Réchauffement climatique : Macareux en danger ! // Climate change : Puffins at risk !

Les macareux sont en danger. Leur nombre a considérablement diminué, en particulier depuis les années 2000, que ce soit en Islande ou dans d’autres habitats, par exemple sur la côte nord de l’Ecosse. Les causes potentielles du problème sont nombreuses avec, entre autres, la surpêche et la pollution. Les scientifiques affirment aussi que le changement climatique est un autre facteur qui entraîne une diminution de la nourriture des oiseaux et deviendra probablement de plus en plus important avec le temps.
Bien que certaines colonies de macareux prospèrent en Islande où se trouve la plus grande population de l’Atlantique, leur nombre est passé d’environ sept millions d’individus à environ 5,4 millions. Depuis 2015, les oiseaux ont été répertoriés comme «vulnérables» par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, ce qui signifie qu’il existe un fort risque d’extinction à l’état sauvage.
Les Islandais ont toujours été très attachés aux macareux, que ce soit au niveau culturel ou touristique, et parfois aussi pour leur intérêt culinaire. On peut voir des chasseurs avec de longs filets parcourir l’île de Grimsey et laisser derrière eux des tas de carcasses d’oiseaux dont la poitrine a été retirée. L’Islande a limité la chasse, mais elle accélère certainement le déclin de l’espèce.
En Islande, les macareux souffrent du déclin de leur nourriture préférée, les lançons ou anguilles des sables, que l’on voit pendre du bec des parents quand ils les apportent à leurs poussins. Ce déclin est lié à une augmentation de la température de surface de la mer observée depuis plusieurs années. La température de l’eau de mer en Islande est régie par les cycles de l’oscillation atlantique multidécennale, avec des périodes d’eau plus froide alternant avec des périodes plus chaudes. Entre le cycle froid de 1965-1995 et le cycle chaud actuel, les relevés de température au cours de l’hiver indiquent un réchauffement supplémentaire d’environ un degré Celsius. Cela peut paraître faible, voire négligeable, mais est désastreux pour les lançons. Les scientifiques expliquent que si la température augmente d’un degré, la vitesse de croissance des anguilles se trouve modifiée et donc leur capacité à passer l’hiver. Selon un ornithologue islandais, l’augmentation de la température de la mer provoquée par le changement climatique est «le facteur environnemental clé» du déclin des lançons.
Avec moins d’anguilles dans l’eau, les macareux doivent voler plus loin pour trouver de la nourriture pour eux-mêmes et leurs poussins. Ceci est confirmé par les données des enregistreurs GPS. Voler, pour les macareux, demande une grande débauche d’énergie. Des études montrent que 40% de la population de poussins islandais a perdu du poids au fil du temps. Lorsque les adultes ne peuvent pas attraper assez de lançons pour se nourrir et nourrir les poussins, ils se nourrissent d’abord et les poussins meurent de faim au fond des terriers.

Sources: Iceland Review, The New York Times.

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Puffins are in trouble. The number of birds has been dramatically declining, especially since the 2000s, both in Iceland and across many of their habitats, the northern coast of Scotland, for instance. The potential culprits are many, with overfishing and pollution among others. Scientists say that climate change is another underlying factor that is diminishing food supplies and is likely to become more important over time.

Though some puffin colonies are prospering, in Iceland, where the largest population of Atlantic puffins is found, their numbers have dropped from roughly seven million individuals to about 5.4 million. Since 2015, the birds have been listed as “vulnerable” by the International Union for Conservation of Nature, meaning they face a high risk of extinction in the wild.

The birds are cherished by Icelanders as part of their history, culture and tourist trade — and, for some, their cuisine. Hunters with long nets can be seen tooling around Grimsey Island in the summer, leaving behind piles of bird carcasses, the breast meat stripped away. Iceland has restricted the annual harvest, but hunting is certainly accelerating the decline.

Around Iceland, the puffins have suffered because of the decline of their favorite food, silvery sand eels, which dangle from the parents’ beaks as they bring them to their young. That collapse correlates to a rise in sea surface temperatures that has been observed for years. The temperature of waters around the country is governed by long-term cycles of what is known as the Atlantic Multidecadal Oscillation, with periods of colder water alternating with warmer. Between the 1965-1995 cold cycle and the current warm cycle, winter temperature records show about one degree Celsius of additional warming, a seemingly small amount, but disastrous for the sand eels. Scientists say that if temperatures increase by one degree, the eels’ growth rate is modified and thus their ability to survive the winter. According to an Icelandic ornithologist, an increase in sea temperature brought about by climate change is “the key environmental factor” behind the sand eels’ decline.

Without as many sand eels in the water, the birds have to fly farther to find food for themselves and their chicks. This is confirmed by the data from the GPS loggers. Flying, for puffins, is very demanding; it is a big energy cost for them. Studies show that 40 percent of the population of Icelandic puffin chicks is losing body mass over time. When the adults can’t catch enough to feed themselves and the chicks, they make an instinctive Malthusian choice; the chicks starve and die inside the burrows.

Sources: Iceland Review, the New York Times.

Macareux en Islande  sur la Presqu’île de Tjornes

Macareux sur la côte nord de l’Ecosse

(Photos: C. Grandpey)

Une histoire de saumon et d’ours polaire // A story of salmon and polar bear

drapeau-francaisUn parasite, le pou de mer  (ou pou du poisson) est en train de tuer les saumons d’élevage en Norvège et en Ecosse, mais les biologistes ne sont pas trop inquiets pour les poissons et les fruits de mer en Alaska. Le parasite s’attaque surtout aux poissons d’élevage qui présentent une très forte densité dans les enclos, ce qui permet au parasite de se propager facilement. Les fermes piscicoles sont illégales en Alaska, ce qui met le poisson relativement à l’abri de ce parasite

Il est trop tôt pour dire quel impact subira la demande en Alaska suite à cette mortalité élevée des saumons de l’autre côté de l’Atlantique. A côté des poux de mer, des millions de saumons ont été décimés dans des fermes piscicoles au Chili suite à une prolifération d’algues toxiques.
Le cours du saumon a augmenté d’environ 9 pour cent au cours des dernières semaines. Il est fixé en fonction des transactions effectuées officiellement par les producteurs et les exportateurs de saumon norvégien.
Plus que le poux de mer, ce qui inquiète l’Alaska Seafood Marketing Institute, c’est la façon dont des informations négatives sur le saumon – pas forcément sur le saumon de l’Alaska – pourraient se propager et changer l’opinion des consommateurs, surtout si elles ne font pas de distinction entre le saumon d’élevage et le saumon sauvage.

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Si vous n’aimez pas le saumon ou s’il devient trop coûteux, penser à la viande de l’ours polaire ne serait pas une bonne idée.
Tout au long de l’histoire de l’Arctique, l’ours a servi de nourriture de subsistance, même si dans la plupart des sociétés autochtones ce sont les baleines, les morses, les phoques ou les caribous qui fournissent la majeure partie de l’alimentation. La chasse à l’ours polaire est interdite dans des pays comme les États-Unis. Cependant, les groupes autochtones qui ont une tradition de chasse de l’ours polaire sont autorisés à le chasser, ainsi que les autres animaux protégés par le Marine Mammal Protection Act.
La consommation de la viande d’ours polaire peut induire des effets secondaires négatifs, voire dangereux. L’un des plus graves est l’hypervitaminose A, un excès de la vitamine que l’on peut contracter en mangeant le foie des ours polaires, des phoques et des morses. S’attaquant au système nerveux central, cette affection peut causer la perte de cheveux, une desquamation, des malformations foetales, des problèmes hépatiques, des vomissements, des troubles de la vision et même la mort. Les peuples autochtones sont conscients de ce danger depuis fort longtemps, tout comme les explorateurs, même si certains ne se sentaient pas malades après avoir mangé le foie d’un animal polaire.
Les recherches ont montré qu’une personne adulte en bonne santé peut tolérer 10 000 unités de vitamine A. Le problème peut se situer entre 25 000 et 33 000 unités. Une livre de foie d’ours polaire peut contenir 9 millions d’unités de vitamine A.
Une autre affection est la trichinose, une maladie parasitaire contractée en mangeant la chair crue ou mal cuite de porcs ou de gibier, y compris d’ours. Les symptômes comprennent la fièvre, les douleurs musculaires et la fatigue, ainsi que l’inflammation du muscle cardiaque, des poumons ou du cerveau. Quelques morts ont été recensées.
Les peuples indigènes évitent le foie d’ours polaire en raison de sa concentration élevée en vitamine A et, comme le faisaient les explorateurs et les baleiniers, ils le donnent à leurs chiens. De nos jours, les populations arctiques apprécient les nuances de saveur en fonction des espèces d’ours ou des parties de l’ours. Certains préfèrent plutôt les ours polaires prélevés dans la tanière plutôt que les ours tués à l’air libre, parce qu’ils ont meilleur goût.
Malgré tout, la cuisine gastronomique arctique reste une exception. Sur l’île de Little Diomede dans le détroit de Béring, les dindes ne sont pas monnaie courante. Les autochtones célèbrent le Thanksgiving – L’Action de Grâce – en servant la nourriture locale dans l’école du village. Comme beaucoup d’Alaskiens, ils dépendent encore en grande partie de la mer. Au menu figurent le crabe bleu et la baleine boréale, le phoque, le morse et l’ours polaire qu’ils peuvent chasser en toute légalité. Dépecé convenablement, un ours polaire peut fournir plus de 200 kilos de viande, suffisamment de nourriture pour des dizaines d’invités!
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisA parasite called sea louse is killing off farmed salmon in Norway and Scotland, but seafood industry experts in Alaska don’t seem too worried about it. The parasite is mostly a worry for farmed fish, since they’re often densely packed in pens, allowing the parasite to spread. Fish farms, however, are illegal in Alaska, making salmon here much less susceptible to die-offs.

It is too early to tell exactly how changes in demand driven by all those dead salmon across the Atlantic could affect Alaska. In addition to woes from sea lice, millions of salmon have been killed in Chilean farms as the result of a toxic algae bloom there. Salmon prices have increased about 9 percent in the past weeks. It’s based on transactions reported by Norwegian salmon exporters and salmon producers.

More than sea lice, the Alaska Seafood Marketing Institute is concerned about how negative news stories about salmon — even those not related to Alaska salmon — might change consumers’ minds about buying the fish, especially if they don’t distinguish between farmed and wild.

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If you don’t like salmon or if it becomes too expensive, thinking about polar bear meat would not be a good idea.

Throughout Arctic history the bear has served as food, though in most indigenous societies, whales, walrus, seals, caribou or reindeer provided the bulk of the diet. Polar bear hunting has been banned in countries such as the United States. However, native groups with a tradition of hunting polar bears are permitted to keep hunting them as well as other animals covered by the Marine Mammal Protection Act.

Eating polar bear meat includes the possibility of negative side effects. One of the most serious is hypervitaminosis A, an excess of the vitamin that can be contracted from eating the liver of polar bears, seals and walrus. Affecting the central nervous system, it can cause hair loss, extreme peeling of the skin, birth defects, liver problems, vomiting, blurred vision and even death. Native peoples have long been aware of this danger, as have explorers, though some felt no worse after eating the liver.

Research has shown that a healthy adult person can tolerate 10,000 units of vitamin A. The trouble may come between 25,000 and 33,000 units. One pound of polar bear liver can contain 9 million units of vitamin A.

Equally bad is trichinosis, a parasitic disease contracted by eating the raw or undercooked flesh of pigs or wild game, including bear. Symptoms can include fever, muscle pain and fatigue, as well as inflammation of the heart muscle, lungs or brain, which have led to a few deaths.

Native peoples avoided polar bear liver because of its vitamin A concentration, and, like explorers and whalers, fed it only to their dogs. Modern Inuit and Inupiat value the flavor nuances of different bears or parts of a bear. Some prefer den polar bears, instead of bears caught in the open, because they taste better.

However, Arctic gourmet cooking remains an exception. On Alaska’s Little Diomede Island, in the Bering Strait, turkeys are hard to find. That is why the islanders celebrate Thanksgiving by serving common local fare in the village school. Like many in Alaska, these people still largely depend on the sea’s bounty — blue crab and bowhead whale, seal, walrus and polar bear, which they can legally hunt. Butchered properly, a polar bear yields up to 500 pounds of meat, enough food for dozens of guests!

Source: Alaska Dispatch News.

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En Alaska, le saumon pullule parfois dans les rivières. On le pêche et on le prépare sur place! (Photos: C. Grandpey)

L’éruption du Tambora, les maquereaux et le changement climatique // The Tambora eruption, mackerel and climate change

drapeau-francaisDes scientifiques de l’Université du Massachusetts et d’autres institutions ont publié dans le numéro de janvier de la revue Science Advances les résultats de recherches où ils font remarquer que l’éruption du Tambora (Indonésie) en 1815, qui a entraîné une période de refroidissement climatique, a fait augmenter la consommation de maquereaux en Nouvelle Angleterre car ces poissons on été moins affectés par le cataclysme que les récoltes et le bétail. Les chercheurs se sont demandés si l’on ne pourrait pas établir une relation entre l’éruption du Tambora, le refroidissement climatique qui a suivi et l’augmentation de la consommation de maquereaux d’une part, et la période actuelle de réchauffement climatique d’autre part.
Après l’éruption du Tambora en 1815, une période froide – souvent décrite comme «l’année sans été» – a provoqué la mort du bétail et a modifié le comportement des poissons en Nouvelle-Angleterre, de sorte que beaucoup de gens se sont rabattus sur le maquereau qui a été moins affecté que de nombreux animaux par les conséquences de l’éruption.
Les chercheurs ont examiné les effets de l’éruption du Tambora sur le Golfe du Maine et les systèmes d’alimentation humaine à proximité. Ils ont constaté que le gaspareau, un poisson qui ressemble au hareng et qui était utilisé aussi bien comme engrais que comme nourriture par les habitants de la Nouvelle Angleterre au 19ème siècle, avait quasiment disparu. En revanche, le maquereau avait mieux résisté et était devenu une source essentielle de protéines et d’emplois. Alors que les récoltes étaient anéanties et que la famine avait fait son apparition, ce poisson était devenu un aliment de subsistance. Il s’agit d’un scénario semblable à celui que vivent actuellement certains pays en voie développement, au moment où le changement climatique affecte la sécurité alimentaire.
L’étude indique que l’on peut établir un parallèle entre la nécessité d’une adaptation immédiate après l’éruption du Tambora et les défis à relever actuellement pour faire face aux ravages provoqués par les tempêtes, les inondations et les sécheresses. L’étude note par ailleurs que la perte d’aliments de base causée par le changement climatique suite à l’éruption du Tambora a entraîné des déplacements de populations dans les États du Nord-Est, ce que l’on observe aujourd’hui dans des endroits comme le Pakistan et la Syrie.
La façon dont la pêche s’adaptera au changement climatique dans les pays en voie de développement est une question de sécurité alimentaire car le poisson est une ressource protéique d’une importance vitale dans le monde entier. Des études ont montré que plus d’un milliard de personnes démunies dans le monde obtiennent la plupart de leurs protéines animales à partir de poissons, et 800 millions d’autres personnes dépendent de la pêche et de l’aquaculture pour leurs moyens de subsistance.
Le rapport montre que des changements climatiques soudains peuvent avoir des conséquences inattendues. Il conclut en faisant remarquer qu’une bonne gestion de nos ressources naturelles permettra d’atténuer certains impacts climatiques. Contrairement à la population en 1815, nous savons ce qui nous guette, et nous devons donc nous y préparer.
Sources: ScienceDaily; ABC News.

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drapeau-anglaisScientists with the University of Massachusetts, and other institutions, published research findings in the January issue of the journal Science Advances where they concluded the 1815 volcanic eruption of Mount Tambora in Indonesia that led to a short period of climate cooling also increased the consumption of mackerel, which were less affected than crops and other animals in New England. The researchers also wondered what the Tambora eruption, the climate cooling that followed and a surge in the consumption of mackerel could tell us about today’s era of global warming.

After the eruption of Mount Tambora in 1815, a cooled climate – often described as the « Year Without a Summer » – led to deaths of livestock and changed fish patterns in New England, leaving many people dependent on the mackerel that was less affected than many animals.

The researchers looked at what the Tambora eruption meant for the Gulf of Maine and nearby human food systems. They found that alewives, a fish used for everything from fertilizer to food by 19th-century New Englanders, did not fare well. But mackerel had better survival rates and became a critical source of protein and jobs. As crops failed and famine began to spread, the little fish emerged as a staff of life. It is a scenario similar to what parts of the developing world are experiencing today as climate change affects food security.

The study states there is a parallel between the need for immediate adaptation after Tambora and the challenges in coping with the climate-driven devastation caused by storms, floods and droughts today. It notes that the loss of food staples due to climate change caused people in the northeastern states to move, something seen today in places such as Pakistan and Syria.

How fisheries in the developing world will adapt to future climate change is an important contemporary food security issue, because fish are a vitally important protein resource worldwide. Studies have explained that more than a billion of the world’s poor obtain most of their animal protein from fish, and 800 million depend on fisheries and aquaculture for livelihoods.

The report illustrates how abrupt changes in climate can have unexpected consequences. It concludes by saying that good stewardship of our natural resources can help buffer against some climate impacts. Unlike the people in 1815, we have an idea of what is coming, and we need to make sure we are prepared.

Sources: ScienceDaily; ABC News.

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Timbre émis en 2015 à l’occasion du bicentenaire de l’éruption du Tambora.

Le nouveau mode de vie des ours polaires // Polar bears’ new way of life

drapeau francaisSelon une étude présentée à la 24ème Conférence Internationale sur la Recherche et la Gestion des Ours qui s’est tenue à Anchorage, avec le recul de la banquise dans l’Arctique, les ours polaires au large des côtes nord de l’Alaska et de la Norvège ont largement abandonné leur nourriture traditionnelle à base de phoque. Cela confirme une étude récente des scientifiques du Fish and Wildlife Service, publiée dans le Journal of Mammalogy ; ces chercheurs ont constaté que les ours polaires sont attirés par les os de baleines entassés sur le rivage par les chasseurs Inupiat de Kaktovik, petit port dans le district de North Pole, sur la côte nord de l’Alaska. (Voir ma note du 12 décembre 2015).
Les colliers GPS de suivi et l’analyse des isotopes montrent que les ours en Mer de Beaufort méridionale, au large des côtes nord de l’Alaska et des côtes nord-ouest du Canada, se nourrissent des restes de baleines boréales tandis que leurs homologues autour de l’archipel du Svalbard ont recours à une variété de sources alimentaires allant des d’oeufs d’oiseaux – les oies polaires, par exemple (voir ma note du 26 Novembre 2014) – jusqu’aux rennes.
Tout cela montre que les ours polaires tentent d’adapter leur alimentation à de nouvelles conditions de vie. Les échantillons de poils, de sang et de tissus prélevés sur des animaux vivant des deux côtés de l’Arctique sont révélateurs de ces nouvelles sources de nourriture. Dans le secteur du Svalbard, où les conditions de glace varient considérablement d’une année à l’autre et d’une localité à l’autre, les ours vivant dans les zones où il y a peu de glace se sont tournés vers les œufs, les oiseaux, les baleines, les morses et même les rennes. Cependant, la tendance n’est pas uniforme. Par exemple, dans le Svalbard, les femelles adultes sans petits sont plus susceptibles de s’en tenir à l’alimentation traditionnelle à base de phoques.
Selon d’autres recherches présentées à la conférence, la viande restée sur les os des baleines boréales offre probablement un autre avantage pour les ours polaires du sud de la Mer de Beaufort: le niveau de mercure observé dans leur organisme est plus faible qu’avec un régime alimentaire fait uniquement de phoques. Le mercure est un polluant qui présente de gros risques pour l’Arctique. Les émissions provenant de la combustion du charbon et d’autres activités industrielles du sud sont transportées vers le nord par les courants atmosphériques et océaniques, et on a observé que le réchauffement climatique dans l’extrême nord apporte davantage de mercure dans l’écosystème.
Les échantillons de poils d’ours polaires dans le sud de la mer de Beaufort montrent une réelle baisse du niveau de mercure. En 2011, le taux de mercure était inférieur de moitié à celui mesuré en 2004 et 2005. Une explication possible est la diversification du régime alimentaire et l’absorption d’autres aliments que la viande de phoque. Les chercheurs ont également constaté que les mâles adultes montraient une baisse de mercure plus importante que les femelles adultes.

Une autre question abordée lors de la conférence a été de savoir combien de temps les ours polaires peuvent rester sans se nourrir. Les plantigrades détenus par les responsables du Département d’Environnement du Manitoba entre 2009 à 2014 ont été contrôlés au moment de leur capture et au moment de leur libération afin de voir comment leur organisme avait évolué au cours d’une période où on leur a donné de l’eau, mais pas de nourriture. La période moyenne de détention était de 17 jours, ce qui a correspondu à une perte moyenne de 1 kilogramme par jour, soit 0,5% de la masse corporelle. Les scientifiques canadiens ont calculé que, après 180 jours, 56% à 63% des jeunes adultes et 18% à 24% des ours adultes allaient mourir de faim. Les ours de Bay James dans la partie sud de la baie d’Hudson, le plus méridional des habitats pour les ours polaires de la planète, se sont adaptés pour survivre à de longues périodes de jeûne. Mais eux aussi courent un risque de plus en plus grand de mourir de faim si la glace continue à se faire de plus en plus rare.
Source: Alaska Dispatch News

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drapeau anglaisAccording to research presented at the 24th International Conference of Bear Research and Management that was held in Anchorage, with the retreat of the icefield in the Arctic, polar bears off the northern coasts of Alaska and Norway are breaking away from their traditional seal-based diets. This confirms a recent study by U.S. Fish and Wildlife Service scientists, published in the Journal of Mammalogy, which found that polar bears are attracted by the bone pile left on the beach by Inupiat whalers from Kaktovik, a small port in the North Pole district, on the northern coast of Alaska. (See my note of December 12th 2015).

GPS tracking collars and isotope analysis are documenting how animals from the southern Beaufort Sea population off northern Alaska and northwestern Canada are eating bowhead-whale scraps and how bears around the Svalbard Archipelago are dining on a variety of non-traditional food sources, from bird eggs (see my note of November 26th 2014)  to reindeer.

All this shows that polar bears are trying to adapt their diets to new living conditions. Hair, blood and tissue samples from bears on both sides of the Arctic are revealing chemical fingerprints of those alternative food sources. Around Svalbard, where ice conditions vary widely from year to year and from locality to locality, bears in low-ice areas have turned to eggs, birds, whales, walruses and even reindeer. However, the trends are not uniform. For instance, Svalbard adult females without cubs are more likely to stick to the traditional seal diet.

Meat at the bowhead bone piles might provide another benefit to southern Beaufort Sea polar bears, according to other research presented at the conference: lower mercury levels than would be ingested from a seal-only diet. Mercury is a contaminant of special concern in the Arctic. Emissions from coal burning and other industrial operations to the south are carried northward on atmospheric and oceanic currents, and there are signs that warming in the far north is releasing additional mercury into the ecosystem.

Hair samples from polar bears in the southern Beaufort Sea population show a real decline in mercury levels. By 2011, average mercury readings from sampled bears were less than half the levels measured in 2004 and 2005. One possible factor is the diversification of diet and the use of something other than seal meat. The research also found that adult males showed more of a decline in mercury than adult females.

Another question tackled during the conference was : How long can polar bears go without food? Bears detained by Manitoba environmental officials from 2009 to 2014 were monitored at the time of capture and the time of release to see how their bodies changed during a period when they were given water but no food. Median time of detainment was 17 days, and the median loss was 1 kilogram per day, or 0.5% of body mass. Canadian scientists calculated that after 180 days 56% to 63% of subadults and 18% to 24% of adult males would die of starvation. The bears of James Bay in the southernmost part of Hudson Bay, the world’s southernmost habitat for polar bears, have evolved to survive long periods of fasting. But even they are at increased risk of starvation if current low-ice trends continue.

Source: Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

Sinabung (Indonésie): L’aspect humain de l’éruption // The human side of the eruption

drapeau francaisLa plupart des sites web et autres blogs qui donnent des informations sur l’éruption du Sinabung (régence de Karo, Nord Sumatra) insistent surtout sur l’aspect physique de l’événement mais laissent de côté l’aspect humain qui, pourtant, ne saurait être négligé.

Alors que l’éruption se poursuit, avec son lot de nuages ​​de cendre et coulées pyroclastiques, des milliers d’habitants de 16 sous-districts autour du volcan souffrent cruellement d’un manque d’eau propre à la consommation. Ils n’ont plus d’argent pour acheter de la nourriture car leurs plantations sont recouvertes de cendre volcanique. Jusqu’à présent, la seule aide en provenance de l’administration s’est limitée à des masques de protection contre la cendre. Aucune aide logistique ne les a atteint.
L’administration de la régence de Karo affirme avoir pulvérisé de l’eau sur les plantations afin de les débarrasser de la cendre, mais priorité a été donnée au nettoyage des installations publiques comme les lieux de culte, les bâtiments scolaires et les rues.
Les données fournies par l’Agence de l’Agriculture de Karo montrent que 1620 hectares de cultures ont été gravement endommagés par les éruptions, 1 830 hectares ont été modérément endommagés et 42 hectares ont été légèrement endommagés. Le total des pertes financières correspondant aux dégâts subis par les cultures est estimé à 97,7 milliards de roupies.
Selon les derniers rapports, le Sinabung a connu quatre séquences éruptives le 16 octobre, avec des coulées pyroclastiques qui ont détruit des bâtiments dans le sous-district de Suka Meriah, situé à quelque 2,5 km du cratère. Aucune perte humaine n’a été signalée suite à cet événement. En effet, les habitants de cette région n’ont toujours pas regagné leurs maisons après avoir été évacués lors de l’éruption de l’an dernier.

Source : The Jakarta Post.

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drapeau anglaisMost websites or blogs that deal with the eruption of Mount Sinabung (Karo regency, North Sumatra) mainly insist on the physical aspect of the event but leave aside the human aspect that should not be neglected.

As the eruption continues with ash clouds and pyroclastic flows, thousands of residents in 16 subdistricts around the volcano are badly in need of clean water. They no longer have money to buy food because their agricultural plantations have been affected by volcanic ash. So far, the only aid residents have received from the regency administration was masks to protect them from the ash. No logistical aid has reached them.
The Karo administration also reportedly had yet to spray water on residents’ plantations to get rid of volcanic ash, as it was focusing on cleaning up public facilities such as houses of worship, school buildings and streets.
Data from the Karo Agriculture Agency show that 1,620 hectares of crops have been severely damaged by the eruptions, while 1,830 hectares were moderately damaged and another 42 hectares were lightly damaged. Total financial losses suffered by residents due to crop damage are estimated to reach Rp 97.7 billion.
According to the latest reports, Mount Sinabung erupted four times on October 16th, with pyroclastic flows that destroyed buildings in Suka Meriah subdistrict, located some 2.5 kilometres from the crater. No fatalities were reported following the incident because the subdistrict’s residents have not yet returned to their houses after being evacuated following last year’s eruption.
Source : The Jakarta Post.

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L’éruption du Sinabung vue par la webcam: Impressionnant!

Le Mauna Loa: Un tremplin vers Mars? // Mauna Loa volcano: A springboard to Mars?

drapeau francaisLes volcans sont utilisés depuis longtemps comme terrains d’essai pour les missions spatiales. Par exemple, le désert d’Odadahraun en Islande ou volcan Kilauea à Hawaii ont été utilisés par la NASA avant plusieurs missions vers la Lune.
De la même manière, six chercheurs ont passé les quatre derniers mois dans un petit dôme sur un champ de lave du Mauna Loa, à Hawaii, à 2.400 mètres d’altitude, afin d’essayer de comprendre quels aliments les astronautes peuvent manger sur Mars et pendant les longues missions spatiales.
Les chercheurs ont terminé leur mission le 13 Août 2013, avec leurs recettes et sans les combinaisons spatiales qu’ils étaient tenus de porter à chaque fois qu’ils s’aventuraient sur le versant nord du volcan
Les scientifiques avaient été sélectionnés par l’université d’Hawaï et l’Université Cornell pour participer à une étude financée par la NASAL Le but était de préparer des repas à partir d’une liste d’aliments déshydratés et de conserves non périssables. Les chercheursont testé des plats tout prêts similaires à ceux que les astronautes mangent actuellement, et ils ont eux-mêmes concocté des repas dans le but de lutter contre la malnutrition et l’ennui alimentaire.
Ils ont effectué ce travail dans un dôme de deux niveaux avec de petits dortoirs, une salle d’exercice et, bien sûr, une cuisine.
La mission nous apprend par ailleurs que, pour les futures missions spatiales, la nourriture de confort est très importante. L’un des mets préférés de l’équipe scientifique était le Nutella qui est devenu si populaire qu’ils ont dû le rationner!
Le climat tempéré d’Hawaii et les caractéristiques géologiques du Mauna Loa constituent un cadre idéal pour une telle étude. La région est isolée, mais accessible, et n’a aucune plante ou vie animale visible. « C’est comme sur Mars », a déclaré un chercheur.
Il faudra plusieurs mois pour traiter toutes les données recueillies. Les résultats devraient être présentés au Congrès International d’Astronautique cette année à Pékin.

Source : Presse américaine.

 

drapeau anglaisVolcanoes have long been used as test fields for space missions. For instance, the Odadahraun desert in Iceland or Kilauea volcano in Hawaii, were used by NASA before missions to the Moon.

In the same way, six researchers have spent the past four months living in a small dome on a lava field of Mauna Loa volcano on Hawaii Big island, at 2,400 metres a.s.l., trying to figure out what foods astronauts might eat on Mars and during deep-space missions.

They emerged on August 13th, 2013, with their recipes and without the space suits they were required to wear each time they ventured onto the northern slope of the volcano

The six researchers were selected by the University of Hawaii and Cornell University for the NASA-funded study to prepare meals from a list of dehydrated, preserved foods that are not perishable. They examined pre-prepared meals similar to what astronauts currently eat, and concocted meals themselves in an attempt to combat malnourishment and food boredom.

Members did their cooking in a two-story dome with small sleeping quarters, an exercise room and of course, a kitchen.

We learn that what is also important for future space missions is comfort food. A favourite among the crew was Nutella which became so popular that they had to ration it!

Hawaii’s temperate weather and Mauna Loa’s geological features were a perfect setting for the study. The area is isolated, yet accessible, and has no visible plant or animal life.

« It looks like Mars, » said one researcher.

It will take several months to process all the data gathered. The findings are expected to be presented at the International Astronautical Congress later this year in Beijing.

Source: U.S. press.

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Le lac de lave du Mauna Loa  (Photo:  C. Grandpey)