Le Merapi (Indonésie) toujours menaçant // Mt Merapi still a threat in Indonesia

Selon le Centre indonésien de gestion des risques géologiques (CVGHM), il se pourrait qu’une puissante éruption soit imminente sur le Merapi. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge. De plus, les autorités ont également relevé le niveau d’alerte volcanique de 2 à 3 (Siaga), sur une échelle de 4 niveaux, le 5 novembre 2020 suite à une augmentation significative de la sismicité. Comme je l’ai déjà écrit, quelque 500 personnes vivant dans quatre villages à proximité du volcan ont été évacuées. D’autres mesures d’urgence pour l’évacuation des personnes vivant à moins de 6 km du cratère sont en préparation.

J’ai indiqué dans plusieurs notes au cours des derniers mois que le dôme sommital était en phase de croissance. Il n’y a pas eu de nouvelle évolution depuis le 5 novembre, mais la sismicité et la déformation du sommet continuent. En conséquence, les volcanologues locaux pensent qu’une éruption explosive est susceptible de se produire, ou bien une extrusion rapide de magma peut survenir, accompagnée de coulées pyroclastiques sur de longues distances. Source: CVGHM.

En cas d’éruption, il faudrait procéder dès le début à une évacuation à grande échelle de la population en se référant à la carte à risques du Merapi. Il ne faudra pas le faire pas à pas, en fonction des événements, comme ce fut le cas en 2010 où 347 personnes ont été tuées par l’éruption.

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According to the Indonesian Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (CVGHM), a significant eruption may be imminent at Merapi whose Aviation Colour Code has been raised to Red. Moreover, authorities also raised the volcanic alert level from 2 to 3, on a scale of 4 levels on November 5th, 2020 after a significant increase in seismicity. As I put it before, about 500 people from four villages in the vicinity of the volcano have been evacuated. More emergency measures to evacuate people living within 6 km of the crater are being prepared.

I indicated in several posts during the past months that th summit dome was growing. However, there has been no new lava dome growth since November 5th, but both seismicity and deformation are still increasing. As a consequence, local volcanologists think an explosive eruption might occur or fast magma extrusion might be observed, accompanied by long-distance pyroclastic flows.

Source : CVGHM.

Should an eruption occur, a large-scale evacuation should be performed from the start with reference to Mt Merapi’s hazard map. It should not be done step by step according to the events like in 2010 when 347 people were killed by the eruption.

Carte à risques du Merapi établie après l’éruption de 2010

Eruption du Sinabung (suite) // Sinabung eruption (continued)

Comme je l’ai écrit précédemment, le Sinabung (Indonésie) a été secoué par deux puissantes éruptions les 7 et 10 août 2020, avec des panaches de cendres jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer. Le volcan ne s’était pas manifesté depuis juin 2019. Ces deux épisodes éruptifs ont envoyé des panaches de cendres verticalement, probablement suite à la destruction d’un bouchon de lave qui obstruait le conduit d’alimentation.
Le comportement du Sinabung devra être surveillé attentivement dans les prochains jours et semaines car des coulées pyroclastiques sont souvent observés lors de la deuxième phase éruptive sur ce type de volcans. Des avalanches incandescentes ont été observées au cours des dernières éruptions du Sinabung.
Officiellement, une zone de sécurité inhabitée a été mise en place autour du volcan lors des dernières éruptions. Espérons que certains paysans n’ont pas eu envie de revenir vivre sur les pentes du volcan, comme cela se produit souvent sur les volcans indonésiens une fois l’éruption terminée. Il est heureux de constater que l’armée indonésienne et la police empêchent les gens d’entrer dans la zone rouge. Des patrouilles empêchent toute entrée dans les quatre districts affectés par l’éruption. Il est interdit à la population locale et aux touristes de pratiquer des activités dans un rayon de 3 km du cratère, un rayon de 5 km au sud-est et de 4 km à l’est et au nord
Les villageois ont reçu des masques pour se protéger contre la cendre. Les personnes qui habitent près des rivières doivent faire attention aux lahars. .
Les éruptions de ces derniers jours ont perturbé les activités dans les fermes et sur les marchés traditionnels. La cendre a détruit les cultures et les plantations. Les villageois autour du Sinabung vivent de l’agriculture. Des milliers d’hectares de terres agricoles ont malheureusement subi des dégâts.
Le niveau d’alerte reste à 3 (Siaga).
Source: Presse indonésienne.

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As I put it before, Mt Sinabung (Indonesia) went through two powerful eruptions on Augusts 7th and 10th, 2020, with ash plumes up to 10 km above sea level. The volcano had kept quiet since June 2019. These two eruptive episodes sent ash plumes vertically, probably caused by the destruction if a plug of lava that obstructed a feeding conduit.

The behaviour of Mt Sinabung in the next days and weeks should be monitored carefully as pyroclastic flows are often observed in the second eruptive stage on this kind of volcanoes. Hot avalanches were observed during Mt Sinabung’s past eruptions.

Officially, a safety zone with no residents was implemented around the volcano. Let’s hope some farmers did not feel like coming back to live on the slopes of the volcano, as often happens on Indonesian volcanoes once an eruption is over. The Indonesian Military and the National Police are blocking people from entering the red zone. They are on patrol to guard any entrance into the four-affected districts. Local residents and tourists are prohibited from doing any activity within a 3-km radius from the crater, a 5-km radius to the south-east, and 4 km to the east-north

Villagers have been distributed masks to avoid exposure to the ash  People residing by the rivers close to Mount Sinabung should also watch out for lahars. .

The last eruptions have disrupted people’s activities in farms and traditional markets. As I put it before, the ash has destroyed crops and plantations. Local villagers make a living from farming, but thousands of hectares of agricultural land have been damaged.

The alert level remains at 3 (Siaga).

Source: Presse indonésienne.

Crédit photo: F. Gueffier

Eruption du Sangay (Equateur / Ecuador)

Selon l’Instituto Geofisico de l’Équateur, un fort épisode éruptif a été observé sur le Sangay le mardi 9 juin 2020, avec une colonne de cendres qui s’est élevée jusqu’à 7 km d’altitude. Des retombées de cendres ont été observées dans plusieurs provinces et le trafic aérien a été perturbé. Plusieurs routes ont été fermées en raison de l’épaisse couche de cendre. Les habitants de la région, en particulier à Guayaquil,  ont été invités à porter des masques pour éviter les problèmes respiratoires et continuer à se protéger contre le coronavirus. En mars et avril, l’épidémie a été particulièrement sévère; les services de santé ont été débordés et il a fallu récupérer les personnes décédées à l’intérieur des habitations. Par bonheur, la situation s’est bien améliorée.
L’Instituto Geofisico indique que des coulées pyroclastiques ont dévalé le flanc sud-est du volcan. Le 9 juin au soir, le nuage de cendres s’étirait sur 400 km
Le Sangay a commencé à entrer en éruption en mai 2019. On observe en général des coulées de lave ainsi que des émissions de gaz et de cendres.
Source: Instituto Geofisico.

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According to Ecuador’s Institut Geofisico, a strong eruptive episode occurred at Sangay volcano on Tuesday, June 9th, 2020, with an ash column that that rose up to 7 km above sea level. Ashfall was observed in several provinces and air traffic was disrupted. Several roads were closed due to heavy ashfall. Residents living in affected regions, especially in Guayaquil, were advised to wear masks to avoid respiratory problems but also as a protection against coronavirus. Guayaquil in March and April suffered one of the region’s worst coronavirus outbreaks, which overwhelmed the health system and forced authorities to collect corpses in homes. Fortunately, the spread of the disease has now slowed significantly.

The Instituto Geofisico indicated that pyroclastic flows travelled down the southeastern flank of the volcano.On June 9th in the evening, the volcanic ash cloud was drifting over 400 km

Sangay started erupting in May 2019. The activity is characterized by the generation of lava flows as well as gas and ash emissions.

Source : Instituto Geofisico.

Panache de cendre du Sangay le 9 juin 2020 au matin vu depuis le flanc sud du Chimborazo (Crédit photo : Instituto Geofisico)

Si le Mont Fuji (Japon) entrait en éruption… // If Mt Fuji (Japan) erupted…

Des articles récents parus dans la presse japonaise ont attiré l’attention sur la situation du Mont Fuji dont la dernière éruption remonte à 1707. Elle est connue sous le nom d’éruption Hoei, du nom de l’ère japonaise à cette époque. Le volcan a émis une énorme quantité de cendres volcaniques que le vent a transportées jusqu’à la ville de Tokyo aujourd’hui.

Dans un article publié en janvier 2020, les scientifiques nippons ont déclaré que la date précise de la prochaine éruption du Mont Fuji était imprévisible, mais beaucoup pensent que le prochain événement majeur aura lieu dans un proche avenir. En effet, plus de 300 ans se sont écoulés depuis la dernière éruption. C’est un laps de temps beaucoup plus long que l’intervalle précédent d’environ 200 ans.
Les volcanologues japonais rappellent que le Mont Fuji a été ébranlé par le puissant séisme qui a frappé la région de Tohoku en 2011 et qu’il est devenu plus instable qu’auparavant.
Si le volcan entrait à nouveau en éruption, il pourrait y avoir des retombées de cendres sur des villes voisines telles que Gotemba, avec de possibles victimes. Il est prévu une perte économique pouvant atteindre 2,5 milliards de yens. Poussée par les vents d’ouest, la cendre pourrait paralyser Tokyo et ses environs. Il y aurait très probablement des pannes d’électricité, des pénuries d’eau et des dysfonctionnements parmi les appareils électroniques ainsi que des perturbations dans les télécommunications. Les trains pourraient également être mis à l’arrêt. Les aéroports seraient obligés de fermer si les pistes étaient recouvertes de cendre. Des problèmes de santé pourraient également survenir avec l’inhalation de cendre par la population.

Dans un autre article de presse publié en mars 2020, les volcanologues japonais expliquent que les coulées pyroclastiques provoquées par l’éruption du Mont Fuji pourraient couper les routes utilisées pour l’évacuation de la population. Il est donc nécessaire de revoir les plans d’évacuation existants. Les nuées ardentes vomies par le volcan pourraient atteindre des distances supérieures de 4 kilomètres à ce qui est prévu dans la région de Fujiyoshida, et de 2 km de plus dans le secteur de Fujinomiya Cette réévaluation du risque signifie que des portions de la route à péage entre Fujiyoshida et Oyama et la Mount Fuji Skyline Road reliant Fujinomiya et Gotemba pourraient être détruites.
La carte à risques actuelle du Mont Fuji a été établie par le gouvernement central en 2004, et le Conseil de gestion des catastrophes doit la mettre à jour au cours de l’exercice 2020 qui commence en avril. La nouvelle carte devrait modifier la taille des coulées pyroclastiques dont le volume devrait passer de 1,4 million à 10 millions de mètres cubes. Cette nouvelle évaluation est faite en prenant en compte la plus grande coulée pyroclastique émise par le volcan au cours des 5 600 dernières années.
De la même façon, les simulations montrent que des coulées de lave provenant de 92 cratères potentiels pourraient atteindre Fujiyoshida et Fujinomiya dans les 24 heures suivant l’éruption, et même la ligne de train à grande vitesse Tokaido Shinkansen et l’autoroute Shin-Tomei qui relie les préfectures de Kanagawa et d’Aichi. .
Le Conseil de gestion des catastrophes a confirmé que quelque 180 éruptions ont été observées sur le Mont Fuji au cours des 5 600 dernières années. 96% étaient petites à moyennes. Environ 60% ont provoqué des coulées de lave, mais les coulées pyroclastiques ne se sont produites que dans 10% des cas.
Source : The Japan Times. .

Vous trouverez les cartes à risques du Mont Fuji à cette adresse. Ci-dessous la carte de la région nord.

https://www.city.fujiyoshida.yamanashi.jp/div/bosai/html/hazard_map/index.html

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Recent articles in the Japanese press have drawn attention to the situation of Mount Fuji whose last eruption was in 1707. It is known as the Hoei Eruption, named after the Japanese era at the time. It spewed a massive amount of volcanic ash that were blown all the way to today’s Tokyo.

In an article released in January 2020, experts said the precise timing of Mt Fuji’s next big eruption was unpredictable, but many thought the volcano was on standby for the next major event. More than 300 years have elapsed since the last eruption. It is a very long silence that surpasses the previous interval of around 200 years.

Japanese volcanologists remind the public that Mt Fuji was but shaken by the Great East Japan Earthquake that struck the Tohoku region in 2011, and it has been made more unstable than before.

Should the volcano erupt again, cinders could rain down on parts of nearby cities such as Gotemba in Shizuoka, with potentially life-threatening results. An economic loss of up to 2.5 trillion yen is expected. Pushed by westerly winds, volcanic ash could paralyze Tokyo and its surrounding metropolitan areas.That would wreak havoc on high-tech Tokyo, possibly causing blackouts, water shortages and malfunctions of electronic appliances as well as disrupting telecommunications. Trains might be suspended, too. Airport terminals would be forced to shut down if runways are covered with ash. Health problems might also arise, with the inhalation of ash.

In another press article released in March 2020, Japanese volcanologists explain that pyroclastic flows from Mount Fuji eruption could sever roads used for evacuation. So, there is rhe need to review existing evacuation plans that use the roads. The hot clouds spewed by the volcano could travel some 4 kilometres further than previously thought in Fujiyoshida, Yamanashi Prefecture, and 2 km more in Fujinomiya, Shizuoka Prefecture. The reassessment means that parts of the toll road connecting Fujiyoshida and Oyama, as well as the Mount Fuji Skyline Road connecting Fujinomiya and Gotemba could be destroyed.

The current Mount Fuji hazard map was compiled by the central government in 2004, and the Mount Fuji disaster management council is due to update it within fiscal 2020, which starts in April. The new map is expected to alter the size of pyroclastic flows to 10 million cubic metres from 2.4 million cubic metres after taking into consideration the largest pyroclastic flow that has occurred in the last 5,600 years.

In the same way, simulations show that lava flows from 92 potential crater locations could hit downtown areas of Fujiyoshida and Fujinomiya within 24 hours of the eruption and even reach the Tokaido Shinkansen bullet train line and Shin-Tomei Expressway, which connects Kanagawa and Aichi prefectures.

The council has confirmed some 180 eruptions have occurred at Mount Fuji over the past 5,600 years, with 96 percent considered small- to medium-size in scale. Some 60 percent of the eruptions caused lava flows, but pyroclastic flows only occurred in up to 10 percent of the total cases.

Source; The Japan Times.

Hazard maps of Mt Fuji can be seen at this address. Here below the map fot the northern region.

https://www.city.fujiyoshida.yamanashi.jp/div/bosai/html/hazard_map/index.html

Crédit photo: Wikipedia

Photos du Sinabung (Indonésie)

On parle peu du Sinabung ces jours-ci, mais le volcan reste bien actif, comme le montrent les derniers rapports publiés par la Smithsonian Institution. L’épisode éruptif actuel a commencé à la fin de l’année 2013, après une activité phréatique en 2010 qui a produit des panaches de cendre, des dômes et des coulées de lave, ainsi que des écoulements pyroclastiques qui ont entraîné l’évacuation et la réinstallation des populations vivant à proximité du volcan. Au plus fort de son activité, le Sinabung a été maintenu en niveau d’alerte 4 (AWAS), le plus élevé, à partir du 2 juin 2015.
Au cours des premières années de l’éruption, les coulées pyroclastiques ont construit un delta de lave en forme d’éventail sur le versant SE. Cette activité s’est poursuivie jusqu’en 2018 ; le dernier panache de cendre important a été signalé le 22 juin. Cependant, de petites émissions de cendre se sont poursuivies au moins jusqu’au 5 juillet 2018.
Le 6 avril 2018, une éruption a généré un panache de cendre qui a atteint environ 7,5 km au-dessus du sommet. L’éruption a également produit des écoulements pyroclastiques qui ont parcouru environ 3,5 km depuis le sommet le long du versant SE. L’éruption a entraîné la fermeture d’un aéroport et les retombées de cendre ont dévasté des centaines d’hectares de terres agricoles.
Deux autres panaches de cendre ont été signalés les 12 et 19 avril 2018, avec des altitudes d’environ 2,7 et 5,5 km. Une coulée pyroclastique a été observée lors de l’éruption du 12 avril. D’autres petites émissions de cendre et de gaz ont eu lieu au cours du mois. Deux panaches de cendre ont été observés les 19 et 20 mai 2018 ; ils sont montés respectivement jusqu’à 3,2 et 5 km au dessus du niveau de la mer. La dernière activité a eu lieu les 15 et 22 juin, avec des panaches de cendre qui ont atteint 3 km et 3,5 km d’altitude. Après le 22 juin, l’activité s’est limitée à de la sismicité et des panaches de cendre, de gaz et de vapeur à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sommet.

Un an plus tard, le 9 juin 2019, une éruption du Sinabung a généré un épais panache de cendre qui s’est élevé à environ 7 km au-dessus du sommet et a produit des coulées pyroclastiques qui ont parcouru 3,5 km au sud-est et 3 km au sud. Des émissions continues de cendre étaient visibles le 10 juin, jusqu’à 500 mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte a été abaissé à 3 (sur une échelle de 1 à 4) le 20 mai 2019, avec une zone d’exclusion générale de 3 km et des extensions à 5 km sur le secteur SE et à 4 km du secteur NE.
Source: CVGHM, Global Volcanism Program

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Little is said about Sinabung these days, but the volcano is still active, as shown by the latest reports released by the Smithsonian Institution. The current eruptive episode started in late 2013, after some phreatic activity in 2010 that produced ash plumes, lava domes and flows, and pyroclastic flows that caused evacuation and relocation of nearby communities. Sinabung had been on alert level 4 (AWAS), the highest hazard status, since June 2nd, 2015.

During the first intense years of the eruption Sinabung built a pyroclastic flow and lava fan on the SE slope. This activity continued into 2018, with the last significant ash plume reported on June 22nd.  However, minor ash emissions continued at least until July 5th, 2018.

An eruption on April 6th, 2018 produced an ash plume that reached about 7.5 km above the summit. The eruption also produced pyroclastic flows that travelled about 3.5 km from the summit down the SE slope. The eruption resulted in the closure of a nearby airport and ashfall affected hundreds of hectares of agricultural land.

Two more notable ash plumes were reported on April 12th and 19th, to altitudes of about 2.7 and 5.5 km, respectively. A pyroclastic flow was reported during the April 12th eruption. Smaller ash and gas emissions occurred through the month.

Two ash plumes were recorded on May 19th and 20th, 2018, rising to about 3.2 and 5 km above sea level, respectively. The last activity occurred on June 15th and 22nd, when ash plumes reached 3 and 3.5 km a.s.l. Activity after June 22nd was limited to seismicity and ash, gas, and steam plumes to several hundred metres above the summit.

One year later, on June 9th, 2019, an eruption on Sinabung produced a dense dark ash plume that rose around 7 km above the summit, and generated pyroclastic flows that travelled 3.5 km SE and 3 km S. Continuous emissions were visible rising 500 metres above the summit on June 10th. The alert level was lowered at 3 (on a scale of 1-4) on May 20th, 2019, with a general exclusion zone of 3 km and extensions to 5 km on the SE sector and 4 km in the NE sector.

Source: CVGHM, Global Volcanism Program.

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Mon ami Thierry Sluys, propriétaire de l’excellent gîte LEU BLEU AZUR sur l’île de la Réunion se trouvait dans la région du Sinabung il y a quelques jours et il m’a fait parvenir une série de photos. En voici quelques unes qui montrent bien l’intensité des éruptions de ce volcan. Avec mes sincères remerciements.

 

(Photos: Thierry Sluys)

La grande vitesse des coulées pyroclastiques // The high speed of pyroclastic flows

Dans un article publié dans la revue Nature Geoscience, des chercheurs confirment les conclusions d’études précédentes à propos des coulées pyroclastiques. Ils expliquent qu’ils ont découvert que les matériaux à haute température émis par un volcan pendant une éruption génèrent une couche d’air entre le sol et une coulée pyroclastique, ce qui permet à cette dernière de se déplacer en atteignant des vitesses extrêmes et en détruisant tout sur son passage.

Les coulées pyroclastiques sont constituées d’un mélange de lave à très haute température, de pierre ponce, de cendre et de gaz volcaniques. Elles peuvent atteindre des températures de 1000 degrés Celsius et, dans des cas extrêmes, dévaler les pentes des volcans à plus de 600 kilomètres à l’heure. Elles sont responsables d’environ 50% de tous les décès provoqués par les éruptions volcaniques dans le monde. Des coulées pyroclastiques ont détruit Pompéi, Herculanum et Stabies lorsque le Vésuve est entré en éruption en l’an 79. Plus récemment, elles ont causé la mort de centaines de personnes sur les pentes du Fuego (Guatemala) en juin 2018.
Les coulées pyroclastiques se divisent en général en deux parties: 1) un flux de fragments de roches à très haute température qui se déplace à la surface du sol, et 2) un nuage de cendres à haute température qui s’élève au-dessus. Dans l’étude publiée dans Nature Geoscience, des chercheurs de l’Université Massey de Nouvelle-Zélande ont tenté de comprendre pourquoi la partie inférieure d’une coulée pyroclastique peut se déplacer aussi rapidement.
Pour ce faire, ils ont réalisé une expérience et déversé 6 tonnes de matériaux pyroclastiques à une température de 400 degrés Celsius dans une structure de leur propre fabrication située dans une chaufferie désaffectée. Les chercheurs ont enregistré l’écoulement des matériaux à l’aide de caméras haute vitesse, ce qui leur a permis ensuite d’analyser avec précision le comportement des matériaux au fur et à mesure de leur écoulement.

Les résultats de l’expérience montrent que les écoulements pyroclastiques génèrent leur propre lubrification sur une couche d’air. Une zone de matériaux volcaniques sous haute pression se forme vers la base de la coulée. L’air est repoussé vers le bas sous l’effet de la pression, ce qui crée comme un matelas d’air à la surface duquel les matériaux peuvent s’écouler rapidement.
Cette étude pourrait aider les autorités à mieux comprendre les dangers posés par les volcans et prévoir leur comportement. Les résultats pourraient avoir des applications dans d’autres domaines comme les avalanches et les glissements de terrain. Depuis longtemps, les volcanologues se demandent pourquoi les coulées pyroclastiques sont capables de se déplacer sur de longues distances. En effet, on a trouvé des dépôts de coulées à des centaines de kilomètres du volcan source ; d’autres ont franchi des obstacles topographiques  tels que des chaînes de montagnes ou des étendues d’eau. La dernière étude fournit également des informations mathématiques importantes qu’il faudrait intégrer à la modélisation des courants de densité pyroclastique (PDC). Ces courants se déplacent généralement une centaine de kilomètres à l’heure, mais on sait qu’ils ont atteint des vitesses allant jusqu’à 600 kilomètres à l’heure sur des terrains accidentés et jusqu’à de grandes distances du volcan source. La dernière étude tend à montrer que cette haute vitesse est obtenue par lubrification grâce à la couche d’air à la base des coulées pyroclastiques.
Source: Presse scientifique internationale.

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In a paper published in Nature Geoscience, researchers confirm the results of previous studies. They explain that they have discovered that the high temperature material spewed from a volcano during eruptions generates a layer of air between it and the ground, allowing a pyroclastic flow to surf along at extreme speeds, destroying everything in its path.

Pyroclastic flows are made up of a mix of hot lava, pumice, ash and volcanic gases. They can reach temperatures of up to 1,000 degrees Celsius and can, in extreme cases, move down the slopes of volcanoes at over 600 kilometres per hour. They are responsible for around 50 percent of all deaths from volcanic eruptions globally. Pyroclastic flows destroyed the ancient cities of Pompeii, Herculaneum and Stabies when Mount Vesuvius erupted in A.D. 79. More recently, they caused the deaths of hundreds of persons on the slopes of Fuego Volcano (Guatemala) in June 2018.

Pyroclastic flows are normally split into two parts : 1) a stream of hot rock fragments that move along the ground and 2) a hot cloud of ash that rises above. In the study published in Nature Geoscience, researchers from New Zealand’s Massey University tried to understand how the lower level of material is able to move so fast.

To do this, they carried out an experiment by releasing up to 6 tons of 400-degree Celsius pyroclastic material down a makeshift unit inside a disused boiler house. The researchers recorded the flow of the material with high-speed videos, allowing them to analyze exactly what was happening to it as it rolled down.

Results showed that the pyroclastic flows generate their own air lubrication. An area of high-pressure volcanic material forms toward the base of the flow. The air is forced downward as a result of the pressure, creating a near-frictionless layer along which the material can flow quickly.

This study could help authorities better understand the hazards posed by volcanoes, and how to plan for them. The results could have implications for other events, including avalanches and fast-flowing landslides. A long-standing puzzle for volcanologists has been the question of why pyroclastic flows are able to travel so far. Indeed, one can find flow deposits hundreds of kilometres from the source volcano, and others that have crossed significant topographic or other barriers, such as mountain ranges or open bodies of water. Thus, the research also provides important mathematical information that should be incorporated into the modelling of pyroclastic density currents (PDCs). PDCs typically travel around 100 kilometres per hour but are known to have reached speeds up to more than 600 kilometres per hour over rough terrain large distances from the volcano.The research suggests that this high mobility is through air lubrication at the base of the flows.

Source: International scientific press.

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Voici une vidéo montrant le déplacement des coulées pyroclastiques sur l’île de Montserrat, pendant l’éruption du volcan Soufriere Hills en 1995. J’ai toujours été impressionné par le glissement de l’écoulement pyroclastique à la surface de l’océan.

https://youtu.be/GeghNYm_03A

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Coulées pyroclastiques sur le Mayon aux Philippines (Crédit photo: Wikipedia)

Fuego (Guatemala): Intensification de l’éruption

L’éruption du Fuego se poursuit. Comme le montre l’évolution sismique ci-dessous, on observe une intensification des explosions qui génèrent des colonnes de cendre jusqu’à 5200 mètres d’altitude avant de s’étirer sur 20 à 30 km. Des avalanches de matériaux modérées à fortes sont observées dans les ravines Seca, Ceniza, Taniluyá, Las Lajas et Honda où elles atteignent parfois la végétation. Les projections de matériaux incandescents atteignent 800 mètres de hauteur et les explosions font vibrer les vitres des habitations sur les flancs ouest et sud-ouest. On observe des retombées de cendre dans plusieurs localités comme Panimache II, Santa Sofia, Sangre de Cristo, Palo Verde et Alotenango. Il y a également risque de retombées de cendre à Antigua. Une coulée de lave avance toujours sur une longueur de 2500 m dans la ravine Ceniza.

Au vu de l’intensification des coulées pyroclastiques, il est conseillé à la population de quitter les abords des ravines mentionnées ci-dessus. L’INSIVUMEH demande à la CONRED de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de la population. Il est demandé aux compagnies aériennes d’éviter la région du volcan à cause des importantes émissions de cendre.

Source : INSIVUMEH.

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 The eruption of Fuego volcano continues. As shown by the seismic evolution below, there is an intensification of explosions that generate ash columns up to 5200 metres a.s.l. before drifting over 20 to 30 km. Moderate to strong avalanches of material are observed in the Seca, Ceniza, Taniluyá, Las Lajas and Honda drainages where they sometimes reach the vegetation. The ejections of incandescent material reach 800 metres in height and the explosions vibrate the windows of the houses on the west and south-west flanks. Ashfall can be observed in several communities such as Panimache II, Santa Sofia, Sangre de Cristo, Palo Verde and Alotenango. There is a risk of ashfall in Antigua. A lava flow is still moving forward over 2500 m in the Ceniza drainage.

Because of the intensification of pyroclastic flows, residents are advised to leave the areas close to the above-mentioned drainages. INSIVUMEH asks CONRED to take all necessary measures to ensure the safety of the population. Airlines are asked to avoid the volcano area because of high ash emissions.
Source: INSIVUMEH.

Activité sismique actuelle sur le Fuego (Source: INSIVUMEH)

Zones menacées par les lahars en cas de fortes pluies (Source: INSIVUMEH)