Effondrement glaciaire au Pérou // Glacial collapse in Peru

Avec le réchauffement climatique, le risque d’effondrement glaciaire augmente dans les montagnes. Des événements dramatiques se sont produits au cours de la dernière décennie, comme l’avalanche de Gayari en 2012 au Pakistan et le glissement de terrain de Villa Santa Lucia en 2017 au Chili. Des laves torrentielles ont également affecté les villages de Bondo et Chamoson (Suisse) en août 2017 et 2018, respectivement.
Il y a quelques jours, un effondrement glaciaire majeur s’est produit près du Machu Picchu (Pérou) le 24 février 2020, provoquant une coulée de débris catastrophique qui a coûté la vie à au moins quatre personnes. On déplore également 13 disparus.
L’événement s’est probablement produit sur le Salkantay. On estime que 400 000 mètres cubes de glace, de roches et d’autres matériaux se sont détachés de la face ouest de la montagne et se sont précipités dans la lagune de Salkanraycocha, ce qui, par contrecoup, a fait brusquement grossir le débit de la rivière Salkantay.
La lave torrentielle a dévasté au moins 15 villages des deux côtés du lit de la rivière. Le 27 février, le dernier bilan était de 4 morts et 13 disparus. Ces chiffres sont probablement provisoires étant donné l’ampleur de la catastrophe.
La cause de l’effondrement semble être une rupture de la masse rocheuse qui s’est fragmentée et a provoqué l’avalanche de glace. La cause de cette rupture est très probablement la fonte du permafrost de roche qui rend le soubassement instable et entraîne l’effondrement du glacier qui le surmonte.
Source: The Watchers et presse internationale.

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With global warming, the risk of glacier collapse is getting higher in the mountains. Dramatic events occurred during the last decade, like the 2012 Gayari avalanche in Pakistan and the 2017 Villa Santa Lucia landslide in Chile. Other lava-like flows of mud also affected the villages of Bondo and Chamoson (Switzerland) in August 2017 and 2018, respectively.

A few days ago, a massive glacier collapse took place near Machu Picchu (Peru) on February 24th, 2020, resulting in a catastrophic debris flow that claimed the lives of at least four people and left 13 others missing.

The event likely occurred on Salkantay mountain. An estimated 400 000 cubic metres of ice, rocks and other material fell off the west face of the mountain into Salkanraycocha lagoon, drastically increasing the flow of the Salkantay River.

The debris flow affected at least 15 villages on both sides of the river bed. The latest toll on February 27th was 4 dead and 13 missing. These figures are uncertain given the magnitude of the flow.

The cause of the collapse seems to be a wedge failure in the rock mass that has fragmented and caused the ice avalanche. The cause of this failure is most probably the melting of the rock permafrost which itself causes the instability of the bedrock and leads to the collapse of the glacial mass above.

Source: The Watchers and international press.

Site de l’effondrement glaciaire (Source: Presse péruvienne)

Dans le Valais, Chamoson porte encore les traces de la lave torrentielle qui a traversé le village en août 2018. (Photos: C. Grandpey)

Les bras m’en tombent !

Souvenez vous : Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, combinant vents violents et forts coefficients de marée, la tempête Xynthia a fait 47 morts en France, avec 29 victimes dans la seule ville côtière de La Faute-sur-Mer (Vendée). Dans cette commune, des lotissements avaient été construits sur des zones jusque-là réputées inondables, y compris une cuvette située sous le niveau de la mer, où sont mortes une grande partie des victimes. En décembre 2014, le maire a été condamné à 4 ans de prison ferme, son adjointe à 2 ans fermes et 75.000 euros d’amende. Le jugement leur reprochait d’avoir caché le risque d’inondation pour ne pas se priver de la manne financière liée à l’urbanisation. Le fils de l’adjointe, agent immobilier et président de la commission de surveillance de la digue, a été condamné à 18 mois de prison ferme.

Cet événement dramatique semble en passe d’être oublié et les mises en garde du GIEC sur la hausse du niveau des océans (un mètre d’ici 2100) ne sont visiblement pas prises au sérieux si l’on en juge par la situation sur l’île de Noirmoutier (Vendée). Pourtant un nouveau signal d’alerte a été émis en février 2020 par les tempêtes Ciara et Ines qui ont fait des dégâts sur les côtes. Des travaux d’urgence ont débuté le 17 février pour consolider des ouvrages de protection qui ont souffert sous les assauts répétés des vagues. Il va falloir faire vite car les grandes marées vont arriver début mars. Les habitants de Noirmoutier, impuissants, ne peuvent que constater les dégâts. À la Guérinière, certains endroits de la dune ont perdu plus de 10 mètres depuis novembre 2019.  Pour l’association Vivre l’île 12 sur 12, à long terme, la solution sera sûrement de relocaliser les maisons qui se trouvent en bord de mer. Elle déplore d’ailleurs que des permis de construire soient toujours délivrés pour des habitations en bord de mer, alors que « l’eau monte ».

Dans une rubrique sur l’Environnement, France Info explique que les deux tiers de  l’île de Noirmoutier (49 km²) se situent en dessous du niveau de la mer. Les risques de submersion sont donc présents et pourtant le plan de prévention des risques adopté en 2015 est moins contraint que sur le reste du littoral. Certaines zones rouges considérées comme non constructibles en 2012 sont devenues bleues donc constructibles en 2015 ! Comme le fait remarquer fort justement la chaîne de radio, c’est une erreur qui pourrait se payer cher à l’avenir.

Je n’ose pas en croire mes yeux quand je lis les explications fournies par la secrétaire générale de Vendée Environnement : « Ce qui s’est passé entre 2012 et 2015, c’est qu’il y a eu une grande résistance de la population, une grande difficulté à accepter le principe même du Plan de prévention des risques dans la mesure où ça a entraîné notamment plus qu’une gêne. Dans certains cas, ça pouvait même faire diminuer la valeur des biens. Cette préoccupation là a primé sur ce que cela recouvre en réalité, c’est à dire un risque« . Autrement dit le fric d’abord, les vies humaines après !

Aujourd’hui, avec la hausse du niveau des océans et les événements extrêmes qui se multiplient (voir les dernières tempêtes), les digues construites tout autour du littoral de Noirmoutier risquent de céder et inonder les constructions anciennes et nouvelles. Des travaux de restauration de ces digues sont réguliers, mais quand on connaît la force des éléments, on se demande jusqu’à quel point elles pourront résister aux assauts de l’océan. Près de 60 millions d’euros ont été investis dans le renforcement des ouvrages de défense contre la mer entre 1978 et 2015.

A Noirmoutier, avec le nouveau Plan de prévention des risques, on continue de construire. Les propriétaires peuvent diviser leurs parcelles et bâtir sur des surfaces anciennement non constructibles ! Le plan local d’urbanisme favorise la construction de logements principaux accessibles aux travailleurs locaux.
Le Plan de prévention des risques de l’île doit prochainement être révisé pour tenir compte de la hausse des océans prévue par le GIEC. Le responsable scientifique de l’Observatoire régional des risques côtiers tempère les mises en garde du GIEC « qu’il faut prendre à très long terme ». Il ajoute que l’ »on constate actuellement une petite accélération de cette remontée » [du niveau de la mer]. Selon lui, la Vendée présente des « zones basses », sensibles à la montée des eaux : Le Pouliguen, plus au nord, La Faute-sur-Mer, plus au sud. Mais le scénario à un mètre [du GIEC] « n’est pas une fatalité. En minimisant, par exemple, les gaz à effet de serre au niveau mondial, on pourrait minimiser cette remontée inéluctable du niveau de la mer. »

Que ne dirait-on pas pour protéger les intérêts locaux ? Rendez-vous dans quelques années pour une répétition à Noirmoutier de la catastrophe de La Faute-sur-Mer…

Croisons les doigts pour que les cabines de la Plage des Dames à Noirmoutier ne connaissent pas un jour le même sort que leurs homologues britanniques de St Leonards il y a quelques semaines. (Photos : C. Grandpey et BBC)

Manque de neige: Les stations de ski auvergnates en difficulté

Comme je l’ai indiqué précédemment, et prouvé au travers des images des webcams, les stations de ski auvergnates souffrent cruellement du manque de neige cette année, comme la plupart des autres stations de basse et moyenne altitude. Les statistiques montrent que le réchauffement climatique est en train de s’accélérer (Janvier 2020 a été le mois de janvier le plus chaud de l’histoire) et il est donc peu probable que les prochaines années connaissent une embellie côté enneigement.

Un article paru dans le journal La Montagne nous apprend que le manque de neige sur le massif du Sancy, dans une période touristique essentielle pour le chiffre d’affaires annuel, commence à créer de vraies difficultés financières pour les stations de ski auvergnates. Celle du Mont-Dore est clairement touchée. Les soucis financiers de la société anonyme d’économie mixte (SAEM) qui gère les remontées mécaniques du Mont-Dore ont été mis en avant lors d’une réunion qui s’est tenue en sous-préfecture d’Issoire et à laquelle participaient les représentants des stations de Chastreix, de Super Besse et du Mont-Dore. Il faut savoir que les vacances de février avec un bon enneigement représentent quasiment 65 % du chiffre d’affaires de la saison complète.

Dans un premier temps, la SAEM va demander des reports de charges aussi bien au niveau des banques que de l’Urssaf. Plusieurs scénarios sont possibles pour l’avenir, de la simple recapitalisation, jusqu’au redressement judiciaire qui permettrait de poursuivre l’activité et de pérenniser les emplois (21 permanents et 60 saisonniers dont 35 à temps partiel en ce moment), tout en apurant les dettes. La décision sera prise par le conseil d’administration de la société, qui doit se réunir prochainement.

Les responsables des stations auvergnates s’accordent pour dire qu’il va falloir s’orienter vers une diversification des activités et repenser la logique des gestions des stations. Par exemple, s’agissant de la neige de culture, il faudra investir sur des domaines un peu plus petits où les canons à neige existants seront plus resserrés. Les stations ont commis l’erreur, il y a 10 ou 15 ans, d’investir dans des enneigeurs très coûteux que les stations paient encore, ce qui explique que de nombreuses sociétés de moyenne montagne sont en difficulté financière. Il y a une dizaine d’années, alors que je randonnais sur les cimes auvergnates, j’ai pénétré dans une zone – soi disant interdite – d’installation des enneigeurs et j’ai pris une bonne engueulade de la part du chef de chantier. Je lui ai aimablement ( !) répondu que dans 5 ans son travail ne servirait à rien car il n’y aurait plus de neige. Honnêtement, je ne pensais pas être aussi proche de la vérité !

Les gestionnaires des stations ne pensaient pas, eux non plus, que la situation se dégraderait aussi vite. Aujourd’hui, il y a forcément un manque à gagner pour ceux dont l’activité est directement liée aux sports d’hiver : les loueurs de matériel, les écoles de ski et les remontées mécaniques. Paradoxalement, les autres activités commerciales comme l’hôtellerie, les activités de pleine nature se portent bien. Le directeur de l’Office du tourisme du Mont-Dore se veut rassurant. « L’État devrait se saisir du dossier des stations de moyenne montagne. […] Le Mont-Dore ne peut pas fermer. Mais il est important que la SAEM protège ses salariés et ses infrastructures en attendant que des solutions se dessinent ».

Source : La Montagne.

Grand soleil ce week-end sur l’Auvergne, avec une quinzaine de degrés au thermomètre.

L’hélicoptère de Luchon-Superbagnères….

Je l’ai toujours dit : le jour où les gens ne pourront plus skier par manque de neige, les médias vont s’emparer du problème et la population commencera à réaliser que le réchauffement climatique n’est pas le canular annoncé par le Président Trump.

Le récent apport de neige par hélicoptère à Superbagnères (Haute-Garonne) est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Comme le font remarquer certains, cette scène est en soi marginale, mais elle illustre une réalité qui menace l’existence de nombreuses stations de ski. L’enneigement est au plus bas dans certaines régions, au point de mettre en péril l’économie locale. Les exemples de stations de ski impactées par un mauvais enneigement se multiplient. On peut citer la station de ski de Chalmazel, dans la Loire, qui a été fermée jusqu’à nouvel ordre. Dans les Hautes-Alpes, Céüze a fermé définitivement ses portes après un siècle d’existence. Pour faire face au manque de neige, plusieurs stations de ski tentent désormais de se reconvertir en « stations de montagne » afin d’accueillir des touristes tout au long de l’année, y compris durant l’été et le printemps. Au train où vont les choses, le mal ne tardera pas à affecter les stations plus élevées.

A l’issue de ma conférence « Glaciers en péril », on me demande souvent quelles sont les solutions pour freiner les effets désastreux du réchauffement climatique dans nos montagnes. Le problème, c’est que ces solutions ne se trouvent pas au seul niveau de la France (qui ne fait d’ailleurs pas grand-chose pour réduire les gaz à effet de serre). Le problème est global et il faut savoir que les concentrations de CO2 mettront du temps à diminuer dans l’atmosphère, même si des mesures immédiates et radicales sont prises dès maintenant.

Comme le suggérait un récent reportage sur la vallée de l’Arve qui conduit à Chamonix et au tunnel du Mont Blanc, il faudrait favoriser le ferroutage, mais je ne suis pas certain que les très puissants lobbies de transporteurs routiers seront d’accord !  Je pense aussi que la politique en faveur de l’énergie solaire est beaucoup trop timide, de même que celle qui incite à installer des chauffages domestiques moins polluants.

Le souci, c’est que pendant ces mesures seront mises en place en France – si elle le sont un jour ! – la Chine, l’Inde ou la Pologne, pour ne citer que ces pays, continueront à faire tourner à plein régime leurs centrales au charbon. Rien n’est fait dans un pays comme la Chine pour réduire la pollution automobile dans des mégapoles envahies par le smog des gaz d’échappement. Il ne faudrait pas oublier que ces particules fines se déposent jusque sur la chaîne himalayenne où elles accélèrent la fonte des glaciers….

Héliportage de neige à Superbagnères (Source: Yahoo News)

L’avenir sombre du ski dans les Pyrénées // The bleak future of skiing in the Pyrenees

La France a les honneurs de la presse américaine qui informe ses lecteurs sur le manque de neige dans les montagnes françaises et surtout dans les Pyrénées. L’auteur de l’article a choisi l’exemple du Mourtis (Haute Garonne) car la station de ski est victime d’un des hivers les plus doux depuis plus d’un siècle.
Le manque de neige a contraint Le Mourtis à – temporairement? – fermer ses pistes de ski dès la mi-saison. Les restaurateurs et les hôteliers doivent faire face à un afflux moindre de visiteurs, et les gens qui viennent doivent se rabattre sur d’autres activités comme la randonnée.
La température diurne des derniers jours était supérieure à 10 degrés Celsius. L’avenir est sombre pour toutes les stations de ski des Pyrénées situées à basse ou moyenne altitude. Alors que les scientifiques prédisent une augmentation à long terme des températures à l’échelle de la planète, les villages qui gagnent leur vie grâce aux sports d’hiver doivent se préparer à un avenir avec beaucoup moins de neige. Personne ne peut plus garantir le ski et les stations devront proposer autre chose. Par exemple, Le Mourtis loue des scooters pour dévaler les pentes  de ses montagnes. Ils sont équipés de patins pour glisser sur la neige, mais si la neige fait défaut, on peu remplacer les patins par des roues.
En raison du manque de neige, il y a besoin de moins de personnel sur les pistes de ski et de nombreux emplois temporaires devront être supprimés ou réduits. Le chiffre d’affaires des commerces du Mourtis va connaître cette saison une perte estimée entre 10% et 15%.
Un météorologue a indiqué que la dernière fois que la France avait connu des mois de décembre et janvier aussi doux que cette année était en 1900. La météo a toujours fluctué d’année en année, mais il est clair que la tendance actuelle est vers des hivers doux avec moins de neige, sous l’effet du réchauffement climatique.
Si la tendance se poursuit, les stations de ski situées à environ 1600 mètres d’altitude (le Mourtis se situe à 1350 mètres) connaîtront des température tellement élevées qu’elles ne pourront même pas pulvériser de neige artificielle sur leurs pistes de ski. Certaines stations des Pyrénées sont plus hautes et ont un enneigement correct, du moins pour le moment…
Source: Yahoo.com.

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France has the honours of the American press which informs its readers about the lack of snow in the French mountains and especially in the Pyrenes. The author of the article has chosen the example of Le Mourtis (Haute Garonne). The ski resort a victim of one of the mildest winters in more than a century.

The lack of snow has forced the resort to – temporarily? – close down its ski runs in mid-season. Local restaurateurs and hoteliers are counting the cost of fewer visitors, and those people that do come make do with other pursuits, like hiking.

The daytime temperature in the past days was above 10 degrees Celsius. The future is bleak for all ski resorts of the Pyrenees at low or medium altitude. With scientists predicting a long-term rise in global temperatures, people who earn a livelihood from winter sports have to contemplate a future with much less snow. No one can guarantee skiing any more and the resorts will have to sell something else. For instance, Le Mourtis is renting downhill scooters. They come with skids for gliding on snow, but if the snow fails to come, they can be fitted with bicycle wheels instead.

Because of the lack of snow, there is the need for less staff on the ski runs and many temporary jobs will be cancelled or have to be reduced. Revenue among businesses in Le Mourtis are expected this season to be down between 10% and 15%.

A meteorologist indicated that the last time France experienced a December and January as mild as this year was in 1900. Weather has always fluctuated from year to year, but it is clear that the current tendency is toward mild winters and less snow, in line with global warming.

If the trend continues, ski resorts around 1,600 metres above sea level (The Mourtis  sits at 1,350 metres) will be so warm they cannot even spray artificial snow on their ski runs. Some Pyrenees resorts are higher and have a decent snow, at least for the moment.

Source: Yahoo.com.

Vue des pistes de ski du Mourtis où les canons à neige sont au chômage

Submersion et pollution en Islande // Submersion and pollution in Iceland

La tempête Dennis a frappé l’Europe du Nord à la mi-février. A Reykjavik, la capitale islandaise, une rafale de 112 km / h a été enregistrée le 14 février 2020, tandis que plus à l’ouest de la ville, un coup de vent de 142 km / h a été signalé dans la ville de Keflavik.
C’est pendant les tempêtes que l’on peut voir les effets de l’élévation du niveau de la mer provoquée par le réchauffement climatique. En Islande, les intempéries et le fort coefficient de marée ont provoqué un phénomène de submersion, de sorte que les maisons situées près de l’océan ont eu les pieds dans l’eau à Keflavík, sur la Péninsule de Reykjanes. À Garður, pas très loin de là, les digues de terre n’ont pas suffi à retenir les vagues, provoquant l’inondation des maisons.
Les secours ont été appelés plus de 60 fois en une seule journée à Reykjanes.
Les dégâts matériels sont importants sur la Péninsules de Reykjanes, principalement à Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík et Keflavík, où de nombreuses toitures se sont envolées. La vidéo ci-dessous montre les inondations à Keflavík::
https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Outre la tempête, on peut rappeler que la fonte des glaciers se poursuit en Islande, comme on peut le voir sur une vidéo que vient de m’envoyer un visiteur de mon blog:.
https://youtu.be/6VahrDHNGPY

Il était en Islande en 2018. A côté de la fonte des glaciers, il a pu observer la pollution domestique le long des côtes, jusque dans des endroits très rarement visités par les touristes. En voyant le plastique sur le littoral, on imagine facilement le niveau de pollution en pleine mer !

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Storm Dennis hit northern Europe in mid-February. In Iceland’s capital of Reykjavik, a 112-km per hour wind gust was reported on February 14th, 2020, while farther west of the city, an 142-km per hour gust was reported in the town of Keflavik.

It is during the storms that one can see the effects of increased sea level caused by global warming. In Iceland, the severe weather and high sea levels have caused the flooding of houses in Keflavík, on the Reykjanes Peninsula, wherethe houses are located near the ocean. In nearby Garður, levies have not sufficed to hold the waves back, causing houses to flood.

Rescue teams in Reykjanes have been called out more than 60 times in a single day.

Property damage is substantial in Reykjanes – in Grindavík, Sandgerði, Vogar, Garður, Njarðvík and Keflavík, mainly due to flying roofing sheets and debris. The video below shows the flooded area in Keflavík : :

https://www.facebook.com/VikurfrettirEhf/videos/217133089460220/

Source: Iceland Monitor

Beside the stormy weather, one can add that glacier melting is going on in Iceland, as can be seen on a video a visitor to my blog has just sent me.

https://youtu.be/6VahrDHNGPY

He was in Iceland in 2018. Apart from glacier melting he could observe the domestic pollution along the coasts, in places that are very rarely visited by tourists. Seeing the plastic on the shores, one can easily imagine the pollution level out at sea.

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Sur ces images extraites de la vidéo, on a l’exemple parfait d’un glacier – le Klofajökull- en pleine phase de recul, avec rupture de sa partie frontale. La deuxième image montre une vue de l’encaissant encre très récent du glacier. Sur la troisième photo, on peut voir les matériaux laissés par le Klofajökull pendant son recul, avec les habituels lacs de fonte. Ne pas s’aventurer sur cette zone où les pièges sont nombreux.

Antarctique: L’eau chaude fait fondre le glacier Thwaites // Antarctica: Warm water causes the melting of Thwaites Glacier

Cela fait pas mal de temps que les glaciologues étaient persuadés que le glacier Thwaites, le plus important de l’Antarctique Occidental fondait par en dessous, à cause d’un apport d’eau chaude en provenance de l’Océan Austral. Ils viennent d’en avoir la preuve au cours d’une mission organisée dans la cadre de l’ITGC (International Thwaites Glacier Collaboration), un projet conjoint Royaume-Uni / Etats-Unis sur le continent antarctique.

Les scientifiques ont découvert cette température anormale dans la zone d’ancrage du Thwaites, là où il repose sur le substrat rocheux. D’une manière générale, il s’agit d’une zone cruciale pour la stabilité des glaciers de l’Antarctique. Les chercheurs y ont observé des eaux chaudes atteignant plus de deux degrés au-dessus du point de congélation.

Cette découverte explique pourquoi au cours des 40 dernières années, les glaciers qui s’écoulent dans le secteur de la mer d’Amundsen ont fondu à un rythme accéléré. Plusieurs modèles numériques laissent entendre qu’un retrait inexorable de la ligne d’échouage des glaciers de la région est en cours. Des eaux océaniques plus chaudes érodent particulièrement les glaciers de l’Antarctique Occidental et la situation du Thwaites est l’une des plus préoccupantes.

La disparition du glacier Thwaites à elle seule pourrait avoir un impact significatif à l’échelle mondiale. Il couvre 192 000 kilomètres carrés, une superficie de la taille de la Grande-Bretagne. Au cours des 30 dernières années, la quantité de glace s’écoulant du Thwaites et des glaciers voisins a presque doublé. Le Thwaites représente déjà 4% de l’élévation du niveau de la mer au niveau global. Son effondrement augmenterait à lui seul le niveau de la mer de 65 centimètres. Comme je l’ai expliqué précédemment, la situation est d’autant plus inquiétante que ces glaciers sont interconnectés. Si l’un d’entre eux s’enfuit dans l’océan, les autres feront de même.

Bien que le recul du glacier ait été observé au cours de la dernière décennie, les causes du changement n’avaient pas été prouvées auparavant. C’est maintenant chose faite avec la mesure directe de la température de l’eau. Le relevé de deux degrés au-dessus du point de congélation est considérable, mais il se pourrait que d’autres régions soient affectées par une eau encore plus chaude. Les scientifiques estiment que le phénomène est récent, sinon le glacier n’aurait pas pu rester en place.

Pour mesurer la température de l’eau, cinq équipes scientifiques ont travaillé sur le glacier Thwaites dans des conditions particulièrement difficiles. Deux de ces équipes ont utilisé de l’eau chaude pour forer entre 300 et 700 mètres à travers la glace jusqu’à l’océan. Un appareil de détection a permis de mesurer les eaux se déplaçant sous la surface du glacier. À la mi-janvier, le robot Icefin est parti à près de deux kilomètres du site de forage, jusqu’à la zone d’échouage du Thwaites pour mesurer, imager et cartographier la fonte et la dynamique de cette partie critique du glacier. L’appareil a mesuré la turbulence de l’eau, donc son efficacité à faire fondre la glace, ainsi que d’autres propriétés telles que la température. C’est la première fois que l’activité océanique sous le glacier Thwaites est accessible par un trou de sonde et qu’un instrument scientifique est déployé. Le trou a été ouvert les 8 et 9 janvier 2020 et les eaux sous le glacier ont été mesurées les 10 et 11 janvier.

Source : global-climat.

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Glaciologists have believed for quite a long time that Thwaites Glacier, the largest in Western Antarctica, is melting from below, due to the warm water coming from the Southern Ocean. They have just had proof of this during a mission organized within ITGC (International Thwaites Glacier Collaboration), a joint United Kingdom / United States project on the Antarctic continent.
Scientists have discovered this abnormal temperature in the stranding area of ​​the Thwaites Glacier, where it rests on the bedrock. More globally, it is a crucial area for the stability of Antarctic glaciers. The researchers have observed warm water reaching more than two degrees above the freezing point.
This discovery explains why over the past 40 years the glaciers flowing in the Amundsen Sea area have melted at an accelerated rate. Several digital models suggest that an inexorable withdrawal from the area’s glacier grounding line is underway. Warmer ocean waters are particularly eroding the glaciers of Western Antarctica, and the situation of Thwaites is one of the most worrying.
The disappearance of the Thwaites Glacier alone could have a significant impact on a global scale. It covers 192,000 square kilometres, an area the size of Great Britain. Over the past 30 years, the amount of ice flowing from Thwaites and nearby glaciers has almost doubled. Thwaites already accounts for 4% of the rise in sea level around the world. Its collapse alone would raise sea level by 65 centimetres. As I explained earlier, the situation is all the more worrying as these glaciers are interconnected. If one of them flows into the ocean, the others will follow.
Although the retreat of the glacier has been observed over the past decade, the causes of the change had not been proven before. This is now done with direct measurement of the water temperature. The two degree rise above freezing is considerable, but other regions may be affected by even warmer water. Scientists believe the phenomenon is recent, otherwise the glacier could not have remained in place.
To measure the water temperature, five scientific teams worked on the Thwaites glacier under particularly difficult conditions. Two of these teams used hot water to drill 300 to 700 metres through the ice to the ocean. A detection device made it possible to measure the water moving under the surface of the glacier. In mid-January, the Icefin robot was sent almost two kilometres from the drilling site, up to the Thwaites’ stranding area to measure, image and map the melt and dynamics of this critical part of the glacier. The device measured the turbulence of the water, thus its effectiveness in melting ice, as well as other properties such as temperature. This is the first time that ocean activity under the Thwaites Glacier has been accessible through a borehole and a scientific instrument has been deployed. The hole was opened on January 8th and 9th, 2020 and the waters under the glacier were measured on January 10th and 11th.
Source: global-climat.

Vue des glaciers de l’Antarctique Occidental (Source : Jet Propulsion Laboratory de la NASA)