Les effets de la sécheresse sur le Lac d’Annecy (suite)

Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, le niveau du lac d’Annecy est au plus bas suite à la sécheresse qui a frappé les Alpes cet été. Ce manque d’eau lié au réchauffement climatique pose des problèmes aux activités aquatiques et aux organisateurs de croisières sur le lac.

Le journal Le Dauphiné a mis en ligne des images du lac vu du ciel. On se rend parfaitement compte du problème en regardant en, particulier la plage de l’Impérial ou à proximité du Pâquier.

A noter que le lac d’Annecy n’est pas le seul à souffrir de la sécheresse. Dans la vallée de l’Arve aussi, le manque d’eau modifie la configuration des lacs du bassin clusien et des plans d’eau en montagne. Dans la base de loisirs de Thyez, le niveau du lac des pêcheurs, alimenté par le canal de fuite de la centrale hydroélectrique de Pressy, à Cluses, est ainsi descendu d’un mètre. En altitude, le phénomène est également bien visible sur les berges du lac Bénit au Mont-Saxonnex, du lac du Carmel au Reposoir et au lac Bleu dont le niveau est descendu de 2 mètres.

En cliquant sur ce lien, vous verrez des photos et des vidéos montrant le niveau très bas du lac d’Annecy :

https://www.ledauphine.com/haute-savoie/2018/10/09/lac-d-annecy-le-retrait-du-lac-du-a-la-secheresse-vu-du-ciel

A côté des lacs, la sécheresse affecte dangereusement les cours d’eau de la région, avec des conséquences dramatiques pour la faune aquatique. Par ailleurs, moins d’eau dans les rivières et ruisseaux, voire pas du tout de débit, entraîne moins de dilution de la pollution qui s’y trouve, donc une concentration plus forte, ainsi que la mort des poissons et autres organismes vivants. La FRAPNA qui fédère les associations de protection de la nature en Rhône-Alpes appelle la population à une utilisation plus rationnelle de l’eau et, en montagne, des canons à neige qui sont très gourmands en eau. Il faudra bientôt faire un choix entre l’eau que l’on consomme et celle qui sert à enneiger les pistes de ski.. Sur l’arc alpin, 95 millions de mètres cubes d’eau par an sont utilisés pour l’enneigement artificiel, soit la consommation annuelle d’une ville de 1,5 million d’habitants..
L’usage de l’eau a été restreint dans la région d’Annecy, placée en situation d’alerte « renforcée » par les autorités, de même que la zone du lac du Bourget en Savoie.

Source: France Info.

Photo: C. Grandpey

Le Lac d’Annecy et le réchauffement climatique // The Lake of Annecy and global warming

Autre fait inquiétant: la baisse de niveau du lac d’Annecy où j’ai fait une halte en rentrant de mon équipée glaciaire dans les Alpes. Au cours de l’été 2018, le niveau du lac a chuté d’une soixantaine de centimètres. Une situation semblable avait été observée en 2003, année où la baisse de niveau avait, semble-t-il, été encore plus préoccupante. Le problème, c’est que le phénomène a tendance à se répéter. Il n’y a actuellement aucune difficulté d’alimentation en eau potable, mais les exploitants d’embarcations touristiques comme les bateaux à moteurs sont confrontés à des problèmes de tirant d’eau. En conséquence, il a fallu déplacer des zones d’embarquement et interdire l’accès à certains pontons, faute de profondeur et par mesure de sécurité. Le sable des petites plages a, lui aussi, reculé. Les personnes avec lesquelles j’ai parlé de la chute du niveau du lac ont admis qu’il y avait un problème, mais du bout des lèvres. J’ai bien senti que je dérangeais en abordant le problème du réchauffement climatique et de la fonte des glaciers. Il ne faut surtout pas effrayer les touristes…!

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Another disturbing fact is the decrease in the level of the Annecy Lake where I stopped on my way back from my trip to the Alpine glaciers. During the summer of 2018, the lake level dropped by about sixty centimetres. A similar situation was observed in 2003, when the decrease was apparently even more worrying. The problem is that the phenomenon tends to repeat itself. There is currently no problem with drinking water supply, but the operators of motor boats are facing problems with their draft. As a result, boarding areas had to be relocated and some pontoons had to be closed for lack of water depth and for security reasons. The sand of the small beaches has, likewise, receded. The people I talked to about the fall of the lake level admitted that there was a problem, but lip service. I really felt that they were reluectant to speak about global warming and the melting of glaciers. Nothing should be done to scare the tourists …!

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La baisse du niveau du lac est visible sur les berges, mais aussi à l’intérieur de la vieille ville où le Thiou, déversoir naturel du lac, montre de gros signes de faiblesse…

Photos: C. Grandpey

Lacanau (Gironde) sous la menace de l’Océan Atlantique

Il y a quelques jours, je me trouvais à Lacanau, superbe station balnéaire du littoral aquitain, bien connue des surfeurs. Le problème, c’est que la ville est sous la menace des vagues qui, au cours des tempêtes et des grandes marées viennent saper le littoral et le font reculer dangereusement. Lacanau est l’exemple parfait de la conséquence de la hausse des océans sous l’effet du réchauffement climatique. Beaucoup de scientifiques affirment que la ville est en sursis et recommandent sa relocalisation, au moins partielle, vers l’intérieur des terres.

Quand on se promène sur la magnifique plage de la station et que l’on regarde vers l’intérieur des terres, on comprend vite l’ampleur du problème (voir photos ci-dessous). Les enrochements installés le long de la promenade de bord de mer ne sont qu’une solution provisoire et il est fort à parier que les structures construites juste au-dessus ne tiendront pas le coup pendant des décennies.

En réalité, Lacanau n’est qu’un exemple car c’est tout le littoral aquitain qui est menacé par la montée des eaux. Les dunes érigées artificiellement s’érodent petit à petit, inexorablement grignotées par les vagues et ravinée par les tempêtes. Les médias montrent régulièrement l’immeuble Le Signal, à Soulac-sur-Mer qui est un symbole de cette lutte perdue d’avance de la terre contre la mer. Edifié  en 1967 à 200 mètres du trait de côte, autrement dit la limite que les eaux pouvaient atteindre, l’immeuble a été évacué en 2014. Aujourd’hui, il n’est plus qu’à 9 mètres de la mer. Malheureusement, ce n’est pas le seul endroit. A une dizaine de kilomètres de Soulac, il existe des falaises où les racines des arbres ont lâché prise et les arbres sont tombés dans la mer.

Pour faire face à l’érosion à Lacanau, les pouvoirs publics ont engagé une réflexion sur la relocalisation de 1200  logements et commerces vers l’intérieur des terres. Certaines études ont déjà apporté un commencement de réponse peu optimiste aux questions que se posent les autorités locales et les propriétaires des habitations menacées. Selon un rapport de l’Observatoire de la Côte aquitaine (OCA) réalisé en décembre 2016, l’océan avancerait sur le continent de 2,5 mètres par an en Gironde, et de 1,70 mètre dans les Landes […] En cas de grosse tempête, le recul serait de l’ordre de 20 mètres d’un seul coup ».

Un peu plus au sud, dans le secteur d’Hossegor (Landes), le propriétaire d’un hôtel s’inquiète de voir la mer envahir la terrasse devant son hôtel pendant les tempêtes et les marées de fort coefficient. Il m’a montré un blockhaus qui est arrivé dans la mer alors qu’il y a quelques années il se trouvait encore sur la terre ferme. Ce blockhaus appartient à une longue série ayant subi le même sort sur la côte atlantique.

Selon le rapport de l’OCA, « à l’horizon 2025, la superficie du littoral exposé à l’aléa d’érosion sur la côte sableuse s’élève à 10,9 km², soit près de 991 terrains de football. En 2050, 20,6 km² de littoral sableux seraient concernés, soit l’équivalent de 1873 terrains de football. »

Combien de temps tiendra la digue longue d’un kilomètre qui protège encore Lacanau? C’est la question que se posent les habitants de la ville et d’autres communes du littoral français.

Source : France 3, BFMTV et presse locale.

Photos: C. Grandpey

 

Changement climatique : Quand la stupidité n’a pas de limites! // Climate change : When stupidity has no limits !

Tout le monde sait que les Républicains au Congrès américain cautionnent les idées du Président Trump: ils refusent d’admettre que le changement climatique est causé par les activités humaines. Cependant, même si leurs arguments sont souvent discutables, aucun d’entre eux n’avait encore atteint le niveau de stupidité des propos de Mo Brooks, député de l’Alabama.
Selon ce membre du Congrès, ce sont les falaises blanches de Douvres qui, en s’effondrant dans la Manche, provoquent la montée du niveau des océans. Lors d’une séance du Comité sur la Science, l’Espace et la Technologie le 16 mai 2018, M. Brooks a repoussé l’idée selon laquelle la hausse du niveau de la mer était le résultat du réchauffement climatique. Il a affirmé que le dépôt de sédiments était la cause de élévation du niveau de la mer. Allant à l’encontre des affirmations d’un scientifique du Woods Hole Research Centre, M. Brooks a affirmé que les limons et la boue déversés par les rivières dans l’océan ont provoqué une élévation du niveau de l’eau au fur et à mesure qu’ils se déposaient sur les fonds marins. Selon lui, « il y a maintenant moins d’espace dans ces océans parce que leur fond s’élève. » Il a ajouté: «Avez-vous songé aux falaises blanches de Douvres … [et] à celles de la Californie qui subissent l’assaut des vagues ? A maintes reprises, les falaises s’effondrent dans la mer. Tout cela déplace l’eau qui finit par s’élever. »

Ensuite, Mo Brooks a soutenu que l’inlandsis antarctique était en train de croître, même si une étude récente a indiqué que la calotte glaciaire avait diminué de 1 463 km2 entre 2010 et 2016. Les données satellitaires fournies par le National Snow and Ice Data Center et par la NASA montrent que l’on assiste à une réduction de plus en plus rapide de la calotte glaciaire antarctique. Mo Brooks a affirmé sans sourciller: « Il y a une base de la NASA dans mon district et apparemment, ils vous disent une chose et ils me disent une chose différente. »  Il a ajouté: « Il y a beaucoup d’études qui montrent à propos de l’Antarctique que la totalité de la calotte glaciaire, en particulier celle située au-dessus des terres, augmente et ne diminue pas. Maintenant, vous pourriez avoir un point de vue différent si vous parliez du Groenland ou de l’Arctique. »
Mo Brooks, diplômé de la Duke University en Caroline du Nord et de l’Ecole de Droit de l’Université de l’Alabama, a été élu pour la première fois au Congrès en 2010 dans son district du nord de l’Alabama. En 2017, il a tenté sans succès de siéger au Sénat américain.
Source: The Guardian.

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Everybody knows that Republicans at the U.S. Congress are like President Trump : they refuse to admit that climate change is caused by human activities. However, even if their arguments are often disputable, none of them had reached the nonsense of those of Republican Mo Brooks of Alabama.

This member of Congress has suggested that the White Cliffs of Dover tumbling into the English Channel was causing rising sea levels. He pushed back at the notion that rising sea levels were the result of global warming in a hearing of the Committee on Science, Space and Technology on May 16th, 2018. Instead, Mr. Brooks pointed to silt deposition as well as erosion as a cause of rising sea levels. Questioning a scientist of the Woods Hole Research Center, Brooks postulated that silt and mud washed by rivers into the ocean caused water levels to rise as it settled on the sea floor. “Now you have got less space in those oceans because the bottom is moving up,” he said. He went on: “What about the White Cliffs of Dover … [and] California, where you have the waves crashing against the shorelines, and time and time again you have the cliffs crashing into the sea? All of that displaces water which forces it to rise, does it not?”

Next, Mo Brooks argued the Antarctic ice sheet was actually growing, even though a recent study reported that the ice sheet had shrunk by 1,463 km2 from 2010 to 2016. There are satellite records from the National Snow and Ice Data Center and NASA that clearly document a shrinkage of the Antarctic ice sheet and an acceleration of that shrinkage. Brooks insisted: “Well, I’ve got a NASA base in my district, and apparently, they’re telling you one thing and me a different thing.” He added: “There are plenty of studies that have come that show with respect to Antarctica that the total ice sheet, particularly that above land, is increasing, not decreasing. Now, you could make a different argument if you want to talk about Greenland or the Arctic.”

Mo Brooks, a graduate of Duke University in North Carolina and University of Alabama School of Law, was first elected to Congress in 2010 from his North Alabama district. In 2017, he mounted an unsuccessful bid for the US Senate.

Source: The Guardian.

Vue des falaises de Douvres (Crédit photo: Wikipedia)

Accélération de la hausse du niveau des océans // Sea level rise is accelerating

Selon une nouvelle étude récemment publiée dans la revue Proceedings (= Comptes-rendus) de l’Académie Nationale des Sciences, la hausse du niveau des océans s’est accélérée au cours des dernières décennies et n’a pas été progressive comme on avait tendance à la croire. L’étude s’est basée sur 25 ans de données fournies par les satellites de la NASA et de l’Agence Spatiale Européenne. Cette accélération, due principalement à la fonte intense du Groenland et de l’Antarctique, pourrait multiplier par deux la hausse totale du niveau de la mer d’ici à 2100.
Au train où vont les choses, le niveau de la mer augmentera de 65 centimètres d’ici à 2100, ce qui sera largement suffisant pour causer des problèmes importants aux villes côtières. L’un des auteurs de l’étude a déclaré: « Il s’agit certainement d’une estimation en dessous de la vérité ; en effet, notre extrapolation suppose que le niveau de la mer continuera à s’élever dans le futur comme il l’a fait au cours des 25 dernières années, ce qui est fort peu probable. »
Les concentrations de plus en plus importantes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère entraînent une augmentation de la température de l’air et de l’eau, avec une hausse du niveau de la mer qui se produit de deux façons. Premièrement, l’eau plus chaude se dilate et cette «expansion thermique» de l’océan a contribué à environ la moitié des 7 centimètres de hausse moyenne du niveau de la mer au cours des 25 dernières années. Deuxièmement, l’eau de fonte de la glace sur Terre se déverse dans l’océan, ce qui contribue également à faire s’élever le niveau de la mer à travers le monde.
Ces hausses du niveau des océans sont évaluées à l’aide de mesures altimétriques satellitaires depuis 1992, notamment par les missions des satellites Topex / Poséidon, Jason-1, Jason-2 et Jason-3, gérées conjointement par plusieurs agences comme la NASA, le CNES, l’EUMETSAT et la NOAA. Le vitesse d’élévation du niveau de la mer depuis l’utilisation de ces satellites est passée d’environ 2,5 millimètres par an dans les années 1990 à environ 3,4 millimètres par an aujourd’hui.
«Les missions d’altimétrie Topex / Poseidon et Jason fournissent en informations l’équivalent d’un réseau mondial de près de 500 000 marégraphes, avec des données précises sur la hauteur de la surface de la mer tous les 10 jours depuis plus de 25 ans. Dans la mesure où l’on possède maintenant près de trois décennies de données, celles concernant la perte de glace terrestre au Groenland et en Antarctique apparaissent désormais dans les estimations mondiales et régionales du niveau moyen de la mer.
Même avec un ensemble de données s’échelonnant sur 25 ans, la détection de l’accélération de la hausse des océans n’est pas chose facile. Des épisodes tels que les éruptions volcaniques peuvent créer une variabilité. Ainsi, l’éruption du Pinatubo en 1991 a entraîné une diminution du niveau moyen de la mer à l’échelle mondiale, juste avant le lancement du satellite Topex / Poséidon. En outre, le niveau global des océans peut fluctuer en raison de phénomènes climatiques tels que El Niño et La Niña, qui influencent la température de l’océan et les régimes de précipitations sur Terre.
Les chercheurs ont utilisé des modèles climatiques pour tenir compte des effets d’éruptions volcaniques, ainsi que d’autres données pour déterminer les effets d’El Niño et La Niña, ce qui leur a permis de découvrir l’accélération de l’élévation du niveau de la mer au cours du dernier quart de siècle. L’équipe scientifique a également utilisé les données fournies par les marégraphes pour corriger les éventuelles erreurs dans les estimations altimétriques.
En plus de sa participation à des missions d’observation directe du niveau de la mer depuis l’espace, la NASA participe à un large éventail de missions et de campagnes sur le terrain et à des recherches qui contribuent à améliorer la compréhension des variations du niveau de la mer. Les campagnes aéroportées permettent d’effectuer des mesures sur les calottes glaciaires et les glaciers, tandis que la modélisation informatique améliore notre compréhension de la réaction de l’Antarctique et du Groenland face au réchauffement climatique.
En 2018, la NASA lancera deux nouvelles missions satellitaires qui seront essentielles pour améliorer les prévisions de variation du niveau de la mer. Un satellite continuera les mesures de la masse des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, tandis qu’un autre effectuera des observations très précises du niveau des calottes glaciaires et des glaciers.
Source: NASA.

L’étude complète se trouve à cette adresse: http://www.pnas.org/content/early/2018/02/06/1717312115

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According to a new study recently published in the journal Proceedings of the National Academy of Sciences, the global sea level rise has been accelerating in recent decades, rather than increasing steadily. The study is based on 25 years of NASA and European satellite data. This acceleration, driven mainly by increased melting in Greenland and Antarctica, has the potential to double the total sea level rise projected by 2100 when compared to projections that assume a constant rate of sea level rise,

If the rate of ocean rise continues to change at this pace, sea level will rise 65 centimetres by 2100, enough to cause significant problems for coastal cities. One of the researchers said: « This is almost certainly a conservative estimate. Our extrapolation assumes that sea level continues to change in the future as it has over the last 25 years. Given the large changes we are seeing in the ice sheets today, that’s not likely. »

Rising concentrations of greenhouse gases in Earth’s atmosphere increase the temperature of air and water, which causes sea level to rise in two ways. First, warmer water expands, and this « thermal expansion » of the ocean has contributed about half of the 7 centimetres of global mean sea level rise we have seen over the last 25 years. Second, melting land ice flows into the ocean, also increasing sea level across the globe.

These increases were measured using satellite altimeter measurements since 1992, including the Topex/Poseidon, Jason-1, Jason-2 and Jason-3 satellite missions, which have been jointly managed by multiple agencies, including NASA, CNES, EUMETSAT, and NOAA. The rate of sea level rise in the satellite era has risen from about 2.5 millimetres per year in the 1990s to about 3.4 millimetres per year today.

« The Topex/Poseidon/Jason altimetry missions have been essentially providing the equivalent of a global network of nearly half a million accurate tide gauges, providing sea surface height information every 10 days for over 25 years. As this climate data record approaches three decades, the fingerprints of Greenland and Antarctic land-based ice loss are now being revealed in the global and regional mean sea level estimates.

Even with a 25-year data record, detecting acceleration is challenging. Episodes like volcanic eruptions can create variability: the eruption of Mount Pinatubo in 1991 decreased global mean sea level just before the Topex/Poseidon satellite launch, for example. In addition, global sea level can fluctuate due to climate patterns such as El Niños and La Niñas which influence ocean temperature and global precipitation patterns.

The researchers used climate models to account for the volcanic effects and other datasets to determine the El Niño/La Niña effects, ultimately uncovering the underlying rate and acceleration of sea level rise over the last quarter century. The team also used tide gauge data to assess potential errors in the altimeter estimate.

In addition to NASA’s involvement in missions that make direct sea level observations from space, the agency’s Earth science work includes a wide-ranging portfolio of missions, field campaigns and research that contributes to improved understanding of how global sea level is changing. Airborne campaigns gather measurements of ice sheets and glaciers, while computer modelling research improves our understanding of how Antarctica and Greenland will respond in a warming climate.

In 2018, NASA will launch two new satellite missions that will be critical to improving future sea level projections. One satellite will continue measurements of the mass of the Greenland and Antarctic ice sheets; the other satellite will make highly accurate observations of the elevation of ice sheets and glaciers.

Source: NASA.

The complete study can be found at this address : http://www.pnas.org/content/early/2018/02/06/1717312115

Graphique montrant les dernières prévisions de hausse des océans jusqu’en 2100 (Source : University of Colorado-Boulder)

Les glaciers Pine Island et Thwaites (Antarctique) : un danger pour l’humanité ? // Are the Pine Island and Thwaites glaciers (Antarctica) a danger to mankind ?

Dans plusieurs notes publiées entre 2014 et 2016, j’ai attiré l’attention sur les conséquences inquiétantes de la fonte de deux glaciers majeurs du continent antarctique: Pine Island et Thwaites.
S’étirant sur plus de 240 km de long, les glaciers Pine Island et Thwaites avancent depuis des millénaires vers la mer d’Amundsen, un recoin du vaste Océan Austral. Une fois à l’intérieur des terres, les glaciers prennent du volume pour former une masse de glace de 3 km d’épaisseur qui occupe une superficie équivalente à celle du Texas.
Il ne fait aucun doute que cette glace est destinée à fondre avec le réchauffement climatique à venir. La question de savoir QUAND se produire cette fonte. Ces deux glaciers de Pine Island Bay font partie des plus grands et des plus rapides de tout l’Antarctique. Ensemble, ils forment un rempart qui retient suffisamment de glace pour faire monter de 3,50 mètres le niveau des océans dans le monde, ce qui submergerait toutes les villes côtières de la planète. Pour cette raison, comprendre à quelle vitesse ces glaciers vont s’effondrer dans la mer est l’une des questions les plus importantes auxquelles les scientifiques essayent de répondre aujourd’hui.
Dans ce but, les chercheurs se sont penchés sur la fin de la dernière période glaciaire, il y a environ 11 000 ans, lorsque les températures de la planète étaient à peu près au niveau actuel. Il y a de plus en plus de preuves que les glaciers de Pine Island Bay se sont effondrés rapidement dans la mer à l’époque, avec une hausse des océans qui a inondé les côtes, en partie à cause de «l’instabilité des falaises de glace».
Le plancher océanique atteint de plus grandes profondeurs en se rapprochant du centre de cette partie de l’Antarctique, de sorte que chaque nouvel iceberg qui se détache révèle des falaises de plus en plus hautes. La glace devient si lourde que ces hautes falaises s’effondrent sous leur propre poids. Une fois qu’elles commencent à s’effondrer, la destruction totale est inévitable. Les scientifiques pensent aujourd’hui que  l’instabilité des falaises de glace pourrait déclencher la désintégration de toute la calotte glaciaire de l’Antarctique de l’Ouest au cours de ce siècle, donc beaucoup plus rapidement qu’on ne le pensait auparavant.
Un effondrement massif des glaciers Pine Island et Thwaites provoquerait une catastrophe. Des icebergs géants envahiraient l’Antarctique. Partout dans le monde, la mer lors des hautes marées recouvrirait les côtes de la planète, inondant les villes côtières, avec des centaines de millions de réfugiés climatiques. Tout cela pourrait se jouer dans un laps de temps de 20 à 50 ans, beaucoup trop vite pour que l’humanité puisse s’adapter.
Cette nouvelle source d’inquiétude est largement motivée par les recherches effectuées par deux climatologues de l’Université du Massachusetts-Amherst et de la Penn State University. L’étude qu’ils ont publiée l’année dernière a été la première à incorporer les dernières données sur l’instabilité des falaises de glace dans une modélisation globale de l’Antarctique.
Leurs résultats ont conduit à des estimations de l’élévation des mers au cours de ce siècle. Au lieu de la hausse de 90 centimètres prévue jusqu’à présent, les scientifiques affirment qu’une élévation de 1,80 mètre est plus probable. De plus, si les émissions de carbone continuent de croître et donnent naissance à un scénario catastrophe,  on pourrait atteindre une hausse de 3,30 mètres.
Une hausse de 90 centimètres du niveau de la mer serait déjà désastreuse, avec des inondations plus fréquentes dans des villes américaines telles que la Nouvelle-Orléans, Houston, New York et Miami. Les nations insulaires du Pacifique, comme les îles Marshall, perdraient la plus grande partie de leur territoire. Malheureusement, il semble maintenant que ces 90 centimètres ne soient envisagés que dans les scénarios les plus optimistes. Avec une hausse de 1,80 m, environ 12 millions de personnes aux États-Unis seraient déplacées, et les mégapoles les plus vulnérables du monde, comme Shanghai, Mumbai et Ho Chi Minh-Ville, pourraient être rayées de la carte. Avec une hausse de 3,30 mètres, les terres actuellement occupées par des centaines de millions de personnes dans le monde se retrouveraient sous l’eau. Le sud de la Floride serait en grande partie inhabitable; les inondations semblables à celles provoquées par l’ouragan Sandy se produiraient deux fois par mois à New York et dans le New Jersey car l’attraction lunaire suffirait à elle seule à envoyer l’eau dans les maisons et les bâtiments.

Les chercheurs ont observé les anciens niveaux de la mer et les ont confrontés au comportement actuel des calottes glaciaires. Il y a environ 3 millions d’années, alors que les températures à l’échelle de la planète étaient semblables à celles prévues au cours de ce siècle, le niveau des océans était des dizaines de centimètres plus haut qu’aujourd’hui.
Les modèles présentés ces dernières années indiquaient qu’il faudrait des centaines ou des milliers d’années pour qu’une élévation du niveau de la mer de cette ampleur se produise. Après avoir intégré l’instabilité des falaises de glace dans leur modèle, les chercheurs américains ont annoncé une catastrophe si le monde ne réduisait pas de façon spectaculaire ses émissions de carbone.
Les scientifiques pensaient jusqu’à présent que les calottes glaciaires prendraient probablement des millénaires pour réagir au changement climatique. Toutefois, la dernière étude démontre qu’une fois qu’un certain seuil de température est atteint, les plates-formes glaciaires qui avancent dans la mer, comme celles à proximité de Pine Island Bay, commenceront à fondre à la fois par dessus et par dessous, ce qui affaiblira leur structure et accélérera leur disparition via l’instabilité des falaises de glace.
Le glacier Jakobshavn au Groenland, l’un des glaciers qui s’effondrent le plus rapidement dans la mer, est le seul endroit au monde où l’instabilité des falaises de glace se manifeste aujourd’hui. Afin de construire leurs modèles informatiques, les chercheurs de l’Université du Massachusetts-Amherst et Penn State University ont pris en compte la vitesse d’effondrement du Jakobshavn, l’ont réduite de moitié, puis l’ont appliquée aux glaciers Thwaites et Pine Island. Il y a toutefois des raisons de penser que Thwaites et Pine Island pourraient s’effondrer encore plus vite que Jakobshavn car il y a des signes d’une possible déstabilisation rapide de toute la calotte glaciaire de l’Antarctique de l’Ouest au cours de ce siècle. Qui plus est, d’autres glaciers de l’Antarctique seront également vulnérables. Et puis il y a le Groenland, qui pourrait contribuer jusqu’à 6 mètres d’élévation du niveau de la mer si ses glaciers se mettaient à fondre.
Certains scientifiques ne sont pas entièrement convaincus par l’alarme déclenchée par leurs collègues américains. Un chercheur pense qu’il est peu probable que les glaciers Thwaites ou Pine Island s’effondrent d’un seul coup. De plus, si un effondrement rapide se produisait, le phénomène générerait un amas d’icebergs qui pourrait jouer le rôle de une plate-forme de glace temporaire, ralentissant ainsi la vitesse de recul glaciaire.
Malgré ces divergences d’opinion, il existe un consensus au sein de la communauté scientifique sur le fait que nous devons faire beaucoup plus d’études pour déterminer le risque d’élévation rapide du niveau de la mer. Evénement rare et qui montre l’urgence de la situation, en 2015, les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni ont commencé à planifier un programme d’étude et de recherche sur le glacier Thwaites. Intitulé “How much, how fast?” – « De combien et à quelle vitesse? » – le projet devrait débuter au début de l’année prochaine et durer cinq ans.
Source: Presse scientifique américaine.

Voici un aperçu de ce qui nous attend si nous continuons à émettre des gaz à effet de serre : Effondrement majeur d’un glacier au Groenland (Extrait du superbe film « Chasing Ice » de James Balog)

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

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In several posts written between 2014 and 2016, I have drawn attention to the worrying consequences of the melting of two major glaciers on the Antarctic continent: Pine Island and Thwaites.

Stretching across a frozen plain more than 240 km long, the Pine Island and Thwaites glaciers have steadily moved forward for millennia toward the Amundsen Sea, part of the vast Southern Ocean. Further inland, the glaciers widen into a 3-km-thick reserve of ice covering an area the size of Texas.

There is no doubt this ice will melt as the world gets warmer and warmer. The vital question is when. These glaciers of Pine Island Bay are two of the largest and fastest-melting in Antarctica. Together, they act as a plug holding back enough ice to pour 3.50 metres of sea-level rise into the world’s oceans, an amount that would submerge every coastal city on the planet. For that reason, finding out how fast these glaciers will collapse is one of the most important scientific questions in the world today.

To figure that out, scientists have been looking back to the end of the last ice age, about 11,000 years ago, when global temperatures stood at roughly their current levels. There is growing evidence that the Pine Island Bay glaciers collapsed rapidly back then, flooding the world’s coastlines, partially the result of “marine ice-cliff instability.”

The ocean floor gets deeper toward the center of this part of Antarctica, so each new iceberg that breaks away exposes taller and taller cliffs. Ice gets so heavy that these taller cliffs can’t support their own weight. Once they start to crumble, the destruction becomes unstoppable. In the past few years, scientists have identified marine ice-cliff instability as a feedback loop that could trigger the disintegration of the entire West Antarctic ice sheet this century, much more quickly than previously thought.

A wholesale collapse of Pine Island and Thwaites would set off a catastrophe. Giant icebergs would stream away from Antarctica. All over the world, high tides would creep higher, slowly burying every shoreline on the planet, flooding coastal cities and creating hundreds of millions of climate refugees. All this could play out in a mere 20 to 50 years, much too quickly for humanity to adapt.

A lot of this newfound concern is driven by the research of two climatologists at the University of Massachusetts-Amherst and Penn State University. A study they published last year was the first to incorporate the latest understanding of marine ice-cliff instability into a continent-scale model of Antarctica.

Their results drove estimates for how high the seas could rise this century. Instead of a 90-centimetre increase in ocean levels by the end of the century, 180 centimetres was more likely. But if carbon emissions continue to track on something resembling a worst-case scenario, the full 3.30 metres of ice locked in West Antarctica might be freed up.

90 centimetres of sea-level rise would be bad, leading to more frequent flooding of U.S. cities such as New Orleans, Houston, New York, and Miami. Pacific Island nations, like the Marshall Islands, would lose most of their territory. Unfortunately, it now seems like 90 centimetres is possible only under the most optimistic scenarios. At 180 centimetres, though, around 12 million people in the United States would be displaced, and the world’s most vulnerable megacities, like Shanghai, Mumbai, and Ho Chi Minh City, could be wiped off the map. At 3.30 metres, land currently inhabited by hundreds of millions of people worldwide would wind up underwater. South Florida would be largely uninhabitable; floods on the scale of Hurricane Sandy would strike twice a month in New York and New Jersey, as the tug of the moon alone would be enough to send tidewaters into homes and buildings.

The researchers observed ancient sea levels at shorelines around the world with current ice sheet behaviour. Around 3 million years ago, when global temperatures were about as warm as they are expected to be later this century, oceans were dozens of centimetres higher than today.

Previous models suggested that it would take hundreds or thousands of years for sea-level rise of that magnitude to occur. But once they accounted for marine ice-cliff instability with their model, the researchers pointed toward a catastrophe if the world does not dramatically reduce carbon emissions.

Scientists used to think that ice sheets could take millennia to respond to changing climates.

The new evidence, though, says that once a certain temperature threshold is reached, ice shelves of glaciers that extend into the sea, like those near Pine Island Bay, will begin to melt from both above and below, weakening their structure and hastening their demise, and paving the way for ice-cliff instability to kick in.

The only place in the world where you can see ice-cliff instability in action today is at Jakobshavn glacier in Greenland, one of the fastest-collapsing glaciers in the world. In order to construct their models, the researchers at the University of Massachusetts-Amherst and Penn State University took the collapse rate of Jakobshavn, cut it in half to be extra conservative, then applied it to Thwaites and Pine Island.  But there’s reason to think Thwaites and Pine Island could go even faster than Jakobshavn as there are signals of the possible rapid destabilization of the entire West Antarctic ice sheet in this century. What is more, other glaciers around Antarctica will be similarly vulnerable. And then there is Greenland, which could contribute as much as 6 metres of sea-level rise if it melts.

Still, some scientists aren’t fully convinced the alarm is warranted. Another scientist thinks it is unlikely that Thwaites or Pine Island would collapse all at once. For one thing, if rapid collapse did happen, it would produce a pile of icebergs that could act like a temporary ice shelf, slowing down the rate of retreat.

Despite the differences of opinion, however, there is growing agreement within the scientific community that we need to do much more to determine the risk of rapid sea-level rise. In 2015, the U.S. and U.K. governments began to plan a rare and urgent joint research program to study Thwaites glacier. Called “How much, how fast?”, the effort is set to begin early next year and run for five years.

Source : U.S. scientific press.

Here’s a glimpse of what lies ahead if we continue to emit greenhouse gases: Major glacier collapse in Greenland (Excerpt from James Balog’s superb movie « Chasing Ice »).

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Plate-forme glaciaire flottante au niveau du front du glacier de Pine Island. Une fracture montre qu’un vêlage d’iceberg est imminent (Crédit photo : NASA)

Plateforme glaciaire Larsen C (Antarctique): Rupture imminente ? // Is the Larsen C ice shelf about to break off in Antarctica?

drapeau-francaisLa fracture qui tranche la plateforme glaciaire Larsen C est en train de s’allonger en Antarctique. Encore 10,2 km et un iceberg d’au moins 5 000 kilomètres carrés partira à la dérive dans l’océan. Alors qu’elle était encore longue de 18 km il y a deux semaines, la balafre progresse de jour en jour et les scientifiques pensent qu’elle peut finir de s’ouvrir à tout moment. Il est toutefois impossible de dire exactement quand l’événement aura lieu.
Les scientifiques craignent que le vêlage accélère la désintégration de la plate-forme proprement dite ainsi que la progression des glaciers qui se trouvent derrière elle. Une fois que l’iceberg aura quitté la plateforme Larsen C, cette dernière aura perdu plus de 10 pour cent de sa superficie et sa partie frontale aura la position la plus reculée jamais enregistrée.
La plateforme Larsen C semble suivre l’exemple de sa voisine Larsen B qui s’est désintégrée en 2002 à la suite d’un événement de vêlage induit par une fracturation. La plate-forme est la plus septentrionale de la Péninsule Antarctique. Cette partie du continent s’est réchauffée rapidement au cours des dernières années et la plateforme est minée à la fois par le bas par le réchauffement des eaux océaniques, et par le haut à cause de l’augmentation de la température de l’air.
Comme je l’ai écrit précédemment, les plateformes glaciaires flottantes ne font pas s’élever le niveau de la mer lorsqu’elles se désintègrent ou libèrent de gros icebergs. En effet, cette glace repose déjà à la surface de l’océan, comme un glaçon dans un verre d’eau. Cependant, comme ces plateformes retiennent les glaciers qui se trouvent derrière elles, quand elles cèdent, les glaciers accélèrent leur glissement dans la mer dans un processus irréversible qui ajoute de l’eau à l’océan et contribue à l’élévation de son niveau.
L’ensemble de l’Antarctique Ouest contient suffisamment de glace pour faire monter le niveau de nos océans de 3 à 4,5 mètres si cette glace devait fondre dans sa totalité. Ce processus prendrait probablement des siècles, même si l’élévation du niveau de la mer s’accélère déjà dans le monde avec la fonte des glaciers et la hausse des températures.
Source: Projet MIDAS (Université de Swansea)

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drapeau-anglaisJust 10.2 km of ice are holding an iceberg with an area of at least 5,000 square kilometres onto the floating Larsen C Ice Shelf in Antarctica. This means the crack in the ice is getting longer every day (it was 18 km long two weeks ago), and scientists warn it could break away at any time. However, it is impossible to say exactly when the event will take place.

Scientists are worried that the calving event could speed up the disintegration of the broader shelf and land-based glaciers that lie behind it. When it calves, the Larsen C Ice Shelf will lose more than 10 percent of its area and leave the ice front at its most retreated position ever recorded.

Larsen C will probably follow the example of its neighbour Larsen B, which disintegrated in 2002 following a similar rift-induced calving event. The shelf is the most northerly of the remaining major Antarctic Peninsula ice shelves. This part of Antarctica has been warming rapidly in recent years, and the shelf is being undermined from below by warming ocean waters, as well as from above by increasing air temperatures.

As I put it before, floating ice shelves don’t raise sea levels when they disintegrate or lose large icebergs. This is because their ice is already resting in the ocean, like an ice cube in a glass. However, because they act like doorstops to the land-based glaciers behind them, so that when the shelves give way, the glaciers can start accelerating their sliding into the sea in a process which is impossible to stop. This adds new water to the ocean and contributes to increasing sea levels.

The entire West Antarctic Ice Sheet contains enough ice to raise global sea levels by another 3 to 4.5 metres if it were all to melt. This process would likely take centuries though sea level rise is already accelerating worldwide as glaciers melt and ocean temperatures increase.

Source: Project MIDAS (Swansea University).

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Progression de la fracture dans la plateforme Larsen C.

(Source: MIDAS – Swansea University)