On vous aura prévenus… // You have been warned…

On vous aura prévenus. A très court terme, une grande partie des glaciers de la planète auront disparu, ce qui engendrera de sérieux problèmes au niveau des populations qui dépendent de l’eau qu’il rejettent, sans oublier les conséquences sociales, économiques et migratoires majeures à l’échelle de la planète. Une étude publiée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (IUCN) fin avril 2019 indique que si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel, les glaciers pourraient disparaître complètement d’ici 2100 de près de la moitié des sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Selon les auteurs de l’étude, 19 000 glaciers, soit 9 % des glaciers de la planète, se trouvent sur des sites du patrimoine mondial. Certains de ces glaciers figurent parmi les plus emblématiques du monde, comme le glacier d’Aletsch dans les Alpes suisses, celui du Khumbu dans l’Himalaya ou le Jakobshavn au Groenland.

L’étude précise que 33 % à 60 % du volume total de glace présent en 2017 dans les sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco aura disparu d’ici 2100. Le pourcentage dépendra de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre.

Si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter comme au cours des dernières décennies, les scientifiques prévoient la disparition des glaciers d’ici à la fin du 21ème siècle dans 21 des 46 sites naturels du patrimoine mondial. L’IUCN précise que même dans un scénario basé sur des émissions faibles respectant les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, 8 des 46 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco verront leurs glaciers disparaître d’ici 2100. Pour aller dans le sens de ces alertes lancées par les glaciologues et l’IUCN, les émissions de CO2 dans l’atmosphère atteignent actuellement plus de 414 ppm au sommet du Mauna Loa à Hawaii.

Selon l’étude, plusieurs sites du patrimoine mondial de l’Unesco seront fortement touchés par la hausse des températures ces prochaines années. Le parc national de Los Glaciares (Argentine) où se situent certains des plus grands glaciers de la planète, devrait enregistrer une très importante perte de glace correspondant à environ 60 % du volume actuel. En Amérique du Nord, le Parc International de la Paix Waterton-Glacier (à cheval sur la frontière entre les Etats-Unis et la Canada), le Parc National des Montagnes Rocheuses (Canada) et le Parc National Olympique (Etat de Washington / Etats-Unis) devraient perdre plus de 70 % de leur glace d’ici 2100. En Europe, la disparition de petits glaciers est prévue dans les Pyrénées sur le Mont Perdu, entre la France et l’Espagne, d’ici 2040.

Source : IUCN.

Je rappelle que mon rôle est de lancer des alertes et pas de proposer des solutions. Il revient à nos gouvernants d’avancer des solutions pour lutter contre le réchauffement climatique. Les Conferences Of  Parties (COP) sont également faites pour cela. Malheureusement la présence des chefs d’états se fait de plus en plus rare….

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Hier 14 mai 2019, on m’a demandé d’intervenir dans une classe de Première du lycée de Bellac (Haute Vienne) pour expliquer la situation glaciaire dans l’Arctique, thème d’une semaine éducative dans cet établissement.

Après avoir montré la fonte des glaciers dans les Alpes, j’ai fait un tour d’horizon des terres nordiques, entre l’Alaska et la Sibérie, en passant par l’Islande et la Scandinavie. J’ai ensuite élargi la présentation à l’Antarctique, puis à la fonte du permafrost et ses conséquences pour l’environnement.

J’ai vraiment l’impression que les jeunes sont conscients des menaces climatiques et environnementales qui pèsent sur leur génération. Je suis persuadé que c’est par le biais d’images spectaculaires et sans équivoque, présentées par des gens qui sont allés sur le terrain, que l’on arrivera à convaincre la population de ne pas rester passive et de ne pas se laisser abuser par des dirigeants qui font fi de l’environnement et qui n’ont en tête que des intérêts économiques.

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You have been warned. In the very short term, a large part of the world’s glaciers will have disappeared, which will cause serious problems for the populations who depend on the water they reject, not to mention the major social, economic and migratory consequences at the scale of the planet. A study published by the International Union for the Conservation of Nature (IUCN) in late April 2019 indicates that if greenhouse gas emissions continue at the current rate, glaciers could disappear completely by 2100 from nearly the half of UNESCO World Heritage sites.
According to the authors of the study, 19,000 glaciers, or 9% of the world’s glaciers, are on World Heritage sites. Some of these glaciers are among the most iconic in the world, such as the Aletsch Glacier in the Swiss Alps, the Khumbu Glacier in the Himalayas or the Jakobshavn in Greenland.
The study states that 33% to 60% of the total ice volume in 2017 in UNESCO World Heritage Sites will be gone by 2100. The percentage will depend on the evolution of greenhouse gas emissions.
If greenhouse gas emissions continue to increase as in recent decades, scientists predict the disappearance of glaciers by the end of the 21st century in 21 of the 46 natural World Heritage sites. IUCN says that even in a low emission scenario meeting the objectives of the Paris Climate Agreement, 8 of the 46 UNESCO World Heritage Sites will see their glaciers disappear by 2100. Related to these warnings issued by glaciologists and IUCN, CO2 emissions in the atmosphere are currently more than 414 ppm at the summit of Mauna Loa in Hawaii.
According to the study, several UNESCO World Heritage sites will be strongly affected by rising temperatures in the coming years. The Los Glaciares National Park (Argentina), home to some of the world’s largest glaciers, is expected to record a significant ice loss of about 60% of current levels. In North America, the Waterton-Glacier International Peace Park (straddling the United States-Canada border), Rocky Mountain National Park (Canada) and the Olympic National Park (Washington State / United States) are likely to lose more than 70% of their ice by 2100. In Europe, the disappearance of small glaciers is expected in the Pyrenees on Mount Perdu, between France and Spain, by 2040.
Source: IUCN.

I need to remind you that my role is to launch alerts and not to suggest solutions. It is up to our leaders to put forward solutions to fight against global warming.  It is also the purpose of the Conferences Of Parties (COP). Unfortunately the presence of heads of state is becoming increasingly rare ….

Tous les grands glaciers (Aletsch en Suisse, Athabasca au Canada, Columbia en Alaska) sont menacés de disparition. (Photos: C. Grandpey)

Glaciers des Alpes : Un avenir inquiétant // Glaciers in the Alps: An uncertain future

Il serait grand temps que nos responsables politiques prennent conscience de la gravité du réchauffement climatique. Il y a quelques jours, j’attirais l’attention sur le niveau encore jamais atteint par les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. Ces dernières semaines, on a pu lire dans la presse internationale des récits de vagues de chaleur inhabituelles dans l’Arctique. Dans nos Alpes, les glaciers ne sont pas en bonne santé.

Selon une étude publiée le 9 avril 2019, les glaciers des Alpes risquent de fondre à plus de 90% d’ici la fin du siècle si rien n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il ne faudrait pas oublier que si les quelque 4000 glaciers alpins sont des attraits touristiques majeurs, ils fournissent aussi de l’eau en été à des millions de personnes. Plus de glaciers, plus d’eau ! Dans les Alpes ce sera peut-être supportable, mais dans les Andes ou l’Himalaya, des milliards de personnes ont vraiment besoin de cette eau. J’ai expliqué dans mon livre « Glaciers en Péril » la menace qui pèse sur les Péruviens. Je ne serai plus là pour le voir, mais j’aimerais savoir comment les autorités feront face à une telle situation dans les Alpes mais aussi les Pyrénées car elle inclut, bien sûr, l’absence de neige. Nous ne sommes plus très loin du ski à roulettes !
Une équipe de chercheurs suisses a utilisé des modèles climatiques couplés à des mesures des glaciers pour estimer leur évolution selon divers scénarios de réchauffement. D’après ces scientifiques, si les émissions atteignent un plafond d’ici quelques années avant de rapidement diminuer jusqu’à 2100, un tiers du volume de ces glaciers sera en mesure de survivre. En revanche, si les émissions de gaz à effet de serre continuent à leur rythme actuel, la prédiction est beaucoup plus sombre. Dans ce scénario pessimiste, les Alpes pourraient être quasiment privées de glace d’ici 2100, avec seulement quelques morceaux isolés en haute altitude, ce qui représenterait 50% ou moins du volume actuel. De toute façon, quels que soient les efforts faits pour réduire les émissions, les Alpes perdront au moins la moitié de leurs glaciers.
Dans une note précédente, je faisais référence à une autre étude publiée dans la revue Nature. On peut y lire que la fonte des glaciers dans le monde s’est accélérée ces trois dernières décennies. Les glaciers ayant le plus contribué à l’augmentation du niveau de la mer suite à cette fonte sont ceux de l’Alaska, puis ceux de Patagonie et des régions arctiques. Ceux des Alpes, plus petits, n’ont joué qu’un rôle mineur.
Sources : France Info, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Glaciers en Péril.

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It is high time that our politicians became aware of the gravity of global warming. A few days ago, I drew attention to the level of CO2 concentrations in the atmosphere. In recent weeks, we could read in the international press stories of unusual heat waves in the Arctic. In our Alps, glaciers are not in good health.
According to a study published on April 9th, 2019, alpine glaciers will have melted more than 90% by the end of the century if nothing is done to reduce greenhouse gas emissions. It should not be forgotten that while some 4,000 alpine glaciers are major tourist attractions, they also provide water for millions of people in summer. No more glaciers means no more water! In the Alps it may not be a disaster, but in the Andes or the Himalayas, billions of people really need this water. I have explained in my book « Glaciers en Péril » the threat hanging over the Peruvians. I will no longer be part of this world to see it, but I would like to know how the authorities will deal with such a situation in the Alps but also the Pyrenees because it includes, of course, the absence of snow. We are not very far from roller skiing!
A team of Swiss researchers have used climate models coupled with glacier measurements to estimate their evolution under various warming scenarios. According to these scientists, if emissions reach a maximum within a few years before rapidly decreasing to 2100, a third of the volume of these glaciers will be able to survive. On the other hand, if greenhouse gas emissions continue at their current rate, the prediction is much darker. In this pessimistic scenario, the Alps could be almost ice-free by 2100, with only a few isolated pieces at high altitudes, which would represent 50% or less of the current volume. In any case, whatever efforts are made to reduce emissions, the Alps will lose at least half of their glaciers.
In a previous note, I was referring to another study published in the journal Nature. It shows that melting glaciers around the world has accelerated over the last three decades. The glaciers that have contributed the most to the sea-level rise following this melting are those of Alaska, then those of Patagonia and the Arctic regions. Those of the Alps, which are smaller, played only a minor role.
Sources: France Info, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Glaciers en Péril.

Dans le Massif des Ecrins, le Glacier Blanc a montré un recul spectaculaire au cours des dernières années (Photos: C. Grandpey)

Une invasion de microplastiques (1) sur les glaciers alpins… // An invasion of microplastics (1) on the Alpine glaciers…

On a tendance à penser que les glaciers sont des lieux d’une grande pureté, bien à l’écart de la pollution mondiale. Il n’en est rien. Une étude récente a révélé que le plastique existe également sur les glaciers. Lors de l’assemblée générale de l’Union Européenne des Géosciences à Vienne (Autriche), une équipe de chercheurs italiens de l’Université de Milan a présenté les premières preuves de contamination microplastique des glaciers alpins. Les microplastiques sont des particules de plastique mesurant moins de cinq millimètres. On pense que la plupart d’entre elles sont arrivées sur les glaciers via les randonneurs qui fréquentent la région.
L’étude a été menée sur le glacier Forni qui s’étire sur 6 km dans la chaîne de Bregaglia, dans la région des Grisons, dans le sud-est de la Suisse, très proche de l’Italie. Il se trouve à une altitude de 3678 mètres.
Cette vallée glaciaire est un itinéraire de randonnée très populaire qui attire chaque année des centaines de randonneurs et alpinistes. L’équipe scientifique y a recueilli des échantillons de sédiments. Leur analyse a révélé qu’ils contenaient en moyenne environ 75 particules de microplastique par kilogramme. Ce niveau de contamination est comparable à celui observé dans les zones marines et côtières en Europe. L’extrapolation de ces données laisse supposer qu’il pourrait y avoir entre 131 et 162 millions de particules de plastique sous forme de fibres et fragments à la surface du glacier Forni.
L’origine précise des particules est difficile à définir. Une partie de la pollution a probablement été transportée par des masses d’air provenant de zones densément urbanisées autour des Alpes. Cependant, les chercheurs pensent que la plupart des plastiques ont une origine locale, car le polymère le plus fréquent dans les échantillons est le polyester, un composant utilisé dans les vêtements et équipements techniques des randonneurs.
Pour cette raison, afin d’éviter de contaminer les échantillons de sédiments pendant la campagne sur le terrain, les scientifiques ne portaient que des vêtements 100% coton et des sabots de bois, ce qui n’est pas le moyen le plus facile pour se déplacer sur un glacier !
À présent, l’équipe scientifique prévoit d’établir une classification des particules de plastique de manière plus précise, ce qui permettra de déterminer l’origine des polluants. L’étude présentée à Vienne ouvre également la porte à de nouvelles recherches sur la dispersion des contaminants microplastiques à la surface des glaciers lorsque la glace fond. Bien que le glacier Forni n’alimente pas de sources d’eau potable dans la vallée, des fibres et des fragments de plastique pourraient pénétrer ailleurs dans la chaîne trophique et avoir un impact sur les écosystèmes.
S’agissant de la pollution plastique dans le monde, il est bon de rappeler qu’elle doublera d’ici 2030, en menaçant la faune et la santé humaine. Des expéditions récentes visant à collecter des échantillons dans l’Arctique ont révélé des niveaux record de microplastiques comprenant du polyéthylène, du nylon, du polyester et de l’acétate de cellulose. Le WWF a lancé une mise en garde car les déchets plastiques dans les océans pourraient atteindre 300 millions de tonnes en un peu plus d’une décennie. Cela doublerait la quantité de plastique dans l’océan, celle qui a mis plus d’un demi-siècle à s’accumuler, entre 1950 et 2016. Près du tiers de tous les plastiques produits, soit 104 millions de tonnes par an, se retrouveront dans les océans et la Nature en général.

Source: Presse internationale.

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We tend to think of glaciers as impeccable places, uncontaminated by the world’s pollution. Unfortunately, a recent study has revealed that plastic existed on glaciers as well. At the European Geosciences Union General Assembly in Vienna (Austria), a team of Italian researchers from the University of Milan presented the first evidence ever of microplastic contamination on alpine glaciers. Microplastics are defined as plastic particles measuring less than five millimetres. It is thought that most of the microplastics arrived via hikers visiting the region.

The study was conducted on Forni Glacier, a 6 km long river of ice in the Bregaglia Range in the region Graubünden in south-east Switzerland very close to Italy. It has an elevation of roughly 3,678 metres..

The valley is a popular hiking route and attracts hundreds of trekkers and alpinists every year. The scientific team collected the first sediment samples in the valley. Their analysis revealed that they contained on average about 75 particles of microplastic per kilogram of sediment. This level of contamination is comparable to what is observed in marine and coastal areas in Europe. Extrapolation of this data suggests that there may be between 131 and 162 million plastic particles present on the surface of Forni Glacier, fibers and fragments combined.

The precise origin of the particles is hard to define. Some of the pollution had probably been carried by air masses from densely urbanized areas surrounding the Alps. However, researchers think most of the plastic has a local origin, since the most common polymer found in the samples was polyester, a component used in technical clothing and equipment for hikers.

For that very reason, in order to avoid contaminating the sediment samples during the field campaign, the participants in the research wore only 100% cotton clothes and wooden clogs, which is not the easiest way to hike a glacier.

Now, the scientific team plans a follow-up study that will classify the plastic particles more precisely and help determine the origin of the pollutants. The current study also opens the door to new research on how microplastic contaminants on the surface of alpine glaciers disperse when the ice melts. Although Forni Glacier does not feed drinking water sources down the valley, in other locations fibers and fragments could enter the trophic chain and impact ecosystems.

Considering plastic pollution globally, it is good to remember that it is set to double by 2030, threatening wildlife and human health. Recent expeditions to collect samples in the Arctic found record levels of microplastics and fragments that included polyethylene, nylon, polyester and cellulose acetate. WWF International has warned plastic waste in the oceans could reach 300 million tons in just over a decade. That would double the amount of plastic in the ocean, which took more than half a century to build up between 1950 and 2016. Almost a third of all plastics produced, or 104 million tons annually, will find their way into the oceans and natural world.

Source: International press.

Vue du glacier Forni depuis le refuge Mantova (Crédit photo: Wikipedia)

Fibres microplastiques en milieu marin (Source : Wikipedia)

Microplastiques dans des sédiments fluviaux (Source : Wikipedia)

La fonte rapide du Groenland (suite, mais pas fin !) // The rapid melting of Greenland (continued, but not finished!)

Dans un article intitulé « Ça fait peur » : des chercheurs ont calculé la fonte des glaces au Groenland depuis 1972, le site web de la chaîne de radio France Info attire notre attention sur la fonte rapide du Groenland qui est six fois plus rapide aujourd’hui que dans les années 1980.

C’est ce que nous apprend une étude parue le 22 avril 2019 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. Des chercheurs ont recalculé la perte de glaces depuis 1972, date de la mise en orbite des premiers satellites Landsat qui ont permis de photographier et d’analyser avec précision le comportement de la glace dans l’Arctique.

Les glaciologues disposent de trois méthodes pour mesurer la fonte glaciaire. 1) Des satellites mesurent tout simplement la hauteur de la glace et ses variations grâce à un laser. Si un glacier fond, le satellite voit son altitude baisser. 2) Une seconde technique utilise depuis 2002 des satellites de la NASA afin de mesurer les variations de gravité terrestre. 3) Les scientifiques ont développé des modèles dits de bilan de masse qui comparent ce qui s’accumule sur le Groenland (pluie, neige) avec ce qui en sort (rivières de glace), et calculent la différence. Ces modèles, associés à des mesures sur le terrain, sont devenus très fiables depuis le milieu des années 2000. La marge d’erreur est seulement de 5 à 7%, contre 100% il y a quelques décennies.

Les glaciologues ont utilisé ces modèles pour remonter dans le temps et reconstruire dans le détail la situation de la glace du Groenland dans les années 1970 et 1980. Le peu de données dont ils disposaient pour cette période (photos satellites de moyenne résolution, photos aériennes, carottages de neige et autres observations de terrain) a permis d’affiner le modèle. La conclusion est alarmante : La glace fond six fois plus vite aujourd’hui

Dans les années 1970, le Groenland a gagné en moyenne 47 gigatonnes (Gt) de glace par an, avant d’en perdre un volume équivalent dans les années 1980. La fonte continue à ce rythme dans les années 1990, avant une accélération forte à partir des années 2000 (187 Gt/an) et surtout depuis 2010 (286 Gt/an). Cela signifie que la glace fond six fois plus vite aujourd’hui que dans les années 1980. A eux seuls, les glaciers du Groenland ont probablementt contribué à faire monter le niveau des océans de 13,7 millimètres depuis 1972.

Source : France Info.

Pour une vue complète de la fonte du Groenland, je conseille la lecture d’un article paru sur le site « global-climat à cette adresse:

La perte de glace au Groenland multipliée par six depuis les années 1980

L’article de France Info se limite au Groenland, mais il ne faudrait pas oublier que c’est dans l’ensemble de l’Artique que la fonte de la glace est en train de s’accélérer. Les glaciers d’Alaska et le permafrost fondent eux aussi. Nous allons droit dans le mur mais, comme l’a dit Nicolas Hulot, « tout le monde s’en fiche » et certains même se frottent les mains. Des chefs d’état comme Donald Trump et Vladimir Poutine laisseront faire et se réjouiront quand la disparition de la glace découvrira les richesses minières (gaz naturel et pétrole, entre autres) qu’elle dissimulait jusqu’à présent. Ils ne diront rien non plus quand les navires et la pollution qu’ils laissent dans leur sillage emprunteront les passages du nord-est et du nord-ouest. Heureusement, à un moment ou un autre, la Nature nous rappellera sévèrement que c’est elle, pas les êtres humains,  qui gère la planète!

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In an article entitled « It’s scary »: researchers have calculated the melting of ice in Greenland since 1972, the website of the radio channel France Info draws our attention to the rapid melting of Greenland which is six times faster today than in the 1980s.
This is what we can read in a study published on April 22nd, 2019 in the Proceedings of the National Academy of Sciences. Researchers have recalculated the loss of ice since 1972, when the first Landsat satellites were put into orbit to accurately photograph and analyze the behaviour of ice in the Arctic.
Glaciologists have three methods for measuring glacial melt. 1) Satellites simply measure the height of the ice and its variations with a laser. If a glacier melts, the satellite sees its altitude drop. 2) A second technique has been using NASA satellites since 2002 to measure Earth’s gravity variations. 3) Scientists have developed so-called mass balance models that compare what accumulates on Greenland (rain, snow) with what comes out (rivers of ice), and calculate the difference. These models, combined with field measurements, have become very reliable since the mid-2000s. The margin of error is only 5 to 7%, compared to 100% a few decades ago.
Glaciologists have used these models to go back in time and reconstruct in detail the situation of Greenland ice in the 1970s and 1980s. The limited data they had for this period (medium-resolution satellite photos, aerial photos, snow coring and other field observations) helped to refine the model. The conclusion is alarming: The ice melts six times faster today
In the 1970s, Greenland gained an average of 47 gigatonnes (Gt) of ice a year, before losing an equivalent amount in the 1980s. Melting continued at this rate in the 1990s, before a sharp acceleration srating in the 2000s (187 Gt / year) and especially since 2010 (286 Gt / year). This means that the ice is meltin,g six times faster today than in the 1980s. The Greenland glaciers alone have probably helped raise the sea level by 13.7 millimetres since 1972.
Source: France Info.

The France Info article of France Info is limited to Greenland, but it should not be forgotten that the melting of the ice is accelerating in the whole Artic. Alaskan glaciers and the permafrost are melting as well. We are going straight into the wall but, as Nicolas Hulot said, « nobody cares » and some even rub their hands. Heads of state like Donald Trump and Vladimir Putin will let go and rejoice when the disappearance of the ice will uncover the mineral wealth (natural gas and oil, among others) that it hid until now. They will not say anything either when the ships and the pollution they leave in their wake will travel along the northeastern and northwestern passages. Fortunately, at one time or another, Nature will remind us harshly that human beings, do not manage the planet!

Photos: C. Grandpey

Les glaciers rejettent des résidus radioactifs ! // Glaciers release radioactive residues!

On le sait depuis longtemps : Les glaciers sont de précieux indicateurs de l’histoire de notre planète. Ils permettent en particulier de dater des événements géologiques majeurs comme les éruptions volcaniques. De temps à autre, ils nous rendent les corps de personnes victimes d’une catastrophe aérienne ou d’alpinistes ayant chuté dans des crevasses en escaladant l’Everest.

Le site de la chaîne de télévision BFMTV nous apprend que des retombées radioactives d’accidents nucléaires civils et d’essais militaires sont emprisonnées dans les glaciers à travers le monde. Les chercheurs avertissent que ces résidus risquent fort d’être libérés par la fonte de la glace liée au réchauffement climatique.

Une équipe internationale de scientifiques a cherché la présence de retombées radioactives dans les sédiments à la surface de glaciers dans l’Arctique, en Islande, dans les Alpes, le Caucase, l’Antarctique et l’ouest du Canada. Ces chercheurs ont découvert des résidus radioactifs sur les 17 sites étudiés, souvent à des concentrations au moins 10 fois supérieures aux niveaux relevés ailleurs. Une scientifique britannique a expliqué que les niveaux mesurés sont les plus élevés dans un environnement en dehors des zones d’exclusion nucléaires

Il est facile de comprendre pourquoi les glaciers conservent ces résidus radioactifs. Quand ils sont relâchés dans l’atmosphère, ils retombent sur terre par le biais des pluies acides et peuvent être absorbés par les plantes et le sol. En revanche, quand ils tombent sous forme de neige et s’installent sur la glace, ils forment des sédiments plus lourds, qui s’accumulent dans les glaciers.

Les scientifiques donnent l’exemple de l’accident de Tchernobyl en 1986 qui avait généré des nuages radioactifs contenant notamment du césium, et provoqué une contamination à travers l’Europe du Nord. Dans le cas de Tchernobyl, les éléments radioactifs sont retombés sous forme de pluie ou de neige. Dans ce dernier cas, ils sont restés dans la glace pendant des décennies, et avec la fonte des glaciers liée au réchauffement, ils se déversent maintenant dans les rivières.

L’équipe scientifique a détecté quelques résidus de Fukushima, mais une grande partie des éléments issus de cet accident de 2011 ne se sont pas encore agglutinés dans les sédiments des glaciers.

Sur plusieurs des sites, les chercheurs ont également retrouvé des traces d’essais nucléaires, en particulier ceux qui ont été effectués des années 1950 et 1960. Une scientifique a expliqué qu’en étudiant une carotte de sédiments, on voit clairement un pic au moment de Tchernobyl, mais aussi un pic relativement précis autour de 1963, période intense d’essais nucléaires.

Le risque aujourd’hui, c’est qu’avec le réchauffement climatique et la fonte de la glace, on assiste à l’entrée dans la chaîne alimentaire d’un des résidus potentiellement les plus dangereux, l’américium, issu de la dégradation du plutonium et qui a une demi-vie de 400 ans, contre 14 ans pour le plutonium.

Source : BFMTV.

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We have known for a long time that glaciers are precious indicators of the history of our planet. In particular, they allow to date major geological events such as volcanic eruptions. From time to time, they release the bodies of people who have fallen victim to a plane crash or mountaineers who have fallen into crevasses while climbing Mount Everest.
The BFMTV television site tells us that radioactive fallout from civilian nuclear accidents and military tests are trapped in glaciers around the world. The researchers warn that these residues are likely to be released by the melting of ice due to global warming.
An international team of scientists has investigated the presence of radioactive fallout in glacial surface sediments in the Arctic, Iceland, the Alps, the Caucasus, Antarctica and western Canada. These researchers found radioactive residues at the 17 sites they studied, often at concentrations at least 10 times higher than levels found elsewhere. A British scientist explains that measured levels are highest in an environment outside nuclear exclusion zones
It is easy to understand why glaciers retain these radioactive residues. When released into the atmosphere, they fall back to earth through acid rain and can be absorbed by plants and soil. On the other hand, when they fall in the form of snow and settle on the ice, they form heavier sediments, which accumulate in the glaciers.
Scientists give the example of the Chernobyl accident in 1986 that generated radioactive clouds including cesium and caused contamination throughout northern Europe. In the case of Chernobyl, radioactive elements fell as rain or snow. In the latter case, they remained in the ice for decades, and with the melting glaciers associated with global warming, they now flow into the rivers.
The scientific team has detected some Fukushima residues, but much of the evidence from this 2011 accident has not yet accumulated in the glacial sediments.
On several of the sites, the researchers also found traces of nuclear tests, in particular those that were carried out in the 1950s and 1960s. A scientist explained that by studying a core of sediments, one clearly sees a peak at the moment of the Chernobyl accident, but also a relatively accurate peak around 1963, which was an intense period of nuclear testing.
The risk today is that with global warming and the melting of ice, we may witness the entry into the food chain of one of the potentially most dangerous residues, americium, resulting from the degradation plutonium and which has a half-life of 400 years, compared with 14 years for plutonium.
Source: BFMTV.

Photos: C. Grandpey

Fonte des glaciers: L’Everest livre ses morts // Glacier melting : Mount Everest delivers its dead

Depuis qu’il a été conquis pour la première fois par Sir Edmunund Hillary et son sherpa Tenzing Norgay en 1953, plus de 4 800 alpinistes ont escaladé l’Everest, le plus haut sommet du monde avec 8848 mètres au-dessus du niveau de la mer.* Ces dernières années, le nombre d’alpinistes a suscité des inquiétudes par leur trop grand nombre, ce qui a aggravé encore davantage les dangers sur la montagne. Quelque 563 alpinistes ont escaladé le sommet depuis le sud du Népal en 2018. 293 sont morts depuis la première tentative d’ascension et on pense que les deux tiers des corps sont encore ensevelis sous la neige et la glace. De 2000 à 2018, le nombre de décès a augmenté pour atteindre en moyenne 6 décès par an. Les corps sont récupérés au printemps du côté chinois, au nord, au début de la saison d’ascension de la montagne.
Plusieurs études montrent que les glaciers de l’Everest, ainsi que la plupart sur la chaîne himalayenne, fondent et s’amincissent rapidement. Une étude réalisée en 2015 a révélé que les petits lacs du glacier Khumbu – que les alpinistes doivent franchir pour escalader l’Everest – s’agrandissent et se rejoignent en raison de la fonte accélérée de la neige et de la glace. L’armée népalaise a vidangé le lac Imja, près de l’Everest, en 2016, car l’eau de fonte des glaciers avait atteint un niveau dangereu. Une autre équipe de chercheurs a effectué des forages dans le glacier Khumbu en 2018 et constaté que la glace était plus chaude que prévu. Le résultat de leurs recherches, publié dans la revue Scientific Reports en 2018, a révélé: «une température de glace minimale de seulement -3,3°C ; même la glace la plus froide était plus chaude de 2°C que la température moyenne annuelle de l’air. Le rapport du Centre for Integrated Mountain Development indique que si le réchauffement climatique se poursuit, les deux tiers des glaciers de l’Himalaya auront probablement fondu d’ici 2100. Cette fonte pourrait provoquer des inondations importantes et détruire des cultures.
Les responsables des expéditions sur l’Everest découvrent de plus en plus de cadavres d’alpinistes sur le plus haut sommet du monde car les températures de plus en plus élevées font fondre les glaciers et la neige. Plus de 200 alpinistes sont morts au sommet depuis 1922, année où les premiers décès ont été recensés sur l’Everest. On pense que la majorité des corps sont restés enfouis sous les glaciers ou sous la neige.
Le changement climatique affecte rapidement le Népal. Dans certaines régions, les glaciers perdent un mètre d’épaisseur chaque année. En conséquence, les cadavres sont de plus en plus exposés et découverts par les alpinistes. Par exemple, depuis 2008, une compagnie de sherpas a découvert à elle seule sept corps parmi lesquels certains remontent à une expédition britannique dans les années 1970.
L’Association nationale des guides de montagne du Népal est inquiète, car ce type de découverte est de plus en plus courant et perturbe leur travail. La plupart des cadavres sont descendus dans les villes. Les autres sont recouverts de roche ou de neige et sont l’objet de prières en signe de respect.
Les guides de montagne déplorent l’inaction des autorités face aux cadavres retrouvés sur la montagne. Récupérer et rapatrier les corps depuis les camps les plus élevés peut être à la fois dangereux et coûteux. Les autorités estiment qu’il en coûte entre 40 000 et 80 000 dollars pour redescendre des cadavres. Les tâches les plus dangereuses ont lieu à 8 700 mètres, près du sommet de l’Everest.

Source: Presse internationale; Glaciers en péril.

* J’ai apporté cette précision car il est bon de rappeler que l’Everest n’est pas la plus haute montagne sur terre. En effet, si on se réfère au centre de la Terre, le Chimborazo en Equateur dépasse l’Everest de 1 811 mètres. D’autre part, pris depuis sa base au fond de l’Océan Pacifique, le Mauna Kea à Hawaii est la plus haute montagne de la planète avec10 210 mètres de hauteur.

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Since it was first conquered by Sir Edmunund Hillary and his sherpa Tenzing Norgay in 1953, more than 4,800 climbers have scaled Mount Everest, the highest peak on Earth with 8,848 metres above sea level*. In recent years, the number of climbers has concern about overcrowding, further exacerbating the dangers on the mountain. Some 563 climbers scaled the peak from Nepal’s southern side in 2018. 293 mountaineers have died on the peak since the first ascent attempt and two-thirds of bodies are thought still to be buried in the snow and ice. From 2000 to 2018 deaths have increased to 6 annual deaths Bodies are being removed on the Chinese side of the mountain, to the north, as the spring climbing season starts.

Several studies show that glaciers in the Everest region, as in most parts of the Himalayas, are fast melting and thinning. A study in 2015 revealed that ponds on the Khumbu Glacier – that climbers need to cross to scale the mighty peak – were expanding and joining up because of the accelerated melting. Nepal’s army drained the Imja Lake near Mount Everest in 2016 after its water from rapid glacial-melt had reached dangerous levels. Another team of researchers drilled the Khumbu Glacier in 2018 and found the ice to be warmer than expected. The research, published in the journal Scientific Reports in 2018, revealed: “a minimum ice temperature of only −3.3 °C, with even the coldest ice being a full 2 °C warmer than the mean annual air temperature. The report from the International Centre for Integrated Mountain Development says that if global warming continues, two-thirds of Himalayan glaciers could melt by 2100 and that the melting ice could cause major floods and destroy crops.

Mount Everest expedition operators are finding increasing numbers of climbers’ dead bodies on the world’s highest peak as high temperatures melt glaciers and snow. More than 200 mountaineers have died on the peak since 1922, when the first climbers’ deaths on Everest were recorded. The majority of bodies are believed to have remained buried under glaciers or snow.

Climate change is affecting Nepal rapidly. In some areas, glaciers are melting by a metre every year. As a consequence, dead bodies are increasingly being exposed and discovered by climbers. For instance, since 2008 a single sherpa company has brought down seven dead bodies of some mountaineers, some dating back to a British expedition in the 1970s.

The Nepal National Mountain Guides Association is worried as this kind of discovery is increasingly common and affects their operations. Most of the dead bodies are brought to the towns. The others are covered with rock or snow and respected by prayers.

The mountain guides regret the authorities’ lack of action in dealing with dead bodies encountered on the mountain. Recovering and removing bodies from the higher camps can be both dangerous and expensive. Experts say it costs $40,000 to $80,000 to bring down dead bodies. One of the most dangerous recoveries is at 8,700 meters, near the summit of Mt Everest.

Source: International press; Glaciers en péril.

* I made this clarification because it is good to remember that Mt Everest is not the highest mountain on Earth. Indeed, if one refers to the centre of the Earth, Chimborazo (Ecuador) exceeds Everest by 1,811 meters. What is more, taken from its base at the bottom of the Pacific Ocean, Mauna Kea (Hawaii) is the highest mountain on the planet with 10,210 metres in height.

Face nord de l’Everest (côté Tibet) [Crédit photo: Wikipedia]

L’Antarctique gagne-t-il plus de glace qu’il en perd ? Pas si sûr ! // Is Antarctica gaining more ice than it loses? Not so sure!

Voici le genre d’étude qu’il faut lire très attentivement, car les observations décrites peuvent ne pas correspondre à la réalité la plus récente.
Une étude de la NASA publiée en octobre 2015 nous apprend qu’une augmentation de l’accumulation de neige en Antarctique amorcée il y a 10 000 ans ajoute actuellement suffisamment de glace sur le continent pour compenser les pertes dues au recul des glaciers dans la partie occidentale du continent. L’étude remet en cause les conclusions d’autres études, notamment le rapport de 2013 du GIEC selon lequel l’Antarctique perd dans son ensemble de la glace terrestre.
Selon la nouvelle analyse des données satellitaires, la calotte glaciaire antarctique a enregistré un gain de 112 milliards de tonnes de glace par an de 1992 à 2001. Ce gain a ralenti pour atteindre 82 milliards de tonnes de glace par an entre 2003 et 2008. Le problème est que l’étude se termine avec l’année 2008 et ne nous informe pas sur ce qui s’est passé au cours de la dernière décennie!
Un glaciologue du Goddard Space Flight Center de la NASA a déclaré que les chercheurs étaient d’accord avec d’autres études qui montrent une augmentation du vêlage des glaciers dans la péninsule de l’Ouest antarctique, en particulier ceux de Thwaites et de Pine Island. Le principal désaccord concerne l’Antarctique oriental et l’intérieur de l’Antarctique occidental, où les scientifiques ont constaté un gain de glace supérieur aux pertes dans les autres régions.
De nos jours, les scientifiques calculent l’élévation et l’amincissement de la couche de glace à partir des variations de hauteur de la surface mesurés par les altimètres à bord des satellites. Dans les endroits où la quantité de neige apportée par de nouvelles chutes sur la couche de glace n’est pas égale à l’écoulement de la glace vers l’océan, la hauteur de la surface change et la masse de la couche de glace augmente ou diminue. L’étude a analysé l’évolution de la hauteur de la calotte glaciaire antarctique à partir des mesures effectuées par les altimètres radar de deux satellites de l’Agence Spatiale Européenne de 1992 à 2001, et par l’altimètre laser d’un satellite de la NASA entre 2003 et 2008.
L’étude indique qu’il ne faudra peut-être que quelques décennies pour que s’inverse la croissance observée par les chercheurs en Antarctique. Si les pertes de la Péninsule Antarctique et de certaines zones de l’Antarctique occidental continuent d’augmenter au même rythme qu’au cours des deux dernières décennies, elles rattraperont le gain de glace en Antarctique oriental dans 20 ou 30 ans. Au final, les chutes de neige ne seront pas plus suffisantes pour compenser ces pertes.

C’est exactement ce qui vient de se passer au cours des dix dernières années et qui n’est pas mentionné dans l’étude de la NASA qui arrête ses observations en 2008. On a confirmation de la perte de glace en Antarctique en lisant une étude de la National Academy of Sciences:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/19/la-fonte-de-lantarctique-suite-the-melting-of-antarctica-continued/

Source: NASA.

A noter qu’en février 2019, la NASA a annoncé qu’une cavité de la taille de l’île de Manhattan avait été découverte sous le glacier Thwaites, confirmant la fonte de ce glacier et le risque d’une hausse du niveau des océans. Le glacier possède suffisamment de glace pour faire monter à lui seul d’au moins 65 centimètres le niveau des océans. De plus, il retient les autres glaciers de l’Ouest antarctique. si tous ces glaciers – qui sont interconnectés – venaient à fondre, la NASA précise que le niveau des mers monterait de 2,40 mètres.

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Here is the kind of study you need to read very carefully as the observations which are described may not correspond with the latest reality.

A NASA study released in October 2015 informs us that an increase in Antarctic snow accumulation that began 10,000 years ago is currently adding enough ice to the continent to outweigh the increased losses from the thinning glaciers in the western part of the continent. The research challenges the conclusions of other studies, including the Intergovernmental Panel on Climate Change’s (IPCC) 2013 report, which says that Antarctica is overall losing land ice.

According to the new analysis of satellite data, the Antarctic ice sheet showed a net gain of 112 billion tons of ice a year from 1992 to 2001. That net gain slowed   to 82 billion tons of ice per year between 2003 and 2008. The problem is that the study stops with that year and does not inform us about what has been happening in the last decade!

A glaciologist with NASA Goddard Space Flight Center said that the researchers were essentially in agreement with other studies that show an increase in ice discharge in the Antarctic Peninsula and the Thwaites and Pine Island region of West Antarctica. The main disagreement concerns East Antarctica and the interior of West Antarctica where the scientists saw an ice gain that exceeds the losses in the other areas.

Scientists calculate how much the ice sheet is growing or shrinking from the changes in surface height that are measured by the satellite altimeters. In locations where the amount of new snowfall accumulating on an ice sheet is not equal to the ice flow downward and outward to the ocean, the surface height changes and the ice-sheet mass grows or shrinks. The study analyzed changes in the surface height of the Antarctic ice sheet measured by radar altimeters on two European Space Agency satellites, spanning from 1992 to 2001, and by the laser altimeter on a NASA satellite from 2003 to 2008.

The study says that it might only take a few decades for Antarctica’s growth to reverse. If the losses of the Antarctic Peninsula and parts of West Antarctica continue to increase at the same rate they have been increasing for the last two decades, the losses will catch up with the long-term gain in East Antarctica in 20 or 30 years. At last, there will not be enough snowfall increase to offset these losses.

This is what happened in the last ten years which are not mentioned in the NASA study but can be read in a National Academy of Sciences study:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/19/la-fonte-de-lantarctique-suite-the-melting-of-antarctica-continued/

Source : NASA.

It should be remembered that in February 2019, NASA scientists discovered a huge cavity as large as Manhattan beneath the Thwaites Glacier, confirming the risk of a rise of the oceans. The glacier holds enough ice to raise the world ocean level at least 65 centimetres. Moreover, Thwaites backstops neighbouring glaciers – which are interconnected – that would raise sea levels an additional 2.4 metres if all the ice were lost.

Source: NOAA