Les crises éruptives à répétition sur l’Etna (Sicile) // Repeated eruptive crises on Mt Etna (Sicily)

L’Etna a connu plusieurs crises éruptives (« paroxysmes » diront certains) au cours des derniers jours. Si le processus éruptif est assez semblable d’une fois sur l’autre, certains événements complémentaires méritent notre attention.

D’une manière générale, chaque paroxysme commence par une intensification de l’activité strombolienne dans le Cratère Sud-Est (CSE), événement qui s’accompagne inévitablement d’une hausse du tremor. L’activité strombolienne évolue ensuite en fontaines et débordements de lave. La lave s’écoule de préférence sur le versant SO et termine en général sa couse vers 2900 m d’altitude. Les fontaines de lave, émises parfois par plusieurs bouches dans le cratère, durent quelques dizaines de minutes et prennent brutalement fin, avec une chute rapide du tremor éruptif.

Il est intéressant de noter que deux crises éruptives ont eu lieu pendant la journée du 23juin. Au cours du premier paroxysme, deux petites coulées de lave ont été émises par deux bouches qui se sont ouvertes vers 6h30 et 8h00 au niveau de la base SE du CSE vers 3000 m et 2950 m d’altitude. La lave a atteint la bordure de la Valle del Bove vers 2700 m d’altitude.

Au cours du deuxième paroxysme du 23 juin, on a assisté à l’ouverture d’une nouvelle bouche sur le versant E du CSE, avec une activité explosive et effusive.

Au cours de la crise éruptive du 24 juin, la bouche située à 3000 m d’altitude s’est réactivé, avec une coulée de lave qui est descendue jusqu’à 2800 m d’altitude.

Ces crises éruptives à répétition montrent que le magma et les gaz exercent en ce moment une forte pression sur cette partie du volcan. Cette situation est confirmée par l’ouverture de bouches à plus basse altitude sur le flanc du CSE. La situation doit être contrôlée attentivement. C’est à la base du Cratère Sud-Est de l’époque qu’a débuté a longue éruption de 1991-1994 qui a plongé dans l’angoisse les habitants de Zafferana Etnea.

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Mt Etna went through several eruptive crises (« paroxysms » some would say) over the past few days. While the eruptive process is quite similar from one crisis to the other, some complementary events deserve our attention.

Generally speaking, each paroxysm begins with an intensification of Strombolian activity in the Southeast Crater (SEC), an event which is inevitably accompanied by an increase in the tremor. Strombolian activity then turns into lava fountains and overflows. The lava flows preferably on the SW flank and generally ends its couse around 2900 m a.s.l. The lava fountains, sometimes emitted by several vents in the crater, last a few tens of minutes and come to an abrupt end, with a rapid drop of the eruptive tremor.

It is interesting to note that two eruptive crises occurred during the day of June 23rd. During the first paroxysm, two small lava flows were emitted from two vents which opened around 6.30am and 8:00am at the SE base of the CSE at 3000m and 2950m a.s.l. The lava reached the edge of the Valle del Bove at an altitude of about 2,700 m.

During the second paroxysm of June 23rd, a new vent opened on the E side of the SEC, with explosive and effusive activity.

During the eruptive crisis of June 24th, the vent located at an altitude of 3,000 m reactivated, with a lava flow that descended to an altitude of 2,800 m.

These repeated eruptive crises show that magma and gases are currently exerting a strong pressure on this part of the volcano. This situation was confirmed by the opening of vents at lower altitude on the flank of the SEC. The situation should becarefully monitored. The long eruption of 1991-1994 began at the base of the then Southeast Crater, and plunged the inhabitants of Zafferana Etnea into days of anguish.

Exemple de paroxysme sur l’Etna (capture d’écran de webcam)

Péninsule de Reykjanes (Islande) : Le point sur l’éruption // Reykjanes Peninsula (Iceland) : Latest news about the eruption

Selon les géologues islandais, l’éruption de Fagradalsfjall est encore facilement observable, mais le spectacle est moins impressionnant qu’avant, surtout depuis que l’ancienne colline d’observation s’est faite encercler par la lave. Il convient de noter que les autorités ont approuvé la mise en place d’un nouveau sentier d’approche de l’éruption car la lave devrait recouvrir celui actuellement utilisé par les visiteurs.

Petit à petit, le cratère actif se referme. Les sorties de lave très spectaculaires que l’on peut voir sur la nouvelle webcam contribuent à cette fermeture. La majeure partie de la lave qui s’écoule du cratère s’enfonce dans des tunnels, sous une croûte de lave, et devient invisible.

Un géologue explique que la situation actuelle appartient au processus de formation d’un volcan bouclier. Il se développe de cette façon à partir du moment où un grand lac de lave s’es formé dans le cratère. Une fois qu’un tel lac s’est formé, il est alimenté par le bas et la lave s’écoule ensuite dans différentes directions. Le lac alimente les coulées de lave et la lave solidifiée s’accumule tout autour du cratère. C’est alors que le volcan commence à prendre une forme de bouclier.

Un de mes contacts en Islande m’a indiqué que la lave a cessé de couler vers le sud. Elle se dirige maintenant vers le nord dans une zone désertique. Cela signifie que la route côtière (Suðurstrandarvegur) au sud et le câble à fibre optique ne sont plus menacés, du moins pour le moment. L’intensité du tremor reste très élevée, ce qui confirme que l’alimentation n’est pas près de s’arrêter.

L’éruption a commencé il y a près de trois mois, le 19 mars 2021. Les géologues islandais ont identifié trois périodes d’activité distinctes : 1) Au cours des deux premières semaines, l’éruption a eu un débit constant mais légèrement décroissant, avec environ 7-8 mètres cubes par seconde, puis 4-5 mètres cubes par seconde. 2) La deuxième période a commencé en avril, avec l’ouverture de nouvelles bouches au nord des premières et un débit de 5 à 8 mètres cubes par seconde. 3) La troisième période englobe les sept dernières semaines au cours desquelles la lave a émergé d’un seul et cratère. Le débit éruptif est passé de 5-8 mètres cubes par seconde à 13 mètres cubes par seconde. .

Les informations concernant l’activité éruptive sont valables aujourd’hui, mais la situation peut se modifier rapidement.

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Icelandic geologists explain that the Fagradalsfjall eruption is clearly visible, but it is not as impressive a sight as it used to be, all the less since the observation hill was surrounded by lava. It should be noted that authorities have approved the preparation of a new hiking path as lava is expected to flow across the one currently used by visitors.

Little by little, the active crater is closing. The dramatic gushes of lava that can be seen on the new webcam add on to the cover. Most of the lava flowing from the crater flows in tunnels, underneath a crust of lava, invisible on the surface.

One geologist says that what is happening right now belongs to the formation process of a shield volcano. It is developing that way, but not until a large lava lake has formed over the crater. When such a lake is formed, there is a flow into it from below and a steady flow out of it in different directions. The lake supplies the lava flows, and solidified lava accumulates all around the crater. Then, the volcano starts getting a shield shape.

One of my contacts in Iceland has told me that lava has stopped flowing south. It is now travelling north in a desert area. This means that the coastal road (Suðurstrandarvegur) to the south and the fibre optic cable are no longer under threat, at least for the moment. The tremor intensity is still very high confirming that the lava supply is not about to stop.

It started nearly three months ago, on March 19th, 2021. Geologists have identified three distinct periods of activity since magma broke the surface : 1) During the first two weeks, the eruption had a steady though slightly diminishing flow that started at around 7-8 cubic metres per second and slowed to 4-5 cubic metres per second. 2) The second period began in April, and was characterised by new vents opening to the north of the first craters and a flow of 5-8 cubic metres per second. 3) The third period encompasses the past seven weeks, during which the lava flow has been emerging from a single, large crater and has increased from 5-8 cubic metres per second to as much as 13.

The information about volcanic activity is valid today but the situation may change rapidly.

Vue globale de l’éruption avec en rouge la zone dangereuse à cause des coulées actives et en violet la zone des anciennes coulées (situation le 9 juin 2021)

La nouvelle webcam orientée vers la bouche active nous offre des images d’une grande qualité.

 

Pacaya (Guatemala) : reprise de l’activité effusive // New effusive activity

Selon le site web The Watchers, il semble qu’après quelques jours de pause, l’activité effusive ait repris de plus belle sur le Pacaya le 29 avril 2021, avec deux coulées de lave actives qui ont émergé des flancs sud-est et nord-ouest du volcan. Cette nouvelle intensification d’activité survient moins d’une semaine après que les autorités ont déclaré la fin de la dernière phase éruptive. Elle avait duré du 5 février au 23 avril.

Les signaux sismiques montrent le passage d’une activité explosive à une activité principalement effusive avec l’apparition d’une nouvelle coulée de lave sur le flanc nord du Pacaya. La coulée de lave sur le versant sud-est avait une longueur de 1 600 mètres le 29 avril et se trouvait à une centaine de mètres du secteur de La Breana où des maisons sont sous la menace de la lave. La coulée se divise en plusieurs branches qui laissent échapper des matériaux incandescents sur leurs fronts, tandis que des gaz sortent de la coulée.

L’INSIVUMEH a prévenu que les coulées allaient probablement continuer à avancer et que de nouvelles coulées pouvaient apparaître sur d’autres flancs du volcan.

La CONRED a été invité à activer les mesures nécessaires dans le cas où la lave menacerait les habitations.

L’accès au cratère Mackenney et aux zones affectées par les coulées de lave est interdit.

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According to the The Watchers website, it seems that after a few days’ pause, effusive activity resumed at Pacaya on April 29th, 2021, with two active lava flows emerging from the Southeast and the Northwest flanks of the volcano. The new phase of increased activity comes less than a week after authorities declared the last eruptive phase over. It had lasted between February 5th and April 23rd.

Seismic signals have shown a shift from explosive to predominantly effusive activity leading to the generation of a new lava flow on Pacaya’s northern flank.

The Southeast lava flow had a total length of 1 600 metres on April 29th and was at a distance of 100 m from the La Breana area where houses are under the threat of lava. The flow is divided in several branches that release incandescent material on its fronts, with gases coming out of the flow.

INSIVUMEH warns that the active lava flows are expected to move forward and more flows could be generated on other flanks of the volcano.

CONRED has been asked to activate the lava flow threat mitigation protocols. Access to the Mackenney crater and areas affected by the lava flows is prohibited.

La coulée de lave principale du Pacaya vue par la webcam en ce moment.

Islande: l’éruption continue, les fermiers craignent pour leur bétail // Iceland: The eruption continues, farmers fear for their cattle

L’éruption se poursuit sur la péninsule de Reykjanes. Cela fait maintenant un mois que la lave s’échappe de plusieurs fractures éruptives.

Le débit effusif moyen pour ces 30 journées d’éruption est de 5,6 m3/seconde ; il est relativement stable mais pas très important. Il ne représente que la moitié du débit de l’éruption de Fimmvörðuháls en 2010 qui était déjà une petite éruption. Il représente aussi entre 6 et 7% de l’éruption de 2014 dans Holuhraun.

Les scientifiques s’attendent à ce que la coulée de lave qui est en passe de sortir de la Geldingadalir rejoigne la lave déjà présente dans la Meradalir. Si la jonction s’effectue (probablement très bientôt), l’un des meilleurs points de vue sur l’éruption deviendra une île dans une mer de lave. Il ne sera accessible que par hélicoptère. Cependant, d’autres bons points de vue demeurent. Un de mes amis qui a visité l’éruption a expliqué que le champ de lave s’était tellement agrandi qu’il était devenu plus difficile de s’approcher des nouvelles coulées. Il me dit aussi que l’un des cônes jumeaux du début de l’éruption a cessé son activité effusive et dégaze abondamment. L’éruption est très dynamique au point que les webcams ont du mal à suivre son évolution.

Une nouvelle ouverture d’où s’est échappée une coulée de lave est apparue au sein des autres fractures au cours du week-end, mais l’éruption reste globalement stable. En y réfléchissant, on se rend compte qu’elle est stable depuis un mois maintenant !. La fracture la plus active semble être l’une de celles qui se sont ouvertes le 13 avril. Elle laisse échapper une rivière de lave de plus de deux mètres d’épaisseur qui recouvre désormais l’ancien sentier d’accès au site éruptif. La lave se déplace à vitesse variable, de un à trois mètres par heure. Les visiteurs doivent faire un détour important pour contourner cette coulée qui semble susceptible de se diriger vers la Meradalir.

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Les fermiers de la péninsule de Reykjanes craignent que l’éruption dans la  Geldingadalir et la Meradalir provoque un pic de pollution au fluor qui les empêcherait de récolter le foin cet été et les empêcherait aussi de laisser paître les moutons. Sans leurs pâturages et sans le foin, les paysans devraient abattre une partie de leurs troupeaux et / ou recevoir une aide financière importante. Il y a environ 330 moutons dans les fermes près de Grindavík pendant l’hiver, et beaucoup plus après l’agnelage au printemps. Les animaux peuvent paître n’importe où dans larégion pendant les mois d’été, comme c’est le cas dans toute l’Islande.

Le vent jouera un rôle important. Heureusement, le vent dominant vient du sud-est dans la région, de sorte que les gaz volcaniques ne viennent pas vers Grindavik. Si le vent soufflait du nord-est, la situation serait beaucoup plus compliquée.

Source: www.ruv.is

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The eruption continues on the Reykjanes Peninsula. Lava has flowed for one month now.

The average lava flow for the first 30 days is 5.6 m3/second and is relatively stable. It is only half of the average flow of the first 10 days at Fimmvörðuháls in 2010, which itself was a relatively small eruption. Compared to the large 2014 Holuhraun eruption, the current eruption only produces 6-7% of the average lava flow.

Scientists expect the lava tongue pushing its way out of Geldingadalir to merge with the lava already in Meradalir. If this happens (probably very soon), one of the best eruption viewpoints of the eruption will become an island in a sea of lava. It will be accessible only by helicopter. However, other good viewpoints remain. A friend of mine who visited the eruption said that the lava field has enlarged so much that it has become more difficult to get near the new lava. He also told me that one of the original  twin cones has apparently stopped lava production and is just smoking heavily now. It’s a really dynamic eruption changing almost too fast to keep up with even with all the live cams.

A small new opening started erupting amid the other fissures over the weekend and the eruption remains globally stable. Thinking about it, it has been stable for a month now!.

The most powerful fissure vent now appears to be one of those that opened up on April 13th; it is producing a stream of lava over two metres thick that now covers the old hiking trail. The lava is moving at variable speed, from one to three metres per hour. People need to take a significant detour around the lava, which seems likely to head into Meradalir.

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Farmers on the Reykjanes Peninsula fear the Geldingadalir/Meradalir eruption could cause a spike in fluorine pollution that stops them producing hay this summer and prevents them from allowing sheep out to graze. Without their pastures and hay fields, they would need to cull their flocks and/or receive significant financial assistance. There are around 330 sheep on farms close to Grindavík during the wintertime, and many more after lambing each spring. Nearly all are usually allowed to roam freely during the summer months, as is the case all over Iceland.

The wind will play an important part. Luckily, the prevailing wind is from the southeast in the region, so volcanic gas does not go over Grindavik. Should it blow from the north-east, it would be much worse.

Source: www.ruv.is

Nouvelle vue de l’éruption (Source: www.ruv.is)