Le stockage du CO2, une solution d’avenir ? // Is CO2 storage a solution for the future ?

Concentrations de CO2 : 425,44 ppm (11 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026) / 1933,18 mai 2025)

Avec le méthane (CH4) le gaz carbonique (CO2) est l’un des principaux gaz à effet de serre et donc l’une des principales causes du réchauffement climatique. Les concentrations de gaz carbonique dans l’atmosphère sont en hausse constante. Elles ont atteint des niveaux encore jamais observés depuis que les mesures sont effectuées.

Certains pays essayent de réduire leurs émissions de CO2 en enfouissant ce gaz. Ainsi, l’Islande est connue pour ses efforts de capture du dioxyde de carbone. Dans plusieurs notes sur ce blog (17 juin 2016 ; 26 avril, 22 mai 2021, 5 octobre 2021, par exemple), j’ai décrit le projet CarbFix dont l’objectif est d’injecter du CO2 sous terre et de le stocker dans le basalte. Le 9 septembre 2021, la société suisse Climeworks a mis en service 96 turbines à la centrale Orca. Depuis 2022, la nouvelle centrale géothermique de Hellisheiði capte 36 000 tonnes de dioxyde de carbone directement dans l’atmosphère. Cela s’ajoute aux 4 000 tonnes déjà capturées par l’usine Orca. Une fois capturé, le dioxyde de carbone est dissous dans l’eau, injecté dans le sol et transformé en pierre, ce qui l’élimine définitivement de l’atmosphère.

De tels efforts de stockage du CO2 continuent aujourd’hui. La Norvège stocke le gaz sous les fonds marins de la mer du Nord grâce à des initiatives majeures telles que le projet Northern Lights. Le fabricant d’engrais norvégien Yara a inauguré le 7 septembre 2026 une grande installation industrielle de captage de dioxyde de carbone. Il est prévu de capter jusqu’à 800.000 tonnes de CO2 par an dans l’usine d’ammoniac et d’engrais de Sluiskil (sud-ouest des Pays-Bas), soit environ 0,5 % des émissions totales annuelles des Pays-Bas. C’est peu, mais c’est mieux que rien. Cela devrait permettre de réduire une petite fraction des émissions de ce gaz qui contribue largement au réchauffement climatique. La technologie consiste à capter le dioxyde de carbone à la sortie de cheminées d’usine, à le transporter après liquéfaction puis à le séquestrer dans des réservoirs géologiques. Le CO2 capté à Sluiskil sera acheminé par bateau en Norvège sur le terminal d’Øygarden, près de Bergen, dans l’ouest du pays, puis injecté par tuyau, à une centaine de kilomètres au large, dans un aquifère salin à 2.600 mètres sous les fonds de la mer du Nord. Le gaz pénètre dans des couches de roche poreuse sous le fond marin, où d’épaisses formations rocheuses le retiennent de manière permanente.

Cette technologie est considérée par le GIEC comme l’une de meilleures solutions pour réduire l’empreinte d’industries difficiles à décarboner telles que les cimenteries ou la sidérurgie. Elle reste cependant coûteuse et complexe à financer, malgré le rebond du prix du carbone et les soutiens publics. Financé en grande partie par l’Etat norvégien, le projet a une capacité annuelle de stockage de 1,5 million de tonnes de CO2, qui doit être portée à 5 millions de tonnes d’ici à la fin de la décennie.

L’enfouissement du CO2 dans des couches géologiques profondes ne fait pas l’unanimité. Selon Greenpeace, il n’est pas encore prouvé que le CO2 qu’on envoie dans ces couches géologiques y reste; on n’est pas sûr qu’il n’y ait pas de fuites, ne serait-ce que par le biais de failles ou de fractures géologiques, sans parler d’anciens puits dont le colmatage n’est pas forcément parfaitement hermétique. Il est bien évident que du CO2 qui s’échapperait dans la mer mettrait en danger l’écosystème marin et entraînerait à fortiori des risques pour la santé humaine.

Source : presse européenne.

 

Schéma illustrant le projet Northern Lights d’enfouissage du CO2 en Norvège (Source : Northern Lights).

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Along with methane (CH4), carbon dioxide (CO2) is one of the primary greenhouse gases and, consequently, a major cause of global warming. Atmospheric concentrations of carbon dioxide are steadily rising, reaching levels unprecedented since measurements began.
Some countries are attempting to reduce their CO2 emissions by burying the gas. Iceland, for instance, is known for its carbon dioxide capture efforts. In several posts on this blog (June 17, 2016; April 26 and May 22, 2021; October 5, 2021, for example), I described the CarbFix project, which aims to inject CO2 underground and store it within basalt rock. On September 9, 2021, the Swiss company Climeworks brought 96 turbines online at the Orca plant. Since 2022, the new Hellisheiði geothermal plant has been capturing 36,000 tonnes of carbon dioxide directly from the atmosphere. This is in addition to the 4,000 tonnes already captured by the Orca plant. Once captured, the carbon dioxide is dissolved in water, injected into the ground, and transformed into stone, thereby permanently removing it from the atmosphere.
Similar CO2 storage efforts continue today. Norway stores the gas beneath the North Sea seabed through major initiatives like the Northern Lights project. On September 7, 2026, the Norwegian fertilizer manufacturer Yara inaugurated a large-scale industrial carbon dioxide capture facility. Plans are in place to capture up to 800,000 tonnes of CO2 annually at the Sluiskil ammonia and fertilizer plant (southwestern Netherlands), representing roughly 0.5% of the Netherlands’ total annual emissions. While this figure is modest, it is better than nothing. It should help reduce a small fraction of the emissions of this gas, a major contributor to global warming. The technology involves capturing carbon dioxide from factory stacks, transporting it after liquefaction, and sequestering it in geological reservoirs. The CO2 captured at Sluiskil will be shipped to the Øygarden terminal near Bergen in western Norway, then piped about 100 kilometers offshore for injection into a saline aquifer 2,600 meters beneath the North Sea seabed. The gas enters porous rock layers beneath the seafloor, where thick rock formations permanently trap it.
The IPCC considers this technology one of the best solutions for reducing the carbon footprint of hard-to-abate industries, such as cement and steel manufacturing. However, it remains costly and complex to finance, despite the rebound in carbon prices and government support. Largely funded by the Norwegian state, the project has an annual storage capacity of 1.5 million tonnes of CO2, a figure set to rise to 5 million tonnes by the end of the decade.

However, there is no unanimous support for burying CO2 in deep geological layers. According to Greenpeace, it is not yet proven that the CO2 that is sent into these geological layers stays there; we are not sure that there are no leaks, if only through faults or geological fractures, not to mention old wells whose plugging is not necessarily perfectly hermetic. It is obvious that CO2 escaping into the sea would endanger the marine ecosystem and lead to risks for human health.

Source : European news media.

Août 2026, le mois de tous les records !

Concentrations de CO2 : 426,53 ppm (08 septembre 2026)             

Concentrations de CH4 : 1939.44 ppb (mai 2026) / 1933,18 mai 2025)

C’est à la Une de tous les médias, mais ce n’est pas une surprise : Selon le dernier rapport mensuel de l’observatoire européen Copernicus, la Terre a connu avec août 2026 le mois le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés, tous mois confondus, »à égalité avec juillet 2023″. La température moyenne de l’air à travers le globe s’est établie à 16,96 °C, soit 0,85 °C au-dessus de la moyenne de la période 1991–2020 et 1,65 °C au-dessus des niveaux préindustriels, qui font référence dans l’Accord de Paris. Dans le cadre de cet accord réalisé en 2015 et qui semble largement dépassé par les événements climatiques, la communauté internationale s’était engagée à limiter la hausse des températures à +1,5 °C, un objectif qui semble quasiment irréalisable aujourd’hui !

La période de juin à août 2026 a été la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle mondiale, à égalité avec celle de 2024. Troisième été le plus chaud jamais enregistré en Europe (derrière 2024 et 2022), l’été 2026 a battu tous les records de températures sur la partie occidentale du continent, devant le record établi en 2003.

La cause de ce record de chaleur se trouve dans une succession de canicules exceptionnellement précoces, persistantes et intenses dans toute l’Europe au cours de ces trois mois.

Dans les océans, la température moyenne en août 2026 a atteint sa valeur la plus élevée jamais enregistrée, à égalité avec 2024 (respectivement 21,07° et 21,09°C).

Ces observations montrent à quel point le réchauffement climatique est à l’origine de phénomènes extrêmes tant dans l’atmosphère que dans les océans. Les conséquences de ces conditions se font de plus en plus sentir sur les populations, les économies et les écosystèmes à travers le monde.

Source: Copernicus.

Maintenant, il ne faudrait pas que les médias déclarent que les températures record du printemps et de l’été 2026 font partie d’un phénomène exceptionnel qu’il faut s’empresser d’oublier. Ce serait une grave erreur et ce serait tromper la population. Rien n’est fait par nos gouvernants pour infléchir la courbe des concentrations de gaz carbonique et de méthane dans l’atmosphère (voir les chiffres ci-dessus). Il faut donc s’attendre à de nouveaux événements climatiques extrêmes, que ce soit au niveau des températures, des sécheresses ou des incendies de végétation. Le renforcement du phénomène de réchauffement El Niño dans les prochains mois n’est pas fait pour arranger les choses.

A noter que la plupart des modèles de prévision météorologique entrevoient la persistance d’un temps anormalement chaud et sec jusqu’à fin septembre–début octobre.

La lave des volcans sera-t-elle le béton du futur ? // Will volcanic lava be the concrete of the future?

Le basalte est la roche volcanique la plus abondante sur Terre, sur les continents mais également au fond des océans. On en identifie également à la surface de la Lune ou de Mars. De nombreux édifices construits dans des régions volcaniques confirment que le basalte et d’autres roches volcaniques  sont d’excellents matériaux de construction. Ainsi, la cathédrale de Clermont-Ferrand dresse sa masse de trachy-andésite au-dessus de la ville.

Crédit photo: Wikipedia

Une architecte basée à Reykjavik estime qu’une coulée de lave pourrait fournir suffisamment de matériaux pour ériger les fondations d’une ville en quelques semaines seulement, et ce, sans les conséquences climatiques liées aux méthodes de construction traditionnelles.
La fondatrice et dirigeante d’un cabinet d’architectes, établi à Reykjavik, explique que l’idée lui est venue en 2018 avec son fils,en observant l’éruption dans l’Holuhraun (2014-2015) qui fut la plus importante qu’ait connue l’Islande depuis plus de trois siècles. J’y ai consacré de nombreuses notes dans ce blog. Nous les trouverez en utilisant le moteur de recherche dans la colonne de droite.

Crédit photo: presse islandaise

Le projet d’utilisation de la lave explique que la force destructrice de ce matériau pourrait devenir constructive et permettre de transformer l’industrie mondiale de la construction qui dépend fortement du béton, de l’acier et d’autres matériaux à fort impact environnemental.
L’architecte et son fils ne s’attendent pas à voir leur projet se concrétiser avant 2050. Ils nous expliquent toutefois que des ouvriers humains ne pourraient pas manipuler la lave en raison de températures de plus de 1000°C, comparables à celles du verre en fusion. Pour les remplacer, diverses méthodes et technologies — impression 3D, gestion des coulées, chambres de refroidissement et robots — seraient utilisées pour façonner et mouler la roche en fusion selon les formes souhaitées.

Photo: C. Grandpey

Sans être menacés par la chaleur de la lave comme le seraient des humains, les robots parcourraient les champs de lave, récolteraient la matière en fusion et l’utiliseraient pour créer diverses structures.
Une méthode de préfabrication permettrait aux robots d’acheminer cette lave vers une usine où la pression et la chaleur seraient exploitées pour obtenir le résultat escompté.
Les architectes expliquent que le basalte présente des similitudes avec le béton de construction traditionnel actuel, tout en étant disponible à un coût quasiment nul. Selon eux, le basalte et la lave pourraient être transformés en éléments de construction durables et à faible impact environnemental. Les colonnes de basalte présentes dans la nature en sont une excellente illustration. Très cristallisées et extrêmement résistantes, elles pourraient théoriquement servir de matériau structurel.

Photo: C. Grandpey

 Le secteur islandais de la construction a manifesté un intérêt pour ce projet qui pourrait permettre de réduire l’empreinte carbone de cette industrie. Les producteurs de béton doivent en effet diminuer leurs émissions de CO2, principal responsable de la pollution dans l’industrie du bâtiment.
Ce projet a représenté la contribution de l’Islande à la 19ème Exposition internationale d’architecture de la Biennale de Venise, en 2025.
Source : Sky News.

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Basalt is the most abundant volcanic rock on Earth, found both on continents and on the ocean floor. It has also been identified on the surfaces of the Moon and Mars. Many structures built in volcanic regions confirm that basalt is an excellent construction material.

A Reykjavik-based architect believes that a single lava flow could provide enough material to lay the foundations for a city in just a few weeks, and do so without the climate-related consequences associated with traditional construction methods.

The founder and head of a Reykjavik-based architectural firm explains that the idea came to her and her son in 2018 while observing the Holuhraun eruption (2014–2015), the largest Iceland had seen in over three centuries. I have written extensively about this on this blog; you can find those posts using the search tool in the right-hand column.

The lava-utilization project posits that the material’s destructive force could be harnessed for construction, potentially transforming a global industry that currently relies heavily on concrete, steel, and other materials with high environmental impacts.

The architect and her son do not expect their project to come to fruition before 2050. However, they explain that human workers could not handle the lava, given temperatures exceeding 1,000°C, comparable to molten glass. Instead, various methods and technologies such as 3D printing, flow management, cooling chambers, and robots, would be used to shape and mold the molten rock into the desired forms. Unaffected by the intense heat that would endanger humans, robots would traverse the lava fields, harvest the molten material, and use it to create various structures. A prefabrication method would allow robots to transport this lava to a plant where pressure and heat could be harnessed to achieve the desired outcome.

The architects explain that basalt shares similarities with conventional modern construction concrete, yet is available at virtually no cost. They believe basalt and lava could be transformed into durable building components with a low environmental impact. Naturally occurring basalt columns serve as a prime example; highly crystalline and extremely strong, they could theoretically function as structural material.

Iceland’s construction sector has shown interest in this project, which could help reduce the industry’s carbon footprint. Concrete producers need to cut CO2 emissions, as concrete is the primary source of emissions within the building industry. This project represented Iceland’s contribution to the 19th International Architecture Exhibition at the Venice Biennale in 2025.

Source: Sky News.

https://news.sky.com/

Départ du Tour du Limousin !

Départ du Tour du Limousin aujourd’hui à Veyrac, à 5 km de chez moi. Je suis allé y faire un tour. J’aime l’ambiance de ces courses professionnelles moins importantes que le Tour de France. C’est l’occasion de retrouver des cyclos pas vus depuis longtemps. On peut approcher quelques coureurs, discuter avec les mécanos et regarder de près le matériel, avec des vélos qui coûtent une fortune. Ce sont les Formule 1 du cyclisme, mais avec des retombées sur le cyclisme amateur (voir les freins à disques et les dérailleurs électriques, par exemple).

J’ai été surpris de voir un commissaire contrôler étroitement les bécanes pour s’assurer qu’il n’y avait pas de moteurs cachés dans les cadres.

Les coureurs ont leur alimentation et ses compléments énergétiques écrits en toutes lettres sur la potence.

En regardant le peloton passer devant moi au moment du départ, avec la flopée de voitures suiveuses, et après avoir vu les bus impressionnants des équipes les plus riches, je me disais que le bilan carbone des courses cyclistes laisse sacrément à désirer. Personne n’en parle car, là encore, le fric cache le problème. Les coureurs, ça va, même si le bilan carbone de la fabrication des vélos pourrait sûrement appeler des commentaires. Entre les voitures suiveuses et les dizaines de motos autour de la course, les émissions de CO2 et autres gaz polluants sont à la fête.

En regardant la fin de cette première étape à la télé, j’ai été stupéfait de voir à quel point le département de la Creuse – et le Limousin en général – est impacté par le réchauffement climatique…auquel contribue cette manifestation. Tout est jaune et brûlé par les températures extrêmes que nous avons connues, prés et arbres réunis. J’avais vraiment l’impression de voir une course cycliste en Afrique. Je ne suis pas certain que la Nature sera capable de récupérer son énergie quand arrivera de nouveau la pluie, à condition qu’elle tombe en quantité suffisante, ce qui est loin d’être gagné avec l’intensification du phénomène de réchauffement El Niño.