Eruptions islandaises : même fracture éruptive et champ de lave commun // Icelandic eruptions : same eruptive fissure and common lava field

Le Met Office islandais (IMO) confirme que la coulée de lave émise par la troisième fracture éruptive avance principalement dans la Geldingadalur. Cette fracture s’est ouverte à minuit le 6 avril 2021 et se situe entre celles qui existaient déjà. Les champs de lave produits par les trois éruptions ont fusionné.

La lave issue de la troisième fracture s’est écoulée au sud dans la Geldingadalur puis au nord-est vers la Meradalir. Il existe maintenant un champ de lave commun aux trois sites éruptifs qui appartiennent en fait à la même fracture qui s’est ouverte suite à l’intrusion magmatique à Fagradalsfjall.

Source : IMO

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Les autorités islandaises rappellent que lez gaz volcaniques sont le principal danger sur le site de l’éruption. Les scientifiques expliquent qu’il est peu probable que l niveau de pollution gazeuse résultant de l’éruption sur la péninsule de Reykjanes soit aussi élevés que dans l’Holuhraun en 2014-2015, bien que cette possibilité ne puisse être exclue.

Les volcanologues ajoutent que la zone de l’éruption est susceptible de s’agrandir, principalement vers nord le long de la même ligne de fractures; mais aussi plus au sud dans la vallée de Geldingadalir.

Les autorités insistent sur le fait que les gaz toxiques ne proviennent pas seulement des trois fractures éruptives, mais également du nouveau champ de lave. En conséquence, il est vivement conseillé aux visiteurs de rester sur les collines autour de la vallée et d’avoir le vent dans le dos.

Il est peu probable que le niveau de pollution dans les localités atteigne celui observé lors de l’éruption beaucoup plus importante dans Holuhraun, mais le risque existe parce ces localités sont beaucoup plus proches de l’éruption qu’il y a 7 ans.

Les scientifiques islandais expliquent que si de nouvelles fractures s’ouvrent, le processus éruptif commencera avec des émissions de gaz et de vapeur avant que la lave apparaisse. Si les visiteurs remarquent ces signes, il est important qu’ils se déplacent rapidement et rejoignent un point haut.

Les volcanologues islandais expliquent que l’éruption sur la péninsule de Reykjanes est inhabituelle à plusieurs égards. Par exemple, les éruptions sont généralement intenses à leur début puis diminuent lentement, mais c’est le contraire qui se produit actuellement.

Source: www.ruv.is

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The Icelandic Met Office (IMO) confirms that the lava flow from the latest fissure eruption seems to mostly flow down into Geldingadalur. This third eruption fissure opened at midnight on April 6th, 2021 and lies between the two existing fissures. The lava fields from the three eruption fissures are now merging (see photo above). Lava from the third fissure has flowed south into Geldingadalur and northeast towards Meradalir. There is a continuous lava field between the three eruption sites, which in fact belong to the same volcanic fissure (see map above) opened by the magma intrusion at Fagradalsfjall.

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Icelandic authorities warn that the main danger on the eruption site lies with the gases. They say it is unlikely that gas pollution levels from the eruption on the Reykjanes peninsula will be as high as they were at Holuhraun in 2014-5, though it cannot be ruled out.

Volcanologists say that the eruption zone could get bigger, mostly further north along the same line; but also further south in Geldingadalir valley.

Authorities insist that poisonous gases are coming not only from the three erupting fissures, but also from the new lava field. As a consequence, visitors are strogly advised to stick to the hills around the valley and keep the wind behind them.

Pollution levels in towns and villages are unlikely to reach levels seen during the much larger Holuhraun eruption, but  the risk exists because municipalities are much closer to the eruption than 7 years ago.

Icelandic scientists explain that if new fissures do open, the process will start with gas and steam before any lava starts to flow. If visitors notice these signs, it is important to move quickly to the side and up to higher ground. They add that the eruption on the Reykjanes peninsula is unusual in several ways. For example, eruptions are usually powerful at their start and then slowly reduce in intensity, which is not the case now.

Source: www.ruv.is

Nouveau déménagement de la station Halley VI en Antarctique? // Will the Halley VI station again have to be moved in Antarctica?

Au cours de ma conférence «Glaciers en Péril», j’explique que le continent antarctique fond lui aussi sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Pour illustrer ce phénomène, je donne l’exemple de la station Halley VI du British Antarctic Survey (BAS) qui a dû être déplacée vers un endroit plus sûr en 2017 car elle risquait de partir à la dérive sur l’océan à bord d’un iceberg. Une énorme fissure s’était ouverte dans la plateforme glaciaire où elle se trouve. L’ensemble de la station a été déplacé sur des skis sur plus de 20 km.

La station Halley VI repose sur la Brunt Ice Shelf, une plateforme glaciaire qui est un amalgame de glace issu d’un glacier qui avance vers la mer. Les observations satellitaires des dernières semaines ont révélé l’apparition d’une nouvelle fracture dans la plateforme et l’accélération du mouvement de certaines zones de glace. Cette accélération est marquée en rose clair sur la carte ci-dessous. Un vêlage ne saurait donc être écarté. Si un iceberg devait se détacher, il aurait probablement une superficie d’environ 1 500 kilomètres carrés.

Le BAS dispose d’un réseau de capteurs GPS placés sur la plate-forme glaciaire de Brunt. Ils ont décelé les mêmes mouvements que ceux observés par le satellite Sentinel-1.

Le BAS est convaincu que la station Halley ne partira pas à la dérive sur un iceberg dans le court terme, mais doit s’assurer de la stabilité de la plate-forme glaciaire avant d’y installer du personnel qui y restera toute l’année.

Le British Antarctic Survey, comme tous les autres organismes internationaux de recherche polaire, a réduit ses opérations pendant cette saison estivale en Antarctique à cause du coronavirus. Tout est fait pour empêcher la propagation du virus sur ce continent où les installations médicales sont limitées. La situation actuelle va forcément devoir entraîner la fermeture de la station Halley jusqu’à l’été, mais aussi une présence beaucoup plus réduite du Royaume-Uni à Rothera, sa principale installation dans la Péninsule Antarctique. Aucune recherche sur le terrain ne sera effectuée cette année.

Source: La BBC.

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In my conference « Glaciers at Risk », I explain that the Antarctic continent is melting too because of climate change and global warming. To illustrate this phenomenon, I give the example of the British Antarctic Survey (BAS) Halley VI station which had to be moved to a more secure location in 2017 as it was under threat of drifting away on the ocean on an iceberg. A huge crack had opened in the ice shelf. The whole station was dragged on skis over 20 km upstream

Halley VI station sits on a floating platform of ice known as the Brunt Ice Shelf. This platform is an amalgam of glacier ice that has pushed out from the land into the sea. Satellite observations in recent weeks have recorded the development of yet another crack and the acceleration in the movement of some ice areas. The new speed-up in the ice at the shelf edge is marked in light pink in the map below.

A calving here is a real possibility. If an iceberg happens to break away, it will likely have an area of about 1,500 square kilometres.

BAS has a network of GPS sensors placed across the Brunt Ice Shelf. These sensors have picked up the same movements observed by Sentinel-1.

BAS is confident that Halley itself is still away from the potential iceberg action but it needs more certainty about the stability of the Brunt Ice Shelf before it can allow more staff back into the station on a year-round basis.

BAS, like all the international polar research organisations, has cut back its operations during this Antarctic summer season because of coronavirus. Every effort is being made to prevent the virus’ spread to the continent where medical facilities are limited. The situation has meant not only Halley is continuing its winter shutdown into the summer, but also that there is a much reduced presence at the UK’s main Antarctic facility at Rothera on the Antarctic Peninsula. No field research is being conducted this year.

Source: The BBC.

Déplacement d’un module de la station Halley VI en2017

Vitesse de déplacement de la plateforme glaciaire de Brunt

(Source : British Antarctic Survey)

Kilauea (Hawaii) : Nouvelles de l’éruption // News of the eruption

Alors que cette journée du 21 décembre 2020 se termine en France, elle ne fait que commencer à Hawaii où l’éruption du Kilauea continue. Les webcams du HVO – surtout celle orientée vers le fond du cratère de l’Halema’uma’u – montrent que l’éruption a débuté au fond du gouffre creusé par l’éruption de 2018, là même où était apparue une pièce d’eau après la dernière éruption. Trois fissures se sont ouvertes dans la partie inférieure de cratère, pas très loin au-dessus du lac (voir illustration ci-dessous). La plus à l’est a laissé échapper des fontaines de lave d’une cinquantaine de mètres de hauteur (voir photo ci-dessous). La lave a par la suite pris la place de l’eau et s’accumule maintenant au fond du cratère. peut-être sommes nous en train d’assister à la naissance d’un nouveau lac de lave. .

Ces derniers temps, les scientifiques du HVO craignaient que se produise une interaction violente entre cette eau et une ascension de magma. De toute évidence, l’éruption se produit dans le calme, sans les explosions phréatiques ou phréatomagmatiques redoutées. On sait toutefois que l’événement génère des panaches de cendre susceptibles d’occasionner des retombées sur des zones habitées et il a été conseillé aux gens de rester à l’intérieur des maisons.

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As December 21st, 2020 is coming to an end in France, it is just beginning in Hawaii where the Kilauea eruption continues. The HVO webcams – especially the one oriented towards the bottom of Halema’uma’u Crater – show that the eruption started at the bottom of the chasm created by the 2018 eruption, where a piece of water had appeared after the last eruption. Three fissures opened in the lower part of the crater, not very far above the lake (see illustration below). The easternmost emitted lava fountains about 50 metres high (see photo below). The lava subsequently took the place of water and is now accumulating at the bottom of the crater. We may be observing the birth of a new lava lake.

Recently, HVO scientists feared that there might be a violent interaction between this water and the rising magma. However, it looks as if the eruption is occurring calmly, without the dreaded phreatic or phreatomagmatic explosions. The event, however, generated ash plumes with possible ashfall over onto populated areas, so that people have been advised to stay indoors.

Emplacement de nouvelles fractures (3 ronds rouges) [Source : HVO]

Fontaines et coulées de lave dans la partie Est du cratère (Crédit photo : HVO)

De la planète Mars au Kilauea (Hawaii) // From Mars to Kilauea Volcano (Hawaii)

La NASA vient d’annoncer que la mission Mars 2020 avec son rover* Perseverance devrait prendre la direction de la planète Mars le 17 juillet 2020, avec des objectifs scientifiques prioritaires dont une étude astrobiologique majeure sur le potentiel de vie sur la planète rouge. L’Administration américaine a annoncé que le rover serait doté d’un hélicoptère. Ce sera donc « le premier vol à puissance contrôlée sur une autre planète. »
La NASA explique que la mission du rover de la mission Mars 2020 fait partie d’ « un programme plus vaste qui comprend des missions sur la Lune afin de se préparer à l’exploration humaine de la planète rouge. »

Dans une vidéo montrant ses réalisations au cours des dernières années et sa collaboration avec d’autres pays, la NASA explique que la dernière éruption du Kilauea à Hawaii a été analysée par un imageur thermique de conception japonaise installé sur le satellite Terra. L’éruption du 3 mai a provoqué l’ouverture d’un certain nombre de fractures le long de l’East Rift Zone.

Dans cette image dont les couleurs ne sont pas celles de la réalité, les zones rouges correspondent à la végétation, les zones noires et grises à d’anciennes coulées de lave. Les zones jaunes superposées à l’image montrent des points chauds détectés par les bandes infrarouges thermiques du satellite. Le 6 mai 2018, ces points chauds représentaient les fractures ouvertes récemment, ainsi que la nouvelle coulée de lave.

Cette photo, également acquise le 6 mai 2018, montre les panaches de SO2 en jaune et jaune-vert, dont une partie se déplace au-dessus de l’océan.
Source: Jet Propulsion Laboratory de la NAS

* Dans le domaine de l’astronautique le terme rover désigne un véhicule, parfois télécommandé depuis la Terre, disposant d’une certaine autonomie, conçu pour explorer une autre planète ou un corps céleste.

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NASA has just announced that the Mars 2020 mission with its Perseverance rover is set to venture Mars on July 17th, 2020, aiming to address high-priority scientific goals, including major astrobiology questions about the potential for life on Mars. It has been announced that a helicopter has been attached to the rover, which will be “the first-ever power-controlled flight on another planet.”

NASA explains that the Mars 2020 Perseverance rover mission is part of “a larger program that includes missions to the Moon as a way to prepare for human exploration of the Red Planet.”

In a video explaining NASA’s achievements in the last years and the collaboration with other nations, NASA explains that the recent eruption of Kilauea Volcano in Hawaii was captured by a Japanese-built thermal imager on NASA’s Terra spacecraft. The May 3rd eruption triggered a number of additional fissure eruptions along the East Rift Zone.

In the first image (see above), the red areas are vegetation, and the black and grey areas are old lava flows. The yellow areas superimposed over the image show hot spots that were detected by the satellite’s thermal infrared bands. These hot spots are the newly formed fissures and new lava flow as of May 6th, 2018.

The second photo, also acquired on May 6th, 2018 shows the SO2 gas in yellow and yellow-green, including a massive plume of it moving over the ocean.

Source: NASA’s Jet Propulsion Laboratory

Eruption du Taal (Philippines): Volcano Island restera inhabitée // No more residents on Volcano Island

Les quelque 6 000 familles philippines qui vivaient sur Volcano Island, au cœur du volcan Taal, devront trouver de nouvelles maisons. Il y a longtemps, l’île a été déclarée parc national mais il était interdit de s’y implanter définitivement. Le problème est que cette interdiction n’était pas respectée.

Suite à l’éruption du Taal, une évacuation a été ordonnée sur un rayon de 14 km autour du volcan, qui se trouve à une soixantaine de kilomètres au sud de manille, la capitale. Plus de 150 000 personnes ont été déplacées par l’ordre d’évacuation. La garde côtière philippine a intercepté chaque jour une dizaine de bateaux qui tentaient d’atteindre l’île.
Le président philippin Rodrigo Duterte a approuvé un décret visant à transformer l’île en «no man’s land», mais sa publication n’est pas encore officielle. Il a été demandé aux autorités de la province de Batangas, où se trouve le volcan, de rechercher un terrain d’au moins 3 hectares pour construire des logements à l’attention des familles déplacées.
Les personnes qui vivaient sur Volcano Island étaient essentiellement des guides touristiques, des agriculteurs et des exploitants de parcs à poissons. On pense que des milliers d’animaux sont morts depuis le début de l’éruption. Il a été demandé à la population de ne pas consommer les poissons du lac autour de l’île.
Source: Manila Bulletin.

Dernières nouvelles : Le PHIVOLCS recommande en permanence l’évacuation totale de la « zone de danger » d’un rayon de 14 km autour du Taal et le long de la rivière Pansipit où des fissures ont été observées. En se référant à la carte publiée dans l’une de mes dernières notes, cela signifie l’évacuation d’environ 460 000 personnes !! Jusqu’à présent, environ 125 000 Philippins ont quitté leur domicile. Une évacuation totale de la zone de danger de 14 km ne sera pas facile, notamment en ce qui concerne l’hébergement de tous ces habitants.
Du dimanche 19 janvier 2020 au matin au lundi 21 janvier au matin, le PHIVOLCS a enregistré 23 séismes volcaniques, de magnitude M 1,2 à M 3,8. Un événement de M 4.6 qui a secoué Mabini, dans la province de Batangas, le 19 janvier au cours de la nuit a été causé par des mouvements de faille. L’Institut pense que ces mouvements prouvent que le magma pousse vers le haut.
Le PHIVOLCS a enregistré des émissions de SO2 atteignant en moyenne 4 353 tonnes par jour au cours des derniers jours, soit plus que les 1 442 tonnes enregistrées du 18 au 19 janvier. Ce SO2 est généré par le même magma qui provoque l’inflation du volcan. .
Dans le même temps, le  PHIVOLCS observe toujours des émissions de vapeur et de rares explosions de faible intensité qui génèrent des panaches de cendres de 500 à 1 000 mètres de hauteur. .
Source: Philippine News Agency.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une galerie d’images montrant la situation dans la région du Taal :

https://edition.cnn.com/2020/01/12/asia/gallery/taal-volcano-eruption/index.html

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About 6,000 Philippine families who lived on Taal’s Volcano Island will have to find new homes. The island was declared a national park long ago and was off limits to permanent villages, but the rules weren’t enforced. With the current eruption, evacuations have been ordered for everyone living within a 14-kilometre radius of the volcano, which is about 60 kilometres south of the capital city of Manila. More than 150,000 people have been displaced by the evacuation order. The Philippine coast guard has been turning away about 10 boats a day that are trying to reach Volcano Island.

Philippine President Rodrigo Duterte has approved a recommendation for the island to be turned into a “no man’s land,” but he has yet to issue formal guidelines. Officials in Batangas province, where the volcano is located, have been asked to look for at least 3 hectares that could be used to build housing for the displaced families.

Volcano Island’s residents worked as tourist guides, farmers and fish pen operators. Thousands of animals are thought to have died in the eruptions, and people have been warned to not eat fish from the lake surrounding the island.

Source: Manila Bulletin.

By clicking on this link, you will see a great photo gallery showing the situation in the Taal area:

https://edition.cnn.com/2020/01/12/asia/gallery/taal-volcano-eruption/index.html

Latest news: PHIVOLCS reiterates its recommendation for the total evacuation of the identified « danger zone » with a 14-km radius around Taal Volcano, and along the Pansipit River where fissures have been observed. Referring to the map in one of my previous posts, this means the evacuation of about 460,000 persons!! Up to now, about 125,000 people have left their homes. A total evacuation of the 14-km danger zone will not be easy, especially concerning the relocation of all these residents.

From 5 a.m. Sunday until 5 a.m. Monday, PHIVOLCS recorded 23 volcanic earthquakes, with magnitudes M 1.2 to M 3.8. An M 4.6 quake that hit Mabini, Batangas, on January 19th during the night was caused by fault movements. The Institute thinks these movements definitely prove that magma is pushing upward.

PHIVOLCS has registered SO2 emissions at an average of 4,353 tonnes per day in the last days, higher than the 1,442-tonne emissions it recorded from January 18th to 19th. Again, this SO2 is produced by the same magma that causes the inflation of the volcano. .

Meanwhile, steady steam emission and infrequent weak explosions that generate ash plumes 500 to 1,000 metres tall are observed by PHIVOLCS. .

Source : Philippine News Agency.

La cendre a tout détruit sur Volcano Island qui est devenue inhabitable (Source: The Weather Channel)

Eruption du Kilauea en 2018 : Le dyke de la Lower East Rift Zone

Même si l’éruption dans la Lower East Rift Zone (LERZ) du Kilauea est terminée depuis environ un an, de la vapeur s’échappe du sol dans de nouveaux endroits ou réapparaît dans d’autres. De plus, la végétation continue de mourir en raison de la chaleur et de la vapeur qui persistent dans les zones fracturées. Certains habitants redoutent la poursuite ou la réapparition d’une nouvelle activité volcanique, car ils perçoivent en permanence la chaleur, la vapeur et les odeurs dans la zone de l’éruption.

Dans un article récent, le HVO a donné des explications sur la profondeur possible du dyke à l’origine de l’éruption de 2018 dans la LERZ. En géologie, un dyke est une structure tabulaire allongée parallèle à la zone de rift. Elle est alimentée par le magma en provenance des profondeurs dans la partie centrale de la zone de rift.
Entre le 5 et le 7 mai 2018, alors que les fractures 7 à 12 s’ouvraient dans les Leilani Estates, le revêtement de la Highway 130 s’est fissuré et a commencé à s’affaisser. La zone a immédiatement été envahie par des nuages très denses de vapeur et de SO2.
Lorsque le magma pénètre dans un dyke, il fait s’écarter les roches environnantes pour atteindre la surface. Cela fait s’affaisser le sol directement au-dessus du dyke et se soulever le sol situé de part et d’autre.
Tandis que le dyke continue de se déplacer vers la surface, l’affaissement au-dessus progresse et forme une dépression linéaire avec des parois bien définies. C’est ce que les géologues appellent un graben. En 2018, la Highway 130 a connu un affaissement, mais aucun graben ne s’est formé en travers de la route.
Dès que la Highway 130 s’est affaissée et que l’on a observé une augmentation des émissions de chaleur et de gaz, les équipes du HVO sur le terrain ont dénombré 10 fractures majeures en train de s’ouvrir sur la route. L’extension maximale mesurée sur ces 10 fractures a été de 21,5 centimètres sur deux jours. Les géologues n’ont plus été en mesure de continuer à mesurer la largeur des fractures car des plaques d’acier ont été disposées sur les fractures pour maintenir la route ouverte et permettre aux véhicules de circuler.
L’affaissement de la route et l’apparition de fractures, ainsi que l’augmentation des émissions de chaleur et de gaz, signifiaient que le magma remontait vers la surface sous la Highway 130. Parallèlement, de nouvelles fractures se sont ouvertes à proximité de la route.
Même si les fractures étaient dissimulées par les plaques d’acier, les géologues du HVO ont eu recours à d’autres moyens pour déterminer ce qui se passait sous la route. L’affaissement du sol au niveau de la Highway 130 et dans les terrains environnants a fourni aux scientifiques des informations précieuses sur la localisation du magma.
Les volcanologues procèdent depuis des décennies à des calculs théoriques sur la déformation du sol autour d’un dyke. Les modélisations déjà effectuées montrent que la distance horizontale entre deux sections de sol surélevées au-dessus d’un dyke est directement liée à la profondeur du dyke sous la surface du sol.
Sur la Highway 130, le sol s’est légèrement surélevé dans la zone des fractures 3 et 8, distantes d’environ 100 mètres. Entre ces deux fractures, le sol s’est affaissé. La fracture 5 se trouvait au milieu de l’affaissement, à environ 50 mètres de la fracture 8 au nord et de la fracture 3 au sud.
En utilisant le modèle susmentionné, on peut déterminer à quelle distance le magma s’est approché de la surface là où la Highway 130 s’est fracturée et affaissée en 2018. Sur la base d’une distance de 100 mètres entre les parties surélevées de part et d’autre de la zone d’affaissement, le bord supérieur du dyke devait se situer entre 50 et 100 mètres environ sous la route.
Heureusement, la partie du dyke située sous la Highway 130 n’a pas eu assez d’énergie pour atteindre la surface. Maintenant que la partie supérieure du dyke est probablement solidifiée, le magma de 2018 situé juste sous la surface de la route et des terrains environnants restera en place sous forme de roche dans le sol.

Source : USGS / HVO.

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Even though Kilauea Volcano’s Lower East Rift Zone (LERZ) eruption has been over for about a year, steam continues to appear in new places or reappear in old places, and vegetation continues to die because of lingering heat and steam in areas of the 2018 fissures. Some residents are concerned about continuing, or potentially new, volcanic activity because they are feeling, seeing and smelling the heat, steam and odours that remain in the area.

In a recent article, USGS HVO examined how deep the intrusive body of magma – or dike – that fed the 2018 LERZ eruption might be. Geologists define a dike as an elongated, tabular body that runs parallel to the rift zone. It is fed by magma from deeper within the rift zone core.

Between May 5th and 7th, 2018, when fissures 7 through 12 were opening in the Leilani Estates, the pavement on Highway 130 cracked and began to sag. As it did, the area was immediately engulfed in steam and SO2 gas, so much so that you could not see across the road.

As magma rises in a dike, it pushes the surrounding rock apart to reach the surface. This causes the ground directly above the dike to sink and ground on either side of the dike to lift.

As a dike continues moving toward the surface, the sagging above it can progress to form a linear depression with well-defined walls, a feature that geologists call a graben. In 2018, Highway 130 experienced sagging, but a graben did not form across the road.

As soon as Highway 130 sagged and increased heat and gas were observed, HVO field crews numbered 10 major cracks opening across the road. The total extension measured across these 10 cracks was 21.5 centimetres over two days. Geologists were later unable to continue measuring crack widths when steel plates were placed on top of them to keep the road open and allow the safe flow of traffic.

Sagging and cracks in the road, as well as increased heat and gas output, meant that magma was rising closer to the surface under Highway 130. At the same time, new fissures were opening closer to the highway.

Although steel plates concealed the growing cracks, HVO geologists had other ways to determine what was happening below the road. Sagging ground on Highway 130 and in neighbouring properties provided valuable information about where the magma was located.

Theoretical calculations of ground deformation around a dike have been known to volcanologists for decades. Previous modelling shows that the horizontal distance between two uplifted sections of ground above a dike is directly related to dike depth below the surface.

On Highway 130, the ground rose slightly in the area of cracks 3 and 8, which were about 100 metres apart. Between those two cracks, the ground sagged. Crack 5 was in the middle of the sag, about 50 metres from crack 8 to the north and crack 3 to the south.

Using the aforementioned model, one can determine how close magma came to reaching the surface where Highway 130 cracked and sagged in 2018. Based on a 100-metre distance between uplifts on either side of the down-dropped area, the upper edge of the dike must be only about 50 to 100 metres below the highway.

Thankfully, the portion of the 2018 dike below Highway 130 did not have enough energy to reach the surface. Now that the uppermost dike is probably solidified, the 2018 magma just below the surface of the highway and neighbouring properties will remain frozen in the ground as solid rock.

Source: USGS / HVO.

Le 10 mai 2018, la Highway 130 s’est fracturée, avec des émissions de vapeur, suite à l’intrusion du dyke dans la LERZ. Les deux tréteaux orange et blanc se trouvent sur des zones légèrement surélevées de la route, distantes d’environ 100 mètres. À mi-chemin entre les zones surélevées, la route est en train de s’affaisser à cause de l’intrusion magmatique en dessous. (Crédit photo: USGS)

Dykes déchaussés par l’érosion sur les berges de Crater Lake (Etats Unis) [Photo: C. Grandpey]

Volcanisme et tectonique sur l’Etna // Volcanism and tectonics on Mt Etna

Une étude intitulée “Time and space scattered volcanism of Mt. Etna driven by strike-slip tectonics” publiée le 20 août 2019 dans les Scientific Reports nous explique l’ascension du magma à l’intérieur de l’Etna.

Le travail, effectué par des scientifiques de l’INGV et de l’Institut National d’Océanographie et de Géophysique Expérimentale (OGS) a permis de déterminer les conditions qui permettent au magma de remonter vers la surface.
L’Etna se trouve dans une zone de failles transformantes. Grâce aux données sismiques, gravimétriques et magnétiques les chercheurs ont pu obtenir des images permettant de »voir » les secteurs où se situent les failles et comment elles sont organisées. Il y a au moins 500 000 ans, l’activité tectonique dans une vaste zone de failles de la partie sud du volcan (entre Acireale et les environs d’Adrano) a entraîné la formation de zones « d’ouverture »de la croûte terrestre qui ont été les voies préférentielles choisies par le magma pour sortir par des fissures éruptives disséminées le long de la ligne de faille. Ces fissures, identifiées entre Aci Trezza et Adrano, ont caractérisé les premières phases d’activité de l’Etna.
La déformation continue le long de la même zone de faille et même plus au nord, ainsi que leur interaction mutuelle, « ont entraîné la migration des zones d’éruption du magma et la fermeture soudaine de conduits éruptifs précédemment actifs ». C’est ce qui explique le processus de migration du volcanisme du versant sud (actif d’au moins 500 000 à environ 200 000 ans) vers la région de la Valle del Bove (entre 100 000 et 70 000 ans) et vers les centres éruptifs actuels (d’il y a 60 000 ans à aujourd’hui). La déformation induite par les failles sur le substrat sur lequel repose le volcan a également influencé le glissement du flanc E de l’Etna, qui se caractérise par une forte sismicité, comme en témoigne le séisme de décembre 2018.

Vous trouverez l’intégralité de l’étude (en anglais ) à cette adresse :

 https://www.nature.com/articles/s41598-019-48550-1

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 A study entitled « Time and space scattered volcanism of Mt. Etna driven by strike-slip tectonics » published August 20th, 2019 in the Scientific Reports explains the ascent of magma inside Mt Etna.
The work, carried out by scientists from INGV and the National Institute of Oceanography and Experimental Geophysics (OGS) has determined the conditions that allow magma to reach the surface.
Mt Etna is in a zone of strike-slip faults. Thanks to the seismic, gravimetric and magnetic data, the researchers were able to obtain images allowing to « see » the areas where the faults are located and how they are organized. At least 500,000 years ago, tectonic activity in a large fault zone in the southern part of the volcano (between Acireale and the Adrano area) resulted in the formation of « open » areas in the Earth’s crust which were the preferred pathways chosen by magma to exit through eruptive fissures scattered along the fault line. These fissures, identified between Aci Trezza and Adrano, characterized the first phases of activity of Mt Etna.
The continuous deformation along the same fault zone and even further north, as well as their mutual interaction, « have resulted in the migration of magma eruptive zones and the sudden closure of previously active eruptive ducts ». This accounts for the migration process of the southern slope volcanism (active from at least 500 000 to about 200 000 years ago) to the Valle del Bove region (between 100 000 and 70 000 years) and to the current eruptive centres (from 60,000 years ago to today). The deformation induced by the faults on the substrate on which the volcano rests has also influenced the sliding of the eastern flank of Mt Etna, which is characterized by a high seismicity, as evidenced by the earthquake of December 2018.
You will find the entire study at:
https://www.nature.com/articles/s41598-019-48550-1

Schémas illustrant l’évolution du volcanisme de l’Etna dans l’espace et dans le temps, en relation avec les systèmes de failles (Source : Scientific Reports)