Joe Biden suspend les baux de forage dans l’Arctic National Wildlife Refuge // Joe Biden suspends drilling leases in Arctic National Wildlife Refuge

Le 1er juin 2021, l’Administration Biden a suspendu les baux de forage pétrolier dans l’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), ce qui va à l’encontre d’une décision de la présidence Trump et qui confirme la volonté du président Biden de mettre ce fragile écosystème du nord de l’Alaska à l’abri de l’extraction de combustibles fossiles.

La décision met en place un processus qui pourrait mettre un terme aux forages dans l’une des plus vastes étendues de nature sauvage intacte aux Etats-Unis. C’est une région où vivent des oiseaux migrateurs, des caribous et des ours polaires.

Les écologistes américains sont bien sûr satisfaits de la décision mais appellent à la vigilance et réclament une interdiction permanente des forages dans l’Arctique. Ils expliquent que tant que les baux ne sont pas annulés (pour le moment ils ne sont que suspendus), ils restent une menace pour l’un des endroits les plus sauvages d’Amérique.

A l’opposé, les élus alaskiens sont furieux. La sénatrice Lisa Murkowski, une républicaine, a déclaré dans un communiqué que la suspension des baux était contraire à la loi fédérale parce que le Tax Cuts and Jobs Act (pilier d’une réforme fiscale aux Etats Unis) qui a été adopté par le Congrès sous contrôle républicain en 2017 a ordonné au Secrétaire à l’Intérieur de créer le programme de baux [pour le forage pétrolier].

D’autres élus ont qualifié cette décision d' »attaque contre l’économie de l’Alaska » et se sont engagés à « utiliser tous les moyens nécessaires pour faire annuler cet abus de pouvoir fédéral ».

En mai 2021, l’Agence Internationale de l’Energie a demandé aux gouvernements du monde entier de cesser immédiatement de donner le feu vert aux projets de combustibles fossiles s’ils ne veulent pas que la température moyenne de la planète dépasse 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels.

Cependant, la suspension des baux ne garantit pas le blocage des forages dans l’ANWR. L’administration Biden s’est seulement engagée à revoir les baux décidés par l’Administration Trump, et non à les annuler. Ce n’est que si le président juge que les baux ont été accordés illégalement qu’il pourra demander leur résiliation par la justice américaine.

Les groupes républicains pensent que la suspension des baux par M. Biden est probablement illégale. De plus, en l’état actuel des choses, la décision de Joe Biden de bloquer les forages dans l’Arctique pourrait être annulée par une future administration.

Le Refuge, qui couvre une superficie de 78 000 kilomètres carrés dans le nord-est de l’Alaska, était depuis longtemps interdit au développement pétrolier et gazier. Les Démocrates, les écologistes et certains groupes autochtones de l’Alaska avaient lutté avec succès pour le mettre à l’abri de la prospection. Mais le président Trump a fait ouvrir la Plaine côtière le long de Prudhoe Bay afin d’intensifier la production nationale de combustibles fossiles.

Les écologistes et les autochtones ont immédiatement attaqué en justice l’administration Trump, affirmant que la décision était illégale. Alors que la question était étudiée par les tribunaux, l’administration Trump a vite procédé à une vente de baux de forages début janvier, quelques semaines avant que Donald Trump quitte ses fonctions.

Comme je l’ai déjà écrit, ces baux n’ont pas rencontré un grand succès auprès des grandes compagnies pétrolières étant donné le coût élevé de la production de pétrole dans l’Arctique, la réduction d’utilisation des combustibles fossiles et l’impopularité des forages dans une zone aussi fragile.

Sous la pression des organisations environnementales et des groupes autochtones, les grandes banques s’étaient engagées à ne pas financer les forages dans le Refuge.

Cependant, si elle a mis un frein à l’exploitation pétrolière dans l’Arctique, l’administration Biden ne s’est pas opposé à tous les projets pétroliers. Le mois dernier, le Président s’est élevé contre la fermeture de l’oléoduc Dakota Access, pourtant âprement contesté, qui transporte environ 550 000 barils de pétrole par jour du Dakota du Nord vers l’Illinois. Dans le Wyoming, l’administration Biden a aussi donné le feu vert à 440 baux pétroliers et gaziers émis par l’Administration Trump sur des terres fédérales qui sont également l’habitat du tétras des armoises, du cerf mulet et de l’antilope d’Amérique.

Source : médias d’information américains.

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On June 1st, 2021, the Biden administration suspended oil drilling leases in the Arctic National Wildlife Refuge (ANWR), going against a move of the Trump presidency and confirming President Biden’s promise to protect the fragile Alaskan tundra from fossil fuel extraction.

The decision sets up a process that could halt drilling in one of the largest tracts of untouched wilderness in the United States, home to migrating waterfowl, caribou and polar bears.

Environmentalists are satisfied with the decision but called for a permanent ban on Arctic drilling. They explain that until the leases are cancelled, they will remain a threat to one of the wildest places left in America.

On the other side, Alaskan elected officials are furious. Senator Lisa Murkowski, a Republican, said in a statement that the suspension of leases was contrary to federal law because the Tax Cuts and Jobs Act that was passed by the Republican-controlled Congress in 2017 directed the interior secretary to create the leasing program.”

Other voices called the move an “assault on Alaska’s economy” and pledged to “use every means necessary to undo this egregious federal overreach.”

Last month, the International Energy Agency warned that governments around the globe must stop approving fossil fuel projects now if they want to prevent the pollution they produce from driving average global temperatures above 2 degrees Celsius compared with preindustrial levels.

However, the suspension of the leases alone does not guarantee that drilling will be blocked in the Arctic refuge. The administration has only committed to reviewing the Trump leases, not cancelling them. If it determines that the leases were granted illegally, it could then have legal grounds to cancel them.

Conservative groups contend that Mr. Biden’s suspension of the leases may be illegal. Policy experts also noted that any moves by Mr. Biden to block Arctic drilling could be undone by a future administration.

The refuge, 19 million acres in the northeastern part of the state, had long been off limits to oil and gas development, with Democrats, environmentalists and some Alaska Native groups successfully fighting efforts to open it. But President Trump made opening a portion of it, about 1.5 million acres along Prudhoe Bay that is known as the Coastal Plain, a centerpiece of his push to develop more domestic fossil fuel production.

Environmental groups and others immediately sued the Trump administration, saying the review was faulty. While the issue remained in the courts, the Trump administration went ahead with a lease sale in early January, just weeks before Mr. Trump left office.

A I put it before, there has been little interest in the leases from major oil companies, given the high cost of producing oil in the Arctic, the growing desire to reduce fossil fuel use, and the reputational risks of drilling in such a pristine area. After pressure from environmental organizations and Native groups, major banks had pledged not to finance any drilling efforts in the refuge.

However, the Biden administration did not oppose all projects about oil. Last month, Mr. Biden stood against shutting down the bitterly-contested Dakota Access pipeline, which is carrying about 550,000 barrels of oil daily from North Dakota to Illinois. And in Wyoming, the Biden administration defended 440 oil and gas leases issued by the Trump administration on federal land that is also the critical habitat of the sage grouse, mule deer and pronghorn.

Source: U.S. news media.

Source : ANWR

Bilan éruptif du mois de mai 2021 // Eruptive activity in May 2021

L’activité éruptive du mois de mai 2021 a été ponctuée par plusieurs événements marquants.

En fin d’après-midi le 22 mai, le Nyiragongo (RDC)  a décidé de se débarrasser de son lac de lave et d’envoyer des coulées vers le Rwanda et vers Goma, comme il l’avait fait en 1977 et 2002. De nombreuses maisons ont été détruites, en particulier dans le quartier de Buhene. Au final, le bilan s’élève à quelque 35 morts. Ces personnes ont, pour beaucoup, perdu la vie pendant l’évacuation de la ville. Environ 400 000 personnes ont fui Goma. Au Rwanda voisin, devant l’afflux de réfugiés congolais, le président Kagame a fait appel à l’aide internationale face à la crise humanitaire. On craignait que la lave s’échappe par les fractures qui se sont ouvertes dans Goma et atteigne le lac Kivu. Au moment où j’écris ces lignes, rien de tel ne s’est heureusement produit. Une caméra a été placée dans le cratère du Nyiragongo afin de permettre un bon suivi de l’évolution de l’activité volcanique. A noter que l’éruption du Nyiamuragira était une fausse information.

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Après une longue agonie, l’éruption du Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) a pris fin le 24 mai 2021. Aucune nouvelle explication n’a été fournie sur la mort des deux jeunes étudiants. La version officielle – chaleur de la lave et gaz toxiques – confortera forcément la politique de fermeture de l’Enclos par la Préfet au moment des éruptions.

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L’éruption se poursuit en Islande sur le péninsule de Reykjanes. Elle est toutefois moins spectaculaire et esthétique qu’à ses débuts. Comme je l’indiquais précédemment, la baisse d’intensité du tremor est probablement due à une modification de la morphologie de la bouche éruptive. La lave a franchi les digues de terres édifiées pour freiner sa progression dans la vallée. Elle continue à avancer lentement vers la route 427 (ou Suðurstrandarvegur) dont elle est distante d’environ 2 km. La construction de nouvelles digues de terre est envisagée.

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L’Etna (Sicile) s’est lancé dans une nouvelle série de crises éruptives ou « paroxysmes » à répétition. Le tracé du tremor éruptif est impressionnant. Tous les événements se déroulent selon le même processus : activité strombolienne suivie de fontaines et de coulées de lave. Pour le moment, chaque paroxysme se termine aussi rapidement qu’il a commencé.

Toujours en Sicile, le Stromboli a essayé d’imiter l’Etna avec une belle activité strombolienne dans les zones Nord et Centre-Sud de la terrasse cratèrique. Une coulée de lave est descendue le long de la Sciara del Fuoco jusqu’au littoral avant de remonter à mi pente. Des blocs se détachaient fréquemment du front de coulée et roulaient jusque dans la mer. L’INGV indique que depuis le 28 mai la situation est redevenue normale sur le volcan.

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La situation est relativement calme à La Soufrière de St Vincent où des panaches de vapeur s’échappent toujours du cratère. Les satellites détectent des anomalies thermiques et les sismomètres continuent à enregistrer des événements volcano-tectoniques. Toutefois, aucune activité explosive n’a été observée depuis le 22 avril 2021.

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A Hawaii, l’éruption du Kilauea a pris fin le 26 mai 2021, ou « marqué une pause » comme se plaisent à le dire les scientifiques du HVO. L’accumulation de lave (il ne s’agissait pas d’un lac de lave au sens où on l’entend habituellement) n’était plus alimentée par la bouche qui s’était ouverte dans le flanc interne NO de l’Halema’uma’u.

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En Indonésie, l’éruption du Sinabung continue, avec des coulées pyroclastiques pouvant atteindre 3 km de longueur et des panaches de cendres montant parfois jusqu’à 3.5 km au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 3, avec les zones d’exclusion définies précédemment.

De la même façon, les dômes de lave du Merapi continuent leur processus d’extrusion qui déclenche des coulées pyroclastiques d’environ 2 km de longueur sur les flancs du volcan. Le niveau d’alerte est maintenu à 3.

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Dans un message spécial diffusé le 15 mai, l’INSIVUMEH a indiqué que l’éruption du Pacaya (Guatemala) avait pris fin. L’activité explosive se concentre désormais dans le cratère sommital avec des projections d’une centaine de mètres de hauteur.

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Le Sangay (Équateur) a connu un nouvel épisode éruptif le 22 mai 2021 avec des fontaines de lave atteignant 500-1000 m au-dessus du cratère. La couleur de l’alerte aérienne est momentanément passée au Rouge avant d’être ramenée à l’Orange.

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L’AVO signale périodiquement un regain d’activité sur les volcans des Aléoutiennes comme le Great Sitkin ou le Semisopochnoi. Si ces volcans ne présentent pas un danger pour les zones habitées, leur surveillance est nécessaire car ils se trouvent au niveau de couloirs aériens entre l’Amérique et l’Asie.

C’est pour une raison identique que le KVERT surveille attentivement le comportement des volcans du Kamchatka où la couleur de l’alerte aérienne reste Orange pour l’Ebeko, le Sheveluch et le Karysmsky.

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The eruptive activity of May 2021 was punctuated by several significant events.

In the evening of May 22nd, Nyiragongo (DRC) decided to get rid of its lava lake and send lava flows towards Rwanda and Goma, like in 1977 and 2002. Many houses were destroyed, especially in the Buhene neighborhood. In the end, the death toll rises to 35. Many of these people lost their lives during the evacuation of the city. About 400 000 residents have fled Goma. In neighbouring Rwanda, confronted with the influx of Congolese refugees, President Kagame has aked for international help to face the humanitarian crisis. It was feared that lava might come out of fissures that opened in Goma and reach Lake Kivu. As of this writing, nothing specialhas happened. A camera has been set up in the crater in order to observe the activity. The news of a Nyiamuragira eruption was false.

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After a long agony, the eruption of Piton de la Fournaise (Reunion Island) ended on May 24th, 2021. No new explanation has been provided for the deaths of the two young students. The official version – lava heat and toxic gases – will necessarily support the Prefect’s policy of closing the Enclos when an eruption occurs.

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The eruption continues in Iceland on the Reykjanes Peninsula. However, it is less spectacular and beautiful than when it started. As I indicated previously, the decline of  intensity of the tremor is probably due to a change in the morphology of the eruptive vent. The lava climed over the dikes built to slow down its progress in the valley. It continues to move slowly towards Highway 427 (or Suðurstrandarvegur) which is distant of about 2 km. The construction of new earth dams is planned.

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Mt Etna (Sicily) has started a new series of repeated eruptive crises or « paroxysms ». The outline of the eruptive tremor is impressive. All events unfold through the same process: Strombolian activity followed by lava fountains and lava flows. Right now, each paroxysm is ending as quickly as it started.

Also in Sicily, Stromboli tried to imitate Mt Etna with a nice Strombolian activity in the North and Center-South areas of the crater terrace. A lava flow descended the Sciara del Fuoco to the coast before stopping halfway. Blocks frequently detached from the flow front and rolled into the sea. INGV reports that since May 28th the situation has returned to normal on the volcano.

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The situation is relatively calm at St Vincent’s La Soufrière where steam plumes are still coming out of the crater. Satellites detect thermal anomalies and seismometers continue to record volcano-tectonic events. However, no explosive activity has been observed since April 22nd, 2021.

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In Hawaii, the Kilauea eruption ended on May 26th, 2021, or « paused » as HVO scientists like to say. The accumulation of lava (it was not really a lava lake) was no longer fed by the vent which had opened in the inner NW flank of Halema’uma’u.

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In Indonesia, the Sinabung eruption continues, with pyroclastic flows as long as 3 km and ash plumes sometimes rising up to 3.5 km above the summit. The alert level remains at 3, with the exclusion zones defined previously.

Likewise, the lava domes of Mt Merapi continue their extrusion process which triggers pyroclastic flows of about 2 km in length on the flanks of the volcano. The alert level is kept at 3.

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In a special message released on May 15th, 2021, INSIVUMEH indicated the eruption of Pacaya (Guatemala) had ended. The explosive activity is now concentrated in the summit crater with projections up to hundred meters high.

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Sangay (Ecuador) went through a new eruptive episode on May 22nd, 2021 with lava fountains reaching 500-1000 m above the crater. The aviation colour code was momentarily raised to Red before being lowered to Orange.

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AVO periodically reports an increase in activity on Aleutian volcanoes such as Great Sitkin or Semisopochnoi. If these volcanoes are not really a danger to inhabited areas, their monitoring is necessary because they are on air corridors between America and Asia.

It is for the same reason that KVERT is closely monitoring the behaviour of volcanoes in Kamchatka where the aviation colour code remains Orange for Ebeko, Sheveluch and Karysmsky.

Vue de l’activité sur la péninsule de Reykjanes (Islande)

Les glaciers de Thomas Pesquet // Thomas Pesquet’s glaciers

Thomas Pesquet nous gâte. Il diffuse régulièrement des images de la Terre vue depuis la Station Spatiale Internationale. Il nous permet admirer à la fois la beauté de notre planète et ce qu’elle a d’inquiétant.

En mettant en ligne des photos superbes du glacier Upsala en Amérique du Sud, le spationaute français met en évidence ces deux facettes de la Terre : beauté et inquiétude.

Le glacier vu depuis le ciel est à la fois majestueux, avec ses lentes vagues de glace qui se déversent dans une eau dont la teinte de bleu trahit la température, mais est aussi inquiétante. Partout, les glaciers reculent, ce qui est tout à fait visible depuis l’espace, non seulement à l’œil nu, mais surtout grâce aux satellites d’observation dont les instruments spécialisés et les orbites répétitives permettent aux scientifiques de confirmer le réchauffement climatique.
Les photos de Thomas Pesquet du glacier Upsala me rappellent les glaciers du Groenland et d’Alaska que j’ai eu la chance de survoler à plusieurs reprises. Mes photos et les images satellites de la NASA montrent à quel point la situation est catastrophique.

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Thomas Pesquet spoils us. He regularly releases images of the Earth seen from the International Space Station. He allows us to admire both the beauty of our planet and what is disturbing about it.

While showing superb photos of the Upsala Glacier in South America, the French astronaut highlights these two facets of the Earth: beauty and worry. The glacier seen from the sky is at the same time majestic, with its slow waves of ice which end up in a water whose shade of blue betrays the temperature, but is also disturbing.

Glaciers are retreating everywhere, which is quite visible from space, not only to the naked eye, but above all thanks to observation satellites whose high tech instruments and repetitive orbits allow scientists to confirm global warming.

Thomas Pesquet’s photos of the Upsala Glacier remind me of the glaciers of Greenland and Alaska that I have been lucky enough to fly over several times. My photos and NASA satellite images show how disastrous the situation is.

Le glacier Upsala vu par Thomas Pesquet

Glacier au Groenland (Photo : C. Grandpey)

Image satellite du glacier Columbia (Alaska) [Source : NASA]

Les glaciers continuent de fondre et de reculer // Glaciers keep melting and retreating

Ce n’est pas vraiment une surprise. Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature confirme que la quasi-totalité des glaciers perdent de la masse depuis 2000. La fonte a quasiment doublé sur les 20 dernières années, selon des mesures satellitaires particulièrement précises.

En utilisant 20 années de données satellitaires récemment déclassifiées, une équipe de recherche internationale a calculé que les glaciers avaient perdu 267 milliards de tonnes de glace par an sur la période 2000-2019. Les scientifiques ont analysé 220 000 glaciers à travers le monde, sans prendre en compte les immenses calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland. Seuls les glaciers situés à la périphérie des calottes ont été recensés. Le phénomène s’est accéléré entre 2015 et 2019 avec 298 milliards de tonnes perdues chaque année en moyenne.

La moitié de la perte glaciaire mondiale provient de l’Alaska et du Canada. Lors de mes conférences, j’insiste sur la fonte et le recul rapides du glacier Athabasca au Canada. Les taux de fonte de l’Alaska sont parmi les plus élevés de la planète avec une perte annuelle moyenne de 67 milliards de tonnes par an depuis 2000. Le glacier Columbia recule d’environ 35 mètres par an. On s’en rend compte en comparant les images satellites des dernières décennies (voir ci-dessous).

Presque tous les glaciers du monde fondent, même ceux du Tibet qui étaient stables jusqu’à présent. À l’exception de quelques-uns en Islande et en Scandinavie, alimentés par des précipitations accrues, les taux de fonte se sont accélérés quasiment partout sur le globe.

Cette fonte presque uniforme reflète l’augmentation globale de la température. Selon les auteurs de l’étude, le lien avec la combustion du charbon, du pétrole et du gaz ne fait aucun doute. Le stade de la simple alerte est largement dépassé. On a dépassé le point de non-retour dans de nombreuses régions où certains glaciers plus petits disparaissent entièrement.

L’étude est la première à utiliser l’imagerie satellite 3D pour examiner tous les glaciers de la Terre non connectés aux calottes glaciaires.

La difficulté de l’étude des glaciers provient d’une part du très faible nombre de mesures in situ. D’autre part, les relevés gravimétriques – très utiles pour mesurer l’évolution des calottes de glace de l’Antarctique et du Groenland – n’ont pas une résolution suffisamment fine pour étudier dans le détail les 220 000 glaciers analysés par l’étude parue dans Nature.

Les scientifiques ont analysé près de 500 000 images satellites prises depuis 2000 par le satellite Terra de la NASA. Les clichés permettent de construire des cartes 3D de la surface de la Terre. Le travail a été rendu possible par le recours à un super calculateur qui a construit des modèles numériques d’élévation basés sur plus de 440 000 images satellites. La précision des résultats atteint un niveau inégalé à ce jour.

La plus grande menace de la fonte des glaciers est l’élévation du niveau de la mer. Les océans du monde subissent déjà l’expansion thermique et la fonte des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique. Selon l’étude, les glaciers sont responsables de 21% de l’élévation du niveau de la mer sur la période 2000-2019. Les calottes glaciaires constituent des menaces plus importantes sur le long terme.

Ces résultats de l’étude concernant les glaciers sont conformes à ceux d’une autre étude parue en 2020, mais celle de 2021 offre une précision supérieure. La première mission GRACE lancée en 2002 a permis de mesurer les changements du champ de gravité terrestre causés par les mouvements de masse sur la planète. Les résultats de la mission GRACE donnent une perte de 200 milliards de tonnes pour les glaciers de montagne sur la période 2002-2016. GRACE montre une accélération spectaculaire pour le Groenland sur la période 2010-2018 avec une perte de 286 milliards de tonnes. La mission arrive à la même accélération spectaculaire en Antarctique avec une perte de 252 milliards de tonnes par an sur 2009-2017.

Source : global-climat.

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It’s not much of a surprise. A new study published in the journal Nature confirms that almost all glaciers have lost mass since 2000. Melting has almost doubled over the past 20 years, according to vert accurate satellite measurements. Using 20 years of recently declassified satellite data, an international research team has calculated that glaciers lost 267 billion tonnes of ice per year over the period 2000-2019. Scientists have analyzed 220,000 glaciers around the world, ignoring the huge ice sheets of Antarctica and Greenland. Only the glaciers located on the periphery of the ice sheets have been identified. The phenomenon accelerated between 2015 and 2019 with 298 billion tonnes lost each year on average.

Half of the world’s ice loss comes from Alaska and Canada. In my lectures, I emphasize the rapid melting and retreating of the Athabasca Glacier in Canada. Alaska’s melt rates are among the highest on the planet with an average annual loss of 67 billion tonnes per year since 2000. The Columbia Glacier is retreating by about 35 metres per year. This can be seen by comparing satellite images from the last decades (see below).

Almost all of the world’s glaciers are melting, even those in Tibet which have been stable until now. With the exception of a few in Iceland and Scandinavia, supplied by increased precipitation, melt rates have accelerated almost everywhere in the world. This almost uniform melting reflects the overall increase in temperature. According to the study’s authors, the link to the combustion of coal, oil and gas is clear. The stage of the simple alert is largely past. The point of no return has been passed in many areas where some smaller glaciers are disappearing entirely. The study is the first to use 3D satellite imagery to examine all of Earth’s glaciers not connected to ice caps.

The difficulty in studying glaciers stems on the one hand from the very low number of in situ measurements. On the other hand, gravity readings – very useful for measuring the evolution of the Antarctic and Greenland ice caps – do not have a sufficient resolution to study in detail the 220,000 glaciers analyzed in the study published in Nature. Scientists have analyzed nearly 500,000 satellite images taken since 2000 by NASA’s Terra satellite. The images allow the construction of 3D maps of the surface of the Earth. The work was made possible by the use of a supercomputer that built digital elevation models based on more than 440,000 satellite images. The accuracy of the results reaches a level unmatched to date.

The greatest threat from melting glaciers is rising sea levels. The world’s oceans are already experiencing thermal expansion and melting ice caps in Greenland and Antarctica. According to the study, glaciers are responsible for 21% of sea level rise over the period 2000-2019. Ice caps are a bigger threat in the long term.

These results from the glacier study are consistent with another study released in 2020, but the 2021 study offers greater accuracy. The first GRACE mission launched in 2002 made it possible to measure the changes in the Earth’s gravity field caused by mass movements on the planet. The results of the GRACE mission show a loss of 200 billion tonnes for mountain glaciers over the period 2002-2016. GRACE shows a spectacular acceleration for Greenland over the period 2010-2018 with a loss of 286 billion tonnes. It underlines the same spectacular acceleration in Antarctica with a loss of 252 billion tonnes per year over 2009-2017.

Source: global-climat.

Source : NASA

Photo : C. Grandpey

 

Source : NASA

Photo : C. Grandpey

Source : NASA

Source : Copernicus Sentinel-2, ESA

D’autres informations dans mon livre « Glaciers en péril » :