Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion)

L’éruption débutée le 15 septembre 2018 se poursuit. L’intensité du tremor, après avoir nettement augmenté après le 3 octobre suite à la fermeture progressive du système d’alimentation (dyke et cône éruptif) est en baisse progressive depuis trois jours. Un phénomène de « gaz pistons » (émissions de bouffées de gaz) est toujours observé au niveau du site éruptif.

Une inflation de l’édifice est toujours enregistrée par les instruments, ainsi qu’une augmentation des concentrations de CO2 dans le sol dans le secteur du Gîte du Volcan. Les capteurs situés sur le pourtour de l’Enclos enregistrent toujours des émissions de SO2. Même si leurs concentrations sont 5 fois plus faibles qu’en début d’éruption, ces émissions confirment qu’il y a toujours du magma présent à basse pression.

Les observations effectuées le 8 octobre 2018 depuis le Piton de Bert et depuis les airs ont permis de localiser le front de coulée. Depuis le 30 septembre, le front nord a progressé de 1,8 km et se situait à 500 mètres des Grandes Pentes, les fronts sud et centraux n’ont pas bougé. Le front de coulée nord se situait à moins de 120 mètres du rempart Sud de l’Enclos Fouqué.

Source : OVPF.

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The eruption that started on September 15th, 2018 continues. The intensity of the tremor, after having significantly increased after October 3rd following the gradual closure of the feeding system (dyke and eruptive cone) has been gradually decreasing for three days. A phenomenon of « gas pistonning » (emissions of gas pulses) is still observed at the eruptive site.
Inflation of the volcanic edifice is still recorded by the instruments, as well as an increase in CO2 concentrations in the soil in the Cîte du Volcan area. Sensors on the perimeter of the Enclos still record SO2 emissions. Although their concentrations are 5 times lower than at the beginning of the eruption, these emissions confirm that there is still low pressure magma.
The observations made on October 8th, 2018 from Piton Bert and from the air have made it possible to locate the lava flow front. Since September 30th, the northern front has advanced 1.8 km and was 500 metres from the Grandes Pentes, the southern and central fronts have not moved. The northern flow front was less than 120 metres from the southern wall of the Enclos.
Source: OVPF.

Source: OVPF

L’hydrogène sulfuré (H2S) // Hydrogen sulfide (H2S)

L’hydrogène sulfuré (H2S) est un gaz très répandu en milieu volcanique et facilement reconnaissable avec son odeur d’œuf pourri. Sur le site Internet du Ministère du travail, on apprend qu’il se dégage des matières organiques en décomposition ou lors de l’utilisation du soufre et des sulfures dans l’industrie chimique. Étant plus lourd que l’air, il s’accumule dans les parties basses non ventilées…

Par leur profession, les personnes les plus touchées par l’hydrogène sulfuré sont, entre autres, les égoutiers, puisatiers, vidangeurs, ou encore les salariés des stations d’épuration.

L’hydrogène sulfuré est un gaz toxique qui pénètre par les voies respiratoires. Compte tenu de son caractère insidieux, l’exposition à ce gaz revêt souvent un caractère accidentel qui peut être fatal. Il peut être la cause d’intoxications aiguës accompagnées de troubles respiratoires, irritations oculaires, conjonctivites, vertiges, céphalées, œdème aigu du poumon, et pertes de connaissance. La mort peut être très rapide en cas de fortes inhalations (> 1000 ppm)

En conséquence, le Ministère du travail recommande une information et une formation régulière des salariés sur les risques encourus, en particulier sur les conditions d’exposition accidentelle, et sur les moyens de s’en prémunir. Il est recommandé d’utiliser des détecteurs de gaz fixes ou portatifs qui permettent d’avertir les salariés lorsque les seuils d’alerte sont atteints.

Il y a quelques semaines, j’ai écrit des notes à propos des problèmes occasionnés par les sargasses aux Antilles et en particulier à la Martinique où je me suis rendu en mars et août 2018. J’expliquais que cet afflux d’algues était une conséquence du réchauffement climatique et de la hausse de température des océans. Les conséquences de leur décomposition sur le littoral sont multiples et affectent plusieurs domaines. Les nuisances sont un problème pour les populations résidant sur les littoraux. L’hydrogène sulfuré attaque les peintures des maisons, ainsi que le matériel électronique et électrique. Plus grave, il y a des conséquences sanitaires. Beaucoup de personnes souffrent de vertiges. D’autres affections incluent des troubles respiratoires, des irritations oculaires, ainsi que des céphalées pouvant entraîner des pertes de connaissance.
En dehors de ces risques sanitaires qui touchent les populations locales, les conséquences sur le tourisme ne sont pas à négliger,de même que pour toutes les activités liées au tourisme (restauration en bord de mer, sports en mer, etc..). Par ailleurs, les conséquences sur la flore et la faune marine sont à prendre en compte. Si la masse d’algues est trop importante, elle étouffe toute vie marine car elle empêche le soleil d’entrer, et provoque des déserts marins. Elle pourrait donc affecter durablement la pêche en Martinique qui souffre déjà du problème de la pollution au chlordécone, un insecticide, utilisé pendant plus de vingt ans dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe et qui a empoisonné pour des siècles les écosystèmes antillais.

Ces derniers jours, une visiteuse de mon blog (âgée de 58 ans et en bonne forme physique) m’a fait part d’un problème de santé qu’elle a eu suite à la fréquentation des bains de boue sur l’île de Vulcano, dans les Eoliennes. Après s’être enduite de boue, elle est allée se rincer dans la mer, comme le font la plupart des touristes. Elle a rejoint deux amies autour des jacuzzi créés par les émissions de gaz (dont le CO2) près du littoral. C’est à ce moment qu’elle a commencé à faire un malaise, avec difficultés respiratoires, yeux  exorbités et perte d’audition. Elle a a pu alerter une amie qui l’a évacuée du lieu. Selon elle, « on imagine vite ce qui me serait arrivé sans son intervention : noyade après évanouissement. »

Comme je lui ai expliqué à cette personne, elle a fait une réaction aiguë à l’hydrogène sulfuré inhalé dans les bains de boue qui possèdent aussi des vertus thérapeutiques, en particulier pour les maladies de peau. Il y a quelques années, j’ai rédigé un mémoire pour le compte de L’Association Volcanologique Européenne où j’expliquais les propriétés de ces boues. Le problème, c’est que les panneaux n’avertissent pas suffisamment des risques d’une exposition trop longue au gaz et des accidents de ce type ont été recensés à plusieurs reprises.

A Vulcano, il faut également se méfier du dioxyde de soufre (SO2) qui est contenu dans les fumerolles du cratère. Un jour, j’ai dû redescendre sur mes épaules une jeune Hollandaise victime d’une violente crise d’asthme.

L’hydrogène sulfuré et le dioxyde de soufre sont des gaz odorants mais en milieu volcanique, il faut aussi se méfier du gaz carbonique (CO2) qui, à Vulcano, s’échappe en faible quantité des jacuzzi en bordure de plage. Comme il y a toujours du vent, il se disperse vite et ne présente pas de danger réel. Ce n’est pas le CO2 qui a pu provoquer une réaction aussi aiguë chez cette personne. Son entourage aurait été incommodé lui aussi.

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Hydrogen sulfide (H2S) is a very common gas in a volcanic environment and easily recognizable with its rotten egg smell. We can read on the website of the French Ministry of Labor, that H2S is coming out of the decomposing organic matter or the use of sulfur and sulphides in the chemical industry. Being heavier than air, it accumulates in unventilated low parts …
By their profession, the people most affected by hydrogen sulphide are, among others, the sewers, diggers, drainers, or employees of sewage treatment plants.
Hydrogen sulphide is a toxic gas that enters through the respiratory tract. Given its insidious nature, exposure to this gas is often accidental and can be fatal. It can be the cause of acute intoxications accompanied by respiratory disorders, eye irritations, conjunctivitis, vertigo, headache, acute pulmonary edema, and unconsciousness. Death can be very fast in case of strong inhalations (> 1000 ppm)
Consequently, the Ministry of Labor recommends regular information and training of employees on the risks involved, in particular on the conditions of accidental exposure, and on the means of guarding them. It is recommended that fixed or portable gas detectors be used to warn employees when alert thresholds are reached.

A few weeks ago, I wrote posts about the problems caused by sargassum in the West Indies and especially Martinique that I visited in March and August 2018. I explained that this influx of seaweed was a as a result of global warming and rising ocean temperatures. The consequences of their decomposition on the coastline are multiple and affect several areas. Nuisance is a problem for people living on the coast. Hydrogen sulphide attacks homes’ paints, as well as electronic and electrical equipment. More serious, there are health consequences. Many people suffer from vertigo. Other conditions include breathing problems, eye irritations, and headaches that can lead to unconsciousness.
Apart from these health risks that affect the local population, the consequences for tourism are not to be neglected, as for all activities related to tourism (catering by the sea, sports at sea, etc. ..). In addition, the consequences on marine flora and fauna must be taken into account. If the mass of algae is too large, it stifles all marine life because it prevents the sun from entering, and causes marine deserts. It could therefore have a lasting effect on fishing in Martinique, which is already suffering from the problem of pollution with Chlordecone, an insecticide used for over twenty years in banana plantations in Martinique and Guadeloupe, which has poisoned Antillean ecosystems for centuries.

In recent days, a visitor to my blog (58 years old and in good physical shape) told me about a health problem she encountered after attending the mud baths on the island of Vulcano , in the Aeolians. After being dirty with the mud, she went to rinse in the sea, as most tourists do. She joined two friends around the jacuzzi created by the gas emissions (including CO2) near the coast. It was at this moment that she began to feel unwell, with difficulty breathing, eyes bulging and hearing loss. She was able to alert a friend who evacuated her from the place. She said: « We can quickly imagine what would have happened to me without this help: drowning after fainting.  »
As I explained to this person, she made an acute reaction to inhaled hydrogen sulphide in the mud baths which also possess therapeutic virtues, especially for skin diseases. A few years ago, I wrote a memoir on behalf of the European Volcanological Association where I explained the properties of these muds. The problem is that the panels do not warn enough of the risks of too long exposure to gas and accidents of this type have been identified several times.
In Vulcano, one must also be wary of sulfur dioxide (SO2) which is contained in the fumaroles of the crater. One day, I had to bring down on my shoulders a young Dutch girl who was suffering from a violent asthma attack.
Hydrogen sulphide and sulfur dioxide are odorous gases but in volcanic environment, one must also be wary of carbon dioxide (CO2) which, in Vulcano, comes out in a small amount of the jacuzzis at the edge of the beach. As there is always wind, it disperses quickly and presents no real danger. It was not CO2 that could cause such an acute reaction in this person. The people around her would have been bothered too.

L’invasion de sargasses à la Martinique

Bains de boue et ‘jacuzzi’ sur l’île de Vulcano

Emissions gazeuses dans le cratère de la Fossa di Vulcano

(Photos: C. Grandpey)

 

Kilauea (Hawaii) : L’éruption est-elle terminée ? // Is the eruption over ?

Il va bien falloir que les scientifiques du HVO admettent un jour ou l’autre que l’éruption qui a débuté le 3 mai 2018 est maintenant terminée. Toutes les observations révèlent qu’il n’y a plus d’activité au sommet du Kilauea, sur le Pu’uO’o ou dans la Lower east Rift Zone. Le petit lac de lave au fond de la Fracture n° 8 a été aperçu pour la dernière fois le 25 août 2018 et le dernier ruisselet de lave entrant dans l’océan a été observé le 29 août 2018. L’incandescence est de moins en moins visible au fond du cône qui s’est édifié sur la Fracture n° 8. Comme je l’ai écrit auparavant, cette incandescence est probablement provoquée par de la lave résiduelle dans le réseau de tunnels et non par un nouveau magma.
De petits effondrements continuent de se produire dans le cratère du Pu’uO’O en générant des panaches de poussière. Les déformations dans l’ensemble de l’East Rift Zone sont beaucoup plus faibles que pendant la période d’activité éruptive majeure. Il n’y a pas de changement dans la sismicité.
La sismicité et la déformation du sol restent faibles au sommet du Kilauea. Il n’y a aucune indication d’effondrement. Des répliques du séisme de magnitude 6,9 ​​survenu au début du mois de mai sont encore enregistrées au niveau des failles sur le flanc sud du Kilauea.
Les émissions de SO2 dans la zone sommitale, sur le Pu’uO’o et sur la Lower East Rift Zone sont très faibles et souvent inférieures au seuil de détection des appareils de mesure.
Le HVO indique qu’il continue de surveiller étroitement la sismicité, la déformation et les émissions de gaz du Kilauea et guette tout signe de réactivation de l’éruption. Les scientifiques font remarquer que, dans le passé, d’autres éruptions ont repris du service après quelques jours ou quelques semaines de pause, mais tous les paramètres susmentionnés ne favorisent pas une telle hypothèse. Comme disent les Anglo-saxons, il faut attendre pour voir, mais il y a de fortes chances pour que l’éruption du Kilauea soit terminée.
Source: HVO.
Je comprends l’espoir des scientifiques du HVO de voir l’éruption reprendre du poil de la bête. Ils avaient prédit une éruption qui pourrait durer des mois et même un an. Le problème est que Madame Pele en a décidé autrement et l’a fait cesser rapidement. Malgré le grand nombre d’instruments répartis sur tout le Kilauea, les volcanologues se sont trompés et ils ont du mal à l’admettre!

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HVO scientists will have to admit some day or other that the eruption that started on May 3rd, 2018 has come to an end. All observations reveal there is no more activity either at the summit or on Pu’uO’o or on the Lower East Rift Zone. The small lava pond at the bottom of Fissure 8  was last seen on August 25th, 2018 and lava was oozing for the last time into the ocean on August 29th, 2018. Incandescence is less and less visible at the bottom of the cone built on Fissure 8. As I put it before, this glow is probably caused by some residual lava in the tube network, and not by new magma.

Small collapses continue to occur within the Pu’uO’o crater, generating dust plumes. Rates of tilting throughout the East Rift Zone are much lower than those observed during the period of major eruptive activity. There is no change in seismicity.
Seismicity and ground deformation remain low at the summit of Kilauea. There is no indication of actual collapse. Aftershocks from the M 6.9 earthquake in early May are still being generated on faults located on Kilauea’s South Flank.
SO2 emission rates at the summit, Pu’uO’o, and Lower East Rift Zone are drastically reduced and are often below the detection threshold of the measurement technique.
HVO indicates it continues to closely monitor Kilauea’s seismicity, deformation, and gas emissions for any sign of reactivation of the eruption. They said that in the past other eruptions reactivated after a few days or a few weeks, but all the above-mentioned parameters do not favour such a hypothesis. Wait and see, but the odds are that Kilauea’s eruption is over.

Source: HVO.

I can understand HVO scientists would be glad to see the eruption start over again. They had predicted an eruption that could last months and even a year. The problem is that Madame Pele decided otherwise and made it stop rapidly. Despite the great number of instruments disseminated all over Kilauea, they made a wrong prediction and find it difficult to admit it!

Crédit photo: USGS / HVO

Kilauea (Hawaii): Simple feu de paille ou reprise de l’éruption? // A simple flash in the pan, or a new start of the eruption?

Selon le dernier bulletin du HVO publié le dimanche 2 septembre 2018, de l’incandescence a de nouveau été observée le 1er septembre dans l’après-midi au fond de la Fracture n°8 et cette activité s’est poursuivie jusqu’en début de soirée. Cependant, dans la matinée du 2 septembre, il a été signalé que le cône ne présentait plus d’activité, sans émission visible de gaz.
La sismicité reste faible et la déformation du sol est négligeable au sommet du Kilauea. Les émissions de SO2 au sommet, dans la zone du Pu’uO’o et dans la Lower East Rift Zone sont infimes et souvent trop faibles pour être mesurés.
Comme je l’ai écrit précédemment, la lave que l’on voit occasionnellement dans Fracture n°8 est probablement de la lave résiduelle de l’ancienne éruption, plutôt que de la lave annonçant une reprise de l’éruption, comme le suggèrent les géologues du HVO. Tant que la sismicité et la déformation du sol seront négligeables, un tel événement semble fortement improbable.
Source: HVO.

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According to HVO’s latest updaate released on Sunday, September 2nd, 2018, some incandescence was again observed in the fissure 8 cone on Sunday afternoon, an this activity extended into early evening. However, in the morningnof September 3rd, there were reports thatt the fissure 8 cone was quiet, with no visible fume.
Seismicity remains low and ground deformation is negligible at the summit of Kilauea. SO2 emission rates at the summit, Pu’uO’o, and Lower East Rift Zone are drastically reduced and often too low to measure.
As I put it before, the lava that is occasionally seen in Fissure is probably some residual lava from the eruption, rather than lava heralding a reprieve of the eruption, as suggested by HVO geologists. As long as seismicity and ground deformation are negligible, such an event seems highly unlikely.
Source: HVO.

Le fond de la Fracture n° 8 le 1er septembre 2018 (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Fin de l’éruption ? // End of the eruption ?

À en juger par le ton des derniers bulletins du HVO, il semble que les scientifiques américains soient à la fois perplexes et déçus par la situation sur le Kilauea. Ils s’attendaient à une éruption longue, qui pourrait durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et ils se trouvent confrontés à un événement qui s’achève relativement rapidement. Il est clair qu’ils ont mal apprécié la situation. Même les Américains peuvent se tromper!
Les dernières observations montrent que l’activité éruptive a cessé sur le volcan. On n’observe plus d’incandescence à l’intérieur du cône de la Fracture n° 8, et plus aucune lave ne pénètre dans l’océan. Des quantités négligeables de gaz, principalement de la vapeur, sortent de la paroi nord du cône de la Fracture n° 8 et de certains secteurs de la Lower East Rift Zone (LERZ). Les parois intérieures du cône et du chenal de lave ont tendance à s’affaisser. Le cône mesure une cinquantaine de mètres de hauteur. .
Le sommet de Kilauea est calme, sans effondrement, depuis le 2 août 2018. La sismicité reste faible et la déformation du sol est négligeable. Les émissions de SO2 au sommet et le long de la LERZ ont considérablement diminué et sont souvent trop faibles pour pouvoir être mesurées. .
A mes yeux, la fin de l’éruption n’est pas une surprise. Comme je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, son déclin a été très progressif : 1) réduction puis fin des fontaines de lave dans la Fracture n° 8 ; 2) diminution du débit de lave dans le chenal vers la mer ; 3) ralentissement de l’affaissement de la caldeira sommitale;  4) réduction de l’entrée de lave dans l’océan, puis 5) fin complète de l’éruption.

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Judging from the tone of the latest HVO bulletins, it seems US scientists are both puzzled and disappointed with the situation on Kilauea Volcano. They had expected an eruption that might last more weeks or months and that is rapidly coming to an end. It is clear they were mistaken in their diagnosis. Even the Americans can be wrong!

The latest observations show that activity has stopped on the volcano. No more incandescence is visible in the Fissure 8 cone, and no more lava is entering the ocean. Minor amounts of gases, primarily steam, are rising from the north wall of the Fissure 8 cinder cone and from areas along the Lower East Rift Zone. The interior walls of the cone and lava channel are slumping downward and inward. The cinder cone is about 50 metres high.  .

The summit of Kilauea has remained quiet, with no collapse events since August 2nd, 2018. Seismicity remains low and ground deformation is negligible. SO2 emissions at both the summit and LERZ are drastically reduced and often too low to be measured. .

The end of the eruption is no surprise to me. As I have written it several times, the decline of the eruption was very progressive with 1) the reduction and the end of lava fountains in Fissure 8, then 2) the decrease in lava output in the lava channel to the ocean, together with 3) the slowing of the slumping of the summit caldera;  then 4) the reduction of the lava entry; then 5) the complete end of the eruption.

Plus aucun signe d’activité au fond de la Fracture n°8 (Crédit photo: USGS / HVO)

Kilauea (Hawaii): Pas d’effet de l’ouragan Lane sur le volcan // No effect of Hurricale Lane on the volcano

La tempête tropicale Lane s’est éloignée vers l’ouest, loin de la Grande Ile d’Hawaï où les inondations ont été sévères. Comme on pouvait s’y attendre, l’ouragan a eu peu d’effet sur l’éruption, à l’exception de quelques chutes de pierres au sommet et d’une augmentation des émissions de vapeur au niveau des bouches actives du Pu’uO’o et sur la Lower East Rift Zone (LERZ). Cependant, le HVO a perdu la communication avec plusieurs stations de surveillance dans la partie est de l’île, mais la capacité de l’observatoire à évaluer les conditions volcaniques n’a été que faiblement affectée..
La sismicité et la déformation du sol sont négligeables au sommet du Kilauea. Dans la LERZ, on aperçoit parfois une petite accumulation de lave au fond de la Fracture n° 8. On observe encore quelques petites entrées de lave dans l’océan et quelques petits panaches de brume volcanique. Les émissions de SO2 au sommet et sur la LERZ sont très faibles, avec une quantité totale inférieure à ce qu’elle était )à la fin de l’année 2007. Les émissions de SO2 de la LERZ sont trop faibles pour pouvoir être mesurées.
Source: USGS / HVO.

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Tropical Storm Lane is moving to the west away from the Island of Hawaii where flooding remains a problem. As could be predicted, the hurricane has had little effect on the eruption aside from minor rockfalls at the summit and increased steaming from Pu’uO’o and LERZ vents. However, HVO lost communication with several monitoring stations on the east side of the island, but the losses only slightly reduced the Observatory’s ability to assess volcanic conditions.
Seismicity and ground deformation are negligible at the summit of Kilauea. On the Lower East Rift Zone (LERZ), a small lava pond can occasionally be seen deep within the fissure 8 cone. A few ocean entries are still oozing lava and laze plumes are minimal. SO2 emission rates at both the summit and LERZ are drastically reduced; the combined rate is lower than at any time since late 2007. The SO2 emissions from the LERZ are too low to measure.
Source: USGS / HVO.

Encore un peu d’incandescence au fond de la Fracture n° 8 (Crédit photo: USGS / HVO)

Le soufre du Kilauea (Hawaii) // The sulfur of Kilauea Volcano (Hawaii)

Le soufre est un élément chimique très répandu sur les volcans actifs où on peut le trouver sous différentes formes.
Pour de nombreux Hawaiiens, le premier contact avec les éruptions du Kilauea se fait par le « vog », raccourci pour « volcanic fog », autrement dit « brouillard volcanique », un mélange de dioxyde de soufre et de particules de sulfates. Cependant, sur le Kilauea, le soufre ne se limite pas aux composants du « vog ».

Le dioxyde de soufre (SO2) et le «vog»: Le «vog» affecte les îles hawaïennes depuis la nuit des temps, depuis que les masses des îles ont percé la surface de l’océan, ce qui a permis aux gaz volcaniques de se répandre directement dans l’atmosphère. Lorsque le magma monte vers la surface, la diminution de la pression sur la roche fondue entraîne la dissolution de soufre et d’autres éléments volatils qui vont former divers gaz. Lorsque le magma atteint une faible profondeur, le soufre dissous forme principalement du SO2. Une fois émis dans l’air, le SO2 réagit avec l’oxygène, l’humidité atmosphérique, la lumière du soleil et d’autres gaz et particules pour créer le «vog» qui est emporté par les alizés.

Le dioxyde de soufre (SO2) et l’éruption: Avec l’éruption dans la Lower East Rift Zone (LERZ) et l’affaissement du sommet du Kilauea, les émissions de SO2 ont considérablement augmenté. Leurs niveaux sont maintenant trois à sept fois plus élevés qu’avant le début de l’éruption en cours. La plus grande partie du SO2 émis sur la LERZ est émise lorsque la lave sort des fractures actives, bien qu’une partie du SO2 soit également émise par les coulées de lave et l’entrée de cette dernière dans l’océan.
Les fortes émissions de gaz dans la LERZ, principalement au niveau de la Fracture n° 8, ont entraîné une augmentation du «vog» et une mauvaise qualité de l’air en aval des bouches actives. Lorsque soufflent les alizés, le ‘vog’ est envoyé vers le sud et l’ouest, d’abord à travers le district de Puna, puis vers le district de Ka’u et le long de la côte de Kona, avant d’être emporté vers le large. Sous certaines conditions de vent, le ‘vog’ peut atteindre le sommet du Mauna Kea et traverser l’Océan Pacifique jusqu’à Guam, à environ 6 500 kilomètres du Kilauea.

Le sulfure d’hydrogène (H2S): Lorsque SO2 provenant du magma peu profond interagit avec les eaux souterraines, le SO2 se dissout et peut être réémis sous forme de sulfure d’hydrogène (H2S). Ce processus produit l’odeur d’œuf pourri observée sur les sites hydrothermaux tels que les Sulfur Banks dans le Parc National des Volcans. Le nez de l’Homme est très sensible au H2S, et la plupart des gens détectent son odeur d’œuf pourri à des concentrations dix mille fois plus faibles que les niveaux considérés comme dangereux pour la santé.

Le soufre natif: Le soufre est également stable sous sa forme élémentaire, connue sous le nom de «soufre natif». Cette forme de soufre présente une structure cristalline de couleur jaune. Sur le Kilauea, on trouve du soufre natif auprès des fumerolles volcaniques, telles que les Sulfur Banks, où sont émis aussi bien du SO2 et que du H2S.
Le soufre natif, formé à partir d’une réaction chimique (SO2 + 2H2S = 3S + 2H2O), n’est stable à l’état solide qu’à des températures relativement basses en milieu volcanique et inférieures à 115° C. Au-dessus de cette température, le soufre fond, formant un liquide de couleur orange vif. Un bon endroit pour observer ce liquide orange est le cratère du volcan Kawah Ijen sur l’île de Java en Indonésie. À l’intérieur du cratère, le soufre natif est extrait dans des conditions très difficiles et malsaines. À des températures plus élevées (près de 200° C), le soufre fondu prend des nuances de rouge très spectaculaires. Si la température approche les 450° C et que l’oxygène atmosphérique est présent, le soufre natif brûle et forme du dioxyde de soufre (S + O2 = SO2).
Source: HVO.

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Sulfur is a widespread chemical element on active volcanoes where it can be found in different forms.

For many Hawaii residents, interaction with Kilauea Volcano’s eruptions is through “vog” short for “volcanic fog” a hazy mixture of sulfur dioxide gas and sulfate particles. However, sulfur on Kilauea is not limited to vog components.

Sulfur is an exceptional element in that its atoms have a range of electron configurations (commonly referred to as oxidation states). This results in spectacularly diverse forms of sulfur, many of which are found on Kilauea, some of which are described here below.

Sulfur dioxide (SO2) and ‘vog’: ‘Vog’ has impacted the Hawaiian Islands ever since island landmasses rose above the ocean’s surface, which allowed volcanic gases to be released directly into the atmosphere. As magma rises toward the surface, decreasing pressure on the molten rock causes dissolved sulfur and other volatile elements to form various gases. When magma reaches shallow depths, dissolved sulfur primarily forms SO2 gas. Once emitted into the air, SO2 reacts with oxygen, atmospheric moisture, sunlight, and other gases and particles to create the ‘vog’ that is blown by thr trade winds.

Sulfur dioxide (SO2) and the eruption: With Kilauea’s ongoing eruption in the Lower East Rift Zone (LERZ) and continued summit subsidence, SO2 emissions from the volcano have increased substantially. Their levels are now three to seven times higher than before the current activity began. Most of the SO2 released on the LERZ is produced as lava is erupted from the active fissures, although some SO2 is also emitted from the lava flows and ocean entry.

High gas emissions from the LERZ, primarily Fissure 8, have resulted in increased ‘vog’ and poor air quality downwind of the active vents. During typical trade winds, ‘vog’ is carried south and west across the Puna District, then on toward Ka’u and along the Kona coast, before being blown farther offshore. During certain wind conditions, ‘vog’ has reached the summit of Mauna Kea and stretched across the Pacific as far away as Guam, about 6,500 kilometres from Kilauea.

Hydrogen sulfide (H2S): When SO2 gas from shallow magma interacts with groundwater, the SO2 dissolves and can be re-emitted as hydrogen sulfide gas (H2S). This process produces the rotten egg scent noted at hydrothermal features such as Sulphur Banks in Hawai‘i Volcanoes National Park. Human noses are highly sensitive to H2S, and most people can detect its rotten egg smell at concentrations about ten thousand times lower than levels considered to be hazardous to health.

Native Sulfur: Sulfur is also stable in its elemental form, known as “native sulfur.” This form of sulfur is a yellow crystalline solid. At Kīlauea, native sulfur is found at volcanic fumaroles, such as Sulphur Banks, where both SO2 and H2S gases are emitted.

Native sulfur, formed from a chemical reaction (SO2 + 2H2S = 3S + 2H2O), is stable in solid form only at relatively low volcanic temperatures of less than 115°C. Above this temperature, sulfur melts, forming a vivid orange liquid. A typical place to observe this orange liquid is the crater of Kawah Ijen Volcano on the island of Java in Indonesia. Inside the crater, native sulfur is extracted in very difficult and unhealthy conditions. At hotter temperatures (near 200°C), molten sulfur turns dramatic shades of red. If temperatures approach 450° C and atmospheric oxygen is present, native sulfur burns, forming sulfur dioxide (S + O2 = SO2).

Source: HVO.

Naissance du « vog » dans le cratère de l’Halema’uma’u

Soufre des Sulfur Banks dans le Parc National des Volcans d’Hawaii

Concrétion de soufre sur l’île de Vulcano (Sicile)

Draperie de soufre sur le Kawah Ijen (Indonésie)

Photos: C. Grandpey