Et si Yellowstone entrait en éruption de nos jours ? // What if Yellowstone erupted today?

À la fin de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », certaines personnes me demandent ce qui se passerait si un super volcan comme Yellowstone entrait en éruption aujourd’hui.

Un super volcan est un volcan capable d’émettre au moins 1 000 kilomètres cubes de matériaux lors d’une seule éruption. De ce fait, il est classé au niveau 8 – le maximum – de l’Indice d’explosivité volcanique (VEI). Il est intéressant de noter que Yellowstone n’est pas le seul super volcan au monde. Certains, comme le Taupo (Nouvelle-Zélande) ou le Toba (Indonésie), sont bien connus, mais d’autres super volcans, aujourd’hui inconnus, pourraient se cacher au fond des océans. Comme je le dis souvent, nous connaissons mieux la surface de la planète Mars que les abysses de nos propres océans.
Le Parc national de Yellowstone est un endroit magnifique, avec ses sources chaudes et ses geysers comme l’Old Faithful.

Ce vaste système volcanique est connu sous le nom de Caldeira de Yellowstone, et une seule éruption pourrait plonger le monde dans le chaos. Il y a environ deux millions d’années, d’importantes quantités de magma se sont accumulées sous la croûte terrestre. Poussées par la pression colossale des gaz volcaniques, elles ont déclenché une éruption qui figure parmi les plus importantes de l’histoire de notre planète. Depuis cette époque lointaine, Yellowstone a connu deux autres éruptions volcaniques majeures et de nombreuses éruptions mineures.

Bien que Yellowstone n’ait pas connu de super-éruption depuis des millénaires, on peut se demander si ce super volcan est susceptible d’entrer un jour à nouveau en éruption. Les scientifiques qui étudient Yellowstone estiment qu’une nouvelle éruption est probable et que ce n’est qu’une question de temps. Toutefois, une éruption majeure de Yellowstone ne devrait pas se produire avant des milliers, voire des millions d’années.
Les scientifiques expliquent que le magma sous Yellowstone est majoritairement à l’état solide et ne peut donc pas déclencher une éruption. Une étude montre que ce magma se concentre surtout dans la partie nord-est du volcan et qu’il a tendance à se déplacer dans cette direction. Ce magma pourrait un jour devenir suffisamment liquide pour entrer en éruption. Mais il pourrait aussi perdre de sa chaleur et stagner au contact d’une épaisse couche de roche continentale au sein de la croûte terrestre. Ce ne sont que des suppositions et le conditionnel est de rigueur. En réalité, aucun scientifique n’est capable de prédire l’avenir éruptif de Yellowstone.

Source: USGS / YVO

Selon certains chercheurs, le prochain événement volcanique dans la caldeira de Yellowstone ne sera probablement pas une explosion volcanique. Une puissante éruption hydrothermale est plus probable. Elle proviendrait d’un geyser, avec une activité capable de créer des cratères impressionnants mais dont l’impact serait limité en dehors du Parc.

Explosion du Steamboat Geyser

Une autre possibilité serait une coulée de lave émise par une bouche éruptive. Au final, le danger actuel à Yellowstone réside davantage dans les éruptions hydrothermales ou les séismes, dont beaucoup sont sans lien avec l’activité volcanique.
Tous les scientifiques s’accordent aujourd’hui à dire que si le volcan de Yellowstone entrait en éruption, leurs collègues en poste à l’observatoire le sauraient probablement des semaines, voire des mois à l’avance. Cependant, ils insistent sur le fait que le risque d’une éruption majeure dans la caldeira de Yellowstone est quasiment nul aujourd’hui.

Mais que se passerait-il si Yellowstone entrait en éruption alors que des milliards d’êtres humains peuplent notre planète ? Lors de l’éruption, la zone immédiatement concernée, couvrant des parties du Montana, du Wyoming et de l’Idaho, serait ravagée. D’immenses colonnes éruptives, chargées de cendres et de gaz volcaniques à haute température, s’effondreraient sous leur propre poids et réduiraient la zone en cendres. Les coulées pyroclastiques anéantiraient arbres, habitations et infrastructures sur leur passage.
À l’aide de modèles, les scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone prévoient qu’une super-éruption enverrait des milliers de mètres de cendres dans le périmètre du Parc et recouvrirait des zones habitées s’étendant de Missoula (Montana) à Albuquerque (Nouveau-Mexique).

Simulation d’une éruption à Yellowstone avec l’émission de 330 kilomètres cubes de cendres (Source : USGS)

De plus, une super-éruption du Yellowstone déposerait plusieurs millimètres de cendres sur une grande partie des États-Unis et certaines régions du Canada, avec un impact sur l’agriculture, les ressources en eau et les réseaux électriques. D’énormes quantités de cendres et de gaz atteindraient la stratosphère, générant des aérosols qui bloqueraient la lumière du soleil et plongeraient la Terre dans une longue période de froid et d’obscurité. Le scénario serait probablement semblable à l’éruption du Tambora en 1815 (Indonésie), qui fit des dizaines de milliers de victimes et plongea la Terre dans « l’Année sans été », une longue période de basses températures qui ravagea les récoltes et provoqua des famines et des épidémies à travers le monde.

Cratère du Tambora (Crédit photo: Wikipedia)

Les scientifiques estiment généralement que les effets d’une super-éruption comme celle du Yellowstone pourraient durer de cinq à dix ans. De nombreuses personnes mourraient, mais l’humanité ne disparaîtrait pas. Aucune éruption volcanique explosive n’a jamais été associée à une extinction massive sur Terre.

Source : Popular Science, Observatoire Volcanologique de Yellowstone. Photos du Parc: C. Grandpey

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At the end of my conference « Volcanoes and volcano Hazards », some persons ask me what would happen if a super volcano like Yellowstone erupted today.

Just remember that a super volcano is able to erupt at leaqt 1,000 cubic kilemeters of material during a single eruption. As such it is callsified at level 8 – the maximum – on the Volcanic Explosivity Index (VEI). It is interesting to add that Yellowstone is not the only super volcano in the world. Some of them like taupo (New Zealand) or Toba (Indonesia) are well known but other super volcanoes may also be unknown, lying hidden at the bottom of the oceans. As I say it quite often, we know the surface of Mars better than the abysses of our own oceans.

Yellowstone National Park is a wonderful place to visit with its hot springs and geysers like Old Faithful. This vast volcanic system is known as the Yellowstone Caldera, and with one blast it could plunge the world into chaos.

About two million years ago, large amounts of hot magma accumulated beneath the Earth’s crust, building pressure and volcanic gases that triggered a major eruption. It was among the largest volcanic eruptions in our planet’s history, blanketing large parts of North America with ash. Since then, Yellowstone has seen two more major volcanic eruptions and many smaller ones.

Though Yellowstone hasn’t had a supereruption in millennia, we may wonder:whether the super volcano will ever explode again. Experts studying Yellowstone say it probably will erupt again ; t’s just a matter of time. A major Yellowstone eruption likely won’t happen for thousands, and potentially millions, of years.

Scientists say that the magma underneath Yellowstone is mostly solid and not eruptible. One study suggests the magma is more concentrated underneath the northeast section, and that magma is shifting in that direction. This magma may one day become liquid enough to erupt. But it could also lose heat and stall as it hits thick, continental rock within the Earth’s crust. Actually, no scientist is able to make any prediction about the eruptive future of Yellowstone.

According to some researchers, the next volcanic incident in the Yellowstone Caldera likely won’t be a volcanic explosion. A powerful hydrothermal eruption from a geyser, activity that can create impressive craters but has limited impact outside the park, is more likely. Another possibility is a lava flow emitted by a single eruptive vent. In the end, the hazard in Yellowstone today lies more with hydrothermal eruptions or earthquakes, many unrelated to volcanic activity, in the park.

All scientists agree today to say that if the Yellowstone volcano were to erupt, scientists at the observatory would likely know weeks to months beforehand, but they insist that the chances of a major eruption in the Yellowstone Caldera within the human timeline are close to zero.

But what if Yellowstone did erupt while billions of humans still walked this planet? Upon eruption, the immediate radius, including parts of Montana, Wyoming, and Idaho, would be swept clean. Huge eruption columns, with superheated volcanic ash and gas, would collapse under their own weight and incinerate the land. Pyroclastic flows would wipe out trees, homes, and infrastructure in their path.

Using models, scientists at the Yellowstone Volcano Observatory predict that a supereruption would drop thousands of meters of ash within the park radius, and coat communities stretching from Missoula, Montana, to Albuquerque, New Mexico. What is more, aYellowstone supereruption would drop at least a few millimeters of ash over much of the U.S. and parts of Canada, devastating agriculture, water supplies, and electrical grids. Huge amounts of ash and gas launched into the stratosphere would act as aerosols, blocking sunlight and plunging the Earth into a long period of cold and dark. It would probably look like the 1815 Tambora eruption (Indonesia) which claimed tens of thousands of lives and plunged Earth into the “Year Without Summer”, a prolonged period of low temperatures that ravaged crops and caused widespread famine and disease epidemics around the world.

Scientists usually believe the effects of a supereruption like Yellowstone could last five to 10 years. A lot of people would die, but it would not wipe out humanity. No explosive volcanic eruption has ever been associated with a mass extinction on Earth.

Source : Popular Science, Yellowstone Volcano Observatory.

Trois morts sur le Dukono (Indonésie) // Three hikers died on Mount Dukono (Indonesia)

Trois randonneurs, deux ressortissants de Singapour et un Indonésien, sont morts après l’éruption, vendredi 8 mai 2026, du Dukono sur l’île d’Halmahera, aux Moluques, dans l’est de l’Indonésie, ont annoncé des responsables des secours. L’éruption a duré près de 16 minutes et s’est accompagnée d’une activité sismique et de grondements.Vingt randonneurs se trouvaient sur les pentes du volcan, qui culmine à 1 335 mètres, lorsque la catastrophe s’est produite. Quinze randonneurs sont redescendus sains et saufs. Certains des randonneurs ont subi des blessures légères et ont été transportés à l’hôpital.

En raison des éruptions en cours, la situation est toujours considérée comme trop dangereuse pour une évacuation. Le guide et un porteur ont été conduits au poste de police et pourraient faire l’objet de poursuites pénales pour avoir emmené des randonneurs dans une zone interdite..

Dans sion dernier bulletin, relayé par le GVN, le Le Centre de volcanologie et de prévention géologique (PVMBG) signalait que l’activité éruptive du Dukono s’était poursuivie du 30 avril au 6 mai. Des panaches de cendres s’élevaient quotidiennement entre 400 et 2 000 mètres au-dessus du sommet. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à se tenir à au moins 4 km du cratère Malupang Warirang.

Vue du panache de cendres émis lors de l’éruption du 8 mai 2026

Source : Médias d’information indonésiens.

Le panache éruptif vu depuis le flanc du volcan:

Source: réseaux sociaux

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Three hikers, two Singaporeans and one Indonesian, died after Mount Dukono erupted on Halmahera Island in the Maluku Islands, eastern Indonesia, on Friday, May 8, 2026, rescue officials announced. The eruption lasted nearly 16 minutes and was accompanied by seismic activity and rumbling sounds. Twenty hikers were on the slopes of the 1,335-meter volcano when the disaster struck. Fifteen hikers descended safely. Some of the hikers sustained minor injuries and were taken to the hospital.

Due to ongoing eruptions, the situation remains too dangerous for evacuation. The guide and a porter were taken to the police station and could face criminal charges for leading hikers into a restricted area.

In its latest bulletin, relayed by the GVN, the Center for Volcanology and Geological Prevention (PVMBG) reported that eruptive activity at Dukono continued from April 30 to May 6. Ash plumes rose daily between 400 and 2,000 meters above the summit. The alert level remains at 2 (on a scale of 1 to 4), and the public is advised to stay at least 4 km away from the Malupang Warirang crater.

Source : Indonesian news media.

Kilauea (Hawaï) : l’Épisode 43 et ses conséquences // Episode 43 and its consequences

L’Épisode 43 de l’éruption du Kīlauea a permis d’observer un nouveau record de hauteur pour les fontaines de lave et a provoqué des retombées de téphra sur les localités proches du volcan. L’Observatoire volcanologique d’Hawaï (HVO) a consacré un article spécial de sa série « Volcano Watch » à cet événement qui a débuté le matin du 10 mars 2026 et s’est poursuivi pendant 9 heures. L’article souligne les conséquences pour les zones habitées.
Les bouches éruptives nord et sud ont émis des fontaines de lave ; celle de la bouche sud a atteint 531 mètres de hauteur, un nouveau record pour cette éruption à épisodes.

Capture d’écran de l’éruption

Les vents du sud-ouest ont transporté les téphras vers les points d’observation prévus pour les touristes et les localités voisines. La majeure partie des retombées a été enregistrée au site d’observation d’Uēkahuna et au camp militaire du Kīlauea, dans le Parc national des volcans d’Hawaï, ainsi que sur des portions de la Highway 11 et sur le terrain de golf de Volcano. Les téphras qui sont retombés sur les zones situées au nord-est des bouches éruptives ont formé une couche au sol. Une partie de la Highway 11 et du Parc national a été temporairement fermée par mesure de sécurité et pour permettre le nettoyage des téphras.

Téphras sur la Highway 11 (Source: réseaux sociaux)

Des téphras plus légers, mais en abondance, ont été signalés dans d’autres secteurs du terrain de golf de Volcano, ainsi qu’à Volcano Village et dans les Mauna Loa Estates. Ces zones ont reçu des retombées moins importantes, allant jusqu’à la taille de lapilli. Les communautés plus éloignées n’ont signalé que des retombées de cendres et de « cheveux de Pélé ».

Les retombées de téphras sont un souci pour les personnes qui dépendent des systèmes de récupération d’eau de pluie installés sur leurs toits. Des scientifiques ont prélevé des échantillons de cendres, d’eau de ruissellement et d’eau des réservoirs de récupération dans les zones touchées afin de comprendre à quel point ces dépôts de téphras peuvent affecter la qualité de l’eau. L’un des principaux dangers est le fluorure, qui peut enrober les particules de téphra et se dissoudre ensuite dans l’eau. D’autres contaminants potentiels associés aux cendres volcaniques, tels que l’arsenic, le cadmium, le chrome, le cuivre et le plomb, sont présents en trop faible quantité pour être détectés. L’impact le plus important sur la qualité de l’eau se produit lors des premières pluies suivant une éruption, lorsque la plupart des contaminants présents sur les téphras sont lessivés. Les personnes qui utilisent des systèmes de récupération d’eau de pluie peuvent réduire ce risque en déconnectant temporairement les descentes de gouttière avant les retombées de téphras, en couvrant les réservoirs de stockage et en balayant les téphras sur les toits et les gouttières avant de reconnecter leurs systèmes.
Les téphras peuvent également causer des irritations aux yeux, à la peau et aux voies respiratoires. Lors du nettoyage des téphras, il est conseillé de porter un équipement de protection tel qu’un masque, des lunettes de protection, des gants et des vêtements de protection (manches longues, chapeau et chaussures fermées). La zone affectée par les retombées de téphras lors des épisodes au sommet du Kīlauea peut varier en fonction du comportement des fontaines de lave et des conditions de vent.
Source : USGS HVO.

Nuages de téphras pendant l’Épisode 43 (Capture d’écran)

Selon le HVO, les fontaines de lave de l’Épisode 44 devraient jaillir entre le 30 mars et le 8 avril 2026.

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Episode 43 of the Kilauea eruption reached new lava fountain height record andcaused tephra fallout on nearby communities. The Hawaiian Volcano Observatory has dedicated a special Volcano Watch article to this event that began in the morning of March 10 2026 and continued for 9 hours. The article also insists on the consequences for populated areas.

The north and south vents erupted lava fountains, with the south vent fountain reaching 531 meters high, a new record for this episodic summit eruption.

Southwesterly winds carried tephra toward visitor overlooks and nearby communities. Most of the fallout accumulated at Uēkahuna Overlook and Kīlauea Military Camp in Hawaiʻi Volcanoes National Park, as well as portions of Highway 11 and the Volcano Golf Course area. These areas, located northeast of the vents, experienced continuous ground coverage. Part of Highway 11 and Hawaiʻi Volcanoes National Park were temporarily closed for safety purposes and to allow for tephra cleanup.

Lighter but still widespread tephra was reported in other parts of the Volcano Golf Course area as well as Volcano Village and Mauna Loa Estates. These areas received sparser fallout, ranging up to lapilli in size. More distant communities reported only ash and Pele’s hair.

Tephra fall raises concern for residents who rely on rooftop rainwater catchment systems. Scientists collected ash, rooftop runoff and catchment tank water samples from affected areas to understand how these tephra deposits might affect water quality. One of the main concerns is fluoride, which can coat tephra particles and then dissolve into water. Other potential contaminants associated with volcanic ash — such as arsenic, cadmium, chromium, copper and lead — were too low to detect.

The largest impact on water quality occurs during the first flush of rain after an eruption, when most contaminants are washed from the tephra. Residents using rainwater catchment systems can reduce risk by temporarily disconnecting downspouts before tephra fall, covering storage tanks and cleaning tephra from roofs and gutters before reconnecting their systems.

Tephra is also an eye, skin and respiratory irritant. When clearing tephra, it is advisable to wear protective equipment such as a mask, eye protection, gloves and protective clothes such as long-sleeves, a hat and covered shoes. The area affected by tephra fallout during Kīlauea summit episodes can vary depending on lava fountaining behavior and wind conditions.

Source : USGS HVO.

According to the HVO, the lava fountains of Episode 44 could be observed between March 30 and April 8, 2026.

Le point sur la situation à Ambae (Vanuatu) // Update on the situation in Ambae (Vanuatu)

On parle beaucoup ces temps-ci d’Ambae, aussi appelée Aoba, une île de l’archipel de Vanuatu. Ambae est la partie émergée du Manaro Voui, le volcan le plus imposant du Vanuatu. Il culmine à 1 496 mètres d’altitude, soit environ 3 900 mètres au-dessus du fond marin. Le Manaro Voui abrite trois lacs à son sommet. L’un des deux principaux, le lac Voui, possède un cratère en son centre, à l’origine de plusieurs éruptions depuis 1995.

Une éruption avec émissions de vapeur et de cendres a débuté le 27 novembre 2005, entraînant le déclenchement d’une alerte volcanique de niveau 2 et la mise en place de préparatifs d’évacuation. Le 8 décembre 2005, l’éruption s’est intensifiée, forçant plus de 3 000 habitants à quitter leur domicile et nécessitant l’évacuation de deux hôpitaux.

Le 28 septembre 2017, après une semaine d’activité volcanique de plus en plus forte, le niveau d’alerte a été relevé à 4 sur une échelle de 5 et le gouvernement du Vanuatu a ordonné l’évacuation complète de l’île, qui compte environ 11 000 habitants. Les cendres de l’éruption détruit les récoltes et pollué l’air et l’eau. En avril 2018, les quelque 10 000 habitants restants ont reçu l’ordre d’évacuer définitivement.

En février 2026, le volcan Manaro Voui est toujours en éruption et le gouvernement du Vanuatu vient d’approuver des mesures d’urgence suite aux pluies acides et aux impacts des cendres qui se sont propagés au-delà de l’île. Les autorités maintiennent le niveau d’alerte 3 et ont préparé des plans d’évacuation au cas où l’activité s’intensifierait, mais aucune évacuation obligatoire n’a été ordonnée à ce stade. Cependant, il est conseillé aux personnes vivant dans les zones les plus touchées de se déplacer vers des zones moins affectées de l’île si elles ne se sentent pas en sécurité. Si le niveau d’alerte 4 est déclenché, le gouvernement exigera que l’île entière soit déclarée zone sinistrée et lancera des évacuations.

L’activité actuelle du volcan est caractérisée par des émissions soutenues de cendres et de gaz, une activité sismique intense, des signes qui montrent la proximité du magma avec la surface, et des pluies acides qui s’étendent bien au-delà d’Ambae.

 Les pluies acides provenant du volcan Manaro Voui, à 310 km au nord-ouest de la capitale, Port-Vila, affectent les ressources en eau et les récoltes. Les autorités indiquent que le volcan crache des cendres et des gaz toxiques qui recouvrent désormais toute l’île en raison des changements de vent. Le Département de météorologie et de géorisques du Vanuatu (VMGD) précise que les pluies acides ont atteint les îles de Santo, Malakula, Pentecost et Ambrym. Le phénomène est bien connu : le SO₂ mélangé à la pluie se transforme en acide sulfurique, de sorte que les pluies acides brûlent les cultures et affectent les réserves d’eau. Les puits et les réservoirs non couverts peuvent être pollués. De plus, les importantes retombées de cendres modifient le pH de l’eau, la rendant plus acide.

Avant la phase actuelle, le Manaro Voui était maintenu au niveau d’alerte 2 depuis au moins fin 2021, l’activité étant principalement caractérisée par des émissions de vapeur et de gaz, et une zone d’exclusion plus restreinte. Fin février 2026, l’activité est entrée dans une phase éruptive distincte, et le niveau d’alerte a été relevé à 3. Les panaches de cendres ont atteint leur maximum à environ 4 900 m d’altitude le 24 février.
La zone d’exclusion autour de la bouche éruptive active reste la mesure de sécurité la plus immédiate. Un rayon de 3 km autour du lac Voui est actuellement interdit d’accès en raison du risque d’activité éruptive à proximité du cratère. Le VMGD a demandé à la population d’éviter les cours d’eau et les ravines en cas de fortes pluies. Les dépôts de cendres les plus récents peuvent être rapidement remobilisés en lahars qui peuvent dévaler les pentes sans prévenir et affecter des zones bien au-delà du cratère.

 Source : VMGD.

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There is a lot of talk these days about Ambae, also known as Aoba, an island in the Vanuatu archipelago. Ambae is the emergent portion of Vanuatu’s most voluminous volcano, Manaro Voui, which rises 1,496 meters above sea level, or about 3,900 meters above the sea floor. Manaro Voui has three lakes at its summit. One of the two main ones, Lake Voui, has a crater in its center which has been the source of several eruptions since 1995.

A steam and ash eruption began on November 27, 2005, leading to a Level 2 volcano alert and preparations for evacuations. On December 8, 2005, the eruption became stronger, displacing more than 3,000 residents and requiring the evacuation of two hospitals.

On September 28, 2017, after a week of increasing volcanic activity, the alert level was raised to 4 on a scale of 5 levels, and the government of Vanuatu ordered a complete evacuation of the island, home to about 11,000 residents. Ash from the eruption covered the island, killing crops and polluting the air and water. In April 2018, the remaining approximately 10,000 residents were ordered to evacuate permanently.

In February 2026, Manaro Voui volcano remains in minor eruption, but Vanuatu’s government has just approved emergency response measures after acid rain and ash impacts spread beyond the island. Authorities maintain Alert Level 3 and have prepared evacuation plans in case activity escalates further, but no mandatory evacuation has been ordered at this stage. However, the people in the worst-affected areas are encouraged to move to less-affected parts of the island if they do not feel safe. Should alert level 4 be decided, the government will require the whole island to be declared a disaster zone and start evacuations.

The current activity at the volcano is characterized by sustained ash and gas emissions, elevated seismic unrest, continuing signs that magma is close to the surface, and production of acid rain which is extending well beyond Ambae itself.

Acid rain from the Manaro Voui volcano on Ambae – 310 km north west of the capital of Port Vila – is reportedly affecting water and food supplies. Authorities say the volcano is spewing toxic ash and gases which are now covering the entire island due to wind changes. The Vanuatu Meteorology and Geohazard Department (VMGD) says acid rain has now reached Santo, Malakula, Pentecost and Ambrym islands. The process is well-known : SO2 mixed with rain becomes acid rain which burns crops and affects water reserves. Wells, and tanks that are not covered could be affected. Besides, the heavy ashfall also alters the PH levels in water, making it more acidic.

Before the current phase, Manaro Voui had been held at Alert Level 2 since at least late 2021, with unrest marked mainly by steam and gas emissions and a smaller exclusion zone.

By late February 2026, the activity shifted into a clear eruptive phase, and the alert level was raised to 3 as the hazard footprint expanded around the summit vent system. Ash plumes peaked at approximately 4 900 m above sea level on February 24.

The exclusion zone around the active vent remains the most immediate life-safety measure. A 3 km radius around Lake Voui is currently off limits because of the risk from eruptive activity close to the crater. The VMGD has asked residents to avoid drainages and river channels during heavy rainfall. Fresh ash deposits can be rapidly remobilised into lahars, which can move downslope with little warning and affect areas well outside the crater rim.

Source : VMGD.