Le soufre du Kilauea (Hawaii) // The sulfur of Kilauea Volcano (Hawaii)

Le soufre est un élément chimique très répandu sur les volcans actifs où on peut le trouver sous différentes formes.
Pour de nombreux Hawaiiens, le premier contact avec les éruptions du Kilauea se fait par le « vog », raccourci pour « volcanic fog », autrement dit « brouillard volcanique », un mélange de dioxyde de soufre et de particules de sulfates. Cependant, sur le Kilauea, le soufre ne se limite pas aux composants du « vog ».

Le dioxyde de soufre (SO2) et le «vog»: Le «vog» affecte les îles hawaïennes depuis la nuit des temps, depuis que les masses des îles ont percé la surface de l’océan, ce qui a permis aux gaz volcaniques de se répandre directement dans l’atmosphère. Lorsque le magma monte vers la surface, la diminution de la pression sur la roche fondue entraîne la dissolution de soufre et d’autres éléments volatils qui vont former divers gaz. Lorsque le magma atteint une faible profondeur, le soufre dissous forme principalement du SO2. Une fois émis dans l’air, le SO2 réagit avec l’oxygène, l’humidité atmosphérique, la lumière du soleil et d’autres gaz et particules pour créer le «vog» qui est emporté par les alizés.

Le dioxyde de soufre (SO2) et l’éruption: Avec l’éruption dans la Lower East Rift Zone (LERZ) et l’affaissement du sommet du Kilauea, les émissions de SO2 ont considérablement augmenté. Leurs niveaux sont maintenant trois à sept fois plus élevés qu’avant le début de l’éruption en cours. La plus grande partie du SO2 émis sur la LERZ est émise lorsque la lave sort des fractures actives, bien qu’une partie du SO2 soit également émise par les coulées de lave et l’entrée de cette dernière dans l’océan.
Les fortes émissions de gaz dans la LERZ, principalement au niveau de la Fracture n° 8, ont entraîné une augmentation du «vog» et une mauvaise qualité de l’air en aval des bouches actives. Lorsque soufflent les alizés, le ‘vog’ est envoyé vers le sud et l’ouest, d’abord à travers le district de Puna, puis vers le district de Ka’u et le long de la côte de Kona, avant d’être emporté vers le large. Sous certaines conditions de vent, le ‘vog’ peut atteindre le sommet du Mauna Kea et traverser l’Océan Pacifique jusqu’à Guam, à environ 6 500 kilomètres du Kilauea.

Le sulfure d’hydrogène (H2S): Lorsque SO2 provenant du magma peu profond interagit avec les eaux souterraines, le SO2 se dissout et peut être réémis sous forme de sulfure d’hydrogène (H2S). Ce processus produit l’odeur d’œuf pourri observée sur les sites hydrothermaux tels que les Sulfur Banks dans le Parc National des Volcans. Le nez de l’Homme est très sensible au H2S, et la plupart des gens détectent son odeur d’œuf pourri à des concentrations dix mille fois plus faibles que les niveaux considérés comme dangereux pour la santé.

Le soufre natif: Le soufre est également stable sous sa forme élémentaire, connue sous le nom de «soufre natif». Cette forme de soufre présente une structure cristalline de couleur jaune. Sur le Kilauea, on trouve du soufre natif auprès des fumerolles volcaniques, telles que les Sulfur Banks, où sont émis aussi bien du SO2 et que du H2S.
Le soufre natif, formé à partir d’une réaction chimique (SO2 + 2H2S = 3S + 2H2O), n’est stable à l’état solide qu’à des températures relativement basses en milieu volcanique et inférieures à 115° C. Au-dessus de cette température, le soufre fond, formant un liquide de couleur orange vif. Un bon endroit pour observer ce liquide orange est le cratère du volcan Kawah Ijen sur l’île de Java en Indonésie. À l’intérieur du cratère, le soufre natif est extrait dans des conditions très difficiles et malsaines. À des températures plus élevées (près de 200° C), le soufre fondu prend des nuances de rouge très spectaculaires. Si la température approche les 450° C et que l’oxygène atmosphérique est présent, le soufre natif brûle et forme du dioxyde de soufre (S + O2 = SO2).
Source: HVO.

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Sulfur is a widespread chemical element on active volcanoes where it can be found in different forms.

For many Hawaii residents, interaction with Kilauea Volcano’s eruptions is through “vog” short for “volcanic fog” a hazy mixture of sulfur dioxide gas and sulfate particles. However, sulfur on Kilauea is not limited to vog components.

Sulfur is an exceptional element in that its atoms have a range of electron configurations (commonly referred to as oxidation states). This results in spectacularly diverse forms of sulfur, many of which are found on Kilauea, some of which are described here below.

Sulfur dioxide (SO2) and ‘vog’: ‘Vog’ has impacted the Hawaiian Islands ever since island landmasses rose above the ocean’s surface, which allowed volcanic gases to be released directly into the atmosphere. As magma rises toward the surface, decreasing pressure on the molten rock causes dissolved sulfur and other volatile elements to form various gases. When magma reaches shallow depths, dissolved sulfur primarily forms SO2 gas. Once emitted into the air, SO2 reacts with oxygen, atmospheric moisture, sunlight, and other gases and particles to create the ‘vog’ that is blown by thr trade winds.

Sulfur dioxide (SO2) and the eruption: With Kilauea’s ongoing eruption in the Lower East Rift Zone (LERZ) and continued summit subsidence, SO2 emissions from the volcano have increased substantially. Their levels are now three to seven times higher than before the current activity began. Most of the SO2 released on the LERZ is produced as lava is erupted from the active fissures, although some SO2 is also emitted from the lava flows and ocean entry.

High gas emissions from the LERZ, primarily Fissure 8, have resulted in increased ‘vog’ and poor air quality downwind of the active vents. During typical trade winds, ‘vog’ is carried south and west across the Puna District, then on toward Ka’u and along the Kona coast, before being blown farther offshore. During certain wind conditions, ‘vog’ has reached the summit of Mauna Kea and stretched across the Pacific as far away as Guam, about 6,500 kilometres from Kilauea.

Hydrogen sulfide (H2S): When SO2 gas from shallow magma interacts with groundwater, the SO2 dissolves and can be re-emitted as hydrogen sulfide gas (H2S). This process produces the rotten egg scent noted at hydrothermal features such as Sulphur Banks in Hawai‘i Volcanoes National Park. Human noses are highly sensitive to H2S, and most people can detect its rotten egg smell at concentrations about ten thousand times lower than levels considered to be hazardous to health.

Native Sulfur: Sulfur is also stable in its elemental form, known as “native sulfur.” This form of sulfur is a yellow crystalline solid. At Kīlauea, native sulfur is found at volcanic fumaroles, such as Sulphur Banks, where both SO2 and H2S gases are emitted.

Native sulfur, formed from a chemical reaction (SO2 + 2H2S = 3S + 2H2O), is stable in solid form only at relatively low volcanic temperatures of less than 115°C. Above this temperature, sulfur melts, forming a vivid orange liquid. A typical place to observe this orange liquid is the crater of Kawah Ijen Volcano on the island of Java in Indonesia. Inside the crater, native sulfur is extracted in very difficult and unhealthy conditions. At hotter temperatures (near 200°C), molten sulfur turns dramatic shades of red. If temperatures approach 450° C and atmospheric oxygen is present, native sulfur burns, forming sulfur dioxide (S + O2 = SO2).

Source: HVO.

Naissance du « vog » dans le cratère de l’Halema’uma’u

Soufre des Sulfur Banks dans le Parc National des Volcans d’Hawaii

Concrétion de soufre sur l’île de Vulcano (Sicile)

Draperie de soufre sur le Kawah Ijen (Indonésie)

Photos: C. Grandpey

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Kilauea (Hawaii): L’éruption reste intense // The eruption is still intense

En ce jour de Fête nationale aux Etats Unis, l’éruption se poursuit sans relâche dans la Lower East Rift Zone. La lave a détruit sept autres maisons le 2 juillet à Kapoho. Selon la Protection Civile, trois ou quatre autres devaient disparaître le 3 juillet. Le nombre officiel de maisons détruites reste à 668, mais le nombre réel est plus élevé. Le décompte officiel est en cours de mise à jour. .
La Fracture n° 8 reste active. La lave avance en grande quantité et à grande vitesse dans le chenal, tandis que le front de coulée s’étale sur une grande largeur le long du littoral. La Fracture n° 22 reste également active mais la coulée qui s’en échappe ne présente pas de risque.
Les services météorologiques ont indiqué qu’il y avait eu environ 1 200 impacts de foudre entre 7 h et 14 h. au cours d’un orage survenu le 2 juillet. Selon le National Weather Service, le phénomène a été provoqué par «la combinaison d’absence de vent, l’humidité des panaches de brume volcanique, un système de basse pression en altitude et la source de chaleur créée par la lave.» Les impacts étaient concentrés presque directement sur la Fracture n°8 et ils ont ensuite suivi l’écoulement de la lave jusqu’à. Kapoho. C’est un phénomène encore jamais observé. »
Il y a une contradiction dans les informations données par USGS et celles communiquées par le HVO à propos des émissions de SO2 au sommet du Kilauea. D’une part, l’USGS indique que «les concentrations de SO2 semblent augmenter [avec] des émissions de 35 000 à 40 000 tonnes, soit dix fois plus qu’en avril. Les émissions dans la Lower East Rift Zone sont également très élevées. [On pense] que l’augmentation de SO2 est directement proportionnelle à l’intensité de l’éruption et à la vitesse d’affaissement du sommet. » De son côté, le HVO indique dans sa dernière mise à jour (4 juillet 2018) que « les émissions de dioxyde de soufre au sommet du volcan ont chuté à des niveaux qui sont environ la moitié de ceux mesurés avant le début de l’éruption actuelle. » Attendons les prochains bulletins pour voir qui a raison. Les concentrations de SO2 sont très importantes car elles sont liées à l’intensité de l’activité éruptive et au débit de la lave.
Source : Protection Civile, USGS, HVO.

NB: Une correction a été apportée par l’USGS qui précise que les concentrations de 35 000 à 40 000 tonnes de SO2 concernent l’East Rift Zone, pas le sommet. L’USGS s’excuse pour cette confusion.

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It is Independence Day in the U.S. today, but the eruption is going on unabatedly in the Lower East Rift Zone and lava destroyed seven homes on July 2nd in Kapoho. According to Civil Defense, three or four more were expected to be lost to the flow on July 3rd. The official tally of homes destroyed by lava remains at 668. The actual number of homes lost is higher, and the official count is being updates. .

Fissure No. 8 remains quite active. Lava is profusely and rapidly travelling in the channel and the flow front is producing a broad entry along the shoreline. Fissure No. 22 also remains active with a very small and harmless flow.

The National Weather Service (NWS) has indicated there were about 1,200 lightning strikes between 7 a.m. and 2 p.m. during a thunderstorm that occurred on July 2nd. According to NWS, it was caused by “a combination of no wind, moisture from laze plumes, low pressure aloft and a heat source from the lava.” The lighting strikes were focused almost directly over fissure 8 and they followed the lava track down to Kapoho. It was a phenomenon never observed before.”

There is a contradiction in the information given by USGS and HVO about the SO2 emissions at the summit. On the one hand, USGS indicates that “the rates of SO2 seem to be increasing [with] emissions of 35,000 to 40,000 tons, which is 10 times what it was in April. Emissions in the Lower East Rift Zone are at a quite high level, as well. [It is believed] that the increase of SO2 is directly proportional to the eruption level and to the subsidence rates at the summit.” On the other hand, HVO indicates in its latest update (July 4th, 2018) that “sulfur dioxide emissions from the volcano’s summit have dropped to levels that are about half those measured prior to the onset of the current episode of eruptive activity.”  Let’s wait for the next bulletins to see who is right. SO2 rates are very important as they are linked to the intensity of eruptive activity and the lava output.

Source: Civil Defense, USGS, HVO.

N.B.: USGS has apologized for its error. The very high SO2 concentrations concern the East Rift Zone, not the summit. HVO figures are right. .

Crédit photo: USGS

Kilauea (Hawaii) : Le cratère de l’Halema’uma’u // Halema’uma’u Crater

Le cratère de l’Halema’uma’u a subi des changements très profonds depuis le début de l’éruption dans la Lower East Rift Zone. Le lac de lave à l’intérieur de l’Overlook Crater a maintenant complètement disparu. On observe fréquemment des effondrements des parois internes de la bouche. La zone sommitale du Kilauea s’affaisse, en raison de l’évacuation du magma vers l’East Rift Zone. Cela confirme que la source de l’éruption actuelle se trouve sous le sommet du Kilauea et non sous le Pu’uO’o qui semble avoir cessé définitivement toute activité. Le HVO indique que la partie occidentale de l’Halema’uma’u est en train de s’affaisser vers le centre du cratère et de nouvelles fractures sont également en formation sur le plancher dans cette même partie ouest.

Remarque personnelle: La situation doit être contrôlée attentivement car un effondrement majeur de l’ensemble du plancher de l’Halema’uma’u ne saurait être exclue.

L’activité sismique est fluctuante et de petites explosions sont parfois observées. On peut raisonnablement penser que ces explosions sont provoquées par la libération des gaz qui s’accumulent sous les matériaux au fond de  l’Overlook Crater.

Remarque personnelle: Comme je l’ai indiqué précédemment, cette obturation de l’Overlook Crater par des accumulations de matériaux me rappelle la situation de la Bocca Nuova de l’Etna en 1979. Le cratère était lui aussi rempli de matériaux et une violente explosion provoquée par la libération brutale des gaz avait tué 7 touristes qui se trouvaient à proximité.

Les émissions de SO2 ont diminué, mais demeurent suffisamment élevées pour avoir une incidence sur la qualité de l’air dans les régions sous le vent. La plupart du temps, l’Halema’uma’u émet des panaches de gaz et de vapeur, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous.
Source: HVO.

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Halema’uma’u Crater has undergone very deep changes since the start of the eruption in the Lower East Rift Zone. The lava lake in the Overlook Crater has now completely disappeared. Collapses of the inner walls of the vent are frequently observed. The summit area of the volcano is subsiding, due to the withdrawal of magma to the East Rift Zone. This confirms that the source of the eruption is the summit of Kilauea, and not Pu’uO’o which seems to be definitely inactive. . HVO indicates that the western portion of Halema’uma’u has moved down and toward the centre of the crater as new cracks form on the caldera floor to the west.

Personal remark: The situation should be closely monitored as a huge collapse of the whole Halema’uma’u crater floor cannot be excluded.

Earthquake activity is fluctuating and small explosions are occasionally observed. One may reasonably think that these explosions are caused by the release of the gases that are accumulating below the debris within the Overlook vent.

Personal remark: As I put it before, the clogging of the Overlook Crater with an accumulation of materials reminds me of the situation on Mt Etna’s Bocca Nuova in 1979. A violente explosion triggered by the sudden release of gases killed 7 tourists who were standing nearby.

SO2 emissions have decreased but emission rates remain high enough to impact air quality in downwind regions. Most of the time, Halema’uma’u is emitting gas and steam plumes, as can be seen in the photo below.

Source: HVO.

Crédit photo: USGS / HVO

Sabancaya (Pérou / Peru)

L’activité du volcan péruvien est relativement stable, avec toutefois quelques variations au gré du temps. On observe en moyenne une trentaine d’explosions par jour, avec des panaches de cendre qui montent au maximum à 4000 mètres au-dessus du cratère. Les émissions de SO2 oscillent entre 2000 et 2500 tonnes par jour, avec un maximum de 5500 tonnes le 30 mai. Le tableau ci-dessous montre l’évolution des différents paramètres de mesures.

Source : INGEMMET.

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Activity at the Peruvian volcano is relatively stable, with some fluctuations over time. On average, one observes about 30 explosions a day, with ash plumes rising at most 4,000 metres above the crater. SO2 emissions are ranging from 2,000 to 2,500 tons per day, with a maximum of 5,500 tons on May 30th. The graphs below show the evolution of the different parameters.
Source: INGEMMET.

Source: IGP / INGEMMET

Le « vog » du Kilauea perturbe la vie jusqu’à Kona // Kilauea’s « vog » disturbs life as far as Kona

Le Hualalai est le volcan le plus proche de Kona dans l’ouest de la Grande Ile d’Hawaï mais il est inactif en ce moment. Malgré cette inactivité, la ville est enveloppée d’un voile de vog, ou brouillard volcanique, produit par l’éruption du Kilauea dans la Lower East Rift Zone. En conséquence, la qualité de l’air a atteint un niveau «malsain» dans la région de Kona.
Selon les services sanitaires, Kona a connu une journée «rouge» le 29 mai 2018. Depuis l’installation d’un capteur de qualité de l’air à Kona en 2009, les autorités disent que c’est la première fois que la région de West Hawaii atteint un niveau « malsain » qui signifie que la population peut commencer à ressentir des effets sur la santé et que les personnes sensibles peuvent être davantage incommodées.
Depuis le début de l’éruption le 3 mai, la condition de l’air est devenue préoccupante dans les districts de Puna et de Ka’u à cause des gaz nocifs et des nuages de cendre. Maintenant, c’est au tour de la région de West Hawaii d’être envahie par le vog.
Selon le Département des Sciences de l’Atmosphère de l’Université d’Hawaï, 2 500 tonnes d’émissions gazeuses étaient enregistrées quotidiennement dans l’atmosphère avant l’activité volcanique de ce mois-ci. Depuis le 3 mai, ce chiffre est passé à 35 000 ou 40 000 tonnes. Malgré le fait que les concentrations chutent rapidement loin de sa source, Kona reçoit en ce moment 15 à 20 fois la quantité normale de gaz.
La fluctuation de la concentration de gaz est liée aux conditions météorologiques. Un léger changement de direction ou de vitesse du vent peut faire varier considérablement les concentrations de SO2 dans l’air et il n’est pas impossible que l’île d’Oahu soit, elle aussi, affectée par le vog.
Les instruments mesurent deux types de particules: les PM2,5 et les PM10, qui dépendent de la taille des particules. Les PM2.5 sont contenues dans la brume ou la fumée, tandis que les PM10 sont des particules plus grosses dans les nuages de cendre ou de poussière.
La qualité de l’air à Kona au cours de la semaine dernière a été particulièrement médiocre et beaucoup de gens qui ne sont généralement pas gênés par le vog en ressentent les effets en ce moment. Les services sanitaires sont en train de recenser les sites propices à l’installation de capteurs de particules à Kona. Ils essayent aussi de trouver des solutions pour alerter la population les jours où la qualité de l’air est mauvaise.
Les participants à plusieurs événements sportifs comme la course de qualification à l’ Ironman 70.3 ou la King Kamehameha Day Regatta  qui auront lieu dans les prochaines semaines sont inquiets.
Les récits de la situation à Hawaii dans les médias ont eu un impact négatif sur l’île, en particulier quand il s’est dit que les navires de croisière comme Pride of America avaient annulé les escales à Hilo et à Kona.
Source: Presse hawaiienne.

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Hualalai is the nearest volcano to Kona in West Hawaii but it is inactive at the moment. Despite this inactivity, the town is covered with a shroud of vog, or volcanic fog, produced by the current Kilauea eruption in the Lower East Rift Zone. As a consequence, air quality has reached “unhealthy” levels in the area.

According to the Department of Health, Kona was a “red” air day throughout May 29th, 2018. Since the installation of the air quality monitor in Kona in 2009, health officials say this is the first time they have seen West Hawaii reach these unhealthy levels. “Unhealthy” means that people may begin to experience health effects and members of sensitive groups may experience more serious health effects.

Since the beginning of the eruption on May 3rd, conditions have become hazardous in areas of Puna, the Ka‘u District because of noxious gases and ashfall. Now, it is up to West Hawaii to be bombarded with clouds of vog.

According to the University of Hawaii’s Department of Atmospheric Sciences, 2,500 tons of emissions were released into the atmosphere daily before this month’s volcanic activity. Since May 3rd, between 35,000 and 40,000 tons have been released. Concentrations drop down quickly away from its source, but Kona is getting 15-20 times the amount of normal.

Concentration fluctuation has to do with weather patterns. A small shift in wind direction or speed can cause very different outcomes whenever it comes to the concentrations of SO2 in the air. There is a chance of vog-related air making its way to Oahu.

There are two types of particulate matter measured: PM2.5 and PM10, which relate to the size of the particles. PM2.5 is haze or smoke, while PM10 are bigger particles such as ash or dust.

Conditions in Kona during the past week have been severe and there are a lot of people feeling the effects who are not usually bothered by the vog. The Health Department is looking at sites to set up more particle sensors in Kona, as well as trying to figure out how they can alert the community when these poor air quality days occur.

Participants in several sporting events like the Ironman 70.3 Hawaii qualifier race or the King Kamehameha Day Regatta due to take place in the coming weeks are worried.

The media exposure has had a negative impact on the island, especially when they said that cruise ships like Pride of America had cancelled stops in Hilo and Kona.

Source : Local newspapers.

Crédit photo: USGS

Eruption du Kilauea (Hawaii); Beaucoup de lave et de SO2 // A lot of lava and sulphur dioxide

7h00 (heure française): L’activité se poursuit en plusieurs points le long des fractures éruptives. Les fontaines de la fracture n° 22 alimentent une coulée de lave qui atteint la côte juste au nord de MacKenzie State Park. Le point d’entrée de la lave s’est déplacé vers l’ouest. Les fractures 5, 6 et 19 continuent à émettre des projections de lave qui alimentent une coulée vers le sud qui n’avance plus et une autre vers le nord le long de Pohoiki Road. De faibles projections sont observées sur la fracture n° 17. Dans le même temps temps, de nouvelles fontaines de lave sont apparues le 22 mai dans l’après-midi le long de la ligne de fractures entre Kaupili Street et Mohala Street, près de la fracture n° 23.
Les émissions de gaz volcaniques ont triplé. Les concentrations de SO2 sont élevées dans toute la zone située sous le vent en aval des bouches éruptives. Des masques  seront distribués à Pahala, Volcano,  Na’alehu, au Hawaiian Ocean View Community Center et à Keaau. Ces masques de référence N95 peuvent protéger contre l’inhalation de cendre volcanique, mais ne protègent pas contre les gaz et les vapeurs acides.
On enregistre d’importantes quantités de SO2 – jusqu’à 15 000 tonnes par jour – le long de la Lower East Rift Zone. Les scientifiques du HVO affirment que l’éruption sommitale et le cratère du Pu’u O’o n’ont jamais produit de telles quantités de SO2. Les émissions de SO2 du Pu’u O’o atteignaient en moyenne 200 à 300 tonnes par jour mais le cratère est toyalement inactif en ce moment. Les émissions de SO2 au sommet du Kilauea atteignent en moyenne entre 3 000 et 6 000 tonnes par jour.
Les autorités mettent en garde le public contre les explosions de méthane près des zones de végétation.
Source: USGS / HVO.

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19 heures (heure française): Dans sa dernière mise à jour du 23 mai, le HVO indique que l’éruption se poursuit dans la subdivision des Leilani Estates et celle des Lanipuna Gardens. L’activité éruptive la plus intense dans la Lower East Rift Zone a migré vers la partie centrale du système de fractures. Les plus actives le 22 mai étaient les n° 22,19, 6, 5 et 23. La fracture n° 17, à l’extrémité nord-est du système de fractures ne montre plus qu’une activité réduite. La fracture n° 6 alimente une coulée vers le sud, à peu près parallèle à la coulée émise par la fracture n° 22. Les fontaines de lave des fractures 5 et 23 alimentent des coulées dans la partie est des Leilani Estates. Il est aussi à noter que du méthane s’est enflammé dans plusieurs fractures sur les routes. Les émissions de gaz restent élevées. Voir toutes les coulées sur la carte USGS ci-dessous
L’alimentation magmatique reste soutenue dans la Lower East Rift Zone. La sismicité reste présente mais les événements sismiques ne se sont pas déplacés vers l’aval de la zone de rift au cours des derniers jours, et seuls quelques petits séismes ont été enregistrés dans la zone de rift.

La lave continue d’entrer dans l’océan avec des explosions.  L’accumulation de lave en amont de l’entrée dans l’océan a formé un petit lac de lave surélevé dont la surface se trouve à 11 mètres au-dessus du sol.
De petites émissions de cendre se produisent fréquemment au niveau de l’Overlook Crater au sommet du Kilauea. Des retombées de cendre ne peuvent être exclues dans les zones sous le vent.

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7:00 a.m. (French time): Activity continues at multiple sites along the eruptive fissures. The fountains from fissure 22 feed a single lava channel that reaches the coast just north of MacKenzie State Park. The actual point of entry has been shifting to the west. Spattering continues from fissures 5, 6, and 19 that fed a lava flow to the south that is now stalled and a smaller flow to the north along and south of Pohoiki Road. Weak spattering continues at fissure 17. Meanwhile, a new area of fountaining started on May 22nd in the afternoon along the fissure line between Kaupili and Mohala Streets near fissure 23.

Volcanic gas emissions have tripled. SO2 concentrations are at high levels throughout the area downwind of the vents. Ash masks will be distributed in Pahala, Volcano, Na’alehu, Hawaiian Ocean View Community Center, and Keaau. N95 masks can protect from breathing volcanic ash, but do not protect against gases and vapours.

Significant levels of SO2 — as high as 15,000 tons a day — are being produced along the lower East Rift Zone. HVO scientists say that even the summit eruption and Pu’u O’o never produced such high quantities of SO2. Previous levels of SO2 in the Pu’u O’o Crater measured about 200 to 300 tons a day. There are no SO2 emissions currently coming from the crater. Kilauea’s summit emissions average 3,000 to 6,000 tons a day.

Officials are warning the public about methane explosions near areas of vegetation.

Source : USGS / HVO.

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7 p.m. (French time): In its latest update (May 23rd in the evening), HVO indicates that the eruption continues in the subdivisions of the Leilani Estates and Lanipuna Gardens. The most active eruptive activity in the Lower East Rift Zone shifted to the middle portion of the system of fissures.

The most active fissures were 22,19, 6, 5, and 23. Fissure 17, at the northeastern end of the fissure system is only weakly active now. Fissure 6 is feeding a flow to the south, roughly parallel to the western flow from fissure 22. Fountaining of fissures 5 and 23 fed flows in the eastern part of Leilani Estates. Methane is also seen burning in road cracks. Gas emissions are still very high. See all the lava flows on the USGS map below
Magma continues to be supplied to the Lower East Rift Zone. Elevated earthquake activity continues, but earthquake locations have not moved farther downrift in the past couple of days, and there were only a few earthquakes located today in the rift zone.

The ocean entry remains active and is producing occasional explosions. A perched lava pond reaches 11 metres above the ground level
Small ash emissions from the Overlook crater are occurring frequently. Ashfall may happen in downwind locations.

Vue générale du site éruptif et de l’entrée en mer (Crédit photo: USGS / HVO)

Vous obtiendrez une image plus grande de la carte en cliquant sur ce lien :

http://bigislandnow.com/wp-content/uploads/2018/05/USGS-Map-May-22.jpg

Eruption du Kilauea (Hawaii): Dernières informations // Latest news

8 heures (heure française): Le HVO indique qu’une nouvelle explosion a eu lieu au sommet du Kilauea 17h51 le 21 mai 2018. Le panache de cendre est susceptible d’affecter les zones environnantes.
L’activité éruptive continue à Lower Puna à partir de nombreuses fractures. La fracture n° 22 continue de produire la majeure partie de la lave qui alimente les coulées. Deux d’entre elles entraient dans l’océan mais le 21 mai en fin d’après-midi, une seule entrée restait active (voir photo ci-dessous). La Garde côtière américaine a mis en place une zone de sécurité de 300 mètres autour des entrées de lave dans l’océan.
Les autorités ont des problèmes avec les gens qui viennent voir la lave arriver en mer et qui se garent le long de la Highway 137. Cependant, la plupart de ces personnes suivent les consignes de la Protection Civile car elles réalisent que la situation est dangereuse
Dans les prochains jours, la surveillance de la qualité de l’air concernera également l’hydrogène sulfuré (H2S). Jusqu’à présent, les efforts se concentraient sur le dioxyde de soufre (SO2).

Comme je l’ai écrit précédemment, une petite coulée de lave a pénétré sur le site de la centrale géothermique PGV avant de s’arrêter à environ 200 mètres de cette dernière. Tous les puits de l’usine sauf un réagissent à l’infusion d’eau destinée à les colmater, mais le KS-14 reste chaud malgré les efforts déployés par six techniciens. On envoie actuellement de la boue dans le puits KS-14. Si le travail est couronné de succès, le puits devrait résister en cas d’envahissement par la lave. Le scénario le plus pessimiste impliquerait une émission importante de H2S, mais aurait des conséquences moins graves que l’explosion du puits KS-8 le 12 juin 1991 qui a provoqué une libération incontrôlée de vapeur pendant 31 heures avant que l’on réussisse à colmater le puits. La présence d’hydrogène sulfuré a provoqué l’évacuation des habitants et le bruit, semblable à celui d’un avion à réaction qui décolle, a atteint 90 décibels. Un ouvrier a été légèrement blessé lors de l’explosion.
Sources: HVO, Protection Civile, presse locale.

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8 a.m. (French time): HVO reports that an explosive eruption at the Kilauea summit occurred at 5:51 p.m. on May 21st, 2018. The ash plume may affect surrounding areas.

Eruptive activity in Lower Puna continues at multiple fissures. Fissure 22 continues to produce most of the lava feeding the flows. Two lava flows entered the ocean but on may 21st in the afternoon a single branch was still active. The U.S. Coast Guard is enforcing a 300-metre safety zone from the entry areas.

Authorities have problems with people sightseeing, people parking along Highway 137 to look. However, most people are starting to cooperate because they realize the situation is dangerous

State officials announced they will expand the air quality monitoring to include hydrogen sulphide. Until now, the state monitoring efforts have been focused on sulphur dioxide.

As I put it before, a relatively small lava flow moved in the opposite direction from the lava river pouring into the ocean and was advancing through the PGV property before stopping about 200 metres from the geothermal plant. .

All the wells at the plant except one are responding to the infusion of water, but KS-14 remained hot despite the best efforts of the crew of about a half-dozen skilled workers. Mud is being pumped into KS-14. If the work is successful, the well should hold up if the well pad was overrun by lava. A worst-case scenario would involve a large release of hydrogen sulphide (H2S). A worst-case scenario would carry less severe consequences than the blowout of well KS-8 while it was being drilled on June 12th, 1991, which caused the unabated release of steam for a period of 31 hours before PGV succeeded in closing in the well.The hydrogen sulphide stench prompted the evacuation of nearby residents and noise, which was described as like a jet airplane taking off, reached 90 decibels. One worker suffered a minor injury in the blowout.

Sources: HVO, Civil Defense, local press.

L’entrée de lave dans l’océan le 21 mai en fin d’après-midi (Crédit photo: USGS)

L’USGS a mis en ligne une carte thermique montrant les coulées dans Lower Puna. On voit parfaitement que la lave prend sa source au niveau des fractures 20 et 22. (Source: USGS)