Ours polaires en danger // Polar bears in danger

Conséquence logique de la fonte et de la disparition à court terme de la glace de mer, la vie dans l’Arctique est menacée, et plus particulièrement celle des ours polaires. Selon une nouvelle étude publiée dans Nature Climate Change, la majorité des ours polaires disparaîtra probablement d’ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites. Cette dernière étude est la première à identifier quand et où les ours disparaîtront.
Les ours polaires dépendent de la glace de mer pour chasser les phoques, mais avec la hausse des températures et l’accélération de la fonte de la glace de mer, leuss opportunités de chasse sont sur le déclin. L’étude a révélé que la fonte de la glace de mer a déjà poussé certaines populations d’ours polaires à leur limite de survie. Les chercheurs préviennent que si les émissions de gaz à effet de serre restent sur leur trajectoire actuelle, seuls les ours polaires vivant dans les îles Reine-Élizabeth, dans l’archipel arctique canadien, subsisteront d’ici la fin du siècle. Le problème est que même si ces émissions sont réduites, la glace de mer continuera de fondre dans les années à venir en raison des concentrations actuelles de CO2 dans l’atmosphère, avec une réduction des populations d’ours polaires, en particulier dans les régions du sud de l’Arctique.
L’étude, qui a examiné 13 des 19 populations d’ours polaires dans monde, ce qui représente 80% de la population totale, a modélisé la consommation d’énergie des ours polaires. Les chercheurs ont calculé le nombre de jours pendant lesquels les ours peuvent jeûner avant que leurs capacités de reproduction ne commencent à être affectées ; ils ont mis ces calculs en relation avec le nombre de jours sans glace de mer prévus dans les décennies à venir. Ils ont découvert que le laps de temps pendant lequel les ours devront  jeûner dépasse leur capacité à jeûner. Le résultat est que d’ici 2040, certaines populations d’ours blancs vivant dans le sud de la baie d’Hudson et du détroit de Davis au Canada commenceront à connaître des problèmes de reproduction et d’ici 2080, la majorité des populations d’ours blancs sera probablement affectée. Les ours polaires sont une espèce essentielle dans l’Arctique et leur disparition se répercuterait dans tout l’écosystème.
Ce n’est pas la première fois que des ours polaires sont menacés d’extinction. En 1965, des scientifiques ont averti que la chasse commerciale de l’ours polaire poussait l’espèce à l’extinction. C’est pour cela que ce type de chasse a été interdit en 1973. L’interdiction a conduit à une hausse des populations d’ours, mais c’est aujourd’hui la fonte de la glace de mer qui menace la vie des quelque 26 000 ours polaires qui subsistent sur la planète.
Source: Presse internationale.

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As a logical consequence of sea ice melting and short-term disappearance, life in the Arctic is under threat, and more particularly polar bears. According to a new study published in Nature Climate Change, the majority of polar bears will likely disappear by the end of the century if greenhouse gas emissions are not curbed. This latest study is the first to identify when and where the bears will disappear.

Polar bears rely on sea ice to hunt for seals, but as temperatures rise and sea ice disappears, so do hunting opportunities for polar bears. The study found that declining sea ice has already pushed some polar bear populations to their survival limit. The researchers warn that if greenhouse gas emissions stay on their current track, only polar bears living in the Queen Elizabeth Islands in Canada’s Arctic Archipelago will remain by the end of the century. The problem is that even if emissions are curbed, sea ice will continue to melt in the coming years as a result of the current concentrations of CO2 in the atmosphere, leading to a decline of polar bears, particularly in southern Arctic regions.

The study, which examined 13 of the world’s 19 polar bear subpopulations that account for 80% of the total population, modelled the energy use of polar bears. The researchers estimated the number of days the bears can fast before their reproductive abilities begin to be impacted and mapped this onto the number of projected ice-free days in the coming decades. They determined that the amount of time bears would have to fast surpassed the amount of time polar bears are capable of fasting. The result is that by 2040, some polar bear populations living in southern Hudson Bay and Davis Strait in Canada will begin to experience reproductive failure and by 2080, the majority of polar bear populations will be likely be afflicted. Polar bears are a keystone species in the Arctic and their loss would reverberate throughout the ecosystem.

This is not the first time polar bears have faced extinction. In 1965, specialists warned that commercial polar bear hunting was pushing the species to extinction, leading to a worldwide restriction on this type of hunting in 1973. And though the ban led to a resurgence in bear population numbers, melting sea ice now threatens the lives of the estimated 26, 000 polar bears that remain today.

Source : International press.

Photo : C. Grandpey

Les ours polaires s’approchent des villages arctiques // Polar bears are getting close to Arctic villages

Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises, le réchauffement climatique et la fonte de la glace de mer qui en résulte perturbent profondément la vie des animaux dans l’Arctique. C’est ainsi que plus de 50 ours polaires se sont rassemblés en bordure d’un village dans l’extrême nord de la Russie. Cela est dû au fait que la faible surface occupée par la glace de mer dans l’Arctique les empêche de se déplacer convenablement.
La branche russe du WWF a déclaré que le changement climatique était responsable de cette situation car des températures inhabituellement chaudes empêchent la formation de la glace le long de la côte. En l’absence de couverture de glace, les animaux sont obligés d’errer sur terre à la recherche de nourriture. Le WWF a déclaré que 56 ours polaires s’étaient rassemblés dans une zone d’un kilomètre carré près du village de Ryrkaipy dans le district de Tchoukotka, dans la partie nord-est de la Russie.
Les habitants craignent que les ours pénètrent dans le village qui compte moins de 1 000 habitants. Des patrouilles ont été mises en place pour suivre les mouvements des plantigrades. Les habitants ont disposé des carcasses de morses dans la région pour empêcher les ours de s’approcher du village. Tant qu’il n’y aura pas vraiment de gel, la glace de mer ne se formera pas et les ours resteront sur la terre ferme. Les températures devraient toutefois chuter prochainement, de sorte que la glace côtière devrait se former d’ici la mi décembre, ce qui est exceptionnellement tard.
Les ours polaires visitent régulièrement les zones habitées par les êtres humains dans la Russie arctique et au Canada pour chercher de la nourriture, souvent dans les poubelles. Le nombre de visites a augmenté car la fonte des glaces de l’Arctique oblige les ours à passer plus de temps sur la terre où ils se disputent la nourriture.

Dans une note publiée le 22 janvier 2019, j’indiquais que l’on a observé dans le nord de l’Alaska une cohabitation entre les ours polaires et le grizzlys qui viennent se nourrir sur les carcasses de baleines laissées sur le rivage par les chasseurs Inupiat à la fin de la saison de chasse. En automne, les os de baleines boréales près du village de Kaktovik sont devenus des lieux de rencontre pour les ours polaires ainsi que pour quelques grizzlis en provenance de North Slope. Un résultat inattendu de cette cohabitation entre ours polaires et grizzlis est l’apparition d’une nouvelle espèce d’ours née de l’accouplement entre deux espèces pourtant séparées par 500 000 ans d’évolution.
Source: AFP, Anchorage Daily News.

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As I put it several times, global warming and the ensuing melting of the sea ice is deeply disturbing the lives of the animals in the Arctic. More than 50 polar bears have gathered on the edge of a village in Russia’s far north, because the weak Arctic ice leaves them unable to roam.

The Russian branch of the World Wildlife Fund (WWF) said climate change was to blame, as unusually warm temperatures prevent coastal ice from forming. The WWF said 56 polar bears had gathered in a one-square-kilometre area near the village of Ryrkaipy in Chukotka on the northeastern tip of Russia.

There were concerns the bears could enter the village which has a population less than 1,000 people. Patrols have been set up to monitor the plantigrades’movements.

The main reason for the bears’ behaviour is the decline of sea ice due to the changing climate. In the absence of ice cover, animals are forced to go ashore in search of food. Residents have gathered walrus carcasses in the area to try to keep the bears from wandering into the village. As long as there is no big freeze, the sea ice will not form and the bears will stay on the coast. Temperatures in the region are expected to fall so that coastal ice should freeze by December 11th, which is unusually late.

Polar bears regularly visit areas inhabited by humans in Arctic Russia and Canada to search for food, often in rubbish tips. However, the number of visits has been growing as the melting of Arctic ice forces the bears to spend more time on land where they compete for food.

In a post published on January 22nd, 2019, I indicated that in northern Alaska, polar bears and grizzly bears have been observed to feed on the carcasses of whales left on the shore by Inupiat hunters at the end of the hunting season. In the fall, the bowhead bones near the village of Kaktovik have become a meeting place for polar bears and some grizzlies from North Slope. An unexpected result of this coexistence between polar bears and grizzly bears is the appearance of a new species of bear born from the mating between two species separated by 500,000 years of evolution.

Source: AFP, Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

Arctique: La glace de mer continue à rétrécir // Arctic : Sea ice keeps shrinking

Selon le  National Snow and Ice Data Center (NSIDC) et la NASA, la glace de mer arctique vient d’atteindre une nouvelle fois, à la mi septembre 2019, le deuxième niveau le plus bas jamais enregistré. La fonte de la glace de mer est un problème pour les populations et les espèces sauvages de l’Arctique, comme les ours polaires et les morses. La glace de mer permet de réguler la température de la planète en influençant la circulation des courants atmosphériques et océaniques. Un scientifique de la NASA explique que « si on réduit la quantité de glace de mer, on commence à réchauffer l’Arctique, et lorsqu’on commence à réchauffer l’Arctique, on commence à modifier la circulation du jet-stream, qui régit le météo sur Terre ».
L’étendue de la glace de mer atteignait 4,1 millions de kilomètres carrés le 18 septembre 2019. Cela représente 2,1 millions de kilomètres carrés de moins que la moyenne. On se trouve à égalité avec 2007 et 2016 pour le deuxième niveau le plus bas jamais enregistré. La glace de mer – contrairement à la banquise – est de l’eau de mer qui a gelé et qui fond chaque été, puis regèle chaque hiver. Elle atteint sa plus grande superficie en mars de chaque année. 2019 se classe derrière 2012, année du plus bas niveau jamais enregistré. On mesure la glace de mer arctique depuis 1979. L’étendue minimale de cette année montre qu’il n’y a aucun signe d’une reprise d’extension de la couverture de la glace de mer.
Septembre est le mois où la glace de mer arctique atteint sa plus faible étendue de l’année, vers la fin de l’été dans l’hémisphère Nord. Selon la NASA – et comme je l’ai fait remarquer à propos de l’Alaska – l’été 2019 a été très chaud dans l’Arctique, avec des températures moyennes de 2,7 à 3,8 degrés Celsius supérieures à la normale.
Tant que l’on continuera à observer un rétrécissement de la glace de mer, il y aura un problème de survie des ours polaires. Cela signifie que l’espèce peut disparaître de certaines régions, avant même que la glace de mer disparaisse définitivement chaque année.
Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et la NASA, la quantité de glace de mer pendant l’été dans l’Arctique a régulièrement diminué au cours des dernières décennies en raison du réchauffement climatique causé par l’homme. Dans le même temps, suite à la parution du rapport du GIEC, le Département fédéral de l’Intérieur des Etats Unis affirme qu’« il n’y a pas de crise climatique ». Cherchez l’erreur !
Source: NOAA, NASA, NSIDC.

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Arctic sea ice shrank to its second-lowest level on record by mid September 2019, according to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) and NASA.

Sea ice affects Arctic communities and wildlife such as polar bears and walruses, and it helps regulate the planet’s temperature by influencing the circulation of the atmosphere and ocean. A NASA scientist explains that « if you decrease the amount of sea ice, you start warming up the Arctic, and when you start warming up the Arctic, you start changing the circulating of the jet stream, which brings weather to us here. »

Sea ice extent was measured at 4.1 million square kilometres on September 18th, 2019. That’s 2.1 million square kilometres below the average, tying with both 2007 and 2016 for second-lowest level on record. Sea ice is frozen ocean water that melts each summer, then refreezes each winter. Arctic sea ice reaches its largest area in March each year. This year ranks behind only 2012, when the lowest level on record was measured. Arctic sea ice has been measured since 1979. This year’s minimum sea ice extent shows that there is no sign that the sea ice cover is rebounding.

September is the month Arctic ice reaches its lowest extent of the year, toward the end of the Northern Hemisphere’s summer. According to NASA, it was a very warm summer in the Arctic, with average temperatures 2.7 to 3.8 degrees Celsius above normal.

The frequency of these bad ice years will make it impossible for polar bears to survive until another good year comes along. This means that polar bears may disappear from some subpopulations, even before sea ice is gone every year.

The amount of summer sea ice in the Arctic has been steadily shrinking over the past few decades because of man-made global warming, according to the National Oceanic and Atmospheric Administration and NASA. Meantime, following the latest IPCC report, the US Department of the Interior affirms that “there is not a climate crisis”.

Source: NOAA, NASA, NSIDC.

Photos: C. Grandpey

Etat d’urgence face à une invasion d’ours polaires // State of emergency after polar bear invasion

C’est une situation très particulière à laquelle sont confrontés les 3 000 habitants de l’archipel de Nouvelle-Zemble, dans le nord de la Russie. Ils font face à une invasion d’ours polaires. La situation a pris une tournure tellement importante que des experts ont été envoyés à la rescousse de la population.

Une cinquantaine de plantigrades sont arrivés sur les îles et ont montré un comportement particulièrement agressif. Les habitants n’ont jamais assisté à une telle invasion d’ours polaires qui se sont littéralement mis à les chasser. Les gens ont peur de quitter leurs maisons. Les parents ne veulent pas laisser leurs enfants aller à l’école. On peut voir sur des vidéos les animaux se nourrir dans les poubelles ou encore tenter de pénétrer dans les maisons. Utiliser des klaxons ou des chiens pour les éloigner s’est révélé sans effet. L’état d’urgence a été déclaré et des spécialistes de la faune arctique sont arrivés pour s’occuper des animaux. L’ours polaire étant une espèce protégée en Russie, la seule solution est d’endormir ceux qui ont envahi l’archipel.

Le réchauffement climatique explique cette invasion. Comme je l’indiquais encore vendredi dans ma conférence à Verneuil sur Vienne, la réduction de la banquise, là où les ours vivent et chassent, oblige les mammifères à un exode. Plusieurs d’entre eux ont été repérés en train de plonger pendant plus de trois minutes, ce qui est beaucoup plus longtemps que d’habitude. Normalement les ours remontent à la surface pour reprendre leur souffle et ils utilisent la banquise pour se reposer et se dissimuler quand ils chassent les phoques. Avec la disparition de la glace, ils poursuivent les phoques plus longtemps sous l’eau, la plupart du temps en ratant leurs cibles. Il s’ensuit un risque évident d’épuisement, puis de famine, d’où leur agressivité quand ils atteignent des zones susceptibles de leur fournir de la nourriture. Cette situation dramatique ne concerne pas que les ours polaires. Les morses sont confrontés aux même problèmes. La hausse des températures a fait fondre la glace sous laquelle les morses avaient l’habitude de plonger et sur laquelle ils venaient se reposer. Ils ont migré vers des espaces situés plus au nord.

Ce n’est pas la première fois que des ours polaires font parler d’eux dans la région. En 2016, cinq scientifiques russes avaient été assiégés dans une station météorologique par plusieurs animaux. À noter que le phénomène n’est pas exclusivement russe. Au Canada, les ours polaires, forcés de quitter la banquise à cause du réchauffement climatique, pénètrent dans la ville de Churchill au Manitoba. Là-bas, les autorités ont fait le choix de les isoler et de les confiner. En 2016, 53 animaux se sont ainsi retrouvés derrière les barreaux.

Source : Presse internationale.

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The 3,000 inhabitants of the Novaya Zemlya archipelago, in northern Russia are confronted with a very peculiar situation. They are facing an invasion of polar bears. The situation has taken such an important turn that experts have been sent to the rescue of the population.
About fifty plantigrades arrived on the islands and showed a very aggressive behaviour. The locals have never witnessed such an invasion of polar bears that literally started chasing them. People are afraid to leave their homes. Parents do not want to let their children go to school. One can see on video animals feed in garbage cans or try to enter homes. Using horns or dogs to keep them away has not worked. The state of emergency was declared and Arctic wildlife specialists arrived to study the animals. As the polar bear is a protected species in Russia, the only solution is to set to sleep those that have invaded the archipelago. .
Global warming is the cause of this invasion. As I explained again Friday during my conference in Verneuil sur Vienne, the reduction of the ice sheet, where the bears live and hunt, forces the mammals to an exodus. Several of them have been spotted diving for more than three minutes, which is much longer than usual. Normally, bears come to the surface to catch their breath and they use the ice slabs to rest and hide when they hunt seals. With the disappearance of ice, they pursue seals longer underwater, mostly missing their targets. The result is a clear risk of burnout and famine, hence their aggression when they reach areas likely to provide food. This tragic situation is not just about polar bears. Walruses have to face the same problems. Rising temperatures have melted the ice under which walruses used to dive and on which they came to rest. They migrated to areas further north.
This is not the first time that polar bears have been talked about in the area. In 2016, five Russian scientists were besieged in a meteorological station by several animals. Note that the phenomenon is not exclusively Russian. In Canada, polar bears, forced to leave the ice sheet because of global warming, enter the city of Churchill, Manitoba. There, the authorities have chosen to isolate them and confine them. In 2016, 53 animals ended up behind bars.
Source: International press.

Photo: C. Grandpey

Morses et ours polaires victimes du réchauffement climatique // Walruses and polar bears are victims of global warming

Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, les morses et les ours polaires sont victimes du réchauffement climatique dans l’Arctique.

Les communautés qui vivent dans la mer de Béring voient depuis plusieurs années une forte baisse de la population de morses qui constituent une part importante de leur nourriture. La vente de l’ivoire sculpté à partir des défenses des morses, légale uniquement pour les autochtones d’Alaska, apporte un revenu supplémentaire à ces communautés où le taux de chômage est élevé. La hausse des températures a fait fondre la glace sous laquelle les morses avaient l’habitude de plonger et sur laquelle ils venaient se reposer. Ils ont migré vers des espaces situés plus au nord.

Les ours polaires sont eux aussi les victimes de la réduction de la banquise. Selon l’USGS, la population d’ours polaires a diminué d’environ 40% au cours de la décennie écoulée. Dans une étude publiée au début du mois de février dans la revue Science, les scientifiques expliquent que les ours polaires ont des besoins énergétiques beaucoup plus élevés que prévu. Il leur faut beaucoup de phoques pour satisfaire un métabolisme 1,6 fois plus important que celui avancé par de précédentes estimations.

Les biologistes ont suivi neuf femelles en Arctique dans la mer de Beaufort en équipant les plantigrades de caméras-colliers et en comparant leur urine et prise de sang à plusieurs jours d’intervalle. L’étude s’est déroulée entre avril et juillet, époque où les ours chassent le plus activement et emmagasinent la graisse dont ils ont besoin pour subsister toute l’année. Parmi les ours étudiés, quatre ont perdu 10% ou plus de leur masse corporelle en l’espace de 8 à 11 jours.

De précédentes hypothèses avaient induit les scientifiques en erreur sur le métabolisme des plantigrades. Des chercheurs pensaient que leur technique de chasse, qui consiste essentiellement à attendre la proie, les conduisait à dépenser peu d’énergie pour se nourrir. Ils pensaient aussi qu’ils pouvaient ralentir leur métabolisme lorsqu’ils n’attrapaient pas assez de phoques.

L’Arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète et la fonte de la glace contraint les ours à parcourir de plus grandes distances pour trouver les jeunes phoques qui sont leur nourriture de prédilection. La glace à travers l’Arctique diminue de 14% par décennie, ce qui va probablement réduire l’accès des ours à leurs proies. Plusieurs d’entre eux ont été repérés en train de plonger pendant plus de trois minutes, ce qui est beaucoup plus longtemps que d’habitude. Normalement les ours remontent à la surface pour reprendre leur souffle et ils utilisent la banquise pour se reposer et se dissimuler quand ils chassent les phoques. Avec la disparition de la glace, ils poursuivent les phoques plus longtemps sous l’eau, la plupart du temps en ratant leurs cibles. Il s’ensuit un risque évident d’épuisement, puis de famine.

Sources : USGS & France Info.

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As I have repeated it many times, walruses and polar bears are victims of global warming in the Arctic.
Communities living in the Bering Sea have for many years seen a sharp decline in the walrus population, which is an important part of their diet. The sale of carved ivory from walrus tusks, legal only for Alaska natives, provides additional income for those communities where the unemployment rate is high. Rising temperatures melted the ice under which walruses used to dive and on which they came to rest. They migrated to areas further north.
Polar bears are also victims of the reduction of the sea ice. According to USGS, the polar bear population has declined by about 40% over the past decade. In a study published in early February in the journal Science, scientists explain that polar bears have much higher energy needs than expected. They need a lot of seals to satisfy a metabolism 1.6 times higher than that put forward by previous estimates.
Biologists followed nine females in the Beaufort Sea by equipping the plantigrades with camera-collars and comparing their urine and blood samples several days apart. The study took place between April and July, when bears hunt the most actively and store the fat they need to survive all year. Of the bears studied, four lost 10% or more of their body weight in 8 to 11 days.
Previous hypotheses had misled scientists about the metabolism of plantigrades. Researchers thus thought that their hunting technique, which essentially consisted of waiting for the prey, led them to spend little energy to feed themselves. They also thought they could slow down their metabolism when they did not catch enough seals.
The Arctic is warming twice as fast as the rest of the world and melting ice forces bears to travel further to find the young seals that are their favourite food. Ice across the Arctic is decreasing by 14% per decade, which is likely to reduce bear access to prey. Several of them have been spotted diving for more than three minutes, which is much longer than usual. Normally, bears come to the surface to catch their breath and they use the ice to rest and hide when they hunt seals. With the disappearance of the ice, they pursue seals longer underwater, often missing their targets. There follows a clear risk of exhaustion, then famine.
Sources: USGS & France Info.

Capture d’image de la webcam de Round Island

Photo: C. Grandpey

Ours polaires et morses en danger // Endangered polar bears and walruses

Signe évident du réchauffement climatique, quelque 200 ours polaires se sont rassemblés en septembre 2017 sur l’île Wrangel, dans la mer des Tchouktches, dans l’extrême-orient russe. Ils s’étaient rassemblés pour dépecer la carcasse d’une baleine venue s’échouer sur la rive. Le groupe d’ours comprenait de nombreuses familles, dont deux mères suivies chacune par quatre oursons.

Pour les scientifiques, cette situation illustre bien les conséquences du réchauffement climatique. La hausse des températures provoque la fonte des glaces plus tôt dans l’année, et pousse ainsi les populations d’ours polaires de l’Arctique à passer plus de temps sur la terre ferme. Ces animaux se rapprochent alors dangereusement des villages.

Les ours viennent traditionnellement se rassembler et se reposer sur l’île Wrangel entre les mois d’août et de novembre, après la fonte des glaces et avant de pouvoir repartir à la chasse aux phoques. C’est également la principale zone de l’océan Arctique où ils donnent naissance à leurs petits.

Aujourd’hui, les ours polaires passent en moyenne un mois de plus sur l’île qu’il y a 20 ans. Au cours de l’automne 2017, les observateurs en ont recensé 589, soit plus du double des estimations précédentes.

Des observations identiques sont faites sur le comportement des morses, autre espèce animale de l’Arctique menacée par le réchauffement climatique. Tout comme les ours sur l’île Wrangel, les morses se rassemblent par milliers sur une plage près de Point Lay, en Alaska, vers la fin du mois d’août. En cause, la fonte de la banquise qui prive ces animaux de nourriture et de refuge et les pousse à s’entasser sur cette petite île.

Ces rassemblements sont de plus en plus fréquents. En 2014, quelque 35 000 animaux se sont regroupés sur cette même plage, fin septembre, mais c’est la première fois en 2017 que ce phénomène se produit si tôt dans l’année.

Ces rassemblements s’avèrent dangereux pour les morses du Pacifique, qui manquent de nourriture et peuvent développer des maladies. Certains risquent en outre d’être écrasés par leurs congénères si le groupe décide de se déplacer subitement, par exemple lors du passage d’un avion.  .

Les morses se hissent habituellement sur la glace pour chasser leur nourriture. Ils plongent à partir de blocs de glace flottants pour se nourrir de palourdes sur le fond de l’océan. À mesure que la banquise fond, cet habitat se déplace vers le nord, au-delà des eaux peu profondes du plateau continental et dans les eaux arctiques trop profondes pour les animaux en quête de nourriture. Puis ils s’échouent sur le rivage, se serrant les uns contre les autres, parfois par milliers, où des bousculades meurtrières peuvent se produire.
En septembre 2017, environ 2 000 morses se trouvaient près de la plage de Point Lay. Les échouages ​​massifs de morses ont été observés pour la première fois au large de Point Lay en 2007, lorsque l’étendue des glaces de mer arctiques a chuté de 1,5 million de kilomètres carrés en dessous de la moyenne – une superficie équivalente à celle de l’Alaska et du Texas réunis.
Les efforts du président Trump pour se retirer de l’accord climatique de Paris et pour ouvrir l’Arctique aux forages gaziers et pétroliers aggraveront la perte de glace de mer et d’autres menaces pour les morses du Pacifique.

Sources: France Info, Anchorage Daily News.

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An obvious sign of global warming, some 200 polar bears gathered in September 2017 on Wrangel Island in the Chukchi Sea in the Russian Far East. They gathered to feed on the carcass of a whale that had washed up on the shore. The bear group included many families, including two sows, each of whom was followed by four cubs.
For scientists, this situation is a good illustration of the consequences of global warming. Rising temperatures are causing the ice to melt earlier in the year, pushing Arctic polar bear populations to spend more time on dry land. These animals are then coming dangerously close to the villages.
Bears traditionally come together and rest on Wrangel Island between August and November, after the ice melts and before they can go back to the seal hunt. It is also the main area of ​​the Arctic Ocean where they give birth to their young.
Today, polar bears spend an average of one month more on the island than 20 years ago. In the fall of 2017, observers counted 589, more than double the previous estimates.

Similar observations are made on the behaviour of walruses, another Arctic animal species threatened by global warming. Just like the bears on Wrangel Island, walruses congregate by the thousands on a beach near Point Lay, Alaska, in late August. This is because the melting ice pack deprives these animals of food and shelter and pushes them to pile up on this small island.
These gatherings are more and more frequent. In 2014, some 35,000 animals gathered on the same beach in late September, but this is the first time in 2017 that this phenomenon occurs so early in the year.
These gatherings are dangerous for Pacific walruses, who lack food and can develop diseases. Some may also be crushed by their peers if the group decides to move suddenly, for example because of the noise made by a passing plane. .
Walruses usually hunt on the ice to look for food. They dive from floating ice blocks to feed on clams on the bottom of the ocean. As the pack ice melts, this habitat moves northward beyond the shallow waters of the continental shelf and into Arctic waters that are too deep for foraging animals. Then they run aground on the shore, huddling against each other, sometimes by the thousands, where deadly jostling can happen.
As of September 2017, about 2,000 walrus were found near Point Lay beach.  Massive landings of walruses were observed for the first time off Point Lay in 2007, when the extent of Arctic sea ice dropped by 1.5 million square kilometers below average – an area equivalent to that of Alaska and Texas combined.
President Trump’s efforts to withdraw from the Paris climate agreement and open the Arctic to oil and gas drilling will increase the loss of sea ice and other threats to Pacific walruses.

Sources: France Info, Anchorage Daily News.

Photo: C. Grandpey

Image webcam: Round Island (Alaska)

Moins de glace de mer = Ours polaires de plus en plus dangereux // Less sea ice means more dangerous polar bears

Avec la diminution de la glace de mer dans l’Arctique, les attaques d’ours blancs sont en augmentation. Les conditions de vie de plus en plus difficiles sur la banquise obligent les plantigrades à se débrouiller sur terre pour trouver de quoi vivre, voire survivre.

Une étude publiée dans le Wildlife Society Bulletin et qui prend en compte toutes les attaques d’ours polaires recensées dans l’Arctique depuis 1870 montre une forte recrudescence au cours des dernières années. 20% des 73 attaques d’ours polaires sur des personnes ont eu lieu entre 2010 et 2014. Dans de nombreux cas, les ours ont tué pour manger, pas pour se défendre.
Le réchauffement climatique signifie moins de glace de mer, là même où les ours polaires ont pour habitude de chasser les phoques, leur source principale de nourriture. Il s’ensuit un plus grand nombre d’ours sur la terre ferme où leur nourriture traditionnelle se fait plus rare. Les attaques se font de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que de nouveaux ours arrivent sur les rivages de l’Océan Arctique et  que de plus en plus de gens viennent dans l’Arctique a des fins touristiques ou pour y trouver du travail.

Comme indiqué précédemment, on a recensé 73 attaques de 1870 à 2014 ; les ours ont tué 20 personnes et en ont blessé 63. L’étude prend en compte les attaques entre 1960 et 2014. De 1960 à 2009, 47 attaques ont été commises contre des personnes, soit une moyenne de 9,4 par décennie. Il faut noter que dans les cinq années qui ont suivi, de 2010 à 2014, il y a eu 15 attaques, soit une augmentation spectaculaire. De plus amples informations seront nécessaires pour voir si les attaques marquent une tendance qui se poursuivra au cours de la décennie actuelle.
Les dernières années ont été particulièrement inquiétantes pour la glace de mer. Son étendue pendant l’été est particulièrement faible depuis 2007. Le minimum a été atteint en 2012. À l’heure actuelle, selon le National Snow and Ice Data Centre basé à Boulder (Colorado), l’étendue de glace se situe légèrement au-dessus du niveau de 2012, mais est à peu près équivalente au niveau de la mi-juillet l’an dernier. En outre, la majeure partie de la glace de mer dans l’Arctique est beaucoup plus mince qu’au cours des dernières années. D’autres statistiques indiquent que le réchauffement du climat est un facteur déterminant dans l’augmentation des attaques d’ours blancs sur les personnes.
Au vu des informations communiquées au sujet des attaques d’ours, il s’avère que 61% des animaux étaient maigres et en mauvaise santé. Parmi les ours prédateurs, qui représentaient 59% de toutes les attaques, 65 avaient des conditions corporelles inférieures à la normale.
Les habitants de l’Arctique sont conscients des nouveaux dangers. Beaucoup d’entre eux ne campent plus dans la toundra comme dans les années passées. Au lieu de cela, ils séjournent dans des abris de pêche solides ou des chalets plus résistants que les tentes.
93% des attaques mortelles ont été commises par des mâles. 64% ont été commises par des adultes, mais des ours polaires âgés d’un an seulement ont tué des personnes, ce qui est très différent des ours noirs et bruns plus au sud. Alors que les femelles avec des oursons représentent un petit nombre d’attaques, il n’y a aucune trace d’attaque mortelle par une ourse accompagnée de son petit. Toutes les attaques mortelles signalées étaient l’œuvre d’ours solitaires. Plus de la moitié des attaques d’ours polaires ont été commises sur des personnes qui se trouvaient dans des camps éloignés ou qui traversaient le territoire. 27% se sont produites dans des communautés arctiques. Ce dernier chiffre est très élevé par rapport aux attaques d’ours noirs et bruns qui sont beaucoup plus fréquentes que les attaques d’ours polaires en zone habitée.
Le but de l’étude est de permettre d’élaborer des stratégies et des programmes pour assurer la sécurité des habitants et des visiteurs de l’Arctique à un moment où de plus en plus d’ours polaires viennent sur terre et où ceux qui sont déjà sur terre y restent plus longtemps.
Source: Alaska Dispatch News.

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As Arctic sea ice has dwindled, polar bear attacks on people have increased, confirming trends that point to distressed conditions for bears forced to fend for themselves on land as the ice of their ocean habitat melts.

A study published in the Wildlife Society Bulletin taking into account all confirmed wild polar bear attacks around the Arctic since 1870 shows a steep upturn in attacks in recent years. Twenty percent of the 73 known polar bear attacks on people occurred in just five years, from 2010 to 2014, according to the analysis, and in many cases, the bears killed to eat, not to defend themselves.

Warmer conditions mean less ice at sea, where polar bears historically have hunted seals, their main food source. That sends more bears ashore, where traditional food supplies are sparser. There, they are encountering more people who are traveling over the landscape or camping on it, working at research or industrial sites and living in communities around the Arctic. Trouble has been expected as more bears come to land and more people come to the Arctic, including those hoping to extract resources and others traveling as tourists.

In all, there are confirmed records of 73 attacks from 1870 to 2014, and they killed 20 people and injured another 63. Most of the study’s analysis focuses on confirmed attacks from 1960 to 2014, the last year of data included. From 1960 to 2009, there were 47 attacks on people, an average of 9.4 per decade. But in the five years after that, from 2010 to 2014, there were 15 attacks, a dramatic increase. More information will be needed to see whether the attacks mark a dangerous trend that will continue through the rest of the decade.

The recent years have been notably bad for sea ice. Summer Arctic ice extent has been particularly low since 2007. The record-low minimum was hit in 2012. Right now, ice extent is running slightly above 2012 levels, but is about equal to mid-July levels last year and in other years of extremely low ice, according to the National Snow and Ice Data Center in Boulder, Colorado. Besides, most of the sea ice that currently exists in the Arctic is much thinner than it has been in past years. Other statistics in the study point to climate transformation as the factor behind increased polar bear attacks on people.

In cases where information was known about attacking bears’ body conditions, 61 percent of those that attacked people were found to be in bad shape, either skinny or merely underweight. Among predatory bears, which accounted for 59 percent of all attacks, 65 had poorer-than-normal body conditions.

Locals in the Arctic have taken notice of the new dangers. Many of them no longer camp out on the exposed tundra as they did in years past. Instead, they stick to established fish camps and cabins that are better fortified than tents.

Of all the fatal attacks, 93 percent were committed by males. Sixty-four percent were committed by adults, but even yearling polar bears have killed people, something very different from the pattern with black and brown bears farther south. While females with cubs account for a small number of reported attacks on people, there is no record of any fatal attack by a mother bear with her young. All reported fatal attacks were by solitary bears. More than half of the polar bear attacks were on people in remote camps or travelling across the land, while 27 percent of them happened in Arctic communities. That latter ratio is very high compared to attacks by black and brown bears, which are much more frequent than attacks by polar bears.

The study is intended to help craft strategies and programs to keep Arctic residents and visitors safe at a time when more polar bears are coming to land and those on land are staying longer.

Source: Alaska Dispatch News.

Source: National Snow and Ice Data Center

Ours polaire dans le Manitoba  (Photo: C. Grandpey)