La sismicité pendant l’éruption du Kilauea en 2018 // Seismicity during Kilauea’s 2018 eruption

Le Centre d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique (PTWC) a mis en ligne une vidéo en accéléré assez fantastique à l’occasion de l’anniversaire du début de la dernière éruption du Kilauea. .

https://youtu.be/Pc9hM08uscM

Cette animation commence le 1er avril 2018, un mois avant le début de l’éruption. On y voit une séquence habituelle de sismicité sur la Grande Ile d’Hawaii. L’animation se poursuit dans le temps à raison d’un jour par seconde d’animation. Les cercles indiquent l’emplacement des séismes au fur et à mesure qu’ils se produisent. La taille des cercles dépend de la magnitude des séismes tandis que les couleurs représentent leurs profondeurs. Trois jours avant le début de l’essaim sismique annonciateur du début de l’éruption, la lave de l’Overlook Crater a débordé sur le plancher de l’Halema’uma’u. Le 30 avril, l’éruption de Pu’uO’o qui durait depuis 35 ans a cessé et le cône s’est partiellement effondré. Cet événement a coïncidé avec le début d’un essaim sismique d’origine volcanique dans l’East Rift Zone du Kilauea. À partir de l’effondrement du Pu’uO’o, l’activité sismique a migré vers le nord-est le long de l’East Rift Zone, loin du Pu’uO ’o, ce qui correspondait au déplacement du magma dans cette direction. Le magma a atteint la surface sous forme de lave l’après-midi du 3 mai, avec l’apparition de coulées de lave qui ont détruit quelque 700 habitations et couvert plus de 30 kilomètres carrés, y compris Kapoho Bay. Dans cette animation, la tache orange en croissance représente ces coulées de lave.
En émergeant dans l’East Rift Zone le magma a parcouru une longue distance depuis sa source, le réservoir situé sous le sommet du Kilauea. La lave a commencé à quitter l’Overlook Crater le 2 mai, et le 15 mai le lac de lave s’était enfoncé de plusieurs dizaines de mètres. On observait alors des explosions dont certaines provoquaient des séismes de magnitude M 5.0 et envoyaient des nuages ​​de cendre à 9 000 mètres au dessus du niveau de la mer. À la fin du mois de mai cependant, les parois du cratère de Halema’uma’u’u ont commencé à s’effondrer, élargissant le cratère et faisant disparaître l’Overlook Crater, avec la fin de l’activité explosive. Non seulement le cratère de l’Halema ’uma ’u s’est effondré, mais tout le plancher de la caldeira du Kilauea s’est affaissé tandis que le magma s’évacuait du sommet pour aller alimenter l’éruption sur l’East Rift Zone. Cette déflation du sommet du volcan a généré une activité sismique encore jamais observée sur le volcan.
Afin de mieux illustrer l’activité sismique, l’animation comporte dans sa partie inférieure des graphiques montrant des statistiques. Le graphique du haut montre les magnitudes des séismes à mesure qu’ils se produisent. Le graphique du bas montre le nombre total de séismes par heure. Le 30 avril, la fréquence des séismes a atteint une centaine par jour, avec une magnitude supérieure à M 4,0. L’événement le plus significatif a été enregistré pendant l’après-midi du 4 mai, avec une magnitude de M 6,9. Il a généré de nombreuses répliques et un petit tsunami sans gravité. Ce même séisme a également repoussé le flanc du volcan Kilauea de 50 centimètres vers l’océan.
Avec l’affaissement de la caldeira du Kilauea et l’effondrement de l’Halema’uma’u, le nombre de séismes a considérablement augmenté et le 15 juin, on en recensait plus de 700 par jour. Ces séismes se sont multipliés pour culminer avec des événements de magnitude M 5,0, voire plus, tous les un à deux jours. Une pause de quelques heures intervenait, puis tout recommençait. Ce cycle s’est répété 62 fois et s’est terminé avec un dernier événement de M 5.0 le 2 août, avant de cesser complètement deux jours plus tard, avec un retour de la sismicité à un niveau normal. L’éruption dans la Lower East Rift Zone du Kilauea était terminée Source: Centre d’alerte aux tsunamis du Pacifique (PTWC).

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The Pacific Tsunami Warning Center (PTWC) released a fantastic time lapse video for the anniversary of the start of the last Kilauea eruption. .

https://youtu.be/Pc9hM08uscM

 This animation begins on April 1st, 2018, one month before the start of the eruption with the usual earthquake pattern observed at Hawaii Big Island and proceeds forward in time at a rate of one day per second of animation time. Circles indicate the locations of earthquakes as they occur, with their sizes indicating their magnitudes and their colours representing their depths. Three days before the swarm began, the lava within the “Overlook crater” inside Halema‘uma‘u overflowed. Then on April 30th, the 35-year-old Pu’uO’o eruption ceased and its cone partially collapsed. This event coincided with the start of a swarm of volcanic earthquakes on Kilauea’s East Rift Zone. Starting with that collapse, earthquake activity moved northeast along the East Rift Zone away from Pu’uO’, indicating the movement of magma below the ground in this direction. Magma reached the surface and erupted as lava on the afternoon of May 3rd, with lava flows that destroyed about 700 homes, and covered more than 30 square kilometres, including Kapoho Bay. In this animation a growing orange field represents these lava flows.

The eruption of lava from the East Rift Zone drew magma away from its reservoir under Kilauea’s summit. Lava began to drain from the “Overlook crater” on May 2nd and by May 15th, its lava lake had dropped tens of metres and was producing explosions, some of which were strong enough to register as M 5.0 earthquakes and send ash clouds to 9,000 metres above sea level. By the end of May, however, the walls of Halema‘uma‘u had begun to collapse, thus widening itself and burying its “Overlook crater” and ending the explosive activity. Not only was Halema‘uma‘u Crater collapsing, but the entire floor of the Kilauea caldera was dropping as magma continued to drain from the summit to feed the flank eruption. This deflation of the volcano’s summit generated an unprecedented level of seismic activity with a peculiar pattern.

To help illustrate this pattern this animation includes charts showing some statistics about the earthquake activity shown here. The top graph shows the earthquakes’ magnitudes as they occur. The bottom graph shows the total number of earthquakes per hour. On April 30th,  the frequency of earthquakes increased to about 100 per day with their magnitudes exceeding M 4.0. The largest earthquake struck on the afternoon of May 4th with a magnitude of M 6.9. It produced numerous aftershocks and a small tsunami. This largest earthquake also moved the flank of Kīlauea Volcano as much as 50 centimetres seaward.

With the subsidence of the Kilauea caldera and the collapse of Halema‘uma‘u the number of earthquakes dramatically increased and by June 15th there were more than 700 per day. These earthquakes would repeatedly grow in number and culminate with a magnitude M 5.0 or above event every one to two days, pause for a few hours, then start over again. This cycle repeated 62 times with the last of the M 5.0 events on August 2nd, and ceasing altogether two days later when seismicity suddenly returned to normal background levels, coinciding with the end of the vigorous eruption of lava from the East Rift Zone.

Source :  Pacific Tsunami Warning Center (PTWC).

Source: PTWC

L’éruption du Kilauea (Hawaii) en 2018… // The 2018 Kilauea eruption…

Le 3 mai 2019 marquait le premier anniversaire du début de l’éruption du Kilauea en 2018 dans la Lower East Rift Zone (LERZ) de la Grande Ile d’Hawaii. Au cours de l’année écoulée, les volcanologues du HVO ont analysé les très nombreuses données rassemblées pendant l’éruption et ils ont tiré quelques conclusions intéressantes. Le HVO indique que l’éruption dans la LERZ et l’effondrement sommital du volcan fournissent de nombreuses informations sur le comportement du Kilauea.
En premier lieu, l’éruption a montré dans quelle mesure la modification de la composition chimique de la lave a influé sur le risque posé par les coulées. Pendant les deux premières semaines (entre le 3 et le 18 mai), l’éruption est restée relativement modérée, avec des débits de lave relativement faibles. Les analyses chimiques ont indiqué que cette lave provenait de poches de magma plus ancien stockées sous la LERZ. Ce magma plus froid et moins fluide était probablement le reliquat d’éruptions antérieures. Les scientifiques pensent que ce magma a probablement été ‘chassé’ par la lave en provenance du Pu’uO’o. Les analyses chimiques indiquent que cette lave, sur son trajet, est probablement entrée en contact avec deux, voire trois, anciennes poches de magma.
Vers le 18 ou le 19 mai, l’éruption s’est modifiée, avec l’arrivée d’une lave plus chaude et plus fluide. Elle provenait probablement de la vidange du réservoir sommital. Le débit éruptif est devenu de 10 à 20 fois plus important, de même que les coulées de lave qui sont devenues plus rapides et, de ce fait, beaucoup plus menaçantes pour les zones habitées.
Une semblable modification chimique de la lave avait déjà été observée lors de l’éruption de 1955 dans la LERZ, mais one ne s’en est rendu compte que longtemps après la fin de cette éruption. Le suivi quotidien de la composition de la lave pendant l’éruption de 2018 était donc important. Il a permis d’identifier son évolution chimique au début du mois de mai et d’anticiper l’arrivée d’un magma plus chaud et plus fluide, avec des coulées de lave plus dangereuses dans la LERZ. .
Si l’on observe l’évolution des éruptions de 2018 et de 1955, on peut raisonnablement penser que les éruptions futures dans la zone de rift commenceront avec un débit relativement faible impliquant un magma ancien les premiers jours. Avec l’arrivée d’un magma plus jeune et plus chaud, elles donneront ensuite naissance à de grandes coulées de lave rapides et dangereuses pour les habitations.
La composition de la lave a permis d’expliquer un autre aspect de l’éruption de 2018. À la mi-mai, de brèves explosions se produisaient fréquemment au niveau de la Fracture n° 17, avec des projections de bombes à plusieurs centaines de mètres. Au début, les volcanologues ont pensé que ces explosions étaient provoquées par des infiltrations d’eaux souterraines dans les fractures, ce qui provoquait des explosions phréatiques. Cependant, des analyses chimiques ont révélé que la Fracture n° 17 émettait une lave qui avait une composition inhabituelle. La quasi-totalité de la lave émise par le Kilauea est du basalte, tandis que la Fracture n° 17 émettait de l’andésite, ce que l’on n’avait encore jamais observé dans ce secteur du volcan. L’andésite est plus riche en silice que le basalte et est donc moins fluide. La consistance plus visqueuse de la lave andésitique facilite la coalescence et l’éclatement de grosses bulles de gaz sous haute pression ; c’est probablement ce qui explique l’activité explosive sur la Fracture n° 17.
L’éruption a également mis en évidence le lien étroit qui unit l’East Rift Zone du Kilauea et le réservoir magmatique au sommet du volcan. En juin et juillet 2018, on a observé des effondrements quasi quotidiens au sommet du Kilauea, accompagnés de séismes atteignant parfois la magnitude M 5,3. Les caméras qui surveillaient le chenal de lave au départ de la Fracture n° 8 ont observé que le débit de la lave a commencé à augmenter quelques minutes après l’effondrement sommital pour atteindre son maximum entre 2 et 4 heures plus tard. Au moins une fois, l’augmentation du débit d’écoulement de la lave a provoqué des débordements du chenal, avec une menace potentielle pour les zones habitées à proximité.
Ces événements ont démontré que l’augmentation du débit éruptif était dû à une augmentation brutale de pression provoquée par l’effondrement sommital et qui s’est propagée le long du conduit magmatique de 40 km de long en direction de la LERZ, un peu comme le ferait une presse hydraulique. Le délai de 2 à 4 heures avant que le débit de la lave atteigne son apogée a permis au HVO et à la Sécurité Civile, dans au moins un cas, de prévoir et de se préparer au risque de débordement de la lave.
Ces informations obtenues pendant l’éruption du Kilauea en 2018 permettront au HVO de mieux comprendre le processus volcanique, mais aussi de mieux prévoir et se préparer aux menaces induites par les prochaines éruptions.
Source: USGS / HVO.

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May 3rd, 2019, marked the one-year anniversary of the start of Kilauea’s 2018 Lower East Rift Zone (LERZ) eruption. Over the past year, HVO geologists have been closely studying the vast amount of data collected during the eruption and they drew a few interesting conclusions. HVO indicates that the Lower East Rift Zone eruption, as well as the 2018 summit collapses, are providing many new insights on Kilauea.

First, the eruption showed how the changing chemical composition of the magma erupted in 2018 controlled the lava-flow hazard. The first two weeks of the eruption (between May 3rd and 18th) produced low eruption rates and relatively small flows. Chemical analyses indicated that the lava originated from pockets of older magma stored underground in the LERZ. This cooler and less fluid magma was probably residue from earlier eruptions. It is thought that this stored magma was presumably forced out by the intruding dike of magma that originated from Pu’uO’o. The chemical analyses indicate that the dike may have intersected two, or even three, separate stored magma bodies.

Around May 18th -19th, the eruption became different as hotter and more fluid magma was erupted. This magma was presumably draining from the summit magma reservoir. The eruption rate increased roughly 10-20 times, and the flows became larger, faster-moving, and much more dangerous.

A similar chemical change in the lava had occurred during the 1955 LERZ eruption, but it was not recognized until long after that eruption ended. Daily tracking of lava composition during the 2018 eruption was important because it allowed to identify the chemical change in early May, and to correctly anticipate that hotter, more fluid magma – leading to more dangerous lava flows – might arrive in the LERZ. .

Taken together, the 2018 and 1955 eruptions point to the possibility that future rift zone eruptions can start in a small way in the opening days as older magma is erupted. But once fresher, hotter magma arrives, rift zone eruptions can switch to large, fast-moving, and dangerous lava flows.

Magma composition also helped explain another hazard of the 2018 eruption. In mid-May, brief explosions occurred frequently from Fissure 17, throwing lava bombs several hundred metres. An initial explanation was that they were driven by groundwater seeping into the fissures, causing steam blasts. However, chemical analyses revealed that Fissure 17 erupted lava with an unusual composition. Nearly all lava erupted on Kilauea is basalt, but Fissure 17 erupted Kilauea’s first documented andesite. Andesite is higher in silica than basalt, and is, therefore, less fluid. The more viscous consistency of andesitic lava makes it easier for large gas bubbles to coalesce and burst with high pressure, which provides a likely explanation for the explosive activity at Fissure 17.

The eruption also highlighted the close connection between Kilauea’s East Rift Zone and the volcano’s summit magma reservoir. In June and July 2018, there were near-daily summit collapse events, each with the equivalent of an M 5.3 earthquake. Time-lapse cameras monitoring the Fissure 8 lava channel observed that the eruption rate began to increase within minutes after a summit collapse, eventually peaking 2 to 4 hours later. At least once, the increased eruption rates produced overflows from the lava channel that could have threatened adjacent residential areas.

This showed that the increase in the eruption rates was driven by a pressure pulse originating from the summit collapse and transmitted down the 40-km-long magma conduit to the lower East Rift Zone, just like a hydraulic press. The 2 to 4-hour delay in peak eruption rates allowed HVO and emergency managers, in at least one instance, to anticipate and prepare for the overflow hazard.

The new insights gained from Kilauea’s 2018 eruption will help HVO better understand the volcanic process, and, in turn, forecast and prepare for the dangers in future eruptions.

Source: USGS / HVO.

La Fracture n°8 et ses impressionnantes coulées de lave a dominé l’éruption du Kikauea dans la Lower East Rift Zone (Crédit photo: USGS / HVO)

Quelques nouvelles d’Hawaii // Some news from Hawaii

L’éruption a été déclarée définitivement terminée par le HVO et tout est actuellement calme sur le Kilauea. Il n’y a aucune lave active sur la Grande Ile d’Hawaii. Aucun changement majeur n’a été observé sur le Pu’uO’o. Un récent survol en hélicoptère a permis de constater que la morphologie du cratère vide se modifie lentement suite à des effondrements de ses parois. Le magma a quitté le Pu’uO’o le 30 avril 2018 et a fait surface quelques jours plus tard dans la Lower East Rift Zone. Après cette évacuation de la lave, le cratère présentait une profondeur d’environ 356 mètres. Des matériaux provenant d’effondrements des parois du cratère ont, depuis cette époque, recouvert son plancher qui se trouve aujourd’hui à 286 mètres de profondeur.

Un modèle 3D du cratère du Pu’uO’o a été réalisé à partir d’images thermiques obtenues lors du récent survol. Les zones blanches montrent les points chauds dans le cratère. La forme du cratère continue de changer suite à de petits effondrements qui se produisent de temps à autre. Une station GPS sur le flanc nord du Pu’uO’o montre un affaissement constant de la lèvre du cratère. Ce mouvement est dû au glissement du rebord instable du cône.
Voici une courte vidéo du survol:
https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-2662.mp4

Dans ses dernières mises à jour, le HVO indique que les paramètres relatifs à la déformation du sol sont à mettre en relation avec le remplissage du réservoir magmatique profond du Kilauea. Les émissions de SO2 dans l’East Rift Zone et au sommet du Kilauea restent faibles.
Source: USGS / HVO.

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With the eruption definitely declared over by HVO, everything is currently quiet on Kilauea Volcano. There is currently no active lava to be seen on the Big Island. No major changes have been observed at Pu’uO’o. A recent helicopter overflight allowed to see that the empty crater is slowly being altered by small rockfalls within it. Magma drained from beneath Pu’uO’o on April 30th, 2018 and erupted a few days later in the lower East Rift Zone. After the magma drained, the crater was roughly 356 metres deep. Collapses on the crater walls have since filled the deepest part of the crater with rockfall debris. Today, the deepest portion of the crater is 286 metres.

A 3D model of the Pu’uO’o crater was constructed from thermal images taken during the recent overflight. White areas show warm spots in the crater. The shape of the crater continues to change through occasional small collapses. A GPS station on the north flank of Pu’uO’o has been showing steady slumping of the craters edge. This motion is due to the sliding of the unstable edge of the cone.

Here is a short video of the overflight:

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-2662.mp4

In its latest updates, HVO indicated that deformation signals are consistent with the refilling of Kilauea Volcano’s deep East Rift Zone magma reservoir. SO2 emission rates on the East Rift Zone and at Kilauea’s summit remain low.

Source: USGS / HVO.

Voici deux images montrant le cratère du Pu’uO’o le 11 mai 2018 et le 18 mars 2019. On se rend parfaitement compte de la remontée du plancher suite aux effondrements des parois du cratère.

  (Source : USGS / HVO)

Eruption du Kilauea: Un avenir imprévisible // Kilauea eruption: An unpredictable future

L’éruption du Kilauea se poursuit de manière stable à partir de la Fracture n° 8 et les explosions accompagnées d’effondrements secouent toujours le cratère de l’Halema’uma’u. Dans un rapport que l’Observatoire des Volcan d’Hawaii (HVO) a récemment remis à la Protection Civile, les volcanologues expliquent que l’éruption dans la Lower East Rift Zone se poursuivra probablement pendant des mois, voire des années.
L’éruption, qui a débuté le 3 mai dans les Leilani Estates, a dépassé de loin les autres éruptions des 200 dernières années dans la région en termes de volume, et elle a donné naissance à un chenal de lave de 12,8 kilomètres de long qui se termine à Ahalanui. Plus de 700 maisons ont été détruites.
Les scientifiques indiquent que l’évacuation constante du magma au sommet du Kilauea sans apparition de déformations significatives du sol sur la Lower East Rift Zone laisse supposer que l’éruption est stable. Ils pensent que si l’éruption en cours maintient le rythme soutenu observé actuellement, elle ne prendra pas fin avant des mois ou même un an ou deux. Bien que cette hypothèse semble la plus probable, une pause suivie d’une reprise d’activité ne saurait être exclue, tout comme un arrêt brutal de l’activité, ou une transition vers une activité stable et de plus longue durée avec un volume de lave émis plus faible. [NDLR: En d’autres termes, malgré tous les instruments dont dispose l’USGS sur le volcan, personne ne sait comment l’éruption va évoluer et aucune prévision fiable ne peut être faite!]
L’éruption reste concentrée sur la Fracture n° 8 depuis la fin mai et, selon le rapport du HVO, il semble peu probable qu’elle migre vers un autre site. La fracture a construit un cône de matériaux de plus de 55 mètres de haut, mais continue d’émettre de la lave sur une ouverture de 60 à 80 mètres de long. Si cette activité devenait plus concentrée, il n’est pas impossible que l’on assiste à des fontaines de lave de près de 300 mètres de hauteur, avec des retombées de cendre et de cheveux de Pele sur une zone plus vaste.
Les émissions de gaz restent également beaucoup plus élevées que ces dernières années, avec plus de 30 000 tonnes par jour. C’est plus de quatre fois la moyenne quotidienne au sommet du Kilauea avant le 3 mai.
Le rapport du HVO se penche sur les différents dangers induits par l’éruption en cours, y compris la possibilité de voir la lave envahir d’autres zones habitées. Pour les habitants des Nanawale Estates et du secteur de Waa Waa, le principal risque semble être un blocage dans le chenal de lave – dont la hauteur atteint 21 mètres par endroits – ce qui pourrait provoquer des débordements. C’est ce qui s’est produit près du Kapoho Crater, lorsque le flux de lave s’est détourné vers Ahalanui et a détruit le site de «Warm Pond» et l’école de Kua o ka La. La lave se dirige maintenant vers Isaac Hale Beach Park et la rampe d’accès pour bateaux de Pohoiki. Pour le moment, le front de coulée s’est stabilisé à 480 mètres de la rampe d’accès.
Les effondrements au sommet du Kilauea ont endommagé la Highway 11 dans le Parc National des Volcans d’Hawaï. La vitesse a été réduite à 40 km / h entre les bornes kilométriques 28 et 30.
Source: USGS / HVO.

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The Kilauea eruption is going on in a stable way at Fissure 8 and collapse explosions are still shaking Halema’uma’u Crater. In a report the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) recently submitted to Hawaii County Civil Defense, geologists say the eruption on the Lower East Rift Zone most likely will continue for months to years.

The eruption, which started on May 3rd in Leilani Estates, has far outpaced other eruptions of the past 200 years in the area in terms of volume, and is producing a 12.8-kilometre-long lava channel to the ocean at Ahalanui. More than 700 homes have been destroyed.

Geologists say the sustained withdrawal of magma from Kilauea’s summit without appreciable ground deformation on the lower rift zone suggests the eruption remains stable. They say that if the ongoing eruption maintains its current style of activity at a high eruption rate, then it may take months to a year or two to wind down. While this seems to be the most likely outcome, a pause in the eruption, followed by additional activity, cannot be ruled out, nor can an abrupt cessation or a transition to a steady, longer-lived activity at a lower effusion rate. [NDLR: In other words, despite all the instruments USGS has set up on the volcano, nobody knows how the eruption will develop and no reliable prediction can be made!]

The eruption has remained focused at Fissure 8 since late May and the chances of it moving to another site are becoming less likely, according to the report. The fissure has created a cinder cone more than 55 metres tall, but continues to erupt over a 60- to 80-metre-long segment and, if it becomes more concentrated, could create lava fountains nearly 300 metres tall and spread Pele’s hair and cinder over a wider area.

Gas emissions also remain much higher than recent years, with more than 30,000 tons per day being released. This is more than four times the daily average for the summit prior to May 3rd.

The HVO report looks at different hazards posed by the ongoing event, including the potential for other residential areas to be inundated. For residents of Nanawale Estates and the Waa Waa area, the main risk appears to be a blockage in the lava channel, itself now 21 metres tall in places, which could divert the flow. That was seen near Kapoho Crater, when the flow moved toward Ahalanui and destroyed the “Warm Pond” and Kua o ka La Public Charter School. The ocean entry there has spread toward Isaac Hale Beach Park and Pohoiki boat ramp, but remained 480 metres from the ramp on July 20th in the afternoon.

Collapse events at Kilauea’s summit have damaged Highway 11 at Hawaii Volcanoes National Park. The state Department of Transportation is reducing the speed limit there to 40 km per hour between mile markers 28 and 30.

Source: USGS / HVO.

Crédit photo: USGS / HVO

Hawaii: La lave entre le sommet du Kilauea et l’East Rift Zone // Lava between the Kilauea summit and the East Rift Zone

Voici un schéma très intéressant qui illustre le comportement de la lave au début de l’éruption entre sa source au sommet du Kilauea et son point de sortie une quarantaine de kilomètres plus en aval, dans les Leilani Estates.

La source de l’éruption actuelle n’est autre que le réservoir magmatique peu profond situé sous l’Halema’uma’u. C’est ce même réservoir qui alimentait et provoquait les courants de convection dans l’Overlook Crater.

Très logiquement, à partir du moment où la lave a commencé a quitter sa source le 30 avril 2018, on a observé une phase de contraction à l’intérieur de la caldeira de l’Halema’uma’u d’une part (même si elle n’est pas signalée par des flèches sur le schéma) et dans le secteur du Pu’uo’o (flèches bleues) d’autre part. Le lac de lave qui mijotait dans la partie ouest du cratère s’est vidangé lui aussi, entraînant une rétraction de la zone autour du cratère.

Plus en aval, dans l’East Rift Zone, l’arrivée du magma a exercé des contraintes sur la zone environnante de part et d’autre du rift (flèches noires sur le schéma) en se frayant un chemin. Cette accrétion s’est terminée vers le 18 mai. En effet, la lave a commencé à sortir des fractures le 3 mai, ce qui a réduit la pression à laquelle était soumis le terrain environnant.

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Here is a very interesting diagram that illustrates the behaviour of the lava at the beginning of the eruption between its source at the summit of Kilauea and its exit point about forty kilometres further downslope in the Leilani Estates.
The source of the current eruption is the shallow magmatic reservoir beneath Halema’uma’u. It is this same magma chamber that fed and caused convection currents in the Overlook Crater.
Logically, from the moment lava started to leave its source on April 30th, 2018, a contraction phase was observed inside the Halema’uma’u caldera on the one hand (although it is not indicated by arrows on the diagram) and in the area of Pu’uo’o (blue arrows) on the other hand. The lava lake that was simmering in the western crater also drained, causing the area around the crater to retract.
Further downslope, in the East Rift Zone, the arrival of magma exerted stress on the surrounding area on both sides of the rift (black arrows on the diagram) as it was forcing its way. This accretion ended around May 18th. In fact, lava started breaking out on May 3rd, which reduced the pressure on the surrounding terrain.

Kilauea (Hawaii) : Les premières heures de l’éruption // The first hours of the eruption

Alors que la lave continue de couler dans la Lower East Rift Zone du Kilauea, il est intéressant, au travers des images diffusées par l’USGS/HVO, de s’attarder sur les premiers moments de l’éruption.

Cela faisait plusieurs mois que l’on observait une inflation générale de la zone sommitale du Kilauea. Le niveau de la lave était relativement haut dans l’Overlook Crater de l’Halema’uma’u, ainsi que dans celui qui mijotait dans la partie ouest du cratère du Pu’uO’o. Des débordements se produisaient, comme ceux de la fin avril dans l’Halema’uma’u.

 

A noter que depuis plusieurs semaines, l’activité de la coulée 61g avait considérablement diminué et se limitait à quelques bouches éphémères dans la partie haute du champ de lave, à proximité du Pu’uO’o.

Le 27 avril, on constate la fin du débordement de l’Overlook Crater où le niveau du lac chute d’une quinzaine de mètres sous la lèvre du cratère.

Le bulletin du 1er mai du HVO indique que la situation est en train d’évoluer radicalement. Une intrusion a débuté le 30 avril dans l’East Rift Zone, depuis le Pu’uO’o jusqu’à la Highway 130. Dans le même temps, le plancher du Pu’uO’o, s’est effondré, phénomène logique puisque la lave s’est évacuée.

 

Les photos du HVO montrent les fractures ouvertes par l’intrusion magmatique, avec des débordements par endroit. Le système de fractures semble plein à ras bord. La sismicité est élevée dans la région. Le HVO met en garde la population du District de Puna sur de possibles émissions de lave dans la région.

 

Dans le même temps, le lac de lave de l’Overlook Crater ne montre aucune réaction significative à la situation dans l’East Rift Zone et maintient un niveau constant.

Dans son bulletin du 2 mai, le HVO indique que la sismicité reste élevée, avec un risque de sorties de lave dans l’East Rift Zone. Des fractures sont apparues sur certaines routes.

Au sommet, le lac de lave ne réagit toujours pas.

Le 3 mai, on observe une baisse de la sismicité dans l’East Rift Zone, avec ralentissement de la migration des événements vers la partie orientale de la zone de rift.

Au sommet, le lac de lave dans l’Overlook Crater commence à baisser sérieusement et chute d’une trentaine de mètres en 24 heures.

La sismicité reste élevée sur le Pu’uo’o, où se produit bientôt un effondrement du plancher, avec un séisme de M 5 et d’impressionnants panaches de cendre rougeâtre.

 

Le 4 mai, le HVO annonce le début officiel de l’éruption qui a débuté en fin d’après-midi le 3 mai dans les Leilani Estates où au moins trois fractures se sont ouvertes avec des projections et de petites coulées de lave.

 

Le sommet connaît une phase de déflation qui accompagne la baisse de niveau du lac de lave.

Le 5 mai, le HVO confirme la chute de la lave dans l’Halema’uma’u où des effondrements des parois se sont produits, générant des panaches de cendre.

Dans l’East Rift Zone, ouverture de nouvelles fractures. C’est le début de l’éruption qui continue toujours plus d’un mois plus tard avec les dégâts que l’on sait.

 

Dans les jours qui ont suivi, le lac de lave sommital a complètement disparu.

 

Le début de l’éruption donne l’impression que la première lave qui a provoqué l’intrusion dans l’East Rift Zone était celle stockée sous le Pu’uO’o. Ensuite, la lave du lac sommital semble avoir pris le relais. C’est probablement elle qui alimente aujourd’hui la Fracture n° 8 où l’on observe l’activité de fontaines de lave. Je pense qu’en ce moment, c’est le réservoir sommital du Kilauea qui fournit la lave et est peut-être en train de se vider tandis que le Pu’uO’o n’intervient plus dans l’éruption. Celle qui avait débuté le 3 janvier 1983 est, selon moi, bel et bien terminée.

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While lava is still flowing in Kilauea’s Lower East Rift Zone, it is interesting, through images released by USGS/HVO, to dwell on the first moments of the eruption.
A general inflation of Kilauea’s summit area had been for several months. The level of lava was relatively high in Halema’uma’u Overlook Crater, as well as in the smaller lake that was simmering in the western part of the Pu’uO’o crater. Overflows occurred in late April in Halema’uma’u (see photo above)
It should be noted that for several weeks, the activity of the 61g lava flow had decreased considerably and was limited to a few outbreaks in the upper part of the lava field, near Pu’uO’o.
On April 27th , the overflow stopped in the Overlook Crater and the level of the lake dropped about fifteen metres beneath the crater rim.
The May 1st  HVO report indicated that the situation was changing dramatically. An intrusion began on April 30th in the East Rift Zone, from Pu’uO’o down to Highway 130. At the same time, the floor of Pu’uO’o, collapsed, a logical phenomenon since the lava had evacuated. (see photo above).
The HVO photos show that fissures opened during the magma intrusion, with overflows in places. The fissure system seems full to the brim. Seismicity is high in the region. HVO warns the people of Puna District about possible lava emissions in the region. (see photo above)
At the same time, the lava lake in the Overlook Crater showed no significant response to the situation in the East Rift Zone and maintained a constant level.
In its May 2nd bulletin, HVO reported that seismicity remained elevated, with a risk of lava flows in the East Rift Zone. Fissures had opened on some roads.
At the summit, the lava lake still did not react.
On May 3rd, there was a drop in seismicity that slowed its migration toward the eastern part of the rift zone.
At the summit, the lava lake in the Overlook Crater began to drop significantly and dropped by about 30 metres in 24 hours.
Seismicity remained high on Pu’uo’o where a collapse of the floor soon occurred, with an M 5 earthquake and impressive plumes of reddish ash. (see photo above)
On May 4th, HVO announced the official start of the eruption which began in the late afternoon on May 3rd in the Leilani Estates where at least three fissures opened with projections and small lava flows (see photo above)..
The summit experienced an episode of deflation that accompanied the drop of the lava lake.
On May 5th, HVO confirmed the drop of lava in Halema’uma’u where collapses of the walls occurred, generating ash plumes.
New fissures opened along the East Rift Zone. This was the beginning of the eruption that continues a month later with the damage that I mentioned in my different posts. (see photo above).
In the days that followed, the summit lava lake completely disappeared (see photo above).

This situation gives the impression that the first lava that caused the intrusion into the East Rift Zone was the one stored under Pu’uO’o. Then the lava from the summit lake seems to have taken over. It is probably this lava that feeds today Fissure n° 8. I think that at this moment, it is Kilauea’s shallow magma chamber which is emptying and that Pu’uO’o no longer intervenes in the eruption. The one that started on January 3rd, 1983 is, in my opinion, definitely over.

Eruption du Kilauea (Hawaii): Dernières nouvelles // Latest news

09h00 (heure française): L’éruption se poursuit le long de la Lower East Rift Zone. La Fracture n° 8 reste très active et, alimente un chenal de lave qui descend vers Kapoho.
La lave a avalé des dizaines d’autres maisons avant de terminer sa course dans Kapoho Bay où elle est entrée dimanche vers 22h30. Elle a ensuite rapidement construit un delta qui a commencé à remplir la baie. Les Kapoho Tide Pools semblent avoir été épargnés et étaient encore intacts lundi soir. Bien que le nombre officiel de maisons détruites par la lave soit resté à 117 lundi, la Protection Civile indique que 42 nouvelles maisons ont été détruites à Kapoho tout au long de la journée. Des survols réguliers au-dessus de la zone isolée seront effectués chaque jour pour voir si les habitants qui ont décidé de rester sont en danger.
Pendant que la coulée de lave formait un chenal entre la Fracture n° 8 et  Kapoho Bay, d’autres petites coulées issues du chenal se faufilaient vers le nord en direction de Cinder Road. L’une de ces coulées a cessé d’avancer lundi, tandis qu’une autre s’est enroulée autour du cône de Kapoho Cinder. Plus de 20 kilomètres carrés ont été recouverts par la lave depuis le début de l’éruption dans la Lower East Rift Zone le 3 mai.
La largeur de la coulée issue de la Fracture n° 8 et son entrée dans l’océan ont entraîné la formation de volumineux panaches de brume volcanique – ou « laze » – dans la journée de lundi. Il est conseillé aux habitants d’éviter la zone. La quantité de SO2 produite par les fractures dans la Lower East Rift Zone est également dangereuse. On estime qu’elles émettent environ 10 000 tonnes de dioxyde de soufre chaque jour.
Au sommet du Kilauea, les fréquents séismes ont commencé à faire sentir leurs effets sur les structures du Parc National des Volcans d’Hawaï. Le belvédère du Jaggar Museum présente des fissures suite au séisme de M 5,5 qui a été enregistré dimanche. Deux autres bâtiments du parc ont également été endommagés par les secousses et l’ensemble du parc n’a plus d’eau courante.
Source: HVO et Protection Civile.

https://youtu.be/m78uSINi6Xc

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14h00 (heure française): La dernière mise à jour du HVO publiée le 4 juin en fin de soirée indique que les fontaines de lave de la Fracture n° 8 continuent d’alimenter un chenal qui conduit la lave vers le nord-est le long de la Highway132, puis vers l’est où elle entre dans l’océan dans Kapoho Bay. Les dernières observations montrent que les fontaines de lave de la Fracture n° 8 sont  moins puissantes, avec des hauteurs qui ne dépassent pas une cinquantaine de mètres. En début de soirée le 4 juin, la lave entrait en abondance dans Kapoho Bay, avec un front de coulée à environ 700 mètres du rivage. Un panache de brume volcanique (laze) entrait à l’intérieur des terres, mais se dissipait rapidement. La lave émise dans la partie nord des cratères de cendre de Kapoho n’avance plus ; elle s’est arrêtée au sud-est de l’intersection entre Railroad Avenue et Cinder Road. Une coulée de lave issue de la bordure sud de la coulée principale près de l’intersection entre la Highway 132 et Railroad Avenue a complètement encerclé le cône de Green Lake.
Une nouvelle carte de l’éruption a été publiée le 4 juin 2018.
Source: USGS / HVO

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9:00 a.m. (French time): The eruption continues in the Lower East Rift Zone fissure. Fissure 8 is still very active, feeding a robust lava channel that goes down to the Kapoho area.

Lava is consuming dozens of additional homes after the flow filled in Kapoho Bay. After the lava flow entered the ocean at approximately 10:30 p.m. Sunday evening, it rapidly produced a delta that began to fill in Kapoho Bay. The Kapoho Tide Pools appeared to have been spared and were still intact late Monday evening. Although the official number of homes destroyed by lava remained at 117 Monday, Civil Defense says an estimated an additional 42 Kapoho homes were destroyed throughout the day. It will conduct regular flyovers over the isolated area every day to see if remaining residents are in any danger.

Although the lava flow formed a channel from fissure 8 to Kapoho Bay, other fingers of lava snaked north toward Cinder Road. One finger died out Monday, while another looped around the Kapoho Cinder Cone and encircled it in. More than 20 square kilometres have been covered by lava since the eruption in the Lower East Rift Zone began on May 3rd.

The breadth of the fissure 8 flow contributed to a high amount of lava haze or “laze” throughout Monday. Residents are advised to avoid the area. Dangerous too is the amount of SO2 produced by the Lower East Rift Zone fissures. They are estimated to emit approximately 10,000 metric tons of sulphur dioxide each day.

At the summit of Kilauea, frequent earthquakes have begun to take their toll on structures in Hawaii Volcanoes National Park. The overlook at the Jaggar Museum displays notable cracks after Sunday’s M 5.5 earthquake. Two other park buildings have also sustained earthquake damage, and the entire park is without water service.

Source: HVO & Civil Defense.

https://youtu.be/m78uSINi6Xc

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14:00 (French time): HVO’s last update released on June 4th late in the evening indicates that fountaining at Fissure 8 continues to feed a robust channel transporting lava to the northeast along Highway 132 and east to the ocean entry in Kapoho Bay. The latest observations suggest the Fissure 8 fountain is less vigorous, with maximum heights of 50 metres. Early in the evening of June 4th, lava was filling Kapoho Bay, extending out approximately 700 metres from shore. A laze plume was blowing inland from the ocean entry but was dissipating quickly. The lava breakout on the north side of the Kapoho cinder pits continues to be stalled southeast of the intersection of Railroad Avenue and Cinder Road. A lava breakout from the south margin of the flow near the intersection of Highway 132 and Railroad Avenue has completely encircled the Green Lake cone.

A new map of the eruption was released on June 4th, 2018.

Source: USGS / HVO

Crédit photo: USGS