L’avenir sombre des ours polaires // The dark future of polar bears

La glace de mer fond dans l’Arctique et les ours polaires sont les grandes victimes du réchauffement climatique. Ils sont répertoriés comme « menacés » sur la liste des espèces en danger. Les responsables politiques réunis à Glasgow pour la COP 26 ont-ils évoqué l’avenir des ours polaires ? Rien n’est moins sûr.
Le destin des ours polaires et celui de la glace de mer arctique sont étroitement liés. La glace de mer – autrement dit l’eau de mer gelée – rétrécit pendant l’été à mesure qu’elle se réchauffe, puis se forme à nouveau pendant les longs mois d’hiver. C’est lorsqu’on se rend compte à quel point elle rétrécit que le réchauffement climatique entre en jeu. Plus la glace de mer rétrécit en été, plus elle s’amincit aussi. Cela fait longtemps que les chercheurs tirent la sonnette d’alarme et avertissent que les étés sans glace de mer sont inévitables. La Terre connaîtra très bientôt un été avec moins d’un million de kilomètres carrés de glace de mer dispersée en minuscules morceaux à travers l’Arctique. Les derniers chiffres du NSIDC n’incitent guère à l’optimisme. La réduction linéaire de l’étendue de glace de mer sur les données satellitaires montrait une tendance de 82 100 kilomètres carrés par an en octobre 2021, soit 9,8 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010. Globalement, depuis 1979, le mois d’octobre a perdu 3,45 millions de kilomètres carrés de glace, ce qui équivaut à deux fois la taille de l’État d’Alaska.
La grande question est de savoir quand l’Arctique ressemblera à « un océan bleu » totalement dépourvu de glace. Peut-être dès les années 2030, très probablement dans les années 2040 et presque assurément dans les années 2050. L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste du monde. Au cours de certaines saisons, il s’est réchauffé trois fois plus vite que le reste du globe. La cause est «l’amplification arctique». Le mécanisme est facile à comprendre : la surface blanche de la glace arctique réfléchit la chaleur. Lorsque la glace fond, la mer de couleur sombre absorbe beaucoup plus de chaleur, ce qui réchauffe l’eau encore plus rapidement.

S’agissant des ours polaires, il existe 19 sous-populations différentes dans l’Arctique. Certaines sont vraiment en difficulté, en particulier les plus au sud, tandis que d’autres montrent une certaine stabilité. Leur survie d’un endroit à l’autre est fortement liée à la présence de la glace de mer. En été, les ours polaires sortent sur la glace pour chasser et se nourrir. C’est la période où ils prennent du poids pour survivre à l’hiver. Ils préfèrent les zones recouvertes à plus de moitié de glace car ce sont les terrains de chasse les plus productifs. Plus il y a de glace, plus ils peuvent se déplacer et plus ils peuvent manger.
Il y a à peine 30 ou 40 ans, les ours faisaient un festin de phoques et de morses sur la glace. Dans les années 1980, les mâles étaient énormes, les femelles se reproduisaient régulièrement et les oursons survivaient bien. Bref, la population avait l’air en bonne forme. Avec la perte de glace, les ours ne se portent plus aussi bien. Un signe ne trompe pas; c’est la proportion plus élevée d’oursons qui meurent avant leur premier anniversaire.
Les ours polaires sont des mammifères terrestres qui se sont adaptés à la mer. Les animaux qu’ils mangent – phoques et morses pour la plupart – sont aquatiques. Les ours s’en sortent mieux lorsqu’ils peuvent chasser dans des eaux peu profondes, généralement proches de la terre ferme. Mais ces dernières années, la glace de mer s’est retirée vers le large pendant la plupart des étés. Cela a forcé les ours à dériver sur la glace et atteindre des eaux profondes – parfois de 1 000 mètres de profondeur – dépourvues de leurs proies habituelles. Les ours sont alors obligés de nager longtemps et finissent épuisés. Ils maigrissent et se mettent en danger.
Au large de l’Alaska, les ours polaires de la mer de Beaufort et de la mer des Tchouktches offrent un contraste saisissant. Si on va à 40 ou 60 kilomètres au large de Prudhoe Bay dans la mer de Beaufort, on est sûr de trouver des eaux très pauvres en nourriture pour les ours. Plus au sud dans la mer des Tchoukches, l’eau est moins profonde, ce qui permet aux morses de prospérer. Ils fournissent de la nourriture aux ours polaires. En conséquence; les ours des Tchouktches semblent se porter plutôt bien grâce à cette nourriture abondante. En revanche, les ours de Beaufort donnent un aperçu de ce qui attend l’espèce dans les prochaines années.
Les dirigeants mondiaux qui se sont réunis en Écosse étaient censés prendre des mesures pour tenter de freiner le réchauffement climatique, mais il est probablement déjà trop tard pour les ours polaires. Si la COP 26 avait abouti à des mesures positives, notre planète aurait pu retrouver un Arctique avec une importante surface de glace de mer à la fin de ce siècle et au 22ème siècle. Mais ce rêve a peu de chances de se réaliser et l’espoir est en train de fondre avec la glace de mer.
Source : Yahoo News.

Vous aurez accès à une présentation interactive de la situation dans l’Arctique en cliquant sur ce lien :
https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

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In the Arctic, sea ice is melting and polar bears are the victims of global warming. They are marked as “threatened” on the endangered species list, Did the world leaders who met in Glasgow for COP 26 thought about the future of polar bears? Not so sure.

The fates of polar bears and Arctic sea ice are closely connected. Arctic sea ice – frozen ocean water – shrinks during the summer as it gets warmer, then forms again in the long winter. How much it shrinks is where global warming kicks in. The more the sea ice shrinks in the summer, the thinner the ice is overall. Researchers warn that summers without sea ice are inevitable. The Earth will soon see a summer with less than 1 million square kilometers of sea ice scattered in tiny bits across the Arctic. The latest NSIDC fifures do not incite to be optimistic. The downward linear trend in October 2021 sea ice extent over the satellite record is 82,100 square kilometers per year, or 9.8 percent per decade relative to the 1981 to 2010 average. Overall, since 1979, October has lost 3.45 million square kilometers of ice, based on the linear trend. This is equivalent to twice the size of the state of Alaska.

The big question is when the Arctic will look like « a blue ocean. » Maybe as early as the 2030s, most likely in the 2040s and almost assuredly by the 2050s. The Arctic has been warming twice as fast as the rest of the world. In some seasons, it has warmed three times faster than the rest of the globe. The cause is “Arctic amplification.” The mechanism is easy to understand: white ice in the Arctic reflects heat. When it melts, the dark sea absorbs much more heat, which warms the oceans even more quickly.

As far as polar bears are concerned, there are 19 different subpopulations in the Arctic. Some are really in trouble, especially the southernmost ones, while others are pretty close to stable. But their survival from place to place is linked heavily to sea ice.

In the summertime, polar bears go out on the ice to hunt and eat. This is the period when they put on weight to sustain them through the winter. They prefer areas that are more than half covered with ice because they are the most productive hunting and feeding grounds. The more ice, the more they can move around and the more they can eat.

Just 30 or 40 years ago, the bears feasted on a buffet of seals and walrus on the ice. In the 1980s, the males were huge, females were reproducing regularly and cubs were surviving well. In short, the population looked good. With ice loss, the bears have not been doing as well. One sign is that av higher proportion of cubs are dying before their first birthdays.

Polar bears are land mammals that have adapted to the sea. The animals they eat – seals and walruses mostly – are aquatic. The bears fare best when they can hunt in shallow water, which is typically close to land. But in recent years the sea ice has retreated far offshore in most summers. That has forced the bears to drift on the ice into deep waters – sometimes 1,000 metres deep – that are devoid of their prey. The bears are forced to swim a long time and are exhausted in the end. ,

Off Alaska, the Beaufort Sea and Chukchi Sea polar bears provide a telling contrast. If you go 40 to 60 kilometers offshore from Prudhoe Bay in the Beaufort Sea and you are sure to find very unproductive waters. Further south in the Chukchi, the water is shallower, which allows bottom-feeding walruses to thrive. That provides food for polar bears. The bears in the Chukchi seem to be faring pretty well because of that additional productivity. But the bears of the Beaufort give us a real good early warning of where this is all coming to

The world leaders who met in Scotland were supposed to take measures to try to curb climate change, but it is probably too late for the polar bears. If COP 26 had produced something positive, the world might have seen once again an Arctic with significant sea ice in the summer late this century and in the 22nd century. But this dream is unlikely to come true and hope is melting with the sea ice.

Source: Yahoo News.

You will have accessto an interactive presentation of the situation in the Arctic by clicking on this link:

https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

Photos: C. Grandpey

Nouvelles du Cumbre Vieja (La Palma) // News of Cumbre Vieja (La Palma)

20 heures: L’activité strombolienne se poursuit sur le Cumbre Vieja, avec expulsion de matériaux pyroclastiques et émission de panaches de cendres.

Tout au long de ce dimanche, il y a eu plusieurs débordements au niveau du cône principal du Cumbra Vieja, ce qui a augmenté le débit des coulées de lave. En conséquence, huit autres hectares ont été recouverts. Ce nouvel apport de lave a également provoqué la jonction des ruisseaux n°4 et n°7, qui circulaient respectivement au-dessus et au sud de la montagne Todoque. Les coulées de lave occupent une surface de 1 058 hectares, soit huit de plus que la veille

L’aéroport de La Palma n’a pas du fonctionner au cours du week-end en raison de l’accumulation de cendres du volcan.

La sismicité se poursuit à des profondeurs intermédiaires, avec un éc=vénement de M 4,2 enregistré ce dimanche.

Les émissions de SO2 restent élevées, entre 7 000 et 18 000 tonnes par jour, avec pousuite de la tendance à la baisse.

Sources: IGN, Pevolca.

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8 p.m : Strombolian activity continues on Cumbre Vieja, with the expulsion of pyroclastic materials and the emission of ash plumes.
Throughout this Sunday, there were several overflows at the main eruptive cone, which increased the global lava flow. As a result, another eight hectares were destroyed. This new influx of lava also caused the junction of flows No. 4 and No. 7, which flowed respectively above and south of the Todoque mountain. Lava flows occupy an area of 1,058 hectares, eight more than the day before
La Palma airport could not operate over the weekend due to the accumulation of ash from the volcano.
Seismicity continues at intermediate depths, with an event of M 4.2 recorded this Sunday.
SO2 emissions remain high, between 7,000 and 18,000 tonnes per day, with the downward trend continuing.
Sources: IGN, Pevolca.

Vue de la jonction des coulée 4 & 7

Les coulées de lave le 21 novembre au soir

Cumbre Vieja (La Palma) : nouvelle vidéo // New video

Les fronts de trois coulées continuent d’être actifs, même si leur progression a ralentié. La coulée de lave entre la n°4 et la n°7 occupe un nouveau terrain.

Voici des images du delta de lave réalisées à l’aide d’un drone pour le compte de Pevolca. On peut voir en incrustation le profil thermique correspondant à la vidéo.

https://twitter.com/i/status/1462096283682975757

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The fronts of three flows continue to be active, although their progress has slowed. The lava flow between n ° 4 and n ° 7 occupies new ground.
Here are images of the lava delta made with a drone on behalf of Pevolca. You can see in overlay the thermal profile corresponding to the video.

https://twitter.com/i/status/1462096283682975757

Capture écran webcam

Mesure de la hauteur des fontaines de lave // Measuring the height of lava fountains

L’un des derniers épisodes de la série « Volcano Watch » publié par l’Observatoire des volcans d’Hawaii – le HVO – est consacré aux fontaines de lave et à la mesure de leur hauteur.
En raison de la pression accumulée par les gaz, le début d’une éruption est souvent la période la plus dynamique et la plus spectaculaire. L’une des premières missions des géologues est de mesurer la hauteur des fontaines de lave et la dimension des bouches éruptives pour essayer d’évaluer l’énergie émise par l’éruption.
Lors des deux dernières éruptions sommitales du Kilauea, les fontaines de lave les plus hautes se sont produites au début de ces événements. Cependant, lors de l’éruption de 2018, les géologues ont dû attendre près d’un mois avant de pouvoir observer la plus haute fontaine car le volcan a d’abord émis un magma plus ancien et plus froid, donc moins propice aux fontaines de lave qui supposent une lave à haute température. .
La mesure de la hauteur d’une fontaine de lave pendant une éruption peut être effectuée avec quelques instruments simples et une trigonométrie de base.
Tout d’abord, les géologues mesurent les angles vers le haut et le bas de la fontaine. Cela peut sembler simple mais peut devenir délicat lorsque la base est difficilement visible ou lorsque le sommet de la fontaine est mal défini.
On entend par ‘sommet de la fontaine de lave’ la limite supérieure de la colonne telle que la voit un oeil humain. C’est le point où la plus grande partie de la lave cesse de monter avant de retomber au sol. Il ne faut pas prendre en compte les particules les plus hautes soulevées par le panache de gaz et qui montent jusqu’à plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de mètres au-dessus de la colonne de lave.
La base de la fontaine est facile à déterminer dès le début d’une éruption : c’est le point où la lave jaillit du sol. Même si les géologues arrivent rapidement sur le site éruptif, il est rare d’être présent au moment précis où s’ouvre une fracture, de sorte que la base peut déjà être cachée par des projections de lave et/ou des cendres qui se sont accumulées autour de la bouche active.
Pour effectuer les mesures d’angle, on a besoin d’un inclinomètre à main, d’un télémètre (laser ou optique) ou d’une application accessible sur son smartphone. Pour plus de facilité dans les calculs, les géologues du HVO mesurent toujours l’angle entre la hauteur de l’oeil et le haut de la fontaine, puis un deuxième angle entre la hauteur de l’oeil et le bas de la fontaine. De cette façon, peu importe où on se trouve par rapport à la fontaine
Il est important de tenir l’instrument de mesure au niveau des yeux et de ne pas le déplacer vers le haut ou vers le bas entre les deux mesures. C’est un peu comme si on utilisait un trépied.
Ensuite, les angles mesurés sont notés et les géologues utilisent la trigonométrie pour calculer les distances verticales pour chaque angle – autrement dit les hauteurs partielles pour chaque segment. La dernière partie du calcul consiste à additionner les deux hauteurs.
Pour connaître la distance jusqu’à la fontaine de lave, les géologues du HVO utilisent un télémètre laser précis qui mesure non seulement la distance, mais aussi l’angle, fait le calcul, puis indique la hauteur verticale.
Certaines applications pour smartphones peuvent calculer la distance si on connaît la hauteur d’un élément qui se trouve à proximité immédiate de la fontaine. Si les visiteurs du Parc National des Volcans d’Hawaii éprouvent le désir de mesurer les fontaines de lave, ils peuvent le faire depuis la nouvelle plateforme d’observation de Keanakākoʻi qui offre une vue sur le cratère. S’ils ont la chance de voir des fontaines de lave, ils peuvent les mesurer, ou ils peuvent simplement estimer la hauteur en sachant que le cône de projection (spatter cone) mesure environ 20 à 25 m de hauteur.
Source : USGS/HVO.

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One of the last episodes of the series « Volcano Watch » released by the Hawaiian Volcano Observatory is dedicated to lava fountains and the measuring of their height.

Because of the accumulated pressure of the gases, the onset of an eruption is frequently the most dynamic and vigorous period. One of the geologists’ first mission is to measure the height of lava fountains and other vent dimensions to help assess how energetic the eruption is.

In both recent summit eruptions of Kilauea Volcano, the highest fountaining occurred at the start of the eruptions. However, during the 2018 event, geologists had to wait nearly a month to observe the highest fountaining which took place nearly a month into the eruption due to the primary magma pushing out older, cooler magma.

Measuring the height of a lava fountain during an eruption can be accomplished with a few simple instruments and some basic trigonometry.

First, geologists measure the angles to the top and bottom of the fountain. This may seem simple, but it can get tricky when the base becomes obscured or when the top of the fountain has an indistinct boundary.

The top of the lava fountain is defined as the upper boundary of the optically dense column. This is where the vast majority of the lava stops rising and falls back to the ground. This is not to be confused with the highest visible particles, which could be lifted up by the gas plume several tens to hundreds of meters above the lava column.

The base is easy to determine right at the start of an eruption: it is where lava is erupting from the ground. Even though geologists arrive quickly, it is rare to be present exactly when a fissure opens, so the base might already be hidden as lava, spatter, and cinder accumulates around the vent area.

To make the angle measurements, you need either a hand-held inclinometer, compass, rangefinder (laser or optical), or even a handy app on your phone. To make the math easy, HVO geologists always measure the angle from their eye-height to the top of the fountain and then a second angle from their eye-height to the bottom of the fountain. This way no matter where you are in relation to the fountain

It is important to hold the instrument at eye level and not move the instrument up or down between the two measurements, as if you were usuing a tripod.

Second, these measured angles can then be taken and geologists use trigonometry to calculate the vertical distances for each angle — partial heights for each segment. The final part of the calculation is to add these two heights together.

To know the distance to the lava fountain, HVO geologists use an accurate laser range finder that not only measures the distance, but also the angle, does the math, and then reports back the vertical height.

Some smart phone apps can calculate the distance if you know the height of something immediately adjacent to the fountain. If visitors to Hawaii Volcanoes National Park are anxious to measure lava fountains, they can do it from the new Keanakākoʻi viewing area which allows a view into the crater. If they are lucky enough to see lava fountains, they can measure them, or they can simply estimate the height knowing that the spatter cone is about 20–25 m high.

Source: USGS / HVO.

 

En 1959, au cours de l’éruption du Kilauea Iki, les fontaines de lave ont atteint 580 mètres de hauteur (Crédit photo: USGS)