La Palma (Îles Canaries) ne menace plus la côte est des États Unis) // La Palma (Canary Islands) is no longer a threat to the U.S. East coast

Jusqu’à récemment, une théorie répandue parmi les volcanologues affirmait qu’un effondrement majeur de l’île de La Palma, aux Canaries, pourrait déclencher un méga-tsunami dévastateur pour la côte est des États-Unis. Un film catastrophe de 2024, intitulé « La Palma », était même disponible sur Netflix. On y voyait une vague de 30 à 90 mètres de haut s’abattre sur New York, la Floride et toute la côte est américaine.
https://youtu.be/2zFVoLQyWjc

Ce scénario s’appuyait sur une étude de 2001, largement médiatisée, selon laquelle l’effondrement catastrophique d’une partie de l’île de La Palma pourrait provoquer un méga-tsunami dans l’océan Atlantique, avec des vagues de 25 mètres de haut (voire beaucoup plus, selon certains) qui viendraient frapper les côtes orientales de l’Amérique du Nord et du Sud. En théorie, il dévasterait tout, y compris les millions d’habitants de la côte est des États-Unis.

Cependant, aujourd’hui, la plupart des scientifiques ne croient plus à cette théorie. Dans une analyse détaillée, l’USGS indique que le modèle initial reposait sur une hypothèse qui ne correspond plus aux connaissances acquises depuis par les géologues sur l’effondrement des îles volcaniques. La théorie supposait que tout un pan de l’île de La Palma glisserait brutalement dans l’océan, générant une vague gigantesque. Des études récentes montrent que ces effondrements se produisent par étapes successives, et ne sont pas des événements catastrophiques uniques.
L’USGS souligne également que l’amélioration de la modélisation des tsunamis a considérablement modifié la situation. De nouvelles simulations indiquent que même dans le pire des cas, l’effondrement d’un flanc de La Palma produirait probablement des vagues d’environ un à deux mètres de hauteur sur la côte Est, et sûrement pas des vagues de 25 mètres, ni de 30 à 90 mètres comme l’affirme un « scientifique » dans la vidéo mentionnée ci-dessus.
Aujourd’hui, les scientifiques affirment que cette catastrophe planétaire est extrêmement improbable. L’USGS ajoute que les effondrements de volcans des îles Canaries sont rares et se produisent sur des échelles de temps de centaines de milliers d’années, et seraient précédés de signes d’instabilité. On observerait une augmentation de l’activité sismique et des déformations de la surface du sol. De plus, les volcans des îles Canaries entrent régulièrement en éruption – La Palma a connu ses dernières éruptions en 2021, 1971 et 1949 – et les analyses de stabilité des pentes effectuées à La Palma indiquent que la structure de l’île est stable. Il faudrait que le volcan croisse de manière significative pour qu’un effondrement soit envisageable.
Cela ne signifie pas pour autant que les tsunamis d’origine volcanique sont impossibles. L’USGS cite l’exemple de l’éruption du Krakatau (Indonésie) en 1883, qui a engendré un tsunami meurtrier avec des dizaines de milliers de victimes. Plus récemment, un possible méga-tsunami de 450 mètres aurait frappé l’Alaska ; il s’agissait du deuxième plus important jamais enregistré.
Tous ces événements nous rappellent avec humilité l’incroyable puissance de l’océan et illustrent la facilité avec laquelle des théories alarmistes peuvent se propager, en particulier sur les réseaux sociaux. Les méga-tsunamis font les gros titres, mais selon l’USGS, le scénario catastrophe des îles Canaries est tout à fait irréaliste.
Source : Surfer Magazine via Yahoo News.

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Comme je l’ai mentionné plus haut, l’Alaska est l’une des régions du monde les plus exposées aux séismes et aux tsunamis. Dans une note publiée le 26 juillet 2025, j’expliquais que l’État subit la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque nord-américaine. L’arc des Aléoutiennes en est la parfaite illustration. Il s’étend sur environ 3 000 km, depuis le golfe d’Alaska à l’est jusqu’à la péninsule du Kamtchatka à l’ouest. La subduction est responsable de la naissance des îles Aléoutiennes et, au large, de la fosse des Aléoutiennes dont la profondeur peut dépasser 7 800 mètres.

Vue de l’ensemble des volcans le long de la zone de subduction entre l’Alaska et le Kamchatka (Source : Alaska Volcano Observatory)

L’histoire sismique de l’Alaska est particulièrement riche. Le premier événement très puissant survenu le long de l’arc au 20ème siècle fut un séisme de magnitude M8,6 sur l’île Shumagin le 10 novembre 1938. Cet événement a été provoqué par la rupture d’une portion de l’arc d’environ 300 km et provoqué un petit tsunami enregistré jusqu’à Hawaï.
Le séisme de magnitude M8,6 sur l’île Unimak le 1er avril 1946, dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, s’est caractérisé par une rupture lente suivie d’un tsunami dévastateur à grande échelle dans le Pacifique, jusqu’aux côtes de l’Antarctique. Bien que les dégâts causés par les secousses sismiques aient été localement peu importants, la vague du tsunami est montée jusqu’à 42 mètres sur l’Ile Unimak et des vagues ont fait des victimes à Hilo (Hawaï). [Voir ma note du 1er avril 2015 à propos de cet événement]
Le puissant séisme suivant a eu lieu dans la partie centrale de l’arc des Aléoutiennes, près des Iles Andreanof le 9 mars 1957, avec une magnitude de M 8.6. La longueur de la rupture a été d’environ 1200 km, ce qui en fait la plus longue zone de répliques jamais observée le long de l’arc. D’importants dégâts ainsi que des tsunamis ont été observées sur les îles Adak et Unimak, avec des vagues d’environ 13 mètres de hauteur.
Le séisme le plus puissant a été enregistré le 27 mars 1964 dans le Prince William Sound avec une magnitude de M 9.2. C’est actuellement le deuxième plus puissant séisme enregistré dans le monde après celui de M 9,5 au Chili en mai 1960. Il a été généré par une rupture d’environ 700 km entre le Prince William Sound au nord-est et l’extrémité sud de l’île Kodiak au sud-ouest. La secousse principale a été ressentie dans une grande partie de l’Alaska, ainsi que dans certaines parties du Territoire du Yukon et de la Colombie Britannique au Canada. Des dégâts très importants ont été observés à Anchorage avec les glissements de terrain qui ont suivi. Le séisme a également déclenché un tsunami dévastateur qui a causé des dégâts le long du Golfe d’Alaska, de la côte Ouest des États-Unis, et à HawaÏ. Plus de 250 personnes ont été tuées.

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Until rfecently, there was a theory among volcanologists saying that a major collapse on the Canary island of La Palma might trigger a megatsunami that would cause destruction on the eatern coast of the United States. There was even a disaster movie on Netflix from 2024 called La Palma showing a 30- to 90-meter-high wall of water crashing into New York City, Florida, and the entire East Coast.

https://youtu.be/2zFVoLQyWjc

The scenario relies on a widely publicized 2001 study according to which a catastrophic collapse of part of the La Palma island could trigger a massive Atlantic Ocean tsunami capable of sending waves as high as 25 meters (some say much bigger) toward the eastern shores of North and South America. It would, in theory, devastate everything, including the millions of people on the U.S. eastern seaboard.

However, most scientists today no longer believe the theory is valid. In a detailed review of the hypothesis, the U.S. Geological Survey says the original model relied on a key assumption that does not match what geologists have since learned about volcanic island collapses. The theory assumed a single, massive chunk of the island would suddenly slide into the ocean at high speed, generating a gigantic wave. More recent research suggests these collapses occur in smaller, incremental stages rather than one catastrophic event.

The USGS notes that improved tsunami modeling has also changed the picture dramatically. New simulations indicate that even a worst-case collapse scenario would likely produce waves on the East Coast in the range of roughly one or two meters, not 25 meters, or 30 to 90 meters as a social media « scientist » says in the video above.

Today, science affirms for sure that this world-shattering disaster is highly unlikely. The USGS explains that collapses of Canary Island volcanoes are rare, occurring on timescales of hundreds of thousands of years, and should be preceded by signs of flank instability: increases in earthquakes and ground surface deformation. Moreover, Canary Island volcanoes also erupt regularly – La Palma last erupted in2021, 1971 and 1949 – and slope stability analyses conducted at La Palma indicate that the structure is stable. The volcano would have to grow significantly before a collapse was likely.

That does not mean volcano-generated tsunamis are not real. The USGS points to the 1883 eruption of Krakatau (Indonesia) which generated a deadly local tsunami that killed tens of thousands of people. More recently, a supposed 450-meter mega-tsunami hit Alaska ; it was the second largest ever.

All these events are a humble reminder of the ocean’s incredible power and shows the ease with which dramatic theories can spread online. Mega-tsunamis make for attention-grabbing headlines, but according to the USGS, the fearful Canary Islands scenario is definitely not realistic.

Source : Surfer Magazine via Yahoo News.

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As I put it above, Alaska is one of the regions of the world most exposed to earthquakes and tsunamis. In a post published on 26 July 2025, I explained that it undergoes the subduction of the Pacific plate beneath the North American plate. The Aleutian arc is the perfect evidence of this phenomenon. It extends approximately 3,000 km from the Gulf of Alaska in the east to the Kamchatka Peninsula in the west. The subduction is responsible for the generation of the Aleutian Islands and the offshore Aleutian Trench which can be more than 7800 metres deep.
The seismic story of Alaska is particularly rich.

The first very powerful event along the arc during the 20th century was the November 10th1938 M8.6 Shumagin Island earthquake. This event ruptured an approximately 300 km long stretch of the arc and generated a small tsunami that was recorded as far south as Hawaii.
The April 1st, 1946 M8.6 Unimak Island earthquake, located in the central Aleutian arc, was characterized by slow rupture followed by a devastating Pacific-wide tsunami that was observed as far south as the shores of Antarctica. Although damage from earthquake shaking was not severe locally, tsunami run-up heights were recorded as high as 42 metres on Unimak Island and tsunami waves in Hilo (Hawaii) also resulted in casualties. [See my note of April 1st 2015 about this event]
The next powerful earthquake occurred along the central portion of the Aleutian arc near the Andreanof Islands on March 9th 1957, with a magnitude of M8.6. The rupture length of this event was approximately 1200 km, making it the longest observed aftershock zone of all the historic Aleutian arc events. Significant damage and tsunamis were observed on the islands of Adak and Unimak with tsunami heights of approximately 13 metres.
The most powerful earthquake was the March 27th 1964 M9.2 Prince William Sound earthquake, currently the second largest recorded earthquake in the world. The event had a rupture length of roughly 700 km extending from Prince William Sound in the northeast to the southern end of Kodiak Island in the southwest. Significant shaking was felt over a large region of Alaska, as well as in parts of western Yukon Territory, and British Columbia in Canada. Property damage was the largest in Anchorage with the ensuing landslides. The earthquake also triggered a devastating tsunami that caused damage along the Gulf of Alaska, the West Coast of the United States, and in Hawaii. More than 250 people got killed.

Dégel du pergélisol : les rivières d’Alaska virent toujours à l’orange // Thawing permafrost : rivers in Alaska are still turning orange

Concentrations de CO2 : 431,74 ppm (8 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

Dans une note publiée le 27 juin 2024, j’expliquais que les rivières et les ruisseaux de l’Alaska changent de couleur, passant d’un beau bleu à un orange rouille, en raison des métaux toxiques libérés par le dégel du pergélisol.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Crédit photo: USGS

Aujourd’hui, en 2026, des scientifiques alertent une nouvelle fois sur le dégel du permafrost provoqué par la hausse des températures dans le monde. Le phénomène libère des métaux dans les cours d’eau. Dans la chaîne de montagnes de Brooks (Brooks Range), des chercheurs ont constaté que le dégel du pergélisol transforme des rivières autrefois limpides, avec une menace pour les poissons, les systèmes alimentaires et les populations en aval.
Une étude publiée dans Communications Earth & Environment a révélé que le dégel du pergélisol est responsable de la coloration orangée observée dans les rivières et les ruisseaux du nord de l’Alaska. Les chercheurs ont identifié deux mécanismes par lesquels la hausse des températures et le dégel des sols gelés anciens transportent le fer dans ces cours d’eau.
Le premier mécanisme se situe en altitude, où le dégel expose des roches riches en pyrite à l’air et à l’eau, déclenchant une pollution par des matériaux acides, généralement associée à l’exploitation minière.
Le second mécanisme se développe dans les zones humides de basse altitude, où le dégel dilate des sols gorgés d’eau et pauvres en oxygène.
Dans ces conditions, les microbes produisent du fer dissous qui s’oxyde ensuite dans les cours d’eau, leur donnant une couleur orange rouille. Les cours d’eau et leurs lits sont recouverts de sédiments orangés. Selon un chercheur ayant participé à des travaux sur le terrain en 2019, cela ressemblait initialement à des « eaux usées. » L’équipe scientifique a ensuite établi un lien entre ces observations et les relevés de température souterraine ainsi que la chimie des cours d’eau, démontrant que le dégel des sols est à l’origine de cette contamination.
Les chercheurs expliquent que de fines particules de fer peuvent rester en suspension dans l’eau sur plus de 100 kilomètres, réduisant sa clarté, enrobant les algues, perturbant les populations d’insectes et obstruant les branchies des poissons.
Ce phénomène exerce une pression sur l’ensemble des chaînes alimentaires, notamment sur le saumon qui dépend de gravières propres et d’écosystèmes aquatiques sains. Les communautés qui dépendent de la pêche pourraient être confrontées à des menaces sur leur sécurité alimentaire et leurs pratiques culturelles à mesure que la crise climatique s’aggrave.
Ce type de pollution est difficile à endiguer. Contrairement à la contamination à proximité d’une mine, la corrosion diffuse causée par le dégel du pergélisol peut se propager sur de vastes territoires. Les chercheurs pensent que des risques similaires pourraient apparaître ailleurs dans le monde, là où le réchauffement climatique rencontre une géologie riche en métaux, notamment dans le nord du Canada, les Andes et les Alpes.

D’après des chercheurs de l’Université d’Alaska, le suivi des températures du sol pourrait permettre aux scientifiques de prédire les futurs problèmes de qualité de l’eau. Selon eux, bien qu’« il soit impossible d’y remédier une fois que le problème est apparu », alerter à l’avance les populations situées en aval pourrait contribuer à protéger les habitats encore épargnés.
Source : The Cool Down via Yahoo News.

Vue aérienne de la Kutuk, dans le nord de l’Alaska, où la belle couleur bleue de la rivière doit cohabiter avec l’eau orange due au dégel du pergélisol (Crédit photo : National Park Service)

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In a post published on June 27, 2024, I explained that Alaska’s rivers and streams are changing color, shifting from a beautiful blue to a rusty orange, due to toxic metals released by thawing permafrost.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2024/06/27/rechauffement-climatique-des-rivieres-virent-a-lorange-en-alaska-global-warming-some-rivers-are-turning-orange-in-alaska/

Today, in 2026, scientists warn again that rising global temperatures are thawing long-frozen ground and releasing metals into waterways. In Alaska’s Brooks Range, researchers found that permafrost thaw is transforming once-clear rivers in ways that could threaten fish, food systems, and communities downstream.

A study in Communications Earth & Environment found that thawing permafrost is responsible for the orange discoloration seen in rivers and streams across northern Alaska. The researchers identified two routes by which rising temperatures and the thawing of ancient frozen soil are bringing iron into these waterways.

One starts at higher elevations, where thaw is exposing pyrite-rich rock to air and water, setting off acid rock drainage, a type of pollution more often associated with mining.

The other is unfolding in lower-elevation wetlands, where thaw is expanding waterlogged, low-oxygen soils.

Under those conditions, microbes produce dissolved iron that later oxidizes in streams, turning the water rusty orange. Waterways and streambeds appear coated in orange sediment, a change one researcher said initially looked « like sewage » when it was spotted during fieldwork in 2019. The research team then linked those scenes to underground temperature records and stream chemistry, showing that thawing soil is driving the contamination.

Researchers explain that fine iron particles may remain suspended in the water for more than 100 kilometers, reducing clarity, coating algae, disrupting insect populations, and clogging fish gills.

That puts pressure on entire food webs, including salmon that depend on clean gravel beds and healthy aquatic ecosystems. Communities that rely on fish may face threats to food security and cultural practices as the climate crisis worsens.

This kind of pollution is difficult to stop. Unlike contamination near a mine, diffuse rusting caused by thawing permafrost can spread across vast, remote landscapes. Researchers say similar risks could emerge anywhere warming temperatures intersect with metal-rich geology, including northern Canada, the Andes, and the Alps.

According to University of Alaska researchers, tracking ground temperatures could allow scientists to predict future water-quality problems. While « there’s no fixing this once it starts, » providing downstream communities with advance warning could help protect habitats that are still intact.

Source : The Cool Down via Yahoo News.

Réchauffement climatique : Des algues toxiques jusqu’en Alaska // Global warming : Toxic algae as far as Alaska

Concentrations de CO2 : 431,87 ppm (5 juin 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,46 ppb (février 2026)

J’ai écrit plusieurs notes sur la prolifération des sargasses, ces algues brunes qui posent un problème récurrent dans la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique et l’océan Atlantique. Les chercheurs estiment qu’au moins 4 % de la surface océanique est actuellement recouverte de tapis de sargasses, et que ces quantités sont susceptibles d’augmenter avec le réchauffement climatique.

Photo : C. Grandpey

Aujourd’hui, il semble que les territoires du Nord soient également concernés par l’invasion d’algues. Ainsi, le réchauffement des eaux autour de l’Alaska a provoqué la prolifération d’algues nuisibles. À Kotzebue, dans l’ouest de l’État, leur prolifération était si intense que les habitants ont d’abord cru que quelqu’un avait déversé des produits chimiques dans l’eau. On aurait dit de la peinture verte fluorescente.

Crédit photo : Alaska Public Media

La plupart des algues présentes dans les eaux de l’Alaska sont inoffensives, et beaucoup sont même bénéfiques. Mais on observe plusieurs variétés toxiques qui deviennent de plus en plus préoccupantes à mesure que les eaux océaniques et d’eau douce se réchauffent. L’Alexandrium est une algue qui produit de la saxitoxine et des composés apparentés pouvant provoquer une intoxication paralytique par les fruits de mer. La cuisson et la congélation ne permettent pas d’éliminer ces toxines, et il n’existe aucun antidote. Dans les cas les plus graves, les victimes peuvent cesser de respirer. Les autorités sanitaires de l’Alaska ont indiqué que l’État a recensé 132 cas d’intoxication paralytique par les fruits de mer et cinq décès entre 1993 et ​​2021.

Les scientifiques surveillent également les bactéries Pseudo-nitzschia, capables de produire de l’acide domoïque, et Dinophysis, qui peuvent provoquer une intoxication diarrhéique par les fruits de mer. De faibles concentrations d’acide domoïque ont déjà été détectées en Alaska, mais aucun cas d’intoxication n’y a été confirmé.
La prolifération de cyanobactéries est un problème récurrent autour de Kotzebue depuis 2008, date à laquelle l’eau a pris une couleur verte pour la première fois. Ces proliférations nuisibles menacent les systèmes alimentaires, la santé publique et la faune sauvage dont dépendent culturellement et économiquement de nombreuses communautés d’Alaska.

Des chercheurs soupçonnent la saxitoxine d’avoir joué un rôle dans d’importantes mortalités d’oiseaux, notamment celle des guillemots de Troïl survenue entre 2015 et 2017 lors d’une vague de chaleur marine.

Guillemots de Troïl (Photo : C. Grandpey)

Ils ont également expliqué que la saxitoxine était la cause de la mort d’otaries à fourrure retrouvées échouées dans les îles Pribilof en 2024 et 2025.
Si l’acide domoïque n’a pas encore provoqué de cas d’intoxication en Alaska, il décime de nombreuses espèces sauvages depuis des décennies en Californie.
Pour les familles qui pratiquent la pêche ou le ramassage de coquillages, ces proliférations d’algues pourraient compromettre la sécurité alimentaire et accroître l’incertitude quant à la sécurité des aliments. Des enquêtes locales ont été menées sur des oiseaux et des mammifères marins suite à des mortalités suspectées d’être liées à ces proliférations. Même en l’absence de confirmation de la présence de toxines, cette surveillance peut aider les communautés à réagir plus rapidement. Les autorités locales recommandent de suivre attentivement les recommandations sanitaires et les interdictions de pêche aux coquillages. La population est invitée à prêter attention aux signalements de couleurs d’eau inhabituelles et d’animaux sauvages malades ou morts, et à signaler tout ce qu’ils observent personnellement à leur organisme local de protection de la faune.

Source : Fox Weather via Yahoo News.

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I have written several posts about sargassum blooms, the brown seaweed that is becoming a problem has become a recurring problem in the Caribbean Sea, Gulf of Mexico and Atlantic Ocean, according to the NOAA. Researchers say that at least 4% of the ocean’s surface is currently covered by clumps and mats of sargassum, and those amounts are likely to increase with global warming.

Today, it seems that northern territories are also concerned with the invasion of algae. Warmer waters around Alaska have been causing a small group of harmful algae to bloom. In Kotzebue, in the western part of the State, one bloom was so vivid that locals at first thought someone had dumped chemicals into the water. It looked like fluorescent green paint.

Most algae in Alaska’s waters are harmless, and many are even beneficial. But several toxic varieties are becoming a bigger concern as ocean and freshwater conditions warm. Alexandrium is an algae that produces saxitoxin and related compounds that can cause paralytic shellfish poisoning. Cooking and freezing can’t remove these toxins, and there is no antidote. In severe cases, victims can stop breathing. State health officials said Alaska recorded 132 cases of paralytic shellfish poisoning and five fatalities from 1993 to 2021.

Scientists are also watching Pseudo-nitzschia, capable of producing domoic acid, and Dinophysis, which can trigger diarrhetic shellfish poisoning. Low levels of domoic acid have already been detected in Alaska, but no poisoning events have been confirmed there.

Cyanobacteria blooms have become a recurring issue around Kotzebue since 2008. That was when the water first turned bright green. Harmful blooms threaten food systems, public health, and the wildlife many Alaska communities depend on culturally and economically.

Researchers suspect saxitoxin may have played a role in major bird die-offs, including the 2015-2017 « wreck » of common murres during a marine heat wave. They have confirmed that saxitoxin was the cause of death in northern fur seals found stranded in the Pribilof Islands in 2024 and 2025.

If domoic acid has not yet caused documented poisoning events in Alask, it has killed many kinds of wildlife for decades in California.

For families who gather shellfish or rely on local fish for food, these blooms could undermine food security and increase uncertainty about what is safe to eat. Local investigations have tested birds and marine mammals after suspected bloom-related die-offs. Even when toxins are not confirmed, that monitoring can still help communities respond more quickly.

Local authorities say that the most practical protection is to stay alert to local health guidance and shellfish closures. Residents should pay attention to reports of unusual water color and sick or dead wildlife, and report anything they personally see to their local wildlife organization.

Source : Fox Weather via Yahoo News.

Effondrements et vêlages sur le glacier Sawyer (Alaska)

Dans une note publiée le 13 mai 2026, j’expliquais qu’un glissement de terrain avait provoqué un tsunami dans le Tracy Arm, à 80 km au sud-est de Juneau, la capitale de l’État d’Alaska. Tracy Arm est un long fjord qui conduit au glacier Sawyer que j’ai visité le 3 septembre 2016 et où j’ai assisté à plusieurs effondrements spectaculaires du front du glacier.

Carte montrant Tracy Arm, le long fjord permettant d’accéder au glacier Sawyer (Source : NASA)

Le Sawyer est un glacier dont le front de 800 mètres de large est accessible uniquement par bateau ou en kayak, en navigant au milieu des icebergs à l’étonnante transparence.

Comme ses congénères, ce glacier recule à une vitesse impressionnante à cause du réchauffement climatique , mais il reste très actif.

Avec la poussée de la glace – un glacier est une rivière de glace en mouvement – on peut observer chaque jours de nombreux vêlages. La taille des blocs qui se détachent du glacier est très variable, allant d’un petit morceau à un pan de glace aussi imposant qu’un paquebot.

Ces blocs de glace percutent l’eau, dont la profondeur peut atteindre 180 mètres. Certaines parties du glacier se trouvent sous la surface et les vêlages peuvent aussi se produire sous l’eau ; on peut alors voir le bloc de glace détaché émerger comme un sous-marin et dériver au loin. Le spectacle n’est pas sans danger et il est préférable d’arrêter son embarcation à 500 ou 600 mètres du front du glacier pour être en sécurité.

Dans son livre Travels in Alaska, John Muir, célèbre naturaliste américain, a parfaitement décrit le phénomène de vêlage en observant les glaciers de Glacier Bay en juin 1890. Voici un petit extrait de son livre :

« En moins d’une minute, j’ai nu naître trois grands icebergs. Au début, on entend généralement quelques blocs relativement petits qui se mettent à gronder, tandis que la masse principale commence à se détacher, dans un bruit fracassant de tonnerre qui se répercute contre les parois. On perçoit souvent trois ou quatre énormes explosions suivies de bruits sourds lorsque le plus grand des blocs tombe en plusieurs morceaux, puis des sons mats et des roulements moins importants lorsque ces masses plongent et replongent, jusqu’à ce qu’elles s’immobilisent. Il est extrêmement rare que les tours, les remparts et les cimes qui constituent le front du glacier tombent en avant tout d’une seule pièce, comme un arbre qui s’abat, au niveau de l’eau ou à proximité. Ces parties, le plus souvent, coulent verticalement, comme minées par l’action dissolvante de l’eau du bras de mer. Elles maintiennent parfois cette position verticale après avoir coulé très profondément, puis elles remontent à trente mètres ou plus au-dessus de la surface, dans d’immenses gerbes d’eau. Parfois, elles retombent alors de tout leur long, dans un fracas plus terrible encore,, projetant l’écume en magnifiques jets que l’on prendrait pour des flammes, qui s’élèvent jusqu’au sommet de la paroi frontale. Illuminées par le soleil, l’écume et les masses de cristal biseautées sont d’une beauté indescriptible. »

En lisant les pages écrites par John Muir, je revoyais les effondrements du front du glacier Sawyer, les énormes pans de glace qui s’abattaient dans l’eau avant de resurgir, les ondulations à la surface de l’eau et les phoques pas le moins du monde apeurés par la chute des blocs de glace. Des pygargues à tête blanche assistaient eux aussi à la scène.

Photos: C. Grandpey

Quand la Nature se donne ainsi en spectacle dans le monde des glaciers, je ressens la même émotion que devant une éruption volcanique. Comme un volcan, un glacier actif nous donne une leçon d’humilité et nous fait comprendre que nous ne sommes pas grand chose…

J’ai réalisé une petite vidéo qui illustre assez bien les propos de John Muir. Vous la verrez en cliquant sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=jZtvNMxoxdY