Réchauffement climatique et fonte de la glace // Global warming and ice melting

J’attends le verdict de la NASA et de la NOAA qui font le synthèse des températures globales sur les terres et sur les mers, mais je peux d’ores et déjà affirmer que 2020 sera très probablement l’une des 3 années les plus chaudes jamais enregistrées, rejoignant ainsi 2016 et 2019.

De janvier à octobre 2020, la température moyenne à la surface du globe a été supérieure d’environ 1,2°C à l’époque préindustrielle de 1850 à 1900. Pour la première fois depuis le début des mesures en 1900, la température maximale moyenne a dépassé 30°C pendant 4 jours de suite au mois de septembre 2020. Avec une température moyenne proche de 14°C au cours de l’année, 2020 dépasse la normale de près de 1,5°C.

En Sibérie arctique, les températures ont dépassé de plus de 5°C les moyennes habituelles, avec le record de 38°C le 20 juin 2020 dans la ville russe de Verkhoyansk.

La situation est semblable au Pôle Sud où la température moyenne sur l’année dans le nord de l’Antarctique a été supérieure à 0°C en 2020. Début février 2020, des scientifiques brésiliens ont relevé 20,75°C à l’extrémité de la péninsule Ouest antarctique.

L’article paru sur le site web de France Info à propos de l’Amérique du Sud fait échos à mes propos au cours de ma conférence « Glaciers en Péril ». Alors que je m’appuie sur le Pérou, France Info décrit le situation en Bolivie.où la Cordillère des Andes subit les assauts du réchauffement climatique. Le glacier Tuni disparaît plus rapidement que prévu ; sa fonte s’accélère depuis 30 ans. Cette fonte est une menace pour l’irrigation et l’alimentation en eau dans toute la région. Dans les grandes métropoles comme La Paz ou El Alto, les besoins en eau se font de plus en plus importants à cause de l’augmentation de la population et la croissance des grandes zones urbaines. La ville d’El Alto, par exemple, a une croissance d’environ 5% par an. Cette augmentation de la population urbaine est en partie due à une désertification des campagnes où le manque d’eau est de plus en plus sévère, en particulier pour l’irrigation des cultures. .

S’agissant de la fonte des glaciers dans le monde, la NASA a publié une série de photographies témoignant leur recul. Les images sont impressionnantes et parlent d’elles-mêmes que soit sur le Glacier Muir en Alaska ou sur le Glacier Qori Kalis au . Pérou. Baptisée «Images of Change», cette banque d’images se compose de vues entrecoupées de plusieurs décennies.

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I’m waiting for the verdict of NASA and NOAA which synthesize global temperatures on land and sea, but I can already say that 2020 will most likely be one of the 3 warmest years. ever recorded, together with 2016 and 2019.

From January to October 2020, the average temperature on Earth’s surface was about 1.2°C higher than during the pre-industrial era from 1850 to 1900. For the first time since measurements began in 1900, the maximum temperature average exceeded 30°C for 4 days in a row in September 2020. With an average temperature close to 14°C during the year, 2020 is above normal by almost 1.5°C.

In Arctic Siberia, temperatures were more than 5°C above average, with the record high of 38°C on June 20th, 2020 in the Russian city of Verkhoyansk.

The situation is similar at the South Pole where the average temperature over the year in the north of Antarctica was above 0°C in 2020. In early February 2020, Brazilian scientists noted 20.75°C at the end of the West Antarctic Peninsula.

The article on the France Info website about South America echoes my words during my « Glaciers at Risk » conference. While I rely on Peru, France Info describes the situation in Bolivia, where the Andes is under the assault of global warming. The Tuni Glacier is disappearing faster than expected; its melting has accelerated for 30 years. This melting is a threat to irrigation and water supply throughout the region. In larger cities like La Paz or El Alto, water needs are increasing due to the increase in population and the growth of large urban areas. The city of El Alto, for example, is growing by about 5% per year. This increase in the urban population is partly due to the desertification of the countryside where the lack of water is increasingly severe, in particular for the irrigation of crops. .

Regarding the melting of glaciers around the world, NASA has published a series of photographs showing their retreat. The pictures are impressive and speak for themselves whether on the Muir Glacier in Alaska or the Qori Kalis Glacier in. Peru. Called « Images of Change », this image bank consists of views interspersed with decades.

Le glacier Muir a reculé de plus de 7 kilomètres entre 1941 et 2004 et s’est aminci de plus de 875 mètres (Source : USGS).

Glissements de terrain en série // A series of landslides

Nous sommes en décembre mais il ne fait pas froid dans les hautes latitudes. En conséquence, le sol est à peine gelé ou pas du tout. Lorsque de fortes pluies s’abattent sur ces régions, elles peuvent déclencher d’importants glissements de terrain. C’est ce qui vient de se passer en Colombie-Britannique au Canada, dans l’est de l’Islande et en Alaska

Un glissement de terrain majeur a frappé Bute Inlet en Colombie-Britannique. Tel un tsunami, le flot de débris a causé des ravages dans la forêt, détruisant au passage l’habitat de nombreux animaux. En arrivant dans la mer, le flot de boue a mis en danger le trafic maritime dans la région. On pense que le glissement de terrain s’est produit fin novembre, à la suite de fortes pluies. A la source, le glissement de terrain a probablement été provoqué par un bloc de glace qui s’est détaché d’un glacier et a terminé sa course dans le lac glaciaire. Ce dernier, à son tour, a éventré la moraine qui le retenait et propulsé une énorme vague de boue, d’arbres et de débris en aval. L’événement a complètement modifié le cours de la rivière Southgate qui est un refuge pour de nombreux animaux comme les saumons, les grizzlys, les lynx et les wapitis.

Source: CBC.CA

Une alerte a été déclenchée le 15 décembre 2020 à Seyðisfjörður, dans les Fjords de l’Est de l’Islande, en raison de glissements de terrain. L’alerte est également valable pour le reste des fjords de l’Est. Cinquante maisons ont été évacuées suite à des glissements de terrain à Seyðisfjörður. Le sol en partie gelé sur le flanc des montagnes est complètement saturé après six journées inhabituelles de fortes pluies. De nouvelles précipitations sont prévues, probablement sous forme de neige en montagne. Quelque 120 personnes ont dû évacuer leurs maisons. Aucun blessé n’a été signalé et il est difficile de savoir pour le moment s’il y a eu des dégâts importants.

Source: Iceland Monitor.

La semaine dernière, un glissement de terrain majeur s’est produit à Haines (Alaska) après que de fortes pluies aient frappé la région. Deux personnes sont toujours portées disparues et des centaines d’autres ont dû être évacuées. Plusieurs maisons ont été détruites par la boue.

Source : Anchorage Daily News.

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We are in December but it is not cold in high latitudes so that the ground is not frozen or only half frozen. When heavy rains fall on these regions, they may trigger significant landslides. This is what has just happened in Canada’s British Columbia, in eastern Iceland and in Alaska

A massive landslide hit Bute Inlet in British Columbia, triggering a wave of debris that caused a lot of destruction to the forest, wiping out critical habitat for many animals, and causing hazards for marine traffic in the area. The landslide is believed to had happened in late November, following heavy rains that struck the region.

The landslide probably originated with a block of glacier that crashed into the glacial lake. This in turn caused the lake to break the moraine that retained it and send a huge flow of mud, trees and debris downslope. The event completely changed the course of the Southgate River which is a refuge to many animal populations such as salmon, grizzly bears, bobcats, and elk.

Source: CBC.CA

An alert phase was declared on December 15th, 2020 in Seyðisfjörður, East Fjords (Iceland), due to landslides. A warning was also issued for the rest of the East Fjords for the same reason. Fifty houses were evacuated after landslides occurred in Seyðisfjörður. The partly frozen soil in the mountain slopes is completely saturated after six days of unusually heavy rain. There is more precipitation in the forecast, which will likely be in the form of snow in the mountains.

About 120 people had to evacuate their homes. No injuries have been reported and it is unclear whether there has been damage to property.

Source: Iceland Monitor.

Last week, a major landslide occurred in Haines (Alaska) after heavy rains impacted the region. Two persons are still reported missing and hundreds had to be evacuated. Several houses were destroyed by the mud.

Source : Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

Une caldeira géante au coeur des Aléoutiennes (Alaska)? // A huge caldera at the heart of the Aleutians (Alaska) ?

L’information a fait la une de nombreux médias. Ainsi, on peut lire sur le site web du très sérieux National Geographic un article très surprenant qui explique que «des îles de l’Alaska font peut-être partie d’un même volcan de taille imposante». Là où les scientifiques pensaient qu’il y avait plusieurs petits volcans indépendants pourrait exister un seul énorme édifice volcanique!

C’est la conclusion d’une étude qui sera présentée lors de la prochaine réunion de l’American Geophysical Union. Le nouveau volcan – si sa découverte est confirmée par des études ultérieures  – se serait formé lors d’un événement bien plus spectaculaire que l’éruption du Mont St. Helens en 1980.

Le volcan géant est délimité par un ensemble semi-circulaire d’édifices potentiellement actifs connus sous le nom d’Iles des Quatre Montagnes – Islands of the Four Mountains (IFM) – au cœur des îles Aléoutiennes. Ces îles, qui ont longtemps été considérées comme des volcans indépendants, pourraient en réalité constituer une série de bouches éruptives reliées entre elles le long de la lèvre d’une caldeira volcanique beaucoup plus grande. Les six sommets en question ont pour noms Herbert, Carlisle, Cleveland, Tana, Uliaga et Kagamil. Toutefois, si cette caldeira volcanique existe, les scientifiques disent que cela ne signifie pas forcément qu’une catastrophe se produira dans le futur.

Pour arriver à leur conclusion surprenante, les chercheurs ont étudié la géologie locale. Ils ont tenté de détecter la moindre sismicité et ont effectué des analyses chimiques pour comprendre la composition des gaz s’échappant du sol. En étudiant ces données, ils ont remarqué certaines caractéristiques qui les ont conduits à penser qu’elles pourraient appartenir à une ancienne éruption de grande ampleur.

La première pièce du puzzle est la forme en demi-cercle des volcans IFM qui fait penser à une caldeira. On sait que la formation d’une caldeira peut donner naissance à un certain nombre de fractures à travers lesquelles le magma peut s’infiltrer avant d’atteindre la surface, de sorte que des groupes de bouches éruptives se rencontrent fréquemment autour ou au centre de la caldeira.

Les chercheurs en ont conclu que les volcans IFM pouvaient représenter une série de structures géologiques connectées entre elles autour d’une caldeira de 20 kilomètres de large dont le fond se situerait à des centaines de mètres sous la surface de l’Océan Pacifique.

La découverte d’ignimbrites a constitué une autre pièce du puzzle. Ces matériaux se forment lorsqu’une grande éruption dépose des couches de cendres volcaniques à haute température si épaisses que les grains se soudent pour former une roche solide.

En plus des premières pièces du puzzle, les scientifiques ont recueilli de nouveaux éléments, en particulier des anomalies gravimétriques fournies par des données satellitaires et des études bathymétriques conduites dans la région peu après la Seconde Guerre mondiale. Les cartes des fonds marins montrent plusieurs structures de dorsales courbées, ainsi qu’une dépression de plus de 120 mètres de profondeur susceptible de faire partie d’une caldeira. Si ces observations sont confirmées, cela pourrait signifier qu’un bassin sous-marin a pu se former à la suite d’une puissante éruption volcanique.

Les chercheurs admettent que «chacune de ces preuves potentielles est discutable». Cependant, à mesure qu’elles s’accumulent, l’idée d’une caldeira devient de plus en plus plausible.

De nouvelles recherches seront nécessaires pour confirmer l’existence d’une telle caldeira dans les Aléoutiennes. Pour le moment, les scientifiques ne connaissent pas la taille exacte de la caldeira, et ils ne savent pas non plus si elle a été formée par une grande éruption ou plusieurs événements de moindre importance.

Source: National Geographic.

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Cette information est intéressante, mais l’hypothèse avancée par les scientifiques doit être étayée sérieusement. Une caldeira en zone de subduction avec la lèvre ornée de petits volcans comme les bougies d’un gâteau d’anniversaire? Je demande confirmation! Pour le moment, à mes yeux, ces volcans actifs font partie de l’arc de subduction de la Chaîne des Aléoutiennes. Il faudra trouver et analyser sur la terre ferme du sud-ouest de l’Alaska les restes de l’éruption qui a façonné cette caldeira. En effet, si l’explosion a effectivement eu lieu, sa puissance a été considérable et les projections ne se sont probablement pas limitées à l’océan!

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One can read on the website of the very serious National Geographic a very surprising article that explains that “Alaska islands may be part of single, massive volcano.” What scientists thought were several small, independent volcanoes might actually be a single huge volcanic edifice!.

This is the conclusion of research to be presented at the next American Geophysical Union meeting. If it proves true, the new ly discovered – if it relay exists – once erupted in an event far more dramatic than the 1980 eruption of Mount St. Helens.

The giant volcano is marked by a semi-circular cluster of potentially eruptive summits known as the Islands of the Four Mountains (IFM), among   the Aleutian Islands. These islands, which  have been long considered as independent volcanoes, might actually be a series of connected vents along the edge of a much larger volcanic caldera. The six peaks include Herbert, Carlisle, Cleveland, Tana, Uliaga, and Kagamil. Should this volcanic caldera exist, the scientists say that it does not mean a catastrophe will occur in the future.

To get to their surprising conclusion, the researchers examined the local geology. They used tried to detect the slightest seismicity and performed chemical analyses to understand the composition of gasses effusing from the ground. While studying this data, they notices some features that led them to think they might belong to an enormous and ancient eruption.

The first piece of the puzzle was the curious half-ring shape of the closely clustered IFM volcanoes which really looked like a caldera. The formation of a caldera produces a number of fractures through which magma can then seep to the surface, so that volcanic clusters are common around their edges or centres.

As a consequence, the researchers imagined that the IFM volcanoes might represent a series of connected geologic structures around a potential 20-kilometre-wide caldera whose botto would lie hundreds metres beneath the surface of the Pacific Ocean.

Another piece of the puzzle was the discovery of ignimbrites. These materials form when a large eruption lays down hot temperature volcanic ash so thick that the grains weld together into solid rock.

Confirming the first pieces of the puzzle, the scientists collected more evidence, including gravity anomalies from satellite data and bathymetric surveys that were conducted in the area shortly after World War II. The maps of the seafloor revealed several curved ridge structures and a depression more than 120 metres deep that could be part of a caldera. If these observations are confirmed, it might mean that a potential underwater basin resulted from a powerful volcanic explosion.

The researchers admit that “any one piece of these pieces of evidence is questionable.” However, as they are getting more and more numerous, the idea of a caldera does become more and more reliable.

More research will be needed to confirm the existence of a caldera in the Aleutians. For one thing, the scientists are not sure about the size of the caldera, and they don’t know whether it was made from one large eruption or several smaller events.

Source : National Geographic.

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This is interesting information, but the hypothesis set forth by scientists needs to be seriously substantiated. A caldera in a subduction zone with its rim adorned with small volcanoes like candles on a birthday cake? I need confirmation! At the moment, to my eyes, these active volcanoes are part of the Aleutian Chain subduction arc. It will be necessary to find and analyze on the mainland of southwest Alaska the remains of the eruption that shaped this caldera. Indeed, if the explosion did indeed take place, its power was considerable and the projections were probably not limited to the ocean!

Carte de localisation des Islands of the Four Mountains (Google Maps)

Islands of the Four Mountains vues depuis l’ISS

La beauté des aurores boréales…

Ce n’est un secret pour personne : j’adore les contrées arctiques et toutes les beautés qu’elles recèlent, que ce soit les glaciers ou la faune qui vit dans ces régions reculées. Il est un spectacle que j’apprécie tout particulièrement : celui des aurores boréales, les « northern lights » comme on les appelle dans les hautes latitudes. Les dernières que j’ai observées illuminaient le ciel du côté de Juneau, la capitale de l’Etat d’Alaska.

Ces derniers jours, les Islandais ont été gâtés, comme le montre la galerie de photos publiée sur le site Iceland Monitor. Elles ont été prises le 23 novembre 2020 à Raufarhöfn, dans le nord-est de l’île, juste au sud du Cercle polaire arctique. Les couleurs étaient si intenses qu’il suffisait d’avoir un smartphone pour capturer ces instants magiques.

https://icelandmonitor.mbl.is/news/nature_and_travel/2020/11/23/spectacular_northern_lights_delight/

Photo : C. Grandpey

Il se passe toujours quelque chose en Alaska // There’s always something going on in Alaska

Un Boeing 737-700 d’Alaska Airlines est entré en collision avec un ours brun lors de son atterrissage à Yakutat, dans le sud-est de l’Alaska, le 14 novembre 2020. L’animal a été tué et l’avion a subi quelques dégâts. Aucun passager n’a été blessé. L’avion avait décollé de Cordova et devait ensuite faire escale à Juneau.

Le personnel de l’aéroport s’était assuré que la piste était dégagée une dizaine de minutes avant l’atterrissage du vol 66. Les employés n’ont pas repéré d’animaux sauvages lors de leur mission. Pourtant, quand l’avion a commencé à ralentir après l’atterrissage, les pilotes ont aperçu deux ours en train de traverser la piste.

Le pilote a ressenti un impact sur le côté gauche de l’appareil au moment où les ours passaient sous l’avion. Il s’agissait d’une mère accompagnée de son ourson. L’ourse a été tuée mais son petit, âgé probablement d’environ 2 ans, n’a pas été blessé. Le capot du moteur gauche de l’avion a été endommagé et l’aéronef a été contraint de rester à Yakutat le lendemain. Le personnel de l’aéroport de Yakutat a évacué la carcasse de l’ourse qui devait être récupérée par les responsables du Département de la Faune Sauvage en Alaska.

L’aéroport de Yakutat est partiellement fermé par une clôture. Le personnel suit une formation annuelle sur les dangers de la faune et utilise des pièces pyrotechniques ou des véhicules pour éloigner les animaux de la zone en cas de besoin. Dans le passé, des avions ont percuté des cervidés, des oies, et d’autres animaux communs en Alaska, mais c’est la première fois qu’un ours est concerné. En 1987, un avion d’Alaska Airlines a été retardé à Yakutat après qu’un pygargue à tête blanche a laissé échapper en plein vol un saumon qu’il tenait dans ses serres. Le poisson a heurté la vitre du cockpit peu après le décollage de l’aéroport de Juneau. Les techniciens ont repéré le point d’impact grâce à la graisse et quelques écailles, mais aucun dégât n’a été décelé.

Source: Anchorage Daily News.

Nous sommes à la mi novembre et on remarquera que ces grizzlys n’ont toujours pas commencé à hiberner. Avec le réchauffement climatique, l’entrée en hibernation est souvent retardée de plusieurs semaines et il en va de même de la sortie de la période d’hibernation. C’est un moment où la population doit se montrer prudente. En effet, les ours ont faim et ils sont beaucoup plus agressifs.

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An Alaska Airlines Boeing 737-700 struck a brown bear while landing on November 14th, 2020 in Yakutat, SE Alaska, killing the animal and causing some damage to the plane. No one in the plane was hurt. The plane had departed first from Cordova and was scheduled to stop in Juneau next.

Airport crew members had cleared the runway about 10 minutes before flight 66 was expected to land. They did not see any signs of wildlife during the check, but as the plane began to slow after landing, the pilots spotted two bears crossing the runway.

The pilot felt an impact on the left side after the bears passed under the plane. Tne bears xwere a sow with its cub. The sow was killed but its cub, thought to be roughly 2 years old, was uninjured. The left engine cowl of the plane was damaged and the plane remained in Yakutat the next day. Crew members at the Yakutat Airport cleared the bear carcass from the runway, and officials with the Alaska Department of Fish and Game are expected to collect the remains.

The Yakutat Airport is partially enclosed by a fence and employees undergo annual wildlife hazard training and use pyrotechnics or vehicles to herd animals away from the area when needed. In the past, planes have been reported hitting deer, geese, caribou and other animals in Alaska, but this is the first time a bear has been struck by a plane. In 1987, an Alaska Airlines jet was delayed in Yakutat after a bald eagle dropped a salmon from its talons in midair and the fish hit a cockpit window shortly after takeoff from the Juneau airport. Technicians found a greasy spot with some scales, but no damage.

Source: Anchorage Daily News.

It is mid November and one can notice that these grizzly bears still have not started to hibernate. With global warming, the onset of hibernation is often delayed by several weeks, and so is the exit from the hibernation period. This is a time when people need to be careful. Indeed, bears are hungry and they are much more aggressive.

Scène de vie en Alaska… (Photo : C. Grandpey)

Risque de tsunami en Alaska (rappel) // Tsunami hazard in Alaska (reminder)

Dans une note intitulée «Risque de tsunami en Alaska», publiée le 25 mai 2020, j’ai attiré l’attention sur le glacier Barry, à 90 km à l’est d’Anchorage, l’un des nombreux glaciers d’Alaska qui viennent vêler dans la mer. J’expliquais que les scientifiques ont découvert que le glacier Barry – qui se jette dans le Prince William Sound – pourrait provoquer un glissement de terrain et un tsunami catastrophiques dans les prochaines décennies. Le port de Whittier, qui se trouve à proximité, pourrait être menacé. Je vous invite à lire à nouveau ma note qui donne plein de détails sur la situation:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/05/25/risque-de-tsunami-en-alaska-tsunami-hazard-in-alaska/

Un article qui vient de paraître sur le site Web The Watchers confirme qu’un important glissement de terrain dans la région de Barry Arm pourrait générer un  puissant tsunami. Les dernières observations confirment elles aussi qu’un tel événement générerait 11 fois plus d’énergie et entraînerait 16 fois plus de matériaux que le glissement de terrain de Lituya Bay en 1958, qui a déplacé 40 millions de mètres cubes de terre et déclenché une vague de 510 m de hauteur, considérée comme la plus haute de l’histoire moderne.
Des fractures ont été observées sur une falaise surplombant le fjord de Barry Arm début 2019, mais on n’a relevé aucun indice annonçant un glissement de terrain imminent. Cependant, un peu plus tard dans l’année, l’analyse d’un ensemble de données haute résolution a révélé que tout le flanc de la montagne à proximité du glacier Barry se déplaçait lentement.

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In a post entitled “Tsunami hazard in Alaska”, released on May 25th, 2020, I drew attention to the Barry Glacier, 90 km east of Anchorage, one of the numerous Alaskan glaciers that end up calving in the sea. I explained that scientists have discovered that the Barry Glacier – which calves into Prince William Sound – is increasing the risk of a catastrophic landslide and tsunami within a few decades. Whittier, which lies a short distance away, might be under threat. I invite you to read again my post which gives plenty of details about the situation:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2020/05/25/risque-de-tsunami-en-alaska-tsunami-hazard-in-alaska/

An article on the website The Watchers confirms that a massive landslide in Barry Arm area might generate a mega-tsunami. Recent research findings show that the collapse would generate 11 times more energy and release 16 times more debris than the 1958 Lituya Bay landslide which dropped 40 million cubic metres of land, and triggered a 510 m wave believed to be the tallest in modern history.

Some fractures were observed on a cliff overlooking the Barry Arm fjord in 2019, but there was no strong evidence of an impending landslide. However, analysis of a high-resolution dataset later that year revealed that the entire mountainside near Barry Glacier was slowly moving.

Vue satellite du fjord de Barry Arm en 2020 (Source : NASA)

Vue des glaciers de la région (Photo : C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Au Kamtchatka, l’activité strombolienne se poursuit sur le Klyuchevskoy et une coulée de lave avance toujours dans la ravine Apakhonchich sur le flanc SE. La couleur de l’alerte aérienne a été relevée à l’Orange le 8 octobre 2020.

Un important épisode éruptif s’est produit sur le Bezymianny dans la soirée du 21 octobre 2020, avec un panache de cendres qui s’est élevé à une dizaine de kilomètres au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est d’abord passée au Rouge, avant d’être ramenée à l’Orange pendant la nuit après la fin de l’éruption. Les données satellitaires ont montré un volumineux nuage de cendres s’étirant sur environ 75 km à l’ouest du volcan.

Des explosions ont été observées sur le Karymsky, avec des panaches de cendres s’élevant jusqu’à 4 km au-dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.

La couleur de l’alerte aérienne est également Orange pour l’Ebeko et le Sheveluch.
Source: KVERT.

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Dans les Aléoutiennes (Alaska), aucun signal de tremor, aucune activité éruptive et aucune anomalie thermique de surface n’ont été enregistrés sur le Pavlof au cours des deux dernières semaines. Le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne ont été abaissés respectivement à Normal et Vert.

La sismicité a diminué régulièrement sur le Great Sitkin au cours des derniers mois et est maintenant à un niveau normal pour ce volcan. Aucune activité éruptive et aucune anomalie thermique n’ont été observées dans l’imagerie satellite. La couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été abaissés respectivement à Vert et à Normal.
Source: AVO.

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En Equateur, un niveau d’activité élevé continue à être observé sur le Reventador. Des émissions de gaz, de vapeur et de cendres sont observées jusqu’à 1 km au-dessus du sommet. La nuit, on peut voir de l’incandescence au niveau du cratère et les blocs incandescents dévalent  les flancs du volcan. La coulée de lave de 400 m de long sur le flanc NE reste active mais ne progresse plus.

Un niveau d’activité élevé est signalé sur le Sangay. La sismicité se caractérise par des explosions, des épisodes de tremor harmonique, des séismes longue période et des signaux indiquant des émissions. Les panaches de cendres s’élèvent de 570 à 2100 m au-dessus du sommet.
Sourxe: Instituto Geofisico (IG).

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Des explosions sont enregistrées sur le Villarrica (Chili), associées à des séismes longue période. Les explosions éjectent des matériaux incandescents au-dessus du cratère et déposent des tephra sur le flanc E jusqu’à 3 km de distance. La bouche éruptive présente un diamètre de 5 à 6 m, à une profondeur de 150 m sous la lèvre du cratère. Le niveau d’alerte reste Jaune pour le volcan et pour les localités proches du volcan, avec une zone d’exclusion pour le public de 500 m autour du cratère.
Source: SERNAGEOMIN.

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Les répliques sont de plus en plus espacées et moins fortes après le séisme du 21 octobre 2020 qui a atteint une magnitude de M 5,6 dans la Péninsule de Reykjanes (Islande). À en juger par les sismogrammes, l’événement avait une origine tectonique, même si certaines personnes ont signalé une odeur de soufre. Comme je l’ai déjà indiqué, de tels témoignages sont parfois observés lors de puissants tremblements de terre dans le monde. Les scientifiques de l’IMO ne prévoient aucune activité volcanique à la suite de ce séisme.

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Dernière minute: Une intensification de l’activité strombolienne dans le Nouveau Cratère Sud-Est et la Bocca Nuova de l’Etna (Sicile) a généré de volumineux panaches de cendre atteignant 2 ,5 km d’altitude le 23 octobre 2020. La couleur de l’alerte aérienne a momentanément été élevée au Rouge avant d’être rabaissée à l’Orange.

En conséquence, l’aéroport de Catane a été fermé à 9h30 (heure locale). Le trafic aérien est redevenu normal en fin de matinée.

Source : La Sicilia.

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Here is some news of volcanic activity around the world :

In Kamchatka, strombolian activity continues at Klyuchevskoy and a lava flow is still advancing down the Apakhonchich drainage on the SE flank. The Aviation Colour Code was raised to Orange on October 8th, 2020.

A powerful eruptive episode occurred at Bezymianny in the evening of October 21st, 2020, with an ash plume that rose about 10 km above sea level. The Aviation Colour Code was first raised to Red and later lowered back to Orange during the night after the end of the eruption has finished. Satellite data showed a large ash cloud moving about 75 km west of the volcano.

Explosions have been observed at Karymsky, with ash plumes rising up to 4 km above sea level. The Aviation Colour Code has been raised to Orange.

The Aviation Colour Code is also Orange for Ebeko and Sheveluch.

Source: KVERT.

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n the Aleutians (Alaska), no seismic tremor was recorded at Pavlof during the past two weeks, with no eruptive activity or unusual surface temperatures. The Volcano Alert Level and the Aviation Colour Code have been lowered to Normal and Green, respectively.

Seismicity at Great Sitkin has been steadily decreasing for the past several months and is now at background levels. No eruptive activity or unusual surface temperatures have been observed in satellite imagery. The Aviation Colour Code and the Volcano Alert Level have been lowered to Green and Normal, respectively.

Source: AVO.

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In Ecuador, a high level of activity continues at Reventador. Multiple gas, steam, and ash emissions are observed as high as 1 km above the summit. Crater incandescence and incandescent blocks rolling down the flanks are observed at night. The 400-m-long lava flow on the NE flank remains active but no longer advances.

A high level of activity is reported at Sangay. Seismicity is characterized by explosions, harmonic tremor, long-period earthquakes, and signals indicating emissions. Ash plumes are rising 570-2,100 m above the summit.

Sourxe: Instituto Geofisico (IG).

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Explosions are recorded at Villarrica (Chile), associated with long-period seismicity. They eject incandescent material above the crater rim and deposit tephra on the E flank as far as 3 km. The eruptive vent is 5-6 m in diameter at a depth of 150 m below the crater rim. The Alert Level remains at Yellow for the volcano and for the municipalities close to the volcano, with an exclusion zone for the public of 500 m around the crater.

Source: SERNAGEOMIN.

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Aftershocks are getting more spaced and less powerful after the event of October 21st, 2020 whichh reached a magnitude of M 5.6 in the Reykjanes Peninsula (Iceland). Judging from the seismograms, the event had a tectonic origin, even though some people reported a smell of sulphur. As I put it before, similar evidence is sometimes observed during powerful quakes in the world. IMO scientists do not expect any volcanic activity to follow the earthquakes.

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Latest : An episode of increased activity at Mt Etna’s NSEC and Bocca Nuova (Sicily) generated voluminous ash emissions up to 2.5 km above sea level in the morning of October 23rd, 2020. The Aviation Colour Code was momentarily raised to Red, then lowered back to Orange.

As a consequence, Catania airport was closed at 09:30 (local,time). Flights returned to normal later in the morning. .

Source: La Sicilia.

Le Villarrica vu depuis l’espace (Source : NASA)