Yellowstone : Attention aux bisons ! // Be careful with the bison !

En lisant les dernières nouvelles de Yellowstone, on peut se demander si les femmes ne seraient pas plus inconscientes que les hommes… !
Un bison a encorné une femme dans le Parc National de Yellowstone. C’est le troisième accident de ce type cette semaine avec des animaux. Les rangers expliquent qu’un groupe de visiteurs s’est approché trop près d’un bison le mercredi 6 juin dans le Lower Geyser Basin. L’animal a chargé et encorné une Californienne de 59 ans. Elle a été conduite à l’hôpital avec une blessure sérieuse à la hanche. Certaines personnes du groupe se sont approchées à 4 mètres du bison alors que la distance de sécurité officielle est d’au moins 23 mètres.
Dans les jours qui ont précédé, une femelle wapiti accompagnée d’un petit a blessé deux femmes près d’un hôtel de Yellowstone.
Un bison a également renversé et légèrement blessé une femme à Yellowstone au début du mois de mai.
Source: Médias locaux.

Il est bon de rappeler que Yellowstone n’est pas un parc d’attractions et que les animaux sont sauvages. Il est vivement conseillé de respecter les normes de sécurité préconisées par les autorités du Parc. Cette dernière remarque est valable pour les sources chaudes.

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Looking at the latest news from Yellowstone, one may wonder whether women are less careful than men!

A bison has gored a woman for the third animal attack in Yellowstone National Park this week. Yellowstone officials say a crowd got too close to the bison Wednesday in the Lower Geyser Basin. The bison charged the crowd, goring 59-year-old Californian woman. She was taken to a hospital with a serious hip injury. Some in the crowd came within 4 metres of the bison when the official safe distance is at least 23 metres.

In the previous days, a female elk with a calf injured two women near a Yellowstone hotel.

A bison also rammed and slightly injured a woman in Yellowstone in early May.

Source: Local news media.

It is worth remembering that Yellowstone is not an amusement park and that animals are wild. Visitors are strongly advised to respect the safety standards recommended by the Park authorities. This last remark goes for the hot springs.

                                                            Photo: C. Grandpey

 

Des bisons en Sibérie contre le changement climatique: Une idée futée? // Bison in Siberia against climate change : A smart idea ?

La semaine prochaine, douze bisons de l’Alaska vont partir pour l’Arctique russe dans le cadre d’un projet original visant à ralentir les effets du changement climatique. L’initiative vient d’un cinéaste indépendant de Haines, petite ville du sud-est de l’Alaska. Le projet fera partie d’un film sur le Parc du Pleistocène, une réserve naturelle et un centre d’études scientifiques situés en Sibérie, à 5 km environ de la ville de Chersky. Dans le Parc, les bisons cohabiteront avec des rennes, des yaks, des chevaux et d’autres herbivores qui vivaient autrefois dans la région.
Si les choses se passent comme prévu, les herbivores empêcheront la croissance des arbres et des arbustes, favorisant ainsi l’expansion des prairies. Les prairies et les plaines enneigées en hiver réfléchissent mieux le rayonnement solaire que les zones comportant des arbres et des arbustes, réduisant ainsi les impacts du changement climatique. Les troupeaux contribueront également à éliminer l’effet isolant de la neige en la piétinant, permettant au sol de rester gelé plus longtemps.
L’objectif du Parc est de faire en sorte que le permafrost ne fonde pas, de sorte que la quantité importante de carbone qu’il contient ne s’échappe pas dans l’air, ce qui aggraverait le réchauffement de la planète. Les 12 bisons sont certes un très petit pas vers la résolution d’un problème d’une grande ampleur, mais ils font partie d’une expérience qui pourrait être répétée ailleurs dans l’Arctique si elle est couronnée de succès.
Le Parc du ¨Pléistocène espère également acquérir une version moderne du mammouth laineux, à condition que les scientifiques réussissent à le recréer en modifiant le génome des éléphants. Les mammouths ont vécu à l’ère du Pléistocène – communément appelée ère glaciaire – qui s’est terminée il y a environ 12 000 ans.
Source: Anchorage Daily News.

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Twelve Alaska bison are scheduled to depart next week for the Russian Arctic to participate in an unusual experiment to slow climate change. The initiative comes from an independent filmmaker from Haines who is organizing the unusual cargo flight animals. The project will be part of a film about Russia’s Pleistocene Park. At the park near the town of Chersky, the bison will join lots of reindeer, yaks, horses and other herbivoreswhich once roamed across the region.

If things go according to plan, the plant-eating animals will prevent the growth of trees and shrubs, promoting the expansion of grassland. Grasslands and snowy plains in winter reflect solar radiation better than areas with trees and shrubs, reducing impacts of climate change. The herds will also help remove the snow’s insulating properties by trampling on it, allowing the ground to stay frozen longer.

The park’s goal is keeping permafrost from melting so that the massive amount of heat-trapping carbon it contains is not released into the air, making global warming worse. The 12 bison are admittedly a very small step toward solving a big problem, but they are part of an experiment that could be repeated elsewhere in the Arctic if it works.

The Russian Pleistocene Park also hopes to acquire a modern version of the woolly mammoth, if one can be made by scientists hoping to alter the genome of elephants. The giant land mammals were part of the Pleistocene era – commonly called the ice age – that ended about 12,000 years ago.

Source: Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

Une histoire de bisons, volcan et ADN // A story of bison, volcano and DNA

Après les humains, les bisons sont les mammifères qui ont le mieux réussi  à coloniser l’Amérique du Nord où ils s’installèrent dans les Grandes Plaines. Toutefois, l’époque de leur arrivée en provenance d’Asie est longtemps restée un mystère. Selon une nouvelle étude publiée par l’Académie Nationale des Sciences, les informations génétiques et géologiques ont permis de déterminer à quel moment ils ont migré et emprunté la Béringie, pont terrestre entre l’Alaska et la Sibérie orientale. L’étude révèle que les bisons sont arrivés il y a 135 000 à 195 000 ans, donc bien avant les hommes dont la première vague a emprunté le pont de terre il y a environ 20 000 ans, même si cette date est de plus en plus contestée parmi les scientifiques. Après les premières migrations, les bisons se sont multipliés, diversifiés et ils sont devenus plus nombreux que les mammouths, les chevaux du Pléistocène et d’autres mammifères qu’ils ont chassés de leurs pâturages.

Les résultats de l’étude reposent en grande partie sur l’ADN prélevé sur le plus ancien fossile de bison connu, un os découvert il y a une dizaine d’années dans le territoire du Yukon au Canada. Le fossile du Yukon a été trouvé près de la rivière Porcupine, juste en dessous d’une couche de cendre répandue par une puissante éruption massive du Complexe Volcanique du Lac Emmons il y a environ 130 000 ans. Le Complexe Volcanique du Lac Emmons est un grand stratovolcan dont les éruptions ont façonné l’une des plus vastes calderas de l’arc des Aléoutiennes. Les cendres émises par l’éruption ont permis aux scientifiques de déterminer l’âge du fossile du bison du Yukon et de confirmer que c’est le plus ancien fossile de bison connu en Amérique du Nord. Les datations au radiocarbone ne fonctionnant pas au-delà de 40 000 à 50 000 ans, les scientifiques ont dû avoir recours à d’autres techniques pour déterminer sa date. Grâce aux nouvelles technologies, l’ADN du fossile du Yukon a été extrait et analysé. Il a été comparé à celui d’un fossile légèrement plus jeune trouvé près de Snowmass dans le Colorado, et les deux spécimens ont été comparés à des dizaines de fossiles de bisons plus récents, y compris certains dans le sol du Yukon au-dessus de la cendre volcanique, où les animaux étaient fort nombreux. À partir de ce matériel génétique, les scientifiques ont déterminé que tous les bisons avaient un ancêtre commun qui vivait il y a 135 000 à 195 000 ans, époque où existait le pont terrestre de la Béringie. L’information génétique a également montré que les bisons ont migré sur le pont terrestre en une deuxième vague il y a 21 000 à 45 000 ans.
Une fois arrivés en Amérique du Nord, les bisons se sont rapidement développés en donnant naissance à de nouvelles formes génétiques. La première espèce sur le continent – l’espèce qui a laissé derrière elle l’os du Yukon – était le bison des steppes. Le fossile du bison du Colorado, bien que plus jeune d’environ 10 000 à 20 000 ans, était d’une espèce différente, mais liée aux précédentes : le bison à longues cornes. C’est une espèce connue pour sa très grande taille, mais dont les fossiles n’ont pas été trouvés au nord du 48ème parallèle. Le bison des steppes et le bison à longues cornes sont des espèces du Pléistocène qui ont disparu, mais les bisons tels que nous les connaissons aujourd’hui sont leurs descendants.
Source: Alaska Dispatch News.

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After humans, the mammals most successful at colonizing North America were the bison that thundered across the Great Plains. Just when they arrived on the continent from Asia has long been a mystery. According to a new study published by the National Academy of Sciences, genetic and geologic information has helped pinpoint the time of their migration across the Bering Land Bridge. The new study reveals that bison arrived between 135,000 and 195,000 years ago. Humans were believed to have been much more recent travellers, with the first wave of migrants about 20,000 years ago, though that arrival time is facing increasing contention among experts. After the first bison migrations, the animals multiplied, diversified and became the dominant grazers, displacing mammoths, Pleistocene horses and other mammals that arrived earlier.

The findings of the study rely in large part on DNA extracted from the oldest known bison fossil, a bone found a decade ago in Canada’s Yukon territory. The Yukon fossil was found near the Porcupine River. It was just below a layer of ash that was spread in a massive eruption about 130,000 years ago from the Emmons Lake Volcanic Center, a large stratovolcano with a pre-caldera volume of 300-400 cubic km and one of the largest calderas in the Aleutian arc. The ash spread by the eruption allowed scientists to determine the Yukon bison fossil’s age and confirm it as the oldest known bison fossil in North America, As radiocarbon dating does not work beyond ages of about 40,000 to 50,000 years, scientists needed other methods to determine the date. Thanks to new technology, DNA from the Yukon fossil was extracted and analyzed. It was compared with that from a slightly younger fossil found near Snowmass, Colorado, and both were compared with dozens of younger bison fossils, including some from Yukon soil above the volcanic ash, where there were lots of bison all over the place. From that genetic material, the scientists determined that all the bison had a common ancestor 135,000 to 195,000 years ago, a period when the Bering Land Bridge was exposed. The genetic information also showed that bison migrated over the land bridge in a second wave 21,000 to 45,000 years ago.

Once bison were in North America, they quickly developed into new genetic forms. The first species on the continent — the species that left the Yukon bone — was the steppe bison. The Colorado bison fossil, though only about 10,000 to 20,000 years younger, was of a different but related species, the giant long-horned bison. That is a species known for its huge size, with fossils not found north of the Lower 48 states. Steppe and giant long-horned bison are Pleistocene species now extinct, but modern bison are their descendants.

Source : Alaska Dispatch News.

Les bisons font partie des emblèmes du Parc de Yellowstone.

(Photo: C. Grandpey)

 

Faut-il croire les bisons de Yellowstone? // Should we trust the bison of Yellowstone?

drapeau francaisLe séisme de M 4,8 qui a secoué Yellowstone dimanche dernier n’aurait certainement pas attiré l’attention du public si une vidéo montrant un troupeau de bisons en train de courir le long d’une route n’avait pas été publiée sur YouTube (voir ma note du 2 Avril). Suite à cette vidéo, certaines personnes ont affirmé que les animaux fuyaient parce qu’ils sentaient qu’une éruption majeure allait se produire. Il a suffi de cela pour que d’autres personnes expliquent les effets désastreux qu’une telle éruption aurait pour les Etats-Unis et l’ensemble de la planète. « Hiver nucléaire » et « extinction de masse » étaient des expressions fréquentes dans les articles de journaux et dans les commentaires.
De telles affirmations ont le don de me taper sur les nerfs ! Elles sont formulées par des personnes qui, pour beaucoup, ne savent même pas où Yellowstone est situé sur une carte des Etats-Unis. La plupart d’entre elles n’ont jamais mis les pieds à Yellowstone. Autrement, elles sauraient qu’il est assez fréquent de voir un troupeau de bisons se mettre à courir sans raison particulière. A titre personnel, j’ai connu une telle expérience il y a quelques années dans le Parc quand j’ai été pris au dépourvu par un troupeau de ces animaux qui venait de nulle part. Je me suis retrouvé rapidement au beau milieu des bisons, priant pour ne pas être piétiné !
Jake Lowenstern, responsable scientifique de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone, dit qu’il a visionné quelques-unes des vidéos de YouTube mais ne les trouve pas très convaincantes. Certaines ne semblent pas avoir été filmées récemment. Il ajoute que « même si le film est récent, toute personne qui a séjourné à Yellowstone a vu courir les bisons le long des routes à l’intérieur du Parc, pénétrer dans le parc ou en sortir. Un simple coup de klaxon suffit pour les faire courir « .
Comme je l’ai écrit auparavant, le séisme de dimanche s’est produit à environ 6,5 kilomètres au nord -nord-est du Norris Geyser Basin. Il avait une origine tectonique – donc non volcanique – et fait partie de l’activité sismique habituelle à Yellowstone.
Vous pouvez aller visiter ce merveilleux parc cet été sans craindre une éruption volcanique !

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drapeau anglaisThe M 4.8 earthquake that struck Yellowstone last Sunday would certainly not have drawn public attention if a video showing bison running along a road had not been released on You Tube (see my note of April 2nd). Watching the video, some people pretended the animals were fleeing because they could feel a major eruption was going to happen. This was enough to have other people explaining the disastrous effects such an eruption would have for the U.S. and the whole planet.  “Nuclear winter” and “mass extinction” were frequent expressions to be read in the newspaper articles and in the comments that followed them.

Such statements are getting on my nerves! They are made by people who, for most of them, do not even know where Yellowstone is located on a map of the United States. Most of them have never visited Yellowstone. If they had, they would know that it is quite common to see a herd of bison running with no special reason. Personally, I had to face such an experience a few years ago in the Park when I was caught by surprise by a herd of these animals that came running from nowhere. I rapidly found myself right in the middle of the herd, praying not to be trampled on!

Jake Lowenstern, scientist in charge of the Yellowstone Volcano Observatory, says he has seen some of the YouTube videos but does not find them very convincing. Some do not appear to have been filmed recently. He adds that “even if the footage is new, anyone who has spent time at Yellowstone has seen bison running along the roads … into the park, out of the park, and within the park. A horn honking is enough to get them running. »

As I put it before, Sunday’s earthquake occurred about 6.5 km north-northeast of the Norris Geyser Basin. It had a tectonic – and non volcanic – origin and is part of the seismic activity most often recorded at Yellowstone.

You can go and visit this marvellous park this summer without fearing a volcanic eruption!

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Les bisons de Yellowstone  (Photos:  C. Grandpey)