L’eau des glaciers rocheux // Water from rock glaciers

Le 24 mai 2026, j’ai publié une note à propos du réservoir de la Loze, situé en amont d’un hameau de Courchevel (Savoie), qui est en train de s’affaisser rapidement. Selon les experts, ce problème est en partie dû à la fonte d’un glacier rocheux sur lequel le réservoir a été construit.
J’expliquais dans ma note qu’un glacier rocheux est une masse de débris rocheux contenant de la glace. Les glaciers sont intrinsèquement dynamiques ; c’est le mouvement de la glace interstitielle qui provoque ce déplacement et, par conséquent, les formations spectaculaires souvent observées sur ce type de glacier. Il convient toutefois de noter que la vitesse de progression d’un glacier rocheux est bien plus lente que celle d’un glacier composé uniquement de glace. Elle est de l’ordre de quelques décimètres à quelques mètres par an (contre 100 à 200 mètres par an pour les « vrais » glaciers des Alpes).

Glacier rocheux du Laurichard, au-dessus du col du Lautaret (Photo : C. Grandpey)

La vitesse de progression d’un glacier rocheux varie en fonction de la pente. Les experts expliquent que les glaciers rocheux peuvent aussi « mourir » en s’immobilisant si la glace interne fond, par exemple en raison du réchauffement climatique. En effet, les projections climatiques montrent que même les glaciers rocheux ne sont pas épargnés par le réchauffement de la planète. Nombre d’entre eux pourraient perdre toute leur glace d’ici la fin du siècle.
Dans une nouvelle étude publiée dans le Journal of Geophysical Research, des chercheurs ont examiné le glacier Timpanogos, un glacier rocheux situé dans l’Utah, aux États Unis.

Crédit photo : Université de l’Utah

Selon certaines estimations, il existerait environ 51 000 de ces glaciers à travers le monde, dont 1 500 dans l’ouest des États-Unis et 836 rien que dans l’Utah.

Les glaciers rocheux constituent des réservoirs d’eau résilients face au climat ainsi que des habitats essentiels pour la faune alpine. Malheureusement, comme ils sont difficiles d’accès, il est difficile de mesurer la quantité d’eau qu’il recèlent.
La nouvelle étude révèle la quantité d’eau dissimulée au sein du glacier rocheux Timpanogos. Pour y parvenir, l’équipe de géologues de l’université de l’Utah a mis au point une technique inédite fondée sur la détection de la gravité. Les chercheurs ont transporté du matériel sensible sur le terrain rocheux, capable de mesurer d’infimes variations de l’accélération gravitationnelle entre la glace et la roche sur plus de 230 points disposés en forme de grille. Les différences de gravité étaient si ténues qu’il a fallu prendre en compte la position du Soleil et de la Lune.
Les auteurs de l’étude expliquent qu’il existe un contraste important de densité massique entre la roche qui constitue le mont Timpanogos et la glace, beaucoup moins dense, du glacier rocheux adjacent. En mesurant l’accélération gravitationnelle sur le glacier rocheux, les scientifiques ont observé une diminution plus marquée de cette accélération à mesure qu’ils effectuaient des relevés sur les zones où la glace était plus épaisse.
Le résultat a pris la forme d’une carte en trois dimensions. Selon les mesures de l’équipe scientifique, 17 % du glacier Timpanogos sont constitués de roches de surface et les 83 % restants de glace, ce qui représente une quantité considérable. D’après leurs estimations, le glacier renferme environ 1,5 million de mètres cubes d’eau gelée, soit de quoi remplir 600 piscines olympiques.

Coupe du glacier rocheux Timpanogos (Source : Utah Geological Survey)

Les chercheurs ont pu modéliser les relations entre la surface et la glace sous-jacente, ce qui leur a permis d’estimer la quantité d’eau susceptible de se cacher dans d’autres glaciers rocheux à travers le monde. Cette quantité serait de l’ordre de 48 milliards de tonnes, soit de quoi remplir 400 000 piscines olympiques. Leur conclusion est qu’il y a « une multitude d’océans cachés dans nos montagnes ».
Source : Yahoo News.

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On 24 May 2026, I wrote a post about the Loze reservoir, located upslope from a hamlet in Courchevel (Savoie), is rapidly subsiding. According to experts, the problem is parly due to the melting of a rock glacier on which the reservoir was built.

I explained in my post that a rock glacier is a mass of rocky debris containing ice. Glaciers are inherently dynamic, and the movement of interstitial ice is what causes this movement and, consequently, the spectacular formations often found on this type of glacier. It should be noted, however, that the rate of advance of a rock glacier is much slower than that of a glacier composed solely of ice. Its rate is on the order of a few decimeters to a few meters per year (compared to 100 to 200 meters per year for the ‘true’ glaciers of the Alps). It is quite clear that the rate of advance of a rock glacier varies depending on the percentage of the slope. Experts explain that rock glaciers can also « die » by coming to a standstill if the internal ice melts, for example, due to global warming.

Climate projections show that even rock glaciers are not immune to a warming climate. Many could become ice-free by the end of the century under current warming projections.

In a new study published in the Journal of Geophysical Research , researchers examined the Timpanogos Glacier, a rock glacier in Utah. By some estimates, there are roughly 51,000 of these hidden glaciers spread across the planet, 1,500 across the western U.S., and 836 in Utah alone. Rock glaciers serve as climate-resilient reservoirs of water as well as vital habitats for alpine wildlife. Unfortunately, because they’re buried, they’re difficult to measure.

The new study reveals just how much water is hiding inside the rock glacier. To measure the Timpanogos Glacier, the team of geologists from Utah University developed a novel technique that relied on detecting gravity. The team carted sensitive equipment across the rocky surface, measuring tiny variations in gravitational acceleration between the ice and rock at over 230 locations in a grid pattern. The differences in gravity were so minute, they had to take into account the positions of the sun and the moon.

The authors of the study explain that there is a large contrast in mass density between the rock that makes up Mount Timpanogos and the much lower density ice that is in the rock glacier adjacent to it. When the scientists measured the gravitational acceleration over the rock glacier, they saw a larger decrease in that gravitational acceleration as they made measurements over areas with thicker ice.

The result was a three-dimensional map. According to the team’s measurements, 17 percent of Timpanogos Glacier is surface rock and the remaining 83 percent is ice, which is a lot. According to their estimates, the glacier contains about 1.5 million cubic meters of frozen water, enough to fill 600 Olympic swimming pools.

The researchers were able to model relationships between the surface area and the ice beneath, and that allowed them to estimate how much water might be hiding in other rock glaciers worldwide. The answer: 48 billion metric tons, or enough to fill 400,000 Olympic swimming pools. Their conclusion is that « there are a bunch of oceans hiding in our mountains. »

Source : Yahoo News.

Centres de données et environnement // Data centers and environment

Aujourd’hui, Intelligence artificielle (IA) et centres de données (data centers) semblent représenter la clé de voûte de notre société. Ils sont au cœur des conversations et des débats dans les médias.

Un centre de données est un lieu regroupant les équipements constitutifs d’un système d’information (ordinateurs centraux, serveurs, baies de stockage, équipements réseaux et de télécommunications et/ou de calcul, d’IA, etc.), de manière à faciliter la sécurisation, la gestion et la maintenance des équipements et des données stockées.

En 2025, il y avait près de 12 000 centres de données dans le monde. La France en hébergeait 322, ce qui la classe au sixième rang mondial derrière les États-Unis (5 427) et la Chine (449.

Mais il y a un revers à la médaille. Ces centres de données représentent la deuxième source de pollution du secteur du numérique, après la fabrication des équipements. Leur empreinte environnementale provient en partie des besoins en électricité continus nécessaires à leur fonctionnement. Ainsi, les data centers consomment actuellement 2 % de l’énergie mondiale. Les estimations prévoient qu’en 2050, ils représenteront jusqu’à 6 % de l’électricité consommée en France. L’empreinte carbone des data centers s’explique également par le recours à des systèmes de refroidissement destinés à réguler la chaleur qu’ils produisent. Les serveurs ont besoin d’être maintenus à une température ambiante de 25 °C.

En plus de la consommation énergétique, ces techniques de refroidissement demandent une grande quantité d’eau, une ressource précieuse, devenant stratégique à cause des effets du réchauffement climatique et du stress hydrique induit.
De plus, la fabrication et la fin de vie des équipements qui composent les data centers sont une source de pollution supplémentaire.

Pour terminer, les serveurs informatiques exigent de grandes quantités de métaux rares, dont l’extraction intensive, principalement en Afrique, repose sur des procédés polluants

Les médias américains nous apprennent que des dizaines de centrales au gaz prévues pour alimenter directement des centres de données aux États-Unis pourraient émettre, chaque année, autant de gaz à effet de serre que l’Australie ou la France. C’est la conclusion d’un rapport publié le 2 juillet 2026 par l’Environmental Integrity Project (EIP), une organisation de défense de l’environnement. Le rapport estime que ces centrales produiraient 143 gigawatts d’électricité et généreraient 662 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par an.

Intérieur d’un centre de données au Texas (Crédit photo : Government Technology)

Des projets énergétiques hors réseau obtiennent rapidement des autorisations à travers les États-Unis – souvent dans le secret – pour répondre à la demande croissante du secteur technologique en matière d’alimentation des centres de données. En contournant les réglementations fédérales, ces projets avancent à une vitesse fulgurante, parfois en quelques semaines ou quelques mois seulement, sans passer par les très longues procédures d’autorisation, d’études environnementales et d’audiences publiques généralement requises pour ce type d’installation.
Le rapport de l’EIP souligne que le volume cumulé des émissions de gaz à effet de serre de ces centrales présente des risques pour la santé des riverains, en raison du rejet de polluants nocifs tels que les oxydes d’azote et le benzène.
Près de la moitié des 74 centrales identifiées par l’EIP seront situées au Texas, suivies par l’Ohio, la Pennsylvanie et la Virginie-Occidentale.
L’Administration Trump continue de prôner la construction rapide de centres de données et a pris des mesures pour réduire les obstacles à leur édification et à leur alimentation, invoquant des impératifs de sécurité nationale et d’économie.
Un sondage Reuters/Ipsos réalisé en juin 2026 a révélé qu’un seul Américain sur trois approuve le rythme effréné de construction des centres de données. C’est une question qui préoccupe les électeurs et anime les campagnes politiques à l’approche des élections de mi-mandat de novembre 2026.
Source : Yahoo News.

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Today, artificial intelligence (AI) and data centers appear to be the cornerstone of our society. They are at the heart of media conversations and debates.
A data center is a facility housing the equipment that makes up an information system (mainframes, servers, storage arrays, networking and telecommunications gear, computing and AI hardware, etc.) to facilitate the security, management, and maintenance of both the equipment and the stored data.
In 2025, there were nearly 12,000 data centers worldwide. France hosted 322 of them, ranking sixth globally behind the United States (5,427) and China (449).
However, there is a downside. These data centers represent the second-largest source of pollution in the digital sector, following equipment manufacturing. Their environmental footprint stems partly from the continuous electricity required for their operation; data centers currently consume 2% of global energy. Estimates predict that by 2050, they will account for up to 6% of electricity consumption in France. The carbon footprint of data centers is also driven by the cooling systems used to regulate the heat they generate; servers must be kept at an ambient temperature of 25°C.
In addition to energy consumption, these cooling techniques require vast amounts of water—a precious resource that is becoming strategically critical due to the effects of global warming and the resulting water stress.
Furthermore, the manufacturing and end-of-life disposal of the equipment within data centers constitute an additional source of pollution.
Finally, computer servers require large quantities of rare metals, the intensive extraction of which—primarily in Africa—relies on polluting processes.

The U.S. news media inform us that dozens of planned gas plants destined to directly power data centers in the United States could emit as much greenhouse gas annually as Australia or France, ‌according to a report by The Environmental Integrity Project (EIP), an environmental group, published on July 2, 2026. It estimated that these plants would generate 143 gigawatts of electricity and result in 662 million tons per year of greenhouse gas emissions.

Off-grid power projects are winning rapid approval across the U.S., often under cover of secrecy, to supply the tech industry’s booming demand for powering data centers. By avoiding the federal regulations they are moving ahead at light ⁠speed, sometimes in just weeks or months, without the years of permitting, environmental studies and public hearings typically required for such plants.

The EIP report ​said that ​the cumulative scale of the greenhouse gas emissions from ​these plants poses public health risks to those who reside near the projects because of their release of harmful pollutants like nitrous oxide (NOx) and benzene.

Nearly half of the 74 plants EIP ‌identified will be located in Texas, followed by Ohio, ​Pennsylvania and West Virginia.

Trump administration officials have continued ​to call for the rapid construction of data centers and taken steps to reduce barriers ‌to building and powering them as a ​national security and economic imperative.

A ​Reuters/Ipsos poll in June 2026 showed that ‌only one in three Americans approve of the fast pace of data center construction, an ​issue on the minds of voters and political campaigns ahead of the November 2026 midterm elections.

Source : Yahoo News.

Réchauffement climatique : Des algues toxiques jusqu’en Alaska // Global warming : Toxic algae as far as Alaska

Concentrations de CO2 : 431,87 ppm (5 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

J’ai écrit plusieurs notes sur la prolifération des sargasses, ces algues brunes qui posent un problème récurrent dans la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique et l’océan Atlantique. Les chercheurs estiment qu’au moins 4 % de la surface océanique est actuellement recouverte de tapis de sargasses, et que ces quantités sont susceptibles d’augmenter avec le réchauffement climatique.

Photo : C. Grandpey

Aujourd’hui, il semble que les territoires du Nord soient également concernés par l’invasion d’algues. Ainsi, le réchauffement des eaux autour de l’Alaska a provoqué la prolifération d’algues nuisibles. À Kotzebue, dans l’ouest de l’État, leur prolifération était si intense que les habitants ont d’abord cru que quelqu’un avait déversé des produits chimiques dans l’eau. On aurait dit de la peinture verte fluorescente.

Crédit photo : Alaska Public Media

La plupart des algues présentes dans les eaux de l’Alaska sont inoffensives, et beaucoup sont même bénéfiques. Mais on observe plusieurs variétés toxiques qui deviennent de plus en plus préoccupantes à mesure que les eaux océaniques et d’eau douce se réchauffent. L’Alexandrium est une algue qui produit de la saxitoxine et des composés apparentés pouvant provoquer une intoxication paralytique par les fruits de mer. La cuisson et la congélation ne permettent pas d’éliminer ces toxines, et il n’existe aucun antidote. Dans les cas les plus graves, les victimes peuvent cesser de respirer. Les autorités sanitaires de l’Alaska ont indiqué que l’État a recensé 132 cas d’intoxication paralytique par les fruits de mer et cinq décès entre 1993 et ​​2021.

Les scientifiques surveillent également les bactéries Pseudo-nitzschia, capables de produire de l’acide domoïque, et Dinophysis, qui peuvent provoquer une intoxication diarrhéique par les fruits de mer. De faibles concentrations d’acide domoïque ont déjà été détectées en Alaska, mais aucun cas d’intoxication n’y a été confirmé.
La prolifération de cyanobactéries est un problème récurrent autour de Kotzebue depuis 2008, date à laquelle l’eau a pris une couleur verte pour la première fois. Ces proliférations nuisibles menacent les systèmes alimentaires, la santé publique et la faune sauvage dont dépendent culturellement et économiquement de nombreuses communautés d’Alaska.

Des chercheurs soupçonnent la saxitoxine d’avoir joué un rôle dans d’importantes mortalités d’oiseaux, notamment celle des guillemots de Troïl survenue entre 2015 et 2017 lors d’une vague de chaleur marine.

Guillemots de Troïl (Photo : C. Grandpey)

Ils ont également expliqué que la saxitoxine était la cause de la mort d’otaries à fourrure retrouvées échouées dans les îles Pribilof en 2024 et 2025.
Si l’acide domoïque n’a pas encore provoqué de cas d’intoxication en Alaska, il décime de nombreuses espèces sauvages depuis des décennies en Californie.
Pour les familles qui pratiquent la pêche ou le ramassage de coquillages, ces proliférations d’algues pourraient compromettre la sécurité alimentaire et accroître l’incertitude quant à la sécurité des aliments. Des enquêtes locales ont été menées sur des oiseaux et des mammifères marins suite à des mortalités suspectées d’être liées à ces proliférations. Même en l’absence de confirmation de la présence de toxines, cette surveillance peut aider les communautés à réagir plus rapidement. Les autorités locales recommandent de suivre attentivement les recommandations sanitaires et les interdictions de pêche aux coquillages. La population est invitée à prêter attention aux signalements de couleurs d’eau inhabituelles et d’animaux sauvages malades ou morts, et à signaler tout ce qu’ils observent personnellement à leur organisme local de protection de la faune.

Source : Fox Weather via Yahoo News.

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I have written several posts about sargassum blooms, the brown seaweed that is becoming a problem has become a recurring problem in the Caribbean Sea, Gulf of Mexico and Atlantic Ocean, according to the NOAA. Researchers say that at least 4% of the ocean’s surface is currently covered by clumps and mats of sargassum, and those amounts are likely to increase with global warming.

Today, it seems that northern territories are also concerned with the invasion of algae. Warmer waters around Alaska have been causing a small group of harmful algae to bloom. In Kotzebue, in the western part of the State, one bloom was so vivid that locals at first thought someone had dumped chemicals into the water. It looked like fluorescent green paint.

Most algae in Alaska’s waters are harmless, and many are even beneficial. But several toxic varieties are becoming a bigger concern as ocean and freshwater conditions warm. Alexandrium is an algae that produces saxitoxin and related compounds that can cause paralytic shellfish poisoning. Cooking and freezing can’t remove these toxins, and there is no antidote. In severe cases, victims can stop breathing. State health officials said Alaska recorded 132 cases of paralytic shellfish poisoning and five fatalities from 1993 to 2021.

Scientists are also watching Pseudo-nitzschia, capable of producing domoic acid, and Dinophysis, which can trigger diarrhetic shellfish poisoning. Low levels of domoic acid have already been detected in Alaska, but no poisoning events have been confirmed there.

Cyanobacteria blooms have become a recurring issue around Kotzebue since 2008. That was when the water first turned bright green. Harmful blooms threaten food systems, public health, and the wildlife many Alaska communities depend on culturally and economically.

Researchers suspect saxitoxin may have played a role in major bird die-offs, including the 2015-2017 « wreck » of common murres during a marine heat wave. They have confirmed that saxitoxin was the cause of death in northern fur seals found stranded in the Pribilof Islands in 2024 and 2025.

If domoic acid has not yet caused documented poisoning events in Alask, it has killed many kinds of wildlife for decades in California.

For families who gather shellfish or rely on local fish for food, these blooms could undermine food security and increase uncertainty about what is safe to eat. Local investigations have tested birds and marine mammals after suspected bloom-related die-offs. Even when toxins are not confirmed, that monitoring can still help communities respond more quickly.

Local authorities say that the most practical protection is to stay alert to local health guidance and shellfish closures. Residents should pay attention to reports of unusual water color and sick or dead wildlife, and report anything they personally see to their local wildlife organization.

Source : Fox Weather via Yahoo News.

Guerre en Iran (1ère partie) : un désastre environnemental // War in Iran (part 1) : an environmental disaster

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Concentrations de CO2 : 431,15 ppm

Un article publié par l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) attire l’attention sur les conséquences environnementales de la guerre en Iran. Les frappes visant des installations pétrolières, les incendies industriels et les atteintes aux infrastructures énergétiques ont provoqué d’importantes pollutions atmosphériques et hydriques. Les frappes qui ont touché plusieurs dépôts pétroliers situés à proximité de Téhéran ont généré d’importants panaches de fumée noire au-dessus d’une agglomération de près de dix millions d’habitants.

Les impacts atmosphériques de ce type d’événement peuvent aujourd’hui être observés et documentés par satellite. On peut notamment mesurer plusieurs polluants atmosphériques, tels que le dioxyde d’azote, le dioxyde de soufre ou le monoxyde de carbone, et cartographier les panaches générés par les incendies des usines ou des infrastructures énergétiques. Ces panaches contiennent notamment du benzène, du formaldéhyde, des hydrocarbures aromatiques polycycliques et autres particules fines. Ces dernières peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires et aggraver des pathologies préexistantes.

Au-delà des incendies ou autres destructions spectaculaires, les explosions de munitions et les débris militaires peuvent également contaminer durablement les sols. Des analyses menées dans plusieurs zones de conflit ont mis en évidence la présence de métaux lourds tels que le plomb, le cadmium, le nickel ou le chrome dans les zones bombardées. Ces contaminants peuvent être persistants dans les sols et pénétrer progressivement les chaînes alimentaires. Les conflits récents illustrent l’ampleur de ces phénomènes. En Ukraine, les bombardements d’infrastructures industrielles et de zones urbaines ont entraîné la dispersion de nombreux polluants dans l’environnement. Dans la bande de Gaza, les destructions massives d’immeubles et d’infrastructures ont généré des millions de tonnes de décombres, qui vont fortement compliquer les opérations de dépollution et de reconstruction.

Les risques environnementaux liés à la guerre en Iran concernent également les ressources hydriques. Les explosions et les incendies ont provoqué des écoulements d’hydrocarbures dans les systèmes de drainage urbains et dans certains cours d’eau, pouvant contaminer les sols et les nappes phréatiques. Cette dégradation intervient dans un pays déjà confronté à une crise de l’eau particulièrement sévère. L’Iran connaît depuis plusieurs années une combinaison de sécheresses plus fréquentes, de surexploitation agricole et de politiques hydrauliques défectueuses. Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, la surexploitation des nappes phréatiques constitue une autre vulnérabilité majeure. Dans ce contexte de stress hydrique extrême, les infrastructures liées à l’eau deviennent des éléments particulièrement sensibles. Des accusations d’attaques contre une usine de dessalement sur l’île de Qeshm ont émergé au cours du conflit.

Illustration de la crise hydrique en Iran : plus c’est rouge, plus la sécheresse est sévère

Le conflit iranien révèle une transformation progressive de la nature des affrontements contemporains. Les infrastructures environnementales deviennent des cibles stratégiques. Les incidents impliquant plusieurs pétroliers dans le Golfe et la mer d’Oman illustrent cette vulnérabilité. Chaque attaque fait planer le risque de marées noires dans une région qui concentre des routes énergétiques majeures et des écosystèmes marins sensibles. Dans des sociétés fortement dépendantes d’infrastructures complexes pour l’accès à l’eau, à l’énergie ou à l’alimentation, ces installations deviennent des leviers stratégiques majeurs. En menaçant l’accès à des ressources essentielles comme l’eau ou l’énergie, les belligérants peuvent chercher à fragiliser durablement les équilibres économiques, sanitaires et sociaux de leur adversaire.

De nos jours, les destructions environnementales liées aux conflits constituent un facteur supplémentaire d’instabilité globale. Elles rappellent que la sécurité humaine ne dépend pas uniquement de l’équilibre des puissances ou des capacités militaires, mais aussi de la préservation des systèmes écologiques dont dépendent les sociétés.

Source : IRIS.

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An article published by the Institute for International and Strategic Relations (IRIS) draws attention to the environmental consequences of the war in Iran. Strikes targeting oil facilities, industrial fires, and damage to energy infrastructure have caused significant air and water pollution. Strikes that hit several oil depots near Tehran generated large plumes of black smoke over a city of nearly ten million inhabitants.
The atmospheric impacts of this type of event can now be observed and documented by satellite. In particular, it is possible to measure several air pollutants, such as nitrogen dioxide, sulfur dioxide, and carbon monoxide, and to map the plumes generated by fires at factories or energy infrastructure. These plumes contain, among other things, benzene, formaldehyde, polycyclic aromatic hydrocarbons, and other fine particles. These particles can penetrate deep into the respiratory system and exacerbate pre-existing conditions.

Beyond fires and other spectacular destruction, munitions explosions and military debris can also cause lasting soil contamination. Analyses conducted in several conflict zones have revealed the presence of heavy metals such as lead, cadmium, nickel, and chromium in bombed areas. These contaminants can persist in the soil and gradually enter food chains. Recent conflicts illustrate the scale of these phenomena. In Ukraine, the bombing of industrial infrastructure and urban areas has led to the dispersal of numerous pollutants into the environment. In the Gaza Strip, the massive destruction of buildings and infrastructure has generated millions of tons of rubble, which will severely complicate cleanup and reconstruction efforts.

The environmental risks associated with the war in Iran also extend to water resources. The explosions and fires have caused hydrocarbon spills into urban drainage systems and some waterways, potentially contaminating soils and groundwater. This degradation is occurring in a country already facing a particularly severe water crisis. For several years, Iran has been experiencing a combination of more frequent droughts, agricultural overexploitation, and flawed water policies. As I indicated in a previous post, the overexploitation of groundwater constitutes another major vulnerability. In this context of extreme water stress, water-related infrastructure becomes particularly sensitive. Accusations of attacks against a desalination plant on Qeshm Island emerged during the conflict.

The Iranian conflict reveals a gradual transformation in the nature of contemporary conflicts. Environmental infrastructure is becoming a strategic target. Incidents involving several oil tankers in the Gulf and the Arabian Sea illustrate this vulnerability. Each attack raises the risk of oil spills in a region that concentrates major energy routes and sensitive marine ecosystems. In societies heavily dependent on complex infrastructure for access to water, energy, or food, these facilities become major strategic levers. By threatening access to essential resources such as water or energy, belligerents can seek to permanently destabilize the economic, health, and social stability of their adversary.

Today, environmental destruction linked to conflicts constitutes an additional factor of global instability. It serves as a reminder that human security depends not only on the balance of power or military capabilities, but also on the preservation of the ecological systems upon which societies depend.

Source: IRIS.