Histoire d’eau et de magma sur la planète Mars // About water and magma on Mars

Des scientifiques de l’Université d’Arizona ont expliqué en 2018 qu’il pourrait y avoir de l’eau liquide sous la calotte glaciaire du pôle sud de la planète Mars. Dans une nouvelle étude publiée début 2019 dans la revue Geophysical Research Letters, une autre équipe de chercheurs de la même université écrit que cette eau, si elle existait réellement, aurait besoin d’une source de chaleur souterraine pour devenir liquide.
Les auteurs de l’étude ont déclaré que cette chaleur résulterait probablement d’une activité volcanique souterraine relativement récente. Si cette hypothèse était confirmée, cela voudrait dire que Mars est une planète plus active d’un point de vue géologique qu’on le pensait auparavant. Les chercheurs ont ajouté qu’en l’absence d’activité volcanique récente, il était peu probable que de l’eau liquide soit présente sous les calottes de glace de la planète qui présentent une épaisseur de 2 km.
Sur Terre, on trouve souvent de l’eau liquide à la base des calottes glaciaires en raison du fait que la chaleur irradie de sous la surface et s’accumule, ce qui fait fondre la glace. Dans l’étude de 2018, publiée dans la revue Science, les chercheurs avaient présenté des données laissant supposer que l’eau liquide était susceptible d’exister sous la calotte glaciaire du pôle sud de Mars, mais l’étude n’avait pas fourni d’explications.
Pour déterminer ce qui pourrait expliquer la présence d’eau, les scientifiques ont d’abord supposé qu’elle existait, puis ils ont modélisé les propriétés physiques de la planète Mars. Comme la Planète Rouge dégage beaucoup moins de chaleur de son intérieur que la Terre, les scientifiques ont avancé différentes hypothèses  pour essayer d’expliquer la présence d’eau de fonte sous les calottes glaciaires.
Un premier modèle a suggéré que le sel pourrait être responsable de la fonte de la glace car le minéral abaisse de manière significative son point de fonte. Toutefois, les chercheurs ont constaté que cette solution ne serait pas suffisante pour maintenir l’eau liquide.
L’équipe scientifique a ensuite proposé une autre explication: la chaleur proviendrait d’une autre source, en particulier une chambre magmatique qui se serait formée sous la surface de Mars il y a environ 300 000 ans. Les chercheurs ont avancé l’hypothèse selon laquelle cette chambre magmatique aurait dégagé de la chaleur, ce qui aurait maintenu l’eau sous les calottes glaciaires.

La principale conclusion de l’étude repose sur le raisonnement «  si-alors »: SI l’eau existe, ALORS il doit y avoir une activité géologique récente dans le sous-sol pour fournir de la chaleur. SI cette approche est réaliste, ALORS cela signifie qu’une activité volcanique souterraine se produit encore sur la planète Mars, bien que la plupart des scientifiques pensent qu’il n’y a aucune preuve d’un volcanisme actif aujourd’hui, même si certaines études indiquent que des coulées de lave à la surface de la planète pourraient être apparues il y a seulement quelques millions d’années.
Il est important de savoir si Mars cache de l’eau liquide à sa surface car cela aura des implications importantes, à la fois pour les projets d’implantation de colonies de peuplement permanentes, mais aussi dans le cadre des recherches de vie sur la planète.
Source: Newsweek, University of Arizona.

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Scientists from the University of Arizona explained in 2018 that there might be liquid water deep below Mars’s southern polar ice cap. In a study published in the journal Geophysical Research Letters, another team from the same university wrote that this water, if it really existed, would require an underground source of heat to become liquid.

The authors of the paper said that this heat would likely result from relatively recent subterranean volcanic activity. If this hypothesis was confirmed, it would indicate that Mars is a more geologically active planet than previously believed. The researchers also noted that without any recent volcanic activity, liquid water was unlikely to be present below the planet’s 2-kilometre-thick ice sheets.

On Earth, liquid water is often found at the base of ice sheets because of the fact that heat radiates from below the surface and becomes trapped, which causes it to melt. Last year’s paper, published in the journal Science, presented data suggesting that liquid water could also be found below Mars’s southern ice sheet, although the study did not explain how it could exist there.

To work out what could be sustaining the predicted liquid water, the scientists first assumed it existed and then modelled Mars’s physical properties. Because the Red Planet has much less heat radiating from its interior than our own, the scientists proposed different ideas for what could be causing water to melt at the bottom of the ice sheets.

One model suggested that salt could be responsible because the mineral significantly lowers the melting point of ice. But the researchers found that this effect would not be sufficient to sustain the liquid water.

Next, the research team proposed another explanation: the heat was coming from another source, specifically, a chamber filled with magma that formed below the Martian surface around 300,000 years ago. The researchers suggested this could have been releasing heat, which kept the water at the bottom of the ice caps liquid.

However, the main conclusion of the study is really an if-then statement: If the water exists, then there must be recent geological activity in the subsurface that provided heat. If these suggestions are true, it could mean that underground volcanic activity may still be occurring on the planet today, despite the views of some scientists that it had largely stopped in relatively recent times. Most scientists think there is no evidence for active volcanism erupting onto the surface of Mars today, though some studies have suggested lava flows elsewhere on the surface could be as young as forming several million years ago.

The question of whether or not Mars hosts liquid water on the surface has significant implications both for plans to set up permanent settlements there and the search for life on the planet.

Source : Newsweek, University of Arizona.

Calotte glaciaire sur le pôle sud de la Planète Rouge (Crédit photo: NASA)

Réchauffement climatique et cycle de l’eau // Climate change and water cycle

Les climatologues ont prévenu que l’un des principaux effets du changement climatique serait la perturbation du cycle de l’eau. La vie quotidienne et les activités humaines étant déterminées par les systèmes hydrologiques, il est important de comprendre l’impact du changement climatique sur l’approvisionnement en eau potable, l’assainissement, la production alimentaire et énergétique.
La relation entre eau, énergie, agriculture et climat est aussi importante que complexe. Le changement climatique risque de déséquilibrer l’équilibre relativement stable dans lequel notre civilisation s’est construite et de compromettre la sécurité des systèmes d’approvisionnement en eau, d’alimentation et d’énergie. Au fil du temps, les effets du réchauffement planétaire provoqué par les gaz à effet de serre générés par l’homme sont devenus se plus en plus évidents. En 2017, les gaz tels que le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O) ont atteint des niveaux record. La concentration de dioxyde de carbone a atteint aujourd’hui une moyenne de plus de 410 parties par million à l’échelle de la planète, ce qui est le plus haut niveau jamais enregistré.
Alors que la température moyenne de la Terre continue d’augmenter, nous pouvons nous attendre à un impact significatif du changement climatique sur les ressources en eau et à des effets dévastateurs. Le réchauffement climatique perturbe le cycle de l’eau et les précipitations. Selon des scientifiques du GIEC, les risques de sécheresse et de précipitations extrêmes sont de plus en plus importants. Avec des températures moyennes plus élevées et un air plus chaud pouvant contenir plus d’eau, il est possible que de longues périodes sèches se mêlent à des épisodes de précipitations brèves mais importantes, avec risque d’inondations, et le changement climatique est susceptible d’exacerber ces événements.

Des recherches récentes ont lié certains événements de précipitations extrêmes au changement climatique. C’est ainsi que plusieurs études ont conclu que le changement climatique créait des conditions favorables à des excès de précipitations qui ont entraîné plusieurs inondations dévastatrices. Ce fut le cas lors de l’ouragan Florence en Caroline du Nord en 2018 et l’ouragan Harvey dans le sud-est du Texas en 2017.
Les montagnes sont le point de départ de nombreuses rivières et autres sources d’eau douce. Au total, les eaux de fonte et les eaux de ruissellement en provenance des montagnes fournissent plus de 50% des ressources en eau douce de la planète. Cependant, à mesure que la température augmente, les glaciers et le manteau neigeux fondent à une vitesse sans précédent. De nombreux glaciers reculent et certains risquent de disparaître au 21ème siècle. En conséquence, les zones qui dépendaient des glaciers pour leur approvisionnement en eau douce devront chercher d’autres sources.
La capacité de stockage de l’eau en montagne sera rendue encore plus compliquée si la hausse des températures remplace les précipitations sous forme de neige par celles sous forme de pluie. Bien que plus de pluie que de neige puisse sembler un avantage, cela risque de signifier une disponibilité réduite de l’eau. Comme l’eau de pluie s’écoule plus vite que la neige en train de fondre, il est possible que les niveaux d’humidité du sol et de recharge des nappes souterraines soient affectés et réduits. Les régions dont l’eau de fonte est la principale source d’alimentation en eau douce pourraient être confrontées à des pénuries, en particulier vers la fin de l’été.
Il existe de nombreuses autres relations entre le changement climatique et l’eau. Par exemple, le changement climatique a réchauffé la surface des océans et entraîné une prolifération d’algues indésirables. C’est ce qui s’est passé récemment avec les sargasses dans les Caraïbes (voir mes notes à ce sujet). Ces événements peuvent nuire à l’économie et à la santé humaine, mais aussi entraver le tourisme et la pêche.

En Inde, où vivent 1,3 milliard d’habitants, près de la moitié de la population fait face à une crise de l’eau. Plus de 20 villes du pays, comme New Delhi ou Bangalore, auront épuisé leurs nappes phréatiques d’ici deux ans. Cela signifie qu’une centaine de millions de personnes devront vivre sans eau issue de puits. Dans le Pendjab, l’un des principaux greniers agricoles de l’Inde, les paysans se plaignent du niveau des nappes phréatiques, qui a baissé de 12, 18 ou 30 mètres en une seule génération. L’eau accumulée sur des milliers d’années depuis la dernière ère glaciaire est pompée pour les besoins de l’agriculture industrielle, pour la révolution verte. Le gouvernement envisage de construire de nouveaux et importants barrages (l’Inde en compte déjà 5 000) et dévier des cours d’eau vers les régions asséchées. En attendant, le changement climatique donne lieu à des précipitations de plus en plus irrégulières durant la mousson, vitale pour les populations, alors que la demande en eau douce ne cesse d’augmenter avec les 16 millions de citoyens indiens supplémentaires chaque année.

Tous ces facteurs et exemples montrent que l’eau deviendra un élément clé dans le monde au cours des années à venir. Le manque d’eau dans certains pays entraînera inévitablement des migrations de population et même des conflits. Si nos gouvernements ne font aucun effort pour prendre des mesures visant à réduire les gaz à effet de serre et le réchauffement de la planète, ils seront confrontés à de très graves problèmes.

Source : Presse et organismes internationaux.

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Climate scientists have warned that one of the primary effects of climate change would be the disruption of the water cycle. Since everyday life and human activities aredetermined by hydrological systems, it is important to understand the impact that climate change will have on drinking water supplies, sanitation, food and energy production.

The relationship between water, energy, agriculture and climate is as important as it is complex. Climate change has the potential to tip out of balance the relatively stable climate in which civilization has been built and jeopardize the security of water, food and energy systems. Over time, the effects of global warming due to human-generated greenhouse gases in the atmosphere have become more evident. In 2017, major gases, like carbon dioxide (CO2), methane (CH4) and nitrous oxide (N2O) hit record levels. The year’s carbon dioxide concentration reached a global average of 410 parts per million, which was the highest ever recorded.

As the earth’s average temperature continues to rise, we can expect a significant impact on water resources with the potential for devastating effects on these resources. Climate change disrupts the water cycle and precipitation. According to scientists from the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), there is increasing probability for more intense droughts and precipitation events. With higher average temperatures and warmer air that can hold more water, a pattern might emerge of lengthy dry spells interspersed with brief but heavy precipitation and possible flooding. Climate change can exacerbate these events.

Recent research has tied certain extreme precipitation events to climate change. Several studies concluded that climate change created conditions that made torrential rainfall more likely, leading to several recent devastating flooding events, for example, Hurricane Florence in North Carolina in 2018 and Hurricane Harvey in southeastern Texas in 2017.

Mountains are critical headwaters to numerous rivers and other freshwater sources. In all, mountain meltwater and runoff provide more than 50 percent of the world’s freshwater. Yet as global temperatures elevate, mountain glaciers and snowpack are melting at an unprecedented rate. Many mountain glaciers are in retreat, and some are in danger of disappearing within the 21st century. Thus, areas that previously depended on glaciers for freshwater will then have to seek other sources.

Further complicating mountain water storage capability is the greater likelihood that warmer temperatures make precipitation fall as rain rather than snow. Although more rain than snow may seem like a plus, it could mean reduced water availability. Because rain flows faster than melting snow, levels of soil moisture and groundwater recharge may be reduced. Areas that rely on meltwater as their primary freshwater source could increasingly experience water shortages, especially towards the end of summer, and will have to seek other sources.

Numerous other relationships between climate change and water exist. For instance, climate change has warmed up water bodies and caused harmful algal blooms to become greater problem in rivers, lakes and oceans around the world. This is what recently happened with sargassum in the Caribbean.  These events can hurt the economy and human health, hampering tourism and shutting down fisheries and shellfish harvesting.

In a recent article, the National Geographic gave the example of the water crisis in India, home to 1.3 billion people. Nearly half of the population is facing a water crisis. More than 20 cities in the country, such as New Delhi or Bangalore, will have depleted their water tables within two years. This means that a hundred million people will have to live without water from wells. In Punjab, one of India’s largest agricultural granaries, peasants complain about groundwater levels, which have dropped 12, 18 or 30 metres in a single generation. Water accumulated over thousands of years since the last ice age is pumped for the needs of industrial agriculture, for the green revolution. The government plans to build new and large dams (India already has 5,000) and divert rivers to dry areas. In the meantime, climate change is giving rise to increasingly erratic rainfall during the monsoon season, which is vital for the population, while demand for freshwater continues to grow with an additional 16 million Indian citizens each year.

All these factors and examples show that water will become a key element in the world in future years. The lack of water in some countries will inevitably trigger population migrations and even wars. If our governments make no efforts to take measures to reduce greenhouse gases and global warming, they will be confronted with very serious problems.

Source: International press and institutions.

L’eau, d’origine glaciaire ou autre, représentera un atout majeur dans les prochaines décennies (Photo: C. Grandpey)

Tinakula (Iles Salomon / Solomon Islands)

Le Tinakula n’est pas le plus connu des volcans du monde. C’est un stratovolcan à la forme conique, un peu comme le Stromboli dans les îles Éoliennes (Sicile), qui forme l’une des îles Salomon. Il mesure environ 3,5 km de large et culmine à 851 mètres d’altitude, alors que sa base qui se trouve  entre trois et quatre kilomètres au fond de l’océan.
En lisant Wikipédia, on apprend que «la première éruption de ce volcan a été observée pour la première fois en 1595 quand Álvaro de Mendaña est passé à proximité de l’île qui est inhabitée. Une première population est partie lors de l’éruption du volcan vers 1840 quand des coulées pyroclastiques ont balayé l’île de toute part. En 1951, des Polynésiens de Nukapu et de Nupani se sont installés sur l’île qui comptait alors une population de 130 personnes. Elles sont parties avec l’éruption de 1971 ».
Après plus de 5 ans de repos, une forte éruption s’est produite sur le Tinakula le 20 octobre 2017. Un nuage de cendre s’est élevé à environ 10 km au dessus du niveau de la mer. Les retombées de cendre ont contaminé les sources et provoqué des pénuries d’eau dans les communautés voisines.
L’éruption suivante a eu lieu du 21 au 26 octobre 2018, avec un VEI 3. Des retombées de cendre ont été suivies de pluies abondantes, ce qui a contaminé les sources des îles voisines et provoqué une grave crise d’eau potable qui a duré plus d’une semaine.
À en juger par les images satellite et les rapports de passagers à bord d’avions qui ont survolé la région, le Tinakula est à nouveau actif. Un passager a signalé un petit panache de vapeur lorsque son avion a survolé le volcan le 17 janvier 2019. Les images du satellite Sentinel-2 acquises les 27 et 29 janvier montrent clairement une anomalie thermique et de faibles émissions de vapeur, ce qui laisse supposer qu’une nouvelle activité strombolienne se déroule sur le volcan.
Source: The Watchers, Wikipedia.

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Tinakula is not the best known of the world’s volcanoes. It is a conical stratovolcano, a bit like Stromboli in the Aeolian Islands (Sicily) which forms one of the Solomon Islands. It is about 3.5 kilometres wide and rises 851 metres above sea level, rising three to four kilometres from the sea floor.

Reading Wikipedia, we learn that “the volcano was first recorded in eruption in 1595 when Álvaro de Mendaña sailed past it. The island is uninhabited. A population was eradicated when the volcano erupted around 1840 and pyroclastic flows swept all sides of the island. In 1951, Polynesians from Nukapu and Nupani settled on the island, which reached a peak population of 130, before it had to be evacuated with the 1971 eruption.”

After more than 5 years of quiescence, a strong eruption took place at Tinakula volcano on October 20th, 2017. It produced an ash cloud that rose about 10 km above sea level. The ashfall contaminated water sources and caused water shortages in neighbouring communities.

The next eruptive period lasted from October 21st to 26th, 2018, with a VEI 3. Ashfall was followed by heavy rainfall, resulting in contaminated water sources on nearby islands and a severe drinking water crisis that lasted for over a week.

Judging from satellite imagery and reports of plane passengers who flew over the area, the Tinakula volcano is active again. A small steam plume was first reported by a passenger aboard an airplane passing over the volcano on January 17th, 2019. Sentinel-2 satellite imagery acquired on January 27th and 29th clearly show a thermal anomaly and weak steam emissions, suggesting new strombolian activity is taking place at the volcano.

Source: The Watchers, Wikipedia.

Le Tinakula vu depuis l’espace par le satellite Sentinel-2 le 29 janvier 2019 (Source : ESA)

Forage en Antarctique // Drilling in Antarctica

Wikipedia définit le Lac Mercer comme «un lac sous-glaciaire de l’Antarctique recouvert d’une couche de glace de 1067 mètres d’épaisseur» sous la Plaine de Whillans, une partie instable de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental. Le lac couvre une superficie d’environ 160 kilomètres carrés. L’eau est active sur le plan hydraulique, avec un temps de substitution de l’eau en provenance de la Mer de Ross de l’ordre de 10 ans. On pense que le Lac Mercer est menacé par l’effondrement de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental sous l’effet du réchauffement de la planète. Des études laissent supposer que le lac Mercer ainsi que d’autres lacs sous-glaciaires sont interconnectés. Ainsi, la vidange de l’un de ces réservoirs entraînerait le remplissage et la vidange des lacs adjacents. Le Lac Mercer a été repéré par imagerie satellite il y a plus de dix ans. C’est l’un des 400 lacs censés se cacher sous la glace de l’Antarctique.
Le Lac Mercer est sur le point de révéler ses secrets car des scientifiques ont réussi à percer la glace pour l’atteindre. C’est la deuxième fois que cette opération est effectuée. Après deux jours de forage avec une foreuse à eau chaude à haute pression, les scientifiques ont traversé la couche de glace et atteint le lac qui est deux fois plus grand que Manhattan.
Un véhicule télécommandé va maintenant être descendu dans le lac pour échantillonner sa température et analyser son eau afin de rechercher la vie microbienne. On espère que les trois caméras du submersible enregistreront des images d’animaux vivant dans l’obscurité sous-glaciaire.
L’eau a été analysée à deux reprises jusqu’à présent. Les tests révèlent qu’elle «montre les même qualités de propreté qu’une eau filtrée». Elle passe à travers des filtres qui retiennent 99,9% des bactéries et des particules. Les scientifiques pensent que l’on trouvera peut-être dans le Lac Mercer des organismes semblables à ceux qui existent dans les profondeurs de la planète Mars ou sur les lunes couvertes de glace de Jupiter et de Saturne.
Source: BBC.

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Wikipedia defines Mercer Lake as “a subglacial lake in Antarctica, covered by a sheet of ice 1,067 metres thick” beneath the Whillans Ice Plain, a fast moving section of the West Antarctic Ice Sheet. It covers an area of about 160 square kilometres. The water is hydraulically active, with water replacement times on the order of a decade from the Ross Sea. The lake is identified as high risk for a collapse of the West Antarctic Ice Sheet caused by global warming. Studies suggest that Mercer Lake as well as other subglacial lakes appear to be linked, with drainage events in one reservoir causing filling and follow-on drainage in adjacent lakes. Mercer Lake was spotted in satellite imagery more than a decade ago. It is believed to be one of 400 lakes hidden beneath Antarctica.

Mercer Lake is about to yield its secrets after scientists drilled through the ice to reach it. It is the second time that this has been done. After two days of drilling using a high-pressure hot water drill, the scientists broke through the ice and found a lake twice the size of Manhattan.

They will lower a robotic vehicle into the lake to sample its temperature and analyse its water in order to look for microbial life. It is hoped the submersible’s three video cameras might capture images of animals that live in the dark water.

The water has been tested twice thus far. The scientists say both tests showed the water was ‘as clean as filtered water can get.’ The drill water is run through filters that catch 99.9% of bacteria and particles. Experts say any life in Mercer lake could raise hopes of finding similar organisms deep inside Mars or on the ice-covered moons of Jupiter and Saturn.

Source: BBC.

Le changement climatique va coûter des milliards de dollars à Hawaii // Climate change will cost Hawaii billions of dollars

Alors que l’économie de la Grande Ile d’Hawaii a bien du mal à se remettre de la dernière éruption du Kilauea, le chapitre du volume II du Quatrième Rapport sur le Climat aux États-Unis, publié le 23 novembre 2018, détaille les impacts du changement climatique sur Hawaii et les Îles du Pacifique.
Parmi les principales conclusions du Rapport, on note la pénurie d’eau douce, les infrastructures côtières endommagées ou détruites, la mort des récifs coralliens et une pression accrue sur la biodiversité et les espèces indigènes.
Ne serait-ce qu’à Hawaii, la valeur de toutes les structures et de toutes les terres qui risquent d’être inondées d’ici 2100 s’élève à plus de 19 milliards de dollars.
Le Rapport montre clairement que le changement climatique arrive beaucoup plus tôt que prévu et constitue une menace plus grave qu’on ne le pensait auparavant. À Oahu, par exemple, il y a déjà des routes fermées pendant les heures de pointe du matin en raison d’inondations, et avec l’élévation du niveau de la mer, les gens seront de plus en plus souvent. Confrontés à cette situation.  A proximité d’Hawaii, les atolls devront bientôt faire face aux défis de la durabilité.
Les principaux assureurs de la planète ont récemment déclaré que le changement climatique allait créer un monde quine pourrait plus être assuré. Ils ont déclaré que «ce n’est qu’en agissant dès maintenant que nous pourrons espérer gérer efficacement ces risques». Selon le Rapport national sur le climat, une action rapide visant à atténuer les effets du changement climatique peut réduire les coûts économiques, environnementaux, sociaux et culturels et empêchera que les gens soient contraints d’abandonner leurs terres et leurs ressources, avec des risques de conflits.
Le chapitre consacré à Hawaii et aux îles du Pacifique affiliées aux États-Unis expose les changements déjà ressentis dans les îles, ainsi que les perspectives pour l’avenir.
Les principales conclusions du rapport expliquent que:
– les réserves d’eau sont menacées.
– l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée et endommage maintenant les infrastructures essentielles.
– L’augmentation de la température de l’océan et son acidification menacent les pêcheries, les récifs coralliens et les entreprises qui en dépendent.
– Ces changements mettent en péril la santé et le bien-être des peuples autochtones.
– Le changement climatique réduit la capacité des habitats à venir en aide aux espèces végétales et animales protégées.
Source: Big Island Now.

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While Hawaii Big Island is finding hard to recover from the economic impact of Kilauea’s last eruption, the chapter of the Volume II of the Fourth official U.S. National Climate Assessment, released on November 23rd, 2018, details the impacts of climate change on Hawaii and the Pacific Islands.

Among the major concerns, the report insists on strained freshwater supplies, damaged and compromised coastal infrastructure, coral reef death and greater stresses on native biodiversity and species.

In Hawaii alone, the value of all structures and land expected to be flooded by 2100 amounts to more than $19 billion.

The report clearly shows that climate change has arrived far sooner and as a greater threat than was previously thought. On Oahu, for instance, there are already road closures during morning rush hour because of flooding, and with sea level rise people will see this more and more often. The neighbours of Hawaii on atolls will very soon have to face sustainability challenges.

The world’s largest insurers recently stated that climate change is creating an ‘uninsurable’ world. They said that “only by acting now can we hope to effectively manage these risks.” The National Climate Assessment finds that early action to address the impacts of climate change can lower economic, environmental, social, and cultural costs, and could help to prevent conflict or displacement from lands and resources.

The chapter on Hawaii and the U.S.-affiliated Pacific Islands lays out the changes already being felt in the islands, as well as what lies ahead.

Top findings include:

Dependable and safe water supplies are threatened.

Sea level rise has accelerated and is now damaging critical infrastructure.
Increasing ocean temperatures and acidification threaten fisheries, coral reefs and the livelihoods they support.

These changes imperil indigenous peoples’ health and well-being.

Climate change reduces the ability of habitats to support protected plant and animal species.

Source: Big Island Now.

Graphique illustrant le chapitre du Rapport consacré à Hawaii et aux autres îles du Pacifique

La théorie de Donald Trump sur les incendies en Californie // Donald Trump’s theory about wildfires in California

A cause du vent violent et de la chaleur excessive, l’incendie de Mendocino est devenu le plus important de l’histoire de la Californie. Il a détruit quelque 75 structures et contraint des milliers de personnes à quitter leurs maisons. Sept autres incendies majeurs sont en train de se développer simultanément dans l’État, depuis le comté de Shasta jusqu’à celui de San Bernardino.
Alors que tout le monde est d’accord pour dire que la canicule provoquée par le changement climatique est la cause de la catastrophe, le président Trump a une autre idée des choses. Dans l’un de ses tweets désormais célèbres, il a affirmé que les politiques environnementales de la Californie empêchent les pompiers d’accéder à suffisamment de points d’eau pour arrêter les incendies. Il a ajouté que « l’eau immédiatement disponible » est détournée vers l’Océan Pacifique pour des raisons environnementales et il a adressé des reproches au gouverneur de Californie dans une série de tweets.
Voici le contenu de l’un des tweets de Trump: «Les mauvaises lois sur l’environnement amplifient les incendies de forêt en Californie et ne permettent pas d’utiliser en quantité suffisante l’eau immédiatement disponible. Elle est envoyée dans l’Océan Pacifique. Il faudrait aussi supprimer les arbres pour empêcher le feu de se propager!  »
Le California Department of Forestry and Fire Protection (Cal Fire), service des eaux et forêts californien, rejette catégoriquement l’affirmation selon laquelle les pompiers n’ont pas assez d’eau pour faire face aux incendies. En effet, il y a des lacs près du Carr Fire, comme le lac Shasta, le lac Whiskeytown et d’autres, de sorte qu’il n’y a absolument aucun problème d’eau.
Selon Cal Fire, les incendies de forêt dans l’Ouest sont causés par des températures trop élevées, moins de neige et des sécheresses plus fréquentes et intenses, phénomènes provoqués par le changement climatique. Trump, en affirmant que l’eau est « détournée » vers le Pacifique, ne semble pas comprendre que les rivières descendent d’elles mêmes vers l’océan ! La triste réalité, c’est que la Californie détourne tellement d’eau de son cours naturel pour l’envoyer dans des chenaux artificiels destinés à l’irrigation des cultures que des kilomètres de rivières se sont complètement asséchés. Cela a provoqué une catastrophe écologique dans le San Francisco Bay-Delta Estuary, le plus grand estuaire de la côte ouest de l’Amérique. Selon un responsable de Cal Fire, « le Président semble vouloir aggraver ces problèmes en détournant encore plus d’eau du système naturel au profit de l’agriculture au détriment du reste de la population ».
Le nord de la Californie a dû faire face à des températures de 38°C pendant plus d’un mois. Avant même cette canicule, la végétation était déjà extrêmement sèche et extrêmement vulnérable au feu. Il y a eu des périodes de vent et l’humidité ne réapparaît pas pendant la nuit comme c’était le cas il y a des années, de sorte que le feu peut brûler aussi intensément la nuit que pendant la journée.
L’armée américaine se prépare à envoyer cette semaine 200 soldats pour aider les pompiers à combattre les incendies dans l’Ouest des Etats Unis.
Source: Médias d’information américains

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Windy conditions and high heat have made the Mendocino Complex Fire the largest wildfire in California’s history, destroying some 75 homes and forcing thousands to evacuate. Seven other major wildfires are burning in the State, from Shasta County to San Bernardino County, at the same time.

While everybody agrees to say that the heat triggered by climate change is the cause of the disaster, President Trump has another opinion. In one of his now famous tweets, he claimed that California’s environmental policies are preventing firefighters from accessing enough water to stop the state’s wildfires. He added that “readily available water” is being diverted into the Pacific Ocean for environmental reasons and blamed the California Governor in a series of tweets.

Here is one of Trumps’s tweets : “California wildfires are being magnified & made so much worse by the bad environmental laws which aren’t allowing massive amounts of readily available water to be properly utilized. It is being diverted into the Pacific Ocean. Must also tree clear to stop fire from spreading!”

The California Department of Forestry and Fire Protection (Cal Fire) outright rejects the assertion that firefighters do not have enough water to handle the current wildfires. There are lakes near the Carr Fire: the Shasta Lake, the Whiskeytown Lake and so on, so that there are absolutely no water issues.

According to Cal Fire, rhe wildfires in the West are caused by higher temperatures, less snowpack and more frequent and intense droughts. All of those problems are a result of climate change. Trump, in complaining about water “diverted” to the Pacific, seems to not understand that rivers flow downhill toward the ocean. On the contrary, California diverts so much water from its natural path and into artificial canals that many kilometres of rivers have dried up completely. This caused ecological collapse in the San Francisco Bay-Delta Estuary, the largest estuary on the west coast of the Americas. According to a Cal Fire official, “the president seems to want to worsen these problems by diverting even more water away from the natural system to benefit corporate agriculture at the expense of everyone else.”

Northern California has been dealing with 38°C weather for more than a month. Even before the heat wave, the vegetation was already extremely dry and highly vulnerable to fire. There have been erratic winds, and the humidity doesn’t rebound at night as it did years ago, so it can burn just as intensely at night as it does during the day.

The U.S. Army is preparing to send 200 soldiers to help fight fires in the West this week.

Source: U.S. news media.

Vue de la zone gigantesque affectée par le Carr Fire à la fin du mois de juillet 2018 (Source : Cal Fire)

Des icebergs pour lutter contre la pénurie d’eau // Icebergs to fight against water shortage

Avec le changement climatique, un problème majeur sur Terre dans les prochaines décennies sera probablement le manque d’eau. Les pays situés dans les régions les plus sèches de la planète seront les premiers à en souffrir. L’Afrique du Sud en fait partie et les autorités tentent de trouver des solutions. L’un des projets consisterait à remorquer un iceberg depuis l’Antarctique jusqu’au Cap pour fournir de l’eau douce à la ville qui est sous la menace d’une pénurie d’eau. En 2017, Le Cap était sur le point de fermer tous ses robinets et d’obliger la population à faire la queue pour obtenir des rations d’eau à des bornes fontaines publiques.
L’idée de remorquer un iceberg de 90 à 100 millions de tonnes depuis l’Antarctique n’est pas nouvelle. L’idée a déjà été proposée par l’Arabie Saoudite il y a quelques années, mais le projet a finalement été abandonné parce qu’il était trop coûteux et comportait trop de difficultés techniques.

Le projet consiste à envelopper l’iceberg dans une jupe textile isolante pour stopper la fonte de la glace et d’utiliser un supertanker et deux remorqueurs pour le tirer sur 1900 kilomètres vers Le Cap en utilisant les courants océaniques. L’iceberg, soigneusement sélectionné par des drones et des radiographies, aurait une longueur d’environ 800 mètres, une largeur de 500 mètres et une épaisseur de 250 mètres, avec une structure tabulaire.
L’eau provenant de la fonte de la glace pourrait être recueillie chaque jour en utilisant des canaux de collecte tandis qu’une machine dotée d’une fraise broierait la glace. Ce système produirait 150 millions de litres d’eau utilisable chaque jour pendant un an.
On estime qu’il faudrait débourser 100 millions de dollars pour transporter un iceberg depuis l’Antarctique, voyage qui pourrait prendre jusqu’à trois mois, sans oublier 50 à 60 millions de dollars pour récolter l’eau de fonte pendant un an.
Pour faire face à la sécheresse, Le Cap a déjà pris des mesures allant de la construction d’usines de dessalement d’eau de mer à la publication d’instructions strictes demandant à la population de n’utiliser les toilettes que lorsque cela est nécessaire.

On ne sait pas si les autorités du Cap seront séduites par le projet d’iceberg antarctique. Un problème sera de savoir comment transférer l’eau de l’iceberg vers le réseau de distribution de la ville. On ne sait pas non plus si, une fois arrivé au cap, l’iceberg sera toujours en mesure de produire les volumes d’eau espérés. Les scientifiques indiquent qu’il pourrait perdre près de 30% de sa masse lors de son voyage vers le nord.
De nombreux scientifiques sont persuadés que le projet est fou. C’est l’opinion d’un glaciologue norvégien qui a travaillé en Arabie Saoudite sur le projet similaire mentionné précédemment.
Le projet sud-africain impliquant le remorquage d’un iceberg n’a jamais été réalisé et on ne sait pas s’il résisterait aux courants océaniques. On ne sait pas non plus si le bloc de glace ne se  fracturera pas au cours du voyage. Selon ses initiateurs, c’est certes un projet à haut risque, mais qui peut, au bout du compte, présenter de sérieux avantages.
Source: Presse internationale.

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With climate change, a major problem on Earth in the next decades will probably be the lack of water. Countries located in the driest parts of the world will be the first to suffer from this problem. South Africa is one of them and authorities are trying to find solutions. One of the projects would consist in towing an iceberg from Antarctica to Cape Town to supply fresh water to the city which is under the threat of a shortage of water. In 2018, Cape Town was very close to shutting off all its taps and forcing residents to queue for water rations at public standpipes.  .

The idea of towing a a 90-100 million-ton iceberg from Antarctica is not new. It was already imagines by Saudi Arabia a few years ago, but the project was finally abandoned because it was too costly and involves too many technical difficulties. It would consist in wrapping the iceberg in a textile insulation skirt to stop its melting and using a supertanker and two tugboats to drag it 1,900 kilometres towards Cape Town using prevailing ocean currents. The iceberg, carefully selected by drones and radiography scans, would be about 800 metres long, 500 metres wide and up to 250 metres thick, with a flat surface.

Melted water could be gathered each day using collection channels while a milling machine would create ice slurry. This system would produce 150 million litres of usable water every day for a year.

It has been estimated it would cost 100 million dollars to haul an iceberg on a journey that could take up to three months, and another 50-60 million dollars to harvest the water for one year as it melts.

To tackle the drought, Cape Town has already taken measures ranging from building seawater desalination plants to issuing strict instructions to only flush toilets when necessary. However, whether Cape Town authorities will be persuaded to embrace the iceberg project is unclear. One problem would be how to channel the water from the iceberg into the city’s distribution system. Another problem is that there is no guarantee that by the time the iceberg is hauled to Cape Town, it will still be able to produce the promised volumes of water. Scientists say it is likely to shrink by almost 30 per cent on its journey northwards.

Many experts are convinced the project is crazy. This is the opinion of a Norwegian glaciologist who worked on the Arabian project I mentioned above.

Such a project involving the towing of an iceberg has never been done before and it is unknown if it would withstand ocean currents or simply fracture in transit. According to its initiators, it is a high risk project, but also one which may have a very high reward at the end.

Source : Presse internationale.

Exemple d’iceberg tabulaire (Crédit photo: Wikipedia)