Quelques nouvelles de La Palma (Iles Canaries) // Some news from La Palma (Canary Islands)

18 heures : Le vent d’ouest et de sud-ouest provoquent une dégradation de la qualité de l’air dans la partie est de La Palma, principalement à Santa Cruz de La Palma, Breña Alta et Breña Baja. En conséquence, les populations des zones concernées doivent adopter les mesures de protections habituelles (port de masques, éviter les activités extérieures, etc). En outre, le gouvernement des îles Canaries a ordonné le confinement des quartiers côtiers de Tazacorte (environ 3000 habitants) en raison des gaz générés par l’entrée d’une nouvelle coulée de lave dans la mer, à proximité des zones habitées. L’aéroport de La Palma est resté fermé ce lundi22 novembre 2021 pour le troisième jour consécutif, en raison de l’accumulation de cendres expulsées par le Cumbre Vieja. L’IGN a enregistré 76 séismes aujourd’hui depuis minuit, dont un événement de M 4,8 en début de matinée, à 36 kilomètres de profondeur.

Source: El Pais.

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6:00 p.m : The westerly and southwest winds are causing poor air quality in the eastern part of La Palma, mainly in Santa Cruz de La Palma, Breña Alta and Breña Baja. Consequently, the populations of the areas concerned must adopt the usual protective measures (wearing masks, avoiding outdoor activities, etc.). In addition, the government of the Canary Islands has ordered the containment of the coastal neighborhoods of Tazacorte (around 3,000 inhabitants) due to gases generated by the entry of a new lava flow into the sea, close to populated areas. La Palma airport remained closed on Monday, November 22nd, 2021 for the third consecutive day, due to the accumulation of ash spewed by Cumbre Vieja. IGN has recorded 76 earthquakes today since midnight, including an M 4.8 event in the early morning, at a depth of 36 kilometers.
Source: El Pais.

Le Cumbre Vieja le 22 novembre au matin ( capture écran webcam)

La lave arrive en abondance dans la mer ce soir

Le spectacle est moins somptueux qu’à Hawaii, mais il est tout de même impressionnant (captures écran webcam)

Le festival de Montier-en-Der 2021

Le festival photo de Montier-en-Der 2021: un bon cru.

Je rentre du 24ème Festival international photo animalière et de nature de Montier-en-Der qui a de nouveau pu se tenir après une interruption d’une année pour les raisons que l’on sait. La sécurité sanitaire comme celle des personnes était parfaitement assurée à l’entrée des différents sites. La présentation du pass saniatire et le port du masque étaient bien sur obligatoires et ces modalités ont été parfaitement respectées par les très nombreux visiteurs de l’événement.

Le festival de Montier est l’occasion d’admirer de belles – voire très belles – photos et de rencontrer leurs auteurs. J’ai trouvé que pour cette 24ème édition la qualité était au rendez-vous, avec certaines images qui sortent du lot, comme les extraordinaires ours polaires de Kyriakos Kaziras ou les créatures étranges des profondeurs de Laurent Ballesta, sans oublier les Images Sans Frontière présentées à l’intérieur de l’abbatiale. Le reste est histoire de goût; certaines photos laissent des visiteurs indifférents alors qu’elle en séduisent d’autres.

Si je peux faire un reproche au festival, c’est d’accorder une place trop importante aux agences de voyage et aux diverses associations à l’intérieur du Chapiteau. J’ai parfois l’impression que tous ces stands volent la place à certains photographes dont les images n’ont pas été retenues faute d’espace disponible. Pourquoi ne pas installer ces organismes dans une structure à part, comme cela se fait pour la présentation du matériel photo sur le site de Giffaumont?

 

Les grues 2021: la folie des zéros !

Les dizaines de milliers de visiteurs du Festival viennent de partout en France, mais aussi de l’étranger, pour voir les photos, mais beaucoup de gens sont aussi attirés par le spectacle des grues autour du lac du Der où elles font une halte pendant leurs migrations. D’habitude, j’en vois des milliers ; certaines années, des champs sont remplis d’oiseaux en train de faire provision de protéines avant leur long voyage vers le sud.

Cette année, c’est le calme plat! Dans les champs, il y avait plus de corbeaux que de grues! Je n’ai vu que quelques grues sur les différents sites que j’ai l’habitude de fréquenter dans la campagne dervoise. Le soir, rares étaient les vols – remarquablement silencieux – qui regagnaient leur hébergement dans le lac. Par contre, au cours des semaines qui ont précédé le festival, j’avais vu des vols importants survoler notre maison limousine qui se trouve sur un couloir de migration. De toute évidence, le gros des troupes avait déjà fait ses valises !

Me concernant, j’ai dénombré environ 150 grues au cours de mes différentes observations et à peu près autant le soir depuis la digue du lac. Des locaux soit disant bien informés m’ont affirmé qu’il restait 15 000 volatiles! Peut-être ont-ils totalisé la population encore présente sur les différents lacs de la région? En tout cas, je puis certifier que ce nombre ne saurait concerner le seul lac du Der! Le départ précoce des grues annonce-t-il une période de froid ? Les prochaines semaines nous le diront !

C’était en 2018… (Photo: C. Grandpey)

L’avenir sombre des ours polaires // The dark future of polar bears

La glace de mer fond dans l’Arctique et les ours polaires sont les grandes victimes du réchauffement climatique. Ils sont répertoriés comme « menacés » sur la liste des espèces en danger. Les responsables politiques réunis à Glasgow pour la COP 26 ont-ils évoqué l’avenir des ours polaires ? Rien n’est moins sûr.
Le destin des ours polaires et celui de la glace de mer arctique sont étroitement liés. La glace de mer – autrement dit l’eau de mer gelée – rétrécit pendant l’été à mesure qu’elle se réchauffe, puis se forme à nouveau pendant les longs mois d’hiver. C’est lorsqu’on se rend compte à quel point elle rétrécit que le réchauffement climatique entre en jeu. Plus la glace de mer rétrécit en été, plus elle s’amincit aussi. Cela fait longtemps que les chercheurs tirent la sonnette d’alarme et avertissent que les étés sans glace de mer sont inévitables. La Terre connaîtra très bientôt un été avec moins d’un million de kilomètres carrés de glace de mer dispersée en minuscules morceaux à travers l’Arctique. Les derniers chiffres du NSIDC n’incitent guère à l’optimisme. La réduction linéaire de l’étendue de glace de mer sur les données satellitaires montrait une tendance de 82 100 kilomètres carrés par an en octobre 2021, soit 9,8 % par décennie par rapport à la moyenne de 1981 à 2010. Globalement, depuis 1979, le mois d’octobre a perdu 3,45 millions de kilomètres carrés de glace, ce qui équivaut à deux fois la taille de l’État d’Alaska.
La grande question est de savoir quand l’Arctique ressemblera à « un océan bleu » totalement dépourvu de glace. Peut-être dès les années 2030, très probablement dans les années 2040 et presque assurément dans les années 2050. L’Arctique s’est réchauffé deux fois plus vite que le reste du monde. Au cours de certaines saisons, il s’est réchauffé trois fois plus vite que le reste du globe. La cause est «l’amplification arctique». Le mécanisme est facile à comprendre : la surface blanche de la glace arctique réfléchit la chaleur. Lorsque la glace fond, la mer de couleur sombre absorbe beaucoup plus de chaleur, ce qui réchauffe l’eau encore plus rapidement.

S’agissant des ours polaires, il existe 19 sous-populations différentes dans l’Arctique. Certaines sont vraiment en difficulté, en particulier les plus au sud, tandis que d’autres montrent une certaine stabilité. Leur survie d’un endroit à l’autre est fortement liée à la présence de la glace de mer. En été, les ours polaires sortent sur la glace pour chasser et se nourrir. C’est la période où ils prennent du poids pour survivre à l’hiver. Ils préfèrent les zones recouvertes à plus de moitié de glace car ce sont les terrains de chasse les plus productifs. Plus il y a de glace, plus ils peuvent se déplacer et plus ils peuvent manger.
Il y a à peine 30 ou 40 ans, les ours faisaient un festin de phoques et de morses sur la glace. Dans les années 1980, les mâles étaient énormes, les femelles se reproduisaient régulièrement et les oursons survivaient bien. Bref, la population avait l’air en bonne forme. Avec la perte de glace, les ours ne se portent plus aussi bien. Un signe ne trompe pas; c’est la proportion plus élevée d’oursons qui meurent avant leur premier anniversaire.
Les ours polaires sont des mammifères terrestres qui se sont adaptés à la mer. Les animaux qu’ils mangent – phoques et morses pour la plupart – sont aquatiques. Les ours s’en sortent mieux lorsqu’ils peuvent chasser dans des eaux peu profondes, généralement proches de la terre ferme. Mais ces dernières années, la glace de mer s’est retirée vers le large pendant la plupart des étés. Cela a forcé les ours à dériver sur la glace et atteindre des eaux profondes – parfois de 1 000 mètres de profondeur – dépourvues de leurs proies habituelles. Les ours sont alors obligés de nager longtemps et finissent épuisés. Ils maigrissent et se mettent en danger.
Au large de l’Alaska, les ours polaires de la mer de Beaufort et de la mer des Tchouktches offrent un contraste saisissant. Si on va à 40 ou 60 kilomètres au large de Prudhoe Bay dans la mer de Beaufort, on est sûr de trouver des eaux très pauvres en nourriture pour les ours. Plus au sud dans la mer des Tchoukches, l’eau est moins profonde, ce qui permet aux morses de prospérer. Ils fournissent de la nourriture aux ours polaires. En conséquence; les ours des Tchouktches semblent se porter plutôt bien grâce à cette nourriture abondante. En revanche, les ours de Beaufort donnent un aperçu de ce qui attend l’espèce dans les prochaines années.
Les dirigeants mondiaux qui se sont réunis en Écosse étaient censés prendre des mesures pour tenter de freiner le réchauffement climatique, mais il est probablement déjà trop tard pour les ours polaires. Si la COP 26 avait abouti à des mesures positives, notre planète aurait pu retrouver un Arctique avec une importante surface de glace de mer à la fin de ce siècle et au 22ème siècle. Mais ce rêve a peu de chances de se réaliser et l’espoir est en train de fondre avec la glace de mer.
Source : Yahoo News.

Vous aurez accès à une présentation interactive de la situation dans l’Arctique en cliquant sur ce lien :
https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

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In the Arctic, sea ice is melting and polar bears are the victims of global warming. They are marked as “threatened” on the endangered species list, Did the world leaders who met in Glasgow for COP 26 thought about the future of polar bears? Not so sure.

The fates of polar bears and Arctic sea ice are closely connected. Arctic sea ice – frozen ocean water – shrinks during the summer as it gets warmer, then forms again in the long winter. How much it shrinks is where global warming kicks in. The more the sea ice shrinks in the summer, the thinner the ice is overall. Researchers warn that summers without sea ice are inevitable. The Earth will soon see a summer with less than 1 million square kilometers of sea ice scattered in tiny bits across the Arctic. The latest NSIDC fifures do not incite to be optimistic. The downward linear trend in October 2021 sea ice extent over the satellite record is 82,100 square kilometers per year, or 9.8 percent per decade relative to the 1981 to 2010 average. Overall, since 1979, October has lost 3.45 million square kilometers of ice, based on the linear trend. This is equivalent to twice the size of the state of Alaska.

The big question is when the Arctic will look like « a blue ocean. » Maybe as early as the 2030s, most likely in the 2040s and almost assuredly by the 2050s. The Arctic has been warming twice as fast as the rest of the world. In some seasons, it has warmed three times faster than the rest of the globe. The cause is “Arctic amplification.” The mechanism is easy to understand: white ice in the Arctic reflects heat. When it melts, the dark sea absorbs much more heat, which warms the oceans even more quickly.

As far as polar bears are concerned, there are 19 different subpopulations in the Arctic. Some are really in trouble, especially the southernmost ones, while others are pretty close to stable. But their survival from place to place is linked heavily to sea ice.

In the summertime, polar bears go out on the ice to hunt and eat. This is the period when they put on weight to sustain them through the winter. They prefer areas that are more than half covered with ice because they are the most productive hunting and feeding grounds. The more ice, the more they can move around and the more they can eat.

Just 30 or 40 years ago, the bears feasted on a buffet of seals and walrus on the ice. In the 1980s, the males were huge, females were reproducing regularly and cubs were surviving well. In short, the population looked good. With ice loss, the bears have not been doing as well. One sign is that av higher proportion of cubs are dying before their first birthdays.

Polar bears are land mammals that have adapted to the sea. The animals they eat – seals and walruses mostly – are aquatic. The bears fare best when they can hunt in shallow water, which is typically close to land. But in recent years the sea ice has retreated far offshore in most summers. That has forced the bears to drift on the ice into deep waters – sometimes 1,000 metres deep – that are devoid of their prey. The bears are forced to swim a long time and are exhausted in the end. ,

Off Alaska, the Beaufort Sea and Chukchi Sea polar bears provide a telling contrast. If you go 40 to 60 kilometers offshore from Prudhoe Bay in the Beaufort Sea and you are sure to find very unproductive waters. Further south in the Chukchi, the water is shallower, which allows bottom-feeding walruses to thrive. That provides food for polar bears. The bears in the Chukchi seem to be faring pretty well because of that additional productivity. But the bears of the Beaufort give us a real good early warning of where this is all coming to

The world leaders who met in Scotland were supposed to take measures to try to curb climate change, but it is probably too late for the polar bears. If COP 26 had produced something positive, the world might have seen once again an Arctic with significant sea ice in the summer late this century and in the 22nd century. But this dream is unlikely to come true and hope is melting with the sea ice.

Source: Yahoo News.

You will have accessto an interactive presentation of the situation in the Arctic by clicking on this link:

https://projects.apnews.com/features/2021/polar-bears-sea-ice/index.html

Photos: C. Grandpey