Glaciers rocheux et glaciers de glace // Rock glaciers and ice glaciers

Le 24 mai 2026, j’ai publié une note concernant l’affaissement rapide du réservoir de la Loze, en amont d’un hameau de Courchevel (Savoie). Selon les experts, ce problème est en partie dû à la fonte d’un glacier rocheux sur lequel le réservoir a été construit.
J’expliquais dans mon article qu’un glacier rocheux est une masse de débris rocheux contenant de la glace. Qui dit glacier dit mouvement. C’est le fluage de la glace interstitielle qui est à l’origine du mouvement et donc des morphologies spectaculaires souvent rencontrées sur ce type de glacier.

Il faut toutefois noter que la vitesse de progression d’un glacier rocheux est beaucoup plus lente que celle d’un glacier fait uniquement de glace. Elle de l’ordre de quelques décimètres à quelques mètres par an, contre 100 à 200 mètres par an pour les ‘vrais’ glaciers des Alpes. À noter que les glaciers rocheux ne voient pas leur front reculer ; ils ne peuvent que progresser vers l’aval. Il est bien évident que la vitesse de progression d’un glacier rocheux varie en fonction du pourcentage de la pente. Les experts nous expliquent aussi que les glaciers rocheux peuvent “mourir” en s’immobilisant si la glace interne fond, par exemple à cause du réchauffement climatique.

Glacier rocheux du Laurichard, au-dessus du col du Lautaret (Photo : C. Grandpey)

Un article publié sur le site The Conversation révèle l’existence d’au moins 1 500 glaciers rocheux dans l’ouest des États-Unis. Ils revêtent une importance particulière. En effet, alors que les ‘vrais’ glaciers et leur glace blanche rétrécissent et disparaissent avec le réchauffement climatique, une nouvelle étude publiée dans Science Advances montre que les glaciers rocheux et leur réserve d’eau gelée demeurent globalement stables malgré la hausse des températures.
L’épaisse couche de débris protège la glace du rayonnement solaire et la maintient à une température plus basse. Résultat : les glaciers rocheux continuent d’alimenter les cours d’eau en eau de fonte durant l’été, sans pour autant disparaître comme leurs homologues de glace.

Coupe d’un glacier rocheux (Source : Utah Geological Survey)

Les auteurs de cette nouvelle étude examinent l’évolution de différents types de glaciers sous les sommets de la chaîne Teton – aussi appelée Chaîne des Tetons – dans le Wyoming.

Crédit photo : National Park Service

Entre 2014 et 2022, les glaciers de glace des Tetons ont perdu environ 0,85 mètre d’épaisseur par an, soit une vitesse sept fois supérieure à celle observée au cours du demi-siècle précédent. À l’inverse, les glaciers rocheux sont restés quasiment stables, ne perdant qu’environ 5 centimètres par an sur la période 2014-2022, sans changement notable par rapport à la période 1967-2014.
Chaque année, les glaciers classiques fondent partiellement avant de se reconstituer grâce aux chutes de neige hivernales. Toutefois, avec la hausse des températures, ils perdent davantage de glace qu’ils n’en accumulent. On prévoit que la grande majorité des glaciers situés dans des massifs montagneux tempérés, comme les Tetons, auront totalement fondu d’ici la fin du siècle. Ce sera une catastrophe, car avec eux, ce sera une source d’eau cruciale pour les cours d’eau et les lacs de montagne qui disparaîtra. En revanche, là où sont présents des glaciers rocheux, la glace qu’ils abritent continuera de libérer de l’eau de fonte dans les cours d’eau en aval, ce qui les protégera du réchauffement et de l’assèchement.
C’est pourquoi les cours d’eau alimentés par des glaciers rocheux apparaissent comme des refuges climatiques potentiellement essentiels. Ce sont des lieux susceptibles de rester frais alors que leur environnement se réchauffe.
Une grande variété d’espèces peuple déjà les eaux froides issues de la fonte des glaciers rocheux, depuis les plécoptères jusqu’aux ombles à tête plate (salvelinus confluentus) qui s’en nourrissent. À mesure que les glaciers classiques disparaissent, les liens entre ces espèces d’eaux froides et les glaciers rocheux ne feront probablement que se renforcer.
Cette nouvelle étude démontre que l’alimentation d’un cours d’eau par une source de glace importante a permis de limiter son réchauffement au cours de la dernière décennie. Les cours d’eau alimentés par des glaciers rocheux se réchauffent lentement – d’environ 0,6 degré Celsius sur une décennie – , tandis que ceux alimentés par des glaciers classiques se réchauffent d’environ 0,9 °C. En revanche, les cours d’eau alimentés par le manteau neigeux saisonnier, de petites plaques de glace et les eaux souterraines se réchauffent plus rapidement, soit de 3,4 °C sur la même période.
Les glaciers rocheux ne remplaceront pas les glaciers de glace et les champs de neige actuellement en voie de disparition. Une étude récente estime que les glaciers rocheux de la chaîne Teton renferment l’équivalent de 2,5 kilomètres cubes d’eau, soit environ un cinquième du volume contenu dans les glaciers de montagne.
Les projections climatiques indiquent que même les glaciers rocheux ne sont pas épargnés par le réchauffement climatique. Nombre d’entre eux pourraient perdre toute leur glace d’ici la fin du siècle si les tendances actuelles de réchauffement se poursuivent. Il est crucial de déterminer la quantité de glace contenue dans ces glaciers rocheux ainsi que leur vitesse de fonte probable, afin de permettre aux gestionnaires des ressources naturelles d’anticiper l’évolution des paysages dont ils auront la charge dans les prochaines années.
Les glaciers rocheux constituent également des modèles comparatifs uniques pour étudier ce qui semble être des glaciers recouverts de débris sur Mars. Mais est-ce vraiment la priorité pour notre propre planète ?
Source : The Conversation

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On 24 May 2026, I wrote a post about the Loze reservoir, located upslope from a hamlet in Courchevel (Savoie), is rapidly subsiding. According to experts, the problem is parly due to the melting of a rock glacier on which the reservoir was built.

I explained in my post that a rock glacier is a mass of rocky debris containing ice. Glaciers are inherently dynamic, and the movement of interstitial ice is what causes this movement and, consequently, the spectacular formations often found on this type of glacier. It should be noted, however, that the rate of advance of a rock glacier is much slower than that of a glacier composed solely of ice. Its rate is on the order of a few decimeters to a few meters per year (compared to 100 to 200 meters per year for the ‘true’ glaciers of the Alps). It should be noted that rock glaciers do not have their terminus retreating; they can only advance downhill. It is quite clear that the rate of advance of a rock glacier varies depending on the percentage of the slope. Experts explain that rock glaciers can also « die » by coming to a standstill if the internal ice melts, for example, due to global warming.

An article published in The Conversation informs us that there are at least 1,500 active rock glaciers across the western U.S. They’re important because while the icy white glaciers have been shrinking and even disappearing, a new study published in Science Advances shows that rock glaciers and their frozen water are remaining mostly stable despite rising temperatures.

The thick debris mantle shades the ice, keeping it colder. The result is that rock glaciers continue to provide meltwater for streams in summer as they always have, but they aren’t disappearing.

The authors of the new study examine how different types of glaciers are changing beneath the soaring peaks of the Teton Range of Wyoming.

The Tetons’ icy glaciers thinned by about 0.85 meters per year between 2014 and 2022, about seven times faster than in the previous half-century. Rock glaciers, on the other hand, were close to stable, losing only about 5 centimeters per year in 2014-2022, with no change relative to the 1967-2014 period.

Every year, mountain glaciers partially melt and then rebuild again as snow falls in winter. But as temperature rise, glaciers are losing more ice than they gain. The vast majority of glaciers in temperate mountain ranges like the Tetons are projected to melt away completely by the end of the century, meaning a critical source of water for mountain streams and lakes will disappear. However, where rock glaciers are present, their protected ice will continue to release meltwater into the streams below, buffering the streams against warming temperatures and drying.

Because of this, streams fed by rock glaciers have emerged as potentially critical climate refugia – places likely to stay cooler while everything around them warms.

A wide array of species already live in the cold meltwater that emerges from rock glaciers, from stoneflies to the bull trout that eat them. As glaciers fade, the ties between cold-water animals and rock glaciers will likely only become tighter.

The new study shows that having a major ice source feeding a stream has limited the warming of that stream over the past decade. Streams fed by rock glaciers warm slowly, by about 0.6 degrees Celsius over the decade, while icy glaciers warm by about 0.9 C. Streams that are fed by seasonal snowpack, small patches of ice and groundwater warm more rapidly, by 3.4 C over the same period.

Rock glaciers will not replace the glaciers and snowfields that are disappearing. A recent study estimates that rock glaciers in the Teton Range hold the equivalent of 2.5 cubic kilometers of water, about one-fifth the amount in mountain glaciers.

Climate projections show that even rock glaciers are not immune to a warming climate. Many could become ice-free by the end of the century under current warming projections. Understanding how much ice is contained in rock glaciers and how fast they are likely to melt is vital to help natural resource and land managers plan for the landscapes they will be managing later this century.

Rock glaciers also offer unique analogs for studying what appear to be debris-covered glaciers on Mars. But is that really the priority for our own planet?

Source : The Conversation,

L’Aiguille du Midi, refuge climatique

A Chamonix, à 1000 mètres d’altitude, il fait chaud dans les appartements qui ne sont pas climatisés et certains de leurs occupants ont décidé de prendre le téléphérique et d’atteindre en une vingtaine de minutes le sommet de l’Aiguille du Midi (3842 m) pour prendre un bol d’air frais. En fait, la fraîcheur est relative car la température reste beaucoup trop élevée pour ce milieu de haute montagne. Normalement, elle devrait être autour de 5 à 10 °C. En ce moment, elle est plutôt autour de 10 à 13 °C. Le 27 juin, l’Aiguille du Midi a connu sa deuxième température la plus chaude jamais enregistrée pour un mois de juin.

Si la fraîcheur relative de la haute altitude soulage les uns, elle inquiète les autres, car pour les pratiquants de la haute montagne il fait beaucoup trop chaud pour la saison à cette altitude. Selon un guide, « c’est la première année que c’est comme ça, aussi tôt. La neige fond, il n’y a pas de regel la nuit, ça devient problématique. Je ne sais pas comment ça va être dans deux mois, mais la montagne est dangereuse, c’est sûr. » À cause des températures trop élevées, la neige est très lourde et il est difficile de marcher dessus. Les forums de discussion regorgent de témoignages sur l’apparition de crevasses et l’instabilité des rochers. Beaucoup de courses parmi celles recensées pat Gaston Rebuffat dans les années 1970 sont devenues impossibles.

Photos: C. Grandpey

Source : France 3 Auvergne Rhône Alpes.

À noter qu’il vous faudra débourser entre 70 et 83 euros (selon l’âge) pour faire l’aller et retour jusqu’à l’Aiguille du Midi, mais le panorama est superbe!

Fonte des glaciers : disparition des traditions et des croyances // Glacier melting : disappearance of traditions and beliefs

Concentrations de CO2 : 430,07 ppm (03 juillet 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Dans les régions montagneuses, des Andes à l’Himalaya, les peuples autochtones perçoivent le recul des glaciers comme un signe de désapprobation de leurs dieux ou de leurs ancêtres. Dans de nombreuses régions, les montagnes, les glaciers et les eaux qui en proviennent occupent une place centrale dans les croyances et les pratiques religieuses locales. Pour ces communautés, la transformation des paysages montagneux et la disparition des glaciers ne sont pas seulement des conséquences physiques du réchauffement climatique, mais aussi une menace pour le lien profond qui les unit à leur environnement. Depuis 2000, les glaciers de la planète ont perdu 5 % de leur masse glaciaire. Si cette tendance est due à la hausse des températures, dans de nombreuses régions alpines, le recul des glaciers est perçu comme le reflet de nos propres actions.

J’ai publié une note à ce sujet le 6 septembre 2023. Elle était principalement consacrée à la situation dans les Andes péruviennes où le peuple quechua effectue chaque année un pèlerinage auprès du glacier de Colque Punku. Quand les habitants se rendent sur le glacier, ils entrent dans un autre monde et se sentent transformés. Ils reviennent purifiés ; c’est comme une renaissance. Autrefois, les fidèles partaient la nuit et se dirigeaient vers le glacier sacré de Colque Punku, guidés par le reflet de la lune sur les sommets enneigés. Ils prélevaient des blocs de glace aux vertus curatives qu’ils rapportaient ensuite dans la vallée. Aujourd’hui, la hausse des températures liée au réchauffement climatique rend cette pratique plus difficile. La hausse des températures entraîne une raréfaction de la glace sacrée. En 2004, la pratique consistant à découper des blocs de glace a été interdite. Les autorités péruviennes ont expliqué à la population que d’ici 40 ans, tous les glaciers du Pérou pourraient avoir disparu. Aujourd’hui, face au recul des glaciers, les pèlerins préfèrent recueillir l’eau de fonte plutôt que des blocs de glace. Nombreux sont ceux qui pensent que le déclin des glaciers est le signe que l’esprit de la montagne est las d’entendre leurs prières.

Image du festival Qoyllur Rit’i au pied du glacier Colque Punku (Crédit photo : Wikipedia)

Dans les Andes boliviennes, le peuple Aymara considère les glaciers de la vallée de Milluni comme ses ancêtres. En 2009, lorsque le glacier Chacaltaya a fondu, les Aymaras ont cru perdre leurs protecteurs. Le recul des glaces est perçu par beaucoup comme un signe de déséquilibre spirituel.

Dans l’Himalaya, les peuples traditionnels croient également que les sommets et les glaciers abritent des divinités protectrices. Le 12 mai 2025, jour de Bouddha, des moines bouddhistes et des scientifiques se sont réunis pour rendre hommage au glacier Yala, dans la vallée de Langtang au Népal. L’événement a été organisé pour sensibiliser le public au recul rapide de ce glacier et mettre en lumière les risques encourus par ceux de l’Hindou Kouch et de l’Himalaya. L’hommage a pris la forme d’une cérémonie présidée par des chefs spirituels. Le glacier Yala a diminué de 66 % depuis 1974. Depuis 2011, il a de nouveau reculé de manière significative, obligeant les chercheurs à déplacer leur camp de base. Des études prévoient la disparition du glacier Yala d’ici les années 2040.

Fonte du glacier Yala au fil des ans (Source: ICIMMOD)

Des dynamiques similaires sont à l’œuvre dans les monts Rwenzori, en Afrique de l’Est. Les communautés locales expriment un sentiment de perte et de culpabilité face à la transformation irréversible de leurs paysages. La hausse des températures entraîne la fonte des pics glaciaires, et la glace ne se renouvelle pas. Si, comme le prévoient les géologues, cette glace disparaît totalement au cours de la prochaine décennie, cela entraînera la disparition d’une vision du monde intimement liée à la glace et à la neige. Le dieu Kithasamba trône au sommet des montagnes enneigées du Rwenzori. Selon la cosmologie de l’ethnie bakonzo, la neige, que l’on croit être le sperme de Kithasamba, fond et transporte la vie à travers les vallées, jusque dans la savane en contrebas. Les chefs spirituels pensent que les rivières débordent et que les neiges fondent parce que les esprits sont en colère. Le réchauffement climatique menace non seulement la vie et les moyens de subsistance de ces communautés, mais aussi leur identité culturelle.

Vue du Mont Speke (4 890 m) et du lac Bujuku (3 891 m). Le glacier Speke était le plus grand glacier des monts Rwenzori il y a quelques décennies à peine. (Crédit photo: Wikipedia)

Source : Yale School of Environment.

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In mountain regions from the Andes to the Himalayas, Indigenous people see the retreat of glaciers as a sign that they have lost the favor of their gods or ancestors. In many regions, mountains, glaciers and the water originating from them maintain central roles in local religious beliefs and practices. « As such, changing mountain landscapes and disappearing glaciers are not just physical consequences of global warming but also endanger the deep connection of people with their environment. Since 2000, glaciers around the world have lost 5 percent of their ice. While this trend is driven by rising temperatures, in many alpine regions people consider the retreat of glaciers a reflection of their own actions.

I released a post about this topic on 6 September 2023. It was mainly dedicated to the situation in the Andes. In the Peruvian Andes, the Quechua people make a yearly pilgrimage to the Colque Punku glacier. It is said that when you go to the glacier, you are in a different space ; you rare transformed. Then you return purified ; up there, you are reborn. In the past, the believers would start at night and use the reflection from the moon that cascaded atop snow-capped peaks as a guide to make their way up the sacred Colque Punku glacier. Ice blocks believed to hold healing properties were carved out and carried back down the slope. Today, increasing temperatures linked to global warming mean the sacred ice is now scarce. In 2004, the practice of cutting blocks of ice to share with the community was banned, Peruvian authorities warn that within 40 years, all the glaciers in Peru may have disappeared. Now, as the glacier retreats, the pilgrims are opting to collect meltwater instead of the ice blocks. The decline of the glacier, many believe, is a sign that the mountain spirit is tired of listening to their prayers.

The Aymara people of the Bolivian Andes see the glaciers around the Milluni Valley as their ancestors. When, in 2009, the Chacaltaya glacier melted away, the Aymara believed they were losing their protectors. As the ice recedes, many see their retreat as a sign of spiritual imbalance.

In the Himalayas, traditional people also believe the peaks and glaciers are the homes of protective deities. On May 12, 2025, Buddha Day, Buddhist monks and scientific researchers gathered to pay tribute to Yala Glacier in Nepal’s Langtang Valley. The event was organized to raise awareness of Yala’s rapid retreat and highlight the risk across Hindu Kush Himalayan (HKH) glaciers. The tribute included a central ceremony held by spiritual leaders. Yala has shrunk 66 percent since 1974. Since 2011, the glacier has again retreated significantly, requiring researchers to move their original base camp. Studies predict that Yala will die by the 2040s.

Similar dynamics are at play in the Rwenzori Mountains of East Africa. Local communities express feelings of loss and culpability as their home landscapes are irrevocably altered. Rising temperatures are causing glacial peaks to melt, and the ice is not replenishing itself. If, as geologists predict, this ice disappears entirely within the next decade, it will lead to the disappearance of a worldview intimately linked to ice and snow. The god Kithasamba reigns atop the snow-capped Rwenzori Mountains. According to the cosmology of the Bakonzo people, the snow, believed to be Kithasamba’s semen, melts and carries life through the valleys to the savannah below. Spiritual leaders believe that the rivers overflow and the snows melt because the spirits are angry. Climate change threatens not only the lives and livelihoods of these communities but also their cultural identity.

Source : Yale School of Environment.

Nouvelle plateforme climatique aux États Unis // New climate platform in the U.S.

Grâce à un financement participatif, des climatologues américains ont lancé le 23 juin 2026 une plateforme en ligne – Climate.us – pour combler le vide laissé par la fermeture par Donald Trump d’un site internet fédéral dédié au réchauffement climatique. Vous y accéderez en cliquant sur ce lien :

https://www.climate.us/

Ce nouveau site ambitionne de remplacer la plateforme gouvernementale supprimée par le président américain en 2025, quelques mois après son retour au pouvoir. Son but est également de proposer des informations fiables et non partisanes sur la crise climatique.

L’ancien portail ‘climate.gov’ regorgeait de données officielles sur le réchauffement climatique tirées des travaux de la NOAA. Il proposait une multitude de données vulgarisées à destination des étudiants, des médias, des enseignants, ou de tout citoyen avide d’informations fiables. Mais il n’a pas survécu aux coupes drastiques infligées par la Maison Blanche aux différentes agences scientifiques fédérales.

Le nouveau site Climate.us est quasiment identique à l’ancien portail, mais il a été créé de façon indépendante, et il est riche de plusieurs années de statistiques, d’articles et de rapports que les climatologues ont pu reconstituer.

Comme pour l’ancien site, le but de Climate.us n’est pas de dire aux Américains ce qu’ils doivent faire face au réchauffement climatique. Selon la directrice du projet, « il restera non partisan, il se concentrera sur la science, expliquera la science et montrera aux gens ce que les données révèlent. »

Une campagne de financement participatif a permis de récolter environ 280 000 dollars (soit 245 000 euros) grâce à plus 3 000 donateurs. Cette somme devrait permettre de maintenir le site jusqu’à début 2027, grâce notamment à un grand donateur anonyme. Plus de 80 scientifiques bénévoles se relaient pour vérifier des informations, faire de la relecture et mettre en ligne des articles. L’ex-plateforme gouvernementale attirait plus d’un million de visiteurs par mois.

Source : France Info.

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On June 23, 2026, American climate scientists launched an online platform—Climate.us—funded through crowdfunding to fill the void left by Donald Trump’s closure of a federal website dedicated to global warming. You can access it via this link:

https://www.climate.us/

This new site aims to replace the government platform shut down by the U.S. president in 2025, shortly after his return to power. Its goal is also to provide reliable, non-partisan information about the climate crisis. The former ‘climate.gov’ portal was packed with official data on global warming derived from NOAA’s work. It offered a wealth of accessible information tailored for students, the media, teachers, and any citizen seeking reliable facts. However, it did not survive the drastic budget cuts imposed by the White House on various federal scientific agencies.

The new Climate.us site is virtually identical to the old portal but was created independently; it features years of statistics, articles, and reports that climate scientists have managed to reconstruct.

As with the original site, the goal of Climate.us is not to tell Americans how to respond to global warming. According to the project director, « it will remain non-partisan, focus on the science, explain the science, and show people what the data reveals. »

A crowdfunding campaign raised approximately $280,000 (about €245,000) from over 3,000 donors. This funding should keep the site running until early 2027, thanks in part to a major anonymous donor. More than 80 volunteer scientists take turns verifying information, proofreading, and publishing articles online. The former government platform attracted more than a million visitors per month.

Source: France Info.