Séisme d’Anchorage (Alaska): Encore de nombreuses répliques // Anchorage earthquake: Numerous aftershocks

Comme cela se produit souvent après des séismes majeurs, des dizaines de répliques ont été enregistrées après la secousse de M 6,7 qui a frappé l’Alaska le 1er décembre 2018. Aucun décès ni blessé grave n’a été signalé, mais la région d’Anchorage a été sérieusement ébranlée, avec des routes fracturées, des coupures de courant et bâtiments endommagés.
Les compagnies d’électricité d’Anchorage s’efforcent de rétablir l’alimentation d’environ 30000 clients. Des équipes supplémentaires sont arrivées sur place pour aider à la remise en état du réseau et inspecter 5 580 kilomètres de conduites pour détecter des fuites éventuelles.
Les autorités affirment qu’il faudra des semaines pour réparer les routes endommagées par le séisme. Le président Trump a publié une déclaration d’urgence pour l’Alaska ; elle va permettre aux agences fédérales d’envoyer les fonds nécessaires à la reconstruction dans la région. [NDLR : Etat fournisseur de pétrole par l’oléoduc trans-alaskien, à la majorité Républicaine, l’Alaska est toujours bien vu par le gouvernement fédéral].
En Alaska, on enregistre en moyenne un séisme toutes les 12 minutes, avec plus de séismes importants que les 49 autres États réunis. Comme je l’ai déjà dit, la ville d’Anchorage a été durement touchée. Le séisme du Vendredi Saint1964 avait une magnitude de M 9.2. C’estt le plus important enregistré aux États-Unis et le deuxième dans le monde. Il a provoqué d’importants dégâts dans la ville et fait 129 morts, y compris dans le port de Vladez plus au sud. Le séisme du 1er décembre 2018 a été le plus important à Anchorage depuis l’événement de 1964.
L’USGS a déclaré que les répliques allaient durer un certain temps, mais a ajouté qu’il existait une faible probabilité – environ 4% – d’un autre séisme égal ou supérieur à M 7,0. L’agence fédérale a également déclaré qu’il y avait une probabilité de 27% d’un séisme de M 6.0 ou plus.
Source: USA Today

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As often happens after major earthquakes, dozens of aftershocks have been registered after the M 6.7 quake that hit Alaska on December 1st, 2018.  No deaths or serious injuries were reported but the Anchorage area suffered serious damage with cracked roads, power outages and damaged buildings.

Anchorage utility companies are scrambling to restore power to about 30,000 customers. Additional workers have been dispatches to help with recovery and assist the companies as they go about surveying 5,580 kilometres of pipeline for leaks.

Authorities say it will take take weeks to repair roadways damaged by the earthquake. President Trump has issued an emergency declaration for Alaska, which paves the way for federal agencies to help with relief efforts in the area.

Alaska averages an earthquake about every 12 minutes, with more large quakes than the other 49 states combined. As I put it before, Anchorage has been hit hard before. The Good Friday Earthquake in 1964 registered M 9.2. It was the largest ever in the U.S. and the second-largest ever recorded. It caused extensive damage to the city and resulted in 129 deaths. The December 1st earthquake was the “most significant” to strike Anchorage since the 1964 event.

The U.S. Geological Survey (USGS) said that aftershocks are expected to continue for some time but added there was a low probability, about 4 percent, of another earthquake equal or greater than M 7.0. The federal agency also said there was a 27 percent chance of an M 6.0 or greater.

Source : USA Today

Le port de Valdez a totalement été détruit par le séisme de 1964. La ville a été reconstruite quelques kilomètres plus loin, sur un site théoriquement plus stable. On peut visiter aujourd’hui le site initial où figurent les noms des victimes du séisme et du tsunami de 1964. (Photos : C. Grandpey)

Puissant séisme en Alaska le 30 novembre 2018 // Powerful earthquake in Alaska on November 30th, 2018

Mon amour pour l’Alaska n’est un secret pour personne et j’observe attentivement ce qui se passe dans le 49ème État de l’Union. J’ai été très inquiet quand j’ai lu qu’un séisme puissant et peu profond, enregistré par l’USGS avec une magnitude M7.0 – ensuite abaissée à M 6.7 – avait frappé Anchorage à 08h29 (heure locale) le 30 novembre 2018. L’USGS a signalé une profondeur de 42,8 km. Le séisme a été suivi d’un autre événement de M5.8  6 minutes plus tard.
Les deux séismes ont secoué des bâtiments et endommagé des routes, tandis que la population sortait en courant dans les rues. Une brève alerte tsunami a été lancée pour l’île de Kodiak où il a été conseillé aux habitants de se réfugier sur les hauteurs. L’alerte a été levée peu de temps après, sans qu’aucun incident se soit produit.

On ne déplore ni mort, ni blessé grave à l’issue des deux séismes qui ont été suivis de quelques répliques.
Un tronçon de route s’est effondré près de l’aéroport d’Anchorage, avec une voiture qui est restée perchée sur un étroit  îlot de chaussée entouré de profondes cavités. Les secousses ont également brisé des vitrines, ouvert des fissures dans un immeuble de deux étages dans le centre-ville d’Anchorage, perturbé le réseau d’électricité et arrêté les feux de circulation. Tous les vols ont été stoppés à l’aéroport car le séisme avait neutralisé les lignes téléphoniques et forcé l’évacuation de la tour de contrôle. L’oléoduc trans-alaskien, d’une longueur de 1 280 km, a été fermé et des équipes ont été envoyées pour l’inspecter. [A noter que son tracé en zigzag a été conçu pour faire face aux séismes]. Les cours ont cessé dans les écoles et il a été demandé aux parents de venir chercher leurs enfants pendant que les autorités examinaient les bâtiments pour détecter d’éventuelles fuites de gaz ou d’autres dégâts.
L’Alaska subit en moyenne environ 40 000 séismes par an, avec plus d’événements importants que les 49 autres États réunis. Le sud de l’Alaska présente un risque sismique élevé car la région se trouve au-dessus de la zone de subduction de deux plaques tectoniques.
Au cours des dernières décennies, l’Alaska a été frappé par un certain nombre de puissants séismes d’une magnitude supérieure à M 7,0, avec notamment un événement de M 7,9 en janvier dernier au sud-est de l’île de Kodiak. Le 27 mars 1964, l’Etat a été frappé par un séisme de magnitude M 9,2, le plus puissant de l’histoire des États-Unis. Son épicentre était situé à environ 120 kilomètres à l’est d’Anchorage. Le séisme, qui a duré environ 4 minutes et demie, et le tsunami qu’il a déclenché, ont fait 130 morts.
Source: Journaux de l’Alaska.

L’Alaska est un Etat très exposé aux séismes, mais aussi aux éruptions volcaniques. C’est aussi l’une des régions du monde où le réchauffement climatique est le plus visible. Les glaciers fondent à vue d’oeil. L’Arctique occupe une large part de mon dernier livre « Glaciers en péril« , avec de nombreuses photos sur le CD qui accompagne l’ouvrage.

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My love for Alaska is no secret and I closely observe what ids happening in the 49th State of the Union. I was deeply worried when I read that a powerful and shallow earthquake, registered by the USGS as M7.0 and later downgraded to M 6.7, hit Anchorage (Alaska) at 08:29 (local time) on November 30th, 2018. The agency has reported a depth of 42.8 km. The quake was followed by another M5.8 event 6 minutes later.

Both earthquakes rocked buildings and shattered roads, sending people running into the streets. There was a brief tsunami warning to residents in Kodiak ands the advice to flee to higher ground for fear of a tsunami. The tsunami warning was lifted without incident a short time later. There are no reports of deaths or serious injuries.

A large section of road near the Anchorage airport collapsed, isolating a car on a narrow island of pavement surrounded by deep chasms in the concrete. The quakes also broke store windows, opened cracks in a two-story building downtown, disrupted electrical service and disabled traffic lights. All flights were halted at the airport after the quake knocked out telephones and forced the evacuation of the control tower. The 1,280-kilometre Alaska oil pipeline was shut down while crews were sent to inspect it for damage. Anchorage’s school system cancelled classes and asked parents to pick up their children while experts examined buildings for gas leaks or other damage.

Alaska averages about 40,000 earthquakes per year, with more large quakes than the 49 other states combined. Southern Alaska has a high risk of earthquakes because of tectonic plates sliding past each other under the region.

Alaska has been hit by a number of powerful quakes above M 7.0 in recent decades, including an M 7.9 event that hit last January southeast of Kodiak Island. On March 27th, 1964, Alaska was hit by an M 9.2 earthquake, the strongest recorded in U.S. history. Its epicentre was located about 120 kilometres east of Anchorage. The quake, which lasted about 4 and a half minutes, and the tsunami it triggered claimed about 130 lives.

Source: Alaskan newspapers.

Source: Wikipedia

Crédit photo: C. Grandpey

Un rapport alarmant pour l’Alaska // An alarming report for Alaska

Le quatrième rapport sur le climat publié le 23 novembre 2018 consacre un chapitre entier à l’Alaska. On peut lire que « l’Alaska se réchauffe plus rapidement que tous les autres États de l’Union et doit faire face à une multitude de problèmes liés au changement climatique ».
Les données fournies par le rapport montrent que la hausse des températures en Alaska a été deux fois plus rapide que dans le reste du monde au cours des 50 dernières années. On observe des températures plus chaudes et davantage de précipitations. Le rapport indique que dans les prochaines années les régions de l’intérieur et du nord de l’Alaska devraient se réchauffer davantage que les régions du sud. Il ajoute que « des augmentations de précipitations sont prévisibles pour toutes les régions de l’État ; elle seront plus importantes dans l’Arctique et l’intérieur, avec un maximum enregistré dans la partie nord-est de l’intérieur. »
La hausse des températures provoque le dégel du pergélisol et sa discontinuité. Selon le rapport, « le pergélisol de surface disparaîtra probablement sur 16 à 24% du paysage d’ici la fin du 21ème siècle. »
Selon le rapport, l’étendue annuelle moyenne de la banquise arctique a diminué de 3,5 à 4,1% par décennie depuis le début des années 1980. On peut également lire: « Alors que le climat continue de se réchauffer, il est probable que l’on verra un Arctique dépourvu de glace de mer pendant l’été au cours de ce siècle. »
Dans sa conclusion, le rapport explique que les poissons, la faune sauvage et les réseaux trophiques de l’Alaska sont « de plus en plus affectés par le recul et l’absence fréquente de glace de mer pendant l’été en Arctique, la hausse des températures et l’acidification des océans. La poursuite du réchauffement accélérera les modifications des écosystèmes dans des proportions difficiles à prévoir et des facultés d’adaptation de plus en plus difficiles. »
Le chapitre consacré à l’Alaska indique également que les glaciers continuent de fondre. La vitesse de fonte de 1994 à 2013 est presque le double de celle des années 1962-2006. De nouvelles études « montrent que la vitesse de perte de glace en Alaska va probablement augmenter dans les décennies à venir, avec des conséquences le long du Golfe d’Alaska où les chaînes alimentaires littorales se trouveront perturbées. ».
Source: Médias de l’Alaska.

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According to the Fourth National Climate Assessment report released on Novermber 23rd, 2018, Alaska “is warming faster than any other state, and it faces a myriad of issues associated with a changing climate.”

In the report, data shows temperatures warmed across Alaska at twice the rate of the rest of the world over the last 50 years. Specific impacts to the State include warmer temperatures and more precipitation. The report says interior and northern areas of Alaska are projected to warm more than the southern regions. The report also states, “average annual precipitation increases are projected for all areas of the State, with greater increases in the Arctic and interior and the largest increases in the northeastern interior.”

Rising temperatures are causing the permafrost to thaw and become more discontinuous. According to the report, “near-surface permafrost will likely disappear on 16 to 24 percent of the landscape by the end of the 21st century.”

According to the report, the extent of annual average Arctic sea ice has decreased between 3.5 and 4.1 percent per decade since the early 1980s. One can also read: “As the climate continues to warm, it is likely that there will be a sea ice-free Arctic during the summer within this century.”

The report concludes that Alaska’s marine fish and wildlife and food webs are being “increasingly affected by retreating and thinning arctic summer sea ice, increasing temperatures, and ocean acidification. Continued warming will accelerate related ecosystem alterations in ways that are difficult to predict, making adaptation more challenging.”

The chapter dedicated to Alaska also says that glaciers continue to melt. The rate of melting from 1994 to 2013 is nearly double the rate of the years between 1962 – 2006. New studies “suggest that the measured rates of Alaska ice loss are likely to increase in coming decades with the potential to alter streamflow along the Gulf of Alaska and to change Gulf of Alaska nearshore food webs.”

Source : Alaskan news media.

Photos: C. Grandpey

Volcans des Aléoutiennes (Alaska) // Volcanoes of the Aleutians (Alaska)

Les dernières mises à jour publiées par l’Alaska Volcano Observatory (AVO) concernent quatre volcans actifs de la région, mais aussi le Katmai.

On observe toujours une certaine activité sur le  Semisopochnoi. La sismicité reste marquée avec des épisodes intermittents de tremor. Aucune activité volcanique n’est observée sur les images satellitaires et aucune activité n’a été détectée dans les données infrasonores de la région. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à l’Orange.

Une coulée de lave est toujours présente le long du cône sommital du Veniaminof où on continue à observer une activité sismique élevée,   une incandescence sur les images nocturnes de la webcam, ainsi que des températures de surface élevées dans les données satellitaires. Aucune émission de cendre significative n’a été observée. La couleur de l’alerte aérienne reste Orange.

Une certaine activité est toujours observée sur le Great Sitkin. La sismicité reste élevée. Rien de significatif n’a été observé dans les données infrasonores de la région ou sur les images satellitaires au cours des dernières 24 heures. La couleur de l’alerte aérienne est Jaune.

De la même manière, une certaine activité continue à être observée sur le Cleveland, avec des températures de surface élevées sur les images satellites. Les images de la webcam ne sont pas exploitables à cause des nuages. Aucune activité significative n’a été détectée dans les données sismiques ou infrasonores. La couleur de l’alerte aérienne est Jaune.

Ces derniers jours, de forts vents du sud-est à proximité du Katmai et de la Vallée des Dix Mille Fumées ont soulevé la cendre volcanique émise lors de l’éruption du Novarupta en 1912 et l’ont transportée vers le nord-ouest. Ces nuages de cendre n’ont pas été observés sur les données satellitaires, mais des pilotes d’avions ont confirmé la présence d’un nuage de cendre en suspension à une altitude inférieure à 1 200 mètres ; ce nuage s’étirait jusqu’à l’est de King Salmon. La cendre volcanique en suspension est considérée comme dangereuse car elle peut poser des problèmes aux aéronefs et à la santé.
Ce phénomène n’est pas le résultat d’une activité volcanique récente et se produit pendant les périodes de vents violents et d’absence de neige au sol dans la région du Katmai et d’autres jeunes zones volcaniques de l’Alaska. Il n’y a aucune éruption en cours. La couleur de l’alerte volcanique pour tous les volcans de la région du Katmai est Verte.

La couleur de l’alerte aérienne est importante pour les volcans dans cette partie du monde. Ils sont situés dans des zones peu peuplées des Aléoutiennes, mais ils se trouvent le long des couloirs aériens entre l’Asie et les États-Unis. Les volcans sont explosifs et émettent de volumineux nuages ​​de cendre pendant les éruptions. Cette cendre pourrait affecter les avions survolant la région et causer de sérieux problèmes aux moteurs.

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The latest updates released by the Alaska Volcano Observatory (AVO) concern four active volcanoes of the region, as well as Katmai..

Unrest continues at Semisopochnoi. Seismicity remains elevated with intermittent episodes of tremor. No volcanic activity is observed in the satellite data, and no activity has been detected in regional infrasound data. The aviation colour code is kept at Orange.

The emission of a lava flow from Veniaminof‘s summit cone continues, as indicated by continued observations of elevated seismic activity, incandescence in nighttime webcam images, and elevated surface temperatures in satellite data. No significant ash emissions have been observed. The aviation colour code is kept at Orange.

Low-level unrest continues at Great Sitkin. Seismicity remains elevated. Nothing significant has been observed in regional infrasound data or satellite images during the last 24 hours. The aviation colour code is Yellow.

In the same way, low-level unrest continues at Cleveland. Elevated surface temperatures are observed in satellite images. Webcam views have been obscured by clouds. No significant activity has been detected in seismic or infrasound data. The aviation colour code is Yellow.

Strong southeast winds in the vicinity of Katmai and the Valley of Ten Thousand Smokes have picked up loose volcanic ash erupted during the 1912 Novarupta eruption and carried it to the northwest in the past days. No ash has been observed in satellite data, but pilot reports have confirmed a suspended ash cloud below an altitude of 1,200 metres and extending to the east of King Salmon. Suspended volcanic ash is considered hazardous and could be damaging to aircraft and health.

This phenomenon is not the result of recent volcanic activity and occurs during times of high winds and dry snow-free conditions in the Katmai area and other young volcanic areas of Alaska. No eruption is in progress. All of the volcanoes of the Katmai area remain at colour code Green.

The aviation colour code is important for volcanoes in that part of the world. They are located in poorly populated areas of the Aleutians but they lie along the routes of planes that connect Asia with the U.S. The volcanoes are explosive and emit huge clouds of ash during the eruptions. They might affect the planes flying above the region and cause serious problems to the engines.

Volcans des Aléoutiennes avec en Orange le Semipochnoi (le plus à l’est) et le Venieminof (Source : AVO)

Vue de la Vallée des 10 000 Fumées (Photo: C. Grandpey)

Les ours pullulent dans la région. La prudence est de mise lors des randonnées dans le Parc National du Katmai (Photo: C. Grandpey)

La réintroduction de l’ours pose problème dans les Pyrénées

Quelque 200 personnes, dont de nombreux bergers avec quelques élus, ont manifesté le 29 août dernier à Etsaut dans la Vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) pour dire leur refus de l’introduction d’ours dans le massif, en dépit de la démission de Nicolas Hulot. Elles s’étaient données rendez-vous dans ce village de 61 habitants où l’ancien ministre de la Transition écologique comptait venir plaider la cause de l’introduction prochaine de deux ourses dans le massif.

Selon le co-président de la Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne (FTEM), « le pastoralisme ne peut pas vivre avec les prédateurs. »  La mairesse d’Etsaut est, quant à elle, favorable à la réintroduction des ourses, ce qui ne fait qu’accroître la colère des éleveurs. S’adressant aux manifestants, leur co-président a lancé : « A partir de maintenant, je compte sur vous pour organiser des battues contre le loup hybride qui sévit dans la vallée d’Ossau, et des tirs d’effarouchement contre les deux ourses qui seront, Hulot ou pas, réintroduites. »

La mairesse d’Etsaut a déclaré : « Je suis favorable au renforcement de l’ours parce qu’il fait partie du patrimoine. Au début du 20ème siècle, plus de 90 ours cohabitaient avec les bergers », a-t-elle souligné.

Je ne suis pas d’accord avec cette dame quand elle dit que l’ours FAIT partie du patrimoine. Comme pour la phrase suivante, elle aurait dû utiliser l’imparfait de l’indicatif. En effet, l’ours était très répandu dans les Pyrénées il y a quelques décennies. Le problème, c’est qu’on l’a exterminé, le réduisant à quelques individus. Une fois l’éradication effectuée, on a mis en place un élevage du mouton à grande échelle, d’ailleurs bien adapté aux pâturages de haute altitude.

Se souvenant que l’ours était autrefois présent dans les Pyrénées, quelques écologistes ont décidé un jour de le réintroduire. Le problème, c’est que sa place était prise par les moutons et leur cohabitation allait forcément être difficile. Selon une consultation publique lancée par le gouvernement, 58,6% des habitants des communes béarnaises de montagne concernés par la réintroduction des deux ourses y sont favorables, contre 41,4% d’avis défavorables, ce qui est loin d’un plébiscite ! Aux dires des derniers sondages au sein de la population française dans son ensemble, 89% des personnes interrogées sont pour la réintroduction.

Me concernant, je suis contre. Je n’aime pas le mot « ré-introduction » qui a en lui un caractère artificiel, quelque chose de pas naturel. Je me suis élevé à la campagne au milieu des vaches et des moutons et je n’aurais pas du tout aimé qu’un prédateur (chien errant, loup ou ours) vienne faire des ravages dans les troupeaux. Il est facile de dire qu’on est pour la réintroduction de l’ours ou du loup quand on habite un appartement dans une grande ville, comme c’est le cas pour la plupart des sondés.

Quand mon ami Jacques Drouin m’a proposé de collaborer à la rédaction du livre Dans les Pas de l’Ours (voir l’ouvrage dans la colonne de droite de ce blog), j’ai tout de suite accepté car l’ours fait partie, avec l’éléphant, des animaux que j’admire le plus. Je l’ai rencontré à de nombreuses reprises au Canada et surtout en Alaska. Dans ces contrées où il pullule, je me sentais un intrus dans le territoire des ours, de la même façon qu’aujourd’hui l’ours est un intrus sur le territoire pyrénéen. Il est certes chassé en Alaska, mais de façon très régulée. Il arrive que des ours s’attaquent à des personnes, quand ils sont surpris ou quand un imprudent se trouve entre une mère et ses oursons. C’est le seul cas où vous êtes autorisé à tuer un plantigrade. Si vous tuez un ours autrement que par autodéfense, ça va vous coûter très, très cher !

Ma collaboration à la rédaction du livre s’est surtout faite au niveau des images car je possède de nombreux clichés d’ours. Jacques et moi sommes allés dans les Pyrénées et, sous la houlette d’un guide local, avons randonné en montagne à la recherche des plantigrades, mais sans succès. L’ours pyrénéen est très discret, au moins pendant la journée. Les inscriptions sur les routes montraient l’hostilité des habitants à la réintroduction de l’ours. Même réaction des bergers auxquels il a été suggéré d’installer des clôtures électriques pour empêcher les ours de s’attaquer aux troupeaux. Pour les bergers, installer une clôture signifie que l’on accepte la présence de l’ours et il n’en est pas question. Ces derniers nous ont également fait remarquer que la réintroduction des vautours posait, elle aussi, un problème aux éleveurs. Certes, il y a des compensations financières en cas de pertes de bêtes, mais comme pour tout sinistre, l’argent alloué par l’assurance ne couvre pas la perte dans sa totalité et je sais par expérience que la perte d’une bête est un traumatisme pour un paysan.

Il semble bien que le problème de l’ours soit insoluble, comme le sera à brève échéance celui du loup qui, petit à petit, s’introduit sur le territoire français et qu’il sera plus difficile à gérer que le problème de l’ours. Je n’ose imaginer la présence de l’ours au sein des pâturages où broute tranquillement le célèbre agneau baronet du Limousin !

Qu’il soit grizzly ou noir, l’ours est maître de son territoire en Alaska (Photos: C. Grandpey)

L’Alaska face au changement climatique // Alaska in the face of climate change

À la suite du refus du Président Trump d’admettre le changement climatique, de nombreux États conservateurs n’ont pas voulu mettre en place des politiques climatiques agressives. Dans le même temps, l’Alaska constate les effets spectaculaires du réchauffement climatique et il est difficile pour les hommes politiques locaux d’éluder cette question. Le pergélisol qui sert de support solide à de nombreuses routes, bâtiments et à l’oléoduc trans-alaskien commence à fondre en déstabilisant ces infrastructures. Au moins 31 villes côtières devront peut-être déménager, avec un coût de centaines de millions de dollars, car la glace de mer disparaît à vue d’œil et ne sert plus d’obstacle aux puissantes vagues qui érodent les côtes de l’Alaska.
L’Alaska est en train de finaliser sa stratégie climatique. En octobre 2017, le Gouverneur a créé un groupe de travail pour proposer des politiques spécifiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et aider l’Etat à s’adapter aux impacts du réchauffement climatique. Les recommandations sont attendues pour septembre 2018.
Face au changement climatique, l’Alaska est confronté à ses propres contradictions. Environ 85% du budget de l’État est financé par les revenus du pétrole qui est principalement exporté vers le reste des États-Unis, et les hommes politiques locaux ont toujours refusé de réduire la production de combustibles fossiles.
Cependant, les autorités alaskiennes ont déclaré que l’État ne doit pas utiliser son rôle de producteur d’énergie pour justifier une inaction face au défi complexe du changement climatique. À cette fin, le groupe de travail a publié en avril 2018 une proposition visant à ce que l’Alaska produise 50% de son électricité à partir de sources renouvelables comme l’énergie solaire, éolienne, hydroélectrique et géothermique d’ici 2025, contre 33% en 2016. Le projet propose également de réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de l’État d’un tiers d’ici 2025, par rapport au niveau de 2005..

L’Alaska a déjà réduit ses émissions de 25% depuis 2005 mais le principal impact sur le climat est provoqué par le pétrole qui est exporté vers le reste du pays où il est brûlé par les voitures et les camions. Le groupe de travail sollicitera l’avis du public sur les propositions avant de présenter les recommandations finales au Gouverneur.
Toute proposition de taxe sur le carbone au sein de l’Alaska devra probablement faire face à la résistance de l’industrie pétrolière et gazière. Cependant, il existe un consensus plus large au sein de la population sur le fait que l’Etat doit prendre des mesures immédiates pour faire face aux conséquences de la hausse des températures qui est plus importante que sur le reste de la planète. Les feux de forêt prennent de l’ampleur au cours de l’été, menaçant les maisons et les routes. Les communautés autochtones qui vivent de la chasse au morse voient leurs captures diminuer à mesure que la glace de mer disparaît. En mai, le village rural de Newtok a reçu une subvention fédérale de 22 millions de dollars pour aider à reloger les habitants menacés par l’érosion et les inondations.
Les propositions des autorités alaskiennes en matière de changement climatique supposent davantage de recherches scientifiques sur des menaces telles que l’acidification des océans qui pourraient menacer la pêche dans cet Etat, ainsi que de nouvelles stratégies pour assurer la sécurité alimentaire dans les communautés autochtones. En prenant la tête de tels efforts, l’Alaska pourrait potentiellement exporter vers le reste du monde son savoir-faire en matière d’adaptation climatique.
Source: Le New York Times.

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In the wake of President Trump’s refusal to admit climate change, many conservative-leaning states have resisted aggressive climate policies. In the meantime, Alaska is already seeing the dramatic effects of global warming firsthand, making the issue difficult for local politicians to avoid. The solid permafrost that sits beneath many roads, buildings and pipelines is starting to thaw, destabilizing the infrastructure above. At least 31 coastal towns may need to relocate, at a cost of hundreds of millions of dollars, as protective sea ice vanishes and fierce waves erode Alaska’s shores.

Alaska is finalizing its climate strategy. In October 2017, the Governor of the State created a task force to propose specific policies to reduce emissions and help the State adapt to the impacts of global warming. The recommendations are due by September 2018.

In addressing climate change, Alaska will have to grapple with its own deep contradictions. Roughly 85 percent of the state’s budget is funded by revenues from the production of oil, which is primarily exported to the rest of the United States, and local politicians have largely been unwilling to curtail the supply of fossil fuels.

However, Alaskan politicians declared that the State should not use its role as an energy producer to justify inaction or complacency in its response to the complex challenge of climate change. To that end, the State’s climate task force released a draft in April 2018 that included a proposal for Alaska to get 50 percent of its electricity from renewable sources like solar, wind, hydropower, and geothermal by 2025, up from 33 percent in 2016. The draft also proposed cutting statewide greenhouse gas emissions one-third below 2005 levels by 2025.

Alaska has already cut its emissions by 25 percent since 2005, driven by a drop in emissions from both aviation and industry. The State’s main climate impact, however, is through the oil that it exports to the rest of the country, where it is burned in cars and trucks. The task force will solicit public comment on the proposals before delivering final recommendations to the Governor.

Any carbon tax proposal within the state could face resistance from Alaska’s oil and gas industry. However, there is broader consensus among the population that the State will need to take more immediate action to prepare for the impacts of higher temperatures. The Arctic is already warming faster than the rest of the planet. Wildfires are growing larger during the Alaskan summer, menacing homes and roads. Native communities that rely on walrus hunting are seeing catches decline as sea ice disappears. And, in May, the rural village of Newtok received a $22 million federal grant to help relocate residents threatened by erosion and flooding.

The state’s draft proposal urges more scientific research on threats like ocean acidification, which could threaten state fisheries, as well as new strategies to ensure food security in indigenous communities. By taking the lead on such efforts, the draft notes, Alaska could potentially export its adaptation know-how to the rest of the world.

Source: The New York Times.

Effets désastreux de la fonte du permafrost sur les routes en Alaska

(Photo: C. Grandpey)

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Les dernières données satellitaires du Cleveland en date du 25 juin 2018 indiquent la présence d’une petite coulée de lave de forme circulaire, d’environ 80 mètres de diamètre, au fond du cratère sommital. Les données de surveillance géophysique du volcan sont indisponibles depuis le 24 juin dans l’après-midi et on ne sait donc pas si l’apparition de la lave dans le cratère a généré des signaux sismiques ou infrasoniques détectables. Cependant, la présence d’une coulée de lave obstruant la bouche active augmente le risque d’une explosion au cours des prochains jours ou des prochaines semaines. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été élevée respectivement à Orange et Vigilance. La dernière activité explosive du Cleveland s’est produite le 4 mai 2018.
Source: AVO.

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Satellite observations of Cleveland Volcano on June 25th, 2018 indicate the presence of a small circular lava flow, about 80 metres in diameter, covering the floor of the summit crater. Geophysical monitoring data from the volcano has been unavailable since June 24th in the afternoon and thus it is unknown if the effusion of lava within the crater generated detectable seismicity or infrasound. However, the presence of a lava flow over the active vent increases the possibility of a vent clearing explosion over the coming days to weeks. As a consequence, the aviation colour code and the volcanic alert level have been raised to ORANGE and WATCH, respectively. The last detected explosive activity at Cleveland volcano occurred on May 4th, 2018.

Source: AVO.

Source: AVO