train d’être installés sur des volcans mal surveillés jusqu’à présent, comme le Mont Baker dans l’Etat de Washington. Yellowstone fait partie de ces efforts pour améliorer la surveillance des volcans américains.
La plupart des articles de presse sur Yellowstone affirment que le volcan est en retard dans son processus éruptif et qu’une éruption majeure pourrait survenir à court terme. Le super volcan de Yellowstone a provoqué une éruption cataclysmale il y a environ 613 000 ans. Il a alors a rejeté environ 1 000 kilomètres cubes de matériaux, ce qui représente plus du double du volume du Lac Érié et 2 500 fois le volume de matériaux émis pendant l’éruption du Mont St. Helens en 1980.
Depuis la dernière super éruption, le volcan de Yellowstone a connu de nombreuses éruptions de moindre importance avec émissions de coulées de rhyolite. Les scientifiques de l’USGS essayent maintenant de mieux appréhender ces événements de moindre envergure afin de comprendre les dangers liés au système magmatique du volcan de Yellowstone.
Selon le California Volcano Observatory, le super volcan a connu au moins 28 éruptions de rhyolite au cours des 610 000 dernières années. Ce ne sont pas des éruptions mineures car elles ont donné naissance à des coulées de lave avec des volumes allant de 0,42 à 71 km3. En comparaison, le Mont St. Helens a vomi 0,25 kilomètre cube de matériaux en 1980.
Les scientifiques espèrent savoir si ces coulées de lave ont été produites lentement au fil du temps, ou si elles proviennent de courtes éruptions réparties sur un bref laps de temps. Si les éruptions sont regroupées dans le temps, la survenue d’une première éruption peut indiquer que d’autres peuvent se produire à brève échéance.
Les chercheurs ont utilisé une technique de datation basée sur la désintégration du potassium 40 radioactif en argon 40 radioactif ; elle permet de savoir à quel moment la roche s’est cristallisée et donc de calculer l’époque à laquelle elle est apparue.
En analysant les roches volcaniques de Yellowstone, les chercheurs ont découvert que les coulées de rhyolite étaient «fortement concentrées dans le temps», avec des éruptions qui se sont produites par épisodes. Au cours de l’une des phases d’activité, il y a eu sept éruptions sur une période d’environ 1 000 ans. L’équipe scientifique espère maintenant affiner ces recherches et les intégrer dans l’évaluation des risques volcaniques à Yellowstone.
Source: USGS, Newsweek.

—————————————————

Monitoring volcanoes across the U.S. is a priority for the USGS, and the agency is currently in the process of establishing a National Volcano Early Warning System. The system will help scientists better monitor all dangerous volcanoes in the U.S. by modernizing and expanding its networks using broadband seismometers, real-time continuous GPS receivers and volcanic gas sensors, among other technologies. New networks are also being introduced to poorly monitored volcanoes like Mount Baker in Washington. Yellowstone is part of these efforts to better monitor U.S. volcanoes.

Most press articles about Yellowstone affirm that the volcano is overdue in its eruptive history and that a major eruption might occur in the short term. The Yellowstone supervolcano produced a huge eruption around 613,000 years ago, when it ejected about 1,000 cubic kilometres of material. This is more than double the volume of Lake Erie, and 2,500 times bigger than the 1980 eruption of Mount St. Helens.

Since that time, the Yellowstone volcano has produced many more smaller eruptions of rhyolite lava flows. USGS scientists are now working to better understand these smaller events in order to understand the hazards posed by the magmatic system at Yellowstone.

According to the California Volcano Observatory, the super volcano has produced at least 28 rhyolite eruptions over the last 610,000 years. These were not small eruptions as they produced lava flows ranging from 0.42 to 71 cubic kilometres. In comparison, Mount St. Helens produced 0.25 cubic kilometres of material.

What scientists are hoping to work out is whether these lava flows were produced slowly over time, or whether it came from short, clustered eruptions. If eruptions are clustered in time then the occurrence of one eruption may indicate that the next eruption may follow closely.

Researchers used a dating technique based on the decay of the radioactive potassium-40 to radioactive argon-40, which can tell them when the rock crystalized, allowing them to work out time of origin.

By analyzing the volcanic rocks at Yellowstone, researchers discovered that rhyolite lava flows were “highly clustered in time,” with eruptions taking place in episodes. In one phase of activity there were seven eruptions over a period of around 1,000 years. The scientific team now hopes to further refine these episodes and build this into volcanic hazard assessments for Yellowstone.

Monitoring volcanoes across the U.S. is a priority for the USGS, and the agency is currently in the process of establishing a National Volcano Early Warning System. The system will help scientists better monitor all dangerous volcanoes in the U.S. by modernizing and expanding its networks using broadband seismometers, real-time continuous GPS receivers and volcanic gas sensors, among other technologies. New networks are also being introduced to “under-monitored” volcanoes like Mount Baker in Washington.

“Improvements to volcano monitoring networks allow the USGS to detect volcanic unrest at the earliest possible stage,” Tom Murray, the USGS Volcano Science Center director, said in a statement. “This provides more time to issue forecasts and warnings of hazardous volcanic activity and gives at-risk communities more time to prepare.”

Source : USGS, Newsweek.

Coulées de lave et dépôts de rhyolite à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

La menace d’une super éruption // The threat of a super eruption

A la fin de ma conférence sur les volcans et les risques volcaniques, j’exprime ma crainte de voir se produire un jour une super éruption si un volcan comme celui de Yellowstone vient à se réveiller. Cette crainte a également été évoquée récemment par Paolo Papale, volcanologue italien appartenant à la section de Pise de l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie (INGV). A la fin du mois de mars, il a expliqué dans la revue Science pourquoi l’humanité devait se préparer à la possibilité d’un tel événement qui clouerait les avions au sol et réduirait les GPS au silence pendant des années, en plus de refroidir la Terre de plusieurs degrés.

Paolo Papale explique que la dernière super éruption volcanique s’est produite il y a plus de 27 000 ans. Cela ne veut pas dire qu’il ne s’en produira plus jamais. Le risque d’assister à une éruption d’un indice d’explosivité volcanique (VEI) de 8, le maximum de l’échelle, est très faible, mais néanmoins réel : 0,001 % dans la prochaine année et 0,01 % dans la prochaine décennie.

Comme indiqué plus haut, une éruption de VEI 8 empêcherait probablement les satellites de communiquer avec la Terre et clouerait les avions au sol pendant des mois, voire des années. Selon le volcanologue italien, « un VEI 8 a une probabilité plus grande que le risque qu’un astéroïde de plus de 1 km de diamètre frappe la Terre. Un tel astéroïde serait peut-être fatal pour l’humanité, mais nous avons des programmes de détection pour contrer ce risque. En revanche, une éruption d’un VEI 8 pourrait aussi sonner le glas de notre civilisation si nous ne nous préparons pas. »

En conséquence, il est urgent de trouver des moyens pour sécuriser nos communications sans fil et nos avions. Il faut aussi faire des progrès en matière de prévision éruptive. Comme je l’ai fait remarquer dans plusieurs notes, 10 % des volcans du monde sont pratiquement sans surveillance.

Les volcanologues et les volcanophiles le savent : La dernière super éruption a eu lieu en avril 1815 sur le Tambora en Indonésie. Elle avait un VEI de 7. La colonne éruptive est montée jusqu’à 44 km de hauteur. Elle n’a, bien sûr, pas entraîné de problèmes pour les avions ou les satellites, mais l’agriculture et le climat ont été profondément altérés pendant des années. On attribue même parfois la défaite de Napoléon à Waterloo à l’éruption du Tambora. En juin 1815, la pluie a nui aux manoeuvres françaises. Par ailleurs, la mousson asiatique a été perturbée pendant plusieurs années, ce qui a causé famines et inondations, alors que l’Europe et l’Amérique du Nord étaient plongées dans un froid qui a anéanti les récoltes. 1816 a été surnommée « l’année sans été ».

Paolo Papale a été le premier à démontrer, dans la revue Scientific Reports, qu’il est impossible de prédire une super éruption. Selon lui, « comme les éruptions surviennent très rarement, il faut remonter loin dans le temps pour avoir assez d’événements d’un VEI 7 et 8 qui permettraient de définir la probabilité statistique d’une super éruption. »

On sait que les super éruptions donnent naissance à des caldeiras comme celle du Parc de Yellowstone aux Etats-Unis qui présente une superficie de 3600 km2 formée par trois super éruptions depuis 2,1 millions d’années. On sait également que ce volcan possède au moins deux chambres magmatiques susceptibles de déclencher une éruption de très grand ampleur. Comme le disait le regretté Maurice Krafft, un volcan est comme une bombe, mais on ignore le longueur de la mèche qui va la faire exploser.

Source : LA PRESSE.CA.

————————————————–

At the end of my lecture about volcanoes and volcanic Risks, I express my fear that a super eruption might occur some day if a volcano like Yellowstone happens to wake up. This fear has also been mentioned recently by Paolo Papale, an Italian volcanologist belonging to the Pisa section of the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV). At the end of March, he explained in the journal Science why humanity needs to prepare for the possibility of such an event that would ground aircraft and silence GPS for years, in addition to cooling the Earth by several degrees.
Paolo Papale explains that the last super volcanic eruption occurred more than 27,000 years ago. This does not mean that it will never happen again. The risk of witnessing an eruption with a Volcanic Explosive Index (VEI) of 8, the maximum of the scale, is very low, but nevertheless real: 0.001% in the next year and 0.01% in the next decade.
As noted above, a VEI 8 eruption would likely prevent satellites from communicating with the Earth and would ground planes for months or even years. According to the Italian volcanologist, « a VEI 8 eruption has a greater probability than the risk that an asteroid more than 1 km in diameter might hit Earth. Such an asteroid may be fatal for humanity, but we have detection programs to counter this risk. On the other hand, an eruption with a VEI 8 could also sound the death of our civilization if we do not prepare ourselves.  »
As a result, there is an urgent need to find ways to secure our wireless communications and planes. Progress must also be made in eruptive prediction. As I pointed out in several posts, 10% of the world’s volcanoes are not monitored.
Volcanologists and volcano lovers know that the last super eruption took place in April 1815 on Tambora in Indonesia. It had a VEI 7. The eruptive column rose up to 44 km. It did not, of course, cause problems to airplanes or satellites, but agriculture and climate have been profoundly altered for years. Even the defeat of Napoleon at Waterloo is sometimes attributed to the eruption of Tambora. In June 1815, the rain disturbed the French maneuvers. In addition, the Asian monsoon was disrupted for several years, causing famines and floods, while Europe and North America were plunged into a cold wave that destroyed the harvests. 1816 was nicknamed « the year without a summer ».
Paolo Papale was the first to demonstrate in Scientific Reports that it is impossible to predict a super eruption. According to him, « as such eruptions occur very rarely, we need go back far in time to have enough events with a VEI 7 and 8 that would define the statistical probability of a super eruption. »
Super eruptions are known to give birth to calderas such as the Yellowstone Park in the United States, which has an area of ​​3600 square kilometres formed by three super eruptions over 2.1 million years. It is also known that this volcano has at least two magma chambers capable of triggering a very large eruption. As the late Maurice Krafft said, a volcano is like a bomb, but we do not know the length of the wick that will blow it up.
Source: LA PRESSE.CA.

La caldeira du Tambora vue depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Yellowstone, un super volcan (Photo: C. Grandpey)

Nouvelle zone thermale à Yellowstone // New thermal area at Yellowstone

Yellowstone est un volcan actif bien connu pour son activité géothermale. Dans la mesure où le volcan est actif, les geysers et les sources chaudes sont susceptibles de changer de comportement. Ainsi, certains geysers cessent de fonctionner pendant que d’autres reprennent goût à la vie. Certaines sources chaudes disparaissent et d’autres apparaissent dans d’autres endroits du Parc.
Nous avons la confirmation de ces phénomènes en lisant un article qui vient d’être publié sur le site web de Newsweek. Des scientifiques ont découvert une nouvelle zone thermale dans le Parc National de Yellowstone. Selon eux, elle serait apparue au cours des deux dernières décennies. Elle est nichée entre West Tern Lake et la zone thermale proche de ce lac. Les scientifiques se sont rendus compte qu’une nouvelle zone thermale était apparue après avoir étudié les dernières images infrarouges thermiques du Parc prises en avril 2017. Ils ont ensuite comparé ces images avec les photos aériennes haute résolution du site prises en 2017 par le Programme National d’Imagerie Agricole et ont remarqué des arbres morts et du sol sans végétation. En revanche, une photo de 1994 montrait un ensemble d’arbres en bonne santé, mais qui commençaient à dépérir sur une image de 2006.
Les chercheurs en ont conclu que la zone thermale était apparue à la fin des années 1990 ou au début des années 2000.
Le site de la nouvelle zone thermale n’est guère visité car il se trouve à environ 800 mètres du sentier le plus proche et à environ 18 kilomètres d’un départ de sentier. C’est la raison pour laquelle la zone thermale vient tout juste d’être découverte.
Plus de 10 000 sources chaudes, geysers et autres mares de boue sont présentes dans environ 120 zones thermales à Yellowstone, et la plupart se trouvent dans des zones isolées et difficiles à atteindre.
Début 2019, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone a indiqué que 2018 avait été une année record pour le Steamboat Geyser qui est le geyser actif dont les gerbes sont les plus hautes dans le monde. Il est entré en éruption à 32 reprises en 2018, dépassant ainsi ses 29 manifestations de 1964.
Source: Newsweek, Yellowstone Volcano Observatory.

—————————————————–

Yellowstone is an active volcano famous for its geothermal features. As the volcano is active, the geysers and the hot springs may change their behaviour. Some geysers stop working while others come back to life. Some hot springs disappear while others appear in other places in the Park.

We have a confirmation of this when reading an article that has just been published on the Newsweek website. Scientists have discovered a new thermal area at Yellowstone National Park, which is believed to have grown in the past two decades. It is nestled between West Tern Lake and the Tern Lake thermal area. Scientists realised there was a new thermal area after studying the latest thermal infrared images of the National Park taken in April 2017.

They then checked high resolution aerial photos of the same spot captured in 2017 by the The National Agriculture Imagery Program, and noticed dead trees and bright soil. In contrast, a 1994 picture showed a crop of healthy trees which started to fade in a 2006 image.

Researchers therefore believe the thermal area first emerged in the late 1990s or early 2000s.

The site of the new thermal area is relatively unexplored as it is located about 800 metres from the nearest trail and about 18 kilometres from the nearest trailhead. This is the reason why the thermal area has only just been discovered.

More than 10,000 thermal features can be found across around 120 thermal areas in Yellowstone, most of which sit in remote and hard to reach areas.

Earlier this year, the Yellowstone Volcano Observatory revealed that 2018 was a record-breaking year for the Steamboat Geyser which is the tallest active geyser in the world. It erupted 32 times, topping the 29 eruptions recorded in 1964.

Source: Newsweek, Yellowstone Volcano Observatory.

Vue de Tern Lake (flèche rouge), au nord de Yellowstone Lake (Source : Google maps)

Lone Star et Monument Geyser à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

 

Les geysers de Yellowstone (Etats Unis) // Yellowstone geysers (United States)

Dès que quelque chose d’inhabituel se produit dans le Parc National de Yellowstone, les articles de presse deviennent de plus en plus nombreux et ils font immédiatement allusion au risque d’éruption de ce « super volcan ». C’est ce qui s’est passé ces derniers mois avec une augmentation de l’activité de certains geysers – pas tous – dans le Parc. Le plus célèbre est le Vieux Fidèle en raison de sa ponctualité, tandis que la plupart des autres sont beaucoup plus imprévisibles. Parmi tous les geysers de Yellowstone, certains peuvent être très paresseux et ne se manifester qu’une fois de temps en temps, parfois tous les cinquante ans.
À la fin de l’année 2018, un geyser endormi – Ear Spring, ainsi appelé en raison de sa forme – a vomi les déchets qu’il avait ingurgité pendant 80 ans. Sa dernière grande éruption remontait à 1957. La gerbe d’eau bouillante a atteint une hauteur de 9 mètres au mois de septembre et les rangers ont passé plusieurs jours à ramasser de vieilles pièces de monnaie, des canettes de bière et même une poupée des années 1930 ! L’éruption a offert aux géologues ce qu’il appellent « une capsule temporelle intéressante. »

Le Steamboat Geyser, autre attraction touristique du parc, avait l’habitude de se manifester de manière irrégulière, parfois après des pauses de seulement quatre jours, d’autres fois avec des intervalles de 50 ans. De façon surprenante, il a récemment envoyé des jets d’eau bouillante à 90 mètres de hauteur à raison de une fois par semaine. Le Yellowstone Volcano Observatory indique qu’il s’est manifesté 32 fois en 2018. On a recensé quatre autres éruptions en février 2019.
Malgré ce réveil de certains geysers, les géologues de l’USGS et les responsables du Parc ont répété ces derniers mois qu’il n’y avait aucun signe de reprise de l’activité volcanique. On peut lire dans l’un des rapports de l’Observatoire que «les modifications qui interviennent dans les systèmes hydrothermaux de Yellowstone sont fréquentes et ne sont pas la conséquence de changements de l’activité volcanique». Il convient de garder à l’esprit que le système hydrothermal de Yellowstone se limite à une trentaine de mètres de profondeur alors que le magma qui provoque l’activité volcanique se trouve à plusieurs kilomètres sous la surface.
On n’observe pas d’augmentation de la sismicité ni de déformation significative du sol dans la région de Yellowstone. La sismicité au mois de février 2019 a inclus un essaim de 17 événements le 20 février. Les secousses avaient une magnitude comprise entre M 0,1 et M 1,7  et se situaient à 8 km au nord de West Yellowstone. L’événement le plus important en février 2019 avait une magnitude de M 3,1. De tels essaims sismiques sont courants et représentent environ 50% de la sismicité dans la région de Yellowstone.
Source: Geology In, Observatoire du volcan Yellowstone.

———————————————–

As soon as something unusual occurs in Yellowstone National Park, press articles get more and more numerous and there are immediately allusions to the risk on an eruption of the so-called “super volcano”. This is what happened in recent months with an increase in activity of some of the geysers – by no means all of them – in the Park. The most famous of all is Old Faithful because of its predictability, while most others are much more inscrutable. Among all the geysers at Yellowstone, some may be very lazy and erupt only once in a while, sometimes every half century.
Late in 2018, one slumbering geyser – Ear Spring, so called because of its shape – vomited up 80 years worth of trash. The spring’s last big eruption was in 1957. So, when it blew to a height of some 9 metres in September, National Parks rangers spent days collecting old coins, beer cans, and even a 1930s baby dummy from its surroundings. While the eruption offered what geologists call “an interesting time capsule.”

The Steamboat Geyser used to erupt erratically, sometimes after a duration as short as four days or as long as 50 years. However, it recently sent spouts of steaming water 90 metres high into the air once every week. The Yellowstone Volcano Observatory says it erupted 32 times in 2018. There were four more eruptions in February 2019.

USGS geologists and park officials kept repeating in recent months that there was no signs of renewed volcanic activity. One can read in one of the Yellowstone Observatory’s statements that “changes in Yellowstone’s hydrothermal features are common occurrences and do not reflect changes in activity of the Yellowstone volcano.” One should keep in mind that the hydrothermal system of Yellowstone is limited to mainly just the top 30 metres or so whereas the magma that triggers volcanic activity resides several kilometres deeper.

Until now, there has been no significant increase in seismicity and no significant ground deformation has been detected. February 2019 seismicity in Yellowstone included a swarm of 17 located earthquakes on February 20th. The swarm events ranged in magnitude from M 0.1 to M 1.7 and were located 8 kilometres north of West Yellowstone. The largest event in February was a minor earthquake of M 3.1. Earthquake swarms like this are common and account for roughly 50% of the total seismicity in the Yellowstone region.
Source: Geology In, Yellowstone Volcano Observatory.

 

Quelques geysers à Yellowstone (Photos: C. Grandpey)

 

Petites vidéos sur YouTube // Short videos on YouTube

Aujourd’hui, la mode est à la diffusion de ses images via un certain nombre de sites ou de réseaux sociaux. Bien que je ne sois pas forcément fan de cette mode, j’ai mis en ligne sur YouTube plusieurs petites vidéos réalisées au cours de mes escapades à travers le monde.

Vous pourrez vous réchauffer auprès des cratères de l’Etna, ou prendre le frais devant les glaciers d’Alaska, sans oublier la compagnie des ours. Un saut en Louisiane vous fera voyager au cœur du bayou, avec la mousse espagnole, les oiseaux et les alligators. Vêtu d’un imperméable, vous admirerez les chutes du Niagara côté canadien… Plus près de chez nous, vous verrez voler les grues cendrées près du Lac du Der…

https://www.youtube.com/channel/UCpEU4YP9rfJK6SMsb6-k20A?view_as=subscriber

Quand mon emploi du temps le permettra, j’essaierai d’ajouter quelques nouvelles images.

——————————————————-

Today, the fashion goes with the dissemination of one’s images via a number of websites or social networks. Although I’m not necessarily a fan of this fashion, I have posted on YouTube several small videos I shot during my trips around the world.
You will warm up near the craters of Mt Etna, or breathe some cool air in front of the glaciers of Alaska, without forgetting the company of bears. A jump to Louisiana will take you to the heart of the bayou, with Spanish moss, birds and alligators  Dressed with a raincoat, you will admire the famous Niagara Falls from the Canadian side. Closer to us, you will see the cranes fly near the Lac du Der…

https://www.youtube.com/channel/UCpEU4YP9rfJK6SMsb6-k20A?view_as=subscriber

When my schedule allows, I will try to add some more images.

Photos: C. Grandpey

Le GPS, de la navigation à la volcanologie // GPS, from navigation to volcanoes

Dans un article récent, des scientifiques du Yellowstone Volcano Observatory ont écrit une chronique expliquant comment un système peut être utilisé à des fins différentes de celles pour lesquelles il a été conçu à l’origine.
C’est le cas du Global Positioning System (GPS), qui est aujourd’hui l’une des techniques les plus efficaces pour suivre les déformations du sol à Yellowstone et sur les volcans en général.
Le système a été lancé en 1978 lorsque le Département américain de la Défense a mis sur orbite une constellation de satellites NAVSTAR pour fournir des informations de navigation à son personnel qui circulait dans des véhicules terrestres, des avions et des navires. Avec le GPS, ces personnes pouvaient savoir où elles se trouvaient et atteindre leur destination. Le service est rapidement devenu accessible aux civils, et la plupart des gens l’utilisent maintenant pour circuler avec leurs véhicules ou se repérer pendant une randonnée.
Aujourd’hui, à côté du NAVSTAR américain, le GLONASS russe et le Galilée de l’Union européenne sont d’autres systèmes de navigation par satellite (GNSS). La précision de ces systèmes varie en fonction des conditions de visibilité du ciel et d’autres facteurs, mais la marge d’erreur est généralement de 5 à 10 mètres pour la position horizontale et de 10 à 30 mètres pour l’altitude.
Cette marge d’erreur ne suffirait pas en volcanologie pour étudier la déformation d’un volcan sous la pression du magma. Les scientifiques effectuant de telles mesures doivent disposer d’une précision très fine, car la déformation d’un édifice volcanique est généralement une affaire de millimètres.
Le récepteur GPS d’une voiture ou d’un téléphone portable utilise les signaux radio des satellites de navigation comme horloge et règle virtuelles. Il mesure le temps nécessaire aux signaux pour parcourir la distance entre plusieurs satellites et le récepteur. Les signaux circulent à la vitesse de la lumière et les orbites des satellites sont connues. Ces informations, associées au temps de parcours des signaux, permettent au récepteur de calculer sa distance par rapport à chaque satellite à un instant donné. En utilisant les principes de la trigonométrie sphérique, le récepteur est capable de « fixer » sa position avec suffisamment de précision pour que les personnes puissent trouver leur chemin.
Pour atteindre une meilleure précision, les géodésistes ont conçu un récepteur qui traite les signaux des satellites de navigation de manière beaucoup plus précise. Au lieu d’utiliser le temps de parcours du signal pour calculer la distance entre les satellites et le récepteur, un récepteur géodésique compte le nombre de longueurs d’onde complètes et fractionnelles entre lui-même et plusieurs satellites à la fois. Les longueurs d’onde sont connues avec précision et les récepteurs géodésiques peuvent compter exactement le nombre de longueurs d’onde complètes. Au final, le récepteur est capable de déterminer instantanément la distance entre plusieurs satellites au millimètre près. Donc, avec un peu de trigonométrie sphérique, les scientifiques ont à leur disposition un moyen de surveiller la déformation du sol en utilisant un système conçu à l’origine pour la navigation avec des véhicules terrestres!
A Yellowstone, un réseau de stations GPS étudie en permanence l’évolution de la déformation du sol. Avec les informations fournies par un réseau de sismomètres et d’autres instruments de surveillance, les données GPS permettent aux scientifiques de mieux comprendre la structure complexe et les processus actifs des phénomènes qui se déroulent sous leurs pieds.
Source: Yellowstone Volcano Observatory.

—————————————————-

In a recent article, Yellowstone Volcano Observatory scientists have written a chronicle explaining how a system can be used for purposes different from those for which it was originally designed.

This was the case for the Global Positioning System (GPS) which is today one of the most effective techniques used to track ground deformation at Yellowstone and on world volcanoes.

The Global Positioning System had its start in 1978 when the U.S. Department of Defense began launching a constellation of NAVSTAR satellites to provide navigation information to its personnel in land vehicles, planes, and ships. With GPS, they could know where they were and how to get where they were going. The service soon became accessible to civilian users, and now most people use it to navigate in their car or to find their way around their favourite trail system.

Today, in addition to the United States’ NAVSTAR GPS, Russia’s GLONASS and the European Union’s Galileo are operational Global Navigation Satellite Systems (GNSS). The accuracy of such systems varies with sky view and other factors, but generally the margin of error is 5–10 metres for horizontal position and 10–30 metres for elevation.

This margin of error would not have been sufficient in volcanology to study the deformation of a volcano under the pressure of magma beneath the edifice. Scientists doing such measurements need to have a very sharp accuracy as the deformation is usually a matter of millimetres.

The GPS receiver in a car or on a cellphone uses radio signals from navigation satellites as a virtual clock and ruler. It measures the time required for signals to travel from several satellites at a time to the receiver. The signals travel at the speed of light and the satellites’ orbits are known. That information, plus the signals’ travel time, allows the receiver to calculate its distance from each satellite at a given instant. Using principles of spherical trigonometry, the receiver is able to « fix » its position well enough for people to find their way around.

To reach a better accuracy, geodesists designed a geodetic-grade receiver that processes signals from navigation satellites in a much more precise way. Instead of using signal travel times to calculate satellite-to-receiver distances, a geodetic receiver counts the number of full and fractional wavelengths between itself and several satellites at a time. The wavelengths are known precisely, and geodetic receivers can count the number of full wavelengths exactly. In the end, the receiver is able to determine its distance from several satellites instantaneously to within a millimetre or so. So, with a little spherical trigonometry you have a means to monitor ground deformation using a system that was originally designed to track jeeps !

At Yellowstone, a network of GPS stations tracks the changing pattern and pace of ground deformation continuously. Combined with information from a network of seismometers and other monitoring instruments, the GPS results help scientists unravel the complex structure and active processes that otherwise remain hidden underfoot.

Source: Yellowstone Volcano Observatory.

Station GPS au bord du Lac de Yellowstone (Crédit photo: USGS)

Nouvelles du Parc de Yellowstone (Etats Unis) // News of Yellowstone National Park (United States)

Ear Spring, une source chaude située pas très loin du Vieux Fidèle dans l’Upper Geyser Basin, s’est manifestée pour la quatrième fois au cours des 60 dernières années. Les autorités du Parc indiquent que cela n’arrive qu’une ou deux fois par décennie.
L’événement a eu lieu le 15 septembre 2018. Le geyser a fait jaillir de la vapeur et de l’eau jusqu’à une dizaine de mètres de hauteur, ce qui n’avait jamais été observé depuis 1957. Le geyser s’est également débarrassé d’objets divers tels que pièces de monnaie, cannettes et autres détritus que les touristes avaient jeté dans la source chaude. Depuis le 15 septembre, le geyser a continué bouillonner jusqu’à une hauteur d’une soixantaine de centimètres.
Ear Spring, ainsi nommée en raison de sa ressemblance avec une oreille humaine, est l’un des nombreux geysers et autres sources chaudes qui attirent des foules de visiteurs dans l’Upper Geyser Basin.
La nouvelle activité d’Ear Spring a entraîné la fermeture temporaires d’un certain nombre de sentiers dans le secteur.
L’éruption de Ear Spring survient l’année même où le Steamboat Geyser connaît une activité record. Jusqu’à présent, le geyser est entré en éruption 19 fois en 2018 et la dernière a eu lieu le 17 septembre 2018. Les autorités du Parc indiquent que c’est l’année la plus active depuis 1982.
Il n’y a toutefois aucun signe d’activité volcanique imminente dans le parc.
Voici une courte vidéo de l’éruption de Ear Springt: https://youtu.be/aLJlMCNmecs

Un visiteur du parc de Yellowstone a filmé avec son smartphone un homme qui semble en train d’uriner dans le Vieux Fidèle ! Il s’est ensuite allongé à côté du geyser. L’homme a été arrêté et verbalisé pour différents chefs d’accusation, notamment pour avoir quitté un sentier dans une zone hydrothermale. Il a depuis été libéré sous caution, mais reste à la disposition de la justice.
Dans le Parc National de Yellowstone, la loi oblige les gens à rester sur les sentiers balisés dans les zones hydrothermales. Quiconque ignore cette loi risque sa vie et celle des sauveteurs. Les geysers et les sources chaudes sont des endroits dangereux. Beaucoup de personnes ont été blessées ou tuées en sous-estimant ce danger.
C’est le deuxième incident signalé par les autorités du Parc au cours des six dernières semaines. Le mois dernier, un homme a été arrêté pour avoir provoqué un bison. Il a ensuite été condamné à 130 jours de prison.
Source: Parc National de Yellowstone.

—————————————————–

Ear Spring, a hot spring not very far from Old Faithful in Yellowstone’s Upper Geyser basin, has erupted for the fourth time in the last 60 years. Officials say that only happens one or two times each decade.

The event took place en September 15th, 2018, when the geyser spewed steam and water between 6 and 10 metres high, a height not recorded since 1957. The eruption also ejected material that had fallen or been thrown into the geyser in years past, like coins, old cans, and other human debris. The geyser has since continued to erupt at a near-constant height of about 60 centimetres.

Ear Spring, named for its resemblance to the shape of a human ear, is one of dozens of geysers, pools and hot springs in Yellowstone’s Upper Geyser Basin, among the Park’s top attractions that feature the popular Old Faithful.

The new activity has led officials to temporarily close some boardwalks and trails in the Geyser Hill area.

The eruption of Ear Spring comes the same year that the Steamboat Geyser is experiencing record-breaking activity. So far the geyser has erupted 19 times in 2018 with the latest eruption happening on September 17th, 2018. Park authorities report this is the most active year for Steamboat since 1982.

Officials stress there have been no signs of impending volcanic activity in the park.

Here is a short video of the event: https://youtu.be/aLJlMCNmecs

 

A witness captured on videoa  man that appears to be urinating into Old Faithful!. He then lays down next to the geyser. The man was arrested following the incident and charged with multiple violations, including being off-trail in a thermal area. He has since been released on bond, but remains under investigation.

In Yellowstone national Park, the law requires people to stay on boardwalks or marked trails in thermal areas. Anyone who ignores this law risks their life and possibly the lives of emergency personnel. Geysers and hot springs are dangerous places. Many people have been injured or killed by underestimating that danger.

This is the second incident for park officials in the last six weeks. Last month, a man was arrested for taunting a buffalo inside the park. He was later sentenced to 130 days in jail.

Source: Yellowstone National Park.

Eruption du Vieux Fidèle (Photo: C. Grandpey)