Nouvelles du Cumbre Vieja (La Palma) // News of Cumbre Vieja (La Palma)

20 heures: L’activité strombolienne se poursuit sur le Cumbre Vieja, avec expulsion de matériaux pyroclastiques et émission de panaches de cendres.

Tout au long de ce dimanche, il y a eu plusieurs débordements au niveau du cône principal du Cumbra Vieja, ce qui a augmenté le débit des coulées de lave. En conséquence, huit autres hectares ont été recouverts. Ce nouvel apport de lave a également provoqué la jonction des ruisseaux n°4 et n°7, qui circulaient respectivement au-dessus et au sud de la montagne Todoque. Les coulées de lave occupent une surface de 1 058 hectares, soit huit de plus que la veille

L’aéroport de La Palma n’a pas du fonctionner au cours du week-end en raison de l’accumulation de cendres du volcan.

La sismicité se poursuit à des profondeurs intermédiaires, avec un éc=vénement de M 4,2 enregistré ce dimanche.

Les émissions de SO2 restent élevées, entre 7 000 et 18 000 tonnes par jour, avec pousuite de la tendance à la baisse.

Sources: IGN, Pevolca.

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8 p.m : Strombolian activity continues on Cumbre Vieja, with the expulsion of pyroclastic materials and the emission of ash plumes.
Throughout this Sunday, there were several overflows at the main eruptive cone, which increased the global lava flow. As a result, another eight hectares were destroyed. This new influx of lava also caused the junction of flows No. 4 and No. 7, which flowed respectively above and south of the Todoque mountain. Lava flows occupy an area of 1,058 hectares, eight more than the day before
La Palma airport could not operate over the weekend due to the accumulation of ash from the volcano.
Seismicity continues at intermediate depths, with an event of M 4.2 recorded this Sunday.
SO2 emissions remain high, between 7,000 and 18,000 tonnes per day, with the downward trend continuing.
Sources: IGN, Pevolca.

Vue de la jonction des coulée 4 & 7

Les coulées de lave le 21 novembre au soir

Eruption du Cumbre Vieja (La Palma): dernières nouvelles // Latest news

18 heures : Alors que l’éruption du Cumbre Vieja continue, les coulées de lave ralentissent leur progression, mais elles continuent à être alimentées et restent une menace pour La Laguna et Tazacorte. En effet, la lave pourrait recommencer à avancer.
L’éruption du Cumbre Vieja reste de type strombolien et se trouve dans une phase effusive, avec un VEI qui reste à 2 sur une échelle de 8 niveaux. On note un certain ralentissement en amont, ce qui explique le ralentissement de la progression en aval et l’épaississement des coulées. La colonne de cendres et de gaz atteint en ce moment 2 800 mètres de hauteur.
On enregistre une certaine diminution de la sismicité profonde, avec encore un événement de magnitude M 4,4 à une profondeur de 38 kilomètres.
996 hectares sont impactés par la lave. La largeur maximale des fronts de coulées est de 2 900 mètres. 2 122 bâtiments ont été détruits par la lave et 137 sont en danger, selon les données de Copernicus.

Source: Pevolca, presse espagnole.

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6:00 p.m .: As the eruption of Cumbre Vieja continues, the lava flows are slowing their progress, but they continue to be fed and remain a threat to La Laguna and Tazacorte. Indeed, the lava could start to move again.
The eruption of Cumbre Vieja remains Strombolian and is in an effusive phase, with a VEI remaining at 2 on a scale of 8 levels. There is a certain slowdown upslope, which explains the slowdown in downslope progression and the thickening of the lava flows. The ash and gas column is currently 2,800 meters high.
There is some decrease in deep seismicity, with another event of magnitude M 4.4 at a depth of 38 kilometers.
996 hectares are impacted by lava. The maximum width of the flow fronts is 2,900 meters. 2,122 buildings were destroyed and 137 are in danger, according to the Copernicus data.
Source: Pevolca, Spanish news media.

L’activité strombolienne reste intense ce soir, avec des grondements impressionnants. (Ne pas oublier de mettre le son en regardant les webcams.)

Cumbre Vieja (La Palma)

6 heures : Pas de grosse évolution de l’éruption du Cumbre Vieja depuis la veille, si ce n’est un séisme de magnitude M 4,8, enregistré à 39 km de profondeur dans la soirée du 19 octobre. C’est le plus puissant depuis le début de l’éruption. L’activité éruptive reste soutenue. Les émissions de SO2 restent élevées avec 3000- 4000 tonnes par jour. L’une de coulées menace de traverser le centre du quartier de La Laguna, à Los Llanos de Aridane, et une autre, à environ 100 mètres de la mer, confine toute la commune de Tazacorte. Un scénario idéal serait que la coulée qui se dirige vers le quartier de La Laguna, voisin de Todoque, change de trajectoire et se dirige vers l’ouest où elle rencontrerait des déclivités. Malheureusement, c’est la lave qui décide. Selon les dernières données Copernicus, la lave couvre 811,8 hectares, et au moins 1 956 bâtiments ont été détruits.

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6:00 am : No major evolution of the eruption of Cumbre Vieja since the day before. An M 4.8 earthquake was recorded on the evening on October 19th at a depth of 39 km. It was the most powerful event since the start of the eruption. Eruptive activity remains high. SO2 emissions remain high too, with 3000-4000 tonnes per day. One of the flows threatens to cross the center of the district of La Laguna, in Los Llanos de Aridane, and another, about 100 meters from the sea, borders the entire municipality of Tazacorte. An ideal scenario would be that the flow which is heading towards the district of La Laguna, changes course and goes towards the west where it would encounter slopes. Unfortunately, it is the lava that decides. According to the latest Copernicus data, lava covers 811.8 hectares, and at least 1,956 structures have been destroyed.

L’éruption le 19 octobre au soir (capture écran webcam)

Coulées de lave et zones de risques à Hawaii // Lava flows and threatened areas in Hawaii

Dans un article récent, les géologues de l’Observatoire des Volcans d’Hawaï (HVO) expliquent comment évaluer la menace posée par les coulées de lave. Selon eux, cette approche repose sur notre connaissance du passé. La probabilité à long terme qu’une zone soit envahie par la lave est évaluée de deux manières différentes en fonction de l’activité passée des coulées.
Une première approche utilise une carte géologique pour calculer quelle surface terrestre a été recouverte par la lave au cours de différentes périodes du passé.
Une autre approche calcule la fréquence à laquelle des coulées de lave se sont produites dans des zones spécifiques au fil du temps.
Ces deux approches sont utilisées par la plupart des observatoires volcanologiques dans le monde. Les cartes montrant les coulées de lave avec des couleurs différentes selon les années sont souvent très belles.
En ce qui concerne les volcans hawaïens, la carte de 1992 – Lava-Flow Hazard Zone (LFHZ) – utilise l’approche basée la couverture par la lave sur le long terme. On ne mesure pas la vitesse à laquelle une coulée de lave avance, mais la vitesse à laquelle une zone est recouverte par la lave de plusieurs éruptions au cours des siècles.
Les nouvelles éruptions n’affectent pas de manière significative cette couverture car leurs coulées recouvrent certaines coulées de lave récentes ainsi que d’autres plus anciennes. Par exemple, la lave de 2018 a coulé entre et sur des portions des coulées de lave de 1790, 1955 et 1960. Par conséquent, la surface de lave émise depuis 1790 n’a pas été forcément augmentée par l’ensemble des coulées de 2018, mais uniquement par la partie qui est allée au-delà des coulées antérieures.
La carte LFHZ de 1992 montre que les plus forts risques de couverture par la lave se trouvent dans les zones de rift et au sommet du Kilauea et du Mauna Loa. Près de la moitié de la LFHZ 1 (la zone la plus exposée) sur les deux volcans a été recouverte par la lave depuis l’année 1790.
L’autre approche pour estimer les risques des coulées de lave sur le long terme consiste à calculer la fréquence à laquelle une zone particulière est affectée. La Lower East Rift Zone (LERZ) du Kilauea a été envahie par la lave à cinq reprises depuis 1790 – en 1790, 1840, 1955, 1960 et 2018. Ces éruptions se sont produites sur une période de plus de 200 ans avec des intervalles d’une soixantaines d’années entre elles.
La méthode de l’intervalle de récurrence des coulées est la plus largement utilisée pour calculer les risques. Elle fait reposer en général les cartes à risques sur un intervalle de récurrence moyen de 100 ans entre les coulées les plus destructrices. En utilisant la formule de probabilité la plus simple, cet intervalle de récurrence se traduit par une probabilité de 1% de coulées destructrices sur une année et de 39 % sur une période de 50 ans. La probabilité qu’une coulée majeure se produise au cours d’un siècle n’est pas de 100% mais seulement de 63%, car l’intervalle de récurrence est une moyenne d’intervalles réels qui peuvent être très différents.
Dans l’application de cette méthode par le HVO aux coulées de lave du Kilauea, un intervalle de récurrence moyen d’environ 60 ans dans la LERZ signifie qu’il y a 63 % de chances que le prochain intervalle de récurrence sans lave soit de 60 ans ; c’est aussi la probabilité qu’une autre coulée de lave affecte une partie de la LERZ d’ici 60 ans. La probabilité d’une coulée de lave dans cette zone au cours d’une période de 30 ans serait de 40% et la probabilité d’envahissement de la zone par la lave serait de 26%. Heureusement, les zones les plus exposées dans la LERZ se limitent aux régions côtières.
Les calculs et les cartes des risques de coulée de lave produits par l’U.S. Geological Survey (USGS) sont destinés à informer les propriétaires fonciers, les services de sécurité et les planificateurs gouvernementaux des risques à long terme posés par les coulées de lave.
Source : USGS/HVO.

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In a recent article, geologists at the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explain how one can evaluate the threat posed by future lava flows. They say that this approach relies on our knowledge of the past. The long-term likelihood of an area being invaded by lava in the future, is estimated in two different ways based on the history of lava flow activity.

One approach uses a geologic map to calculate how much land surface was covered by lava during different periods going back into the past.

Another approach calculates how frequently lava flows have occurred within specific areas over time.

Both approaches are used by most volcanological observatoriess in the world. The maps showing the lava flows with diffrenet colours according to the years are often very beautiful.

As far as Hawaiian volcanoes are concerned, The 1992 Lava-Flow Hazard Zone (LFHZ) Map represents use of the approach based on long-term coverage rates. This is not a measure of how fast an individual lava flow advances but how fast an area is covered by lava from multiple eruptions over centuries.

New eruptions don’t affect coverage rates significantly because new flows cover some of the most recent lava as well as older flows. For example, 2018 lava flowed between and over parts of the 1790, 1955, and 1960 lava flows. Therefore the “coverage” or resurfacing since 1790 did not increase by the full area of the 2018 flow, just by the portion that was beyond those earlier flows.

The 1992 LFHZ map shows that the highest coverage rates (and therefore hazards) are within the rift zones and summits of Kīlauea and Mauna Loa volcanoes. Almost half of LFHZ 1 (the most hazardous zone) on both volcanoes was covered since the year 1790.

The other approach to estimating long-term lava flow hazards is to calculate how often a particular area is impacted by lava. The lower East Rift Zone (LERZ) of Kīlauea has been overrun by lava five times since 1790—in 1790, 1840, 1955, 1960, and 2018. Those eruptions occur over a span of more than 200 years with an average of about 60 years between them.

The recurrence interval method is most widely used for calculating flood hazards, traditionally basing hazard maps on an average recurrence interval of 100 years between damaging floods. By using the simplest formula for probability, that recurrence interval translates to a 1 percent chance of damaging floods happening in any one year and a 39 percent chance in any 50-year period. The probability of such a flood happening in any century is, surprisingly, not 100 percent but 63 percent because the recurrence interval is an average of actual intervals that may be quite different.

In the HVO application to lava flows, an average recurrence interval of about 60 years in the LERZ means that there is a 63 percent chance that the next lava-free recurrence interval will be 60 years; it is also the odds that another lava flow will affect some part of the LERZ within 60 years. The probability of a lava flow in this region during the period of 30 years would be 40 percent and the probability of flooding would be a 26 percent chance. Fortunately, the region of combined significant lava and flood hazards in the LERZ is limited to coastal flooding zones.

Lava flow hazard calculations and maps produced by the U.S. Geological Survey (USGS) are intended to inform property owners, emergency managers, and government planners of the long-term hazards posed by lava flows.

Source: USGS / HVO.

Carte de 1992 des zones de risques à Hawaii. Vous trouverez la carte avec une meilleure résolution en cliquant sur ce lien: https://pubs.usgs.gov/mf/1992/2193/mf2193.pdf