Le dégel du permafrost dans l’Arctique russe // Permafrost thawing in the Russian Arctic

 En raison du changement climatique et du réchauffement qui l’accompagne, le pergélisol dans l’Arctique se dégrade beaucoup plus rapidement que prévu. Cette situation est parfaitement visible en Yakoutie, également connue sous le nom de République de Sakha, la région la plus grande mais aussi la plus froide de la Fédération de Russie.

La couche supérieure du pergélisol, d’une quarantaine de mètres d’épaisseur, dégèle à une vitesse inquiétante dans cette région, ce qui provoque l’effondrement des bâtiments et tranfforme des routes autrefois parfaitement planes en montagnes russes qui posent même des problèmes aux SUV les plus robustes. Les photos publiées par The Siberian Times sont particulièrement révélatrices :

https://siberiantimes.com/other/others/news/building-breaks-in-middle-and-collapses-10-metres-as-thawing-permafrost-no-longer-supports-stilts/

Il a fallu seulement deux ans pour qu’un bâtiment de la ville portuaire de Chersky sur la rivière Kolyma, dans le nord-est de la Yakoutie, se brise par le milieu. En dégelant, le pergélisol autrefois dur comme du béton ne pouvait plus maintenir la structure sur ses supports.

Le pergélisol, mélange de terre, de sable et de glace, se trouve sous les villes, et les vastes zones peu peuplées de Yakoutie. C’est le plus grand réservoir de carbone organique au monde, qui se transforme en gaz à effet de serre comme le méthane quand il dégèle. La température du pergélisol ne cesse d’augmenter, et il est en train d‘atteindre le point où il commencera à dégeler partout, et très rapidement. Comme l’a expliqué un scientifique russe, «nous nous dirigeons vers une boucle de rétroaction, ce cercle vicieux à l’intérieur duquel le réchauffement climatique accélère le dégel du pergélisol qui, à son tour, accélère le réchauffement climatique qui accélère à son tour le dégel du permafrost. jusqu’à ce que le pergélisol se vide de tout le carbone actif qu’il contient.»

Vous pourrez obtenir plus d’informations sur la dégradation du pergélisol et les changements qu’elle entraîne pour les personnes qui vivent dans l’Arctique russe en regardant le documentaire d’Alexandre Fedorov Permafrost melts due to climate change. Are we doomed?  (Le pergélisol fond à cause du changement climatique. Sommes-nous condamnés?) Le film – en russe sous-titré en anglais – a été tourné avec le soutien de Greenpeace Russie. https://youtu.be/HkMX_hYdo-w

Source: The Siberian Times.

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 Due to climate change and global warming, permafrost in the Arctic is degrading much faster than expected. These effects can clearly be seen in Russia’s Yakutia, also known as Sakha Republic, the biggest, and the coldest constituent region in the Russian Federation.

The top layer of the 40-metre-deep body of permafrost is thawing worryingly fast in this region, leading buildings to collapse and previously even roads becoming rollercoasters which even the sturdiest of SUVs struggle to drive. Just look at the photos in The Siberian Times:

https://siberiantimes.com/other/others/news/building-breaks-in-middle-and-collapses-10-metres-as-thawing-permafrost-no-longer-supports-stilts/

It took two years for a building in the port town of Chersky on the Kolyma River, in northeastern Yakutia, to snap in the middle after the once solid permafrost could no longer hold its supporting stilts.

Permafrost, the mixture of soil, sand and ice lies under cities and vast unpopulated areas of Yakutia. It is the world’s biggest reservoir of organic carbon which converts into greenhouse gases like methane once it thaws.

The temperature of the permafrost is rising, and it is reaching the point when it will begin to thaw everywhere, and very actively. As a Russian scientists explained, “we are heading towards a vicious circle when climate warming will speed up the thawing of permafrost, which will in turn add to faster climate warming and further accelerate the thawing, until all active carbon is released from permafrost.”

You can see more on degrading permafrost and the change it brings to people living in Russian Arctic in Alexander Fedorov’s documentary Permafrost melts due to climate change. Are we doomed?  The film – in Russian with English subtitles – was shot with the support of Greenpeace Russia.

https://youtu.be/HkMX_hYdo-w

Source: The Siberian Times.

Coupe du permafrost extraite du film d’Alexander Fedorov

Effets du dégel du permafrost sur le réseau routier en Alaska (Photo : C. Grandpey)

Ecroulement des côtes britanniques // Collapse of the British coastline

J’ai averti à plusieurs reprises que le changement climatique entraînerait une élévation du niveau de la mer, avec des tempêtes plus violentes qui éroderaient les côtes et obligeraient certains habitants ou même certaines localités à se déplacer.

Il semble que les côtes britanniques soient particulièrement exposées à ce phénomène. En septembre 2015, une falaise du Dorset s’est effondrée de manière spectaculaire sur la plage en contrebas.

Le 13 avril 2021, un énorme pan de falaise le long de la côte du Dorset s’est effondré dans la mer. C’est le plus important effondrement observé dans la région depuis 60 ans. Voici une vidéo de l’événement filmée par un drone: https://youtu.be/_UzznbnxVlk

Des centaines de kilomètres de côtes britanniques s’effondrent en ce moment en raison de l’érosion. Le National Trust a averti que plusieurs régions côtières du Royaume-Uni seront menacées par l’érosion au cours des quatre prochaines décennies. Au cours des derniers mois, de nombreux effondrements se sont produits dans le sud-ouest de l’Angleterre. Ainsi, en novembre 2019, un gros effondrement a été observé à Eype. Dans le sud-est, une partie des célèbres falaises blanches de Douvres s’est effondrée en février 2021.

Voici une vidéo d’un autre effondrement dans le Devon en 2020: https://youtu.be/fERbWWbtewA

Le National Trust affirme que des mesures devront être prises pour protéger les sites menacés. De leur côté, les géologues expliquent que «la Grande-Bretagne rétrécit». Au fur et à mesure que les vagues viennent déferler sur le littoral, les roches s’effritent ou tombent en morceaux. Même si des glissements de terrain semblables ont été observés dans le passé, ils sont de plus en plus fréquents aujourd’hui et le changement climatique est tenu pour responsable.

Les scientifiques constatent depuis longtemps que les tempêtes en mer sont plus puissantes et plus destructrices de nos jours et que la hausse du niveau des océans provoquée par la fonte des calottes glaciaires aux pôles rend la situation encore plus inquiétante. Des milliers de personnes vivant le long des côtes britanniques ont été et seront forcées de déménager vers l’intérieur des terres.

La Grande-Bretagne ne fait pas exception. Des effondrements de falaises similaires se produisent dans le monde entier avec les mêmes causes. En novembre 2020, une vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux montrant une falaise en train de s’effondrer aux Canaries: https://youtu.be/8hpiQc0gUC0

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I have warned several times that climate change would lead to sea level rise, more extreme storms that would erode the coasts and force some local residents or even some communities to move somewhere else. It seems British coasts are particularly exposed to this phenomenon.

In September 2015, a cliff in Dorset crumbled in a dramatic fashion onto the beach below.

On April 13th, 2021, a huge portion of a cliff along Dorset’s Jurassic Coast collapsed into the sea. It was the biggest rockfall in the area in 60 years. Here is a drone view of the event:

https://youtu.be/_UzznbnxVlk

Hundreds of kilometres of British coastline are collapsing through worsening erosion. The National Trust has warned that several of the UK’s coastal regions are threatened by coastal erosion over the next four decades. In the last few months, numerous collapses have occurred in the region. In November 2019, a large rockfall hit Eype, while a part of the famous White Cliffs of Dover collapsed in February 2021. Here is a video of another collapse in Devon in 2020:

https://youtu.be/fERbWWbtewA

The National Trust warns that more action will be need to protect the threatened sites. Geologists explain that “Britain is shrinking.”. As the waves crash onto the shores, the rock is worn away or falls off in chunks.

Even if similar landslides were observed in the past, they are becoming more frequent today and climate change is held responsible. Scientists have warned for a long time that storms at sea are more powerful and more destructive these days and the rising levels of the ocean increased by the melting of the ice sheets at the poles makes the situation as the more worrying. Thousands of people along the coast of Britain have been and will be forced to move inland.

Britain is no exception. Similar cliff collapses are occurring around the world with the same causes. In November 2020, a video was released on social networks showing a cliff collapsing in the Canary Islands:

https://youtu.be/8hpiQc0gUC0

 

Les côtes françaises ne sont pas à l’abri de tels effondrements (Photo: C. Grandpey)

“Urgence climatique” remplace “changement climatique » // “Climate emergency” instead of “climate change”

Le très sérieux et populaire magazine américain Scientific American a annoncé le 12 Avril 2021 qu’il cesserait d’utiliser le terme «changement climatique» dans les articles sur le réchauffement climatique d’origine anthropique et qu’il le remplacerait par «urgence climatique».

Selon le rédacteur en chef du magazine, la presse se doit de faire écho à ce que dit la science. Pour faire valoir son point de vue, il insiste sur le nombre croissant de catastrophes météorologiques qui, selon la plupart des scientifiques, sont causées par le changement climatique: un ouragan en Floride; un barrage qui lâche en Californie parce que les inondations l’ont mis à saturation; une vague de froid soudaine avec des températures record qui ont provoqué des coupures de courant dans tout l’État du Texas, et ainsi de suite. Le rédacteur en chef insiste sur le fait que ce sont des urgences qui nécessitent une action immédiate. «Multipliez ces situations à l’échelle de la planète, et vous avez la plus grande urgence environnementale sur Terre depuis des millénaires: le plus profond changement climatique de tous les temps.»

Le Scientific American n’est pas le seul journal ou magazine à avoir décidé de mettre en évidence ce qu’il considère comme une situation d’urgence nécessitant une action immédiate. Il a rejoint la Columbia Journalism Review, The Nation, The Guardian, Noticias Telemundo, Al Jazeera, Asahi Shimbun au Japon et La Repubblica en Italie qui ont déjà abandonné l’expression « changement climatique. »

Début avril, la NOAA a annoncé qu’en dépit de la pandémie de Covid-19, qui a réduit les voyages et l’activité économique, les niveaux de dioxyde de carbone et de méthane dans l’atmosphère terrestre ont continué d’augmenter, atteignant leur plus haut niveau des 3,6 millions d’années écoulées. La dernière fois que le CO2 a atteint un tel niveau, celui des océans était 23 mètres plus haut qu’aujourd’hui et la température moyenne de la planète était supérieure de 4 degrés Celsius à ce qu’elle est aujourd’hui. Les scientifiques ont averti que l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre causée par les activités humaines a déjà provoqué une hausse de 1,1 degré Celsius de la température mondiale et fait fondre rapidement les calottes glaciaires polaires.

Une étude publiée le 9 avril 2021 dans le magazine Science a révélé que l’immense plateforme glaciaire qui s’étale devant la glacier Thwaites en Antarctique est beaucoup plus instable qu’on ne le pensait jusqu’à présent. Cette instabilité est causée par l’eau plus chaude de l’Océan Austral qui sape la base de la plateforme. A elle seule, la disparition de cette plate-forme glaciaire se traduirait par une élévation globale du niveau de la mer jusqu’à 90 centimètres.

Selon une autre étude menée par des chercheurs de l’Université de Reading (Angleterre), si le réchauffement climatique ne connaît pas un ralentissement digne de ce nom et si la température moyenne de la planète augmente de 4 degrés Celsius, plus d’un tiers de la banquise antarctique risque de disparaître, ce qui se traduira par la submersion de pays et d’États entiers comme la Floride. Le phénomène déclenchera aussi la plus grande migration de l’histoire de l’humanité.

Par ailleurs, le Scientific American et les autres publications insistent sur le fait que l’élévation du niveau de la mer n’est que l’une des nombreuses menaces auxquelles l’humanité sera confrontée si les températures continuent d’augmenter. Si l’on ne réduit pas la quantité de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, on observera des vagues de chaleur insupportables, des tempêtes, des incendies de forêt, la suite de la fonte des glaces, de sorte qu’une grande partie de la Terre deviendra inhabitable.

Source: Scientific American.

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The serious and popular American magazine Scientific American announced on April 12th, 2021 that it would stop using the term « climate change » in articles about man-made global warming and replace it with « climate emergency. » .

According to the magazine’s editor, journalism should reflect what science says. To make his point, he pointed to the mounting number of weather-related disasters that most scientists agree stem from climate change: a hurricane in Florida; a dam that burst in California because floods had piled water high up behind it; a sudden, record-setting cold snap that cut power to the entire state of Texas, and so on.  The editor insists that these are emergencies that require immediate action. “Multiply these situations worldwide, and you have the biggest environmental emergency to beset the Earth in millennia: climate change.”

The Scientific American is not alone it its decision to highlight what it sees as an emergency requiring immediate action. It joined the Columbia Journalism Review, The Nation, The Guardian, Noticias Telemundo, Al Jazeera, Japan’s Asahi Shimbun and Italy’s La Repubblica in releasing a statement about the change in language.

In early April, NOAA has announced that despite the pandemic, which curtailed travel and economic activity, carbon dioxide and methane levels in the Earth’s atmosphere continued to rise, reaching their highest levels in the past 3.6 million years. The last time CO2 was at its current level, global sea level was 23 metres higher than it is today and the average global temperature was 4 degrees Celsius hotter.

Scientists have been warning that the increased amount of carbon dioxide in the Earth’s atmosphere caused by human activity has already warmed global temperatures by 1.1 degrees Celsius and is fast melting the polar ice caps.

A study published on April 9th, 2021 in Science magazine found that the massive ice shelf stemming from Antarctica’s Thwaites Glacier is even more unstable than previously thought, because of warming water melting the ice that connects it to the land. A collapse of this single ice shelf would translate into a global sea level rise of up to 90 centimetres.

According to another study by researchers at the University of Reading (England), if global warming is not dramatically slowed and global average temperatures do rise by 4 degrees Celsius, over one-third of the entire Antarctic ice shelf will be at risk of collapse, which would lead to the submerging of whole countries and states like Florida, and set off the largest migration in human history.

Moreover, the Scientific American and the other media outlets insist that sea level rise is just one of several threats facing mankind if global temperatures continue to rise. Failure to slash the amount of carbon dioxide in the atmosphere will make the extraordinary heat, storms, wildfires and ice melt of 2020 routine and could render a significant portion of the Earth uninhabitable.

Source: Scientific American.

La Courbe de Keeling montre le très haut niveau de CO2 dans l’atmosphère (Source : NOAA)

Le réchauffement climatique affecte les Grands Lacs américains // Climate change affects the American Great Lakes

Lorsque les gens évoquent le réchauffement climatique, ils mentionnent généralement l’élévation  du niveau des océans et l’érosion des côtes. Aux États-Unis, ce problème ne se limite pas aux océans; il concerne également les Grands Lacs qui sont de véritables mers intérieures.

Les effets du changement climatique sont évidents, ne serait-ce qu’en observant la montée des eaux des Grands Lacs. L’augmentation des précipitations, la hausse des températures et le développement urbain dans le bassin des Grands Lacs ont un impact sur le lac Michigan et sur la vie de millions de personnes qui vivent, travaillent et s’amusent sur les berges du lac dans le Michigan, l’Indiana, l’Illinois et le Wisconsin.

L’Illinois possède l’une des côtes les plus urbanisées des Grands Lacs. A côté des ensembles urbains, le lac Michigan présente des rives sablonneuses qui attirent des foules de visiteurs. C’est le troisième plus grand lac en superficie (le deuxième en volume). Il est emblématique des problèmes auxquels tous les Grands Lacs sont confrontés avec le réchauffement climatique. La montée en flèche du niveau de l’eau a fait s’effondrer des falaises, inondé les zones de dunes, effacé des plages et endommagé des maisons, des commerces, des sentiers, des terrains de camping et des réseaux d’égouts. Les habitants et les autorités s’efforcent de trouver des solutions car les enrochements et le réapprovisionnement en sable des plages sont souvent des solutions trop coûteuses et inefficaces sur le long terme.

Dans l’Illinois, des responsables de l’environnement, des ingénieurs et des scientifiques expérimentent l’implantation de récifs et de hauts-fonds qui atténueraient la force des vagues pendant les tempêtes. Cela permettrait de protéger, au moins provisoirement, les dunes de sable et les habitats des marais.

Dans le Wisconsin, les villes le long de la côte dépensent des millions de dollars dans des projets tels que la modernisation des égouts pluviaux et la stabilisation des quais.

Dans l’Indiana, les personnes qui vivent le long du rivage ont intenté une action en justice, affirmant que les dunes, les routes et les maisons d’habitation sont «en danger de destruction totale» si les protections actuelles ne jouent plus leur rôle.

Avec la hausse des précipitations et des températures, les localités tout autour du lac Michigan cherchent des solutions. Sur la rive ouest du lac, des maisons ont commencé à glisser dans l’eau à cause de l’érosion des dunes côtières. Dans l’Illinois, certains propriétaires ont pris l’initiative d’ériger leurs propres enrochements pour retenir le lac. Cependant, les autorités s’opposent de plus en plus à une telle initiative parce qu’elle ne fait que déplacer les problèmes d’érosion vers les propriétés voisines ou bloquer l’accès du public au lac.

Le lac Michigan a établi un record de niveau d’eau pour chaque mois entre janvier et août 2020. Le lac dépassait de près de 90 centimètres sa hauteur normale au début de l’été, et l’eau a presque atteint le niveau record enregistré en octobre 1986. A l’automne, le niveau du lac a baissé. Les prévisionnistes expliquent qu’il restera stable ou baissera jusqu’au printemps, moment où le niveau augmente habituellement au moment du dégel. Cependant, les prévisions hivernales de la NOAA pour les Grands Lacs évoquent un risque de fortes précipitations et d’accumulation de neige supérieures à la normale. Si cela se produit, il y aura un risque de nouvelles inondations.

La NOAA note également une possibilité d’augmentation de la couverture de glace sur le lac pendant l’hiver à cause de températures plus froides que la normale. Cette situation pourrait entraîner une baisse de l’évaporation de l’eau de surface et le maintien du lac à un niveau élevé. Tous ces facteurs pourraient entraîner une nouvelle hausse du niveau du lac l’année prochaine.

Avec le changement climatique et le réchauffement des eaux de surface du lac Michigan, les scientifiques cherchent à comprendre comment les changements de température de l’air et de l’eau modifient la vie aquatique et la prolifération des espèces invasives. Par exemple, les moules quagga ont bouleversé la chaîne alimentaire à sa base. Avec la diminution des populations d’escargots et de crevettes, certaines espèces de poissons se raréfient. L’impact des espèces invasives va au-delà de la modification du fond du réseau trophique. Leur prolifération a filtré l’eau et modifié la chimie des sédiments. Les moules peuvent filtrer 200 mètres de lac en quelques jours, extraire les nutriments de l’eau, et en priver ainsi les autres créatures qui en ont besoin pour survivre.

Source : Chicago Tribune.

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When people think about climate change and global warming, they usually mention ocean rise and the ensuing erosion of the coastlines. In the United States, this problem is not limited to the oceans; it also concerns the Great Lakes which are real seas inside the country.

The effects of climate change, with rising lake waters are clear. For instance, increased precipitation, rising temperatures and human development across the Great Lakes basin have changed Lake Michigan and the lives of the millions who live, work and play along its coastline in Michigan, Indiana, Illinois and Wisconsin.

Illinois is home to one of the most intensely engineered coastlines across the Great Lakes. However, Lake Michigan still has the sandiest shores and therefore draws the most visitors.

Lake Michigan is the third largest Great Lake by surface area (second by volume). It is emblematic of the numerous problems facing all the Great Lakes as the climate continues to change. Surging water levels have collapsed bluffs, swamped coastal dune lands, erased beaches and damaged homes, businesses, docks, trails, campgrounds and sewer systems. Residents and officials scramble to find new solutions as stone barriers and beach replenishment are often too costly and ineffective over the long term.

In Illinois, environmental officials, engineers and scientists are experimenting with offshore reefs and shoals with the idea of blunting the force of storm surges before they eat away at the sand dune and marshland habitats.

In Wisconsin, cities and towns along the coast are spending millions on projects such as stormwater sewer upgrades and pier stabilization.

In Indiana, Shoreline residents have filed a lawsuit claiming that dunes, roads and private homes are “in danger of total destruction” if current protections fail.

As rainfall increases and temperatures continue to rise, communities all around Lake Michigan have been hunting for solutions. On the western shores of Michigan, houses have begun to slip into the lake because of eroding coastal dunes, leading homeowners to stabilize their structures, build waterfront barriers or move altogether. In some communities of  Illinois, homeowners have put up their own barriers of boulders or breakwalls to hold back the lake. However, officials are increasingly opposed to this approach because it merely pushes erosion problems to neighbouring properties or blocks public access to the lake.

Lake Michigan set a monthly high mean record for each month in 2020 from January through August. The lake was nearly 90 centimetres higher than usual for early summer, and levels came close to reaching the all-time high, recorded in October 1986. This autumn, lake levels have fallen. Forecasters say that they will remain flat or drop until the spring, when levels typically rise during the thaw. However, in the NOAA’s winter forecast for the Great Lakes, there is an increased chance for above-normal precipitation and snow accumulation. If that occurs, it increases the chances for more flooding. NOAA also notes that the potential for more ice on the lake later in the winter, caused by colder than normal temperatures, may result in less evaporation from surface water, keeping lake levels high. When you combine those factors, Lake Michigan may be on the path to high lake levels again next year.

As climate change contributes to the warming of Lake Michigan’s more shallow waters, scientists across the Midwest are studying how changes in air and water temperature are altering the water, aquatic life and the proliferation of invasive species. For instance, the quagga mussels have upset the bottom food chain. With tiny snails and shrimp populations dwindling, some fish species are getting scarce. The impact of invasive species stretches beyond changing the bottom of the food web. Their proliferation has filtered the water and changed the chemistry of the sediment. They can filter 200 metres of lake in a matter of days, pulling the nutrients from the water, stealing them from other creatures that need them to survive.

Source : Chicago Tribune.

L’immensité des Grands Lacs… Ici le Lac Supérieur (Photos : C. Grandpey)

Réchauffement climatique: fonte des glaciers en Ouganda // Climate change: Melting glaciers in Uganda

Quand on parle des glaciers en Afrique, on évoque généralement ceux qui couronnent le Kilimandjaro en Tanzanie, et qui ont pratiquement cessé d’exister à cause du réchauffement climatique. Il existe d’autres glaciers en Ouganda en Afrique de l’Est. Le pays est bordé à l’est par le Kenya, au nord par le Soudan du Sud, à l’ouest par la République Démocratique du Congo (RDC), au sud-ouest par le Rwanda et au sud par la Tanzanie.

L’Ouganda est principalement composé d’un plateau central entouré de montagnes. On rencontre des collines au sommet plat, séparées par des vallées. La majeure partie du pays se trouve au-dessus de 1 000 m au-dessus du niveau de la mer. A la frontière avec la RDC, les monts Rwenzori, la plus haute chaîne d’Afrique, culminent à 5 119 m au pic Marguerite.

Les Rwenzori, site du patrimoine mondial de l’Unesco, étaient autrefois couverts de neige et de glace, mais avec le changement climatique, la neige disparaît et les glaciers fondent et reculent. Les conséquences sont graves car aujourd’hui les récoltes sont détruites par les inondations ou la sécheresse. Soit il y a trop de sécheresse, soit il y a trop de pluie.

Le changement climatique affecte les monts Rwenzori de différentes manières. La plus visible est la réduction rapide du champ de glace, qui est passé de 6,5 kilomètres carrés en 1906 à moins d’un kilomètre carré en 2003, et il se pourrait qu’il disparaisse complètement avant la fin de cette décennie.

En 2012, les incendies de forêt ont atteint des altitudes supérieures à 4 000 mètres, ce qui aurait été inconcevable dans le passé. Le feu dévaste la végétation qui autrefois contrôlait le débit des rivières en aval. Les localités au pied des Rwenzori connaissent des inondations catastrophiques liées à un schéma de précipitations moins fréquentes mais plus abondantes. En mai 2020, cinq rivières ont rompu leurs berges après de fortes pluies. Les eaux ont dévalé la montagne en transportant de gros rochers ; des maisons et des écoles ont été emportées et la ville de Kalembe a été rasée. Quelque 25 000 maisons ont été détruites et 173 000 personnes ont été affectées.

On peut trouver des explications scientifiques à ces événements, mais la culture locale Bakonzo les interprète différemment. Selon les croyances locales, les catastrophes se produisent parce que les dieux sont en colère. Les Bakonzo croient que leur dieu, Kithasamba, vit dans la neige et que la neige est en fait son sperme gelé. Le nom Rwenzori vient de rwe nzururu, qui signifie «lieu de neige» en langue Bakonzo. Selon la cosmologie Bakonzo, 30 dieux sont associés aux différentes ressources naturelles sur la montagne.

La déforestation et la croissance démographique rapide autour des Rwenzori, montagnes sacrées pour la population, mais aussi la fonte du glacier, ont profondément changé la vie dans la région. Lors des inondations de 2020, l’eau a submergé des sources chaudes et emporté la végétation autour d’une cascade qui était utilisée comme lieu de rituels. Depuis lors, les chefs spirituels ne sont plus en mesure d’accomplir ces cérémonies. D’autres sites spirituels s’érodent ou sont envahis par la boue et la destruction de la végétation a affaibli les berges des rivières dans de nombreuses régions. Des rituels vieux de plusieurs siècles se trouvent menacés.

La communauté Bakonzo est composée d’environ un million de personnes qui vivent de part et d’autre de la frontière entre l’Ouganda et la RDC, et leur patrimoine disparaître à cause du changement climatique. La situation en Ouganda montre que les conséquences du changement climatique sont particulièrement sévères sous les tropiques. Un accroissement de la température de un ou deux degrés sous l’équateur a un impact beaucoup plus important qu’une hausse identique dans les pays tempérés. La restauration et la protection des zones touchées par le changement climatique sont essentielles pour préserver le patrimoine culturel. Un projet allant dans ce sens prévoit la plantation d’arbres pour renforcer les berges des cours d’eau, en particulier avec des bambous et des arbres indigènes. La population locale a déjà apporté des réponses à certains problèmes. Par exemple, les habitants savent quel type de végétation doit être planté en fonction de l’altitude. Ils savent aussi qu’il faut planter le long des berges des rivières parce que c’est la nourriture du dieu de l’eau, et quand le dieu de l’eau est content, il ne provoque pas d’inondations…

Source: La BBC.

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When people think about glaciers in Africa, they usually mention Mt Kilimandjaro’s (Tanzania) which are quickly melting and have nearly disappeared because of global warming. There are other glaciers in Uganda, an East African country bordered to the east by Kenya, to the north by South Sudan, to the west by the Democratic Republic of the Congo, to the south-west by Rwanda, and to the south by Tanzania

The country is mainly composed of a central plateau surrounded by mountains. The relief is composed of hills with a flat top, separated by valleys. Most of the country is above 1,000 m above sea level and, on the border with the DRC, the Rwenzori Mountains, the highest range in Africa, peak at 5,119 m at Margherita Peak.

The Rwenzori mountains, a Unesco World Heritage site, used to be covered with snow and ice, but no longer today. With climate change, the snow is disappearing and the glaciers are melting and receding. Today, the crops get destroyed by floods or drought. It’s either too much drought or too much rain.

Climate change is affecting the Rwenzori Mountains in different ways. The most visible is the rapid loss of the ice field, which shrunk from 6.5 square kilometres in 1906 to less than one square kilometre in 2003, and could completely disappear before the end of this decade.

In 2012, forest fires reached altitudes above 4,000 metres, which would have been inconceivable in the past, devastating vegetation that controlled the flow of the rivers downstream.

Since then, the communities living at the foot of the Rwenzori have suffered some of the most destructive floods the area has ever seen, coupled with a pattern of less frequent but heavier rainfall. In May 2020, five local rivers burst their banks after heavy rains. The waters came down the mountain carrying large boulders, sweeping away houses and schools and razing the entire town of Kalembe to the ground. Around 25,000 houses were destroyed and 173,000 people were affected.

While science may provide an explanation for these events, the local Bakonzo culture has another way of framing them. According to their beliefs, they happen because the gods are angry.

The Bakonzo believe that their god, Kithasamba, lives in the snow, and that the snow is actually his frozen sperm. The name Rwenzori comes from rwe nzururu, which means « place of snow » in the Bakonzo language. According to Bakonzo cosmology, there are 30 gods associated with different natural resources living on the mountain.

Deforestation and rapid population growth around the sacred mountain, as well as the melting glacier, are changing life in the region. During the 2020 floods, the water submerged hot springs and washed away the vegetation around a waterfall that was used as a place for rituals. Since then, spiritual leaders have been unable to perform those ceremonies. Other spiritual sites are getting eroded or filled up with silt and the destruction of the vegetation has weakened the banks in many areas. All this is threatening centuries-old rituals.

The Bakonzo community is made up of around one million people living on both sides of the border between Uganda and DR Congo, and their heritage could be lost as a result of climate change.

The situation in Uganda shows that the consequences of climate change are particularly acute at the tropics. One or two degrees of warming at the Equator has a much bigger impact on climate and water budgets than one or two degrees of warming in temperate countries.

Restoring and protecting areas affected by climate change is key to preserving cultural heritage. As part of a project to do this, there is a project to plant trees to reinforce the riverbanks, including bamboos and native trees. The community already had answers for some of the problems. For example, they know what type of vegetation should be planted at what level on the mountain. They also know they are supposed to plant along the riverbank because it is food to the water god. And when the water god is pleased, he doesn’t cause floods.

Source: The BBC.

Les monts Rwenzori et le Pic Marguerite (Crédit photo : Wikipedia)

Manque d’étude et de surveillance des glaciers de l’Himalaya // Lack of study and monitoring of Himalayan glaciers

La récente catastrophe de l’Uttarakhand (Inde) avec des centaines de victimes a mis en lumière le manque d’étude et de surveillance des glaciers de l’Himalaya.

L’Himalaya possède le plus grand nombre de glaciers sur Terre en dehors des pôles et ils ont perdu des milliards de tonnes de glace en raison de l’accélération de leur fonte sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Le problème est qu’il n’y a pas de véritable approche en terme de dangers. Les autorités réagissent lorsque des accidents comme celui de l’Uttarakhand se produisent, mais la plupart des glaciers présentant des risques ne sont pas surveillés.

Les glaciologues expliquent que lorsque les glaciers reculent ou s’amincissent, certains peuvent devenir dangereux. Par exemple, des pans de glace peuvent rester accrochés aux parois abruptes des montagnes et s’effondrer à tout moment.

Il est également possible que des glaciers en train de reculer ou de s’amincir déstabilisent le sol au-dessous et autour d’eux alors qu’auparavant ils le retenaient. Une telle situation peut générer des glissements de terrain, des chutes de blocs ou  de glace et même l’effondrement de pans entiers de montagnes.

Les scientifiques avertissent que de tels événements peuvent également bloquer les rivières en aval, avec des déferlements ultérieurs d’eau et de matériaux qui emportent tout sur leur passage. C’est ce qui semble s’être produit dans l’Uttarakhand.

La géographie complexe et difficile d’accès de l’Himalaya rend la surveillance des glaciers extrêmement difficile. Il y a plus de 50 000 glaciers dans l’Himalaya et dans la région de l’Hindu Kush et seuls 30 d’entre eux sont surveillés ou ont été l’objet d’études sur le terrain. Seules une quinzaine de ces études ont été publiées.

Les scientifiques expliquent que l’Himalaya est la plus jeune chaîne de montagnes du monde. Elle continue donc de croître et les séismes déstabilisent souvent les pentes des massifs. De plus, les modifications des chutes de neige et des précipitations à la suite du changement climatique rendent les montagnes plus vulnérables.

Les changements intervenus sur les glaciers à cause du réchauffement climatique aggravent la situation. Un glacier de la montagne Aru au Tibet s’est soudainement effondré en 2016 en provoquant une impressionnante avalanche de glace qui a tué neuf personnes et des centaines de têtes de bétail.

Une étude récente à propos de certaines hautes montagnes d’Asie a lié l’augmentation du nombre et de la fréquence des glissements de terrain majeurs entre 1999 et 2018 au recul des glaciers. Les auteurs de l’étude ont identifié 127 glissements de terrain de ce type entre 2009 et 2018. Les résultats de l’étude montrent une tendance à la hausse des glissements de terrain majeurs au cours de la dernière décennie. Une diminution de la superficie des glaciers correspond à l’augmentation de la superficie des glissements de terrain.

Auparavant, les roches sur les pentes des montagnes étaient maintenues en place par des glaciers. Aujourd’hui, comme il n’y a plus de glaciers, ces roches sont suspendues et représentent un danger potentiel. On peut lire dans un rapport spécial du GIEC en 2018 : « Le recul des glaciers et le dégel du pergélisol ont diminué la stabilité des pentes des montagnes et l’intégrité des infrastructures. »

La plupart des quelques études réalisées à ce jour sur les glaciers himalayens se concentrent sur l’accélération de leur fonte et sur la question de savoir si l’eau de fonte remplira les lacs glaciaires, avec des risques de crues meurtrières. Certaines des études se sont également attardées sur l’avenir des rivières alimentées par les glaciers dans la région si le recul glaciaire s’accélérait avec la hausse de la température. On reproche à ces études de s’être trop attardées sur les lacs glaciaires alors que d’autres dangers tels que les avalanches et les chutes de séracs liées à la fonte rapide des glaciers ont été laissés pour compte. Cependant, les statistiques montrent que ce sont les inondations liées à la rupture des lacs glaciaires qui ont historiquement causé plus de problèmes dans la région. Ces inondations sont une menace pour la population des vallées car elles se déclenchent sans prévenir.

Certains scientifiques affirment que les tensions entre l’Inde et ses voisins comme la Chine et le Pakistan, qui ont des frontières communes sur l’Himalaya, sont également un obstacle majeur à l’étude des glaciers de la région.

Source: La BBC.

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The recent Uttarakhand disaster in India with hundreds of victims has shed light on the lack of study and monitoring of glaciers in the Himalayas.

The Himalayas have the largest number of glaciers on Earth outside the poles and they have lost billions of tonnes of ice due to accelerated melting caused by global warming. The problem is that there is no comprehensive understanding of what actually is happening in terms of hazards. The authorities are reactive when incidents like the one in Uttarakhand happen, but most glaciers with such hazard are not monitored.

Experts say when glaciers retreat or thin out, some of them can become dangerous. For instance, in some cases, remaining ice of retreated glaciers can hang perilously on steep walls of mountains and can collapse at any time.

It is also possible that thinned or retreated glaciers can destabilise the ground below and around them which they would have otherwise buttressed. This can make the area prone to landslides, rockfall or icefall and even potentially lead to the collapse of entire mountain slopes.

Scientists say such events can also block rivers below that eventually burst, sweeping away everything in their path. This is what seems to have happened in Uttarakhand.

The difficult geography of the Himalayas makes glacier monitoring extremely challenging. There are more than 50,000 glaciers in the Himalayas and the Hindu Kush region and only 30 of them are being closely observed, including field studies. Only around 15 of those studies have been published.

Scientists say that because the Himalayas are the youngest mountain ranges in the world, they are still growing and earthquakes often destabilise their slopes.

Changing snowfall and rainfall patterns in the wake of climate change make the mountains more vulnerable. The warming-related changes in the glaciers make things worse. A glacier in Tibet’s Aru mountain suddenly collapsed in 2016 causing massive ice avalanche that killed nine people and hundreds of livestock.

A recent study of some high mountains of Asia linked the number of larger landslides and their increased frequency between 1999 and 2018 to the retreat of glaciers. The authors of the study identified 127 such landslides between 2009 and 2018. The results of the study show an increasing trend of large landslides over the last decade.

A decline in glacier area is associated with the increase in landslide area. Before, the rocks on the mountain slopes were glued by glaciers. Now, if there are no glaciers, those rocks are hanging and that is a potential danger. A special report by the IPCC in 2018 said: « Glacier retreat and permafrost thaw have decreased the stability of mountain slopes and integrity of infrastructure. »

Of the limited studies on Himalayan glaciers to date, most are focused on their accelerated melting and whether that will dangerously fill up glacial lakes, causing them to burst. Some of the studies have also looked into what could happen to glacier-fed rivers in the region if glacial retreat accelerated with rising temperature.

Critics say glacial lakes have received all the attention while other hazards like avalanches and icefalls associated with fast-melting glaciers have been ignored. However, statistics show that glacial-lake related floods have historically caused more problems in the region. As these floods can affect people without warning far from the glacier themselves, it makes this particular hazard very dangerous.

Some experts say tension between India and its neighbours like China and Pakistan, that share borders in the Himalayas, has also been a major obstacle to studying glaciers in the region..

Source : The BBC.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source : NASA)

Février 2021 un peu moins chaud // February 2021 sljghtly cooler

Selon la NASA et la NOAA, la température de surface à l’échelle de la planète en février 2021 a été de 0,65°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle (12,1°C). En classement, ce fut le 16ème mois de février le plus chaud des 142 dernières années.

Février 2021 a été le 45ème mois de février consécutif et le 434ème mois avec des températures supérieures à la moyenne du 20ème siècle. En particulier, l’Amérique du Nord a connu son mois de février le plus froid depuis 1994.

L’étendue moyenne de la glace de mer dans l’Arctique en février 2021 a été de 5,9% inférieure à la moyenne de 1981-2010 et à égalité avec 2019 comme septième plus petite étendue en février sur 43 années de relevés L’étendue de la glace de mer en février a été proche de la moyenne dans la plupart des régions de l’Arctique.

En Antarctique, l’étendue de glace de mer en 2021 a été la 11ème plus faible pour un mois de février depuis le début des relevés satellitaires en 1979.

Globalement, février 2021 a marqué une légère pause dans la hausse des températures dans le monde. Deux phénomènes doivent être pris en compte pour expliquer cette pause. D’une part, l’effet de refroidissement de La Niña dans le Pacifique équatorial a atteint son maximum en octobre-novembre 2020, mais ce refroidissement s’est encore fait sentir en février. D’autre part, un réchauffement stratosphérique soudain (SSW) a provoqué la rupture du vortex polaire qui s’est brisé en plusieurs morceaux. L’un de ces segments a atteint le continent nord américain, ce qui explique les basses températures et les tempêtes de neige dans plusieurs états des Etats-Unis.

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According to NASA and NOAA, the February 2021 global surface temperature was 0.65°C above the 20th century average of 12.1°C. This was the 16th highest for February in the 142-year record.

February 2021 marked the 45th consecutive February and the 434th consecutive month with temperatures above the 20th century average. In particular, North America had its coldest February since 1994.

The February average Arctic sea ice extent was 5.9 percent below the 1981-2010 average and tied with 2019 as the seventh-smallest February extent in the 43-year record.  February sea ice extent was near average across most regions in the Arctic.

The Antarctic sea ice extent was the 11th smallest for February since satellite records began in 1979

 February 2021 marked a slight pause in temperature rise around the world. Two phenomena should be taken into account to explain this pause. On the one hand, the cooling influence of La Niña in the Equatorial Pacific reached its peak in October-November 2020 but could still be felt in February.  On the other hand, a sudden stratospheric warming (SSW) caused the polar vortex to break into pieces. One of the segments reached the North American continent, which accounts for low temperatures and snowstorms in several states of the United States.

Source : NOAA