L’Islande enterre le gaz carbonique ! // Iceland buries carbon dioxide !

Dans une note publiée le 17 juin 2016, j’expliquais qu’une équipe dirigée par des chercheurs de l’Université de Southampton a participé au projet CarbFix, à côté d’une centrale géothermique dans la périphérie de Reykjavik. Cette centrale exploite une source de vapeur produite par le magma à faible profondeur, en sachant que du CO2 et des gaz soufrés d’origine volcanique sont émis en même temps que la vapeur. Le but est de capter le gaz et de le réinjecter dans le sous-sol. Le processus se fait avec un puits d’injection foré dans le soubassement basaltique. Les chercheurs séparent le dioxyde de carbone de la vapeur produite par la centrale et l’envoient vers un puits d’injection. Le dioxyde de carbone est injecté dans un tuyau qui de trouve lui-même logé à l’intérieur d’un autre tuyau rempli d’eau en provenance d’un lac situé à proximité. A plusieurs dizaines de mètres de profondeur, le dioxyde de carbone est libéré dans l’eau où la pression est si élevée qu’il se dissout rapidement. Ce mélange d’eau et de dioxyde de carbone dissous, qui devient très acide, est envoyé plus profondément dans une couche de roche basaltique où il commence à lessiver des minéraux comme le calcium, le magnésium et le fer. Les composants du mélange finissent par se recomposer et se minéraliser en roches carbonatées.
Les chercheurs ont été surpris de voir à quelle vitesse la roche islandaise absorbe le CO2. Des expériences en laboratoire ont montré qu’il faudrait des décennies pour que le CO2 injecté dans le basalte parvienne à minéraliser. Les résultats du projet islandais démontrent, quant à eux, que la minéralisation pratiquement intégrale du CO2 in situ dans les roches basaltiques peut se produire en moins de 2 ans.
Suite à ce premier succès, Reykjavik Energy, qui exploite la centrale géothermique, a accéléré l’injection de CO2 au cours des deux dernières années. Les techniciens vont bientôt injecter dans le sous-sol un quart du CO2 émis par la centrale. Le coût du projet est relativement faible, d’environ 30 dollars par tonne de CO2.
Malgré son succès, il n’est pas certain que cet exemple de stockage du CO2 en Islande puisse être appliqué dans le monde entier. On ne sait pas vraiment ce qui permet la minéralisation rapide sur le site de CarbFix. Ce peut être dû à une combinaison de caractéristiques géologiques du sous-sol et de la géochimie des eaux souterraines, bien que les chercheurs pensent que leur approche de dissolution du CO2 dans l’eau avant l’injection joue un rôle important. D’autres expériences ailleurs dans le monde ont révélé des taux plus lents de minéralisation. En conséquence, même si le projet CarbFix est encourageant, il y a encore de grands défis à relever si l’on veut utiliser cette technologie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Un récent reportage diffusé sur le site de la radio France Info revient sur ce projet fort intéressant. En conclusion, le journaliste évoque son utilisation dans les régions volcaniques françaises, comme le Massif Central, la Guadeloupe ou l’Ile de la Réunion. Vous accéderez au reportage en cliquant sur ce lien :

http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/rechauffement-climatique-l-islande-enterre-le-co2_2468294.html

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In a post released on June 17th 2016, I explained that a team led by a University of Southampton researcher was involved in the CarbFix project, located next to a geothermal power plant outside Reykjavik. This plant basically taps a source of steam above Iceland’s shallow magma chambers, but some volcanic CO2 and sulfur gas come along with it. The goal is to capture that gas and stick it back underground. That’s done with an injection well drilled down into basalt bedrock. The researchers separate the carbon dioxide from the steam produced by the plant and send it to an injection well. The carbon dioxide gets pumped down a pipe that’s actually inside another pipe filled with water from a nearby lake. Dozens of metres below the ground, the carbon dioxide is released into the water, where the pressure is so high that it quickly dissolves. That mix of water and dissolved carbon dioxide, which becomes very acidic, gets sent deeper into a layer of basaltic rock, where it starts leaching out minerals like calcium, magnesium and iron. The components in the mixture eventually begin to mineralize into carbonate rocks.

The researchers were surprised to see how quickly it all happened. Laboratory experiments have shown that it ought to take decades for CO2 injected into basalt to mineralize. However, the results of this study demonstrate that nearly complete in situ CO2 mineralization in basaltic rocks can occur in less than 2 years.

Following on this early success, Reykjavik Energy, which operates the geothermal power plant, has ramped up injection over the past couple years. They’ll soon be injecting a quarter of the CO2 released by the plant. The cost of the project is comparatively low, about $30 per ton of CO2.

Although successful, it is not sure this breakthrough demonstration of CO2 storage can be emulated around the world. It’s not entirely clear what allowed such rapid mineralization about the CarbFix site. It could be some combination of characteristics of the geology and groundwater chemistry, although the researchers think their approach of dissolving the CO2 in water before injection played a role. Other experiments elsewhere in the world have revealed slower rates of mineralization. As a consequence, even though the CarbFix project is encouraging, there are still some big challenges to be met if we want to use this technology to reduce greenhouse gas emissions in the atmosphere.

A recent report video on the website of the French radio France Info develops this very interesting project. In conclusion, the journalist imagines its use in the French volcanic regions, such as the Massif Central, Guadeloupe or Reunion Island. You will access the report by clicking on this link:
http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/rechauffement-climatique-l-islande-enterre-le-co2_2468294.html

Principe de l’enfouissement du CO2 dans le basalte islandais (Source: France Info)

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Notre planète est en danger ! // Our planet is in danger !

Selon une étude publiée le lundi 13 novembre 2017, en marge de la COP23, les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont reparties à la hausse en 2017. Les émissions de CO2 liées à l’industrie et à la combustion d’énergies fossiles devraient croître d’environ 2% cette année par rapport à 2016 et atteindre un record de 36,8 milliards de tonnes, après des années 2014 à 2016 quasiment stables. A mes yeux, ces nouveaux chiffres ne sont pas une surprise. Cela fait plusieurs années que j’observe les concentrations de CO2 au sommet du Kilauea à Hawaii, ainsi que la courbe de Keeling qui en découle. Cela fait plusieurs mois que l’on a dépassé le seuil symbolique de 400 parties par million (ppm). Le 12 novembre, cette concentration atteignait 404,60 ppm. Chaque journée établit actuellement un nouveau record.

Avec de tels chiffres, il est bien évident que l’objectif d’une augmentation de 2°C de la température globale de la planète prévu par la COP 21 de 2015 a du plomb dans l’aile. Pour l’atteindre, il faudrait, bien sûr, que les émissions atteignent leur pic ces prochaines années et diminuent ensuite rapidement. Ne nous leurrons pas ; les politiques énergétiques des grandes puissances industrielles ne vont pas dans ce sens, malgré les belles paroles proférées par leurs dirigeants. Les intérêts économiques passent loin devant les questions environnementales !

On peut prendre l’exemple de la Chine, qui génère 28% de ces gaz à effet de serre. Après des efforts au cours des dernières années, on observe à nouveau un boom de la production industrielle et une production hydroélectrique diminuée par des épisodes de sécheresse.

Aux Etats-Unis aussi, c’est la première fois en cinq ans que la consommation de charbon augmentera (+0,5%), du fait du prix élevé du gaz naturel. L’Inde voit ses émissions croître un peu moins (+2%) mais ce devrait être temporaire. Quant à l’Union Européenne (UE), ses émissions reculent moins vite que la décennie précédente (-0,2%).

Selon la dernière étude, les 10 principaux émetteurs sont, sans surprise, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du Sud et le Canada. L’UE dans son ensemble se classe en 3e position.

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A cette étude publiée en marge de la COP 23 vient s’ajouter un manifeste signé par 15 364 scientifiques de 184 pays. Déjà en 1992, l’ONG Union of Concerned Scientists publiait « l’avertissement des scientifiques du monde à l’humanité ». 1700 scientifiques prévoyaient que l’impact des activités de l’homme sur la nature allait probablement aboutir « à de grandes souffrances humaines » et à « mutiler la planète de manière irrémédiable ».

Un quart de siècle plus tard, plus de 15 000 scientifiques émettent un nouvel avertissement. Cette tribune est publiée par la revue BioScience et reprise par Le Monde du lundi 13 novembre 2017. Vous pourrez en lire l’intégralité en cliquant sur ce lien :

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/le-cri-d-alarme-de-quinze-mille-scientifiques-sur-l-etat-de-la-planete_5214185_3244.html

Selon ce manifeste ; tous les voyants sont au rouge : Disponibilité de l’eau potable, déforestation, baisse du nombre de mammifères, émissions de gaz à effet de serre. « L’humanité ne fait pas ce qui devrait être entrepris de manière urgente pour sauvegarder la biosphère menacée. Bientôt, il sera trop tard pour inverser cette tendance dangereuse. »

Ces scientifiques estiment toutefois qu’il est encore possible d’inverser cette tendance pour permettre aux écosystèmes de retrouver leur durabilité. Parmi les mesures recommandées, il y a la création d’un plus grand nombre de réserves naturelles et un renforcement des lois contre le braconnage. Les auteurs de la tribune plaident aussi pour des mesures encourageant un régime alimentaire davantage à base de plantes et l’adoption à grande échelle des énergies renouvelables et d’autres technologies vertes.

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According to a study published on Monday November 13th, on the sidelines of COP23, global greenhouse gas emissions are on the rise again in 2017. CO2 emissions from industry and fossil fuel combustion are expected to increase by about 2% this year compared to 2016 and reach a record 36.8 billion tonnes, after 2014 to 2016 which were almost stable. These new figures are not a surprise. It has been several years since I observed CO2 concentrations at the summit of Kilauea in Hawaii, as well as the resulting Keeling curve. It has been several months since we crossed the symbolic threshold of 400 parts per million (ppm). On November 12th, this concentration reached 404.60 ppm. Each day is setting a new record.
With such numbers, it is obvious that the goal of an increase of 2°C for the global temperature of the planet envisaged by the 2015 COP 21 will hardly be attained. To reach it, noxious emissions would have to peak in the next few years and then decline rapidly. Let’s not fool ourselves; the energy policies developed by the major industrial powers do not go in this direction, despite the fine words uttered by their leaders. Economic interests can’t rival with environmental issues!
We can take the example of China, which generates 28% of these greenhouse gases. After efforts in recent years, there is again a boom in the industrial production and the hydroelectric production which as been reduced by droughts.
In the United States too, it is the first time in five years that coal consumption will increase (by 0.5%), due to the high price of natural gas. India sees its emissions grow a little less (by 2%) but it should be temporary. As for the European Union (EU), its emissions are declining more slowly than the previous decade ( by 0.2%).
According to the latest study, the top 10 gas emitters are, unsurprisingly, China, the United States, India, Russia, Japan, Germany, Iran, Saudi Arabia, South Korea and Canada. The EU as a whole ranks third.

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In addition to this study, a manifesto was published at the same time as the COP 23. It was signed by 15,364 scientists from 184 countries. Already in 1992, the NGO Union of Concerned Scientists published « the warning world scientists to humanity. » 1,700 scientists predicted that the impact of human activities on Nature would likely lead to « great human sufferings » and « mutilate the planet in an irreparable way ».
A quarter of a century later, more than 15,000 scientists are issuing a new warning. This text was published by BioScience and reviewed by Le Monde on Monday, November 13th, 2017. You can read the whole text by clicking on this link:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/le-cri-d-alarme-de-quinze-mille-scientifiques-sur-l-etat-de-la-planete_5214185_3244.html

According to this manifesto; all the lights are red: Availability of drinking water, deforestation, decrease in the number of mammals, emissions of greenhouse gases. « Humanity is not doing what urgently needs to be done to save the threatened biosphere, and it will be too late to reverse this dangerous trend. »
However, these scientists believe that it is still possible to reverse this trend to allow ecosystems to regain their sustainability. Among the recommended measures is the creation of more natural reserves and stronger laws against poaching. The panelists also advocate for measures to encourage a more plant-based diet and the widespread adoption of renewable energy and other green technologies.

Source : Climate Central / NASA, NOAA.

L’Administration Trump valide le Rapport Fédéral sur le Climat! // The Trump Administration validates the National Climate Assessment !

Le 3 novembre 2017, l’Administration Trump a publié le Rapport National sur le Climat qui détaille les menaces de plus en plus grandes liées au changement climatique. Le Rapport contraste fortement avec les efforts de l’Administration pour minimiser le rôle des humains dans le réchauffement climatique, pour se retirer de l’accord climatique de Paris et pour inverser les politiques de l’ère Obama visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
La Maison Blanche n’a pas cherché à empêcher la publication du Rapport National sur le Climat, commandé tous les quatre ans par le gouvernement fédéral. Le Rapport affirme que le changement climatique est provoqué dans sa quasi-totalité par les activités humaines. Il met en garde contre l’élévation du niveau de la mer qui pourrait atteindre 2,40 mètres en 2100, et il énumère une multitude de dégâts liés à l’augmentation de la température causée par le réchauffement climatique depuis 1900.
On peut lire dans le rapport : « Il est extrêmement probable que l’influence humaine soit la cause dominante du réchauffement observé depuis le milieu du 20ème siècle. Pour le réchauffement au cours du siècle dernier, il n’y a pas d’explication alternative convaincante soutenue par l’étendue de la preuve observationnelle. »
Le Rapport National sur le Climat arrive au moment où le président Trump et les membres de son cabinet s’efforcent d’accélérer la production d’énergie fossile aux États-Unis et abrogent plusieurs lois fédérales visant à réduire la production de carbone aux Etats Unis. Trump a également annoncé qu’il allait sortir de la COP 21 de Paris.
Le Rapport pourrait avoir des conséquences juridiques et politiques considérables. En effet, il s’agit d’un rapport émis par le gouvernement fédéral dont le contenu sape complètement sa politique environnementale ainsi que les déclarations faites par les hauts fonctionnaires de l’Administration.
Le Rapport National sur le Climat de cette année comporte deux volets : l’un  expose la science fondamentale du changement climatique et l’autre montre comment les États-Unis sont concernés sur une base régionale. Ensemble, les deux documents totalisent plus de 2 000 pages.
Le premier document, intitulé Climate Science Special Report, affirme que les États-Unis connaissent déjà un plus grand nombre de vagues de chaleur et de précipitations extrêmes et plus d’incendies de forêt dans l’Ouest, que plus de 25 villes côtières américaines subissent déjà plus d’inondations, et que le niveau de la mer pourrait s’élever de 30 à 120 centimètres d’ici à l’an 2100. Cette dernière situation pourrait être encore pire si l’Antarctique s’avère instable, comme on le craint actuellement.
Compte tenu de cet état des lieux impressionnant – qui contredit les déclarations et les politiques de l’Administration Trump – certains membres de la communauté scientifique redoutaient que l’Administration refuse de publier le rapport ou bien en modifie les conclusions. Pourtant, de nombreux experts, ainsi que des fonctionnaires de l’Administration Trump et des scientifiques fédéraux, ont déclaré les conclusions scientifiques du rapport ne seraient pas modifiées.
L’Administration Trump a également publié, sous forme d’ébauche, l’imposant volume 2 du Rapport sur le Climat, qui examine les impacts régionaux à travers les États-Unis. Ce document n’est pas définitif; Sa publication finale est prévue pour la fin de 2018. On peut toutefois y lire que le coût du changement climatique aux États-Unis pourrait être spectaculaire. Il indique que dans un scénario pessimiste du réchauffement climatique, la hausse des températures pourrait entraîner une perte de « près de 1,9 milliard d’heures de travail dans l’ensemble des Etats Unis d’ici 2090 ». Cela représenterait 160 milliards de dollars de pertes annuelles pour les travailleurs. Avec un niveau de réchauffement climatique élevé, les dégâts causés aux biens côtiers en 2090 pourraient totaliser 120 milliards de dollars supplémentaires par an et les pertes humaines liées aux température extrêmes pourraient atteindre 9 300 par an, ou en termes monétaires, 140 milliards de dollars par an en dommages. Selon le Rapport, à ces chiffres pourraient s’ajouter des dizaines de milliards supplémentaires annuellement sous la forme de dégâts aux routes, aux voies ferrées et aux infrastructures électriques.
Le Rapport conclut en indiquant que ces coûts pourraient être considérablement réduits si le réchauffement climatique était maintenu à son niveau le plus bas, donc dans le scénario le plus optimiste.
Source: The Washington Post.

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On November 3rd 2017, the Trump administration released the National Climate Assessment, a report detailing the growing threats of climate change. The report stands in stark contrast to the administration’s efforts to downplay humans’ role in global warming, to withdraw from the Paris climate agreement and to reverse Obama-era policies aimed at curbing America’s greenhouse gas emissions.

The White House did not seek to prevent the release of the government’s National Climate Assessment. The report affirms that climate change is driven almost entirely by human action, warns of potential sea level rise as high as 2,40 metres by the year 2100, and enumerates a multitude of climate-related damages across the United States that are already occurring due to the temperature increase caused by global warming since 1900.

« It is extremely likely that human influence has been the dominant cause of the observed warming since the mid-20th century, » the document reports. « For the warming over the last century, there is no convincing alternative explanation supported by the extent of the observational evidence. »

The report comes as President Trump and members of his Cabinet are working to promote U.S. fossil fuel production and repeal several federal rules aimed at curbing the nation’s carbon output. Trump has also announced he will exit the Paris climate agreement.

The report could have considerable legal and policy significance. Indeed, this is a federal government report whose contents completely undercut their policies, completely undercut the statements made by senior members of the administration.

The government is required to produce the National Assessment every four years. This time, the report is split into two documents, one that lays out the fundamental science of climate change and the other that shows how the United States is being impacted on a regional basis. Combined, the two documents total over 2,000 pages.

The first document, called the Climate Science Special Report, affirms that the U.S. is already experiencing more extreme heat and rainfall events and more large wildfires in the West, that more than 25 U.S. coastal cities are already experiencing more flooding, and that seas could rise by between 30 and 120 centimetres by the year 2100, and perhaps even more than that if Antarctica proves to be unstable, as is currently feared.

Given these strong statements – and how they contradict Trump administration statements and policies – some members of the scientific community had speculated that the administration might refuse to publish the report or alter its conclusions. Yet multiple experts, as well as some administration officials and federal scientists, said that Trump political appointees did not change the special report’s scientific conclusions.

The administration also released, in draft form, the longer volume 2 of the National Climate Assessment, which looks at regional impacts across the United States. This document is not final; its final publication is expected in late 2018. One can read that the monetary costs of climate change in the U.S. could be dramatic. It indicates that in a high end warming scenario, high temperatures could lead to the loss per year of « almost 1.9 billion labour hours across the national workforce » by 2090. That would mean 160 billion dollars annually in lost income to workers. With high levels of warming, coastal property damages in 2090 could total another 120 billion dollars annually, and deaths from temperature extremes could reach 9,300 per year, or in monetized terms, 140 billion dollars annually in damages. Additional tens of billions annually could occur in the form of damages to roads, rail lines, and electrical infrastructure, the report finds.

This could all be lessened considerably, the report notes, if warming is held to lower levels.

Source : The Washington Post.

La fonte rapide des glaciers est la preuve que le climat de la Terre est en train de se réchauffer (Photos: C. Grandpey)

De plus en plus de gaz carbonique dans l’atmosphère // More and more CO2 in the atmosphere

La radio française France Info vient de publier un article intitulé « Réchauffement climatique: il n’y a jamais eu autant de CO2 dans l’atmosphère, selon l’ONU. » C’est ce qui s’appelle enfoncer une porte ouverte. Le phénomène n’est pas nouveau. D’ailleurs, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) citée dans l’article précise que ces concentrations étaient déjà de 400 parties par million (ppm) en 2015. Elles atteignent 403,3 ppm en 2016 et – toujours selon l’OMM – représentent désormais 145% de ce qu’elles étaient à l’époque pré-industrielle (avant 1750).  Pour être parfaitement à jour, il suffit de consulter la courbe de Keeling (https://scripps.ucsd.edu/programs/keelingcurve/) qui révèle les concentrations de CO2 sur le Mauna Loa à Hawaii. Le 28 octobre 2017, elles atteignaient exactement 403,98 ppm.

L’OMM rappelle que la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années. La température était alors de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel.

Selon l’OMM, la hausse rapide actuelle des concentrations en CO2 est due à « la conjonction des activités humaines et d’un puissant épisode El Niño »,  phénomène qui se traduit par une hausse de la température de l’océan Pacifique. [NDLR : Il faut tout de même noter qu’El Niño est actuellement terminé et remplacé par La Niña ; malgré ce changement, la hausse des concentrations de CO2 se poursuit !].

Les chercheurs se basent sur les carottes de glace pour déterminer les variations de la teneur en CO2 dans l’atmosphère au cours du temps. Selon eux, « si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d’une hausse dangereuse de la température d’ici la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l’Accord de Paris sur le climat. »

Depuis l’ère industrielle, soit depuis 1750, la croissance démographique, la pratique d’une agriculture de plus en plus intensive, une plus grande utilisation des terres, la déforestation, l’industrialisation et l’exploitation des combustibles fossiles à des fins énergétiques provoquent une augmentation de la teneur atmosphérique en gaz à effet de serre, dont le principal est le CO2. Celui-ci persiste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans l’océan, encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la température sera nettement plus élevée et les phénomènes climatiques seront plus extrêmes à l’avenir. Comme l’a fait remarquer fort justement le secrétaire général de l’OMM, « les générations à venir hériteront d’une planète nettement moins hospitalière. »

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French radio France Info has just published an article entitled “Global warming: there has never been so much CO2 in the atmosphere, according to UNO”. This is called pressing an open door. The phenomenon is not new and the World Meteorological Organization (WMO) mentioned in the article states that these concentrations were already 400 parts per million (ppm) in 2015. They now reach 403.3 ppm in 2016 and – according to WMO –  they now account for 145% of what they were in the pre-industrial era (before 1750). To be perfectly up to date, we just need to look at the Keeling Curve (https://scripps.ucsd.edu/programs/keelingcurve/) which reveals CO2 concentrations on Mauna Loa in Hawaii. On October 28th, 2017, they reached exactly 403.98 ppm.
WMO recalls that the last time the Earth had a comparable CO2 content was 3 to 5 million years ago. The temperature was 2 to 3°C higher and the sea level was 10 to 20 metres higher than the current level.
According to WMO, the current rapid rise in CO2 concentrations is due to « the conjunction of human activities and a powerful El Niño event », which means an increase in the temperature of the Pacific Ocean. [Note: It should nevertheless be noted that El Niño is now over and replaced by La Niña; despite this change, the increase in CO2 concentrations continues!].
Researchers rely on ice cores to determine changes in CO2 content in the atmosphere over time. According to them, « if we do not quickly reduce greenhouse gas emissions, especially CO2 emissions, we will be facing a dangerous rise in temperature by the end of the century, well beyond beyond the target set in the Paris Climate Agreement.  »
Since the industrial era, namely since 1750, population growth, the practice of an increasingly intensive agriculture, a greater use of land, deforestation, industrialization and the exploitation of fossil fuels for energy purposes have caused an increase in the atmospheric content of greenhouse gases, the main one being CO2. It persists in the atmosphere for centuries and in the ocean, even longer. According to the laws of physics, the temperature will be significantly higher and there will be more extreme climatic phenomena in the future. As the WMO Secretary General rightly pointed out, « future generations will inherit a much less hospitable planet. »

La courbe de Keeling

Arctique : La glace de mer continue à fondre trop vite // Arctic sea ice is still melting too fast!

La surface occupée par la glace de la mer dans l’Océan Arctique est encore très faible cette année, mais elle n’établit pas de nouveaux records. On aurait pu penser que l’on se dirigeait vers un nouvel accès de faiblesse en septembre, mais une vague de temps orageux et plus froid s’est installée dans la région et a changé la situation. Cela a permis de préserver la glace de mer et de ralentir sa fonte. Au final, en 2017, la glace de mer n’occupe que le huitième rang le plus bas dans les données satellitaires.
L’étendue de la glace de la mer dans l’Arctique, c’est à dire la zone où la glace de mer couvre au moins 15% de la surface de l’eau, a atteint son point le plus bas de l’année le 13 septembre 2017, avec une couverture de 4,40 millions de kilomètres carrés, selon les données du National Snow and Ice Data Centre (NSIDC). C’est 1,60 millions de kilomètres carrés en dessous du minimum annuel moyen de 1981 à 2010, mais bien au-dessus du seuil record de 3,41 millions de kilomètres carrés enregistré en 2012.
Le changement de temps mentionné plus haut temps a réduit à néant ce qui, il y a six mois, ressemblait à la configuration pour un nouveau record de manque de glace cette année. En mars, lorsque la saison de gel s’est terminée, l’étendue maximale annuelle de la glace était la plus faible depuis 1979. Selon le NSIDC, dans les mois qui ont suivi, l’étendue de glace de mer flirtait avec les niveaux les plus bas jamais enregistrés.
Les 11 niveaux annuels les plus faibles de glace de mer ont tous été observés au cours des 11 dernières années. Malgré la lenteur de la fonte cette année, il convient de noter que l’étendue actuelle de la glace reste relativement faible et qu’il n’y a pas d’évolution positive prévue sur le long terme. Au niveau régional, la fonte a été la plus marquée dans les mers des Tchouktches et de Beaufort, au large de l’Alaska. Cela devrait entraîner des températures de l’air beaucoup plus chaudes que la normale dans le secteur de North Slope.

Même si la situation n’est pas pire qu’au cours des dernières années, cela ne signifie nullement que le changement climatique et le réchauffement climatique sont terminés!

Source : Alaska Dispatch News.

Dernière minute : Selon Alaska Sea Grant (University of Alaska / NOAA), à la fin du mois de septembre la surface dépourvue de glace dans les mers de Beaufort et des Tchouktches frisait les records. Il fallait parcourir quelque 1280 km depuis Nome pour atteindre la glace de mer dans l’Arctique. Selon le National Snow and Ice Data Center, cette situation risque de perdurer en octobre et même en novembre. En conséquence, la région pourrait subir des impacts encore plus sévères des tempêtes, avec une accentuation de l’érosion côtière.

Le manque de glace de mer a été particulièrement aigu dans les mers Beaufort et des Tchouktches cet été, avec des étendues d’eau libre jamais observées dans le Beaufort depuis le début des mesures satellitaires en 1979.

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Arctic sea ice extent is still low this year but it is not breaking new records. There was good reason to think it could be headed for a record low in September, but a stormy and cool pattern set in and changed the situation. It helped preserve sea ice, slowing its melting enough to rank this year’s annual ice minimum as only the eighth lowest in the satellite record, far from the worst it has been.

Arctic sea ice extent, defined as the area where sea ice covers at least 15 percent of the water’s surface, hit the year’s low mark on September 13th 2017, covering 1.79 million square miles, the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) reported. That is 610,000 square miles below the 1981-to-2010 average annual minimum, but well above the record low of 1.32 million square miles set in 2012.

The turn in the weather cancelled what, six months ago, looked like the setup for a new record low this year. In March, when the freeze season ended, the annual maximum extent of ice was the lowest on a satellite record going back to 1979. And in the months following, sea ice extents were tracking at or near record-low levels, according to the NSIDC.

The 11 lowest annual minimum sea ice extents have all been in the past 11 years. Despite the slow melt this year, it should be noted that the current year’s ice extent is still relatively low and there is no long-term recovery. Regionally, the melt was accentuated in the Chukchi and Beaufort seas off Alaska. That is expected to lead to much warmer air temperatures than normal off the North Slope.

Even though the situation is not worse than in past years, this by no means signifies that climate change and global warming are over!

Source : Alaska Dispatch News.

Last minute: According to Alaska Sea Grant (University of Alaska / NOAA), by the end of September near-record expanses of ice-free open water existed in the Beaufort and Chukchi seas. The extent of open water from Nome to the sea ice edge in the Arctic was as much as 1,280 kilometres. According to National Snow and Ice Data Center, the open water is likely to last into October or November. The region could feel more severe impacts from fall storms and coastal erosion in the area because of the open water.

Low ice conditions have been extreme in the Beaufort and Chukchi seas this summer, with open water farther north in the Beaufort than any time in a satellite record that goes back to 1979.

Photo: C. Grandpey

« Une suite qui dérange » : Le Limousin boude le film d’Al Gore

Comme je l’indiquais précédemment, le dernier film d’Al Gore « Une suite qui dérange : le temps de l’action » – An Inconvenient Sequel : Truth to Power – est sorti en France sur les écrans le 27 septembre.

J’ai assisté à la séance de 17h35 ce même jour à Limoges et j’avais pratiquement tous les sièges à ma disposition puisque nous étions seulement 7 spectateurs dans la salle de cinéma. Ce n’est guère une surprise car je me rends compte depuis longtemps que mes concitoyens n’ont pas pris conscience de l’ampleur du danger environnemental qui nous guette. De plus, le titre et l’affiche du film d’Al Gore ne sont guère accrocheurs et ne saurait rivaliser avec d’autres réalisations à l’affiche au même moment.

S’agissant du documentaire proprement dit, il n’y a pas de révélations fracassantes. Il est présenté en version américaine doublée en français, avec des traductions globalement de bon aloi. Al Gore met en évidence les conséquences du changement climatiques, que ce soit la fonte des glaciers du Groenland ou les inondations qui ont frappé de nombreux pays, y compris les Etats-Unis. L’ancien vice-président est omniprésent dans le film, peut-être un peu trop. On le voit parcourir le monde pour motiver des ambassadeurs de la cause qu’il défend. Une part importante du film est consacrée à la COP 21 de Paris et les tractations qui ont eu lieu dans les coulisses, en particulier pour convaincre l’Inde de signer la déclaration finale. C’est sur cette note optimiste que s’achève le documentaire.

On connaît la suite : sitôt la COP 21 terminée, l’Inde a augmenté sa production de charbon. Donald Trump a qualifié le changement climatique de « canular » et décidé de retirer son pays de l’Accord de Paris. Les concentrations de CO2 continuent d’augmenter dans l’atmosphère ; les températures continuent de croître ; les glaciers reculent et s’amenuisent : l’objectif de hausse maximale de 2°C d’ici 2100 prévu à Paris semble dès à présent mission impossible. A part cela, tout va bien…

En voyant dans le film les qualités diplomatiques d’hommes comme Al Gore ou John Kerry dont l’envergure est tout à fait présidentielle, je me suis posé la question : Pourquoi diable les Américains ont-ils choisi Donald Trump ?

Voici un lien vers la bande-annonce du film :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19569566&cfilm=252419.html

Un nouvel iceberg s’est détaché de l’Antarctique // A new iceberg broke off Antarctica

Les médias ne se sont guère attardés sur l’événement, mais un impressionnant iceberg s’est détaché du Glacier de l’Ile du Pin (Pine Island Glacier) en Antarctique le samedi 23 septembre 2017.
Le National Ice Center aux États-Unis a estimé la superficie de l’iceberg à 184 kilomètres carrés, soit environ trois fois la taille de Manhattan. Il se trouve maintenant dans la Mer d’Amundsen et continuera sa course dans Pine Island Bay. L’iceberg montre des signes de fracturation, ce qui signifie que des morceaux de glace plus petits vont probablement se détacher de la masse principale. Le National Ice Center pense que l’iceberg ne devrait pas poser de problèmes aux navires dans la région.
Selon le Goddard Space Flight Center de la NASA, le vêlage de cet iceberg fait partie d’un processus naturel, mais la fréquence du phénomène est inquiétante. Des forces telles que le vent, les marées, les courants et les collisions avec d’autres icebergs peuvent faire apparaître des fractures dans la glace. Par ailleurs, l’eau plus chaude qui se déplace sous les glaciers fait que la glace s’amincit, ce qui accélère probablement la fracturation. Le fait que les vêlages soient de plus en plus fréquents n’est pas de bon augure car rien n’indique que la tendance soit en passe de s’inverser. Cela signifie que l’on va assister à d’autres pertes de glace en Antarctique et donc une probable augmentation du niveau de la mer.
Le Pine Island Glacier fait partie de l’Antarctique de l’Ouest qui perd déjà 45 milliards de tonnes de glace chaque année, phénomène qui contribue à l’élévation du niveau des océans. Le glacier est connu pour être celui qui avance le plus vite en Antarctique.

La naissance du nouvel iceberg intervient deux mois après qu’un autre morceau de glace de 5,700 kilomètres carrés se soit détaché de l’Antarctique au mois de juillet. De la taille du département français de la Lozère, l’iceberg était l’un des plus grands jamais enregistrés. En 2014, un iceberg de 660 kilomètres carrés avait également rompu ses liens avec l’Antarctique.
Source: USA Today

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The media did not talk a lot about the event, but a massive iceberg broke off Antarctica’s Pine Glacier on Saturday September 23rd 2017.

The U.S. National Ice Center measured the iceberg at 184 square kilometress, about three times the size of Manhattan. It is now in the Amundsen Sea but will eventually drift into Pine Island Bay. The iceberg shows signs of fracturing, meaning smaller pieces of ice may break off. The Ice Center said it is not expected to cause any shipping hazards.

According to NASA’s Goddard Space Flight Center, the break is part of a natural process, but the frequency of the breaks is concerning. Forces such as wind, tides, currents and even collisions with other icebergs can create rifts in the ice. Warm water moving underneath the glaciers causes the ice to thin and perhaps accelerates the rifts. The fact that the calving events have got more frequent is not a good sign, and there is no indication that the trend is reversing. The continuation means further ice losses to Antarctica and possible rising sea levels as a result.

The glacier is a part of West Antarctica that already loses 45 billion tons of ice annually, contributing to sea level rises.  Pine Island Glacier is known to be the fastest-melting glacier in Antarctica. The break comes two months after a 5,700 square-kilometre piece of ice detached from Antarctica in July. At nearly the size of Delaware, the iceberg was one of the largest ever recorded. In 2014, a 660-square-kilometre iceberg also calved from Antarctica.

Source : USA Today

 Localisation du glacier de Pine Island (Source : NOAA)