Cumbre Vieja (La Palma): le point sur la situation // Latest news

16 octobre 2021 – 14 heures : L’activité sismique continue d’être soutenue à La Palma avec deux nouveaux séismes de magnitude supérieure à M 4,0 au cours de la nuit dernière. Comme précédemment, ils ont été ressentis par la population.
Il semblerait que le volcan soit entré dans une phase plus effusive qu’explosive, même si les nuages de cendre sont encore bien présents. D’ailleurs la direction prise par les nuages de cendre a contraint la compagnie Binter à arrêter temporairement les vols avec La Palma jusqu’à ce que les conditions s’améliorent et permettent les vols en toute sécurité.

L’intensification du débit effusif a des conséquences sur la superficie de la zone affectée par les coulées. Elle est actuellement de 732 hectares, soit 52 de plus que la veille, 1817 bâtiments sont été détruits, soit 269 de plus que lors du précédent décompte. La lave a recouvert 56,4 kilomètres de routes et partiellement affecté 3 autres kilomètres.

Source: Presse espagnole.

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Voici les dernières données concernant le Cumbre Vieja le 16 octobre 2021 au soir:

– La hauteur de la colonne de cendre atteint 4 500 mètres d’altitude. Le panache de cendres et de dioxyde de soufre (SO2) devrait continuer à se diriger vers le nord et le nord-est au cours des prochaines 24 à 36 heures. Les conditions météorologiques, avec l’arrivée de la brume, sont défavorables à la qualité de l’air.

– La superficie de la zone touchée par les coulées de lave est d’environ 742 hectares, avec une largeur maximale de coulée de 2350 mètres.

– Selon Copernicus, 1 923 bâtiments sont affectés par l’éruption, dont 1 826 sont totalement détruits et 97 sont soit en danger, soit partiellement touchés. Selon les données cadastrales, il y a 1058 bâtiments concernés, dont 854 à usage d’habitation.

– Des séismes continuent de se produire. Comme je l’ai indiqué précédemment, au cours des dernières 24 heures, la secousse la plus significative a atteint M 4,6 à 37 kilomètres de profondeur.

– Les déformations de l’édifice volcanique ont diminué au cours des dernières heures.

– L’émission de dioxyde de carbone (CO2) sur le Cumbre Vieja atteint 1 224 tonnes par jour, une valeur semblable à celle des jours précédents.

– La coulée qui était la plus proche de la montagne de La Laguna poursuit son avancée vers la mer à une vitesse plus lente que le 15 octobre dans l’après-midi. Le front se trouve à environ 300 ou 400 mètres de la côte mais avec une progression assez lente.

– Le VEI reste à 2, sur une échelle de 0 à 8.

Source: Copernicus

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October 16th, 2021 – 2:00 p.m .: Seismic activity continues to be sustained in La Palma with two new earthquakes above M 4.0 recorded last night. As before, they were felt by the population.
It seems that the volcano has entered a phase that is more effusive than explosive, even if the ash clouds are still present. The direction taken by the ash clouds has forced the Binter company to temporarily stop flights with La Palma until conditions improve and allow flights in complete safety.
The intensification of the effusive flow has consequences on the surface area of the area affected by the lava. It covers currently 732 hectares, or 52 more than the day before, 1,817 buildings have been destroyed, or 269 more than during the previous count. The lava covered 56.4 kilometers of roads and partially affected another 3 kilometers.
Source: Spanish press.

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Here is the latest data for Cumbre Vieja on the evening of October 16th, 2021:

– The height of the ash column reaches 4,500 meters above sea level. The ash and sulfur dioxide (SO2) plume is expected to continue to move north and northeast over the next 24 to 36 hours. Weather conditions, with the onset of mist, are unfavorable to air quality.

– The area affected by the lava flows is approximately 742 hectares, with a maximum flow width of 2350 meters.

– According to Copernicus (see map above), 1,923 buildings were affected by the eruption, of which 1,826 were totally destroyed and 97 were either in danger or partially affected. According to cadastral data, there are 1058 buildings concerned, including 854 for residential use.

– Earthquakes continue to occur. As I indicated earlier, in the last 24 hours the most significant tremor reached M 4.6 at a depth of 37 kilometers.

– The deformation of the volcanic edifice has declined during the last hours.

– The emission of carbon dioxide (CO2) on the Cumbre Vieja reached 1,224 tonnes per day, a value similar to that of the previous days.

– The lava flow which was closest to the mountain of La Laguna continues its advance towards the sea at a slower speed than on October 15th in the afternoon. The front is about 300 or 400 meters from the coast but with a rather slow progression.

– The VEI remains at 2, on a scale of 0 to 8.

Les dernières images de l’activité effusive sont inquiétantes (capture image webcam)

Ambae (Vanuatu): impact de l’éruption de 2017-2018 // Impact of the 2017-2018 eruption

Le dernier article « Volcano Watch » publié par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) est consacré aux volcans d’Ambae au Vanuatu. Au début, l’article nous rappelle que le Pacifique abrite des dizaines de systèmes volcaniques actifs. La plupart des volcans boucliers basaltiques du Pacifique sont liés aux points chauds qui ont façonné les îles hawaïennes et de nombreuses chaînes d’îles polynésiennes et micronésiennes. Ces volcans boucliers volumineux issus de points chauds ont été pour la plupart édifiés par des éruptions effusives, périodiquement interrompues par des cycles d’activité explosive. Il existe d’autres grands volcans boucliers le long des zones de subduction bordant l’Océan Pacifique, mais ils peuvent se comporter très différemment du Kilauea et du Mauna Loa à Hawaii.
L’île d’Ambae est un grand volcan bouclier basaltique situé le long de la zone de subduction entre les Fidji et la Papouasie-Nouvelle-Guinée dans le Pacifique Sud. Depuis 1995, Ambae a connu plusieurs épisodes explosifs. Ambae a l’aspect d’ une version miniature du Mauna Loa. L’île mesure 14 km de large et 39 km de long avec des pentes douces et une végétation dense. Comme le Mauna Loa, le sommet a un grand cratère et plusieurs autres plus petits.
Les cratères d’Ambae sont remplis d’eau à la couleur vive qui sont le signe d’un système profond d’eaux souterraines à haute température et riches en soufre. À Ambae, ce sont ces grands lacs de cratère et les eaux souterraines qui contribuent aux éruptions phréatiques ou phréatomagmatiques.
Ambae a connu deux forts épisodes d’éruptions explosives modérées et parfois violentes en 2017-2018 qui ont fait suite à une activité mineure au cours de la décennie précédente. Le premier épisode s’est produit en octobre 2017 et a recouvert l’île de cendres, avec des gaz et des pluies acides qui ont causé des dégâts aux cultures, ainsi qu’une pollution de l’eau et des problèmes respiratoires. Ces impacts, aggravés par un manque de nouvelles précipitations pour remplacer l’eau potable qui avait été polluée, ont entraîné l’évacuation d’environ 11 000 habitants. L’activité éruptive a diminué peu de temps après, ce qui a permis à la population locale de revenir sur l’île vers le début de l’année suivante.
L’activité éruptive au Vanuatu est surveillée par le Département de météorologie et de géorisques [GeoHazards] du Vanuatu (VMGD) à l’aide de données sismiques et de visites périodiques sur le terrain par des volcanologues. Après le premier épisode éruptif, une activité volcanique de faible intensité s’est poursuivie avec de petites émissions de gaz et de cendres. A la saison des pluies d’octobre à avril, les cendres remobilisées se sont transformées en lahars.
En juillet et août 2018, le VMGD et une équipe de chercheurs basée en Nouvelle-Zélande sont arrivés à Ambae pour collecter des échantillons de cendres et d’eau, acquérir des données sismiques et acoustiques et documenter les impacts des éruptions. Au moment où les scientifiques se trouvaient sur place, ils ont été confrontés à des éruptions explosives de plus en plus nombreuses. La plus importante a généré des panaches de cendres à plus de 9100 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui a affecté le trafic aérien du Pacifique Sud.
Le réseau sismique-acoustique nouvellement déployé a enregistré la majeure partie de la deuxième phase de l’éruption et ces données ont ensuite été analysées par des chercheurs de Nouvelle-Zélande, du Vanuatu et des États-Unis. Les données ont montré en détail le moment et la taille des explosions. Elles montrent non seulement l’activité sismique provoquée par l’éruption, mais aussi les sons émis par le volcan. À l’heure actuelle, la surveillance au Vanuatu est effectuée par l’intermédiaire de l’observation en temps réel des données sismiques transmises au centre de surveillance à distance de Port Vila, la capitale. L’observation acoustique des volcans du Vanuatu n’en est qu’à ses débuts, mais le déploiement temporaire des instruments illustre l’intérêt de ces données à des fins de surveillance.
La nouvelle phase éruptive a entraîné la deuxième évacuation complète d’Ambae en août 2018. Toutefois, alors que l’éruption de 2018 sur l’île d’Hawaï a attiré l’attention du monde entier, l’éruption d’Ambae a eu un impact mondial plus important en raison de l’énorme quantité de gaz émis. Heureusement, l’éruption s’est terminée plus tard dans l’année et les habitants d’Ambae ont pu rentrer chez eux en toute sécurité. Fin septembre 2019, les scientifiques sont retournés à Ambae pour récupérer les stations sismiques et acoustiques temporaires. Les agriculteurs d’Ambae, qui étaient revenus plus tôt dans l’année, ont signalé des récoltes abondantes, peut-être en raison des sols enrichis par les dernières retombées de cendres.
Source : USGS/HVO.

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The latest « Volcano Watch » article released by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) is dedicated to the volcanoes of Ambae in Vanuatu. To begin with, the article reminds us that the Pacific is home to dozens of active volcanic systems. Most basaltic shield volcanoes in the Pacific are related to the hotspots that created the Hawaiian Islands and many of the Polynesian and Micronesian island chains. These massive hotspot shield volcanoes are built largely by eruptions of lava that are periodically interrupted by cycles of explosive activity. There are other large shield volcanoes found along subduction zones rimming the Pacific Ocean, but they can behave very differently from Kilauea and Mauna Loa.

The island of Ambae is a large basaltic shield volcano that lies along the subduction zone between Fiji and Papua New Guinea in the South Pacific. Since 1995, Ambae has experienced several explosive episodes. Ambae looks like a smaller version of Mauna Loa. The island is14 km wide and 39 km across with gentle slopes and dense vegetation. Like Mauna Loa, the summit has more than one large crater.

The craters at Ambae are filled with colorful lake water which testifies to a deep system of heated, sulfur-rich groundwater beneath the summit. At Ambae, these large crater lakes and associated groundwater contribute to phreatic or phreatomagmatic eruptions.

Ambae had two strong episodes of moderate to large explosive eruptions in 2017–2018 after mostly minor activity during the previous decade. The first episode occurred in October 2017 and covered the island with ash, gas, and acid rain causing crop damage, water pollution, and respiratory problems. These impacts, compounded by a lack of new rainfall to replace affected drinking water, forced the evacuation of about 11,000 residents. Eruptive activity waned shortly after, which prompted the local population to begin to return to the island around the start of the new year.

Eruptions and their impacts in Vanuatu are monitored by the Vanuatu Meteorology and Geohazards Department (VMGD) using transmitted seismograph data and periodic island site visits by volcano scientists. After the first episode, low-level volcanic activity continued with minor gas and ash discharge from the volcano. Remobilized ash also turned into mudflow lahars throughout the rainy season, from October to April.

In July and August 2018, VMGD and a New Zealand-based research team arrived at Ambae to collect ash and water samples, acquire seismograph and acoustic data, and document the impacts of the eruptions. By coincidence, the field teams and local residents were met by new and increasing explosive eruptions. The largest of these eruptions produced ash plumes over 9,100 meters above sea level which affected South Pacific air traffic.

The newly deployed seismic-acoustic array captured most of the second phase of eruption and these data were subsequently analyzed by researchers from New Zealand, Vanuatu, and the United States. The data showed in detail the timing and size of explosions on the volcano. They show not only the ground shaking from the eruption but also the sounds of the volcano. At present, monitoring in Vanuatu is conducted by real-time observation of transmitted seismic data to the remote monitoring center in the capital of Port Vila. Acoustic observation of Vanuatu volcanoes is in its infancy, but the temporary deployment illustrates the value of such data for monitoring purposes.

The new eruption phase ultimately forced the second full evacuation of Ambae in August 2018. Interestingly, while the 2018 eruption on the Island of Hawaii received global attention, the Ambae eruption had a larger global impact due to the huge amount of gas released. Fortunately, the eruption ended later that year and local Ambae residents were able to return safely to their homes. In late September 2019, scientists returned to Ambae to remove the temporary seismic and acoustic stations. Local farmers, who had returned earlier in the year reported abundant crops, possibly a result of the newly rejuvenated ash-rich soils.

Source: USGS / HVO.

Archipel du Vanuatu et modélisation de l’île d’Ambae (Source: Wikipedia)

Cumbre Vieja (La Palma) : nouvelles de l’éruption // News of the eruption

11 heures : La lave du Cumbre Vieja poursuit sa progression et son travail de destruction. Ele couvre déjà une superficie de 525,77 hectares, a touché 1 281 bâtiments et endommagé 132 hectares de cultures. La lave a épargné quelques zones de végétation et créé des kipukas comme à Hawaii. Les scientifiques surveillent notamment l’une des branches de la coulée nord dans le parc industriel de Los Llanos de Aridane. La zone de La Laguna; où les coulées de lave se déplacent à certains endroits à 700 mètres par heure est particulièrement préoccupante. Elles ont déjà touché les bananeraies, la zone industrielle et les maisons.

La colonne de cendre émise par le volcan atteignait 3500 m de hauteur le 10 octobre. Malgré l’amélioration des conditions météorologiques ces dernières heures, un virage du vent vers l’ouest est attendu ce lundi, ce qui provoquera un déplacement du nuage de cendres et pourrait affecter l’activité de l’aéroport de La Palma.

Source: Presse espagnole.

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20 heures : La lave du Cumbre Vieja poursuit sa progression. Selon les dernières estimations, elle a recouvert une superficie de 591,1 hectares, a endommagé ou détruit 1 281 bâtiments et affecté 150 hectares de cultures. L’une des branches de la coulée nord a provoqué un incendie dans la cimenterie du parc industriel de Los Llanos de Aridane. L’événement a entraîné le confinement de près de 3 000 habitants à jusqu’à ce que la qualité de l’air de la zone puisse être analysée.

Source: Pevolca.

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23 heures : Le satellite Sentinel-2 Copernicus a transmis une image des coulées de lave émises par le Cumbre Vieja. On peut voir les nouvelles coulées générées au nord du flux précédent en raison de l’effondrement du cratère le 9 octobre.

Dans l’après-midi du 11 octobre 2021, les scientifiques de l’Institut de volcanologie des îles Canaries (Involcan) ont été témoins d’un épisode de foudre volcanique, phénomène qui ne s’était pas produit jusqu’à présent.
L’Institut a rappelé que « les cendres et les matériaux pyroclastiques libérés par le volcan sont initialement neutres (sans charge électrique), mais la friction entre eux dans un environnement hostile provoque la libération d’ions dans le panache volcanique. »

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11:00 am :The lava from Cumbre Vieja keeps moving forward and destroying everything on its path. It already covers an area of 525.77 hectares, has affected 1,281 buildings and damaged 132 hectares of crops. The lava has spared some areas of vegetation and created kipukas like in Hawaii. Scientists are monitoring one of the branches of the north flow in the Los Llanos de Aridane industrial park. The La Laguna area; where lava flows move in some places at 700 meters per hour is of particular concern. They have already affected banana plantations, the industrial zone and houses.
The ash column emitted by the volcano was 3500 m high on October 10th. Despite better weather conditions in recent hours, a westerly wind shift is expected today Monday, which will cause the ash cloud to shift and could affect activity at La Palma airport.
Source: Spanish press.

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8:00 p.m .: Lava from Cumbre Vieja keeps moving forward. According to the latest estimates, it has covered an area of 591.1 hectares, damaged or destroyed 1,281 buildings and affected 150 hectares of crops. One of the branches of the north flow caused a fire in the cement plant in the Los Llanos de Aridane industrial park. The event caused the confinement of nearly 3,000 residents until air quality in the area could be analyzed.
Source: Pevolca.

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11:00 pm : The Copernicus Sentinel-2 satellite has sent an image of the lava flows emitted by Cumbre Vieja. One can see the new flows generated north of the previous one due to the crater collapse on October 9th, 2021. (see image above)

In the afternoon of October 11th, 2021, scientists from the Institute of Volcanology of the Canary Islands (Involcan) witnessed an episode of volcanic lightning, a phenomenon that had not occurred until now.
The Institute recalled that « the ash and pyroclastic materials released by the volcano are initially neutral (without an electric charge), but the friction between them in a hostile environment causes the release of ions in the volcanic plume. » (see image above)

La lave a provisoirement cessé d’entrer dans la mer mais les coulées en amont continuent leur progression vers l’océan (captures écran webcam)

Des super éruptions sur la planète Mars? // Super eruptions on Mars?

Les « super éruptions » sont un phénomène bien connu en volcanologie. Certains volcans sur Terre comme le Toba (Indonésie) ou le Taupo (Nouvelle Zélande) se sont manifestés de cette manière très violente. Ces volcans peuvent produire des éruptions si puissantes qu’elles libèrent d’énormes nuages de poussière et de gaz toxiques dans l’atmosphère. Ils bloquent la lumière du soleil et modifient le climat d’une planète pendant des décennies. Les volcanologues parlent de « super éruption » lorsque les émissions de cendres et autres matériaux volcaniques atteignent au moins 1000 km3. C’est l’équivalent d’un indice 8 sur le VEI (Volcano Explosivity Index).

En étudiant la topographie et la composition minérale d’une partie de la région Arabia Terra dans le nord de la planète Mars, les scientifiques ont récemment trouvé des preuves de milliers de super éruptions.
En vomissant de la vapeur d’eau, du dioxyde de carbone et du dioxyde de soufre, ces explosions ont secoué la surface martienne sur une période de 500 millions d’années il y a environ 4 milliards d’années. Les scientifiques ont fait état de cette estimation dans un article publié dans la revue Geophysical Research Letters en juillet 2021.
Selon un géologue du Goddard Space Flight Center de la NASA, « chacune de ces éruptions a eu un impact climatique important. Le gaz ainsi libéré a peut-être épaissi l’atmosphère ou bloqué le Soleil, rendant l’atmosphère plus froide. »
Après avoir projeté de la roche en fusion et du gaz à la surface de Mars et répandu une épaisse couche de cendre jusqu’à des milliers de kilomètres du site de l’éruption, le volcan qui fut le siège d’une super éruption s’est effondré et a formé une caldeira géante. Sept caldeiras identifiées surArabia Terra ont été les premières indications que la région a pu accueilli des volcans capables de super éruptions.
Autrefois considérés comme des dépressions laissées par les impacts d’astéroïdes sur la surface martienne il y a des milliards d’années, les scientifiques ont suggéré en 2013 que ces bassins pouvaient être des caldeiras volcaniques. Ils ont remarqué qu’ils n’étaient pas parfaitement ronds comme des cratères et qu’ils présentaient des signes d’effondrement.
L’analyse des scientifiques faisait suite aux travaux d’autres chercheurs qui avaient suggéré que les minéraux à la surface d’Arabia Terra étaient d’origine volcanique. Un autre groupe de recherche, après avoir appris que les bassins d’Arabia Terra pourraient être des caldeiras, avait calculé dans quels secteurs les cendres provenant d’éventuelles super éruptions se seraient déposées. En se déplaçant sous le vent, vers l’est, leur couche allait forcément s’amoindrir loin du centre éruptif, ou ce qu’il en reste, autrement dit la caldeira.
L’équipe scientifique a utilisé des images du spectromètre imageur compact du Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) pour identifier les minéraux à la surface de la planète. En observant les parois des canyons et des cratères à des centaines voire des milliers de kilomètres des caldeiras, là où les cendres auraient été transportées par le vent, les chercheurs ont identifié des minéraux volcaniques transformés en argile par l’eau, notamment la montmorillonite, l’imogolite et l’allophane. Ensuite, à l’aide d’images fournies par les caméras du MRO, l’équipe scientifique a réalisé des cartes topographiques en trois dimensions d’Arabia Terra. En superposant les données minérales sur les cartes topographiques des canyons et des cratères analysés, les chercheurs ont pu constater dans les gisements riches en minéraux que les couches de cendres étaient très bien conservées.

Les scientifiques qui avaient identifié les caldeiras en 2013 ont également calculé la quantité de matière qui aurait été émise par les volcans, en fonction du volume de chaque caldeira. Ces informations ont permis de calculer le nombre d’éruptions nécessaires pour produire l’épaisseur de cendres découvertes. Il s’est avéré qu’il y a eu des milliers d’éruptions.
Une question reste sans réponse: Comment une planète peut-elle avoir un seul type de volcan dans une région. Sur Terre, des volcans capables de super éruptions sont dispersés dans le monde entier et cohabitent avec d’autres types de volcans. Mars possède également de nombreux autres types de volcans, dont Olympus Mons, le plus grand volcan du système solaire. Olympus Mons est 100 fois plus grand en volume que le plus grand volcan sur Terre, le Mauna Loa à Hawaï. Arabia Terra est, jusqu’à présent, la seule région de Mars possédant des volcans explosifs.
Il est possible que les volcans super-éruptifs aient été concentrés dans certaines régions de la Terre mais aient été érodés physiquement et chimiquement ou se soient déplacés sur le globe à mesure que les continents se sont déplacés avec la tectonique des plaques. Il se peut que ces types de volcans explosifs existent également dans les régions de la lune Io de Jupiter ou ont pu avoir été regroupés sur Vénus. Quoi qu’il en soit, les chercheurs espèrent qu’Arabia Terra enseignera aux scientifiques quelque chose de nouveau sur les processus géologiques qui aident à façonner les planètes et les lunes.
Source : NASA.

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Some volcanoes can produce eruptions so powerful they release oceans of dust and toxic gases into the air, blocking out sunlight and changing a planet’s climate for decades. By studying the topography and mineral composition of a portion of the Arabia Terra region in northern Mars, scientists recently found evidence for thousands of super eruptions which are the most violent volcanic explosions known.

Spewing water vapour, carbon dioxide, and sulfur dioxide into the air, these explosions tore through the Martian surface over a 500-million-year period about 4 billion years ago. Scientists reported this estimate in a paper published in the journal Geophysical Research Letters in July 2021.

According to a geologist at NASA’s Goddard Space Flight Center, “each one of these eruptions had a significant climate impact. Maybe the released gas made the atmosphere thicker or blocked the Sun and made the atmosphere colder.”

After blasting molten rock and gas through the surface and spreading a thick blanket of ash up to thousands of kilometres from the eruption site, a volcano of this magnitude collapses into a giant caldera. Seven calderas in Arabia Terra were the first indications that the region may once have hosted volcanoes capable of super eruptions.

Once thought to be depressions left by asteroid impacts to the Martian surface billions of years ago, scientists first proposed in a 2013 study that these basins were volcanic calderas. They noticed that they were not perfectly round like craters, and they had some signs of collapse.

The scientists’ analysis followed up on the work of other scientists who earlier suggested that the minerals on the surface of Arabia Terra were volcanic in origin. Another research group, upon learning that the Arabia Terra basins could be calderas, had calculated where ash from possible super eruptions in that region would have settled: travelling downwind, to the East, it would thin out away from the center of the volcanoes, or what is left of them: the calderas.

The scientific team used images from the Mars Reconnaissance Orbiter (MRO)’s Compact Imaging Spectrometer to identify the minerals in the surface. Looking in the walls of canyons and craters from hundreds to thousands of kilometres from the calderas, where the ash would have been carried by wind, they identified volcanic minerals turned to clay by water, including montmorillonite, imogolite, and allophane. Then, using images from MRO cameras, the team made three-dimensional topographic maps of Arabia Terra. By laying the mineral data over the topographic maps of the canyons and craters analyzed, the researchers could see in the mineral-rich deposits that the layers of ash were very well preserved.

The same scientists who originally identified the calderas in 2013 also calculated how much material would have exploded from the volcanoes, based on the volume of each caldera. This information allowed to calculate the number of eruptions needed to produce the thickness of ash they found. It turned out there were thousands of eruptions.

One remaining question is how a planet can have only one type of volcano littering a region. On Earth volcanoes capable of super eruptions are dispersed around the globe and exist in the same areas as other volcano types. Mars, too, has many other types of volcanoes, including Olympus Mons, the biggest volcano in the solar system. Olympus Mons is 100 times larger by volume than Earth’s largest volcano of Mauna Loa in Hawaii.. Arabia Terra so far has the only evidence of explosive volcanoes on Mars.

It is possible that super-eruptive volcanoes were concentrated in regions on Earth but have been eroded physically and chemically or moved around the globe as continents shifted due to plate tectonics. These types of explosive volcanoes also could exist in regions of Jupiter’s moon Io or could have been clustered on Venus. Whatever the case may be, the researchers hope Arabia Terra will teach scientists something new about geological processes that help shape planets and moons.

Source: NASA.

Olympus Mons (Source: NASA)