Eruption du Kilauea (Hawaii): Dernières informations // Latest news

7h00 (heure française): Le HVO indique que l’éruption se poursuit dans la Lower East Rift Zone du Kilauea. Des coulées actives sont encore observées dans les Leilani Estates, avec des entrées dans l’océan près du Makenzie State park. La fracture n° 22 continue à émettre de la lave qui se dirige vers le sud-est jusqu’à la côte où elle pénètre dans l’océan. Les fontaines des fractures n° 6 et n° 13 alimentent une coulée de lave bien canalisée qui atteint également la côte et donne naissance à une seconde entrée dans l’océan.
Les fractures n° 7 et n° 21 alimentent une coulée de lave se dirige vers le nord-est et a coupé Kahukai Street le 25 mai dans l’après-midi avant de continuer lentement vers le nord-est. Tous les habitants encore présents dans les zones touchées par la lave doivent partir maintenant. Mohala Street n’est plus accessible en raison de la coulée qui a traversé Kahukai Street.
82 structures ont été officiellement détruites par l’éruption dans Lower Puna depuis le 3 mai. La mise à jour inclut des maisons et d’autres structures et représente une augmentation significative par rapport aux 50 structures annoncées précédemment.
Une surface d’environ 9 kilomètres carrés a été recouverte par la lave dans Lower Puna depuis le début de l’éruption.
La Protection Civile indique qu’un séisme de magnitude M 4,4 a été enregistré dans la zone sommitale du Kilauea à 12h44 le 25 mai 2018.

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18 heures (heure française): Comme je l’ai écrit précédemment, 82 structures ont été officiellement détruites par l’éruption du Kilauea depuis le 3 mai, tandis que 37 autres sont rendues inaccessibles par la lave.
La Protection Civile a donné plus de détails sur cet aspect de la situation à Lower Puna. Le nombre de structures détruites comprend à des résidences, des structures non habitées et des structures non autorisées. Le bilan s’appuie sur les données fiscales foncières fournies par l’ Office of Housing and Community Development qui gère le développement des zones habitées dans cette région de la Grande Ile. En raison de l’augmentation de l’activité volcanique à Lower Puna au cours de la semaine écoulée, la Protection Civile n’a pas pu recenser visuellement toutes les structures détruites et s’est donc abstenue de publier un chiffre définitif avant d’en avoir la confirmation officielle
Les 37 structures isolées sont actuellement intactes et ne sont pas nécessairement entourées de lave. Cependant, les routes d’accès ont été coupées par la lave et ces structures ne peuvent pas être atteintes par la route.
Les alizés qui soufflent du nord-est devraient se maintenir tout au long du week-end, ce qui évitera à une grande partie est de l’île de subir les émissions de SO2 et les assauts du vog ou brouillard volcanique. Cependant, le vent devrait faiblir au cours du week-end et s’orienter à l’ouest pendant la nuit. De plus, une zone de basse pression s’approche de l’ouest et pourrait faire virer le vent au sud-est, avec une concentration de vog près des fractures au début de la semaine prochaine, mais ces prévisions doivent être confirmées. En raison du vent plus faible, le vog et la cendre pourraient affecter les habitants et les gens qui se déplacent en voiture. La Protection Civile conseille aux habitants de se tenir prêts à quitter rapidement une zone touchée par les gaz. Les automobilistes doivent faire preuve d’une extrême prudence, car le vog peut nuire à la visibilité et la cendre volcanique peut provoquer des conditions de conduite difficiles. Des masques anti-poussière sont disponibles dans les centres de distribution prévus à cet effet. La Protection Civile rappelle que ces masques n’offrent aucune protection contre les gaz toxiques.
Le Parc National des Volcans d’Hawaii reste fermé. Cependant, il convient de noter que le nombre de visiteurs à Big Island ce mois-ci est en augmentation de 25 pour cent par rapport à mai 2017. Les navires de croisière qui avaient annulé plusieurs escales au cours des dernières semaines font de nouveau une halte à Kona. Hilo doit encore patienter.
Source: Protection Civile.

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20 heures (heure française): La dernière mise à jour du HVO, publiée le samedi 26 mai 2018, à 6h43 (heure locale) indique que l’éruption se poursuit dans la région des Leilani Estates et Lanipuna Gardens.
La fracture n° 22 continue à produire une coulée de la lave qui atteint l’océan.
Les fontaines des fractures n° 6 et n° 13 donnent naissance à un chenal de lave qui atteint également la côte et donne naissance à une seconde entrée océanique.
Les fractures n° 7 et n° 21 alimentent un petit lac de lave perché et une coulée pahoehoe qui a progressé vers le nord-est et couvre la plus grande partie de la zone comprise entre Kaupili Street et Mohala Street. Le front de coulée, majoritairement composé de lave a’a, avance lentement vers Pohoiki Road. Il se trouve actuellement à environ 150 mètres de la route.
Une coulée pahoehoe est apparue vers 4 heures du matin le 26 mai sur le flanc ouest de la fracture n° 7 et elle alimente deux petites coulées qui se dirigent vers l’ouest. .
De vigoureuses projections ont été observées au niveau d’un cône sur la fracture n° 8, tandis que la fracture n° 17 fait entendre de bruyantes explosions de gaz.

[NDLR : L’énumération de ces différentes fractures peut sembler fastidieuse, mais il est très important de connaître la direction prise par la lave par rapport aux zones habitées. Je conseille de consulter régulièrement les cartes publiées par l’USGS pour mieux comprendre l’évolution de la situation].

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/maps_uploads/image-445.jpg

Les émissions de gaz volcaniques restent très élevées au niveau des fractures.
On a enregistré trois explosions dans l’Overlook Crater au sommet du Kilaura pendant les premières heures du 26 mai. Elles ont généré des nuages ​​de cendre qui ont atteint environ 3000 mètres d’altitude (le Kilauea culmine à 1247 mètres). De petites retombées sont probables dans les zones sous le vent.

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 7:00 a.m. (French time): HVO indicates that the eruption continues on the Lower East Rift Zone. Active flows are still observed in Leilani Estates and entering the ocean near Makenzie State Park. Fissure 22 continues to erupt lava that is flowing southeast to the coast where lava is entering the ocean. Fountains at Fissures 6 and 13 feed a channelised lava flow that also reaches the coast, making a second ocean entry.

Fissure 7 and 21 are feeding a lava flow that has advanced northeastward crossing Kahukai Street on May 25th in the afternoon and continuing to the northeast at a slow pace. Any residents remaining in the affected areas should evacuate now. Mohala Street is no longer accessible due to the flow that has crossed Kahukai Street.

Eighty-two structures have been destroyed by the Lower Puna eruption since May 3rd. The updated total includes homes and other structures, and is a significant increase from the estimated 50 destroyed structures reported previously.

About 9 square kilometres in lower Puna have been covered by lava since the start of the eruption.

The Civil Defense indicates that an M 4.4 earthquake was recorded in the summit area of Kilauea at 12:44 p.m. on May 25th, 2018.

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6 p.m. ( French time): As I put it before, a total of 82 structures were confirmed destroyed by the Kilauea eruption since May 3rd; while 37 additional structures are inaccessible due to lava.

The Civil Defense has given more details about this aspect of the situation in Lower Puna. The number of destroyed structures includes residences, non residences and unpermitted structures. The total is based on county real property tax data and the Office of Housing and Community Development. The total also is a sharp increase from the previous estimated number which was at 50. Because of increased volcanic activity in Lower Puna this week, Civil Defense could not easily visually confirm destroyed structures and thus refrained from releasing updated totals until a number could be confirmed.

The 37 isolated structures, meanwhile, are currently still intact and not necessarily surrounded by lava. However, roads providing access to the structures have been cut off by lava and cannot be reached by road.

The northeasterly trade winds are expected to hold throughout the weekend, sparing much of the east side of the island from SO2 emissions and vog. However, the winds are expected to slow over the weekend, with a more westerly direction during nighttime hours. Moreover, a low-pressure region approaching from the west might lead to winds shifting to the southeast and a potential pooling of vog near the fissures in the early part of next week, but this needs to be confirmed. Because of the weaker winds, vog and ash might impact residents and travellers. Civil Defense advises residents to be prepared to leave an affected area quickly and for drivers to travel with extreme caution because vog can impede visibility and ash can cause adverse driving conditions. Particulate masks are available for the general public at mask distribution centres Civil Defense warns that these masks offer no protection against toxic gases.

 Hawaii Volcanoes National Park remains closed. However, it should be noted that the number of visitors to Big Island this month so far is a 25 percent increase compared to May 2017. The cruise ships which cancelled several port calls on the Big Island during the past several weeks have resumed docking in Kona.

Source : Civil Defense.

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8 p.m. (French time): HVO’s latest update, released on Saturday, May 26th, 2018, at 6:43 a.m. (local time) indicates that the eruption continues in the area of Leilani Estates and Lanipuna Gardens.
Fissure n° 22 continues to erupt lava that is entering the ocean.

Fountains at Fissures n° 6 and n°13 feed lava into a channel that also reaches the coast, forming a second ocean entry.
Fissures n° 7 and n° 21 are feeding a perched lava pond and pahoehoe flow that has advanced northeastward covering most of the area between Kaupili and Mohala Streets. The flow front has become an a’a flow and is advancing slowly toward Pahoa Pohoiki Road. The flow front is currently about 150 metres from the road.

On the west side of Fissure n° 7, a perched pahoehoe flow broke out around 04:00 a.m. on May 26th and is feeding short flows to the west.

Vigorous spatter was observed from a cone on Fissure n° 8, while Fissure n° 17 was the source of multiple booming gas emissions.
Volcanic gas emissions remain very high from the fissure eruptions.
There were three explosions from the Overlook Crater in the early hours of May 26th. They produced ash clouds that reached about 3,000 metre above sea level. Light ashfall is likely in downwind locations.

Les fractures n° 6 (à gauche) et n° 13 (à droite) donnent naissance à des coulées qui se rejoignant pour ensuite aller se déverser dans l’océan (Crédit photo : USGS)

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Kilauea (Hawaii) : Les conséquences de l’activité sismique et volcanique // The consequences of the seismic and volcanic activity

L’activité sismique et volcanique a conduit à de nombreuses fermetures et à des perturbations à travers la Grande Ile.
– Tous les habitants des subdivisions Leilani Estates et Lanipuna Gardens ont reçu l’ordre d’évacuer. La Croix-Rouge américaine a ouvert deux centres d’hébergement à Pahoa et à Keaau. Le centre de Pahoa hébergeait 200 personnes le 4 mai dans l’après-midi tandis que le centre de Keaau comptait 2 réfugiés.
– Le Parc National des Volcans d’Hawaï a été fermé pour assurer la sécurité des visiteurs et des employés à la suite du puissant séisme de M 6,9. Les responsables du Parc ont évacué 2 600 visiteurs, déplacé des clients de la Volcano House et du camp militaire, et ont envoyé chez eux tous les employés du parc qui ne sont pas impliqués dans la sécurité.
– Les responsables du Parc ont déclaré que le séisme a déclenché des éboulements sur les sentiers, les parois de certains cratères et le long de Chain of Craters Road, tandis que le séisme de magnitude M 5.4 a provoqué l’effondrement d’une falaise côtière dans l’océan près de Holei Sea Arch. La secousse a également ouvert des fissures dans le sol sur un point d’observation près du musée Jaggar. De plus, des effondrements des parois de l’Overlook Crater dans le cratère d’Halemaumau ont provoqué des nuages de cendre.
– Le séisme de M 6,9 a provoqué des coupures d’électricité chez à 14 400 clients d’Hawaii Electric Light Co., mais le service a été rétabli ultérieurement.
– Plusieurs écoles du district de Puna ont été fermées le 4 mai.
– Environ 70 membres de la garde nationale d’Hawaï ont été déployés sur l’île pour aider à l’évacuation et à d’autres tâches. Comme je l’ai déjà écrit, six membres de la Garde aideront à effectuer des tests de qualité de l’air. Des niveaux extrêmement élevés de SO2 ont été détectés dans la zone d’évacuation. Les personnes âgées ou en bas âge, ainsi que les personnes souffrant de problèmes respiratoires doivent se conformer à l’ordre d’évacuation obligatoire et quitter la zone.
– Des restrictions de vol temporaires ont été mises en place pour la zone de Lower Puna au moins jusqu’à lundi à 23h59, en raison de l’activité volcanique. Les restrictions couvrent un rayon de cinq milles nautiques à partir de Pahoa et jusqu’à 900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Avions et drones sont interdits dans la zone.
– Le Service des Eaux a imposé une restriction d’utilisation pour les Leilani Estates, Nanawale Estates, Kapoho et Lanipuna Gardens, et demande à tous ses clients de limiter immédiatement l’utilisation de l’eau aux besoins de santé et de sécurité.
– Les activités de la centrale géothermique Puna Geothermal Venture ont été stoppées jusqu’à nouvel ordre et l’installation a été sécurisée.
– L ‘activité volcanique à Puna a attiré l’attention des médias nationaux et internationaux, ce qui a incité les responsables du tourisme à Hawaii à rappeler aux voyageurs que la majeure partie de l’activité volcanique a lieu dans une région reculée et peu peuplée, et que la très grande majorité de la Grande Ile n’est pas concernée.
Source: Journaux hawaïiens.

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The seismic and volcanic activity has led to numerous closures and disruptions across the Big Island.

– All residents in Leilani Estates and Lanipuna Gardens Subdivisions have been ordered to evacuate. The American Red Cross opened two shelters at the Pahoa and Keaau community centers. The Pahoa center had 200 residents on May 4th in the afternoon while the Keaau center had 2 residents.

– The Hawaii Volcanoes National Park was closed for the safety of visitors and employees after the powerful earthquake. Park officials evacuated 2,600 visitors, relocated guests at Volcano House hotel and Kilauea Military Camp, and sent home all non-emergency park employees.

– Park officials said the quake triggered rock slides on trails, crater walls, and along Chain of Craters Road, while an earlier M 5.4 quake caused a coastal cliff to collapse into the ocean near the Holei Sea Arch. The quake also caused narrow fissures in the ground at an overlook near Jaggar Museum, and rockfalls into the lava lake within Halemaumau Crater, sending up dark clouds of ash.

– The largest quake cut power to 14,400 Hawaii Electric Light Co. customers, but the service was later restored.

– Several schools in the Puna district were closed on May 4th.

– About 70 members of the Hawaii National Guard were deployed to the island to help with evacuation and other efforts. As I put it before, six members of the Guard will help the county with air quality tests. Extremely high levels of SO2 were detected in the evacuation area. Elderly, young, and people with respiratory issues need to comply with the mandatory evacuation order and leave the area.

– Temporary flight restrictions have been enforced for the area above lower Puna until 11:59 p.m. Monday, due to the volcanic activity. The restrictions cover a five-nautical-miles radius of Pahoa, from the surface up to 900 metres above sea level. No pilots may operate an aircraft – including drones – in the area.

– The county Department of Water Supply issued an emergency water restriction for Leilani Estates, Nanawale Estates, Kapoho and Lanipuna Gardens, telling all water customers to immediately restrict water use to health and safety needs only.

– Puna Geothermal Venture operations have been shut down indefinitely until further notice. County officials said the facility is secure.

All the volcanic activity in Puna has grabbed the attention of national and international media, prompting the Hawaii Tourism Authority to remind the traveling public that most of the action is in a remote, sparsely populated area, and that most of the state is unaffected by earthquakes and molten lava.

Source: Journaux hawaiiens.

Vue aérienne des fractures éruptives (Crédit photo : USGS / HVO)

Prévention des séismes et tsunamis à la Martinique // Seismic and tsunami prevention in Martinique

Depuis que ce blog existe, je ne cesse de mettre l’accent sur l’importance que revêt l’EDUCATION des populations dans les contextes volcanique et sismique. Lors de mes conférences « Volcans et risques volcaniques », je donne l’exemple de la ville de Kagoshima, au pied du volcan japonais Sakurajima, où la population est régulièrement soumise à des exercices d’évacuation dans l’éventualité d’une éruption majeure qui menacerait l’agglomération située à quelques encabliures de ce volcan particulièrement actif.

Le 14 mars 2018, le site web France-Antilles a diffusé un article avec le titre suivant: « Près de 35 000 Martiniquais mobilisés pour Caribe Wave 2018« . Il s’agissait d’un exercice grandeur nature d’alerte tsunami. Commencé le jeudi 15 mars 2018, il a regroupé une cinquantaine de pays et territoires de la Caraïbe, soit environ 200 000 personnes.

L’exercice se déroule de la manière suivante: Selon le scénario établi par le Groupement Intergouvernemental de Coordination / Système d’Alerte aux Tsunamis pour la CARaïbe, un séisme fictif va générer un tsunami dans la Caraïbe. Les côtes de la Martinique sont notamment touchées.

Organisé par le GIC/SATCAR depuis 2011, cet exercice permet de tester le système d’alerte montante vers les autorités publiques responsables de la gestion de crise ainsi que les procédures de diffusion de l’alerte descendante rapide vers la population. Ce dernier point est du ressort des services opérationnels, les mairies, les opérateurs et les médias.

En Martinique, 3 500 personnes, dont une vingtaine de communes et plus de 20 000 collégiens et lycéens se sont inscrits pour participer à l’exercice, via le site http://www.tsunamizone.org/francais/. Ces communes ont choisi soit de mettre en place une sensibilisation, soit de participer à un exercice d’évacuation. En 2018, une attention particulière a été portée sur les itinéraires d’évacuation et sur les 650 sites refuges identifiés.

Parallèlement à cette campagne de sensibilisation sur le terrain, les autorité locales, avec la caution du Préfet de la Martinique, ont distribué un dépliant intitulé « Alerte Tsunami » (voir ci-dessous) qui, graphiques à l’appui, explique ce qu’est un tsunami, comment reconnaître les trois signes naturels d’un tel phénomène et que faire en cas de danger ou d’alerte. Il est en particulier rappelé que « ces vagues ne sont pas surfables! »

Lorsque j’ai visité la ville de St Pierre, j’ai remarqué les nombreux panneaux apposés dans les rues et sur les ruines des monuments historiques, et indiquant les parcours à suivre en cas d’alerte tsunami. Semblables panneaux sont visibles dans d’autres localités côtières

Au cours de mon séjour aux Antilles, j’ai eu l’occasion de parler de cette démarche d’éducation de la population avec plusieurs personnes. Je pense qu’il faudrait aller encore plus loin, comme le font les Islandais. Dans ce pays, les autorités ont demandé aux habitants de la côte sud de l’île, menacée par des éruptions volcaniques et des crues glaciaires, de télécharger une application sur leurs smartphones. En cas de danger imminent, les habitants reçoivent instantanément un message d’alerte leur indiquant le comportement à adopter dans les délais les plus brefs. Il est fort à parier que ce progrès dans le domaine de la prévention sera bientôt adopté par les populations antillaises.

Le risque sismique est identifié depuis longtemps en Martinique. Depuis le 18ème siècle, l’île a subi plusieurs tremblements de terre importants. Le dernier en date, le 29 novembre 2007 avait une magnitude de M 7,4. Il a  été localisé au nord de la Martinique, à une profondeur de 152 km. Les dégâts furent modérés et d’ampleur inégale. A l’image du Centre de découverte des sciences de la Terre, certaines habitations de la Martinique bénéficient de mesures parasismiques.

S’agissant des tsunamis, au cours des trois derniers siècles, la Martinique et la Guadeloupe ont été frappées par plus d’une dizaine d’événements de ce type. Les plus récents ont été observés en mai 1901, décembre 1901, mars et avril 1902, le 6 mai 1902, le 30 août 1902 et le 24 juillet 1939. Cependant, tous n’ont pas été recensés et certaines surcotes marines ne furent jamais identifiées, faute de connaissances.

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Ever since I created this blog, I have kept focusing on the concept of EDUCATION of populations in volcanic and seismic contexts. During my conferences « Volcanoes and Volcanic Risks », I give the example of the city of Kagoshima, at the foot of the Japanese volcano Sakurajima, where the population regularly performs evacuation exercises in the event of a major eruption which would threaten the community located a short distance from this very active volcano.

On March 14th, 2018, the France-Antilles website published an article with the following title: « Nearly 35,000 Martiniquais mobilized for Caribe Wave 2018 ». This was a life-size tsunami warning exercise. Started on Thursday, March 15th, 2018, it brought together about fifty countries and territories of the Caribbean, about 200,000 people.

The exercise took place as follows: According to the scenario established by the Intergovernmental Coordination Group / Tsunami Warning System for CARIBBEAN, a fictitious earthquake generated a tsunami in the Caribbean. The coasts of Martinique were particularly affected.

Organized by the GIC / SATCAR since 2011, this exercise makes it possible to test the rising alert system towards the public authorities responsible for crisis management as well as the procedures for disseminating the rapid downward alert to the population. This last point is the responsibility of the operational departments, the mayors and the media.

In Martinique, 3,500 people, including some 20 municipalities and more than 20,000 middle and high school students have registered to participate in the exercise, via the site http://www.tsunamizone.org/english/. These municipalities chose either to set up an awareness campaign or to participate in an evacuation exercise. In 2018, special attention was paid to the evacuation routes and the 650 identified refuge sites.

In parallel with this awareness campaign on the field, the local authorities, with the guarantee of the Prefect of Martinique, have distributed leaflets entitled « Tsunami Alert » (see below) which, with graphics, explains what a tsunami is, how to recognize the three natural signs of such a phenomenon and what to do in case of danger. People are reminded that « these waves are not surfable! »

When I visited the city of St Pierre, I noticed the many signs posted in the streets and the ruins of historical monuments, and indicating the routes to follow in case of tsunami warning.

During my stay in the West Indies, I had the opportunity to talk about this process of education of the population. I pointed out  that the prevention has to go even further, as the Icelanders do. In this country, the authorities have asked residents of the south coast of the island, threatened by volcanic eruptions and glacial floods, to download an application on their smartphones. In case of imminent danger, the inhabitants receive an instant warning message indicating the behaviour to adopt as soon as possible. It is a safe bet that this progress in the field of prevention will soon be adopted by the West Indian populations.

The seismic risk has long been identified in Martinique. Since the 18th century, the island has suffered several earthquakes. The most recent, on November 29th, 2007 had a magnitude of M 7.4. It was located north of Martinique, at a depth of 152 km. The damage was moderate and uneven.

As for tsunamis, over the last three centuries, Martinique and Guadeloupe have been hit by more than a dozen events. The most recent ones were observed in May 1901, December 1901, March and April 1902, May 6, 1902, August 30, 1902 and July 24, 1939. However, not all were recorded and some increases in the sea level were never identified, due to a lack of knowledge.

Une brochure très pédagogique:

En cas d’alerte tsunami…

Eléments parasismiques au Centre de découverte des sciences de la Terre:

Photos: C. Grandpey

Le Grand Séisme de Ka’u (Hawaii) en 1868 // The great 1868 earthquake of Ka’u (Hawaii)

Aujourd’hui 2 avril 2018 marque le 150ème anniversaire du plus puissant séisme jamais enregistré à Hawaï au cours des deux derniers siècles. D’une magnitude estimée à M 7,9, ce séisme avait son épicentre près de Pahala dans le district de Ka’u. Connu sous le nom de Grand Séisme de Ka’u, il a atteint la même intensité que celui de San Francisco en 1906. Il a été ressenti jusque sur l’île de Kauai et a fait s’arrêter les horloges sur l’île d’Oahu. À Ka’u, où les secousses ont duré plusieurs minutes, la destruction fut presque totale. Les bâtiments et les murs construits en pierre ont été détruits jusqu’à Hilo. Les secousses ont provoqué des glissements de terrain depuis  Ka’u jusque sur la côte nord d’Hamakua et ont provoqué une petite éruption sur la zone de Rift Sud-Ouest du Kilauea. Une coulée de boue à Wood Valley, au nord de Pahala, a enseveli 31 Hawaïens. Un tsunami a fait déferler au moins huit vagues de plus de 6 mètres de hauteur pendant plusieurs heures. Elles ont causé des dégâts de South Point (Kalae) à Cape Kumukahi (Kapoho), détruit plus de 100 structures et tué 47 personnes. Si un tel événement se produisait aujourd’hui, le Grand Séisme de Ka’u serait l’un des plus puissants enregistrés ces dernières années à travers le monde. Comme l’île d’Hawaï était peu peuplée en 1868, les pertes humaines furent limitées.
À Hawaï, les séismes les plus destructeurs se produisent le long d’une faille en pente douce située entre la base des volcans et l’ancien fond océanique sur lequel ils reposent. Cette faille, située à une profondeur d’environ 11 km, est connue géologiquement sous le nom de faille de décollement (du mot français « décoller », qui signifie « se détacher de »).
Une grande partie de l’île d’Hawaii a été secouée par l’événement de 1868. Si l’on se réfère aux mesures effectuées lors du séisme de M 7 à Kalapana en 1975, également sur la faille de décollement, toute la partie de l’île située au sud et à l’est du sommet et des zones de rift du Mauna Loa s’est probablement déplacée vers la mer et s’est affaissée durant la séisme de 1868.
Le Grand Séisme de Ka’u du 2 avril faisait partie d’une crise volcanique de longue durée qui s’est déroulée pendant 16 jours. Le 27 mars, une éruption a commencé en douceur dans le Moku’aweoweo, la caldeira sommitale du Mauna Loa. L’activité sismique a augmenté tout au long de la journée et, dans l’après-midi du 28 mars, un séisme de magnitude 7,0 s’est produit à Ka’u et a causé d’importants dégâts. Au cours des quatre jours suivants, des secousses presque continues ont été signalées à Ka’u et à Kona Sud. Les séismes se sont poursuivis à raison de 50 à 300 événements par jour – dont un événements de M 6,0 – jusqu’au 2 avril, date à laquelle le Grand Séisme de Ka’u s’est produit à 16 heures. Une violente réplique a eu lieu le 4 avril et des répliques de magnitude décroissante ont continué pendant plusieurs dizaines de jours.
Le Grand Séisme de Ka’u a débloqué la zone de rift sud-ouest du Mauna Loa et le 7 avril 1868 une fissure éruptive s’est ouverte sur le volcan, juste au-dessus de la zone où se trouvent aujourd’hui la route 11 et à l’est des Hawaiian Ocean View Estates.
Bien que nous ne sachions pas à quelle fréquence des événements aussi puissants que le Grand Séisme de Ka’u peuvent se produire, nous savons qu’à Hawaii ce sont les volcans actifs qui gèrent les contraintes qui génèrent les plus grands séismes. Les risques liés au Mauna Loa comprennent donc des éruptions, mais aussi de puissants séismes le long de la faille de décollement de Ka’u et de Kona Sud, comme le confirme le séisme de M 6.9 enregistré près de Captain Cook en 1951. Pour cette raison, il est conseillé aux habitants de l’île d’Hawaii de se tenir prêts à faire face à des éruptions volcaniques, mais aussi à des séismes potentiellement destructeurs.
Source: USGS / HVO.

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Today April 2nd 2018 marks the 150th anniversary of the largest earthquake to strike Hawaii in the last two centuries. Estimated to be an M 7.9 event, this earthquake struck near Pahala in the Ka‘u District of the Island of Hawaii in 1868. Known as the great Ka’u earthquake, it had the same maximum intensity as the 1906 San Francisco earthquake. It was felt as far away as the island of Kauai and stopped clocks on Oahu. In Ka’u, where the shaking went on for several minutes, the destruction was nearly total. Stone buildings and walls were destroyed as far away as Hilo. The shaking caused landslides from Ka’u to Hawaii Island’s northern Hamakua coast and induced a small eruption on Kilauea Volcano’s Southwest Rift Zone. A mudslide in Wood Valley north of Pahala buried 31 Hawaiians. A tsunami, consisting of at least eight waves over several hours, was estimated to be more than 6 metres high in Ka’u. The waves caused damage from South Point to Cape Kumukahi (Kapoho), destroyed more than 100 structures, and took 47 lives. If it happened today, the great Ka’u earthquake would be one of the world’s strongest earthquakes of these past years. Because the Island of Hawaii was sparsely populated in 1868, the loss of lives was limited.

In Hawaii, the most destructive earthquakes occur along a gently sloping fault between the base of the volcanoes and the ancient ocean floor on which they are built. This fault, located at a depth of approximately 11 km, is known geologically as a décollement, from the French word “décoller,” which means “to detach from.”

A large part of the Island of Hawaii moved during the 1868 event. Based on measurements of how much the earth moved during Hawaii’s M 7.7 Kalapana earthquake in 1975, which also occurred on the décollement, the entire island south and east of Mauna Loa’s summit and rift zones probably moved seaward and subsided several metres during the great Ka’u earthquake of 1868.

The April 2nd great Ka’u earthquake was part of a larger volcanic crisis that unfolded over 16 days. On March 27th, an eruption quietly began in Moku’aweoweo, the caldera at the summit of Mauna Loa. Seismic activity increased through the day, and by the afternoon of March 28th, an M 7.0 earthquake occurred in Ka’u, which caused extensive damage. During the following four days, nearly continuous ground shaking was reported in Ka’u and South Kona. Earthquakes continued at rates of 50 to 300 events per day, including an M 6.0 each day, leading up to April 2nd, when the great Ka‘u earthquake occurred at 4 p.m. A severe aftershock occurred on April 4th, and aftershocks of decreasing magnitudes continued for several tens of days.

The great Ka’u earthquake unlocked Mauna Loa’s Southwest Rift Zone, and on April 7th, 1868, an eruptive fissure opened low on the mountain, just above today’s Highway 11 and east of Hawaiian Ocean View Estates.

Though we do not know how often events as large as the great Ka’u earthquake occur, we do know that, in Hawaii, active volcanoes drive the stresses that generate the largest earthquakes. Mauna Loa’s hazards, therefore, include eruptions, as well as large earthquakes along the décollement in Ka’u and South Kona, like the M 6.9 earthquake that occurred near Captain Cook in 1951. Because of this, Island of Hawai‘i residents are encouraged to be prepared for both volcanic eruptions and potentially damaging earthquakes.

Source: USGS / HVO.

Zone de rift dans le désert de Ka’u (Photo: C. Grandpey)

La Terre est une planète vivante // The Earth is a living planet

La Terre est une planète vivante, en perpétuel mouvement. Les plaques tectoniques ne cessent de s’écarter, entrer en collision ou glisser les une contre les autres. C’est ainsi qu’une fracture de plusieurs kilomètres de longueur est apparue récemment dans le SO du Kenya, apportant une nouvelle preuve concrète que le continent africain est en train de se séparer en deux au niveau du Rift est-africain qui s’étire sur plus de 3000 km et marque la limite entre la plaque africaine à l’ouest et la plaque somalienne à l’est. Dans quelques millions d’années, la corne de l’Afrique, avec la Somalie et des morceaux d’Éthiopie, du Kenya et de la Tanzanie, formera une île qui s’éloignera du continent africain.

La fracture apparue au Kenya continue de grandir et s’accompagne d’une activité sismique. D’une quinzaine de mètres de profondeur, elle a coupé la route commerciale de Mai Mahiu-Narok. Bien que la plupart du temps l’évolution du Rift est-africain soit imperceptible, la formation de nouvelles failles ou de fractures, comme celle qui vient de s’ouvrir au Kenya, peut provoquer des séismes. Cependant, en Afrique de l’Est, la plus grande partie de cette sismicité est répartie sur une vaste zone le long de la vallée du Rift et les secousses ont une magnitude relativement faible. A côté des séismes, le volcanisme est une autre manifestation en surface du processus continu de rupture continentale et de la proximité de l’asthénosphère par rapport à la surface.

Le Rift est-africain est un endroit fantastique car il permet d’observer les différentes étapes de sa formation sur toute sa longueur. Au sud, là où le rift est plus jeune, le processus d’extension est faible et la fracturation se produit sur une vaste zone. Le volcanisme et la sismicité sont limités. En remontant vers la région de l’Afar, tout le plancher de la Vallée du Rift est couvert de roches volcaniques. Cela révèle que, dans cette région, la lithosphère s’est amincie jusqu’à presque atteindre un point de rupture complète. Lorsque cette rupture se produira, un nouvel océan commencera à se former par la solidification du magma dans l’espace créé par la rupture des plaques. Au final, sur une période de dizaines de millions d’années, l’extension du fond marin progressera sur toute la longueur du rift. L’océan envahira cet espace et le continent africain deviendra donc plus petit. Une grande île apparaîtra dans l’Océan Indien composée de parties de l’Éthiopie et de la Somalie, y compris la Corne de l’Afrique.
Sources : Presse internationale, Futura Science, The Watchers.

Voici une petite vidéo montrant la fracture apparue au Kenya: https://youtu.be/wO7s5zIhX6k

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 The Earth is a living planet, in perpetual movement. The tectonic plates constantly move apart, collide or slide against each other. Thus, a fracture several kilometres long has recently appeared in the SW of Kenya, providing further concrete evidence that the African continent is dividing in two at the level of the East African Rift which stretches over 3000 km and marks the boundary between the African plate to the west and the Somali plate to the east. In a few million years, the Horn of Africa, with Somalia and parts of Ethiopia, Kenya and Tanzania, will form an island that will move away from the African continent.
The fracture that has appeared in Kenya continues to grow and is accompanied by seismic activity. About fifteen metres deep, it has cut the Mai Mahiu-Narok commercial highway. Although most of the time the evolution of the East African Rift is imperceptible, the formation of new faults or fractures, such as the one that has just opened in Kenya, can cause earthquakes. However, in East Africa, most of this seismicity is spread over a large area along the Rift Valley and its magnitude is relatively low. In addition to earthquakes, volcanism is another surface evidence of the continuous process of continental rupture and the proximity of the asthenosphere to the surface.
The East African Rift is a fantastic place because it allows to observe the different stages of its formation along its length. To the south, where the rift is younger, the extension process is limited and faulting occurs over a large area. Volcanism and seismicity are limited. Going up to the Afar region, the entire floor of the Rift Valley is covered with volcanic rocks. This reveals that in this region the lithosphere has thinned to almost complete break up. When this break up occurs, a new ocean will begin to form by the solidification of magma in the space created by the broken up plates. In the end, over a period of tens of millions of years, the extension of the seafloor will progress over the entire length of the rift. The ocean will invade this space and the African continent will become smaller. A large island will appear in the Indian Ocean composed of parts of Ethiopia and Somalia, including the Horn of Africa.
Sources: International Press, Futura Science, The Watchers.

Here is a short video showing the fracture in Kenya : https://youtu.be/wO7s5zIhX6k

Vue du Rift est-africain (Source: USGS)

Une histoire de bouées // A story of buoys

Aujourd’hui, les scientifiques sont capables de suivre le déplacement des vagues de tsunamis à l’aide d’un réseau de bouées installées à la surface de l’océan. On a pu constater leur efficacité lors du séisme de M 7,9 enregistré le 23 janvier 2018 dans le Golfe d’Alaska. Malgré tout, il arrive que ces bouées connaissent certains problèmes, sans pour autant perturber le fonctionnement de l’ensemble du réseau.

Ainsi, un couple de l’Oregon a découvert une de ces bouées sur la côte, le matin de l’alerte tsunami déclenchée suite au séisme dans le Golfe d’Alaska. Selon le National Weather Service, il se peut qu’elle se soit  détachée de son ancrage à environ 400 km à l’ouest d’Astoria le 4 octobre 2017. Elle a dérivé pendant des mois, poussé par les vents, les courants et les vagues. La NOAA a déclaré que la bouée était l’une des 32 stations de signalement de tsunamis (DART) installées en haute mer autour de la Ceinture de Feu dans l’Océan Pacifique.
Les systèmes DART se composent d’un enregistreur de pression ancré sur le plancher océanique et d’une bouée en surface pour les communications en temps réel. Un lien acoustique transmet les données de l’enregistreur de pression sur le fond marin à bouée à la surface de l’océan. En cas de tsunami, l’enregistreur reconnaît un changement de fréquence et de pression. Il envoie un signal à la bouée qui envoie à son tour par satellite une alerte au Tsunami Warning Center à Hawaii. Les bouées sont attachées à au moins une ancre par une corde en nylon. Elles sont entretenus tous les quatre ans ou plus tôt, selon le lieu où elles se trouvent. On ne sait pas comment la bouée découverte par le couple s’est détachée de son ancrage.

Alors qu’une bouée s’échouait sur la côte de l’Oregon, une autre dans le Golfe d’Alaska ne faisait pas son travail correctement et communiquait de fausses informations. La bouée de la station 46410, un collecteur de données en haute mer, annonçait un tsunami qui n’existait pas ! Les personnes qui se sont connectées au site du National Data Buoy Center ont pu voir pendant quelques minutes que la bouée indiquait un pic de couleur rouge et annonçait un déplacement d’eau de 10 mètres !
Comme je l’ai écrit plus haut, les bouées sont censées indiquer le déplacement vertical d’une colonne d’eau, mais pas nécessairement la hauteur des vagues. Voici ce qui s’est passé, selon un scientifique :
« La station en question se trouve à environ 50 km de l’épicentre. Le pic soudain montré par le déplacement de l’eau juste après le séisme reflète probablement l’énergie sismique qui s’est libérée très brutalement, mais pas le déplacement d’une vague. Les séismes génèrent des ondes de Rayleigh (voir ci-dessous), c’est-à-dire des mouvements qui sont intenses à proximité de la source et diminuent sur la distance. » Le scientifique est à peu près certain que c’est ce phénomène que l’enregistreur a capté.

Il faut remarquer que ces bouées sont utiles pour indiquer le déplacement des vagues de tsunami quand l’épicentre du séisme se situe loin des côtes, comme ce fut le cas le 23 janvier dernier. Si, par malheur, l’épicentre se trouve à quelques dizaines de kilomètres seulement, il sera très difficile d’alerter les populations côtières et elles n’auront guère le temps de se réfugier sur les hauteurs.

Source: Presse américaine.

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Today, scientists are able to track the movement of tsunami waves using a network of buoys installed on the surface of the ocean. Their effectiveness was remarkable during the M 7.9 earthquake of January 23, 2018 in the Gulf of Alaska. Nevertheless, sometimes these buoys have some problems, without disrupting the operation of the entire network.

An Oregon couple found a tsunami buoy on the coast, ironically on the morning of the tsunami watch triggered by the M 7.9 earthquake in the Gulf of Alaska on January 23rd 2018. .

According to the National Weather Service, it could be a buoy that broke from its mooring approximately 400 km west of Astoria on October 4th. It drifted for months, pushed by wind, currents and waves. NOAA said the buoy was one of 32 Deep-ocean Assessment & Reporting of Tsunamis (DART) stations positioned around the Ring of Fire in the Pacific Ocean.

DART systems consist of an anchored seafloor bottom pressure recorder (BPR) and a companion moored surface buoy for real-time communications. An acoustic link transmits data from the pressure recorder on the seafloor to the surface buoy. In the event of a tsunami, the recorder recognizes a change in frequency and pressure. It sends a signal to the buoy, which sends an alert to the Tsunami Warning Center via satellite. The buoys are tethered to at least one anchor by a nylon rope. They receive maintenance every four years or sooner, depending on the location. It’s not clear how the buoy broke free.

While a buoy landed on the coast in Oregon, another one in the Gulf of Alaska failed to do its job properly and communicated wrong information. The buoy at station 46410, a deep-ocean data collector, predicted a tsunami that was not. Anybody logging onto the National Data Buoy Center site for a short interval could see that the buoy showed a red spike and a 10-metre water displacement.

As I put it above, the buoys measure how the entire water column moves up and down, not necessarily wave height. Here is what happened, according to a tsunami scientist:

“That station is about 50 km from the epicenter. The sudden spike in water displacement so soon after the quake probably reflected the burst of seismic energy released, not a wave. Earthquakes generate Rayleigh waves (see below), i.e.undulating motions intense near the source and diminishing over distance.” The scientist is pretty sure that was what the recorder picked up.

It should be noted that these buoys are useful to indicate the displacement of tsunami waves when the epicentre of the earthquake is located far from the coast, as was the case on January 23rd. If, unfortunately, the epicentre is only a few dozen kilometres away, it will be very difficult to warn the coastal population and they will have little time to take refuge on high points.

Source: U.S. newspapers.

Bouée de détection de tsunamis (Crédit photo: NOAA)

Propagation des ondes de Raleigh (Source: NOAA)

Puissant séisme dans le Golfe d’Alaska // Powerful earthquake in the Gulf of Alaska

12 heures: Un puissant séisme a été enregistré à 9h32 (TU) le 22 janvier 2018 dans le golfe d’Alaska, à 280 km au sud-est de Kodiak, avec une magnitude préliminaire de M 8,2, plus tard abaissée à M 7,9 par l’USGS. Sa profondeur était de 25 km.
Une alerte au tsunami a été émise pour les zones côtières de la Colombie-Britannique aux Aléoutiennes, ainsi que pour l’État d’Hawaï où l’alerte était en vigueur à 23h43. Le tsunami ne devrait pas frapper Homer (Alaska) avant 2h50 du matin. Il pourrait être destructeur sur les zones côtières, même loin de l’épicentre. Si les vagues atteignent Hawaii, les premières sont prévues le 23 janvier à 04h26. Des sirènes ont retenti à Kodiak et Homer (5 500 habitants), et des gens ont été évacués entre Sitka et Seward. Le séisme a réveillé les gens dans la région d’Anchorage et a été ressenti dans toute la partie centre-sud de l’Alaska.

12h15: Aux dernières nouvelles, selon le Tsunami Warning Center à Hawaii, la hauteur des vagues de tsunami ne devrait pas dépasser une trentaine de centimètres quand elles atteindront l’archipel hawaiien, ce qui est plutôt rassurant.

12h30: L’alerte tsunami vient d’être annulée pour Hawaii. Pas d’alerte non plus pour les autres régions autour de l’Océan Pacifique.

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12:00: A powerful earthquake occurred at 09:32 a.m. (UTC) on January 22nd 2018 in the Gulf of Alaska, 280 km SE of Kodiak, with a preliminary magnitude of M 8.2, later downgraded to M 7.9 by USGS. Its depth was 25 km.

A tsunami watch has been issued for coastal areas from British Columbia to the Aleutians, as well as for the State of Hawaii where the alert was effective at 11:43 p.m. The tsunami is not expected to hit Homer (Alaska) until 2:50 a.m. It could be destructive on coastal areas, even far from the epicentre. Should tsunami waves impact Hawaii, the estimated earliest arrival would be 04:26 a.m. on January 23rd.  Sirens were blasting in Kodiak and Homer (pop. 5,500), and people were evacuated from Sitka to Seward. The quake woke people up in Anchorage area and was felt around southcentral Alaska.

12:15: According to the Tsunami Warning Center in Hawaii, the height of the tsumami waves should not exceed 30 centimetres or so when they hit the archipelago. This is quite reassuring.

12:30: The tsunami alert has just been cancelled for Hawaii. No alert either for the other egions around the Pacific Ocean.

Estimation du temps de parcours des vagues de tsunami (Source: USGS)