Jet-streams, glace de mer et changement climatique // Jet-streams, sea ice and climate change

Le Canada et les Etats-Unis connaissent depuis plusieurs jours une vague de froid sans précédent avec de la neige jusqu’en Floride. Cette descente d’air froid polaire n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est sa durée. Elle se produit régulièrement chaque hiver sur le continent nord-américain, en partie du fait d’une position du jet-stream polaire qui se situe plus au sud. Ce courant joue un rôle important dans la météo de l’hémisphère nord, un rôle aujourd’hui perturbé par le changement climatique. En effet, les zones polaires se réchauffent deux fois plus vite que les zones tempérées et tropicales. Or, la différence de température est à l’origine de la vigueur de cette ceinture de vents très forts qui fluctue autour de la zone arctique à uen dizaine de kilomètres d’altitude

Ce jet-stream a un trajet sinueux parce qu’il est déformé par les dépressions atmosphériques qui le repoussent vers les pôles. Lorsque les méandres descendent très au sud, ils permettent à l’air froid arctique de pénétrer sur les zones tempérées. Plus au nord, le jet-stream maintient l’air froid au-dessus de l’Arctique. Or, les preuves scientifiques s’accumulent sur le fait que la réduction des différences de températures entre pôle nord et tropiques rend la trajectoire du courant-jet plus sinueuse. Celui-ci descend plus vers le sud et remonte plus vers le nord si bien que ces dernières années, des températures dépassant les normales de 20 à 30°C ont été observées plusieurs fois en Arctique. Comme je l’ai mentionné dans des notes précédentes, fin décembre 2015, le pôle Nord a connu des températures positives de +2°C alors que la moyenne 1958-2002 est de -28°C. A l’inverse, en janvier 2017, toute l’Europe centrale et de l’est, jusqu’en Grèce où on a relevé -15°C, a subi des températures polaires.

Si l’Arctique se réchauffe plus vite, c’est à cause de la réduction de la couverte de glace de mer sur l’Océan. En moyenne entre 1979 et 2010, l’extension minimale de glace de mer dans l’Arctique à la fin de l’été était de 6,6 millions de km². Elle est descendue à 3,4 millions de km² en 2012, record absolu que n’a pas battu 2017 et ses 4,9 millions de km². Cette réduction de la surface de glace de mer signifie que les eaux libres absorbent la chaleur solaire alors que la couverture de glace renvoie cette chaleur vers l’espace. Ces eaux plus chaudes retardent la formation de la banquise en début d’hiver. L’océan se réchauffe ainsi que les couches basses de l’atmosphère. En septembre 2017, la mer de Barents au nord de la Norvège présentait ainsi une anomalie de température de +4°C.

Des modèles informatiques performants permettent aujourd’hui aux climatologues de prévoir cinq mois à l’avance l’extension ou la régression de la glace de mer. Ces prévisions intègrent aussi son épaisseur qui influe sur la surface estivale restante. Les modèles permettent aussi de se projeter dans l’avenir. Selon le Centre de recherche de Météo France, il existe in lien évident entre la fonte des glaces et la trajectoire du jet-stream. Il devrait voir sa sinuosité augmenter, favorisant ainsi les vagues de froid. Toutefois, une projection vers la seconde partie du siècle montre une remontée du jet-stream vers le nord sur l’ensemble des saisons, pérennisant ainsi des hivers plus doux.

Source : Science et Avenir.

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Canada and the United States have been experiencing unprecedented cold weather for several days with snow all the way to Florida. This descent of cold polar air is not extraordinary, except its duration. It occurs regularly every winter on the North American continent, partly because of a position of the polar jet-stream which lies further south. This jet-stream plays an important role in the weather of the northern hemisphere, a role today disrupted by climate change. Indeed, the polar areas warm up twice as fast as the temperate and tropical zones. However, the difference in temperature is responsible for the vigour of this belt of very strong winds which fluctuates around the Arctic zone at a height of about 10 km.
This jet-stream has a winding path because it is deformed by the atmospheric depressions that push it towards the poles. When the meanders descend to the very south, they allow cold Arctic air to penetrate the temperate zones. Further north, the jet stram keeps cold air over the Arctic. However, scientific evidence is accumulating on the fact that the reduction of temperature differences between the north pole and the tropics makes the trajectory of the jet stream more sinuous. The latter is more southerly and more northerly, so that in recent years, temperatures exceeding 20°C to 30°C have been observed several times in the Arctic. As I mentioned in previous posts, at the end of December 2015, the North Pole experienced positive temperatures of + 2°C while the 1958-2002 average was -28°C. Conversely, in January 2017, all of central and eastern Europe, as far as Greece, where temperatures rose to -15°C, suffered polar temperatures.
If the Arctic warms up faster, it is because of the reduction of the sea ice cover on the ocean. On average between 1979 and 2010, the minimum sea ice extent in the Arctic at the end of the summer was 6.6 million km². It went down to 3.4 million km² in 2012, an absolute record that was not beaten by 2017 and its 4.9 million km². This reduction of the sea ice surface means that the open water absorbs solar heat while the ice cover reflects this heat to space. These warmer waters delay the formation of the sea ice in early winter. The ocean warms up as well as the lower layers of the atmosphere. In September 2017, the Barents Sea in northern Norway thus had a temperature anomaly of + 4°C.
High-teechnology computer models nowadays allow climatologists to predict the extension or regression of sea ice five months in advance. These forecasts also include its thickness, which influences the remaining summer surface.
Models also make it possible to project oneself into the future. According to Météo France’s Research Center, there is an obvious link between the melting ice and the trajectory of the jet-stream. We should see its sinuosity increase, favouring the cold waves. However, a projection towards the second half of the century shows a rise of the jet-stream towards the north over all the seasons, thus perpetuating the milder winters.
Source: Science et Avenir.

Animation montrant le jet-stream polaire, avec des vents pouvant atteindre 160 km/h. Sur l’animation, ces vents puissants sont représentés en rouge, tandis que les vents plus modérés sont en bleu.

Animation showing the polar jet stream, with winds up to 160 km / h. On the animation, these strong winds are represented in red, while the more moderate winds are in blue.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/62/Aerial_Superhighway.ogv

 

Vue du jet-stream polaire et de son homologue subtropical (Source : Lyndon State College Meteorology)

View of the polar jet stream and its subtropical counterpart (Source: Lyndon State College Meteorology)

Glace de mer dans l’Arctique (Photos: C. Grandpey)

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Fonte de la glace de mer arctique et la sécheresse en Californie // The melting of Arctic sea ice and droughts in California

Au début du mois de décembre 2017, des dizaines de milliers d’habitants ont été contraints de quitter leurs maisons menacées par des feux de forêts dans le sud de la Californie. Ils ont causé la mort d’au moins une personne et des pannes de courant dans toute la région. Ces feux de forêts interviennent après plusieurs autres qui ont détruit des parties entières de la  Napa Valley. Et ce n’est peut-être qu’un début.
En effet, les dernières recherches conduites par des scientifiques du Lawrence Livermore National Laboratory montrent que la Californie pourrait être touchée par des sécheresses beaucoup plus sévères et plus fréquentes dans un proche avenir.

À l’aide d’une nouvelle modélisation, les scientifiques ont découvert que la fonte rapide de la glace de mer dans l’Arctique pourrait entraîner une réduction de 15% des précipitations en Californie au cours des 20 ou 30 prochaines années. Une telle situation aurait de profondes répercussions dans un État où la sécheresse la plus récente a fait perdre plusieurs milliards de dollars à l’économie.
La dernière étude ajoute une dimension inquiétante à la situation difficile à laquelle la Californie est déjà confrontée pour s’adapter au changement climatique. Elle met l’accent sur la fonte de la glace dans les régions polaires, phénomène dont on a récemment découvert qu’il avait un impact direct et potentiellement dangereux sur la côte ouest des Etats Unis. Alors que les climatologues sont généralement d’accord sur le fait que l’augmentation des températures provoquée par le changement climatique a sérieusement accentué la sécheresse en Californie, des chercheurs se sont demandés si le réchauffement climatique était susceptible d’affecter également la quantité de précipitations dans cet Etat.
L’étude, publiée dans la revue Nature Communications, fournit des preuves convaincantes que c’est la réalité. Le modèle utilisé par les scientifiques se base sur le lien entre la disparition de la glace de mer dans l’Arctique et la formation de dorsales de hautes pressions au-dessus de l’Océan Pacifique. Ces dorsales repoussent les tempêtes hivernales loin de la Californie, ce qui provoque des sécheresses. Les scientifiques ont constaté que lorsque la glace de mer disparaît, il y a formation d’un plus grand nombre de dorsales.
Le modèle mis au point par les scientifiques révèle que, dans un tel contexte, les précipitations en Californie chuteraient en moyenne de 10 à 15% dans les décennies à venir, mais le déclin se manifesterait sporadiquement, en augmentant le risque de sécheresse. Certaines années, la diminution des précipitations provoquée par la diminution de la glace de mer dans l’Arctique dépasserait largement les 15%. Les autres années seraient plus humides que la normale.

L’étude conclut que l’incapacité à réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre pourrait avoir un impact sérieux sur la Californie et d’autres parties des Etats Unis. Cette conclusion contraste fortement avec la politique de l’administration Trump sur le réchauffement climatique, et sa volonté d’ignorer le consensus scientifique qui affirme que les activités humaines sont responsables.
Les mises en garde sur l’impact de la fonte de la glace de mer sur la Californie sont cautionnées par plusieurs éminents climatologues. Ils disent que si l’étude n’est qu’un des multiples modèles utilisés pour expliquer les impacts du réchauffement climatique, elle est confirmée par d’autres études qui ont signalé le lien entre la fonte de la glace de mer dans l’Arctique et la formation de dorsales atmosphériques susceptibles d’affecter la Californie.
Les auteurs de la nouvelle étude sont persuadés que le fait de pouvoir isoler l’effet de la fonte de la glace de mer sur l’atmosphère et ses conséquences sur le comportement de l’océan – avec les répercussions sur les précipitations en Californie – représente un grand pas en avant dans la recherche sur le climat.
Source: The Los Angeles Times.

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Early in December 2017, tens of thousands of residents were forced to flee their homes as a wildfire ripped through southern California. The fast moving fire caused at least one death and power outages throughout the area. This wildfire came after several more that destroyed parts of the Napa Valley in the State. And this might just be the beginning.

Indeed, California could be hit with significantly more dangerous and more frequent droughts in the near future as changes in weather patterns triggered by global warming block rainfall from reaching the state, according to new research led by scientists at Lawrence Livermore National Laboratory.

Using complex new modeling, the scientists have found that rapidly melting Arctic sea ice now threatens to diminish precipitation over California by as much as 15% within 20 to 30 years. Such a change would have profound economic impacts in a state where the most recent drought drained several billion dollars out of the economy.

The latest study adds a worrying dimension to the challenge California is already facing in adapting to climate change, and shifts focus to melting polar ice that only recently has been discovered to have such a direct, potentially dramatic impact on the West Coast. While climate scientists generally agree that the increased temperatures already resulting from climate change have seriously exacerbated drought in California, there has been debate over whether global warming would affect the amount of precipitation that comes to California.

The study, published in the journal Nature Communications, provides compelling evidence that it would. The model the scientists used homed in on the link between the disappearance of sea ice in the Arctic and the buildup of high ridges of atmospheric pressure over the Pacific Ocean. Those ridges push winter storms away from the state, causing drought. The scientists found that as the sea ice goes away, there is an increase in the formation of ridges.

Rainfall in California would drop, on average, 10% to 15% in the coming decades under the scientists’ model, but the decline would present itself sporadically, exacerbating the potential for drought. Some years the decline in rainfall because of diminished Arctic ice would be much steeper than 15%. Other years would be wetter than they otherwise would be.

The study finds that the failure to more rapidly diminish greenhouse gas emissions could have a serious impact on California and other parts of the country. The findings contrast starkly with Trump administration policy on warming, which ignores the mainstream scientific consensus that human activity is driving it.

The warnings about the impact of melting sea ice on California are being embraced by some prominent climate scientists. They say that while the study is just one of multiple models being used to project global warming impacts, it is bolstered by other studies that have signalled a connection between the ice melt in the Arctic and the buildup of atmospheric ridges affecting California.

The researchers are sure that being able to isolate the effect of melting sea ice on the atmosphere and the ocean’s response — and how it impacts precipitation in California — is a big step forward.

Source : The Los Angeles Times.

Effets des dorsales de hautes pressions sur le climat de la Californie (Source : Lawrence Livermore National Laboratory)

Mauvaises nouvelles de l’Arctique // Bad news from the Arctic

2017 touche à sa fin mais les nouvelles en provenance de l’Arctique ne sont pas bonnes: L’Arctique se réchauffe plus vite que jamais. Une nouvelle preuve vient d’être donnée par les ordinateurs de la NOAA qui ont supprimé les données concernant Utqiagvik (anciennement Barrow) – la ville la plus septentrionale des États-Unis – parce qu’elles semblaient fausses!
L’erreur a été commise par des algorithmes dont le rôle est de s’assurer que seules les données fiables seront incluses dans les rapports de la NOAA. Cependant, ce type d’algorithme est performant uniquement dans le cadre de situations « moyennes » et sans aberrations. Malheureusement pour les algorithmes, la situation actuelle à Utqiaġvik est tout sauf « moyenne ».
L’Arctique se réchauffe plus rapidement que n’importe quel autre endroit sur Terre, et Utqiaġvik en est l’exemple parfait. Avec de moins en moins de glace de mer pour réfléchir la lumière du soleil, la température autour du pôle Nord se met à grimper. Pas plus tard que cette semaine, les scientifiques ont signalé que l’Arctique avait connu sa deuxième année la plus chaude derrière 2016, avec la plus faible quantité de glace de mer jamais enregistrée. L’annonce a été faite lors de la réunion annuelle de l’American Geophysical Union, et le rapport de la NOAA avait un titre alarmant: « L’Arctique ne montre aucun véritable signe de retour vers la situation de gel des dernières décennies ».
Les changements dans l’Arctique vont bien au-delà de la glace de mer. De vastes zones autrefois occupées par le permafrost sont devenues des étendues de boue. Des espèces végétales étrangères, comme celles qui ne poussent que dans des climats plus chauds, envahissent ce qui était autrefois la toundra. Ce verdissement de l’Arctique est incroyable dans le district de North Slope en Alaska, comme le montrent les images haute résolution des satellites de la NOAA.
Selon le rapport de la NOAA, « la vitesse actuelle de réduction de la glace de mer et la hausse des températures sont plus rapides qu’à tout autre moment au cours des 1500 dernières années, et probablement plus longtemps que cela. »
Au cours des 17 années qui se sont écoulées depuis l’an 2000, la température moyenne  à Utqiaġvik en octobre a grimpé de 3,8°C. La température de novembre est en hausse de 3,3 degrés. La moyenne actuelle en décembre est de 1.1°C.
Source: Anchorage Daily News.

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2017 is drawing to a close but the news coming from the Arctic is not good : The Arctic is warming faster than ever. A proof of it has just been given by the NOAA computers that removed the data about Utqiagvik (formerly Barrow) – the northernmost city in the United States – because it seemed unreal!

It was done by algorithms that were put in place to ensure that only the best data gets included in NOAA’s reports. However, this kind of quality-control algorithm is only good in « average » situations with no outliers. The current situation in Utqiaġvik, however, is anything but average.

The Arctic is warming faster than any other place on Earth, and Utqiaġvik is the perfect example. With less and less sea ice to reflect sunlight, the temperature around the North Pole is speeding upward. Just this week, scientists reported that the Arctic had its second-warmest year – behind 2016 – with the lowest sea ice ever recorded. The announcement came at the annual meeting of the American Geophysical Union, and the report is topped with an alarming headline: « Arctic shows no sign of returning to reliably frozen region of recent past decades. »

Changes in the Arctic extend beyond sea ice. Vast expanses of former permafrost have been reduced to mud. Nonnative species of plants, types that only grow in warmer climates, are spreading into what used to be the tundra. Nowhere is this greening of the Arctic happening faster than the North Slope of Alaska, observable with high-resolution clarity on NOAA satellite imagery.

« The current observed rate of sea ice decline and warming temperatures are higher than at any other time in the last 1,500 years, and likely longer than that, » the NOAA report says.

In the 17 years since 2000, the average October temperature in Utqiaġvik has climbed 3.8°C. The November temperature is up 3.3 degrees. The December average has warmed 1.1°C.

Source : Anchorage Daily News.

Source: NOAA

La douceur persiste dans l’Arctique // Mild weather persists in the Arctic

Alors que beaucoup de gens en France parlent d’une vague de froid à cause d’une chute de neige récente et de températures un peu basses pour un mois de décembre, Anchorage en Alaska traverse des journées plutôt chaudes. En milieu de matinée le 11 décembre 2017, la température au bureau du National Weather Service à Anchorage atteignait 7,7°C. Le record de température pour un 11 décembre dans la région d’Anchorage est de 8,3°C en 1985.
Dimanche dernier, la température atteignait déjà 7,7°C, le record pour cette date dans la région d’Anchorage.
C’est une dorsale de hautes pressions qui envoie actuellement de l’air chaud depuis la côte californienne et entraîne des températures supérieures à la normale. La température maximale enregistrée pour le mois de décembre dans la région d’Anchorage est de 8,8°C.
Pendant ce temps, la température à Dawson City, au cœur du Yukon canadien, est en moyenne de -10°C, ce qui est relativement élevé pour cette période de l’année.
Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la glace de mer arctique. En novembre, la NOAA a indiqué que la mer des Tchouktches était largement dépourvue de glace au sud de 74°N et que les températures de surface de la mer restaient au-dessus du point de congélation. La NOAA a ajouté que jusqu’au mois de février, la mer des Tchouktches devrait connaître des conditions de glace de mer semblables à celles de l’hiver dernier. La banquise devrait se former lentement et rester relativement mobile pendant la majeure partie de l’hiver. La webcam installée à d’Utqiaġvik (anciennement Barrow), le point le plus septentrional de l’Alaska, montre que même à la mi-décembre, la mer est à peine à moitié couverte de glace de mer. Ce n’est pas une ionne nouvelle pour les ours polaires et les morses qui passent l’hiver sur cette glace.
Soiurces: Anchorage Daily News et NOAA.

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While many people in France speak of a cold wave because of a recent snowfall and temperatures e bit low for a month of December, Anchorage in Alaska is going through rather warm days. By mid-morning on December 11th 2017, the temperature at the National Weather Service office in Anchorage had reached 7.7°C. The record high temperature for December 11th in the Anchorage area is 8.3°C, set in 1985.

Last Sunday’s high temperature, also 7.7°C, broke the record for that date in the Anchorage area.

A high-pressure ridge is currently bringing higher temperatures in from the California coast. The highest temperature on record for the month of December in the Anchorage area is 8.8°C

Meantime, the temperature in Dawson City, in the heart of Canadian Yukon averages -10°C, which is quite high for this time of the year.

This is not good news for Arctic sea ice. In November, NOAA said that the Chukchi Sea remained mostly open south of 74°N with sea surface temperatures remaining above freezing. NOAA added that looking forward through February, the Chukchi Sea was expected to experience sea ice conditions similar to last winter with the ice pack slow to form and remaining relatively mobile through much of the winter. .   The webcam inUtqiaġvik, Alaska’s northernmost shore shows that even in mid-December, the sea remains mostly open and is only half-covered by sea ice. This is not good news for the polar bears and the walruses that spend the winter in this ice.

Soiurces: Anchorage Daily News & NOAA.

Photo: C. Grandpey

Changement climatique : Quelques graphiques // Climate change: A few graphs

Voici quelques graphiques publiés récemment par l’US Global Change Research Program (USGCRP). Ils résument assez bien la situation actuelle de la planète par rapport au changement climatique et ses effets sur les températures, les océans et la glace de mer.

Le graphique du haut montre une anomalie thermique, autrement dit un écart des températures par rapport à la normale. À l’heure actuelle, l’anomalie est de presque 1,1°C, ce qui signifie que la température de la planète est de 1,1 ° C supérieure à la normale. La température globale de l’air sur Terre augmente régulièrement depuis les années 1960.
Le graphique suivant montre la température à la surface des océans. Elle est en hausse depuis plusieurs décennies. La température de surface de la mer est déterminée à partir des satellites, de capteurs installés sur des navires et de balises réparties à la surface de l’océan. Au cours des dernières décennies, les scientifiques ont réalisé une meilleure couverture de l’océan. Quels que soient les moyens utilisés pour mesurer la température de l’océan, tous montrent qu’elle est en hausse.
Le troisième graphique montre le niveau de la mer. Il est en hausse depuis plus d’un siècle. L’élévation du niveau de la mer est la mesure que préfèrent les scientifiques car elle intègre la chaleur ajoutée au climat de la Terre. Cette chaleur finit dans les eaux océaniques et les rend moins denses. La densité plus faible de l’eau explique en grande partie l’élévation du niveau de la mer dans le graphique.
Les deux images centrales dans les rangées de graphiques du bas montrent respectivement la quantité de chaleur dans l’océan et les changements subis par la glace dans l’Arctique. On constate que la chaleur des océans augmente et que la quantité de glace diminue. L’image en bas à droite représente la masse des glaciers dans le monde. La diminution de cette masse à mesure que les glaciers se réchauffent, fondent et viennent vêler dans les océans est extrêmement rapide.
Les données du rapport de l’USGCRP ont une valeur informative et sont destinées à servir de feuilles de route. Elles montrent le passé et donnent un aperçu du futur.

Source: The Guardian.

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Here are a few graphs recently released by the US Global Change Research Program. They summarize quite well the current situation of the planet about climate change and its effects on temperatures, oceans and sea ice.

The top chart shows a temperature anomaly, which means a departure from normal. Right now the anomaly is nearly 1.1°C, meaning that we have warmed 1.1°C from what the normal temperature should be. Global land-air temperatures have been rising pretty steadily since approximately 1960.

The next graph shows ocean surface temperatures. They too are rising and have been increasing for a number of decades. Sea surface temperatures are determined from satellites, from sensors on ships, and from floating instruments spread across the ocean. Over the decades, we have obtained better coverage of the ocean. Whatever the means used to measure ocean temperatures they all show they are on the rise.

The third graph shows sea level. It has been rising for more than a century. Sea level rise is a favorite measurement for scientists because it integrates the heat added to the Earth’s climate. The heat ends up in the ocean waters and causes the waters to become less dense. The lower density of water causes much of the sea level rise in the graph.

The center two images in the lower rows respectively show the amount of heat in the ocean and changes to Arctic ice. We see that ocean heat content is increasing and the amount of ice is decreasing. The lower right image represents the mass of the world’s glaciers. The decrease in glacier mass as glaciers warm, melt, and flow to the oceans is shockingly fast.

These data from the US GCRP report are roadmaps. They show where we have been. They only give a suggestion about what will come in the future.

Source: The Guardian.

Source : USGCRP Climate Science Special Report

Ours polaires et morses en danger // Endangered polar bears and walruses

Signe évident du réchauffement climatique, quelque 200 ours polaires se sont rassemblés en septembre 2017 sur l’île Wrangel, dans la mer des Tchouktches, dans l’extrême-orient russe. Ils s’étaient rassemblés pour dépecer la carcasse d’une baleine venue s’échouer sur la rive. Le groupe d’ours comprenait de nombreuses familles, dont deux mères suivies chacune par quatre oursons.

Pour les scientifiques, cette situation illustre bien les conséquences du réchauffement climatique. La hausse des températures provoque la fonte des glaces plus tôt dans l’année, et pousse ainsi les populations d’ours polaires de l’Arctique à passer plus de temps sur la terre ferme. Ces animaux se rapprochent alors dangereusement des villages.

Les ours viennent traditionnellement se rassembler et se reposer sur l’île Wrangel entre les mois d’août et de novembre, après la fonte des glaces et avant de pouvoir repartir à la chasse aux phoques. C’est également la principale zone de l’océan Arctique où ils donnent naissance à leurs petits.

Aujourd’hui, les ours polaires passent en moyenne un mois de plus sur l’île qu’il y a 20 ans. Au cours de l’automne 2017, les observateurs en ont recensé 589, soit plus du double des estimations précédentes.

Des observations identiques sont faites sur le comportement des morses, autre espèce animale de l’Arctique menacée par le réchauffement climatique. Tout comme les ours sur l’île Wrangel, les morses se rassemblent par milliers sur une plage près de Point Lay, en Alaska, vers la fin du mois d’août. En cause, la fonte de la banquise qui prive ces animaux de nourriture et de refuge et les pousse à s’entasser sur cette petite île.

Ces rassemblements sont de plus en plus fréquents. En 2014, quelque 35 000 animaux se sont regroupés sur cette même plage, fin septembre, mais c’est la première fois en 2017 que ce phénomène se produit si tôt dans l’année.

Ces rassemblements s’avèrent dangereux pour les morses du Pacifique, qui manquent de nourriture et peuvent développer des maladies. Certains risquent en outre d’être écrasés par leurs congénères si le groupe décide de se déplacer subitement, par exemple lors du passage d’un avion.  .

Les morses se hissent habituellement sur la glace pour chasser leur nourriture. Ils plongent à partir de blocs de glace flottants pour se nourrir de palourdes sur le fond de l’océan. À mesure que la banquise fond, cet habitat se déplace vers le nord, au-delà des eaux peu profondes du plateau continental et dans les eaux arctiques trop profondes pour les animaux en quête de nourriture. Puis ils s’échouent sur le rivage, se serrant les uns contre les autres, parfois par milliers, où des bousculades meurtrières peuvent se produire.
En septembre 2017, environ 2 000 morses se trouvaient près de la plage de Point Lay. Les échouages ​​massifs de morses ont été observés pour la première fois au large de Point Lay en 2007, lorsque l’étendue des glaces de mer arctiques a chuté de 1,5 million de kilomètres carrés en dessous de la moyenne – une superficie équivalente à celle de l’Alaska et du Texas réunis.
Les efforts du président Trump pour se retirer de l’accord climatique de Paris et pour ouvrir l’Arctique aux forages gaziers et pétroliers aggraveront la perte de glace de mer et d’autres menaces pour les morses du Pacifique.

Sources: France Info, Anchorage Daily News.

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An obvious sign of global warming, some 200 polar bears gathered in September 2017 on Wrangel Island in the Chukchi Sea in the Russian Far East. They gathered to feed on the carcass of a whale that had washed up on the shore. The bear group included many families, including two sows, each of whom was followed by four cubs.
For scientists, this situation is a good illustration of the consequences of global warming. Rising temperatures are causing the ice to melt earlier in the year, pushing Arctic polar bear populations to spend more time on dry land. These animals are then coming dangerously close to the villages.
Bears traditionally come together and rest on Wrangel Island between August and November, after the ice melts and before they can go back to the seal hunt. It is also the main area of ​​the Arctic Ocean where they give birth to their young.
Today, polar bears spend an average of one month more on the island than 20 years ago. In the fall of 2017, observers counted 589, more than double the previous estimates.

Similar observations are made on the behaviour of walruses, another Arctic animal species threatened by global warming. Just like the bears on Wrangel Island, walruses congregate by the thousands on a beach near Point Lay, Alaska, in late August. This is because the melting ice pack deprives these animals of food and shelter and pushes them to pile up on this small island.
These gatherings are more and more frequent. In 2014, some 35,000 animals gathered on the same beach in late September, but this is the first time in 2017 that this phenomenon occurs so early in the year.
These gatherings are dangerous for Pacific walruses, who lack food and can develop diseases. Some may also be crushed by their peers if the group decides to move suddenly, for example because of the noise made by a passing plane. .
Walruses usually hunt on the ice to look for food. They dive from floating ice blocks to feed on clams on the bottom of the ocean. As the pack ice melts, this habitat moves northward beyond the shallow waters of the continental shelf and into Arctic waters that are too deep for foraging animals. Then they run aground on the shore, huddling against each other, sometimes by the thousands, where deadly jostling can happen.
As of September 2017, about 2,000 walrus were found near Point Lay beach.  Massive landings of walruses were observed for the first time off Point Lay in 2007, when the extent of Arctic sea ice dropped by 1.5 million square kilometers below average – an area equivalent to that of Alaska and Texas combined.
President Trump’s efforts to withdraw from the Paris climate agreement and open the Arctic to oil and gas drilling will increase the loss of sea ice and other threats to Pacific walruses.

Sources: France Info, Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

Image webcam: Round Island (Alaska)

Des prévisions climatiques encore inquiétantes pour l’Arctique // More worrying climate forecasts for the Arctic

Il y a quelques mois, El Niño était tenu pour responsable des températures supérieures à la normale dans l’Arctique. El Niño a maintenant été remplacé par La Niña, censée générée des eaux océaniques plus froides. Malgré cette évolution, des températures supérieures à la normale sont attendues cet hiver en Alaska, surtout dans les régions de l’Ouest et du Nord, près de l’Océan Arctique. Ce phénomène est dû à un important rétrécissement de la glace de mer côtière dans ces régions.
Les températures à la surface de la mer dans le Golfe d’Alaska près d’Anchorage et dans le sud-est de l’Alaska sont actuellement à peu près normales pour cette période de l’année, mais ce n’est pas le cas pour la Mer de Béring et pour la Mer des Tchouktches, au nord-ouest de l’Alaska. À l’heure actuelle, une partie importante de la Mer des Tchouktches devrait être couverte de glace. Au lieu de cela, une grande langue d’eau libre s’étire dans cette mer au-dessus de la Russie et de l’Alaska. Sur le long terme, la glace de mer est largement en dessous de la normale, même par rapport à la période récente.
Le manque de glace de mer le long de la côte a contribué à augmenter le risque de submersion au moment des tempêtes cet automne parce que la glace n’est plus là pour protéger le rivage contre les assauts des vagues. Les eaux de la Mer des Tchouktches et celles des anses près de Shishmaref, village situé sur une langue de terre près du détroit de Béring, gelaient en octobre. Ces dernières années, l’eau n’a pas gelé avant décembre ou même février, ce qui a rendu les impacts des tempêtes encore plus dévastateurs.

Les températures dans l’ensemble de l’Alaska étaient supérieures de 2,7°C à la moyenne en octobre. La carte ci-dessous montre, en pourcentage, la différence – positive ou négative – avec les températures normales le 16 novembre 2017 et représente une indication des prévisions hivernales pour l’Alaska. Les températures devraient être plus froides que la normale dans le centre-sud et le sud-est, comme ce fut le cas avec La Niña l’année dernière. Cependant, le reste de l’État devrait à nouveau connaître des températures supérieures à la normale.
Source: Anchorage Daily News.

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A few months ago, El Niño was held responsible for warmer than normal temperatures in the Arctic. El Niño has now been replaced by La Niña, its cooler equivalent. Despite this evolution, warmer than normal temperatures are expected for this winter in Alaska, especially in Western and Arctic regions. This phenomenon is the result from big reductions in coastal sea ice in those areas.

Sea surface temperatures in the Gulf of Alaska near Anchorage and Southeast are currently about normal for this time of year. But they are not so in the Bering Sea and heading north into the Chukchi Sea off Northwest Alaska. By now, a significant part of the Chukchi should be covered in ice. Instead, a large tongue of open water extends into the Chukchi well above Russia and Alaska. The sea ice is far below long-term normal, even in comparison to recent times.

A lack of sea ice along the coast has contributed to increased risk of flooding from storms this autumn because the shores are not shielded with sea ice to damper waves, like they used to be. Chukchi and inlet waters near Shishmaref, located on a barrier island near the Bering Strait, used to freeze in October. But in recent years they have not frozen until December or even February, helping storms deliver bigger blows.

Overall, Alaska was 2.7°C above the long-term average in October. The map below shows in percentage the difference with normal temperatures on November 16th 2017 and, as such, underscores the winter expectations for Alaska. Temperatures will probably cooler than normal in Southcentral and Southeast, a repeat of last year’s La Niña. However, the rest of the State should again expect warmer than normal temperatures.

Source: Anchorage Daily News.

Source: National Weather Service