Eruptions islandaises : même fracture éruptive et champ de lave commun // Icelandic eruptions : same eruptive fissure and common lava field

Le Met Office islandais (IMO) confirme que la coulée de lave émise par la troisième fracture éruptive avance principalement dans la Geldingadalur. Cette fracture s’est ouverte à minuit le 6 avril 2021 et se situe entre celles qui existaient déjà. Les champs de lave produits par les trois éruptions ont fusionné.

La lave issue de la troisième fracture s’est écoulée au sud dans la Geldingadalur puis au nord-est vers la Meradalir. Il existe maintenant un champ de lave commun aux trois sites éruptifs qui appartiennent en fait à la même fracture qui s’est ouverte suite à l’intrusion magmatique à Fagradalsfjall.

Source : IMO

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Les autorités islandaises rappellent que lez gaz volcaniques sont le principal danger sur le site de l’éruption. Les scientifiques expliquent qu’il est peu probable que l niveau de pollution gazeuse résultant de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes soit aussi élevés que dans l’Holuhraun en 2014-2015, bien que cette possibilité ne puisse être exclue.

Les volcanologues ajoutent que la zone de l’éruption est susceptible de s’agrandir, principalement vers nord le long de la même ligne de fractures; mais aussi plus au sud dans la vallée de Geldingadalir.

Les autorités insistent sur le fait que les gaz toxiques ne proviennent pas seulement des trois fractures éruptives, mais également du nouveau champ de lave. En conséquence, il est vivement conseillé aux visiteurs de rester sur les collines autour de la vallée et d’avoir le vent dans le dos.

Il est peu probable que le niveau de pollution dans les localités atteigne celui observé lors de l’éruption beaucoup plus importante dans Holuhraun, mais le risque existe parce ces localités sont beaucoup plus proches de l’éruption qu’il y a 7 ans.

Les scientifiques islandais expliquent que si de nouvelles fractures s’ouvrent, le processus éruptif commencera avec des émissions de gaz et de vapeur avant que la lave apparaisse. Si les visiteurs remarquent ces signes, il est important qu’ils se déplacent rapidement et rejoignent un point haut.

Les volcanologues islandais expliquent que l’éruption sur la péninsule de Reykjanes est inhabituelle à plusieurs égards. Par exemple, les éruptions sont généralement intenses à leur début puis diminuent lentement, mais c’est le contraire qui se produit actuellement.

Source: www.ruv.is

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The Icelandic Met Office (IMO) confirms that the lava flow from the latest fissure eruption seems to mostly flow down into Geldingadalur. This third eruption fissure opened at midnight on April 6th, 2021 and lies between the two existing fissures. The lava fields from the three eruption fissures are now merging (see photo above). Lava from the third fissure has flowed south into Geldingadalur and northeast towards Meradalir. There is a continuous lava field between the three eruption sites, which in fact belong to the same volcanic fissure (see map above) opened by the magma intrusion at Fagradalsfjall.

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Icelandic authorities warn that the main danger on the eruption site lies with the gases. They say it is unlikely that gas pollution levels from the eruption on the Reykjanes peninsula will be as high as they were at Holuhraun in 2014-5, though it cannot be ruled out.

Volcanologists say that the eruption zone could get bigger, mostly further north along the same line; but also further south in Geldingadalir valley.

Authorities insist that poisonous gases are coming not only from the three erupting fissures, but also from the new lava field. As a consequence, visitors are strogly advised to stick to the hills around the valley and keep the wind behind them.

Pollution levels in towns and villages are unlikely to reach levels seen during the much larger Holuhraun eruption, but  the risk exists because municipalities are much closer to the eruption than 7 years ago.

Icelandic scientists explain that if new fissures do open, the process will start with gas and steam before any lava starts to flow. If visitors notice these signs, it is important to move quickly to the side and up to higher ground. They add that the eruption on the Reykjanes peninsula is unusual in several ways. For example, eruptions are usually powerful at their start and then slowly reduce in intensity, which is not the case now.

Source: www.ruv.is

Nouveau déménagement de la station Halley VI en Antarctique? // Will the Halley VI station again have to be moved in Antarctica?

Au cours de ma conférence «Glaciers en Péril», j’explique que le continent antarctique fond lui aussi sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Pour illustrer ce phénomène, je donne l’exemple de la station Halley VI du British Antarctic Survey (BAS) qui a dû être déplacée vers un endroit plus sûr en 2017 car elle risquait de partir à la dérive sur l’océan à bord d’un iceberg. Une énorme fissure s’était ouverte dans la plateforme glaciaire où elle se trouve. L’ensemble de la station a été déplacé sur des skis sur plus de 20 km.

La station Halley VI repose sur la Brunt Ice Shelf, une plateforme glaciaire qui est un amalgame de glace issu d’un glacier qui avance vers la mer. Les observations satellitaires des dernières semaines ont révélé l’apparition d’une nouvelle fracture dans la plateforme et l’accélération du mouvement de certaines zones de glace. Cette accélération est marquée en rose clair sur la carte ci-dessous. Un vêlage ne saurait donc être écarté. Si un iceberg devait se détacher, il aurait probablement une superficie d’environ 1 500 kilomètres carrés.

Le BAS dispose d’un réseau de capteurs GPS placés sur la plate-forme glaciaire de Brunt. Ils ont décelé les mêmes mouvements que ceux observés par le satellite Sentinel-1.

Le BAS est convaincu que la station Halley ne partira pas à la dérive sur un iceberg dans le court terme, mais doit s’assurer de la stabilité de la plate-forme glaciaire avant d’y installer du personnel qui y restera toute l’année.

Le British Antarctic Survey, comme tous les autres organismes internationaux de recherche polaire, a réduit ses opérations pendant cette saison estivale en Antarctique à cause du coronavirus. Tout est fait pour empêcher la propagation du virus sur ce continent où les installations médicales sont limitées. La situation actuelle va forcément devoir entraîner la fermeture de la station Halley jusqu’à l’été, mais aussi une présence beaucoup plus réduite du Royaume-Uni à Rothera, sa principale installation dans la Péninsule Antarctique. Aucune recherche sur le terrain ne sera effectuée cette année.

Source: La BBC.

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In my conference « Glaciers at Risk », I explain that the Antarctic continent is melting too because of climate change and global warming. To illustrate this phenomenon, I give the example of the British Antarctic Survey (BAS) Halley VI station which had to be moved to a more secure location in 2017 as it was under threat of drifting away on the ocean on an iceberg. A huge crack had opened in the ice shelf. The whole station was dragged on skis over 20 km upstream

Halley VI station sits on a floating platform of ice known as the Brunt Ice Shelf. This platform is an amalgam of glacier ice that has pushed out from the land into the sea. Satellite observations in recent weeks have recorded the development of yet another crack and the acceleration in the movement of some ice areas. The new speed-up in the ice at the shelf edge is marked in light pink in the map below.

A calving here is a real possibility. If an iceberg happens to break away, it will likely have an area of about 1,500 square kilometres.

BAS has a network of GPS sensors placed across the Brunt Ice Shelf. These sensors have picked up the same movements observed by Sentinel-1.

BAS is confident that Halley itself is still away from the potential iceberg action but it needs more certainty about the stability of the Brunt Ice Shelf before it can allow more staff back into the station on a year-round basis.

BAS, like all the international polar research organisations, has cut back its operations during this Antarctic summer season because of coronavirus. Every effort is being made to prevent the virus’ spread to the continent where medical facilities are limited. The situation has meant not only Halley is continuing its winter shutdown into the summer, but also that there is a much reduced presence at the UK’s main Antarctic facility at Rothera on the Antarctic Peninsula. No field research is being conducted this year.

Source: The BBC.

Déplacement d’un module de la station Halley VI en2017

Vitesse de déplacement de la plateforme glaciaire de Brunt

(Source : British Antarctic Survey)

Kilauea (Hawaii) : Nouvelles de l’éruption // News of the eruption

Alors que cette journée du 21 décembre 2020 se termine en France, elle ne fait que commencer à Hawaii où l’éruption du Kilauea continue. Les webcams du HVO – surtout celle orientée vers le fond du cratère de l’Halema’uma’u – montrent que l’éruption a débuté au fond du gouffre creusé par l’éruption de 2018, là même où était apparue une pièce d’eau après la dernière éruption. Trois fissures se sont ouvertes dans la partie inférieure de cratère, pas très loin au-dessus du lac (voir illustration ci-dessous). La plus à l’est a laissé échapper des fontaines de lave d’une cinquantaine de mètres de hauteur (voir photo ci-dessous). La lave a par la suite pris la place de l’eau et s’accumule maintenant au fond du cratère. peut-être sommes nous en train d’assister à la naissance d’un nouveau lac de lave. .

Ces derniers temps, les scientifiques du HVO craignaient que se produise une interaction violente entre cette eau et une ascension de magma. De toute évidence, l’éruption se produit dans le calme, sans les explosions phréatiques ou phréatomagmatiques redoutées. On sait toutefois que l’événement génère des panaches de cendre susceptibles d’occasionner des retombées sur des zones habitées et il a été conseillé aux gens de rester à l’intérieur des maisons.

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As December 21st, 2020 is coming to an end in France, it is just beginning in Hawaii where the Kilauea eruption continues. The HVO webcams – especially the one oriented towards the bottom of Halema’uma’u Crater – show that the eruption started at the bottom of the chasm created by the 2018 eruption, where a piece of water had appeared after the last eruption. Three fissures opened in the lower part of the crater, not very far above the lake (see illustration below). The easternmost emitted lava fountains about 50 metres high (see photo below). The lava subsequently took the place of water and is now accumulating at the bottom of the crater. We may be observing the birth of a new lava lake.

Recently, HVO scientists feared that there might be a violent interaction between this water and the rising magma. However, it looks as if the eruption is occurring calmly, without the dreaded phreatic or phreatomagmatic explosions. The event, however, generated ash plumes with possible ashfall over onto populated areas, so that people have been advised to stay indoors.

Emplacement de nouvelles fractures (3 ronds rouges) [Source : HVO]

Fontaines et coulées de lave dans la partie Est du cratère (Crédit photo : HVO)

De la planète Mars au Kilauea (Hawaii) // From Mars to Kilauea Volcano (Hawaii)

La NASA vient d’annoncer que la mission Mars 2020 avec son rover* Perseverance devrait prendre la direction de la planète Mars le 17 juillet 2020, avec des objectifs scientifiques prioritaires dont une étude astrobiologique majeure sur le potentiel de vie sur la planète rouge. L’Administration américaine a annoncé que le rover serait doté d’un hélicoptère. Ce sera donc « le premier vol à puissance contrôlée sur une autre planète. »
La NASA explique que la mission du rover de la mission Mars 2020 fait partie d’ « un programme plus vaste qui comprend des missions sur la Lune afin de se préparer à l’exploration humaine de la planète rouge. »

Dans une vidéo montrant ses réalisations au cours des dernières années et sa collaboration avec d’autres pays, la NASA explique que la dernière éruption du Kilauea à Hawaii a été analysée par un imageur thermique de conception japonaise installé sur le satellite Terra. L’éruption du 3 mai a provoqué l’ouverture d’un certain nombre de fractures le long de l’East Rift Zone.

Dans cette image dont les couleurs ne sont pas celles de la réalité, les zones rouges correspondent à la végétation, les zones noires et grises à d’anciennes coulées de lave. Les zones jaunes superposées à l’image montrent des points chauds détectés par les bandes infrarouges thermiques du satellite. Le 6 mai 2018, ces points chauds représentaient les fractures ouvertes récemment, ainsi que la nouvelle coulée de lave.

Cette photo, également acquise le 6 mai 2018, montre les panaches de SO2 en jaune et jaune-vert, dont une partie se déplace au-dessus de l’océan.
Source: Jet Propulsion Laboratory de la NAS

* Dans le domaine de l’astronautique le terme rover désigne un véhicule, parfois télécommandé depuis la Terre, disposant d’une certaine autonomie, conçu pour explorer une autre planète ou un corps céleste.

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NASA has just announced that the Mars 2020 mission with its Perseverance rover is set to venture Mars on July 17th, 2020, aiming to address high-priority scientific goals, including major astrobiology questions about the potential for life on Mars. It has been announced that a helicopter has been attached to the rover, which will be “the first-ever power-controlled flight on another planet.”

NASA explains that the Mars 2020 Perseverance rover mission is part of “a larger program that includes missions to the Moon as a way to prepare for human exploration of the Red Planet.”

In a video explaining NASA’s achievements in the last years and the collaboration with other nations, NASA explains that the recent eruption of Kilauea Volcano in Hawaii was captured by a Japanese-built thermal imager on NASA’s Terra spacecraft. The May 3rd eruption triggered a number of additional fissure eruptions along the East Rift Zone.

In the first image (see above), the red areas are vegetation, and the black and grey areas are old lava flows. The yellow areas superimposed over the image show hot spots that were detected by the satellite’s thermal infrared bands. These hot spots are the newly formed fissures and new lava flow as of May 6th, 2018.

The second photo, also acquired on May 6th, 2018 shows the SO2 gas in yellow and yellow-green, including a massive plume of it moving over the ocean.

Source: NASA’s Jet Propulsion Laboratory