Cumbre Vieja (La Palma)

6 heures : Pas de grosse évolution de l’éruption du Cumbre Vieja depuis la veille, si ce n’est un séisme de magnitude M 4,8, enregistré à 39 km de profondeur dans la soirée du 19 octobre. C’est le plus puissant depuis le début de l’éruption. L’activité éruptive reste soutenue. Les émissions de SO2 restent élevées avec 3000- 4000 tonnes par jour. L’une de coulées menace de traverser le centre du quartier de La Laguna, à Los Llanos de Aridane, et une autre, à environ 100 mètres de la mer, confine toute la commune de Tazacorte. Un scénario idéal serait que la coulée qui se dirige vers le quartier de La Laguna, voisin de Todoque, change de trajectoire et se dirige vers l’ouest où elle rencontrerait des déclivités. Malheureusement, c’est la lave qui décide. Selon les dernières données Copernicus, la lave couvre 811,8 hectares, et au moins 1 956 bâtiments ont été détruits.

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6:00 am : No major evolution of the eruption of Cumbre Vieja since the day before. An M 4.8 earthquake was recorded on the evening on October 19th at a depth of 39 km. It was the most powerful event since the start of the eruption. Eruptive activity remains high. SO2 emissions remain high too, with 3000-4000 tonnes per day. One of the flows threatens to cross the center of the district of La Laguna, in Los Llanos de Aridane, and another, about 100 meters from the sea, borders the entire municipality of Tazacorte. An ideal scenario would be that the flow which is heading towards the district of La Laguna, changes course and goes towards the west where it would encounter slopes. Unfortunately, it is the lava that decides. According to the latest Copernicus data, lava covers 811.8 hectares, and at least 1,956 structures have been destroyed.

L’éruption le 19 octobre au soir (capture écran webcam)

Coulées de lave et zones de risques à Hawaii // Lava flows and threatened areas in Hawaii

Dans un article récent, les géologues de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) expliquent comment évaluer la menace posée par les coulées de lave. Selon eux, cette approche repose sur notre connaissance du passé. La probabilité à long terme qu’une zone soit envahie par la lave est évaluée de deux manières différentes en fonction de l’activité passée des coulées.
Une première approche utilise une carte géologique pour calculer quelle surface terrestre a été recouverte par la lave au cours de différentes périodes du passé.
Une autre approche calcule la fréquence à laquelle des coulées de lave se sont produites dans des zones spécifiques au fil du temps.
Ces deux approches sont utilisées par la plupart des observatoires volcanologiques dans le monde. Les cartes montrant les coulées de lave avec des couleurs différentes selon les années sont souvent très belles.
En ce qui concerne les volcans hawaïens, la carte de 1992 – Lava-Flow Hazard Zone (LFHZ) – utilise l’approche basée la couverture par la lave sur le long terme. On ne mesure pas la vitesse à laquelle une coulée de lave avance, mais la vitesse à laquelle une zone est recouverte par la lave de plusieurs éruptions au cours des siècles.
Les nouvelles éruptions n’affectent pas de manière significative cette couverture car leurs coulées recouvrent certaines coulées de lave récentes ainsi que d’autres plus anciennes. Par exemple, la lave de 2018 a coulé entre et sur des portions des coulées de lave de 1790, 1955 et 1960. Par conséquent, la surface de lave émise depuis 1790 n’a pas été forcément augmentée par l’ensemble des coulées de 2018, mais uniquement par la partie qui est allée au-delà des coulées antérieures.
La carte LFHZ de 1992 montre que les plus forts risques de couverture par la lave se trouvent dans les zones de rift et au sommet du Kilauea et du Mauna Loa. Près de la moitié de la LFHZ 1 (la zone la plus exposée) sur les deux volcans a été recouverte par la lave depuis l’année 1790.
L’autre approche pour estimer les risques des coulées de lave sur le long terme consiste à calculer la fréquence à laquelle une zone particulière est affectée. La Lower East Rift Zone (LERZ) du Kilauea a été envahie par la lave à cinq reprises depuis 1790 – en 1790, 1840, 1955, 1960 et 2018. Ces éruptions se sont produites sur une période de plus de 200 ans avec des intervalles d’une soixantaines d’années entre elles.
La méthode de l’intervalle de récurrence des coulées est la plus largement utilisée pour calculer les risques. Elle fait reposer en général les cartes à risques sur un intervalle de récurrence moyen de 100 ans entre les coulées les plus destructrices. En utilisant la formule de probabilité la plus simple, cet intervalle de récurrence se traduit par une probabilité de 1% de coulées destructrices sur une année et de 39 % sur une période de 50 ans. La probabilité qu’une coulée majeure se produise au cours d’un siècle n’est pas de 100% mais seulement de 63%, car l’intervalle de récurrence est une moyenne d’intervalles réels qui peuvent être très différents.
Dans l’application de cette méthode par le HVO aux coulées de lave du Kilauea, un intervalle de récurrence moyen d’environ 60 ans dans la LERZ signifie qu’il y a 63 % de chances que le prochain intervalle de récurrence sans lave soit de 60 ans ; c’est aussi la probabilité qu’une autre coulée de lave affecte une partie de la LERZ d’ici 60 ans. La probabilité d’une coulée de lave dans cette zone au cours d’une période de 30 ans serait de 40% et la probabilité d’envahissement de la zone par la lave serait de 26%. Heureusement, les zones les plus exposées dans la LERZ se limitent aux régions côtières.
Les calculs et les cartes des risques de coulée de lave produits par l’U.S. Geological Survey (USGS) sont destinés à informer les propriétaires fonciers, les services de sécurité et les planificateurs gouvernementaux des risques à long terme posés par les coulées de lave.
Source : USGS/HVO.

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In a recent article, geologists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explain how one can evaluate the threat posed by future lava flows. They say that this approach relies on our knowledge of the past. The long-term likelihood of an area being invaded by lava in the future, is estimated in two different ways based on the history of lava flow activity.

One approach uses a geologic map to calculate how much land surface was covered by lava during different periods going back into the past.

Another approach calculates how frequently lava flows have occurred within specific areas over time.

Both approaches are used by most volcanological observatoriess in the world. The maps showing the lava flows with diffrenet colours according to the years are often very beautiful.

As far as Hawaiian volcanoes are concerned, The 1992 Lava-Flow Hazard Zone (LFHZ) Map represents use of the approach based on long-term coverage rates. This is not a measure of how fast an individual lava flow advances but how fast an area is covered by lava from multiple eruptions over centuries.

New eruptions don’t affect coverage rates significantly because new flows cover some of the most recent lava as well as older flows. For example, 2018 lava flowed between and over parts of the 1790, 1955, and 1960 lava flows. Therefore the “coverage” or resurfacing since 1790 did not increase by the full area of the 2018 flow, just by the portion that was beyond those earlier flows.

The 1992 LFHZ map shows that the highest coverage rates (and therefore hazards) are within the rift zones and summits of Kīlauea and Mauna Loa volcanoes. Almost half of LFHZ 1 (the most hazardous zone) on both volcanoes was covered since the year 1790.

The other approach to estimating long-term lava flow hazards is to calculate how often a particular area is impacted by lava. The lower East Rift Zone (LERZ) of Kīlauea has been overrun by lava five times since 1790—in 1790, 1840, 1955, 1960, and 2018. Those eruptions occur over a span of more than 200 years with an average of about 60 years between them.

The recurrence interval method is most widely used for calculating flood hazards, traditionally basing hazard maps on an average recurrence interval of 100 years between damaging floods. By using the simplest formula for probability, that recurrence interval translates to a 1 percent chance of damaging floods happening in any one year and a 39 percent chance in any 50-year period. The probability of such a flood happening in any century is, surprisingly, not 100 percent but 63 percent because the recurrence interval is an average of actual intervals that may be quite different.

In the HVO application to lava flows, an average recurrence interval of about 60 years in the LERZ means that there is a 63 percent chance that the next lava-free recurrence interval will be 60 years; it is also the odds that another lava flow will affect some part of the LERZ within 60 years. The probability of a lava flow in this region during the period of 30 years would be 40 percent and the probability of flooding would be a 26 percent chance. Fortunately, the region of combined significant lava and flood hazards in the LERZ is limited to coastal flooding zones.

Lava flow hazard calculations and maps produced by the U.S. Geological Survey (USGS) are intended to inform property owners, emergency managers, and government planners of the long-term hazards posed by lava flows.

Source: USGS / HVO.

Carte de 1992 des zones de risques à Hawaii. Vous trouverez la carte avec une meilleure résolution en cliquant sur ce lien: https://pubs.usgs.gov/mf/1992/2193/mf2193.pdf

Cumbre Vieja (La Palma): le point sur l’éruption // Latest news of the eruption

8 heures: Peu d’évolution ces dernières 24 heures à La Palma. Le volcan reste très actif avec une forte pression des gaz comme on peut le voir sur les images des webcams. L’éruption reste strombolienne, avec des phases plus explosives à partir de quatre centres d’émission et une colonne éruptive qui atteint jusqu’à 4 500 mètres de hauteur, avec une grande quantité de cendres. Les matériaux expulsés s’accumulent autour des bouches éruptives mais ne font guère avancer la lave qui a parcouru 3, 8 km. Les coulées qui avançaient vers la mer ont ralenti leur progression. L’une n’avance plus qu’à quatre mètres par heure, et l’autre s’est arrêtée. Pas sûr que la lave parvienne a atteindre le littoral. Tout dépendra de la durée de l’éruption et du débit éruptif à la source. Il lui reste plus de 2 kilomètres à parcourir. Comme je l’ai indiqué précédemment, le front de coulée présente une largeur de 500 mètres, avec des hauteurs allant jusqu’à 12 mètres.

Il est recommandé à la population d’utiliser en extérieur des masques FFP2 et des systèmes de protection des yeux en cas de retombée de cendres.

Le bilan de l’éruption reste stable. 220 hectares ont été recouverts par la lave et 400 maisons ont été détruites, entraînant l »évacuation de plus de 5 700 personnes.
On craint que les retombées de cendres dans la mer affectent l’écosystème marin de la côte sud-ouest de La Palma et provoque des « changements drastiques » dans sa productivité. C’est le diagnostic de PEVOLCA qui indique que les contrôles de matériaux volcaniques dans la colonne d’eau de mer seront renforcés.

Les émissions de SO2 dans l’atmosphère avaient augmenté le 22 septembre et dépassaient 12 000 tonnes par jour. Le nuage de SO2 devrait atteindre la péninsule ibérique et ensuite la France, mais il sera très dilué et à haute altitude. Il ne devrait pas présenter de risques pour la population.

Source: médias locaux et nationaux.

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12 heures: L’éruption du Cumbre Vieja est entrée dans son sixième jour, avec des phases plus explosives. La colonne de gaz atteint 4 500 mètres de hauteur. Il reste deux coulées de lave actives. Le front le plus au nord n’avance pratiquement plus et le front sud continue d’avancer à quatre ou cinq mètres par heure.

Le vent entraîne les émissions de gaz et de cendres vers le sud et il est prévu que ce vendredi elles atteignent les îles d’El Hierro et de La Gomera. Pour le moment, la navigation aérienne n’est pas affectée par les nuages ​​de cendres et tous les aéroports des îles Canaries fonctionnent normalement.
La qualité de l’air dans les zones habitées à proximité du volcan est restée stable ces dernières heures.
Comme je l’ai signalé précédemment, la couleur de l’alerte aérienne a été élevée au Rouge a été élevé au niveau rouge en raison de la hauteur de la colonne éruptive et afin de rendre la navigation aérienne totalement sûre. Deux zones restreintes de l’espace aérien ont été mises en place pour garantir le fonctionnement des urgences.
La lave émise par le volcan a recouvert de nombreuses cultures et à ces dégâts s’ajoutent ceux causés par la cendre qui bloque la lumière du soleil et entrave la photosynthèse. Par son pouvoir fertilisant, la cendre pourrait avoir un effet positif sur le sol, mais pas tout de suite. Tant que durera l’éruption, les conséquences seront négatives.

Source: El Pais.

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20 heures: L’activité explosive du Cumbre Vieja s’est intensifiée ce vendredi avec un plus grand rayon autour du volcan soumis à ses projections et aux retombées de cendres. De plus, une nouvelle bouche éruptive s’est ouverte sur le volcan d’où la lave s’échappe en abondance. Un millier de personnes ont dû être évacuées des villes de Tajuya et Tacande de Abajo et de la partie de Tacande de Arriba qui n’avait pas encore été évacuée. Plusieurs vols ont également été annulés en raison de nuages ​​de cendres vers La Palma et La Gomera.
Selon les derniers chiffres officiels, depuis le début de l’éruption le 19 septembre, la lave du Cumbre Vieja a couvert 190,7 hectares, détruit à ce jour 420 bâtiments, ainsi que 15,2 kilomètres de routes,
Suite à l’intensification des nuages de cendre, le gouvernement canarien recommande à la population de rester à l’abri à l’intérieur des maisons, portes et fenêtres fermées, et conseille également d’éviter de rester à l’extérieur lorsque cela n’est pas strictement nécessaire. Les personnes qui doivent séjourner dans une zone exposée à la cendre doivent utiliser un masque FPP2, des lunettes de protection et se vêtir d’une chemise à manches longues, d’un pantalon et d’une casquette.

Source: presse canarienne.

Ce soir la lave est plus fluide que précédemment et elle s’écoule donc plus facilement du cratère. Il est probable qu’elle va accélérer sa vitesse de progression vers le littoral et poursuivre son travail de destruction (Capture image webcam)

La webcam (https://youtu.be/IoJFsYAy-bo) fournit des images impressionnantes:

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08:00 am: Little change in the last 24 hours in La Palma. The volcano remains very active with a strong gas pressure as can be seen on the webcam images. The eruption remains Strombolian, with more explosive phases from four emission centers and an eruptive column that reaches up to 4,500 meters in height, with a large amount of ash. The expelled materials accumulate around the eruptive vents but lava hardly advances; it has travelled 3.8 km. The flows advancing towards the sea slowed their progress. One does not advance more than four meters per hour, and the other has stopped. Not sure that the lava will reach the coast. Everything will depend on the duration of the eruption and the eruptive flow at the source. It still has more than 2 kilometers to go. As I indicated previously, the flow front has a width of 500 meters, with heights of up to 12 meters.
The population is advised to use FFP2 masks and eye protection systems outdoors in the event of ashfall.
The aftermath of the eruption remains stable. 220 hectares were covered by lava and 400 houses were destroyed, leading to the evacuation of more than 5,700 people.
There are fears that the ash falling in the sea will affect the marine ecosystem of the southwest coast of La Palma and cause « drastic changes » in its productivity. It is the diagnosis of PEVOLCA which indicates that the controls of volcanic materials in the seawater column will be reinforced.
SO2 emissions into the atmosphere had increased by September 22nd and exceeded 12,000 tonnes per day. The SO2 cloud is likely to reach the Iberian Peninsula and then France, but it will be very diluted and at high altitude. It should not present any risk to the population.
Source: local and national media.

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12:00 pm: The eruption of Cumbre Vieja has entered its sixth day, with more explosive phases. The ash column reaches a height of 4,500 meters. There are two active lava flows. The northernmost front hardly advances any more and the southern front continues to advance at a rate of four or five meters per hour.
The wind is blowing the gas and ash plumes to the south and it is expected that this Friday they will reach the islands of El Hierro and La Gomera. At the moment, air traffic is not affected by the ash clouds and all airports in the Canary Islands are operating normally.
The air quality in populated areas near the volcano has remained stable in recent hours.
As I reported earlier, the aviation color code has been raised to Red due to the height of the eruptive column and in order to make air traffic completely safe. Two restricted areas of the airspace have been set up to ensure emergencies.
The lava emitted by the volcano has covered many crops and to this damage is added the one caused by the ash which blocks sunlight and hinders photosynthesis. By its fertilizing power, the ash could have a positive effect on the soil, but not immediately. As long as the eruption lasts, the consequences will be negative.

Source: El Pais.

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8:00 p.m .: The explosive activity of Cumbre Vieja intensified this Friday with a greater radius around the volcano subjected to pyrpclastic projections and ashfall. In addition, a new eruptive vent opened on the volcano One thousand people had to be evacuated from the towns of Tajuya and Tacande de Abajo and from the part of Tacande de Arriba which had not yet been evacuated. Several flights have also been canceled due to ash clouds to La Palma and La Gomera.
According to the latest official figures, since the eruption began on September 19th, lava from Cumbre Vieja has covered 190.7 hectares, destroyed 420 buildings to date, as well as 15.2 kilometers of roads,
Following the intensification of the ash clouds, the Canarian government recommends that the population stay inside houses, doors and windows closed, and also advises to avoid staying outside when it is not strictly necessary. People who must stay in an area exposed to ash should wear an FPP2 mask, goggles, and dress in a long-sleeved shirt, pants and cap.
Source: Canarian news media.

Source: presse espagnole

La culture de l’oubli // The culture of oblivion

La carte ci-dessous montre les différentes éruptions sur l’île de La Palma dans les Iles Canaries ainsi que les coulées de lave qu’elles ont laissées derrière elles. En ce moment, l’éruption du Cumbre Vieja poursuit son oeuvre de destruction en recouvrant sous plusieurs mètres de lave des bâtiments et des maisons d’habitation qui ont été construits il y a plusieurs décennies.

Quand on regarde la carte, on se rend compte que les éruptions, pour la plupart, ont eu lieu il y a plusieurs siècles, mais certaines, comme la dernière du Cumbre Vieja (1971) se sont produites au 20ème siècle, donc très récemment.

Pourquoi des gens ont-ils décidé de venir construire dans une zone potentiellement à risque? On peut apporter plusieurs réponses à cette question. Certains ont voulu profiter des terres fertiles pour s’adonner à des activités agricoles. D’autres ont acheté une résidence secondaire pour profiter du climat et des paysages des Iles Canaries. D’autres encore habitent des logements qui se sont transmis de génération en génération.

En fait, cette situation n’est pas propre à La Palma,; on la retrouve dans la plupart des îles volcaniques comme la Grande Ile d’Hawaii ou la Sicile. A Hawaii, la dernière éruption du Kilauea en 2018 a détruit quelque 700 structures qui se trouvaient dans des zones potentiellement exposées aux coulées de lave.

En Sicile, Zafferana Etnea a failli subir les assauts de la lave au cours de l’éruption de 1991-1994. En novembre 1928, Mascali n’a pas eu autant de chance; les coulées de lave ont détruit de nombreuses maisons. Après cette destruction, la bourgade fut reconstruite quelques années plus tard plus en aval, avec une disposition en damier urbain influencé aussi bien par des villes en Sicile datant des 16ème-18ème siècles, que par les villes nouvelles prévues par le régime fasciste. Comme le faisait remarquer fort justement Boris Behncke il y a quelques jours, il y a beaucoup de points communs entre l’habitat à La Palma et celui sur les pentes de l’Etna.

La plupart de ceux qui viennent vivre sur ces îles volcaniques sont conscients qu’un jour ou l’autre une éruption peut se produire et détruire leur lieu d’habitation, mais ils prennent le pari que cela ne se produira pas de leur vivant. D’autres préfèrent oublier le passé, à leurs risques et périls.

Une fois la maison détruite, il faut songer à la reconstruire ailleurs sur l’île, ou carrément changer le région. Aux Etats Unis, les clauses concernant les séismes et les éruptions dans les polices d’assurance habitation ont un coût exorbitant dans les zones volcaniques à risques et beaucoup d’Hawaiiens renoncent à assurer leurs maisons. Si une catastrophe se produit, ils peuvent seulement espérer que l’Etat fédéral acceptera de débloquer des fonds pour les dédommager, mais la perte financière restera très élevée. A La Palma , le gouvernement espagnol et l’Union Européenne apporteront leur aide financière et matérielle, mais là aussi, au final, il y aura une perte sèche pour les victimes de l’éruption du Cumbre Vieja.

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The map below shows the different eruptions on the island of La Palma in the Canary Islands as well as the lava flows they left behind. The eruption of Cumbre Vieja continues its work of destruction by engulfing under several meters of lava buildings and houses that were built several decades ago.
When you look at the map, you realize that the eruptions, for the most part, took place centuries ago, but some, like the last of Cumbre Vieja (1971) occurred in the 20th century, so very recently.
Why have people decided to come and build in a potentially risky area? There are several answers to this question. Some wanted to take advantage of the fertile land to engage in agricultural activities. Others bought a second home to enjoy the climate and landscapes of the Canary Islands. Others live in homes that have been passed down from generation to generation.
In fact, this situation is not unique to La Palma; it is found in most volcanic islands such as Hawaii Big Island or in Sicily. In Hawaii, Kilauea’s last eruption in 2018 destroyed some 700 structures that were in areas potentially exposed to lava flows.
In Sicily, Zafferana Etnea could have been destroyed by lava flows during the 1991-94 eruption. In November 1928, Mascali was not so lucky; the lava flows destroyed many houses. After this destruction, the village was rebuilt a few years later downslope, with an urban checkerboard layout influenced both by towns in Sicily dating from the 16th-18th centuries, as by the new towns planned by the fascist regime. As Boris Behncke rightly pointed out a few days ago, there is a lot in common between the habitat in La Palma and that on the slopes of Mt Etna.
Most of those who come to live on these volcanic islands are aware that one day or another an eruption can occur and destroy their place of residence, but they bet that it will not happen in their lifetime. Others prefer to forget the past, at their peril.
Once the house is destroyed, these persons need to consider rebuilding it elsewhere on the island, or simply changing regions altogether. In the United States, earthquake and eruption clauses in home insurance policies are prohibitively expensive in volcanic risk areas, and many Hawaiians had rather not insure their homes. If a disaster does occur, they can only hope that the federal state will agree to release funds to compensate them, but the financial loss will remain very high. In La Palma, the Spanish government and the European Union will provide financial and material assistance, but there too, in the end, there will be a deadly loss for the victims of the eruption of Cumbre Vieja.

Eruptions et coulées de lave à La Palma (Source: IGN)

Coulée de lave aux portes de Zafferana en 1992 (Photo: C. Grandpey)