Septembre 2021 encore trop chaud ! // September 2021 still too hot !

En attendant la bilan mensuel de la NASA et de la NOAA qui paraîtra vers le 15 de ce mois, les archives ERAS indiquent que le mois de septembre 2021 a été le 2ème plus chaud de l’histoire. il se situe +0,598°C au-dessus de la moyenne 1981-2010. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0,402°C. Les trois mois de septembre les plus chauds ont été enregistrés ces trois dernières années. Les neuf derniers mois de septembre sont dans le Top 10.

La situation climatique actuelle se déroule dans des conditions El Niño neutres légèrement négatives dans le Pacifique. Selon la NOAA, des conditions La Niña pourraient de nouveau émerger cet hiver, alors quie d’autres agences misent sur des conditions neutres.

Source: global-climat.

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While waiting for the monthly report from NASA and NOAA which will be released around October 15th, the ERAS archives indicate that September 2021 was the second hottest in history. it was + 0.598 ° C above the 1981-2010 average. Compared to the new 1991-2020 reference period used by ERA5, the anomaly is + 0.402 ° C. The hottest three months of September have been recorded in the past three years. The last nine months of September are in the Top 10.
The current climatic situation is under slightly negative neutral El Niño conditions in the Pacific. According to NOAA, La Niña conditions could emerge again this winter, while other agencies are betting on neutral conditions.
Source: global-climat.

Capture du CO2 en Islande (suite) // CO2 capture in Iceland (continued)

L’Islande est connue depuis longtemps pour ses efforts de capture du dioxyde de carbone. Dans plusieurs articles de ce blog (17 juin 2016 ; 26 avril, 22 mai 2021, par exemple), j’ai évoqué le projet islandais CarbFix, à côté d’une centrale géothermique dans la périphérie de Reykjavik. L’objectif du projet est d’injecter du CO2 sous terre et de le stocker dans le substrat basaltique.
Le 9 septembre 2021, la société suisse Climeworks a commencé à faire fonctionner 96 turbines alimentées par une centrale géothermique voisine. Un dirigeant d’entreprise explique que dès que les turbines sont actionnées, chaque tonne de CO2 absorbée aide à lutter contre le réchauffement climatique.
Le dioxyde de carbone est d’abord aspiré dans des collecteurs, puis traité dans un local avant d’être mélangé à de l’eau. À l’intérieur d’un bâtiment en forme de dôme, il est injecté dans le sol et enfoui dans la roche où il peut rester plus de 1000 ans.
La capacité annuelle de l’usine Climeworks est de 4 000 tonnes. Bien sûr, c’est une goutte d’eau dans l’océan de dioxyde de carbone qui asphyxie la planète. Il ne faudrait pas oublier que près de 40 milliards de tonnes de CO2 sont actuellement rejetées dans l’atmosphère chaque année, en grande partie à partir d’énergies fossiles.
Les climatologues rappellent que l’élimination de ces émissions nocives suppose l’abandon des véhicules à essence, la découverte de nouveaux carburants pour propulser les avions, de nouveaux matériaux pour construire des bâtiments et la production de toute notre électricité à partir de sources renouvelables. Selon les scientifiques, la capture du carbone, si elle est développée à grande échelle, pourrait aider à gagner du temps. Climeworks compte de gros investisseurs, dont Microsoft qui met la main au portefeuille pour compenser ses propres émissions.
Climeworks n’est pas la seule entreprise à capter le CO2. Une entreprise canadienne envisage de construire une usine d’élimination du carbone dans l’ouest du Texas; elle devrait éliminer environ 1 million de tonnes de CO2 par an. United Airlines est un investisseur majeur, mais beaucoup pensent que l’élimination du carbone est encore trop coûteuse et difficile à reproduire dans le monde entier.
Tous ces efforts pour capter le CO2 sont louables, mais force est de constater qu’il n’existe actuellement aucun modèle économique crédible qui permettrait à notre planète d’atteindre une économie zéro carbone d’ici 2050.
Source : CBS News, Climeworks.

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Iceland has long been famous for its efforts to capture carbon dioxide. In several posts on this blog (June 17th, 2016; April 26th, May 22nd, 2021, for instance), I told about the Icelandic CarbFix project, located next to a geothermal power plant outside Reykjavik. The goal of the project was to inject CO2 underground and store it into basalt bedrock.

On September 9th, 2021, the Swiss company Climeworks started operating 96 fans powered by a nearby geothermal plant. A company executive explains that as soon as the fans are on, every ton of CO2 that is removed helps fighting global warming.

The carbon dioxide first gets drawn into collectors and then is processed in a room and mixed with water. Inside a domed building, it gets injected into the ground and trapped in stone. It can stay there for more than 1,000 years.

The yearly capacity of the Climeworks plant is 4,000 tons. Sure, this is a drop in the carbon dioxide ocean. One should not forget that nearly 40 billion tons of CO2 are now released into the atmosphere every year, much of it from fossil fuels.

Climate specialists say eliminating those emissions means abandoning gas-powered vehicles, finding new fuels to power airplanes, new materials to build buildings and getting all of our electricity from renewable sources. Scientists confirm that carbon capture, if dramatically scaled up, could help buy time. Climeworks has big investors, including Microsoft, which is also paying to offset its own emissions.

Climeworks is not the only company to capture CO2. A Canadian company is planning to build a carbon removal plant in West Texas; it is expected to remove about 1 million tons of CO2 a year. United Airlines is a major investor, but skeptics say carbon removal is still too expensive and complicated to replicate worldwide.

All these efforts to capture CO2 are laudable, but one is forced to admit that there is currently no credible economic model that shows the world will be achieving a net-zero carbon economy by 2050.

Source: CBS News, Climeworks.

 

Source: Climeworks

Pénurie de lithium sur le marché du véhicule électrique // Lithium shortage on the electric car market

L’arrivée sur le marché des véhicules électriques permettra-t-elle de réduire les émissions de gaz à effet de serre et donc la fonte des glaciers? Un article publié sur le site Lithium News montre que la partie est loin d’être gagnée.

Au train où vont les choses, il faudra probablement dépenser beaucoup d’argent pour acheter un véhicule électrique dans les mois ou les années à venir. La cause est une pénurie probable de lithium dont l’extraction est déjà une catastrophe pour l’environnement, notamment en Amérique du Sud.
Le prix du lithium a atteint son plus haut niveau en trois ans suite à une augmentation des ventes de véhicules électriques. Cela a mis à mal les stocks de composants pour batteries en Chine qui est le principal consommateur.
Les objectifs de réduction des émissions de carbone, que ce soit en Chine ou aux États-Unis ne peuvent être atteints sans les batteries lithium-ion rechargeables qui alimentent les véhicules électriques. Il faudra donc investir davantage dans la production de lithium pour répondre aux besoins de la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques dans les mois et années à venir.
Il y a une énorme inquiétude concernant la source d’approvisionnement en lithium dans un proche avenir. Si le lithium n’arrive pas à temps sur le marché, la production de véhicules électriques pourrait être paralysée par manque de matières premières.
Les batteries de véhicules électriques peuvent utiliser du carbonate de lithium ou de l’hydroxyde de lithium, mais l’industrie parle généralement de volumes en équivalent carbonate de lithium (ECL).
Les prix du carbonate de lithium en Chine ont augmenté de plus de 160 % depuis le début de l’année 2021. Les prix au comptant du carbonate de lithium en Chine ont grimpé de 170 % cette année et ont atteint leur plus haut niveau depuis avril 2018. Le prix du spodumène, une forme de lithium principalement extraite en Australie, a grimpé de 144 % cette année.
En Chine, qui représente le plus grand marché pour les véhicules électriques, la production de carbonate de lithium en août 2021 a augmenté de 19% par rapport à 2020 pour atteindre près de 20 000 tonnes.
La demande de lithium devrait bondir de 26,1%, soit environ 100 000 tonnes d’ECL pour atteindre 450 000 tonnes, ce qui représente un manque de 10 000 tonnes.sur le marché
Selon le cabinet conseil de Rho Motion, les ventes de véhicules électriques dans le monde ont augmenté de 150 % au cours des sept premiers mois de 2021 par rapport à la même période en 2020 pour atteindre un peu plus de 3 millions d’unités, avec environ 1,3 million de véhicules vendus en Chine. Pour 2021, Rho Motion s’attend à ce que les ventes de véhicules électriques atteignent 5,8 millions.
Source : Lithium News.

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Will the arrival on the market of electric vehicles make it possible to reduce greenhouse gas emissions and then the melting of glaciers? An article published on the Lithium News website shows that the game is far from won.

As things are going, you will probably have to spend a lot of money to buy an electric vehicle in the coming months or years. The cause is a likely shortahge of lithium whose extraction is a disaster to the environment, especially in South America.

Lithium prices have jumped to their highest in more than three years thanks to an upsurge in electric vehicle sales, depleting stocks of the battery material in top consumer China.

Targets to cut carbon emissions from China to the United States cannot be met without the rechargeable lithium-ion batteries that power electric vehicles. More investment in lithium production is needed to meet future needs of the electric vehicle supply chain.

There is huge anxiety about where lithium supply is going to come from in the near futurer. If new lithium does not start coming to market, electric vehicle production rates might be hamstrung by a lack of raw material supply.

Electric vehicle batteries can use lithium carbonate or lithium hydroxide, but the industry typically talks of volumes in lithium carbonate equivalent (LCE). Prices for lithium carbonate in China have risen more than 160% so far this year. Spot prices for lithium carbonate in China have climbed 170% so far this year and have reached their highest level since April 2018. Prices of spodumene , a source of lithium mainly mined in Australia, have climbed 144% this year.

In China, the biggest market for electric vehicles, lithium carbonate output in August rose 19% year-on-year to almost 20,000 tonnes. Demand for lithium is expected to jump 26.1% or about 100,000 tonnes of LCE to a total of 450,000 tonnes, flipping the market into a deficit of 10,000 tonnes.

Global sales of electric vehicles were up 150% in the seven months to July to just over 3 million units, compared to the same period in 2020, with about 1.3 million sold in China, according to consultancy Rho Motion. For 2021, Rho Motion expects electric vehicle sales to reach 5.8 million.

Source: Lithium News.

L’extraction du lithium est une menace pour la beauté des salars sud-américains (Photos: C. Grandpey)

COP 26 de Glasgow : un échec annoncé? // COP 26 in Glasgow : a predicted failure?

La prochaine Conférence des Parties, la COP 26, se tiendra à Glasgow (Écosse) entre le 31 octobre et le 12 novembre 2021, mais Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations Unies, a déclaré au cous d’une interview au siège de l’Organisation à New York que l’événement risquait d’échouer en raison du climat de méfiance entre pays développés et pays en voie de développement et d’un manque d’objectifs ambitieux parmi certaines économies émergentes.
La finalité de la COP 26 est d’obtenir des participants du monde entier une action climatique beaucoup plus ambitieuse et l’argent qui va avec. Les scientifiques ont déclaré le mois dernier que le réchauffement climatique était sur le point de devenir incontrôlable.
Selon Gutteres, « nous sommes au bord du gouffre et lorsque vous êtes au bord du gouffre, vous devez faire très attention à votre prochain pas. En l’occurrence, le prochain pas, c’est la COP26 de Glasgow. »
Aujourd’hui 20 septembre 2021, Guterres et le Premier ministre britannique Boris Johnson organisent une réunion, à la fois en distanciel et en présentiel, des dirigeants mondiaux en marge de la semaine annuelle de l’Assemblée Générale des Nations Unies dans le but de multiplier les chances de succès de la conférence de Glasgow.
Le monde reste à la traîne dans sa lutte pour réduire les émissions de carbone et la progression du changement climatique n’a pas été ralentie par la pandémie de COVID-19. Au lieu de cela, les concentrations de CO2 n’ont cessé d’augmenter au cours des derniers mois et atteignaient 412,84 ppm le 16 septembre 2021
Les scientifiques ont déclaré le mois dernier qu’à moins que des mesures significatives soient prises pour réduire les émissions, la température moyenne de notre planète risque d’atteindre ou de franchir le seuil de réchauffement de 1,5 degré Celsius d’ici 20 ans.
Guterres a déclaré: « Jusqu’à présent, je n’ai pas vu suffisamment d’engagement des pays développés pour venir en aide aux pays en voie développement et pour donner une part significative de ce soutien aux besoins d’adaptation. »
Les pays en voie de développement sont souvent les plus vulnérables aux impacts climatiques et les moins dotés en ressources pour y faire face. Pendant des années, ils ont lutté pour obtenir les fonds nécessaires pour affronter les perturbations climatiques. Les pays riches ont promis en 2009 d’investir une somme atteignant 100 milliards de dollars par an.
Jusqu’à présent, l’argent qui est arrivé s’est concentré sur la réduction des émissions plutôt que sur l’adaptation. Sur les 78,9 milliards de dollars de financement climatique transférés par les pays riches en 2018, seuls 21 % ont été consacrés à l’adaptation.
Lorsqu’on lui a demandé si les entreprises qui développent une technologie de capture du carbone devraient délivrer des dérogations de brevets afin que ces avancées puissent être partagées, Guterres a déclaré que tout développement dans ce domaine devrait être un bien public et être mis à la disposition de tous les pays du monde. Cependant, il a ajouté : « Nous n’avons pas encore vu de résultats confirmant que ces technologies seront un élément clé pour résoudre le problème [du réchauffement climatique]. »
Guterres a minimisé l’impact de l’altération des relations entre la Chine et les États-Unis sur leur coopération sur le changement climatique. Il souhaite que chacun des deux pays joue le rôle qui est le sien.

Source: Nations Unies.

En ce qui me concerne, je ne suis pas optimiste quant à l’issue de la conférence de Glasgow. La COP 21 de Paris de 2015 était censée définir les conditions de la politique environnementale pour freiner le réchauffement climatique, mais peu ou rien n’a été fait depuis cette date. Pire, je ne peux oublier la conclusion de la COP 24 en Pologne – qui s’est tenue au cœur du bassin houiller de Silésie – quand le président polonais a déclaré froidement qu’il ne réduirait pas la production de charbon de son pays par peur du chômage que cela créerait ! Emmanuel Macron n’a pas assisté à la COP 25 de Madrid. Fera-t-il le déplacement de Glasgow…?

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The next Conference of Parties, COP 26 will be held in Glasgow (Scotland) between October 31st and November 12th, 2021, but United Nations chief Antonio Guterres said in an interview at UN headquarters in New York that the event is at risk of failure due to mistrust between developed and developing countries and a lack of ambitious goals among some emerging economies.

COP 26 aims to wring much more ambitious climate action and the money to go with it from participants around the globe. Scientists said last month that global warming is dangerously close to spiralling out of control.

According to Gutteres, « we are on the verge of the abyss and when you are on the verge of the abyss, you need to be very careful about what the next step is. And the next step is COP26 in Glasgow. »

Today September 20th, 2021, Guterres and Britain’s Prime Minister Boris Johnson are hosting a meeting, both virtual and in-person, of world leaders on the sidelines of the annual week of the U.N. General Assembly in a bid to build the chances of success at the Glasgow climate conference.

The world remains behind in its battle to cut carbon emissions and the pace of climate change has not been slowed by the global COVID-19 pandemic. On the contrary, CO2 concentrations have kept increasing all through the past months reaching 412,84 ppm on September 16th, 2021

Scientists said last month that unless big action is taken to cut emissions, the average global temperature is likely to hit or cross the 1.5-degree Celsius warming threshold within 20 years.

Guterres said: « Until now, I have not seen enough commitment of developed countries to support developing countries … and to give a meaningful share of that support to the needs of adaptation. »

Developing countries tend to be the most vulnerable to costly climate impacts, and the least resourced to deal with them. For years, they have been struggling to secure the funds to help them prepare for climate disruptions that rich nations pledged in 2009 to ramp up to $100 billion annually.

So far, the money that has arrived has focused on emissions reduction rather than adaptation. Of the $78.9 billion in climate finance transferred by rich countries in 2018, only 21% was spent on adaptation.

When asked whether companies that develop carbon capture technology should have to issue patent waivers so those advances can be shared, Guterres said that any development in that area should be a global public good and should be made available to all countries in the world. However, he added: « We have not yet seen results that confirm those technologies will be a key element to solve the problem. »

Guterres played down the impact that the increasingly rancorous relationship between China and the United States will have on their cooperation on climate change. He wishes both the United States and China would do their part.in the fight against global warming.

Source: United Nations.

As far as I’m conrned, I’m not optimistic about what will come out of the Glasgow conference. The 2015 Paris Confreence was supposed to define the conditions of the environmental policy to curb global warming, but little or nothing has been.done since that year. Worse; I can’t forget the outcome of COP 24 in Poland – held in the haeart of the Silesian coal basin – when the Polish president said he would not reduce the coal production of his country for fear of unemployment! Emmanuel Macrom did not attend COP 25 in Madrid. Will he go to Glasgow…?

Courbe de Keeling montrant les concentrations de CO2 dans l’atmosphère sur une durée d’un an.