Le nouveau comportement des ours polaires // Polar bears’ new behaviour

Une vidéo très intéressante parue en 2020 dans la revue Polar Biology montrait un ours polaire en train de s’en prendre à un renne. Les images confirment que le changement climatique et la fonte de la glace de mer obligent les espèces à adapter leur alimentation à de nouvelles conditions de vie.

De mauvaise qualité mais parfaitement lisible, la vidéo a été tournée par des scientifiques polonais dans l’archipel du Svalbard. On peut voir une ourse adulte poursuivre un renne, le tirer sous l’eau et le noyer. Quelques instants plus tard, on voit le plantigrade traîner sa proie sur le rivage afin de la dévorer.
Les scientifiques polonais ont déclaré avoir vu à deux reprises l’animal utiliser « à peu près la même méthode » pour tuer un renne, ce qui les pousse à croire qu’il pourrait s’être « spécialisé » dans la chasse au renne.

Alors que la fonte de la glace de mer s’amplifie dans l’Arctique en raison du réchauffement climatique, les chercheurs ont observé que les ours polaires passent plus de temps sur terre dans la région du Svalbard. Le manque de glace limite l’accès des ours à leur principale proie – les phoques – et les oblige à rechercher des sources de nourriture terrestres riches en calories.
Les ours polaires sont classés comme mammifères marins en raison de leur habitat et de leurs sources de nourriture. Il n’est pas impossible que les scientifiques les fassent changer de catégorie et les considèrent aussi comme des animaux terrestres.

Les chercheurs qui étudient la faune arctique n’ont trouvé aucune preuve que les ours polaires chassaient le renne avant 2000. Toutefois, en 2013, des restes de rennes ont été retrouvés à plusieurs reprises dans leurs excréments. Ils ont conclu que le renne pourrait de plus en plus faire partie intégrante du régime alimentaire des ours polaires.
Bien qu’il ne soit pas aussi gras que les phoques, le renne pourrait devenir une source de nourriture de plus en plus importante pendant les mois d’été. Les chercheurs expliquent que si les mères apprennent à leurs oursons à chasser le renne avec succès, ces derniers, qui restent avec leur mère pendant plus de deux ans, pourraient, eux aussi, devenir des chasseurs de rennes.
Les scientifiques pensent également que le nouveau comportement des ours polaires aura un impact sur les oiseaux du Svalbard, même si les phoques continueront probablement d’être la principale source de nourriture au printemps et au début de l’été. Dans un article rédigé il y a plusieurs années, j’expliquais que les ours peuvent parcourir de grandes distances pour rechercher une nourriture alternative sur terre. Ils passent beaucoup plus de temps à proximité des aires de nidification des oiseaux, en particulier les oies polaires, ce qui laisse supposer que les œufs sont devenus une source de nourriture importante. Cette chasse aux œufs à grande échelle peut dévaster les populations d’oiseaux nicheurs. Si elle se poursuit dans les années à venir, on peut se demander ce qu’il adviendra de la population d’oies. Si leur nombre diminue – ​​ce qui serait logique – cela aura un impact sur l’ensemble de l’écosystème terrestre. Par exemple, les renards arctiques dépendent des jeunes oies pour se nourrir; l’alimentation des rennes est facilitée par les oies qui paissent dans la toundra et fertilisent le sol avec leurs déjections. Toute une chaîne alimentaire sera perturbée.
Source : Médias d’information internationaux.

À la recherche de nourriture sur terre, les ours polaires peuvent rencontrer des grizzlis, notamment dans le nord de l’Alaska où ils viennent se nourrir de carcasses de baleines. L’accouplement a lieu entre les deux espèces d’ours, donnant naissance à ce que l’on a appelé les « ours pizzly. »  C’est à lire dans cette note:
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/22/quand-grizzlis-et-ours-polaires-se-rencontrent-when-grizzlies-and-polar-bears-go-together/

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A very interesting video (see above) released in 2020 in the journal Polar Biology showed a polar bear attacking and killing a reindeer. It confirms that because of climate change and the melting of sea ice, the species are adapting their diet to their new living conditions.

The shaky hand-held video was shot by Polish scientists stationed in the Svalbard archipelago. One can see an adult female bear chasing a reindeer, then pulling it underwater and drowning it. Moments later the bear can be seen dragging its lifeless prey onto the shore in order to consume it.

Polish scientists said the bear was observed using “much the same method” to kill reindeer twice, leading them to think it could be becoming “specialized” at hunting the species.

As sea ice melting worsens across the Arctic due to global warming, researchers have observed polar bears are spending more time on land around Svalbard. The lack of ice is limiting the bears’ access to their primary prey, seals, forcing them to look for land-based high-calorie food sources.

Polar bears are classified as marine mammals due to their habitat and food sources, so their changing behaviour could one day lead to an adjustment as to how scientists categorize them.

Researchers studying the animals did not find evidence that polar bears had been hunting reindeer before 2000, but by 2013 their remains were found on several occasions through their scats. They concluded that reindeer could increasingly be forming a regular part of polar bear diets.

Despite not being as fatty as seals, reindeer appear to be an increasingly important food source during the summer months. Researchers say that if polar bear mothers learn to hunt reindeer efficiently, their offspring, which stay with their mothers for over two years, may also become reindeer hunters.

Scientists also believe their impact on the island’s birds will also likely increase, even though seals will likely continue to be a key food source during spring and early summer. As I put it in a post several years ago, bears may wander greater distances in search of alternative land-based food. They spend a lot more time near bird nesting grounds, which suggests eggs have become a significant food source. This type of mass egg hunting can devastate nesting bird populations. If it goes on in the coming years, one may wonder what will happen to the geese population in the future. If numbers decline – which is to be expected –it will have an impact on the whole terrestrial ecosystem. For example, Arctic foxes depend on young geese as food; reindeer food intake is facilitated by geese grazing the tundra. A whole food chain will be disrupted.

Source: International news media.

Looking for food on land, polar bears may encounter grizzlies ,especially in northern Alaska where they come to feed on the carcasses of whales. Mating occurs between the two species of bears, giving birth to what has been called « pizzly bears »:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/01/22/quand-grizzlis-et-ours-polaires-se-rencontrent-when-grizzlies-and-polar-bears-go-together/

Photo: C. Grandpey

Les oies polaires sont de plus en plus souvent au menu des ours blancs (Photo: C. Grandpey)

L’avenir sombre des ours polaires // The dark future of polar bears

La glace de mer fond dans l’Arctique et les ours polaires sont les grandes victimes du réchauffement climatique. Ils sont répertoriés comme « menacés » sur la liste des espèces en danger. Les responsables politiques réunis à Glasgow pour la COP 26 ont-ils évoqué l’avenir des ours polaires ? Rien n’est moins sûr.
Le destin des ours polaires et celui de la glace de mer arctique sont étroitement liés. La glace de mer – autrement dit l’eau de mer gelée – rétrécit pendant l’été à mesure qu’elle se réchauffe, puis se forme à nouveau pendant les longs mois d’hiver. C’est lorsqu’on se rend compte à quel point elle rétrécit que le réchauffement climatique entre en jeu. Plus la glace de mer rétrécit en été, plus elle s’amincit aussi. Cela fait longtemps que les chercheurs tirent la sonnette d’alarme et avertissent que les étés sans glace de mer sont inévitables. La Terre connaîtra très bientôt un été avec moins d’un million de kilomètres carrés de glace de mer dispersée en minuscules morceaux à travers l’Arctique. Les derniers chiffres du NSIDC n’incitent guère à l’optimisme. La réduction linéaire de l’étendue de glace de mer sur les données satellitaires montrait une tendance de 82 100 kilomètres carrés par an en octobre 2021, soit 9,8 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010. Globalement, depuis 1979, le mois d’octobre a perdu 3,45 millions de kilomètres carrés de glace, ce qui équivaut à deux fois la taille de l’État d’Alaska.
La grande question est de savoir quand l’Arctique ressemblera à « un océan bleu » totalement dépourvu de glace. Peut-être dès les années 2030, très probablement dans les années 2040 et presque assurément dans les années 2050. L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste du monde. Au cours de certaines saisons, il s’est réchauffé trois fois plus vite que le reste du globe. La cause est «l’amplification arctique». Le mécanisme est facile à comprendre : la surface blanche de la glace arctique réfléchit la chaleur. Lorsque la glace fond, la mer de couleur sombre absorbe beaucoup plus de chaleur, ce qui réchauffe l’eau encore plus rapidement.

S’agissant des ours polaires, il existe 19 sous-populations différentes dans l’Arctique. Certaines sont vraiment en difficulté, en particulier les plus au sud, tandis que d’autres montrent une certaine stabilité. Leur survie d’un endroit à l’autre est fortement liée à la présence de la glace de mer. En été, les ours polaires sortent sur la glace pour chasser et se nourrir. C’est la période où ils prennent du poids pour survivre à l’hiver. Ils préfèrent les zones recouvertes à plus de moitié de glace car ce sont les terrains de chasse les plus productifs. Plus il y a de glace, plus ils peuvent se déplacer et plus ils peuvent manger.
Il y a à peine 30 ou 40 ans, les ours faisaient un festin de phoques et de morses sur la glace. Dans les années 1980, les mâles étaient énormes, les femelles se reproduisaient régulièrement et les oursons survivaient bien. Bref, la population avait l’air en bonne forme. Avec la perte de glace, les ours ne se portent plus aussi bien. Un signe ne trompe pas; c’est la proportion plus élevée d’oursons qui meurent avant leur premier anniversaire.
Les ours polaires sont des mammifères terrestres qui se sont adaptés à la mer. Les animaux qu’ils mangent – phoques et morses pour la plupart – sont aquatiques. Les ours s’en sortent mieux lorsqu’ils peuvent chasser dans des eaux peu profondes, généralement proches de la terre ferme. Mais ces dernières années, la glace de mer s’est retirée vers le large pendant la plupart des étés. Cela a forcé les ours à dériver sur la glace et atteindre des eaux profondes – parfois de 1 000 mètres de profondeur – dépourvues de leurs proies habituelles. Les ours sont alors obligés de nager longtemps et finissent épuisés. Ils maigrissent et se mettent en danger.
Au large de l’Alaska, les ours polaires de la mer de Beaufort et de la mer des Tchouktches offrent un contraste saisissant. Si on va à 40 ou 60 kilomètres au large de Prudhoe Bay dans la mer de Beaufort, on est sûr de trouver des eaux très pauvres en nourriture pour les ours. Plus au sud dans la mer des Tchoukches, l’eau est moins profonde, ce qui permet aux morses de prospérer. Ils fournissent de la nourriture aux ours polaires. En conséquence; les ours des Tchouktches semblent se porter plutôt bien grâce à cette nourriture abondante. En revanche, les ours de Beaufort donnent un aperçu de ce qui attend l’espèce dans les prochaines années.
Les dirigeants mondiaux qui se sont réunis en Écosse étaient censés prendre des mesures pour tenter de freiner le réchauffement climatique, mais il est probablement déjà trop tard pour les ours polaires. Si la COP 26 avait abouti à des mesures positives, notre planète aurait pu retrouver un Arctique avec une importante surface de glace de mer à la fin de ce siècle et au 22ème siècle. Mais ce rêve a peu de chances de se réaliser et l’espoir est en train de fondre avec la glace de mer.
Source : Yahoo News.

Vous aurez accès à une présentation interactive de la situation dans l’Arctique en cliquant sur ce lien :
https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

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In the Arctic, sea ice is melting and polar bears are the victims of global warming. They are marked as “threatened” on the endangered species list, Did the world leaders who met in Glasgow for COP 26 thought about the future of polar bears? Not so sure.

The fates of polar bears and Arctic sea ice are closely connected. Arctic sea ice – frozen ocean water – shrinks during the summer as it gets warmer, then forms again in the long winter. How much it shrinks is where global warming kicks in. The more the sea ice shrinks in the summer, the thinner the ice is overall. Researchers warn that summers without sea ice are inevitable. The Earth will soon see a summer with less than 1 million square kilometers of sea ice scattered in tiny bits across the Arctic. The latest NSIDC fifures do not incite to be optimistic. The downward linear trend in October 2021 sea ice extent over the satellite record is 82,100 square kilometers per year, or 9.8 percent per decade relative to the 1981 to 2010 average. Overall, since 1979, October has lost 3.45 million square kilometers of ice, based on the linear trend. This is equivalent to twice the size of the state of Alaska.

The big question is when the Arctic will look like « a blue ocean. » Maybe as early as the 2030s, most likely in the 2040s and almost assuredly by the 2050s. The Arctic has been warming twice as fast as the rest of the world. In some seasons, it has warmed three times faster than the rest of the globe. The cause is “Arctic amplification.” The mechanism is easy to understand: white ice in the Arctic reflects heat. When it melts, the dark sea absorbs much more heat, which warms the oceans even more quickly.

As far as polar bears are concerned, there are 19 different subpopulations in the Arctic. Some are really in trouble, especially the southernmost ones, while others are pretty close to stable. But their survival from place to place is linked heavily to sea ice.

In the summertime, polar bears go out on the ice to hunt and eat. This is the period when they put on weight to sustain them through the winter. They prefer areas that are more than half covered with ice because they are the most productive hunting and feeding grounds. The more ice, the more they can move around and the more they can eat.

Just 30 or 40 years ago, the bears feasted on a buffet of seals and walrus on the ice. In the 1980s, the males were huge, females were reproducing regularly and cubs were surviving well. In short, the population looked good. With ice loss, the bears have not been doing as well. One sign is that av higher proportion of cubs are dying before their first birthdays.

Polar bears are land mammals that have adapted to the sea. The animals they eat – seals and walruses mostly – are aquatic. The bears fare best when they can hunt in shallow water, which is typically close to land. But in recent years the sea ice has retreated far offshore in most summers. That has forced the bears to drift on the ice into deep waters – sometimes 1,000 metres deep – that are devoid of their prey. The bears are forced to swim a long time and are exhausted in the end. ,

Off Alaska, the Beaufort Sea and Chukchi Sea polar bears provide a telling contrast. If you go 40 to 60 kilometers offshore from Prudhoe Bay in the Beaufort Sea and you are sure to find very unproductive waters. Further south in the Chukchi, the water is shallower, which allows bottom-feeding walruses to thrive. That provides food for polar bears. The bears in the Chukchi seem to be faring pretty well because of that additional productivity. But the bears of the Beaufort give us a real good early warning of where this is all coming to

The world leaders who met in Scotland were supposed to take measures to try to curb climate change, but it is probably too late for the polar bears. If COP 26 had produced something positive, the world might have seen once again an Arctic with significant sea ice in the summer late this century and in the 22nd century. But this dream is unlikely to come true and hope is melting with the sea ice.

Source: Yahoo News.

You will have accessto an interactive presentation of the situation in the Arctic by clicking on this link:

https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

Photos: C. Grandpey

Un drone pour nourrir les animaux domestiques à La Palma // A drone to feed pets at La Palma

L’éruption du Cumbre Vieja n’affecte pas seulement les humains. Les animaux souffrent eux aussi, principalement parce qu’ils ne peuvent plus être nourris. C’est la raison pour laquelle un drone a été utilisé pour transporter de la nourriture à plusieurs chiens crevant de faim, piégés par la lave dans une cour entourée de murs et couverte de cendres dans la région montagneuse de Todoque.
Le drone a laissé tomber des paquets de nourriture dans la cour et les chiens ont ouverts avec leurs dents et leurs pattes.
Dans un communiqué, le conseil insulaire de La Palma a remercié les deux associations locales – Ticom Soluciones et Volcanic Life – d’avoir nourri les chiens au cours des cinq derniers jours. Elles continueront tant que les conditions de sécurité et météorologiques le permettront. Les associations sont assistées par des vétérinaires qui choisissent la nourriture et décident des portions les mieux adaptées à la situation.
Un drone doit être utilisé car les hélicoptères ne peuvent pas voler dans la zone en raison de l’air chaud émanant de la lave et des cendres volcaniques qui peuvent endommager les rotors. Les chiens ne peuvent donc pas être héliportés pour le moment.
Ailleurs à La Palma, des personnes ont installé un refuge de fortune pour animaux dans la cour de récréation d’une école pour héberger des centaines d’animaux sans abri que leurs propriétaires ont abandonnés en fuyant l’éruption du Cumbre Vieja.

Source : agence de presse Reuters.

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The Cumbre Vieja eruption is not affecting humans only. Animals are suffering too, mainly because they can no longer be fed. This is the reason why drones have been used to carry the food to several starving dogs trapped by the lava in a walled, ash-covered yard in the mountainous area of Todoque.

The drone dropped packages of food in the yard, which the dogs opened with their teeth and paws.

In a statement, the Island Council of La Palma thanked the two local companies – Ticom Soluciones and Volcanic Life – for feeding the dogs for the past five days. They are resolved to continue as long as safety and meteorological conditions allow. The companies have been assisted by veterinarians who choose the nourishment and decide on portions befitting the situation.

A drone has to be used because helicopters cannot fly in the area due to the hot air emanating from the lava and volcanic ash that can damage the rotors. The dogs cannot be airlifted for the moment.

Elsewhere in La Palma, humans have set up a makeshift animal shelter in a school playground to rehouse hundreds of pets made homeless when their owners fled the Cumbre Vieja volcano.

Source : Reuters press agency.

Svalbard (Norvège): la vie très difficile des ours polaires // Svalbard (Norway): the very hard life of polar bears

Il y a quelques jours, j’expliquais que les ours polaires devenaient de plus en plus agressifs car la nourriture qu’ils recherchent se fait de plus en plus rare. La cause du problème est le réchauffement climatique qui fait fondre rapidement la glace de mer dans l’Arctique. En conséquence, de profonds changements sont apparus dans le comportement de ces plantigrades.

Sur l’archipel norvégien du Svalbard,, des scientifiques ont découvert que les ours se reproduisent avec des croisements consanguins pour permettre à l’espèce de survivre. Une étude publiée par la Royal Society a révélé que sur ce même archipel, les populations d’ours polaires ont vu leur diversité génétique diminuer de 10 % entre 1995 et 2016. Le principal facteur de déclin parmi les deux générations d’ours étudiées pendant cette période est la disparition rapide de glace dans la Mer de Barents. Selon l’étude, cette situation provoque des « effets écologiques et démographiques néfastes » sur les animaux.
La Mer de Barents connaît la perte de glace de mer la plus rapide de l’Arctique. En conséquence, les ours polaires ne sont plus en mesure de s’adonner aux activités essentielles à leur survie.
Les ours pélagiques – ceux qui vivent sur la glace de mer et ne se déplacent qu’occasionnellement vers le rivage – ont plus de difficulté à accéder à la terre ferme. Les femelles se retrouvent souvent très éloignées de leurs tanières dans lesquelles elles séjournent pendant qu’elles sont gravides.
Les ours qui vivent sur la côte du Svalbard sont confrontés à d’autres problèmes causés par le réchauffement climatique. Avec moins de glace de mer, il leur est plus difficile de chasser les phoques; cela les oblige à modifier leur régime alimentaire et à se tourner vers les oiseaux et leurs œufs. Dans d’autres régions de l’Arctique, on a observé que les ours polaires devenaient cannibales à mesure que leurs sources de nourriture diminuent.
La disparition de la glace de mer a également un impact sur les possibilités d’accouplement des ours polaires et entrave la possibilité, pour les sous-populations, de se disperser vers d’autres zones. Certains animaux n’ont d’autre solution que la consanguinité pour maintenir leurs groupes en vie. L’étude explique que le niveau de consanguinité est faible pour le moment, mais dans la mesure où les groupes d’ours polaires deviennent plus isolés en raison de la fonte de leur habitat, la consanguinité risque fort d’augmenter à l’avenir, « avec probablement des effets négatifs tels que la dépression endogamique ».
Une étude de 2020 a révélé que la fonte de la glace de mer affame les ours polaires et que l’espèce pourrait disparaître au cours de ce siècle. Comme indiqué dans l’étude, le déclin de la diversité génétique augmente le risque d’extinction.
Les résultats des simulations montrent que la poursuite de la disparition de la glace de mer conduira forcément à l’érosion continue de la diversité génétique chez les ours polaires de l’archipel du Svalbard. Cette dernière étude montre à quel point le mode de vie des ours polaires est lié au réchauffement climatique.

Source: The Royal Society.

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A few days ago, I explained that polar bears were getting more aggressive as the food they are looking for is becoming scarcer and scarcer. The cause of the problem is global warming which is rapidly melting sea ice in the Arctic. As a consequence, large-scale changes have appeared in how polar bears are able to function, . In Norway, scientists found, the bears are inbreeding as the species fights to survive.

A study published by the Royal Society has found that on the Norwegian archipelago of Svalbard, polar bear populations have seen a 10% loss in their genetic diversity from 1995 to 2016. Scientists found, the bears are inbreeding as the species fights to survive. The primary driver for the decline among the two generations of bears studied in that time is the rapid loss of ice in the Barents Sea. It causes « detrimental ecological and demographic effects » on animals, the study says.

The Barents Sea is experiencing the fastest loss of sea ice in the Arctic.As a consequence, polar bears become less able to conduct the activities essential to their survival.

Pelagic bears – those that wander on the sea ice and only occasionally move to shore – are having greater difficulty finding access to land.. The sows are often becoming separated from their denning grounds, where they go to stay while they are pregnant.

The bears that live on Svalbard’s coast are facing other problemss caused by climate change. With less sea ice available, there are fewer opportunities to hunt for seals, forcing bears to change their diets to eat more birds and bird eggs. In other areas of the Arctic, polar bears have been observed as becoming cannibalistic as their food sources diminish.

The loss of ice is also impacting polar bears’ mating opportunities and their ability for subpopulations to disperse to other areas. Some of the animalsare resorting to inbreeding to keep their groups alive. The study warns that the level of inbreeding is low for now, but as groups of polar bears become more isolated because of their melting habitat, inbreeding may increase in the future, « most likely with negative effects such as inbreeding depression. »

A 2020 study found that the melting sea ice is starving polar bears, and that within the century, polar bears could be extinct. As stated in the study, declining genetic diversity increases the risk of extinction.

The results of simulations suggest that further loss of sea ice will lead to the continued erosion of local genetic diversity in polar bears of the Svalbard Archipelago. The study marks the latest research showing the changing reality for the polar bears is linked to climate change.

Source: The Royal Society.

 

Document accompagnant l’étude mentionnée ci-dessus: Répartition des populations d’ours polaires + graphique montrant la réduction de la surface de glace de mer.