Le début de présidence verte de Joe Biden // Joe Biden starts a green presidency

Le début de la présidence de Joe Biden est vraiment très orienté vers l’environnement !

L’une de ses premières décisions a été de faire en sorte que les États-Unis rejoignent à nouveau l’Accord de Paris sur le climat.

Le président américain a aussi annulé le projet de forage gazier et pétrolier dans l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR) en Alaska.

Une autre annulation concerne l’oléoduc Keystone XL entre l’Alberta au Canada et le Nebraska aux Etats Unis. Avec cette décision, Joe Biden va faire disparaître des emplois et va se trouver confronté à la colère des Républicains qui vont lui demander s’il se soucie vraiment des personnes qui travaillent dans l’industrie pétrolière et dont les emplois vont être menacés par un passage rapide à l’énergie non carbonée. Joe Biden tourne totalement le dos à la politique de Donald Trump qui se moquait éperdument de l’environnement.

L’annulation du projet d’oléoduc Keystone XL est une décision importante. La société canadienne TC Energy a proposé la construction du pipeline XL en 2008 en expliquant que ce serait un moyen plus rapide de transporter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers Steele City, dans le Nebraska, d’où il serait ensuite transféré dans l’autres oléoducs pour être acheminé vers les raffineries de la côte du Golfe du Mexique.

J’ai traversé en voiture la région des sables bitumineux de l’Alberta qui sont une catastrophe environnementale avec des puits de pétrole qui fuient et qui génèrent une énorme pollution dans la région. Les sables bitumineux de l’Alberta ont été qualifiés de «l’opération pétrolière la plus destructrice au monde» par le National Geographic. Ce pétrole est plus visqueux, plus sale et plus corrosif que le brut classique, ce qui en fait un produit extrêmement polluant.

Aujourd’hui, le pétrole est moins économiquement rentable qu’autrefois, avec des prix inférieurs de moitié à ce qu’ils étaient en 2008. De plus, la nécessité de lutter contre le changement climatique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre a entraîné une réticence vis-à-vis des projets pétroliers et gaziers. Le président Obama a bloqué le projet de pipeline XL en 2015 et refusé d’accorder le permis requis. Il a fait valoir que le projet favoriserait le changement climatique. En effet, les sables bitumineux favorisent la production de gaz à effet de serre en raison de l’énergie nécessaire pour en extraire le pétrole.

Le président Trump a annulé la décision du président Obama et donné le feu vert à l’oléoduc. TC Energy a commencé la construction en 2020. Joe Biden ayant annulé le projet, la société annonce aujourd’hui qu’elle va licencier environ 1 000 employés. Elle a toutefois refusé de dire combien sont américains et combien sont canadiens. Les défenseurs du projet Keystone XL soutiennent qu’au moment le plus fort de la construction, il aurait employé plusieurs milliers d’ouvriers américains, des emplois qui ne verront donc pas le jour.

Dans un article publié le 27 mars 2017, j’ai expliqué que cinq ans auparavant, le projet Keystone XL avait été confronté à une vive opposition de la part des propriétaires fonciers et des écologistes du Nebraska, dont beaucoup s’inquiétaient des conséquences néfastes pour la vaste nappe phréatique d’Ogallala et la fragile région de Sand Hills. La société avait alors déplacé le tracé de l’oléoduc plus à l’est. Mais ce nouveau tracé a rencontré lui aussi une forte opposition.

L’annulation par Biden du projet Keystone XL est vivement critiqué. Les autorités pétrolières redoutent d’autres décisions comme celle-ci. Joe Biden pourrait annuler d’autres projets d’oléoducs et imposer de nouvelles limites aux forages. Les industries pétrolière et gazière emploient près de 1,5 million d’Américains, sans oublier 185 000 autres emplois dans le charbon. Ces emplois sont mieux rémunérés que la moyenne et constituent une source d’embauche dans des régions en difficulté économique comme les Appalaches et certaines parties du sud. Joe Biden devra faire attention; certains de ces emplois se trouvent dans des « swing States », Etats charnières d’un point de vue politique tels que l’Ohio et la Pennsylvanie, qui auront une forte influence sur les futures élections présidentielles.

Joe Biden affirme que le passage du carbone à l’énergie verte créera plus d’emplois bien rémunérés que les États-Unis n’en auraient autrement. Si la politique environnementale du Président met à mal un secteur de l’économie tout en en développant un autre créateur de moins d’emplois, cela donnera forcément naissance à des mécontentements dans certaines parties du pays, ainsi qu’au Congrès.

Alors que le secteur du carbone est en perte de vitesse, une idée est de créer de nouveaux emplois dans l’éolien, le solaire, les réseaux intelligents et peut-être l’énergie nucléaire dans les zones où les emplois pétroliers et gaziers disparaissent. C’est en soi une bonne idée, mais ce ne sera pas toujours possible car les éoliennes et les panneaux solaires ne fonctionnent pas partout. Joe Biden a en tête des projets beaucoup plus importants et il peut obtenir le soutien des Républicain au Congrès s’il parvient à convaincre députés et sénateurs que ses politiques d’énergie verte seront bénéfiques pour leurs électeurs.

Source: Yahoo News.

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The beginning of Joe Biden’s presidency is really environment-friendly!

One of his first decisions was do make the U.S. join again the Paris Climate Agreement.

In the wake of this decision, the President cancelled the gas and oil drilling project in Alaska’s Arctic National Wildlife Refuge (ANWR).

Another cancellation concerns the Keystone XL pipeline. In doing so, Joe Biden will vaporize some good jobs and will be confronted with the Republicans who will ask him whether he cares at all about threatened oil and gas workers as he pushes for a rapid shift to non-carbon energy. Indeed, Joe Biden is adopting the reverse of Donald Trump’s policy that did not care a straw about the environment.

The cancellation of the Keystone XL pipeline is an important decision. Canadian firm TC Energy proposed the XL pipeline in 2008 as a faster way to move oil from drilling fields in Alberta to Steele City, Nebraska, where it would then move through different pipelines to Gulf Coast refineries.

I have travelled across the area of the Alberta oil sands which are an environmental disaster with leaking oil wells that generate a huge pollution in the region. Alberta oil sands have been called « the world’s most destructive oil operation” by the National Geographic. This oil is thicker, dirtier and more corrosive than typical crude, making it more of a pollution and leaking concern.

Oil as a whole is less economic than it used to be, with prices less than half what they were in 2008. And new urgency to address climate change and cut greenhouse gas emissions has weakened public support for oil and gas projects. President Obama stalled the XL pipeline in 2015, saying he would not issue the required permit. Obama argued that the project would contribute to climate change because it would carry tar sands crude oil, which is especially greenhouse-gas intensive because of the energy required to extract the thick crude.

President Trump reversed that position, giving the go-ahead. TC Energy started construction in 2020. With Joe Biden killing the project, the company now says it will lay off about 1,000 workers. However, it has refused to say how many are American and how many are Canadian. The defenders of the pipeline projects argue that at peak construction, it would have employed several thousand U.S. workers, jobs that will no longer materialize.

In a post released on 27 March 2017, I explained that five years before, the Keystone XL project had faced stiff opposition from Nebraska landowners and environmentalists, many of them worried about potential damage to the state’s massive Ogallala water aquifer and fragile Sand Hills region. In response, the company had moved the pipeline’s path farther east. But even that route faced resistance.

Biden’s cancellation of the Keystone XL project has fuelled adverse reactions. The defenders of the oil industry fear that more decisions like this are coming, with Biden possibly revoking more pipeline permits and putting new limits on drilling. The oil and gas industries employ nearly 1.5 million Americans, with another 185,000 coal jobs. Those jobs pay better than average and are the best source of employment in depressed regions like Appalachia and parts of the south. Joe Biden will have to be careful; some of those jobs are in politically important swing states such as Ohio and Pennsylvania that will determine future presidential elections.

Biden contends that shifting from carbon to green energy could create more good-paying jobs than the U.S. would have otherwise.. If Biden policies effectively kill one sector of the economy while building another with fewer jobs, it will produce deep opposition in parts of the country, and in Congress.

As the carbon sector declines, one idea is to locate new jobs in wind, solar, smart grids and maybe nuclear power in the same areas where oil and gas jobs are disappearing. That would be a good idea, but in some cases it won’t be possible as wind turbines and solar panels don’t work everywhere. Biden has much bigger plans in store, and he can get some Republican support in Congress if he can convince those legislators his green-energy policies will benefit their own constituents.

Source: Yahoo News.

Tracé de l’oléoduc Keystone XL (Source : Wikipedia)

Nouvelles de l’iceberg A68a // More news of iceberg A68a

Dans une note publiée le 7 janvier 2021, j’indiquais que les images satellites de l’iceberg A68a montraient qu’il s’était brisé et que des morceaux se déplaçaient autour de l’île de Géorgie du Sud. Les manchots semblaient donc à l’abri du danger.

Les dernières nouvelles fournies par le British Antarctic Survey et les satellites confirment que l’A68a a perdu de sa majesté et s’est brisé en plusieurs morceaux. La masse de glace principale et les blocs qui s’en sont détachés sont toujours en mouvement, dans l’océan à proximité de la Géorgie du Sud.

Le 19 janvier 2021, l’iceberg principal couvrait une surface d’environ 2450 km2 au lieu de 5660 km2 à sa naissance. Tout danger n’est pas forcément évité car l’A68a pourrait encore empêcher les manchots de se nourrir s’il venait à se bloquer contre la côte de l’île. Il pourrait aussi racler et sérieusement endommager les fonds marin et la vie qui s’y trouve. Cela s’est peut-être déjà produit lorsque l’iceberg est passé à la verticale de la plateforme littorale du sud de l’île en décembre 2020. Les scientifiques essaieront de voir si ce secteur a subi des dégâts.

Les mini icebergs restent une menace. Ce sont encore d’énormes morceaux de glace qui dérivent et quatre d’entre eux ont été repérés près de l’île. Ils pourraient s’immobiliser pendant des jours ou des semaines avant de fondre et s’amincir dans les eaux océaniques plus chaudes.

Source: Université de Boulder (Colorado).

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In a post published on January 7th, 2021, I indicated that satellite images of the A68a iceberg showed that it has broken up and that pieces were moving around the once threatened South Georgia Island.

The latest news provided by the British Antarctic Survey and the satellites confirm that A68a has lost much of its mass and broken into pieces. The main ice mass and its « child bergs » are still on the move, swirling in waters near South Georgia Island.

On January 19th, 2021, the main iceberg covered about 2,450 km2 instead of its original size of 5,660 km2.  All danger is not avoided as the iceberg could still block penguins from foraging grounds if it lodges off the island’s coast, or it could grind over the seabed and significantly damage marine life. That may already have happened when the ice moved over some of the southern shelf of the island in December 2020. Scientists will try and get a closer view of the possible impact..

The « child bergs » are also still a threat. They are huge chunks of ice that are drifting around and four of them are near the island. They might grind to a halt for days or weeks. Then, they should melt and thin away in a water that would be too warm for them.

Source: University of Boulder (Colorado).

Trajectoire de l’A68a (Source: British Antarctic Survey)

La dernière glace de mer // The last sea ice

Quand on regarde des photos de l’Arctique prises depuis l’espace, on remarque de belles structures en forme d’arches sculptées dans la glace de mer. Elles se forment dans un chenal étroit, le Détroit de Nares, qui sépare l’archipel canadien du Groenland.

Lorsque ces amas de glace descendent vers le sud en empruntant ce passage étroit, ils entrent en collision avec le littoral et forment un barrage qui joue un rôle de verrou. En effet, les contraintes se trouvent réparties tout au long de cette arche de glace et cela la rend très stable.

Au cours des dernières années, ces structures en forme d’arche ont perdu de leur force avec le réchauffement du climat dans l’Arctique. Elles se sont amincies, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour la conservation de toute la glace de mer dans la région sur le long terme.

Juste au nord du Détroit de Nares se trouve la Mer de Lincoln, qui héberge certaines des glaces de mer les plus anciennes et les plus épaisses de l’Océan Arctique. Cette glace est censée être la dernière à disparaître au moment où, comme le prédisent les modèles informatiques, l’Arctique deviendra libre de glace pendant les mois d’été au cours de ce siècle.

Cette très vieille glace peut disparaître de deux manières: elle peut fondre sur place suite à la hausse des températures, ou bien elle peut s’échapper dans l’océan. C’est ce qui se passe dans le Détroit de Nares. Les arches de glace qui se trouvent dans ce chenal de 40 km de large agissent comme une sorte de soupape sur l’amas de glace de mer qui est poussé hors de l’Arctique par les courants et les vents. Lorsqu’elles sont bien ancrées, généralement à partir du mois de janvier, les arches font obstacle au passage de la glace, même si une partie de la glace de mer arrive à s’échapper de l’Arctique via le Détroit de Fram, entre l’est du Groenland et le Svalbard.

Le problème est que les images satellites montrent que ces arches de glace deviennent des barrières moins robustes. Elles se forment pendant des périodes plus courtes, alors que la quantité de glace en passe d’emprunter le Détroit de Nares augmente de plus en plus.

La durée de vie moyenne des arches de glace diminue d’environ une semaine chaque année. Elles se maintenaient pendant 200 à 250 jours alors que maintenant elles résistent pendant 100 à 150 jours. Entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, environ 42 000 kilomètres carrés de glace ont disparu chaque année dans le Détroit de Nares, et cette disparition atteint aujourd’hui 86 000 km2.

Les glaciologues expliquent qu’il faudrait que la plus vieille glace de l’Arctique persiste le plus longtemps possible. Si les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat peuvent être atteints et si le réchauffement climatique peut être réduit, voire inversé, à ce moment là, la très vieille glace, très épaisse, retenue au nord du Canada et du Groenland pourra «ensemencer» la glace de mer nouvellement formée. De plus, la zone de glace la plus ancienne et la plus épaisse pourra servir de refuge aux espèces comme les ours polaires, les morses et les phoques qui dépendent de la glace de mer flottante pour leur mode de vie.

Ce qui inquiète les scientifiques, c’est que cette dernière zone de glace pourrait ne pas se maintenir en place très longtemps. Si cette glace âgée de cinq, six, voire 10 ans; vient à disparaître, il lui faudra beaucoup de temps pour se reconstituer, même si la planète parvient finalement à se refroidir.

Source: BBC, Nature Communications.

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If you observe images of the Arctic as seen from from space, you can see some beautiful arch-like structures sculpted out of sea-ice. They form in a narrow channel called Nares Strait, which divides the Canadian archipelago from Greenland.

As ice floes funnel southward down this narrow passage, they collide with the coastline to form a dam, and then everything comes to a standstill. Indeed, the stress is distributed all along the arch and this makes it very stable.

Over the past years, these arch-like structures have been weakened in the warming Arctic climate. They are thinning and losing their strength, and this is not good news for the long-term retention of all sea-ice in the region.

Directly to the north of Nares Strait is the Lincoln Sea which harbours some of the oldest, thickest sea ice in the Arctic Ocean. This ice is supposed to be the last to disappear when, as computer models predict, the Arctic becomes ice-free during summer months sometime this century.

This very old ice can disappear in two ways: It can be melted in place in the rising temperatures or it can be exported. It is this second mode that is taking place in Nares Strait.

The 40-km-wide channel’s arches act as a kind of valve on the amount of sea-ice that can be pushed out of the Arctic by currents and winds. When they are stuck solidly in place, usually from January onwards, the arches shut off all transport although some of the sea-ice can still be exported from the Arctic via the Fram Strait between eastern Greenland and Svalbard.

The problem is that satellite images are showing that these structures are becoming less reliable barriers. They are forming for shorter periods of time, and the amount of ice allowed to pass through the Nares Strait is therefore increasing as a consequence.

The average duration of the ice arches is decreasing by about a week every year. They used to last for 250-200 days and now they last for 150-100 days. In the late 1990s to early 2000s, about 42,000 square kilometres of ice disappeared every year through Nares Strait; and it has now doubled:to 86,000 sq km.

Glaciologists say we need to hang on to the oldest ice in the Arctic for as long as possible.

If the world manages to implement the ambition of the Paris climate agreement and global warming can be curtailed and reversed, then it is the thickest ice retained along the top of Canada and Greenland that will « seed » the rebound in the frozen floes. Moreover, the area of oldest, thickest ice is going to be an important refuge for the species like polar bears, walruses and seals that depend on the floating floes for their way of life.

What worries scientists is that this last ice area may not last for long. This is ice that is five, six, even 10 years old; so if it disappears, it will take a long time to replenish even if the planet eventually manages to get cooler.

Source : The BBC, Nature Communications.

Formation et rupture d’une arche de glace dans le Détroit de Nares vues depuis l’espace (Source : Copernicus)

Changement des « normales » de température

L’information est passée relativement inaperçue vu qu’en se moment les médias consacrent la quasi totalité de leurs informations à la pandémie de Covid-19.

La nouvelle est pourtant d’importance et risque de modifier notre ressenti des températures et du changement climatique. Les « normales » qui servent à représenter le climat dans lequel nous vivons sont en passe d’être modifiées. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies.

À partir de cette année 2021, tous les services météorologiques en Europe et dans le monde vont ainsi lancer une opération de re-calcul de ces « normales ». L’opération s’étalera sur une année. Les nouvelles « normales » correspondant à la période 1991-2020 seront utilisées à la fin de ce processus.

Les premières « normales » en France ont été établies en 1900. Leur calcul concerne toutes les variables du climat (température, précipitation, vent, ensoleillement …), mais aussi de nombreux indicateurs illustrant la distribution statistique de ces paramètres.

Les normales 1981-2010 sont représentatives du climat moyen sur une période autour des années 1990 et ne représentent plus le climat « actuel » dans le contexte du réchauffement climatique, notamment en matière de température.
Obéissant aux règles dictées par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), Météo-France entreprend donc une opération de mise à jour des normales de référence sur la période 1991-2020. Cette opération  conduira, début 2022, à une publication de nouvelles données de référence sur le climat.

La nouvelle période de référence 1991-2020 englobe ainsi des épisodes et des valeurs record, jamais observés dans les normes climatiques précédentes. Ainsi, 2020 en France a été l’année la plus chaude jamais mesurée en France. En 2019, les vagues de chaleurs exceptionnelles ont provoqué des températures inédites de 46°C dans le sud de la France…

En termes de moyenne calculée sur 30 ans, la nouvelle normale de température calculée sur la période 1991-2020 en France s’établit pratiquement à 13°C (12,97°C) en hausse de 0,41°C par rapport à 1981-2010.

Depuis 1900, la température moyenne en France s’est réchauffée de 1,7 °C.

Chaque décennie depuis 1970 est plus chaude que la précédente. Ces dix dernières années, la période 2011-2020, la hausse atteint 0,59°C et marque la plus forte progression observée entre deux décennies en France depuis 1900. Avec la hausse des températures, le Paris actuel a le climat du Bordeaux des années 1970 et Strasbourg celui de l’ancien Lyon !

Source : Météo France.

Cette nouvelle approche des  » normales  » peut avoir une influence sur le ressenti des températures par la population. Dans les années 1950-1960, on parlait d’un froid « glacial » quand le thermomètre descendait à -10°C. Aujourd’hui, les médias qualifient de « glaciale » une température qui flirte avec le 0°C. Les temps ont vraiment changé !!

Evolution des normales en France en valeur absolue de température moyenne (Source : Météo-France)

L’érosion littorale à la Martinique et à la Guadeloupe

Avec le réchauffement climatique, la fonte de  la banquise et des glaciers, la hausse du niveau des océans menace de plus en plus de zones littorales dans le monde. Au cours de ma conférence « Glaciers en Péril », je donne l’exemple de l’Alaska où la mer libre de glace ne protège plus la côte contre les assauts des vagues pendant les tempêtes. Plusieurs structures se sont déjà écroulées dans la mer ; des familles ont dû être relogées et on prévoit, pour des raisons de sécurité évidentes, de délocaliser certains villages vers l’intérieur de l’Etat, avec des conséquences dramatiques sur le mode de vie et l’économie de subsistance des habitants qui dépendent largement des ressources de la mer.

L’Alaska est loin d’être un cas exceptionnel. Aux Antilles, des enrochements ont été installés sur la côte caraïbe de la Martinique, au nord du Prêcheur pour freiner les élans de la mer. Par le passé, plusieurs maisons d’habitation ont disparu dans les flots dans cette zone de l’île.

Enrochements au nord du Prêcheur (Photo : C. Grandpey)

Une autre méthode consiste à végétaliser la côte avec la plantation d’espèces endémiques de la Martinique comme le raisinier bord de mer, l’aloé vera ou encore la patate bord de mer. Ces plantes, du fait de leur importante densité végétale et de leur système racinaire, composent une armature qui retient le sable.

La plage des Salines à Sainte-Anne est un autre exemple emblématique du recul du trait de côte à la Martinique. Chaque année la mer gagne en moyenne 1 mètre sur le littoral.

Effets de l’érosion littorale à la Martinique (Source : DEAL de la Martinique)

De Sainte-Anne au Prêcheur en passant par le Carbet, c’est toute la côte qui est touchée par ce phénomène. Au dire des scientifiques, c’est le désensablement intensif des mers et rivières et le réchauffement climatique qui sont responsables de l’érosion littorale. Le processus semble irréversible, redessine les côtes martiniquaises et obligera les citoyens et les autorités à revoir l’aménagement des communes en bord de mer.

Effets de l’érosion littorale à la Martinique (Source : DEAL de la Martinique)

Les habitants de la Guadeloupe sont inquiets eux aussi devant la montée des eaux. A Petit-Bourg, 80 maisons menacent de s’effondrer avec l’érosion côtière. Au total, 43 familles d’un quartier situé au-dessus d’une falaise doivent évacuer d’urgence. En fait, l’urgence dure depuis plusieurs années, mais les pluies diluviennes du mois de novembre 2020 en Guadeloupe où près de 200 ml sont tombés en quelques heures, ont encore amplifié le problème après l’effondrement d’un pan de falaise. Devant la gravité de la situation, certains habitants ont accepté d’être relogés.

Le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) explique que « l’activité anthropique a fortement accéléré le recul naturel du trait de côte en Guadeloupe. ». Entre 1950 et 2013, les plages du Sud Grande Terre, ont reculé d’un à sept mètres par an, et certaines falaises reculent régulièrement.

Selon une étude de l’Observatoire régional Énergie-climat de 2019, « la côte qui s’érode sans présence humaine, c’est naturel, mais si cet espace est utilisé par les humains, cela change la donne et peut s’avérer dangereux. » C’est le cas à Sainte-Anne, Pointe-Noire ou Capesterre-Belle-Eau, où plusieurs habitations sont en première ligne.

Avis de démolition à la Guadeloupe (Source : Agence des 50 Pas Géométriques)

En Guadeloupe, selon les modélisations du BRGM, le niveau de la mer pourrait monter jusqu’à 1,4 m d’ici à 2100, avec des risques de submersions marines et des conséquences sur l’habitat privé et l’activité économique.

Nouveau déménagement de la station Halley VI en Antarctique? // Will the Halley VI station again have to be moved in Antarctica?

Au cours de ma conférence «Glaciers en Péril», j’explique que le continent antarctique fond lui aussi sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Pour illustrer ce phénomène, je donne l’exemple de la station Halley VI du British Antarctic Survey (BAS) qui a dû être déplacée vers un endroit plus sûr en 2017 car elle risquait de partir à la dérive sur l’océan à bord d’un iceberg. Une énorme fissure s’était ouverte dans la plateforme glaciaire où elle se trouve. L’ensemble de la station a été déplacé sur des skis sur plus de 20 km.

La station Halley VI repose sur la Brunt Ice Shelf, une plateforme glaciaire qui est un amalgame de glace issu d’un glacier qui avance vers la mer. Les observations satellitaires des dernières semaines ont révélé l’apparition d’une nouvelle fracture dans la plateforme et l’accélération du mouvement de certaines zones de glace. Cette accélération est marquée en rose clair sur la carte ci-dessous. Un vêlage ne saurait donc être écarté. Si un iceberg devait se détacher, il aurait probablement une superficie d’environ 1 500 kilomètres carrés.

Le BAS dispose d’un réseau de capteurs GPS placés sur la plate-forme glaciaire de Brunt. Ils ont décelé les mêmes mouvements que ceux observés par le satellite Sentinel-1.

Le BAS est convaincu que la station Halley ne partira pas à la dérive sur un iceberg dans le court terme, mais doit s’assurer de la stabilité de la plate-forme glaciaire avant d’y installer du personnel qui y restera toute l’année.

Le British Antarctic Survey, comme tous les autres organismes internationaux de recherche polaire, a réduit ses opérations pendant cette saison estivale en Antarctique à cause du coronavirus. Tout est fait pour empêcher la propagation du virus sur ce continent où les installations médicales sont limitées. La situation actuelle va forcément devoir entraîner la fermeture de la station Halley jusqu’à l’été, mais aussi une présence beaucoup plus réduite du Royaume-Uni à Rothera, sa principale installation dans la Péninsule Antarctique. Aucune recherche sur le terrain ne sera effectuée cette année.

Source: La BBC.

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In my conference « Glaciers at Risk », I explain that the Antarctic continent is melting too because of climate change and global warming. To illustrate this phenomenon, I give the example of the British Antarctic Survey (BAS) Halley VI station which had to be moved to a more secure location in 2017 as it was under threat of drifting away on the ocean on an iceberg. A huge crack had opened in the ice shelf. The whole station was dragged on skis over 20 km upstream

Halley VI station sits on a floating platform of ice known as the Brunt Ice Shelf. This platform is an amalgam of glacier ice that has pushed out from the land into the sea. Satellite observations in recent weeks have recorded the development of yet another crack and the acceleration in the movement of some ice areas. The new speed-up in the ice at the shelf edge is marked in light pink in the map below.

A calving here is a real possibility. If an iceberg happens to break away, it will likely have an area of about 1,500 square kilometres.

BAS has a network of GPS sensors placed across the Brunt Ice Shelf. These sensors have picked up the same movements observed by Sentinel-1.

BAS is confident that Halley itself is still away from the potential iceberg action but it needs more certainty about the stability of the Brunt Ice Shelf before it can allow more staff back into the station on a year-round basis.

BAS, like all the international polar research organisations, has cut back its operations during this Antarctic summer season because of coronavirus. Every effort is being made to prevent the virus’ spread to the continent where medical facilities are limited. The situation has meant not only Halley is continuing its winter shutdown into the summer, but also that there is a much reduced presence at the UK’s main Antarctic facility at Rothera on the Antarctic Peninsula. No field research is being conducted this year.

Source: The BBC.

Déplacement d’un module de la station Halley VI en2017

Vitesse de déplacement de la plateforme glaciaire de Brunt

(Source : British Antarctic Survey)

2020 : une année encore trop chaude ! // 2020 : a year still too hot !

L’année 2021 vient de commencer en France avec une période de froid – mais pas aussi glacial que l’affirment certains médias – et il se pourrait que la température chute à nouveau vers la fin du mois si le vortex polaire de déplace vers le sud (voir ma note du 8 janvier 2021). Ces périodes plus froides sont des accidents climatiques qui se produisent de temps à autre, mais qui ne changent et ne changeront pas grand-chose à la tendance au réchauffement que nous connaissons depuis plusieurs décennies.

Alors que l’année vient de commencer, il est temps pour les agences climatiques de dresser un bilan des températures en 2020 et on ne peut que constater que la situation est extrêmement inquiétante..

Selon l’agence européenne Copernicus, 2021 arrive à égalité avec 2016 comme l’année la plus chaude jamais enregistrée. Elle clôture aussi la décennie la plus chaude de tous les temps et confirme que l’impact du changement climatique s’intensifie.

Après un hiver et un automne exceptionnellement chauds en Europe, le continent a connu avec 2020 l’année la plus chaude jamais enregistrée. L’Arctique a subi une chaleur extrême et les concentrations de CO2 ont continué d’augmenter.

L’agence Copernicus nous apprend qu’en 2020 la température moyenne de la planète a dépassé de 1,25 degré Celsius celle de l’époque préindustrielle. Les six dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées dans le monde.

Une première estimation révèle que 13 des catastrophes de l’année dernière ont causé au moins 188 décès et un coût de 46,6 milliards de dollars.

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De leur côté, les données préliminaires issues de la réanalyse ERA5 de dernière génération concluent que l’année 2020 serait la deuxième plus chaude des archives remontant à 1979.

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Les données de réanalyse NCEP / NCAR, quant à elles, placent 2020 à la quatrième place.

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Selon les données satellitaires issues de l’Université d’Alabama à Huntsville (UAH), 2020 arrive en deuxième position.

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Comme je l’indiquais plus haut, le bilan proposé par la NASA et la NOAA prend en compte de manière globale les températures terrestres et leurs homologues océaniques.

Selon la NASA, la température moyenne de la surface de la Terre en 2020 est à égalité avec 2016 et devient donc l‘année la plus chaude jamais enregistrée. Poursuivant la tendance au réchauffement sur le long terme, la température moyenne pour 2020 à l’échelle de la planète  a été de 1,02 ° C supérieure à la moyenne de référence pour 1951-1980. 2020 a devancé 2016 d’un cheveu, mais la marge d’erreur possible oblige à mettre les deux années à égalité.

Selon le directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA, le fait qu’une année ait battu ou non un record n’est pas le plus important. Ce qui importe, c’est la tendance sur le long terme. Au vu de la tendance actuelle et de l’impact humain sur le climat, nous devons nous attendre à de nouveaux records à l’avenir. »

Selon la NOAA, avec une fin d’année légèrement plus froide, 2020 est la deuxième plus chaude des 141 dernières années, avec une température à la surface des terres et des océans de 0,98 ° C au-dessus de la moyenne. Cette valeur n’est que de 0,02°C en dessous de la valeur record de 1,00°C établie en 2016 et de seulement 0,03°C au-dessus de 2019 qui a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée. Les sept années les plus chaudes de la période 1880-2020 ont toutes eu lieu depuis 2014, tandis que les 10 années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2005.

Dans la conclusion de son rapport, la NOAA indique que 2020 est la 44ème année consécutive (depuis 1977) avec une température globale des terres et des océans supérieure à la moyenne du 20ème siècle.

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Dans le même temps, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) indiquait de son côté que l’année 2020 a été l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées et rivalise avec 2016 pour la première place. Il faut noter à ce sujet que 2016 se trouvait dans un contexte de fort réchauffement El Niño dans le Pacifique tropical, alors que 2020 s’est déroulée avec un El Niño neutre et même des conditions de refroidissement provoquées par La Niña en fin d’année.

La température mondiale moyenne l’année dernière a été d’environ 14,9°C, soit 1,2 degrés au-dessus du niveau préindustriel (1850-1900)

L’OMM précise que la décennie 2011-2020 a été la plus chaude de tous les temps, avec les trois années les plus chaudes : 2016, 2019 et 2020.

L’OMM avertit que « nous nous dirigeons vers une augmentation catastrophique de la température de trois à cinq degrés Celsius ce siècle. » Depuis les années 1980, chaque décennie a été plus chaude que la précédente.

A une échelle plus réduite, l’Europe, le France et le Limousin où j’habite ont connu avec 2020 l’année la plus chaude depuis le début des relevés météorologiques.

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Record de chaleur océanique en 2020

D’après une étude menée par une équipe internationale de chercheurs et publiée le 13 janvier 2021 dans la revue Advances in Atmospheric Sciences, les cinq années les plus chaudes pour les océans se sont succédé depuis 2015 et les océans ont battu des records de chaleur en 2020.

Les auteurs de l’étude expliquent que la hausse de la température moyenne enregistrée actuellement provoque une hausse du niveau de la mer causée par la fonte des glaces, mais c’est aussi un facteur aggravant dans la formation des catastrophes climatiques. 29 tempêtes ont été enregistrées dans l’Atlantique en 2020, ce qui est un record.

Les données compilées par les scientifiques concernent une profondeur de 2 000 mètres. Depuis 1986, le taux de réchauffement de ce segment des océans a été huit fois supérieur à celui de la période 1960-1985. La hausse du niveau de la mer pourrait atteindre un mètre d’ici à la fin du siècle, avec une menace directe pour 150 millions de personnes installées sur les littoraux à travers le monde.

Une eau plus chaude est moins propice à absorber du dioxyde de carbone et donc à limiter les effets du réchauffement climatique. 30% du CO2 est aujourd’hui capté par les océans.

Une fois engagé le processus de réchauffement des océans, il est très difficile de l’infléchir. L’étude se conclut en ces termes : « L’excès de chaleur déjà présent dans l’océan et la chaleur susceptible d’y pénétrer au cours des prochaines années continueront à affecter les évolutions climatiques, le niveau de la mer et la biodiversité océanique pendant un certain temps, même si les émissions de carbone devenaient nulles. »

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The year 2021 has just started in France with a period of cold – but not as freezing as some media claim – and the temperature could drop again towards the end of the month if the polar vortex moves south. (see my note of January 8, 2021). These colder periods are climatic accidents that occur from time to time, but which do not and will not change much to the warming trend that we have seen for several decades.

As the year has just started, it is time for the climate agencies to take stock of the temperatures in 2020, and the situation is extremely worrisome..

According to the European agency Copernicus, last year tied with 2016 as the world’s warmest year on record, rounding off the hottest decade globally as the impacts of climate change intensified.

After an exceptionally warm winter and autumn in Europe, the continent experienced its hottest year on record in 2020, while the Arctic suffered extreme heat and CO2 concentrations continued to rise.

Copernicus explains that in 2020, temperatures globally were an average of 1.25 degrees Celsius higher than in pre-industrial times. The last six years were the world’s hottest on record.

A preliminary tally found that 13 of last year’s disasters led to at least 188 deaths and costs of $46.6 billion.

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For their part, preliminary data from the latest generation ERA5 reanalysis concludes that 2020 will be the second warmest year in records dating back to 1979.

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NCEP / NCAR reanalysis data, meanwhile, places 2020 in fourth place.

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According to satellite data from the University of Alabama at Huntsville (UAH), 2020 comes in second.

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As I indicated above, the balance proposed by NASA and NOAA takes into account in a global way the temperatures on Earth and their ocean counterparts.

According to NASA, Earth’s global average surface temperature in 2020 tied with 2016 as the warmest year on record. Continuing the planet’s long-term warming trend, the year’s globally averaged temperature was1.02°C warmer than the baseline 1951-1980 mean. 2020 edged out 2016 by a very small amount, within the margin of error of the analysis, making the years effectively tied for the warmest year on record.

According to the director of NASA’s Goddard Institute for Space Studies, whether one year is a record or not is not really that important; the important things are long-term trends. With these trends, and as the human impact on the climate increases, we have to expect that records will continue to be broken.”

According to NOAA, with a slightly cooler end to the year, 2020 secured the rank of second warmest year in the 141-year record, with a global land and ocean surface temperature 0.98°C above average. This value is only 0.02°C shy of tying the record high value of 1.00°C set in 2016 and only 0.03°C above 2019 which was the third warmest year on record. The seven warmest years in the 1880–2020 record have all occurred since 2014, while the 10 warmest years have occurred since 2005.

NOAA concludes its report indicating that 2020 marks the 44th consecutive year (since 1977) with global land and ocean temperatures above the 20th century average.

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At the same time, the World Meteorological Organization (WMO) reported that 2020 was one of the three hottest years on record and rivals 2016 for first place. It should be noted that 2016 was in a context of strong El Niño warming in the tropical Pacific, while 2020 took place with a neutral El Niño and even cooling conditions caused by La Niña at the end of the year.

The average global temperature last year was around 14.9 ° C, or 1.2 degrees above the pre-industrial level (1850-1900).

WMO states that the decade 2011-2020 was the hottest ever, with the three hottest years: 2016, 2019 and 2020.

WMO warns that « we are heading for a catastrophic temperature rise of three to five degrees Celsius this century. » Since the 1980s, each decade has been warmer than the rprevious one.

At a smaller scale, for Europe, France and the Limousin where I live, 2020 was the hottest year ever recorded.

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Ocean heat record in 2020

According to a study conducted by an international team of researchers and published on January 13th, 2021 in the journal Advances in Atmospheric Sciences, the five hottest years for the oceans have followed one another since 2015 and the oceans have broken heat records in 2020.

The study’s authors explain that the current increase in average temperature causes sea level rise caused by melting ice, but it is also an aggravating factor in the formation of climate disasters. 29 storms were recorded in the Atlantic in 2020, which is a record.

The data compiled by the scientists relate to a depth of 2000 metres. Since 1986, the rate of warming of this segment of the oceans has been eight times that of the period 1960-1985. Sea level rise could reach one metre by the end of the century, with a direct threat to 150 million people living on coastlines around the world.

Warmer water is less likely to absorb carbon dioxide and therefore limit the effects of global warming. 30% of CO2 is captured by the oceans today. Once the process of ocean warming has started, it is very difficult to reverse it. The study concludes with these words: « The excess heat already present in the ocean and the heat likely to penetrate there over the next few years will continue to affect climate change, sea level and ocean biodiversity. for a while, even if carbon emissions are brought down to zero. « 

Source : NASA