Impact du réchauffement climatique sur les manchots de l’île Zavodovski (Îles Sandwich du Sud) // Impact of global warming on penguins on Zavodovski Island (South Sandwich Islands)

Concentrations de CO2 : 426,59 ppm (13 octobre 2026)   

Concentrations de CH4 : 1934,57 ppb (juin 2026)

Zavodovski fait partie des îles Sandwich du Sud, un archipel isolé situé au nord du continent antarctique, et constitue un territoire britannique d’outre-mer. L’accès à ce lieu est très difficile. Une équipe du British Antarctic Survey (BAS) a navigué pendant 15 jours avant d’atteindre l’île et étudier ses populations d’oiseaux, en utilisant des drones et la photographie aérienne, et en équipant 20 oiseaux de balises de suivi.

En 2011, le British Antarctic Survey avait annoncé que Zavodovski abritait la plus grande colonie de manchots au monde, avec une population estimée à 600 000 manchots à jugulaire et 90 000 gorfous macaroni (aussi appelés gorfous dorés) nichant sur son terrain rocheux et austère.

Manchot à jugulaire et gorfou doré (Crédit photo : Wikipedia)

La situation est bien différente aujourd’hui. Une nouvelle étude publiée dans la revue Current Biology révèle que près des deux tiers de la population de manchots à jugulaire ont disparu de l’île Zavodovski. Selon l’étude, on comptait 63 % de nids occupés de manchots à jugulaire en moins en 2025 par rapport à la même période en 2011.
L’équipe de chercheurs affirme que le réchauffement climatique affecte l’approvisionnement en nourriture et la survie des oiseaux, et que les manchots à jugulaire pourraient désormais être officiellement considérés comme une espèce en danger.
Une autre espèce de manchot, le gorfou macaroni, niche également sur l’île et y prospère ; les scientifiques attribuent ce succès à un régime alimentaire plus varié.
Les chercheurs du BAS estiment que la chute alarmante de la population de manchots à jugulaire est directement liée à l’approvisionnement en nourriture et à la hausse des températures océaniques. Le régime alimentaire « spécialisé » de ces manchots et leur préférence pour des eaux plus froides semblent les avoir rendus vulnérables.
Avec le réchauffement des eaux, le krill, principale source de nourriture des manchots à jugulaire, s’est déplacé vers le sud. La présence de banquise au sud et l’absence d’îles propices à la nidification empêchent ces manchots de suivre le déplacement de cette ressource alimentaire.

Les bancs de krill constituent une ressource alimentaire essentielle pour les cétacés et les manchots de l’hémisphère sud (Crédit photo: Wikipedia)

L’équipe du BAS a examiné d’autres menaces potentielles pesant sur l’existence précaire des manchots sur cette île isolée. Les oiseaux y nichent à l’ombre d’un volcan actif, le mont Curry, également connu sous le nom de mont Asphyxia. Les sites situés sous le vent du volcan ont reçu des noms tels que « Stench Point » (Pointe de la Puanteur), « Noxious Bluff » (Falaise Nocive) et « Asphyxia Plain » (Plaine de l’Asphyxie), en raison de l’odeur des émanations du cratère à laquelle s’ajoute celle du guano des manchots. Selon les observateurs, c »est l’un des endroits les plus malodorants au monde. Toutefois, ce facteur n’est pas responsable du déclin des manchots ; ils sont habitués à cette puanteur depuis fort longtemps. La dernière éruption majeure du mont Curry remonte à 2016, alors que le déclin des manchots analysé dans cette étude est constant et se poursuit depuis 2011, ce qui prouve qu’un autre phénomène doit être pris en compte.

Mont Curry et colonie de manchots à jugulaire (Crédit photo: CNN)

Une autre préoccupation concerne la concurrence pour le krill — ressource essentielle aux manchots à jugulaire — potentiellement exercée par les baleines à bosse. Or, bien que ces baleines consomment d’énormes quantités de krill, elles contribuent également à stimuler la production de ce dernier en fertilisant, grâce à leurs excréments, les plantes marines dont le krill se nourrit.
Alors que la population de manchots à jugulaire diminue, le nombre de gorfous macaroni sur l’île Zavodovski a considérablement augmenté. Ces derniers sont plus adaptables, car ils disposent d’un régime alimentaire plus varié et plus souple. Les données de suivi de l’étude montrent que les gorfous macaroni cherchent leur nourriture dans des eaux plus chaudes au nord-est de l’île ; selon les scientifiques, ils y complètent probablement leur alimentation avec des poissons et d’autres crustacés.
D’après l’étude, ce bouleversement entre les espèces de manchots constitue « le changement de composition de la communauté le plus important jamais observé en un même lieu en Antarctique ». Les données montrent que les manchots à jugulaire, adaptés au froid antarctique, ne cohabitent plus avec leurs voisins subantarctiques. C’est une preuve supplémentaire de l’impact du réchauffement rapide de l’Antarctique sur des écosystèmes uniques et fragiles.
Quant au titre de plus grande colonie de manchots au monde, les scientifiques indiquent qu’il est désormais détenu par un site situé à plus de 5 000 km de là, à l’autre bout du continent antarctique : il s’agit du cap Adare, dans la mer de Ross.

Manchots au Cap Adare (Crédit photo: Antarctic Treaty)

Source : Current Biology.

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Zavodovski is part of the South Sandwich Islands, a remote archipelago north of the Antarctic continent which is a UK overseas territory. Access to the place is very difficult. A British Antarctic Survey (BAS) team sailed for 15 days to reach the island and study its avian inhabitants, using drones, aerial photography and fitting tracking devices to 20 birds.

In 2011, Zavodovski was hailed by the British Antarctic Survey as home to the largest penguin colony in the world – with an estimated 600,000 chinstrap penguins and 90,000 macaroni penguins nesting on its bleak, rocky terrain.

The situation is very different today. A new survey published in the journal Current Biology reveals that almost two-thirds of the population of chinstrap penguins have disappeared from thec island. According to the study, there were 63% fewer occupied nests of chinstrap penguins in 2025 than at the same time in 2011.

The research team say global warming is affecting the birds’ food supply and survival, and the penguins may now be officially endangered.

Another species of penguin, the macaroni, also nests on the island and is thriving, which scientists believe is linked to their more varied diet.

The BAS researchers say the alarming fall in the chinstrap population is all about the food supply and rising ocean temperatures. The chinstraps’ « specialist diet » and preference for cooler waters appears to have left them vulnerable.

With waters warming, the krill, which is the chinstrap penguins’ main food, have moved southwards. Sea-ice cover to the south and a lack of suitable islands for nesting prevents chinstraps from following the food.

The BAS team examined other possible threats to the penguins’ precarious existence on their remote island. Birds here nest in the shadow of an active volcano, Mount Curry, also known as Mount Asphyxsia. Sites downwind of the volcano have been given names including Stench Point, Noxious Bluff and Asphyxia Plain, because of the smell of fumes emitted from the crater. Together with all the penguin guano, it is one of the smelliest places in the world. But this factoer has nothing to do with the penguins’ decline. Thay have been used to it for ages. Mount Curry’s last major eruption was back in 2016, but the penguin declines that this study analysed have been steady and ongoing since 2011, suggesting that something else was happening.

Another concern was competition for the krill that chinstrap penguins rely on, possibly from migrating humpback whales. But, while the humpbacks eat huge quantities of krill, they also help boost krill production by fertilising marine plants that the krill feed on with their huge quantities of whale poo.

While the chinstrap population has been declining, the number of macaroni penguins on the island has increased dramatically. Macaroni penguins are more adaptable, because they have a broader, more flexible diet. Tracking data from the study showed that the macaronis foraged in warmer waters to the northeast of the island, where scientists say they were were likely to be supplementing their diets with fish and other crustaceans.

According to the study, this shift among penguin species is the « biggest change in community composition ever observed at a single location in Antarctica. The data shows that the cold-adapted Antarctic chinstrap species are no longer thriving beside their sub-Antarctic neighbours. It is further evidence of how rapid warming in the Antarctic is impacting unique and sensitive ecosystems. »

As for the title of world’s largest penguin colony, scientists say that is now held by a site more than 5,000km away – on the other side of the Antarctic continent : Cape Adare in the Ross Sea.

Source : Current Biology.

Découverte surprenante sur les habitudes alimentaires des Romains // Surprising discovery about Roman dietary habits

Certaines éléments présents dans des amphores et des détails figurant sur certaines fresques découvertes à Herculanum et Pompéi semblaient pouvoir donner des indications sur les habitudes alimentaire des Romains.

Crédit photo: Parc archéologique de Pompéi

Une étude publiée en août 2026 dans le Journal of Archaeological Science : Reports bouscule cette approche, et les ossements de 64 victimes retrouvées à Oplontis, l’actuelle Torre Annunziata, donnent des résultats assez surprenants.

Outre Herculanum et Pompéi, Oplontis et Stabies ont également été victimes des fureurs du Vésuve (Source: Wikipedia)

Malgré leur vie au bord de la mer, les habitants de cette localité tiraient l’essentiel de leurs calories de la terre. Pain, céréales, légumes secs dominaient la nourriture. Les produits marins sont presque absents des analyses.

Les auteurs de l’étude se sont appuyés sur des analyses du collagène osseux encore présent sur certains ossements. Ce collagène est une mémoire biologique remarquable. Cette protéine se renouvelle très lentement et, en tant que tel, est capable d’enregistrer plusieurs années d’habitudes alimentaires. Les chercheurs ont mesuré les proportions d’isotopes du carbone et de l’azote dans 46 échantillons exploitables parmi les 59 os qui conservaient encore du collagène.

Les produits marins affichent des valeurs isotopiques d’azote bien plus élevées que les plantes cultivées. Un régime riche en poisson laisse donc une signature chimique claire et facilement détectable. Or cette signature est quasi inexistante chez les victimes d’Oplontis. Les chercheurs en ont conclu que le blé et des céréales prédominaient largement dans l’alimentation romaine quotidienne. D’autre part, une relative égalité nutritionnelle existait entre les hommes et les femmes.

Comme beaucoup de cités autour de la baie de Naples, Oplontis était le lieu de villégiature des familles romaines appartenant à la haute société. La villa de Poppée avec ses superbes fresques en est un parfait exemple.

Photo: C. Grandpey

Il semble que la cité était aussi une plateforme commerciale. On a découvert dans une villa plus de 1 400 amphores utilisées pour transporter et stocker vin, huile et produits agricoles le long de l’ancien littoral. Les occupants de la villa, entassés dans la pièce 10, s’étaient vraisemblablement réfugiés là dans l’espoir de fuir l’éruption par la mer, un peu comme les habitants d’Herculanum dans les abris pour bateaux.

Photo: C. Grandpey

Le nombre de corps – 64 individus – a surpris les chercheurs car il dépasse les chiffres qui figuraient jusqu’ici dans la littérature archéologique.

Cette étude soulève une question que seules de futures analyses pourront trancher : ce régime pauvre en poisson était-il propre à cette villa, ou bien reflète-t-il une réalité plus large de la population romaine de la région ? Des recherches isotopiques comparables à Herculanum et à Pompéi sont attendues pour élargir la perspective.

Source : Futura Sciences via Yahoo News.

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Certain elements found in amphorae and details depicted in frescoes discovered at Herculaneum and Pompeii appeared to offer clues regarding Roman dietary habits.
A study published in August 2026 in the Journal of Archaeological Science: Reports challenges this perspective; the analysis of skeletal remains from 64 victims found at Oplontis (modern-day Torre Annunziata) has yielded rather surprising results.
Despite living by the sea, the town’s inhabitants derived the bulk of their calories from the land. Bread, grains, and legumes dominated their diet, while seafood products are almost entirely absent from the analysis.
The study’s authors based their findings on analyses of bone collagen preserved in some of the remains. This collagen acts as a remarkable biological record; as the protein turns over very slowly, it captures a history of dietary habits spanning several years. Researchers measured carbon and nitrogen isotope ratios in 46 usable samples—selected from the 59 bones that still retained collagen.
Seafood products exhibit significantly higher nitrogen isotope values ​​than cultivated crops. Consequently, a fish-rich diet leaves a clear, easily detectable chemical signature. Yet, this signature is virtually non-existent among the Oplontis victims. The researchers concluded that wheat and other grains played a dominant role in the daily Roman diet. Furthermore, there was a relative degree of nutritional equality between men and women.
Like many cities around the Bay of Naples, Oplontis was a holiday destination for elite Roman families. The Villa of Poppaea, with its magnificent frescoes, serves as a perfect example.
It appears the town also served as a commercial hub. More than 1,400 amphorae—used to transport and store wine, oil, and agricultural produce—were discovered in a villa along the ancient coastline. The villa’s occupants, huddled together in Room 10, had likely taken refuge there hoping to escape the eruption by sea, much like the inhabitants of Herculaneum did in the boat sheds.
The number of bodies—64 individuals—surprised researchers, as it exceeds the figures previously cited in archaeological literature.
This study raises a question that only future analyses can resolve: was this fish-poor diet unique to this villa, or does it reflect a broader reality for the region’s Roman population? Comparative isotope studies at Herculaneum and Pompeii are awaited to broaden the perspective.
Source: Futura Sciences via Yahoo News.

Les ours polaires en bonne santé ? Pas si sûr // Are polar bears in good health ? Not so sure

Une étude réalisée au Svalbard – archipel norvégien situé en mer du Groenland – par l’Institut polaire norvégien et parue dans la revue Scientific Reports aboutit à une constatation assez surprenante et qui va à l’encontre de nombreuses autres études effectuées ailleurs dans l’Arctique : les ours polaires du Svalbard ont augmenté leur corpulence et résistent mieux que prévu au réchauffement climatique qui frappe la région.

Photo: C. Grandpey

Les auteurs de l’étude ajoutent toutefois que cette adaptation pourrait être de courte durée. Selon eux, cette situation pourrait s’expliquer par une diversification de l’alimentation des ours. J’avais expliqué dans des notes précédentes que les ours polaires n’hésitent pas à venir sur terre se nourrir des carcasses de baleines ou piller les œufs des oies polaires.

Photo: C. Grandpey

Les scientifiques ont analysé la corpulence de centaines d’ours entre 1995 et 2019 dans l’archipel norvégien du Svalbard où le réchauffement climatique est jusqu’à quatre fois plus rapide que la moyenne mondiale. Certaines zones de la mer de Barents ont même connu un réchauffement de près de deux degrés par décennie ces 40 dernières années. Avec de telles températures, la glace de mer qui sert de terrain de chasse aux polaires – ils sont entre 1 900 et 3 600 dans la mer de Barents – ne cesse de reculer.

Photo: C. Grandpey

Les scientifiques s’attendaient à trouver des ours plus maigres, comme dans d’autres régions du monde touchées par un même recul de la banquise, mais le résultat s’est avéré étonnant. L’indice mesurant la condition corporelle des ours, après un déclin initial entre 1995 et 2000, a augmenté ensuite, durant une période de perte rapide de la glace de mer.

Ce résultat peut sembler surprenant car il est contraire aux résultats des études menées dans d’autres populations d’ours polaires, comme dans la baie d’Hudson, où la condition physique a fortement diminué à cause de la hausse des températures et la réduction de la superficie de glace. Les ours sont obligés de nager beaucoup plus longtemps pour chasser les phoques, souvent avec des échecs. Cela se solde par une faible accumulation de graisse et donc un un amaigrissement des plantigrades.

Photo: C. Grandpey

Les auteurs insistent sur l’importance de ne pas extrapoler les observations d’une région à une autre. Selon eux, la situation des ours du Svalbard obéit à une « relation complexe » entre leur habitat, l’écosystème, leurs gains et leurs dépenses énergétiques. Pour expliquer leur résilience, les auteurs suggèrent que les ours ont pu diversifier leur alimentation, jusqu’ici composée essentiellement de phoques. Il se peut que les ours chassent plus facilement les rennes et les morses dont les populations ont de nouveau prospéré après avoir été surexploitées par les humains. Il se peut aussi que la concentration d’une espèce particulière de phoques ait augmenté lorsque la glace de mer était plus rare, ce qui a demandé moins d’efforts aux ours pour les chasser. Une autre hypothèse plausible pourrait être que les ourses femelles arrivent à préserver leur condition physique, toutefois au prix de produire moins de descendants.

Photo: C. Grandpey

Malgré les résultats au demeurant encourageants de leur étude, les chercheurs se montrent moins optimistes pour la suite. Ils sont persuadés que les ours du Svalbard finiront probablement par être rattrapés par les effets du réchauffement climatique dans un futur proche.

Source : France Info, Institut polaire norvégien. Photos prises dans l’Arctique canadien.

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A study conducted in Svalbard – a Norwegian archipelago in the Greenland Sea – by the Norwegian Polar Institute and published in the journal Scientific Reports has reached a rather surprising conclusion that contradicts many other studies carried out elsewhere in the Arctic: polar bears in Svalbard have increased in size and are more resistant than expected to the global warming affecting the region. The study’s authors add, however, that this adaptation could be short-lived. According to them, this situation could be explained by a diversification of the bears’ diet. I explained in previous posts that polar bears do not hesitate to come ashore to feed on whale carcasses or on the eggs laid by polar geese. The scientists analyzed the body size of hundreds of bears between 1995 and 2019 in the Norwegian archipelago of Svalbard, where global warming is occurring up to four times faster than the global average. Some areas of the Barents Sea have even experienced warming of nearly two degrees Celsius per decade over the past 40 years. With such temperatures, the sea ice that serves as the hunting ground for polar bears – they are between 1,900 and 3,600 in the Barents Sea – is constantly receding.
Scientists expected to find thinner bears, as in other regions of the world affected by similar sea ice retreat, but the result was surprising. The body condition index of the bears, after an initial decline between 1995 and 2000, subsequently increased during a period of rapid sea ice loss. This result may seem surprising because it contradicts the findings of studies conducted on other polar bear populations, such as in Hudson Bay, where body condition has declined sharply due to rising temperatures and reduced ice cover. The bears are forced to swim much longer to hunt seals, often with unsuccessful attempts. This results in poor fat accumulation and therefore weight loss.
The authors emphasize the importance of not extrapolating observations from one region to another. According to them, the situation of the Svalbard bears is governed by a « complex relationship » between their habitat, the ecosystem, and their energy gains and expenditures. To explain their resilience, the authors suggest that the bears have been able to diversify their diet, which until now has consisted primarily of seals. It is possible that the bears more easily hunt reindeer and walruses, whose populations have rebounded after being overexploited by humans. It is also possible that the concentration of a particular seal species increased when sea ice was less abundant, making it less strenuous for the bears to hunt them. Another plausible hypothesis is that the female bears manage to maintain their physical condition, albeit at the cost of producing fewer offspring.
Despite the encouraging results of their study, the researchers are less optimistic about the future. They are convinced that the Svalbard polar bears will likely be affected by the effects of global warming in the near future.
Source: France Info, Norwegian Polar Institute.

Ours polaires en péril (suite) // Polar bears at risk (continued)

J’ai écrit plusieurs notes (le 18 février 2024, par exemple) sur les difficultés causées par le réchauffement climatique et la réduction de la banquise dans l’Arctique pour les ours polaires. Certains d’entre eux risquent de mourir de faim faute de pouvoir adapter leur régime alimentaire à la vie sur terre.
Une étude récente publiée dans la revue scientifique PLOS One révèle que le risque pour les espèces menacées de contracter des agents pathogènes dangereux augmente également. Les auteurs ont comparé des échantillons de sang prélevés sur des ours polaires de la mer des Tchouktches de 1987 à 1994 avec ceux de 2008 à 2017 pour détecter des indices sur l’impact du réchauffement climatique.
Tout en luttant contre la fonte de la glace de mer dans la région des Tchouktches entre l’Alaska et la Russie, les plantigrades doivent s’aventurer davantage sur terre pour ne pas mourir de faim. Les scientifiques craignent que cela les expose à une nouvelle série de maladies.
Les résultats de l’étude ont confirmé les craintes des chercheurs. Les échantillons de sang du groupe 2008-2017 ont montré que les ours étaient considérablement plus exposés aux virus, aux bactéries ou aux parasites. Toutefois, les chercheurs font remarquer que « les ours sont assez résistants aux maladies », tout en ajoutant que « les choses changent ».
Le fait que les ours polaires s’aventurent davantage sur la terre ferme comporte un certain nombre de risques pour eux, leur écosystème et pour les humains. En 2024, l’Alaska a recensé le premier cas d’ours polaire victime des suites de la grippe aviaire. Dans un article rédigé le 9 décembre 2021, j’expliquais que l’impact sur les oiseaux de l’Arctique allait probablement augmenter, même si les phoques continueront probablement d’être une source de nourriture essentielle au printemps et au début de l’été. Les ours doivent parcourir de plus grandes distances à la recherche d’une nourriture terrestre alternative. Ils passent beaucoup plus de temps à proximité des sites de nidification des oies polaires, ce qui signifie que les œufs sont devenus une source de nourriture importante. Cette recherche des œufs à grande échelle peut dévaster les populations d’oiseaux nicheurs. On peut se demander ce qu’il adviendra de la population d’oies polaires à l’avenir. Si leur nombre diminue – ce qui est prévisible – cela aura un impact sur l’ensemble de l’écosystème terrestre. Par exemple, les renards arctiques dépendent des jeunes oies pour se nourrir ; l’alimentation des rennes est facilitée par les oies qui broutent la toundra. Toute une chaîne alimentaire sera perturbée.

Par ailleurs, sur terre, l’exposition des ours polaires à des polluants dangereux comme le plastique pourrait entraîner des risques pour leur santé et être liée à un comportement plus agressif. L’Alaska a connu sa première attaque mortelle d’ours polaire depuis 30 ans en janvier 2023 ; un ours a mortellement blessé une mère et son enfant en bas âge.
Bien qu’il ne soit pas certain que les agents pathogènes découverts dans l’étude aient eu un impact négatif sur la santé des ours, une exposition accrue à des maladies comme la grippe aviaire pourrait changer la donne, et de plus nombreuses interactions avec les humains pourraient avoir des conséquences désastreuses.
Les ours polaires sont des prédateurs clés de l’écosystème arctique, et si leur nombre diminue, cela perturbera inévitablement l’équilibre naturel. La seule solution pour protéger les ours polaires serait de ralentir la fonte de la glace de mer qui les repousse de plus en plus vers l’intérieur des terres et favorise leur exposition à de nouvelles maladies. Au vu de l’accélération actuelle du réchauffement climatique, ce n’est pas pour demain.
Source : Yahoo News.

Photos: C. Grandpey

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I have written several posts (18 February 2024, for instance) about the difficulties caused by global warming and the reduction of sea ice in the Arctic for polar bears. Some of them face starvation as the Arctic sea ice melts because they are unable to adapt their diets to living on land.

A recent study published in the scientific journal PLOS One reveals the threatened species’ risk of contracting  dangerous pathogens is also rising. The authors compared blood samples of polar bears in the Chukchi Sea from 1987 to 1994 with ones from 2008 to 2017 to detect clues about the impact of global warming.

As polar bears contend with melting ice in the Chukchi region between Alaska and Russia, they have to venture more on land or face starvation. Scientists fear that will expose them to a new range of diseases.

The results of the study confirmed the researchers’ fears. The blood samples of the 2008-2017 group showed the bears had considerably more exposure to viruses, bacteria, or parasites. Fortunately, thebresaerchers explain that « bears are pretty robust to disease, » but they add that « things are changing. »

Polar bears venturing more to the land comes with a number of risks for them, their ecosystem, and humans. This year, Alaska announced the first recorded case of a polar bear dying because of bird flu. In a post written on 9 December 2021, I explained that the impact on birds would likely increase, even though seals will likely continue to be a key food source during spring and early summer. Bears may wander greater distances in search of alternative land-based food. They spend a lot more time near the nesting grounds of polar geese, which suggests eggs have become a significant food source. This type of mass egg hunting can devastate nesting bird populations. One may wonder what will happen to the geese population in the future. If numbers decline – which is to be expected – it will have an impact on the whole terrestrial ecosystem. For example, Arctic foxes depend on young geese as food; reindeer food intake is facilitated by geese grazing the tundra. A whole food chain will be disrupted.

Additionally, wandering polar bears’ exposure to dangerous pollutants like plastic could come with health risks, and possibly be linked to more aggressive behavior. Alaska saw its first fatal polar bear attack in 30 years in January 2023, with a bear fatally mauling a mother and infant son.

While it’s unclear if the pathogens uncovered in the study negatively impacted the bears’ health, increased exposure to diseases like bird flu conceivably could, and more interactions with humans come with dire consequences.

Polar bears are key predators in the Arctic ecosystem, and if their numbers dwindle, it could upset the natural balance. The only solution to protect polar bears would be a slowing of the ice melting that pushes them further and further inland and fosters exposure to new diseases. With the current acceleration of global warming, this is just a dream for the moment.

Source : Yahoo News.