L’ours de Gobi victime du réchauffement climatique // The Gobi bear, a victim of climate change

On estime qu’il y a moins de 50 ours de Gobi sur Terre. En mai 2018, un chercheur à la retraite du Department of Fish and Game – office de la pêche et de la chasse – en Alaska s’est rendu dans le désert de Gobi, en Mongolie, pour participer au Gobi Bear Project qui contribue à la conservation et la protection de l’ours le plus menacé au monde.
L’ours de Gobi est une sous-espèce d’ours brun qui vit dans le désert de Gobi. Les plantigrades sont beaucoup plus petits que leurs homologues nord-américains. Le plus gros ours de Gobi jamais capturé pesait 120 kilogrammes, tandis qu’un grizzly peut peser jusqu’à 680 kilogrammes. Les ours de Gobi ont une fourrure rougeâtre avec des reflets dorés qui les fait un peu ressembler à des golden retrievers. .
La diminution de la population d’ours de Gobi est due au changement climatique. Le désert de Gobi recevait généralement environ 18 centimètres de pluie par an, mais dernièrement, il n’en recevait plus que 2,5 centimètres. Il n’y a pas d’ours de Gobi en captivité. Les animaux sont connus sous le nom de Mazaalai en Mongolie.
Le chercheur alaskien a dû faire face à un certain nombre de difficultés sur le terrain. Par exemple, ses compagnons parlaient peu ou pas l’anglais, les cabanons d’observation étaient en mauvais état et l’environnement nu et aride n’était pas vraiment adapté à la pose de pièges destinés à récupérer des poils d’ours. Pour compliquer davantage la situation, le chercheur ne pouvait pas installer son matériel à proximité de stations d’alimentation car les chercheurs du Gobi Bear Project avaient émis l’hypothèse que les ours mâles écartaient les femelles des sites d’alimentation.
Le chercheur alaskien avait accepté de participer au projet car il voulait contribuer à la recherche de preuves génétiques de la présence éventuelle de femelles inconnues des chercheurs. En effet, un décompte récent avait révélé la présence de 16 mâles pour seulement 9 femelles. Les chercheurs espèrent que ces statistiques ont oublié des femelles tenues à l’écart des sites d’alimentation par les mâles.
À l’aide de broussailles et de roches qu’il avait récupérées, le chercheur de l’Alaska a mis en place des pièges afin de pouvoir récupérer suffisamment de poils qui permettraient à des chercheurs canadiens d’analyser l’ADN et déterminer si et quand les ourses ont eu des petits. L’équipe scientifique a également essayé de placer différents leurres avec différentes odeurs pour comprendre ce qui plaît aux ours. Jusqu’à présent, les résultats étaient inconnus, mais le dernier voyage dans le désert de Gobi pourrait apporter des informations intéressantes.
Malgré la rareté des ours de Gobi, il y a une note positive: les ours se reproduisent encore et les femelles donnent naissance à des oursons.
Source: Juneau Empire.

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It is estimated there are fewer than 50 Gobi bears on the planet. A retired bear researcher for the Alaska Department of Fish and Game, went to the Gobi Desert in Mongolia in May 2018 to assist with the Gobi Bear Project, an organization that helps promote conservation and protection of the world’s most endangered bear.

Gobi bears are a subspecies of brown bear that live in the Gobi Desert. They are considerably smaller than their North American counterparts. The largest one ever caught weighed 120 kilograms, while a brown bear can weigh up to 680 kilograms. Gobi bears have a fuzzy, reddish fur that makes them look a bit like golden retrievers.

The dwindling population is because of climate change. The Gobi Desert typically gets about 18 centimetres of rain annually, but lately that has decreased to 2.5 centimetres. There are no Gobi bears in captivity. The animals are known as Mazaalai in Mongolian.

The Alaskan researcher had to contend with companions who spoke little or no English, uncomfortable outhouses and finally an arid, bare environment not ideally suited for his hair-catching traps. To further complicate the situation, the researcher could not set his devices up near bear-feeding stations that provide food pellets to bears because Gobi Bear Project researchers hypothesized male bears were keeping females from the feeders.

A large reason for the researcher’s involvement for the program was to assist in finding genetic evidence of whether there are female bears unknown to researchers. A recent count came up with 16 males to only 9 females, and researchers are hopeful those lopsided tallies omitted females kept away from the feeders.

Using scavenged brush and rocks, the Alaskan researcher set up traps that should be able to catch enough hair to allow researchers in Canada to analyze DNA and determine if and when female bears have had cubs. The team also experimented with placing different lures and scents out to find out what appeals to the bears. Up to now this was unknown, but the recent trip in the Gobi desert might yield some interesting results.

Despite the absolute scarcity of Gobi bears, there is one positive note: The bears are still reproducing and the females have cubs.

Source: Juneau Empire.

Ours de Gobi (Crédit photo: Wikipedia)

Pour en savoir plus sur les ours:

Naïveté indonésienne? // Indonesian naivety?

En lisant la presse indonésienne, on a la confirmation que le changement climatique est réel dans le pays, avec des conséquences importantes sur l’environnement. Le Jakarta Post donne l’exemple de Tungkal I, dans l’est de Sumatra. Le village fait face à la Mer de Chine méridionale. Il a subi les assauts des vagues qui sont en passe d’engloutir le rivage de plusieurs centaines de mètres chaque année.
En dépit de ce genre de situation alarmante, une enquête a révélé que 18% des Indonésiens ne pensaient pas que l’activité humaine était la cause du changement climatique, tandis que 6% estimaient que le climat ne changeait pas du tout. L’Indonésie a le pourcentage le plus élevé de négationnistes du changement climatique parmi les 23 pays étudiés dans le cadre d’une étude menée en février et mars 2019 par YouGov, une société d’opinion publique et de données.
Un quart des Indonésiens ont déclaré que les humains étaient les principaux responsables du changement climatique, tandis que 29% estimaient que d’autres facteurs avaient également joué un rôle. 21% des personnes interrogées ont répondu qu’elles n’avaient aucune idée.
Huit pour cent des Indonésiens ont déclaré que le réchauffement climatique causé par l’homme était un canular et faisait partie d’une théorie du complot.
L’Arabie Saoudite se situe au deuxième rang après l’Indonésie avec 16% des personnes qui ne croient pas que l’homme contribue au changement climatique, suivie des États-Unis (13%), de l’Afrique du Sud (11%), du Mexique (10%) et de l’Égypte (10%). .
Source: The Jakarta Post.

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Reading the Indonesian press, we get the confirmation that climate change is real in the country, with significant consequences on the environment. The Jakarta Post gives the example of Tungkal I village in the eastern part of Sumatra. The village faces the South China Sea and has suffered massive abrasion that is expected to swallow its shores by hundreds of meters annually.

Despite this kind of alarming situation, a survey has revealed that 18 percent of Indonesians do not believe human activity causes climate change, while another 6 percent believe that the climate is not changing at all. Indonesia has the highest percentage of climate change deniers among 23 countries surveyed in a study conducted in February and March 2019 by global public opinion and data company YouGov.

A quarter of Indonesians said humans were mainly responsible for climate change, while 29 percent believed other factors also played a role. Another 21 percent of respondents answered by saying they did not know.

Eight percent of Indonesians said human-driven global warming was a hoax and part of a conspiracy theory.

Saudi Arabia is second after Indonesia with 16 percent of people who do not believe that humans contribute to climate change, followed by the United States (13 percent), South Africa (11 percent), Mexico (10 percent) and Egypt (10 percent).

Source : The Jakarta Post.

Scénario d’inondation côtière à Sumatra (Source: 2ème Forum International pour un Avenir Durable en Asie – Janvier 2017)

On vous aura prévenus… // You have been warned…

On vous aura prévenus. A très court terme, une grande partie des glaciers de la planète auront disparu, ce qui engendrera de sérieux problèmes au niveau des populations qui dépendent de l’eau qu’il rejettent, sans oublier les conséquences sociales, économiques et migratoires majeures à l’échelle de la planète. Une étude publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) fin avril 2019 indique que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, les glaciers pourraient disparaître complètement d’ici 2100 de près de la moitié des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Selon les auteurs de l’étude, 19 000 glaciers, soit 9 % des glaciers de la planète, se trouvent sur des sites du patrimoine mondial. Certains de ces glaciers figurent parmi les plus emblématiques du monde, comme le glacier d’Aletsch dans les Alpes suisses, celui du Khumbu dans l’Himalaya ou le Jakobshavn au Groenland.

L’étude précise que 33 % à 60 % du volume total de glace présent en 2017 dans les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco aura disparu d’ici 2100. Le pourcentage dépendra de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter comme au cours des dernières décennies, les scientifiques prévoient la disparition des glaciers d’ici à la fin du 21ème siècle dans 21 des 46 sites naturels du patrimoine mondial. L’IUCN précise que même dans un scénario basé sur des émissions faibles respectant les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, 8 des 46 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco verront leurs glaciers disparaître d’ici 2100. Pour aller dans le sens de ces alertes lancées par les glaciologues et l’IUCN, les émissions de CO2 dans l’atmosphère atteignent actuellement plus de 414 ppm au sommet du Mauna Loa à Hawaii.

Selon l’étude, plusieurs sites du patrimoine mondial de l’Unesco seront fortement touchés par la hausse des températures ces prochaines années. Le parc national de Los Glaciares (Argentine) où se situent certains des plus grands glaciers de la planète, devrait enregistrer une très importante perte de glace correspondant à environ 60 % du volume actuel. En Amérique du Nord, le Parc International de la Paix Waterton-Glacier (à cheval sur la frontière entre les Etats-Unis et la Canada), le Parc National des Montagnes Rocheuses (Canada) et le Parc National Olympique (Etat de Washington / Etats-Unis) devraient perdre plus de 70 % de leur glace d’ici 2100. En Europe, la disparition de petits glaciers est prévue dans les Pyrénées sur le Mont Perdu, entre la France et l’Espagne, d’ici 2040.

Source : IUCN.

Je rappelle que mon rôle est de lancer des alertes et pas de proposer des solutions. Il revient à nos gouvernants d’avancer des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Conferences Of  Parties (COP) sont également faites pour cela. Malheureusement la présence des chefs d’états se fait de plus en plus rare….

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Hier 14 mai 2019, on m’a demandé d’intervenir dans une classe de Première du lycée de Bellac (Haute Vienne) pour expliquer la situation glaciaire dans l’Arctique, thème d’une semaine éducative dans cet établissement.

Après avoir montré la fonte des glaciers dans les Alpes, j’ai fait un tour d’horizon des terres nordiques, entre l’Alaska et la Sibérie, en passant par l’Islande et la Scandinavie. J’ai ensuite élargi la présentation à l’Antarctique, puis à la fonte du permafrost et ses conséquences pour l’environnement.

J’ai vraiment l’impression que les jeunes sont conscients des menaces climatiques et environnementales qui pèsent sur leur génération. Je suis persuadé que c’est par le biais d’images spectaculaires et sans équivoque, présentées par des gens qui sont allés sur le terrain, que l’on arrivera à convaincre la population de ne pas rester passive et de ne pas se laisser abuser par des dirigeants qui font fi de l’environnement et qui n’ont en tête que des intérêts économiques.

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You have been warned. In the very short term, a large part of the world’s glaciers will have disappeared, which will cause serious problems for the populations who depend on the water they reject, not to mention the major social, economic and migratory consequences at the scale of the planet. A study published by the International Union for the Conservation of Nature (IUCN) in late April 2019 indicates that if greenhouse gas emissions continue at the current rate, glaciers could disappear completely by 2100 from nearly the half of UNESCO World Heritage sites.
According to the authors of the study, 19,000 glaciers, or 9% of the world’s glaciers, are on World Heritage sites. Some of these glaciers are among the most iconic in the world, such as the Aletsch Glacier in the Swiss Alps, the Khumbu Glacier in the Himalayas or the Jakobshavn in Greenland.
The study states that 33% to 60% of the total ice volume in 2017 in UNESCO World Heritage Sites will be gone by 2100. The percentage will depend on the evolution of greenhouse gas emissions.
If greenhouse gas emissions continue to increase as in recent decades, scientists predict the disappearance of glaciers by the end of the 21st century in 21 of the 46 natural World Heritage sites. IUCN says that even in a low emission scenario meeting the objectives of the Paris Climate Agreement, 8 of the 46 UNESCO World Heritage Sites will see their glaciers disappear by 2100. Related to these warnings issued by glaciologists and IUCN, CO2 emissions in the atmosphere are currently more than 414 ppm at the summit of Mauna Loa in Hawaii.
According to the study, several UNESCO World Heritage sites will be strongly affected by rising temperatures in the coming years. The Los Glaciares National Park (Argentina), home to some of the world’s largest glaciers, is expected to record a significant ice loss of about 60% of current levels. In North America, the Waterton-Glacier International Peace Park (straddling the United States-Canada border), Rocky Mountain National Park (Canada) and the Olympic National Park (Washington State / United States) are likely to lose more than 70% of their ice by 2100. In Europe, the disappearance of small glaciers is expected in the Pyrenees on Mount Perdu, between France and Spain, by 2040.
Source: IUCN.

I need to remind you that my role is to launch alerts and not to suggest solutions. It is up to our leaders to put forward solutions to fight against global warming.  It is also the purpose of the Conferences Of Parties (COP). Unfortunately the presence of heads of state is becoming increasingly rare ….

Tous les grands glaciers (Aletsch en Suisse, Athabasca au Canada, Columbia en Alaska) sont menacés de disparition. (Photos: C. Grandpey)

Météo et climat, ne pas confondre ! // Weather and climate should not be confused

On l’entend tous les jours : Il suffit de la moindre vague de froid ou que la température chute de quelques degrés pour que se manifestent des climatosceptiques qui viennent nier la réalité du réchauffement climatique. Ils le font, même lorsque la planète dans sa globalité est en plein coup de chaud comme c’est le cas en ce moment.

Souvenez-vous : Donald Trump – qui n’est pas forcément le meilleur exemple d’intelligence – avait pris l’exemple d’une météo frileuse pour remettre en cause la réalité du réchauffement climatique. Un tel comportement revient très exactement à nier que la Terre est ronde avec pour seul argument qu’elle ne donne pas l’impression d’être ronde en regardant autour de soi !

Je n’insisterai jamais assez sur l’importance de faire la différence entre le climat – qui est global – et la météo – qui est locale. Nous en avons aujourd’hui un exemple criant: alors que l’Europe et l’Amérique du Nord font face à une vague de froid inhabituelle pour la saison, le reste de la planète est bel et bien en surchauffe, comme le prouve l’image ci-dessous qui n’a pas été trafiquée par quelque logiciel, comme c’est la mode aujourd’hui. Elle présente les anomalies de température constatées (en °C) le 10 mai 2019 par rapport à une moyenne calculée sur la période 1979 – 2000 pour la même journée. On aboutit à une constatation identique si on regarde des cartes présentant les anomalies de température pour la semaine passée ou le mois dernier, par rapport à une moyenne établie entre 1981 et 2010.

Cette image suffit à démontrer de manière très claire que la sensation de froid que l’on éprouve à un moment donné, à un endroit donné, n’est pas forcément révélatrice d’une tendance générale ou globale. C’est  la différence entre la météo (locale) et le climat (global). S’il fait plus frais que d’ordinaire en France, aux États-Unis et en Australie, c’est loin d’être le cas partout. Ainsi, le Canada, le Groenland, l’ouest de la Russie, l’Afrique et l’Amérique latine ont plus chaud que d’ordinaire pour la même époque. Globalement, la température moyenne à la surface du globe est de 0,6°C supérieure à la moyenne en ce moment même.

Comme je l’ai indiqué précédemment, le mois d’avril 2019 a été le 2ème plus chaud jamais enregistré sur Terre.

Force est de constater – les climatosceptiques ne pourront pas aller contre les statistiques – que chaque année la tendance au réchauffement de la planète se renforce. L’année 2018 a ainsi été la plus chaude jamais enregistrée en France et les quatre dernières années ont été les quatre plus chaudes jamais enregistrées à la surface du globe Il est fort à parier que l’année 2019 suivra cette tendance globale. Au moment où j’écris ces lignes, 2019 est la deuxième année la plus chaude des archives. Rien n’incite à penser aujourd’hui que le réchauffement en cours est en passe de s’arrêter, bien au contraire. Les modèles climatiques les plus récents montrent que le réchauffement pourrait être plus important que prévu…

Source ; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.

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We can hear it every day: The slightest cold wave or the slightest drop of temperature pushes climateosceptics to deny the reality of global warming. They do it, even when the planet as a whole is getting warmer, as it is right now.
Remember: Donald Trump – who is not necessarily the best example of intelligence – had taken the example of a chilly weather to question the reality of global warming. Such behaviour amounts exactly to denying that the Earth is round with the only argument that it does not kook round while looking around!
I can not stress enough the importance of differentiating between the climate – which is global – and the weather – which is local. Today we have a shining example: while Europe and North America are facing an unusually cold snap for the season, the rest of the world is overheating, as proves the image below that has not been tampered with by any software, as is the fashion today. It shows the observed temperature anomalies (in degrees Celsius) on May 10th, 2019 compared to an average calculated over the period 1979 – 2000 for the same day. The same conclusion can be observed if we look at maps showing temperature anomalies for the past week or last month, compared to an average between 1981 and 2010.
The image below is enough to show very clearly that the feeling of cold that one experiences at a given moment, at a given place, is not necessarily indicative of a general or global tendency. This is the difference between (local) weather and (global) climate. If it is cooler than usual in France, the United States and Australia, this is far from the case everywhere. For example, Canada, Greenland, West Russia, Africa and Latin America are warmer than usual for the same period. Overall, the average global surface temperature is 0.6°C above average at this very moment.
As I put it earlier, the month of April 2019 was the 2nd hottest ever recorded on Earth.
It is clear –  climateosceptics can not go against statistics – that every year the global warming trend gets stronger. The year 2018 was the hottest ever recorded in France and the last four years were the four hottest ever recorded on the surface of the globe It is highly likely that the year 2019 will follow this global trend. At the time of writing, 2019 is the second hottest year of the archive. There is no reason to think today that the current warming is about to stop, on the contrary. The most recent climate models show that the warming could be more significant than imagined already …
Source; Le Figaro, Météo France, NASA, NOAA.

Les anomalies de température enregistrées le 10 mai 2019 montrent que le froid ressenti localement dans certaines régions n’est pas un phénomène global (Source : NOAA)

 

Glaciers des Alpes : Un avenir inquiétant // Glaciers in the Alps: An uncertain future

Il serait grand temps que nos responsables politiques prennent conscience de la gravité du réchauffement climatique. Il y a quelques jours, j’attirais l’attention sur le niveau encore jamais atteint par les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Ces dernières semaines, on a pu lire dans la presse internationale des récits de vagues de chaleur inhabituelles dans l’Arctique. Dans nos Alpes, les glaciers ne sont pas en bonne santé.

Selon une étude publiée le 9 avril 2019, les glaciers des Alpes risquent de fondre à plus de 90% d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il ne faudrait pas oublier que si les quelque 4000 glaciers alpins sont des attraits touristiques majeurs, ils fournissent aussi de l’eau en été à des millions de personnes. Plus de glaciers, plus d’eau ! Dans les Alpes ce sera peut-être supportable, mais dans les Andes ou l’Himalaya, des milliards de personnes ont vraiment besoin de cette eau. J’ai expliqué dans mon livre « Glaciers en Péril » la menace qui pèse sur les Péruviens. Je ne serai plus là pour le voir, mais j’aimerais savoir comment les autorités feront face à une telle situation dans les Alpes mais aussi les Pyrénées car elle inclut, bien sûr, l’absence de neige. Nous ne sommes plus très loin du ski à roulettes !
Une équipe de chercheurs suisses a utilisé des modèles climatiques couplés à des mesures des glaciers pour estimer leur évolution selon divers scénarios de réchauffement. D’après ces scientifiques, si les émissions atteignent un plafond d’ici quelques années avant de rapidement diminuer jusqu’à 2100, un tiers du volume de ces glaciers sera en mesure de survivre. En revanche, si les émissions de gaz à effet de serre continuent à leur rythme actuel, la prédiction est beaucoup plus sombre. Dans ce scénario pessimiste, les Alpes pourraient être quasiment privées de glace d’ici 2100, avec seulement quelques morceaux isolés en haute altitude, ce qui représenterait 50% ou moins du volume actuel. De toute façon, quels que soient les efforts faits pour réduire les émissions, les Alpes perdront au moins la moitié de leurs glaciers.
Dans une note précédente, je faisais référence à une autre étude publiée dans la revue Nature. On peut y lire que la fonte des glaciers dans le monde s’est accélérée ces trois dernières décennies. Les glaciers ayant le plus contribué à l’augmentation du niveau de la mer suite à cette fonte sont ceux de l’Alaska, puis ceux de Patagonie et des régions arctiques. Ceux des Alpes, plus petits, n’ont joué qu’un rôle mineur.
Sources : France Info, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Glaciers en Péril.

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It is high time that our politicians became aware of the gravity of global warming. A few days ago, I drew attention to the level of CO2 concentrations in the atmosphere. In recent weeks, we could read in the international press stories of unusual heat waves in the Arctic. In our Alps, glaciers are not in good health.
According to a study published on April 9th, 2019, alpine glaciers will have melted more than 90% by the end of the century if nothing is done to reduce greenhouse gas emissions. It should not be forgotten that while some 4,000 alpine glaciers are major tourist attractions, they also provide water for millions of people in summer. No more glaciers means no more water! In the Alps it may not be a disaster, but in the Andes or the Himalayas, billions of people really need this water. I have explained in my book « Glaciers en Péril » the threat hanging over the Peruvians. I will no longer be part of this world to see it, but I would like to know how the authorities will deal with such a situation in the Alps but also the Pyrenees because it includes, of course, the absence of snow. We are not very far from roller skiing!
A team of Swiss researchers have used climate models coupled with glacier measurements to estimate their evolution under various warming scenarios. According to these scientists, if emissions reach a maximum within a few years before rapidly decreasing to 2100, a third of the volume of these glaciers will be able to survive. On the other hand, if greenhouse gas emissions continue at their current rate, the prediction is much darker. In this pessimistic scenario, the Alps could be almost ice-free by 2100, with only a few isolated pieces at high altitudes, which would represent 50% or less of the current volume. In any case, whatever efforts are made to reduce emissions, the Alps will lose at least half of their glaciers.
In a previous note, I was referring to another study published in the journal Nature. It shows that melting glaciers around the world has accelerated over the last three decades. The glaciers that have contributed the most to the sea-level rise following this melting are those of Alaska, then those of Patagonia and the Arctic regions. Those of the Alps, which are smaller, played only a minor role.
Sources: France Info, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Glaciers en Péril.

Dans le Massif des Ecrins, le Glacier Blanc a montré un recul spectaculaire au cours des dernières années (Photos: C. Grandpey)

Circulation océanique et climat (2ème partie) // Ocean circulation and climate (Part 2)

Il est difficile de déterminer ce que les schémas évoqués dans la première partie de cet article  pourraient signifier pour l’avenir de la Terre. Des preuves récentes suggèrent que l’AMOC a commencé à s’affaiblir à nouveau il y a 150 ans. Cependant, les conditions actuelles sont assez différentes de celles d’il y a 13000 ans. La température globale était beaucoup plus basse à l’époque, la banquise d’hiver s’étendait au sud de New York et la structure de l’océan était bien différente. En outre, l’affaiblissement passé de l’AMOC fut bien plus important que la tendance actuelle.

Selon un rapport du GIEC, il y a de fortes chances pour que l’AMOC ralentisse au cours du 21ème siècle, mais le phénomène serait très progressif. Un arrêt complet, qui entraînerait une chute rapide de la température de l’Atlantique du Nord, n’aurait que de très faibles chances de se produire au cours du siècle en cours.

Les observations récentes du climat montrent que quelque chose se passe déjà dans l’Atlantique Nord. La région subpolaire au sud de la Groenland, y compris la Mer du Labrador, est quasiment la seule du monde à ne pas s’être réchauffée depuis le début du 20ème siècle. Ce serait l’une des manifestations de l’affaiblissement de l’AMOC, selon une étude parue fin mars 2015, signée par des chercheurs du Potsdam Institute for Climate Research. Les scientifiques estimaient alors que le réchauffement climatique global dû aux émissions humaines de gaz à effet de serre avait déjà commencé à ralentir sérieusement la circulation thermohaline.

D’après un article publié en avril 2018 dans la revue Nature,  le système de circulation de l’Atlantique Nord est dans un état de fragilité sans précédent depuis 1 600 ans. Des questions subsistent quant à la date exacte du début du déclin. Les chercheurs ont découvert que la force de l’AMOC fut relativement stable de 400 à 1850 environ, puis s’est affaiblie au début de l’ère industrielle. Cette transition coïncide avec la fin du petit âge glaciaire qui a touché de nombreuses régions du globe. Les auteurs de l’article estiment que la force de l’AMOC a diminué d’environ 15% pendant la période industrielle, par rapport à son flux des 1 500 dernières années.

L’énigme de l’impact de la circulation océanique sur les températures globales n’est probablement pas résolue. Il n’est en effet pas si certain qu’un ralentissement de l’AMOC favorise dans les prochaines décennies une baisse des températures en Europe, dans un contexte de réchauffement climatique lié aux émissions anthropiques de gaz à effet de serre. En 2018, une autre étude publiée dans Nature a montré que l’AMOC, dans une phase «faible» entre 1975 et 1998, n’avait pas empêché les températures de surface d’augmenter rapidement au cours de la période.

Le réchauffement provoqué par l’homme a-t-il modifié le rôle principal de l’AMOC ? Au lieu de déplacer la chaleur vers le nord, a-t-il désormais pour effet principal de stocker la chaleur dans les profondeurs de l’Atlantique ?

Des analyses du bilan en eau douce basées sur des observations effectuées en 2017 suggèrent que l’AMOC se trouve dans un régime instable susceptible de subir de grands changements.  Cette dernière étude estimait que l’AMOC serait susceptible de s’effondrer 300 ans après un doublement de la concentration de CO2 dans l’atmosphère par rapport au niveau de 1990. L’effondrement de l’AMOC entraînerait d’importantes réactions climatiques : un refroidissement important sur le nord de l’Atlantique Nord et les zones voisines, la glace de mer augmenterait sur les mers Groenland-Islande-Norvège et au sud du Groenland.

Source : global-climat.

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It is difficult to determine what the patterns mentioned in the first part of this post could mean for the future of the Earth. Recent evidence suggests that AMOC began to weaken again 150 years ago. However, the current conditions are quite different from those of 13,000 years ago. The global temperature was much lower at the time, the winter ice sheet extended south of New York and the ocean structure was quite different. In addition, the past weakening of AMOC was much larger than the current trend. According to an IPCC report, there is a good chance that AMOC will slow down in the 21st century, but the phenomenon would be very gradual. A complete halt, which would bring about a rapid fall in the temperature of the North Atlantic, is unlikely to occur during the current century.
Recent observations of the climate show that something is already happening in the North Atlantic. The subpolar region of southern Greenland, including the Labrador Sea, is virtually the only one in the world that has not warmed since the beginning of the 20th century. This might be one of the signs of the weakening of AMOC, according to a study published late March 2015, by researchers at the Potsdam Institute for Climate Research. Scientists then estimated that global warming due to human emissions of greenhouse gases had already begun to seriously slow down the thermohaline circulation.
According to an article published in April 2018 in the journal Nature, the circulation system of the North Atlantic is in a state of fragility unprecedented for 1,600 years. Questions remain as to the exact date of the onset of decline. The researchers found that the strength of AMOC was relatively stable from about 400 to 1850, then weakened in the early days of the industrial age. This transition coincides with the end of the Little Ice Age that affected many parts of the globe. The authors of the article estimate that the strength of AMOC has decreased by about 15% during the industrial period, compared to its flow of the last 1500 years.
The enigma of the impact of ocean circulation on global temperatures is probably not resolved. Indeed, it is not so certain that a slowdown in AMOC will, in the coming decades, favour a drop in temperatures in Europe, in the context of global warming linked to anthropogenic greenhouse gas emissions. In 2018, another study published in Nature showed that AMOC, in a « weak » phase between 1975 and 1998, had not prevented surface temperatures from rising rapidly during the period.
Has man-made warming changed the main role of AMOC? Instead of moving the heat northward, does it now have the main effect of storing heat in the depths of the Atlantic?
Freshwater balance analyses based on observations made in 2017 suggest that AMOC is in an unstable regime that is likely to undergo major changes. The latest study estimated that AMOC is likely to collapse 300 years after a doubling of the CO2 concentration in the atmosphere compared to the 1990 level. The collapse of AMOC would lead to major climate reactions: cooling in the North Atlantic and surrounding areas, sea ice would increase in the Greenland-Iceland-Norway seas and in southern Greenland.
Source: global-climat.

Schéma montrant la circulation thermohaline [Source : GIEC]

Circulation océanique et climat (1ère partie) // Ocean circulation and climate (Part 1)

Aujourd’hui avec le réchauffement climatique, la crainte n’est plus que le ciel nous tombe sur la tête, mais que la circulation des courants océaniques se modifie, avec de sévères conséquences sur le climat de notre planète. Au cours de mes conférences, j’entends souvent des questions sur cette éventualité.

Ce ne serait pas la première fois que la circulation océanique subirait des modifications. Une nouvelle étude nous donne des précisions intéressantes quand au timing de l’évolution passée de la « circulation océanique méridienne de retournement atlantique », autrement connue sous le nom d’AMOC (Atlantic meridional overturning circulation). Dans l’Océan Atlantique, ce tapis roulant géant transporte les eaux chaudes des tropiques vers l’Atlantique Nord, où elles refroidissent et coulent puis retournent vers le sud dans les profondeurs de l’océan. L’AMOC est ainsi un acteur important du climat mondial, régulant les régimes climatiques dans l’Arctique, en Europe et dans le monde.

A plusieurs reprises, depuis la fin de la dernière glaciation, il y a 20 000 ans, l’AMOC s’est déjà effondré de façon brutale, ramenant le climat à des conditions glaciaires en Europe.

Des indices d’un ralentissement du système sont de plus en plus nombreux et certains scientifiques craignent qu’il puisse avoir des effets majeurs, tels que la baisse des températures en Europe et le réchauffement des eaux au large de la côte est des Etats-Unis, pouvant potentiellement nuire à la pêche et exacerber les ouragans.

Selon les prévisions, le réchauffement de la planète devrait affaiblir l’AMOC mais l’ampleur du changement reste incertaine. La plupart des modèles climatiques prévoient un ralentissement modéré mais pas un arrêt complet de l’AMOC.

Une nouvelle étude publiée dans Nature Communications donne des indications sur la rapidité avec laquelle ces changements ont pu intervenir dans le passé. Une équipe scientifique de l’Observatoire de la Terre Lamont-Doherty de Columbia s’est concentrée sur une zone où l’eau coule de la surface vers le fond de l’Atlantique Nord. D’après les chercheurs, l’AMOC a commencé à s’affaiblir environ 400 ans avant la vague de froid majeure survenue il y a 13 000 ans. Puis l’AMOC a commencé à se renforcer environ 400 ans avant le réchauffement brutal qui s’est produit il y a 11 000 ans. Pour déterminer si les changements passés du transport océanique se produisaient avant ou après les changements brusques de climat qui ont ponctué la dernière déglaciation dans l’hémisphère nord, l’équipe scientifique a rassemblé les données tirées de sédiments au fond de la mer de Norvège, de sédiments lacustres du sud de la Scandinavie et de carottes de glace du Groenland. Les anciennes couches du lac contiennent des plantes en décomposition qui extraient le carbone 14 directement de l’atmosphère, ce qui permet de déterminer l’âge de chaque couche de sédiment du lac. Les auteurs de l’étude ont ensuite fait correspondre les couches de sédiments lacustres aux couches de sédiments marins. Cela a permis de révéler la rapidité avec laquelle l’eau coulait dans cette zone, et donc le processus appelé « formation d’eau profonde » qui est essentiel pour maintenir la circulation de l’AMOC. Pour parachever l’étude, il a fallu analyser les carottes de glace du Groenland et étudier les changements de température et de climat au cours de la même période. C’est ainsi que les chercheurs ont pu mettre en parallèle les changements de la circulation océanique et les changements climatiques.

La comparaison des données des échantillons a révélé que l’AMOC s’est affaibli dans la période qui a précédé la dernière vague de froid majeure de la planète il y a environ 13 000 ans. La circulation océanique a commencé à ralentir environ 400 ans avant la vague de froid, mais une fois que le climat a commencé à changer, les températures au Groenland ont rapidement chuté de 6 degrés environ.

Un schéma similaire est apparu vers la fin de cette vague de froid. Le courant a commencé à se renforcer environ 400 ans avant que l’atmosphère ne commence à se réchauffer de façon spectaculaire, sortant de l’ère glaciaire. Une fois que la déglaciation a commencé, le Groenland s’est réchauffé rapidement : sa température moyenne a augmenté d’environ 8 degrés en l’espace de quelques décennies, ce qui a provoqué la fonte des glaciers et la fonte des glaces de mer dans l’Atlantique Nord.

Source : global-climat.

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Today with global warming, the fear is no longer that the sky may fall on our heads, but that the circulation of ocean currents might change, with severe consequences on the climate of our planet. During my conferences, I often hear questions about this possibility.
This would not be the first time that ocean circulation would undergo modifications. A new study gives us interesting insights as to the timing of the past evolution of AMOC (Atlantic meridional overturning circulation). In the Atlantic Ocean, this giant conveyor transports the warm waters of the tropics to the North Atlantic, where they cool and sink and then return south into the depths of the ocean. AMOC is thus an important player in the global climate, regulating weather patterns in the Arctic, Europe and the world.
On several occasions, since the end of the last glaciation 20,000 years ago, AMOC has already collapsed abruptly, bringing the climate back to glacial conditions in Europe.
There is growing evidence of a slowing down of the system and some scientists fear that it may have major effects, such as lower temperatures in Europe and warmer waters off the east coast of the United States, potentially harmful to fishing and exacerbating hurricanes.
Global warming is predicted to weaken AMOC, but the extent of change remains uncertain. Most climate models predict a moderate slowdown but not a complete shutdown of AMOC.
A new study published in Nature Communications provides insight into how quickly these changes may have occurred in the past. A scientific team from the Lamont-Doherty Earth Observatory in Columbia has focused on an area where water is flowing from the surface to the bottom of the North Atlantic. According to the researchers, AMOC began to weaken about 400 years before the major cold wave of 13,000 years ago. Then AMOC began to strengthen about 400 years before the brutal warming that occurred 11,000 years ago. To determine whether past changes in ocean transport occurred before or after the sudden changes in climate that punctuated the last deglaciation in the northern hemisphere, the scientific team collected sediment data from the bottom of the Norwegian Sea, lake sediments from southern Scandinavia and ice cores from Greenland. The former layers of the lake contain decaying plants that extract Carbon 14 directly from the atmosphere, allowing the age of each lake sediment layer to be determined. The authors of the study then matched lake sediment layers to marine sediment layers. This revealed the speed with which water was flowing into this area, and thus the process called « deep water formation » which is essential to maintain the circulation of AMOC. To complete the study, it was necessary to analyze the ice cores of Greenland and study the changes in temperature and climate during the same period. As a result, researchers have been able to compare changes in ocean circulation with climate change.
The comparison of the sample data revealed that AMOC weakened in the period before the last major cold wave of the planet about 13,000 years ago. Ocean circulation began to slow down about 400 years before the cold wave, but once the climate began to change, temperatures in Greenland quickly dropped by about 6 degrees.
A similar pattern appeared towards the end of this cold snap. The current began to strengthen about 400 years before the atmosphere began to warm up dramatically, coming out of the ice age. Once the deglaciation began, Greenland warmed rapidly: its average temperature increased by about 8 degrees within a few decades, which caused the melting of glaciers and the melting of sea ice in the North Atlantic.
Source: global-climat.

Schéma montrant la circulation thermohaline [Source : GIEC]