Fuego (Guatemala): Explosions et lahars

L’INSIVUMEH et la CONRED indiquent qu’au cours des derniers jours, de puissants lahars à haute température continuaient à dévaler les flancs du Fuego, accompagnés d’une forte odeur de soufre. Ils étaient générés par les fortes pluies qui ont remobilisé les dépôts de coulées pyroclastiques du 3 juin. Les lahars ont emprunté les ravines Cenizas, Las Lajas, Mineral, Santa Teresa, El Gobernador et Taniluyá. Ils mesuraient entre 20 et 45 mètres de large, jusqu’à 3 mètres d’épaisseur et charriaient souvent des blocs jusqu’à 3 mètres de diamètre, des troncs d’arbres et des branches. Le 14 juin, les lahars ont perturbé les communications dans plusieurs communautés, nécessitant l’assistance de l’armée.
En ce qui concerne l’activité volcanique entre le 16 et le 19 juin, jusqu’à sept explosions par heure produisaient des panaches de cendre s’élevant jusqu’à 1,2 km au-dessus du cratère. Des explosions ont été entendues jusqu’à 10 km de distance. Des avalanches de matériaux sont descendues dans les ravines Santa Teresa, Las Lajas et Cenizas, produisant des panaches de cendre et des retombées dans plusieurs localités. Selon la CONRED, en date du 19 juin, le nombre de personnes tuées par les coulées pyroclastiques du 3 juin était de 110 ; 197 autres sont portées disparues. En outre, 12 823 personnes ont été évacuées.
Source: INSIVUMEH, CONRED.

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INSIVUMEH and CONRED report that in the past few days strong lahars were often hot, steaming, and had a sulphur odour. They were generated from heavy rains and the recent accumulation of pyroclastic-flow deposits from the 3 June events. Lahars descended the Cenizas, Las Lajas, Mineral, Santa Teresa, El Gobernador, and Taniluyá drainages. They were 20-45 metres wide, as deep as 3 metres, and often carried blocks up to 3 metres in diameter, tree trunks, and branches. On 14 June lahars disrupted communication in several communities, requiring assistance from the Army.

As far as volcanic activity is concerned, between june 16th and 19th, as many as seven explosions per hour produced ash plumes that rose as high as 1.2 km above the crater. Some explosions were heard as far as 10 km away. Avalanches of material descended the Santa Teresa, Las Lajas, and Cenizas drainages, producing ash plumes, and ashfall in several municipalities. According to CONRED, as of 19 June, the number of people confirmed to have died due to the 3 June pyroclastic flows remained at 110, and 197 more were missing. In addition, 12,823 people had been evacuated.

Source: INSIVUMEH, CONRED.

Crédit photo: INSIVUMEH

Lacanau (Gironde) sous la menace de l’Océan Atlantique

Il y a quelques jours, je me trouvais à Lacanau, superbe station balnéaire du littoral aquitain, bien connue des surfeurs. Le problème, c’est que la ville est sous la menace des vagues qui, au cours des tempêtes et des grandes marées viennent saper le littoral et le font reculer dangereusement. Lacanau est l’exemple parfait de la conséquence de la hausse des océans sous l’effet du réchauffement climatique. Beaucoup de scientifiques affirment que la ville est en sursis et recommandent sa relocalisation, au moins partielle, vers l’intérieur des terres.

Quand on se promène sur la magnifique plage de la station et que l’on regarde vers l’intérieur des terres, on comprend vite l’ampleur du problème (voir photos ci-dessous). Les enrochements installés le long de la promenade de bord de mer ne sont qu’une solution provisoire et il est fort à parier que les structures construites juste au-dessus ne tiendront pas le coup pendant des décennies.

En réalité, Lacanau n’est qu’un exemple car c’est tout le littoral aquitain qui est menacé par la montée des eaux. Les dunes érigées artificiellement s’érodent petit à petit, inexorablement grignotées par les vagues et ravinée par les tempêtes. Les médias montrent régulièrement l’immeuble Le Signal, à Soulac-sur-Mer qui est un symbole de cette lutte perdue d’avance de la terre contre la mer. Edifié  en 1967 à 200 mètres du trait de côte, autrement dit la limite que les eaux pouvaient atteindre, l’immeuble a été évacué en 2014. Aujourd’hui, il n’est plus qu’à 9 mètres de la mer. Malheureusement, ce n’est pas le seul endroit. A une dizaine de kilomètres de Soulac, il existe des falaises où les racines des arbres ont lâché prise et les arbres sont tombés dans la mer.

Pour faire face à l’érosion à Lacanau, les pouvoirs publics ont engagé une réflexion sur la relocalisation de 1200  logements et commerces vers l’intérieur des terres. Certaines études ont déjà apporté un commencement de réponse peu optimiste aux questions que se posent les autorités locales et les propriétaires des habitations menacées. Selon un rapport de l’Observatoire de la Côte aquitaine (OCA) réalisé en décembre 2016, l’océan avancerait sur le continent de 2,5 mètres par an en Gironde, et de 1,70 mètre dans les Landes […] En cas de grosse tempête, le recul serait de l’ordre de 20 mètres d’un seul coup ».

Un peu plus au sud, dans le secteur d’Hossegor (Landes), le propriétaire d’un hôtel s’inquiète de voir la mer envahir la terrasse devant son hôtel pendant les tempêtes et les marées de fort coefficient. Il m’a montré un blockhaus qui est arrivé dans la mer alors qu’il y a quelques années il se trouvait encore sur la terre ferme. Ce blockhaus appartient à une longue série ayant subi le même sort sur la côte atlantique.

Selon le rapport de l’OCA, « à l’horizon 2025, la superficie du littoral exposé à l’aléa d’érosion sur la côte sableuse s’élève à 10,9 km², soit près de 991 terrains de football. En 2050, 20,6 km² de littoral sableux seraient concernés, soit l’équivalent de 1873 terrains de football. »

Combien de temps tiendra la digue longue d’un kilomètre qui protège encore Lacanau? C’est la question que se posent les habitants de la ville et d’autres communes du littoral français.

Source : France 3, BFMTV et presse locale.

Photos: C. Grandpey

 

Puyehue (Chili) : Hausse du niveau d’alerte // Puyehue (Chile) : The alert level has been raised

Dans un bulletin spécial publié le 20 juin, le SERNAGEOMIN indique que le niveau d’alerte du Puyehue-Cordón Caulle a été a été élevé à la couleur Jaune (2 sur une échelle de 4) le 20 juin 2018 en raison d’une augmentation de la sismicité depuis le début du mois. Entre le 1er et le 15 juin 2018, 272 séismes ont été enregistrés sous le volcan. 48 étaient des événements longue période (LP) associés à la dynamique des fluides à l’intérieur du volcan. 215 autres événements étaient d’origine volcano-tectonique, associés à des mouvements du magma. Ils ont été localisés à 0,6 km à l’ouest du site de l’éruption de 2011, à une profondeur de 2,8 km. Les instruments ont également enregistré 9 séismes hybrides associés à des signes de déformation.
La dernière éruption du Puyehue-Cordón Caulle a débuté le 4 juin 2011 et s’est terminée en avril 2012. On lui a attribute un VEI de 5
Source: SERNAGEOMIN.

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In a special bulletin released on June 20th, SERNAGEOMIN indicates that the alert level for Puyehue-Cordón Caulle volcano was raised to Yellow (2 on a scale of 4) on June 20th, 2018 due to increased seismicity since the beginning of the month. Between June 1st and 15th, 2018, 272 earthquakes were recorded under the volcano. 48 were long-period (LP) earthquakes associated with dynamics of fluids inside the volcano. 215 events were volcano-tectonic, associated with the movement of magma. These were located 0.6 km west of the 2011 eruption, at a depth of 2.8 km. Instruments also registered 9 hybrid earthquakes associated with evidence of deformation.

The last eruption of Puyehue-Cordón Caulle volcano started on June 4th, 2011 and ended in April 2012. It was given a VEI of 5

Source: SERNAGEOMIN.

Crédit photo: SERNAGEOMIN

L’éruption du Kilauea (Hawaii) bat des records // The Kilauea eruption (Hawaii) is breaking records

L’éruption du Kilauea continue d’étonner les volcanologues car la quantité de lave émise depuis le 3 mai 2018 éclipse des événements similaires dans l’histoire récente du volcan. Au cours de l’éruption actuelle, il a produit un volume estimé à environ 145 millions de mètres cubes de lave en 47 jours. En comparaison, il a émis 81 millions de mètres cubes d’un lors d’une éruption qui a duré 88 jours en 1955 et 122 millions de mètres cubes pendant une éruption de 37 jours en 1960. Il ne semble pas que l’éruption actuelle ait envie de ralentir.

Au sommet du Kilauea, le cratère de Halema’uma’u a doublé de taille entre le début de l’éruption et le 13 juin. Les effondrements réguliers de la lèvre et des parois du cratère augmentent son volume à raison de 14 millions de mètres cubes par jour. Les bords s’effondrent en moyenne jusqu’à près de 90 mètres de profondeur à chaque séisme et explosion.
Les scientifiques de l’USGS surveillent de près le chenal dans lequel la lave s’écoule vers l’océan à partir de la Fracture n° 8. Avec les petits débordements, les parois du chenal durcissent et prennent de la hauteur. Elles atteignent actuellement 15 à 18 mètres au-dessus du sol. Un débordement plus significatif a récemment été observé à proximité de Pohoiki Road, mais il n’a duré que quelques heures et la lave n’est pas allée loin. La question à plus long terme est de savoir si les parois du chenal résisteront à la pression de la lave et l’empêcheront de se déverser dans la zone environnante.
Selon la protection Civile, le dernier recensement des habitations détruites par la lave s’élève à 577. La vérification s’est faite en comparant les dossiers fiscaux fonciers et les relevés aériens. Le recensement continue.
Source: USGS / HVO, Protection Civile.

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The Kilauea eruption continues to astound volcanologists as its output since May 3rd, 2018 has eclipsed similar events in recent history. It has put forth an estimated 145 million cubic metres of lava over 47 days. That compares with 81 million cubic metres from an 88-day event in 1955 and 122 million cubic metres from a 37-day eruption in 1960. And it doesn’t look like the eruption is slowing down whatsoever.

At the Kilauea summit, Halema’uma’u Crater had doubled in size as of June 13th. Regular collapses of the crater rim are expanding its volume at a rate of 14 million cubic metres per day. The edges have slumped down almost 90 metres dropping with each earthquake and explosive event.

USGS scientists are keeping a close watch on the channel of lava flowing to the ocean from fissure 8. As lava dribbles over the edges and hardens, the channel has been rising and now stands about 15 to 18 metres above the ground. An overflow recently occurred adjacent to Pohoiki Road, but it lasted only a few hours and did not travel far. A longer-term concern is if the channel levees fail, allowing lava to pour out onto the surrounding area.

The latest count of dwellings destroyed by lava is at 577, according to Civil Defense. Those are the homes that have been verified by matching real property tax records with aerial surveys, which are ongoing.

Source : USGS / HVO, Civil Defense.

Vue du site de l’éruption le 19 juin 2018. On aperçoit au fond la fracture 18 qui donne naissance à la coulée de lave bien canalisée. On aperçoit également les petits débordements sur les parois du chenal. Il faut espérer qu’elles résistent à la poussée de la lave. (Crédit photo: USGS)