Mégatsunami en Alaska // Large-scale tsunami in Alaska

Je viens de lire dans la presse de l’Alaska que le 10 août 2025, un glissement de terrain a provoqué un tsunami dans le Tracy Arm, au sud-est de Juneau.

Carte montrant Tracy Arm, le long fjord permettant d’accéder au glacier Sawyer (Source : NASA)

La vague a atteint 481 mètres de hauteur, ce qui en fait le deuxième tsunami le plus haut jamais enregistré. Une étude publiée dans la revue Science le 6 mai 2026 a décrit cet événements en y apportant des explications scientifiques. Plus de 64 millions de mètres cubes de matériaux se sont effondrés près du glacier South Sawyer, que j’ai visité le 3 septembre 2016 et où j’ai assisté à un effondrement spectaculaire du front du glacier :

https://www.youtube.com/watch?v=jZtvNMxoxdY

Le glissement de terrain s’est produit à 5 h 26 (heure locale), lorsqu’une importante portion de flanc de montagne s’est effondrée au-dessus du front du glacier Sawyer et a plongé dans le fjord.

Front du Glacier Sawyer (Photo: C. Grandpey)

Ce glissement de terrain a été précédé de plusieurs jours de microsismicité, dont la fréquence et l’intensité ont augmenté jusqu’à environ une heure avant la rupture du flanc de montagne. Il a généré des ondes sismiques longue période, observées à l’échelle mondiale, d’une magnitude équivalente à celle d’un séisme de M5,4. À noter qu’en avril 2026, plusieurs compagnies de navigation ont cessé d’envoyer des navires dans le fjord en raison car leurs capitaines s’inquiétaient de l’instabilité des pentes du fjord et des risques de tsunami.

Les abords du fjord portent les traces de l’érosion glaciaire. Quand je l’ai visité en 2016, le Glacier Sawyer avait reculé de plusieurs centaines de mètres en quelques mois à cause du réchauffement climatique. Photo : C. Grandpey)

L’impact du tsunami a déplacé un volume d’eau considérable. La vague a arraché la végétation des parois du fjord et laissé des marques à plusieurs centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer.
Les auteurs de l’étude placent le tsunami du 10 août 2025 juste derrière celui de la baie de Lituya en Alaska en 1958, où une vague déclenchée par un glissement de terrain a atteint environ 524 mètres de hauteur. (voir ma note du 11 octobre 2020).

Image satellite montrant Lituya Bay, Lituya Glacier, et Desolation Lake avant et après l’événement d’août 2020 (Source : NASA)

Les témoignages recueillis par les chercheurs montrent que le tsunami s’est propagé bien au-delà de la zone immédiate du glissement de terrain et a produit de fortes vagues et des courants dangereux dans Tracy Arm et Endicott Arm. Les observations documentées dans l’étude proviennent de kayakistes, de petites embarcations et d’un navire de croisière situé à plusieurs dizaines de kilomètres du lieu de l’effondrement. Des observations supplémentaires ont été recueillies à No Name Bay, à environ 50 km du glissement de terrain. Un témoin à bord du bateau à moteur Blackwood a décrit une vague de 2 à 2,50 m de haut, se déplaçant le long du rivage, en provenance de Tracy Arm. Il a ajouté qu’une seconde vague d’environ 1 m de haut a suivi la première.
Le navire du National Geographic Venture, avec environ 150 personnes à son bord, était ancré près de l’embouchure de Tracy Arm lorsque le tsunami s’est produit. Le capitaine a signalé de forts courants et des remous près des bords du fjord, mais aucune vague clairement définie à l’endroit où se trouvait le navire. Un épais brouillard limitait la visibilité à l’intérieur du fjord, bien que d’importantes quantités de glace et de débris flottants fussent visibles dans l’eau.

Icebergs dans le Tracy Arm, devant le Glacier Sawyer (Photo : C. Grandpey)

L’étude a établi un lien entre cet événement et le réchauffement climatique actuel. Elle a attribué l’effondrement de la paroi du fjord à la déstabilisation des pentes dans un environnement glaciaire en rapide évolution. Les chercheurs ont indiqué que le recul du glacier Sawyer avait réduit le soutien à la base de la pente avant la rupture. Le tsunami de Tracy Arm a remis en lumière les risques de tsunamis liés aux glissements de terrain dans les fjords glaciaires, notamment dans les zones côtières escarpées où le recul rapide des glaciers est accentué par le réchauffement climatique. Suite à plusieurs effondrements importants survenus récemment, les chercheurs et les spécialistes des risques naturels surveillent de plus en plus ces environnements en Alaska et au Groenland.

L’étude complète, publiée dans la revue Science, est accessible via ce lien :
https://www.science.org/doi/10.1126/science.aec3187

Source : Science, USGS et médias d’information de l’Alaska.

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I have just read in the Alaskan press that on 10 August 2025, a landslide-generated a tsunami in Tracy Arm, southeast of Juneau, with a wave that reached 481 meters, ranking it as the second-highest tsunami runup ever recorded. This was revealed by a study published in Science on May 6, 2026. More than 64 million cubic meters of rock collapsed near the South Sawyer Glacier that I visited on 3 September 2016.

The landslide occurred at 05:26 (local time), after a large section of unstable mountainside failed above the toe of the Sawyer Glacier and plunged into the fjord.

The landslide was preceded by several days of microseismicity, which increased in rate and magnitude until about one hour before failure. It produced globally observed long-period seismic waves equivalent in size to an M5.4 earthquake. In April 2026, several cruise operators stopped sending vessels into the fjord because of continuing concerns over slope instability and localized tsunami hazards.

The impact displaced a massive volume of water and generated a localized tsunami that stripped vegetation from steep fjord walls and left high-water marks hundreds of meters above sea level.

The authors of the study placed the Tracy Arm tsunami behind only the 1958 Lituya Bay event in Alaska, where a landslide-triggered wave reached about 524 meters. (see my post of 11 October 2020).

Eyewitness accounts collected by the researchers showed that the tsunami propagated far beyond the immediate landslide area and produced strong surges and hazardous currents throughout Tracy and Endicott arms. Observations documented in the study came from kayakers, small vessels, and a cruise ship located tens of kilometers from the collapse site at the time of the event.

Additional observations came from No Name Bay, about 50 km from the landslide, where a witness aboard the motor vessel Blackwood described a cresting wave 2-2.5 m high moving along the shoreline from the direction of Tracy Arm. The observer reported that the initial wave was followed by another surge about 1 m high.

The expedition cruise ship National Geographic Venture, carrying about 150 people, was anchored near the mouth of Tracy Arm when the tsunami occurred. The vessel’s captain reported strong currents and white water near the fjord margins, but no clearly defined wave at the ship’s location. Dense fog limited visibility inside the fjord, although large amounts of floating ice and debris were visible in the water.

The study made a link of the event with the current global warming. It linked the collapse to slope destabilization in a rapidly changing glacial environment. Researchers reported that the retreat of South Sawyer Glacier had reduced support at the base of the slope before failure occurred.

The Tracy Arm tsunami drew renewed attention to landslide-tsunami hazards in glacier-fed fjords, particularly in steep coastal terrain undergoing rapid ice retreat with global warming. Researchers and hazard specialists have increasingly monitored such environments in Alaska and Greenland following several large recent collapses.

The complete study published in Science can le read using this link :

https://www.science.org/doi/10.1126/science.aec3187

Source : Science, USGS and Alaskan news media.

Rapport sur l’état du climat en Europe en 2025 // European State of the Climate report for 2025

Concentrations de CO2 : 433,49 ppm (niveau record!)

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Le rapport sur l’état du climat en Europe souligne l’urgence pour le continent europén de s’adapter au réchauffement climatique et d’accélérer sa transition vers les énergies propres. Voici quelques unes des principales conclusions de ce rapport, publié le 29 avril 2026 par le service Copernicus de l’UE sur le changement climatique et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) :

Vagues de chaleur record :
Au moins 95 % de l’Europe a connu des températures annuelles supérieures à la moyenne en 2025. Le Royaume-Uni, la Norvège et l’Islande ont enregistré l’année la plus chaude de leur histoire. Depuis 1980, l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, ce qui en fait le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde.
La Finlande, la Norvège et la Suède subarctiques ont connu une vague de chaleur record de trois semaines en juillet, avec des températures atteignant 30 °C à l’intérieur du Cercle polaire arctique. En moyenne, la région connaît jusqu’à deux jours de fortes chaleurs par an.
En Turquie, les températures ont atteint 50 °C pour la première fois en juillet.

Dans le même temps, 85 % de la population grecque a été touchée par des températures extrêmes proches ou supérieures à 40 °C.

De vastes régions d’Europe occidentale et méridionale ont été frappées par deux vagues de chaleur importantes en juin, notamment la majeure partie de l’Espagne, du Portugal, de la France et le sud de la Grande-Bretagne.
Une troisième vague de chaleur majeure a touché le Portugal, l’Espagne et la France en août.
L’Europe et le reste du monde pourraient connaître un nouvel été extrêmement chaud en 2026 car il est prévu que le phénomène climatique El Niño fera son retour au milieu de l’année.

Fonte des glaces :
Les glaciers européens ont enregistré une nouvelle importante perte de masse en 2025. L’Islande a connu sa deuxième plus forte fonte jamais enregistrée. On prévoit que les glaciers d’Europe et du monde entier continueront de perdre de la masse tout au long du 21ème siècle, quel que soit le scénario d’émissions de gaz à effet de serre.
La calotte glaciaire du Groenland a perdu environ 139 milliards de tonnes de glace, soit l’équivalent de 100 piscines olympiques par heure au cours de l’année 2025. Ce phénomène a entraîné une hausse du niveau moyen des mers de 0,4 mm.
Parallèlement, la couverture neigeuse en Europe a atteint son troisième niveau le plus bas jamais enregistré.

Énergies renouvelables en plein essor :
Pour la troisième année consécutive, les énergies renouvelables ont produit plus d’électricité que les énergies fossiles en Europe, ce qui représente 46,4 % de la production énergétique du continent. La contribution de l’énergie solaire a atteint un niveau record de 12,5 %.
Le rapport insiste sur la nécessité d’une transition énergétique pour abandonner les énergies fossiles.

Autres phénomènes extrêmes :
La température annuelle de la surface de la mer en Europe a atteint un niveau record pour la quatrième année consécutive.
86 % de la zone océanique européenne – un record – a connu au moins une journée de forte vague de chaleur marine. Ces vagues de chaleur ont un impact sur la biodiversité, notamment sur les herbiers en Méditerranée, qui constituent des barrières naturelles et sont sensibles aux températures élevées.
Parallèlement, la superficie brûlée par les feux de forêt a atteint un niveau record de 1 034 550 hectares.

Les tempêtes et les inondations ont fait au moins 21 morts et affecté 14 500 personnes à travers l’Europe, même si les inondations et les pluies extrêmes ont été moins répandues que ces dernières années.
Source : Copernicus, OMM.

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The European State of the Climate report underscores the urgent need for Europe to adapt to global warming and accelerate its transition to clean energy. Here are some key findings of the report published by the EU’s Copernicus Climate Change Service and the World Meteorological Organization (WMO) on 29 April 2026:

Record heatwaves :

At least 95 percent of Europe experienced above-average annual temperatures in 2025, with Britain, Norway and Iceland recording their warmest year on record. Since 1980, Europe has been warming twice as fast as the global average, making it the fastest warming continent on Earth.

Sub-Arctic Finland, Norway and Sweden experienced a record three-week heatwave in July, with temperatures reaching 30°C within the Arctic Circle. In an average year, the region will normally have up to two days of strong heat stress.

In Turkey, temperatures reached 50°C for the first time in July while 85 percent of the Greek population was affected by extreme temperatures close to or above 40°C.

Large parts of western and southern Europe were hit with two significant heatwaves in June, including most of Spain, Portugal, France and southern parts of Britain.

A third major heatwave struck Portugal, Spain and France in August.

Europe and the rest of the world could face another extremely hot summer as the El Niño weather phenomenon is expected to return in the middle of the year.

Melting ice :

Glaciers across Europe recorded a net mass loss in 2025, with Iceland experiencing its second-largest ever melt. Glaciers across Europe and globally are projected to continue to lose mass throughout the 21st century, regardless of the emission scenario.

The Greenland Ice Sheet lost around 139 billion tonnes of ice – equivalent to losing 100 Olympic-sized swimming pools every single hour. It raised the global mean sea level by 0.4mm.

Europe’s snow cover, meanwhile, was the third lowest on record.

Renewables rise :

For the third year running, renewable energy produced more of Europe’s electricity than fossil fuels, accounting for 46.4 percent of the continent’s power generation. Solar power’s contribution reached a record 12.5 percent.

The report insists that we need to work on transitioning away from fossil fuels.

Other extremes :

Europe’s annual sea surface temperature was the highest on record for the fourth consecutive year.

A record 86 percent of the European ocean region had at least one day with « strong » marine heatwave conditions. Such heatwaves have an impact on biodiversity, notably on seagrass meadows in the Mediterranean which act as natural sea barriers and are sensitive to high temperatures.

The area burnt by wildfires, meanwhile, reached a record 1,034,550 hectares.

Storms and floods killed at least 21 people and affected 14,500 across Europe, though flooding and extreme rainfall were less widespread than in recent years.

Source : Copernicus, WMO.

Mont Rainier (État de Washington / États Unis) : la peur des lahars // The fear of lahars

  J’ai attiré l’attention à plusieurs reprises sur ce blog sur le risque de lahars sur le mont Rainier (4892 m), situé à proximité de Seattle et de sa zone industrielle, avec des sociétés comme Boeing et Microsoft.

 Photos : C. Grandpey

Le volcan n’a pas connu d’éruption majeure depuis 1 000 ans. Pourtant, il inquiète de nombreux volcanologues américains. Son potentiel de destruction ne réside pas seulement dans les coulées de lave qui, en cas d’éruption, ne s’étendraient probablement pas à plus de quelques kilomètres au-delà des limites du Parc national. De nombreux scientifiques redoutent la survenue d’un lahar, une coulée de boue rapide composée d’eau et de roches, provenant de la fonte rapide de la glace ou de la neige lors d’une éruption, et qui emporte des débris en dévalant les vallées et les ravines sur les flancs d’un volcan. Dans le monde, des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes vivent dans des zones sous la menace de lahars.
Personne n’a oublié celui de novembre 1985 lorsque le Nevado del Ruiz est entré en éruption en Colombie. Quelques heures seulement après le début de l’événement, un torrent de boue a déferlé sur la ville d’Armero, tuant plus de 23 000 personnes en quelques minutes.

Crédit photo : Wikipedia

Les scientifiques américains font remarquer que le mont Rainier possède environ huit fois plus de glaciers et de neige que le Nevado del Ruiz au moment de son éruption, de sorte qu’il existe un risque de lahar beaucoup plus important.

Cependant, après plusieurs visites au mont Rainier, j’ai constaté que les glaciers ont considérablement fondu en raison du réchauffement climatique. De ce fait, la masse de glace sur la montagne est moins impressionnante qu’il y a quelques décennies. Cela signifierait moins d’eau et de matériaux entraînés vers le bas de la montagne par les coulées de boue.

Le glacier Nisqually a beaucoup fondu ces dernières années, ici en 2002 et 2015 (Photos: C. Grandpey)

Les lahars se produisent généralement lors d’éruptions volcaniques, mais peuvent aussi être provoqués par des glissements de terrain et des séismes. Les géologues ont trouvé des preuves qu’au moins 11 lahars importants provenant du mont Rainier ont atteint la zone environnante – la plaine de Puget (Puget Lowlands), par exemple – au cours des 6 000 dernières années. Les scientifiques n’ont pas établi de lien entre les lahars, survenus il y a environ 500 ans, et une quelconque activité volcanique. Ils ont pu avoir été causés par d’importants glissements de terrain sur la montagne. C’est la menace d’un tel lahar, déclenché par un soudain glissement de terrain, qui inquiète particulièrement les volcanologues. Il faudrait à un tel lahar seulement 10 minutes pour atteindre des zones habitées, et 60 minutes pour atteindre les grandes agglomérations les plus proches, ce qui est très bref.

Photo : C. Grandpey

Une étude de 2022 a modélisé les deux pires scénarios. Dans la première simulation, un lahar de 260 millions de mètres cubes et de 4 mètres de hauteur prend sa source sur le flanc ouest du Mont Rainier. La coulée de débris atteint la région densément peuplée d’Orting environ une heure après son déclenchement, et elle se déplace à une vitesse d’environ 4 mètres par seconde.

Photo : C. Grandpey

Une deuxième zone à « risque élevé » mentionnée dans l’étude de 2022 est la vallée de la rivière Nisqually, où un puisant lahar pourrait déplacer suffisamment d’eau du lac Alder pour provoquer le débordement du barrage.
Suite à l’éruption du mont Saint Helens en 1980, l’USGS a mis en place un système de détection des coulées de boue sur le mont Rainier en 1998. Ce système a été modernisé et étendu depuis 2017. Une vingtaine de sites sur les flancs du volcan et les deux zones identifiées comme les plus exposées aux coulées de boue sont désormais équipés de sismomètres qui transmettent des données en temps réel, ainsi que d’autres capteurs, notamment des capteurs à infrasons, des webcams et des récepteurs GPS.

Photo : C. Grandpey

En mars 2024, quelque 45 000 élèves de Puyallup, Sumner-Bonney Lake, Orting, White River et Carbonado ont participé à un exercice d’évacuation en cas de lahar. C’était la première fois que plusieurs districts scolaires y participaient le même jour. Selon les autorités américaines, ce fut le plus grand exercice de prévention de lahar au monde.

Un exercice d’évacuation similaire a été organisé le 23 avril 2026. Environ 45 000 élèves de localités situées au sud de Seattle et à l’ouest du mont Rainier ont participé au plus grand exercice mondial d’évacuation en cas de lahar, organisé désormais tous les deux ans.

Photo : C. Grandpey

Source : Observatoire Volcanologique des Cascades.

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I have drawn attention several times on this blog to the lahar hazard on Mount Rainier which lies close to Seattle and its industrial environment. The volcano has not produced a significant volcanic eruption in the past 1,000 years. Yet, it has many US volcanologists worried. The mountain’s destructive potential does not really lie with lava flows, which, in the event of an eruption, would probably not extend more than a few kilometers beyond the boundary of Mount Rainier National Park. Many scientists fear the prospect of a lahar, a fast moving slurry of water and rock originating from ice or snow rapidly melted by an eruption that picks up debris as it rushes through valleys and drainage channels. One should not forget that there are tens, if not hundreds of thousands of people who live in areas that potentially could be impacted by a large lahar.

The deadliest lahar in recent memory was in November 1985 when Colombia’s Nevado del Ruiz volcano erupted. A river of mud swept over the town of Armero, killing over 23,000 people in a matter of minutes. U.S. Scientists warn that Mount Rainier has about eight times the amount of glaciers and snow as Nevado del Ruiz had when it erupted, so that there is the potential to have a much more catastrophic mudflow. However, in the wake of several visits to Mount Rainier, I noticed that glaciers have melted quite a lot because of global warming. As a result, the mass of ice on the mountain is less impressive than it was a few decades ago. This would mean less water and material being carried down the mountain by mudflows. .

Lahars typically occur during volcanic eruptions but also can be caused by landslides and earthquakes. Geologists have found evidence that at least 11 large lahars from Mount Rainier have reached into the surrounding area – the Puget Lowlands – in the past 6,000 years. Scientists have not connected the most recent of these lahars, which occurred about 500 years ago, with any kind of volcanic activity. They may have been caused by large landslides on the mountain. It is the threat of a similar, spontaneous landslide-triggered lahar that particularly worries volcanologists. It would take such an event 10 minutes to reach the nearest places where people are living, and 60 minutes to the nearest large communities. Those are really short time frames

A 2022 study modeled two worst-case scenarios. In the first simulation, a 260 million-cubic-meter, 4-meter deep lahar would originate on the west side of Mount Rainier. The debris flow could reach the densely populated lowlands of Orting about one hour after an eruption, where it would travel at the speed of about 4 meters per second.

A second area of “pronounced hazard” mentioned in the 2022 stury is the Nisqually River Valley, where a massive lahar could displace enough water from Alder Lake to cause the 100-meter-tall Alder Dam to spill over.

In the wake of the 1980 Mount St. Helens eruption, the USGS set up a lahar detection system at Mount Rainier in 1998, which since 2017 has been upgraded and expanded. About 20 sites on the volcano’s slopes and the two paths identified as most at risk of a lahar now feature seismometers that transmit real-time data and other sensors including infrasound sensors, web cameras and GPS receivers.

In March 2024, some 45,000 students from Puyallup, Sumner-Bonney Lake, Orting, White River and Carbonado participated in a lahar evacuation drill. It was the first time that multiple school districts practiced on the same day, making it the world’s largest lahar drill.

A similar evacuation drill was organized on 23April 2026. About 45,000 students in communities south of Seattle and west of Mount Rainier participated in the world’s largest lahar evacuation drill which is organised once every two years.

Source : Cascades Volcano Observatory.

Pluie sur l’Antarctique // Rain on Antarctica

Concentrations de CO2 : 431,51 ppm

Concentrations de CH4 : 1945,85 ppb

Avec une moyenne de seulement 16 cm de précipitations par an, le continent antarctique est le plus grand désert du monde. Toutefois, une étude montre qu’avec le réchauffement climatique, l’Antarctique connaîtra davantage de pluie, avec pour conséquence des modifications fondamentales du paysage et de la faune qui peuplent cet environnement unique. L’étude, publiée dans la revue Frontiers in Environmental Science, nous apprend que dans des scénarios de réchauffement plus rapide (2 °C ou plus d’ici la fin du siècle), les chutes de neige et les précipitations pourraient augmenter de plus de 20 %, avec une part croissante de pluie. Cette combinaison de la chaleur et des pluies entraînera un rétrécissement et une accélération du mouvement des glaciers, un affaiblissement des plateformes glaciaires et une augmentation du nombre d’icebergs. Ceci, à son tour, provoquera une diminution des algues et du krill, une réduction des sites de reproduction pour les manchots et les phoques, et favorisera la prolifération d’espèces invasives comme les crabes et les moules.

Les relevés météorologiques montrent qu’il pleut plus souvent qu’avant sur la Péninsule antarctique qui constitue la pointe la plus septentrionale du continent. Cette péninsule constitue la partie la plus chaude de l’Antarctique et se réchauffe plus rapidement que le reste du continent. Elle donne un aperçu de ce que pourrait connaître la fragile calotte glaciaire de l’Antarctique occidental au cours des prochaines décennies.

Les conditions météorologiques extrêmes causent déjà des problèmes. En février 2020, une vague de chaleur avait fait grimper les températures à 18,6 °C dans le nord de la péninsule, avec une fonte record des plateformes glaciaires. En février 2022, une rivière atmosphérique a entraîné une fonte record de glace en surface. Une autre, en juillet 2023, a apporté des précipitations et une hausse des températures de + 2,7 °C à la péninsule en plein cœur de l’hiver, et de tels événements se produisent de plus en plus souvent.

 

(a) Précipitations moyennes attribuées aux rivières atmosphériques (RA) de 1980 à 2020 ; (b) Contribution moyenne des précipitations des RA aux précipitations annuelles totales de 1980 à 2020 ; (c) Série chronologique (1980-2020) des précipitations des RA sur la calotte glaciaire antarctique(Source: AGU)

Dans la péninsule antarctique, la pluie s’accompagne d’une hausse des températures qui fait fondre et lessive la neige, et prive ainsi les glaciers d’apports de neige précieux. L’eau de fonte peut également atteindre le lit du glacier, lubrifiant sa base et accélérant son glissement. Cela augmente la production d’icebergs et la masse de glace qui se perd dans l’océan. Ce phénomène peut déstabiliser ces plateformes. La formation de mares d’eau de fonte a été en partie responsable de l’effondrement des plateformes glaciaires Larsen A et B au début des années 2000.

La glace de mer qui forme la banquise est, elle aussi, vulnérable. La pluie réduit la couverture neigeuse et la réflectivité de la surface, ce qui accélère la fonte de la glace. Il ne faudrait pas oublier que cette glace de mer constitue un tampon naturel qui amortit les vagues et contribue à empêcher les extrémités des glaciers de se détacher et de se transformer en icebergs.

Un climat plus pluvieux aura de nombreux impacts écologiques en Antarctique. L’eau peut ainsi inonder les sites de nidification des manchots qui ne sont pas adaptés à la pluie. Les plumes duveteuses de leurs poussins ne sont pas imperméables, de sorte que les fortes pluies les trempent, entraînant parfois une hypothermie puis la mort.

Les précipitations modifient également la vie à plus petite échelle. Lorsqu’elles font fondre la couche de neige, elles perturbent les algues des neiges, des plantes microscopiques qui contribuent aux écosystèmes terrestres de l’Antarctique. Ces algues nourrissent des microbes et de minuscules invertébrés et peuvent assombrir la surface de la neige, réduisant l’albédo et accélérant la fonte. Parallèlement, le réchauffement des mers peut faciliter la colonisation de la région par des espèces marines envahissantes, telles que certaines moules ou certains crabes.

Les pluies plus nombreuses pourraient aussi modifier l’aspect humain de l’Antarctique. Avec l’intérêt géopolitique croissant porté à ce continent, il est probable que les infrastructures humaines se développent, avec de nouvelles colonies et bases potentielles pour servir des industries telles que le tourisme ou la pêche au krill. Or, les infrastructures de recherche actuelles ont été conçues pour la neige, et non pour de fortes pluies. La neige fondue et l’eau de fonte peuvent endommager les bâtiments, les instruments et les véhicules. Certains sites de recherche entiers pourraient devoir être déplacés.

Source : The Conversation.

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With an average of only 16 cm of precipitation per year, the Antarctic continent is the world’s largest desert. However, a study shows that with global warming, Antarctica will experience more rain, resulting in fundamental changes to the landscape and wildlife that inhabit this unique environment. The study, published in the journal Frontiers in Environmental Science, reveals that in scenarios of faster warming (2°C or more by the end of the century), snowfall and precipitation could increase by more than 20%, with a growing proportion of rain. This combination of heat and rain will lead to the shrinking and acceleration of glaciers, a weakening of ice shelves, and an increase in the number of icebergs. This, in turn, will cause a decrease in algae and krill, a reduction in breeding sites for penguins and seals, and promote the proliferation of invasive species such as crabs and mussels.
Weather records show that it is raining more often than before on the Antarctic Peninsula, the northernmost tip of the continent. This peninsula is the warmest part of Antarctica and is warming faster than the rest of the continent. It offers a glimpse of what the fragile West Antarctic Ice Sheet could face in the coming decades.

Extreme weather conditions are already causing problems. In February 2020, a heat wave pushed temperatures up to 18.6°C in the northern part of the peninsula, with record melting of the ice shelves. In February 2022, an atmospheric river caused record surface ice melt. Another, in July 2023, brought precipitation and a 2.7°C temperature increase to the peninsula in the middle of winter, and such events are occurring with increasing frequency.
In the Antarctic Peninsula, rain is accompanied by rising temperatures that melt and wash away snow, depriving glaciers of valuable snowfall. Meltwater can also reach the bedrock beneath the glacier lubricating its base and accelerating its progress. This increases iceberg production and the mass of ice lost to the ocean. This phenomenon can destabilize these ice shelves. The formation of meltwater pools was partly responsible for the collapse of the Larsen A and B ice shelves in the early 2000s. Sea ice, which forms the sea ice pack, is also vulnerable. Rain reduces snow cover and surface reflectivity, accelerating ice melt. It should not be forgotten that this sea ice acts as a natural buffer, dampening waves and helping to prevent glacier fronts from breaking off and calving into icebergs.

A wetter climate will have numerous ecological impacts in Antarctica. Water can flood penguin nesting sites, which are not adapted to rain. The downy feathers of their chicks are not waterproof, so heavy rain soaks them, sometimes leading to hypothermia and then death.
Precipitation also alters life on a smaller scale. When it melts the snowpack, it disrupts snow algae, microscopic plants that contribute to Antarctic terrestrial ecosystems. These algae nourish microbes and tiny invertebrates and can darken the snow surface, reducing albedo and accelerating melting. At the same time, warming seas can facilitate the colonization of the region by invasive marine species, such as certain mussels or crabs.
More frequent rainfall could also change the human face of Antarctica. With the growing geopolitical interest in this continent, human infrastructure is likely to expand, with new settlements and potential bases to serve industries such as tourism and krill fishing. However, current research infrastructure was designed for snow, not heavy rain. Meltwater can damage buildings, instruments, and vehicles. Some entire research sites may need to be relocated.
Source:  The Conversation.