Le lac de lave du Kilauea entre Noël et Jour de l’An // The Kilauea lava lake between Christmas and New Year

Voici quelques informations supplémentaires sur l’éruption du Kilauea qui a commencé dans la soirée du 20 décembre 2020. L’activité reste confinée dans le cratère de l’Halema’uma’u. Ce qui, à mes yeux, est le plus important pour le moment, c’est que rien ne montre que l’activité ait envie de migrer depuis le sommet vers les zones de rift.

Actuellement, le principal danger de cette éruption reste le vog (brouillard volcanique) généré par le dioxyde de soufre (SO2) émis par le lac de lave. Les dernières mesures révèlent 6300 tonnes par jour. Voir mon article du 25 décembre 2020 sur les risques sanitaires.

Au début de l’éruption, la lave est sortie de deux bouches qui se sont ouvertes au bas des parois ouest et nord du cratère de l’Halema’uma’u. Le jour de Noël, le débit était d’environ 30 mètres cubes par seconde.

Le soir de Noël, le lac de lave avait légèrement dépassé le niveau de la bouche nord qui, depuis le début de l’éruption, était la principale source d’alimentation. La fontaine de lave qui jaillissait de cette bouche activait la circulation de la lave dans le lac. Ce phénomène était évident quand on observait le mouvement de la croûte.

Dans les premières heures du 26 décembre, l’activité de la bouche ouest a augmenté de façon spectaculaire et la fontaine de la bouche nord a cessé son activité. Les scientifiques du HVO ont alors pu voir la lave s’engouffrer dans la bouche nord. En conséquence, le niveau du lac a chuté d’environ 8 mètres au cours des heures suivantes. Cette baisse de niveau du lac a laissé un anneau noir au-dessus de sa surface. Cet anneau marque encore aujourd’hui le niveau maximum atteint par la lave. Ce changement d’activité a également entraîné une baisse des émissions de SO2 qui sont passées de 16 000-20 000 tonnes par jour le 25 décembre à 3 800 tonnes le 30 décembre.

Le niveau du lac de lave remonte lentement depuis le 27 décembre. Les dernières mesures indiquent qu’il a une profondeur de 189 mètres. Sa surface se trouve à 399 mètres sous la lèvre sud du cratère. Le volume de lave émise est actuellement de plus de 23 millions de mètres cubes. Le débit éruptif a diminué pour atteindre environ 10 mètres cubes par seconde. Le 1er janvier 2021, le lac mesurait 800 mètres est-ouest et 530 mètres nord-sud, pour une superficie de 33 hectares. Aujourd’hui, la lave continue de sortir de la bouche ouest.

Le problème pour les visiteurs du Parc National des Volcans d’Hawaii est que le lac de lave n’est pas visible depuis les points d’observation, comme la terrasse du musée Jaggar. C’est la raison pour laquelle certaines personnes franchissent les cordes et barrières de sécurité, se mettent en danger et se font verbaliser par les rangers.

Juste après le début de l’éruption, le niveau du lac de lave s’est élevé rapidement, d’une part en raison de la forme du cratère (un cône inversé) et d’autre part parce que le débit de la lave était important. Selon le HVO, le lac de lave devrait être visible depuis le Kilauea Overlook une fois qu’il aura atteint une hauteur d’un peu plus de 770 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ensuite, une hausse supplémentaire de 5 mètres le fera déborder sur la bordure la plus basse de l’Halema’uma’u sur le côté nord-est. Comme le lac de lave se trouve actuellement à environ 690 mètres d’altitude, il lui faudra s’élever encore d’environ 80 mètres pour devenir visible depuis les points d’observation.

En supposant que le débit éruptif reste stable à 10 mètres cubes par seconde, il faudrait environ 45 jours pour que la lave remplisse l’Halema’uma’u jusqu’à un peu plus de 770 mètres au-dessus du niveau de la mer. A ce moment-là, le lac sera visible depuis le Kilauea Overlook. En extrapolant, on peut imaginer que quelques jours plus tard, la lave commencerait à déborder sur la terrasse inférieure de l’Halema’uma’u, à un peu moins de 788 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cependant, cela prendrait probablement plus de temps car le débit éruptif montre des fluctuations et une tendance à la baisse. Si la lave débordait de l’Halema’uma’u, elle commencerait alors à remplir une vaste zone de blocs d’effondrement avant de déborder sur le plancher proprement dit de la caldeira. Mais nous n’en sommes pas encore là…. !

Source: USGS / HVO.

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Here is some more information about the Kilauea eruption that began on the evening of December 20th, 2020. Activity remains confined within Halema’uma’u Crater. Most importantly, for the time being, monitoring data show no signs of activity migrating from the summit into the rift zones.

The primary hazard from this eruption at this time is vog (volcanic fog) produced by the SO2 emissions at the summit. The latest measurements reveal 4500-5500 tonnes per day. See my post of December 25th, 2020 about the health risks.

At the beginning of the eruption, lava erupted from two vents on the west and north sides of Halema’uma’u Crater. On Christmas Day, the output was measured at approximately 30 cubic metres per second.

By Christmas night, the lava lake had risen slightly above the level of the north vent, since the start of the eruption, was the dominant source of lava. Lava fountaining from the north vent drove circulation in the lava lake. This was apparent in the motion of the crust.

Early in the morning on December 26th, activity at the west vent increased dramatically as the fountaining at the north vent died out. HVO scientists could see lava draining back into the north vent and the lake level dropped by about 8 metres over the next few hours. This drop left a black ring around the edge of the lake, marking the lake’s highest point. This chnage in activity also led to a decrease in SO2 emissions which decreased from 16,000–20,000 tonnes per day on December 25th to 3,800 tons per day on December 30th.

The lava lake level has been rising slowly again since December 27th. The latest measurements indicate it is 186 metres deep. Its surface lies 399 metres beneath the crater’s south rim. The erupted volume to this point is more than 23 million cubic metres. The eruption rate has decreased to approximately 10 cubic metres per second. On January 1st, 2021, the lake measured 800 metres east-west and 530 metres north-south, covering an area of 33 hectares. Today, lava continues to erupt from the west vent.

The problem for the National Park visitors is that the lava lake cannot be seen from the observation points like the terrace of the Jaggar Museum. It’s the reason why some persons walk beyond the safety ropes and barriers, put their lives at risk, and get fined by the rangers.

After the eruption first started, the lava lake rose rapidly both due to the shape of the base of the crater (an inverted cone) and the initially high rates of lava being erupted.  According to HVO, the lava lake should be visible from Kilauea Overlook once it reaches an elevation just over 770 metres above sea level, then another 5 metres of rise will have it overflowing the lowermost rim of Halema’uma’u on the northeast side. Since the lava lake is currently at about 690 metres above sea level, it has about 80 metres to rise before it reaches the level of visibility.

Assuming a constant eruption rate of 10 cubic metres per second, it would take approximately 45 days for lava to fill Halema’uma’u to just over 770 metres above sea level, therefore becoming visible from Kilauea Overlook. Several days later lava would start overflowing the lowermost rim of Halema’uma’u at just below 788 metres above sea level. However, it would likely take longer as the eruption rate has been fluctuating and generally decreasing. If lava did overflow Halema’uma’u, it would then need to fill the extensive down-dropped block area before overflowing onto the main caldera floor. But it is still a very long way…!

 Source : USGS / HVO.

Vue du lac de lave le 30 décembre 2020 depuis la lèvre sud de l’Halema’uma’u (Source : HVO)

La fonte de l’Antarctique et son impact sur la planète // The melting of Antarctica and its impact on the planet

Quelques jours avant la publication à Monaco du rapport de l’ONU sur les océans et les zones recouvertes de glace sur Terre, un professeur de l’Institut de recherche sur les impacts du climat de Potsdam en Allemagne, également spécialiste de l’Antarctique, avait expliqué lors d’une conférence de presse l’impact du changement climatique sur cette région la plus froide du monde.
Nous savons depuis longtemps que le destin des régions côtières et des centaines de millions de personnes qui les habitent dépend du comportement de la glace en Antarctique, et plus particulièrement de l’Antarctique occidental, dont la fonte pourrait faire s’élever le niveau des océans d’au moins trois mètres. . Selon les climatologues et les glaciologues, il ne s’agit pas de savoir « si » cela va se produire, mais « quand ».
Tout d’abord, il convient de rappeler que le réchauffement climatique n’affecte pas le Groenland et l’Antarctique de la même manière. En Antarctique, 99% de la perte de glace se produit lorsque la glace glisse dans l’océan. La glace ne fond pratiquement pas à la surface de ce continent. A côté de cela, au Groenland, la moitié de la perte de glace est due à la fonte de surface, avec l’eau qui se jette dans l’océan. Lorsque la glace en Antarctique ou au Groenland glisse dans l’océan et devient une plate-forme littorale, elle entre en contact avec les eaux de surface. Comme je l’explique dans ma conférence «Glaciers en Péril», une augmentation ne serait-ce que d’un dixième de degré de la température de l’eau peut entraîner un déséquilibre important de la calotte glaciaire. Celle du Groenland est beaucoup moins étendue qu’en Antarctique, mais elle perd aussi beaucoup plus de masse. C’est parce que l’Antarctique est beaucoup plus froid.
Notre connaissance de l’Antarctique a beaucoup évolué au cours des dernières années. Il y a dix ans, la modélisation de ce continent ne révélait aucune perte de glace significative au cours de ce siècle. Certains se demandaient même si la masse de glace de l’Antarctique n’était pas en train d’augmenter. Aujourd’hui, tous les modèles font état d’une perte importante de la banquise. La calotte glaciaire du continent a perdu environ 150 milliards de tonnes chaque année depuis 2005. La quasi-totalité de la perte a eu lieu en Antarctique occidental. La perte de glace s’accélère, que ce soit au Groenland ou en Antarctique. Il n’y a plus aucune d’ambiguïté à ce sujet. Les études en cours nous disent que l’Antarctique occidental a franchi un point de non retour. Il est devenu instable et déversera toutes ses glaces les plus vulnérables dans l’océan.
Une étude menée en 2014 estimait que l’Antarctique pourrait faire s’élever de 50 centimètres le niveau des océans d’ici 2100. La dernière évaluation du GIEC indique 16 centimètres comme la fourchette la plus haute. En 2016, une étude très fiable introduisant de nouveaux processus physiques a été publiée dans la revue Nature. Elle proposait une hausse plus importante allant jusqu’à plus d’un mètre. Cette étude a été très critiquée et les résultats devront peut-être être révisés.
En ce qui concerne l’avenir, si nous respectons l’Accord de Paris, au mieux, l’élévation du niveau de la mer ralentira. Si nous ne le respectons pas, le phénomène va encore s’accélérer d’ici la fin du siècle. Comme je l’ai expliqué dans des notes précédentes, la partie la plus vulnérable de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental – qui entraînerait une élévation de 3,5 mètres du niveau de la mer – se situe dans des dépressions au-dessous du niveau de la mer où l’eau de l’océan s’infiltre et vient saper la glace.
En ce qui concerne les effets de l’élévation du niveau de la mer sur les zones habitées, personne ne devrait craindre pour sa vie. Cependant, si New York se situe cinq mètres sous le niveau de la mer derrière des digues, il n’est pas certain que beaucoup de gens voudront y vivre. Selon le professeur de l’Institut de recherche de Potsdam, le véritable impact concerne les villes que nous allons perdre. Hong Kong est actuellement un symbole de la démocratie en Chine. La Nouvelle-Orléans est un bastion de la culture et New York un centre de culture et d’affaires. Nous allons également perdre Hambourg, Calcutta et Shanghai si nous n’arrêtons pas d’émettre des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Source: Médias américains.

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A few days before the release in Monaco of the UN report on oceans and Earth’s frozen zones, a professor at the Potsdam Institute of Climate Impact Research in Germany and a top expert on Antarctica, had explained in a press conference how climate change is impacting the world’s coldest region.

We have known for a long time that the fate of the world’s coastal regions and the hundreds of millions of people who inhabit them depend on the behaviour of ice in Antarctica, and more particularly West Antarctica whose melting could lift global oceans by at least three metres. According to climatologists and glaciologists, this not a matter of « if » but « when. »

First of all, it should be remembered that global warming does not affect Greenland and Antarctica the same way. In Antarctica, 99 percent of all ice loss occurs when the ice slides into the ocean. There is practically no ice melt on the surface. On the other hand, in Greenland, half of the ice loss is due to melt water that runs into the ocean. When ice in Antarctica or Greenland slides into the ocean and becomes an ice shelf, it comes into contact with surface water. As I explain in my conference “Glaciers at Risk”, even a tenth of a degree increase in the temperature of the water can lead to a significant ice sheet imbalance. Greenland’s ice sheet is much smaller than Antarctica’s, but sheds even more mass. That is because Antarctica is so much colder.

Our knowledge of Antarctica has much changed in the past years. Ten years ago the modelling of Antarctica showed no significant ice loss within this century. Indeed, there was some debate as to whether the continent might add ice mass. Today, all the models show an ice sheet loss at a significant rate. The continent’s ice sheet has shed about 150 billion tonnes of mass every year since 2005, virtually all of it in West Antarctica. Ice loss in both Greenland and Antarctica is accelerating. There is no longer any ambiguity. The current studies tell us that West Antarctica has passed a tipping point. It has become unstable and will discharge all its most vulnerable ice into the ocean.

A 2014 study estimated that we could get 50 centimetres of sea level from Antarctica by 2100 The last assessment of the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) said 16 centimetres was the upward limit. In 2016 an important study introducing new physical processes was published in Nature. It proposed an even higher contribution, of up to more than a metre. That study has been much criticised, and the findings may be revised.

Concerning the future, if we keep to the Paris Agreement, sea level rise will at best slow down. If we don’t, it will still be accelerating at the end of the century. As I explained in previous posts, the most vulnerable part of the West Antarctic ice sheet – equivalent to 3.5 metres of sea level rise – sits in depressions below sea level, where ocean water infiltrates and erodes the ice sheet from underneath.

Concerning the effects of sea level rise on inhabited areas, nobody should fear for their life. However, if New York winds up five metres below sea level behind dikes and levees, it is not sure that people will want to live there. The real impact lies with the cities we will lose. Hong Kong is currently a beacon of democracy in China. New Orleans is a bastion of culture, and New York of culture and business. We are also going to lose Hamburg, Calcutta and Shanghai if we do not stop emitting greenhouse gases into the atmosphere.

Source : US news media.

Antactique de l’Ouest (Source: NOAA)

Le glacier Thwaites est sous haute surveillance car sa fonte ferait directement et indirectement monter le niveau des océans (Source: NOAA)

La Martinique et le réchauffement climatique // Martinique and global warming

Comme j’ai pu m’en rendre compte au cours de plusieurs séjours à la Martinique, les Antilles n’échappent pas au réchauffement climatique. Certes, il n’y a pas de glaciers pour s’en rendre compte, mais  d’autres phénomènes montrent l’urgence de la situation.

Avec la hausse plus rapide que prévu des températures sur notre planète, de nombreux experts se demandent quel impact le réchauffement de la planète aura sur les îles. Leurs réponses restent, pour l’instant, imprécises. Seule certitude: les Antilles n’échapperont pas aux effets du réchauffement climatique. Le GIEC a établi que, du fait de leur exposition aux mers et océans, les  territoires de la Caraïbe insulaire et continentale font partie des zones les plus vulnérables. Selon les experts, différentes conséquences sont à prévoir. On observera une perte territoriale et une pression foncière plus importante, l’accentuation de l’érosion côtière, l’augmentation de l’intensité des cyclones, l’affaiblissement des protections naturelles des côtes (mangroves et coraux). Il y aura également une fragilisation des écosystèmes terrestres, déjà atteints par la déforestation, la raréfaction de l’eau, la perturbation des stocks halieutiques, la recrudescence des épizooties et maladies vectorielles…

Même s’il n’est pas facile de sensibiliser la population à la notion de réchauffement dans une région où les températures ne connaissent pas d’écarts importants au cours de l’année, les Antillais doivent savoir qu’ils n’y échapperont pas. En cumul, la hausse des températures en Martinique s’élève de 0,6 à 0,7°C depuis les années 1970 et de 1,3°C en un demi-siècle. Au Lamentin, par exemple, la température moyenne est passée de 25,5 à 27°C.  .

Le vrai débat qui divise la communauté scientifique porte sur l’activité des cyclones. Les scientifiques sont plutôt d’accord pour dire que le nombre de cyclones ne sera pas plus élevé. En revanche, ils estiment que ceux de demain pourraient être plus puissants, mais ce dernier point-là est encore très débattu. Il s’agit pourtant d’une question cruciale car, si c’est le cas, il faudra reculer les constructions du littoral, par exemple. En longeant la côté martiniquaise, au nord du Prêcheur  par exemple, on remarque les enrochements destinés à calmer les fureurs de l’océan. A l’endroit même de ces enrochements, des habitations avaient les pieds dans l’eau il y a quelques décennies, jusqu’au jour où des vagues puissantes provoquées par un cyclone les ont fait basculer dans les flots.

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As I realized during several stays in Martinique, the West Indies are not immune to global warming. While there are no glaciers to realize it, other phenomena show the urgency of the situation.

With the faster than expected rise in temperatures on our planet, many experts are wondering what impact global warming will have on the islands. Their answers remain, for the moment, uncertain. The only certainty is that the West Indies will not escape the effects of global warming. IPCC has established that, because of their exposure to the seas and oceans, the territories of the insular and continental Caribbean are among the most vulnerable areas. According to the experts, different consequences are to be expected. There will be greater territorial loss and land pressure, increased coastal erosion, increased intensity of cyclones, weakening of natural coastal protection (mangroves and corals). There will also be a weakening of terrestrial ecosystems, already affected by deforestation, the scarcity of water, the disruption of fish stocks, the upsurge of animal diseases and vector diseases …
Although it is not easy to raise the awareness of the notion of global warming in a region where temperatures do not change significantly during the year, the West Indians must know that they will not escape it. . In total, the rise in temperatures in Martinique has ranged from 0.6 to 0.7°C since the 1970s and 1.3°C in half a century. In Lamentin, for example, the average temperature have risen from 25.5 to 27°C. .
The real debate that divides the scientific community is about cyclone activity. Scientists tend to agree that the number of cyclones will not be higher. On the other hand, they think that those of tomorrow could be more powerful, but this last point is still very much debated. However, this is a crucial question because, if it is the case, it will be necessary to retreat the constructions of the coast, for example. In Martinique, north of Le Prêcheur for example, one can observe the stones intended to calm the fury of the ocean. At the exact site of these rip raps, houses had their feet in the water a few decades ago, until the day when powerful waves caused by a cyclone tipped them into the water.

Enrochements au nord du Prêcheur (Photos: C. Grandpey)

Ça continue… ! // It’s going on… !

Avec +0,465°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de février 2019 est le 3ème plus chaud des archives NCEP-NCAR, derrière 2016 (+0,915) et 2017 (+0,649). El Niño est en train de reprendre de la vigueur. Les climatologues prévoient un été 2019 particulièrement chaud.

Dans le même temps, on apprend que le contenu en chaleur  des océans a atteint un niveau record en 2018, dépassant celui de 2017, qui avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée. Ne pas oublier qu’une montée en chaleur des océans contribue à leur dilatation et donc à la hausse de leur niveau.

Source : global-climat.

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With + 0.465°C above the 1981-2010 average, February 2019 was the 3rd warmest of the NCEP-NCAR archives, behind 2016 (+0.915°C) and 2017 (+0.649°C). El Niño is gaining strength. Climatologists predict a hot summer in 2019.

At the same time, we learn that the heat content of the oceans reached a record level in 2018, surpassing that of 2017, which had been the hottest year ever recorded. One should not forget that a rise in temperature of the oceans contributes to their expansion and thus to the rise of their level.
Source: global-climat.

Graphique montrant les 10 années les plus chaudes de l’océan depuis 1958. (Source : Lijing Cheng – IAP)

Il fait beau, il fait chaud. Oui mais… // A fine, warm weather…Yes, but….

En ce moment en France les bulletins météo mettent en évidence les températures délirantes du mois de février. En gesticulant comme à leur habitude à la télévision, les présentateurs nous expliquent, sans trop insister et avec un grand sourire, que l’on se situe à plusieurs degrés au-dessus de la normale, mais l’expression « réchauffement climatique » semble faire mal aux lèvres car elle n’est presque jamais mentionnée ! La situation est pourtant inquiétante car la pluviométrie connaît un profond déficit et certaines régions vont avoir soif l’été prochain si le ciel ne se décide pas à ouvrir les vannes.

Alors que tout le monde ou presque se réjouit de ces conditions printanières au cœur du mois de février, la banquise continue de fondre. J’ai expliqué comment la descente et la division du vortex polaire arctique avait entraîné des températures très froides dans le Midwest des Etats-Unis et en Sibérie pendant qu’elles étaient clémentes en Alaska.

En Antarctique, les glaciers Thwaites et de Pine Island, dans la mer d’Amundsen, fondent dans une indifférence quasi générale. L’Antarctique, c’est loin de la France ! Comme le disait fort justement Nicolas Hulot, « tout le monde s’en fiche ! ». Pourtant, si ces énormes étendues de glace venaient à disparaître, le niveau des mers pourrait monter d’environ 3 mètres, avec des conséquences dramatiques faciles à imaginer.

Comme je l’ai expliqué  à plusieurs reprises sur ce blog, depuis une vingtaine d’années, le Thwaites et le Pine Island reculent et perdent de la masse, et contribuent déjà à l’élévation du niveau des océans. Aujourd’hui, le niveau de la mer augmente sur tout le globe en moyenne de 3 mm par an : 1 mm est dû à la dilatation thermique des océans et 1 mm est dû à la fonte des glaciers de montagne. Le troisième millimètre est dû aux calottes polaires, avec deux tiers pour le Groenland, un tiers pour l’Antarctique.

La particularité des deux glaciers antarctiques, c’est que leur glace repose sur un substrat rocheux sous le niveau de la mer, ce qui explique leur instabilité. La NASA vient d’ailleurs de découvrir une énorme cavité sous le glacier Thwaites, ce qui ne peut qu’accroître son instabilité. En tant que tel, ces glaciers représentent le point faible de l’Antarctique de l’ouest. Comme je l’ai expliqué précédemment, s’ils fondent, ce sont tous les glaciers de cette région qui prendront le  chemin de la mer, car ils sont interconnectés.  On assistera alors à une élévation du niveau de la mer de l’ordre de 3 mètres.

Certains scientifiques se demandent si le réchauffement climatique est totalement responsable de cette situation très inquiétante, mais la probabilité est très forte. Encore plus grave, on sait que les glaciers Thwaites et Pine Island ont des points de bascule qui se trouvent à des températures situées entre 1,5 et 2 degrés au-dessus de la température avant la période pré industrielle. Or nous sommes déjà environ un degré au-dessus de ce seuil. On s’attend à ce que le phénomène de fonte de la glace devienne irréversible si on dépasse ces points de bascule durablement.

Si un tel événement se produit, il entraînera des modifications drastiques à l’échelle planétaire. Il est bien évident que si le niveau de la mer augmente de 3 mètres, cela aura un impact sur toutes les côtes du monde, les infrastructures les plus vulnérables comme les ports, et les grandes villes comme New York…  Mais il fait beau, il fait chaud ; tout va bien !

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At the moment in France the weather bulletins focus on the incredible temperatures of the month of February. While gesticulating as usual on TV, presenters explain, without insisting too much and with a broad smile, that we are several degrees above normal, but the expression « global warming » seems to hurt the lips because it is never mentioned! The situation is nevertheless worrying because there is a lack of rain and some regions will be thirsty next summer if the sky does not decide to open the floodgates.
While almost everyone is delighted with these spring conditions in the heart of February, the ice sheet continues to melt. I explained how the descent and division of the Arctic polar vortex caused very cold temperatures in the Midwestern United States and Siberia while they were mild in Alaska.
In Antarctica, the Thwaites and Pine Island glaciers in the Amundsen Sea are melting with almost universal indifference. Antarctica is far from France! As Nicolas Hulot rightly said, « everyone does not care! » However, if these huge ice sheets disappeared, the sea level could rise by about 3 metres, with dramatic consequences easy to imagine.
As I have explained several times on this blog, the Thwaites and the Pine Island have been receding and losing mass for twenty years or so, and already contribute to the rise of the level of the oceans. Today, the sea level is increasing around the globe at an average of 3 mm per year: 1 mm is due to the thermal expansion of the oceans and 1 mm is due to the melting of mountain glaciers. The third millimetre is due to the melting of polar ice caps, with two-thirds for Greenland, one-third for Antarctica.
The peculiarity of the two Antarctic glaciers is that their ice rests on the bedrock below sea level, which explains their instability. NASA has just discovered a huge cavity under the Thwaites glacier, which can only increase its instability. As such, these glaciers represent the weak point of West Antarctica. As I explained before, if they melt, all the glaciers of this region will take the path to the sea, because they are interconnected. We will then witness a rise in sea level by about 3 metres.
Some scientists wonder whether global warming is totally responsible for this very disturbing situation, but the probability is very high. Even more worrying, the Thwaites and Pine Island glaciers are known to have tipping points at temperatures between 1.5 and 2 degrees above the pre-industrial temperatures. At the moment, we are already about a degree above this threshold. It is expected that the ice melting phenomenon will become irreversible if these tipping points are durably exceeded.
If such an event occurs, it will result in drastic global changes. It is obvious that if the sea level increases by 3 metres, it will have an impact on all the coasts of the world, the most vulnerable infrastructures as the ports, and the big cities like New York … But the weather is nice and warm. Everything is fine !

Source: British Antarctic Survey

Saint-Kitts-et-Nevis rétrécit // Saint Kitts and Nevis is shrinking

Saint-Kitts-et-Nevis, aussi connu sous l’appellation Fédération de Saint-Christophe-et-Niévès, est un État des Petites Antilles. Il présente une superficie de 261 km2. Il possède un strato-volcan volcan, le Mount Liamuiga, anciennement Mount Misery, dans la partie ouest de Saint Kitts qu’il domine de ses 1156 mètres. Les dernières éruptions datent d’environ 1 800 ans. Les éruptions de 1692 et 1843 sont considérées comme incertaines.

Avec le réchauffement climatique et la hausse du niveau des océans, Saint-Kitts-et-Nevis a perdu plus du quart de sa superficie. Selon la Banque Mondiale, il figure en tête de liste des 37 pays ayant perdu le plus de terres en raison de l’élévation du niveau de la mer et de l’érosion, entre 1961 et 2017. Le Forum Economique Mondial vient de publier un rapport indiquant que la Fédération a rétréci de 90 km2 : « Depuis 1961, l’île jumelle de Saint-Kitts-et-Nevis a diminué de plus de 25%. Le pays est relativement exposé géographiquement, ce qui a pour conséquence qu’il est plus fortement touché par les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les ouragans et les grosses tempêtes, comme Luis (1995), Georges (1998) et Lenny (1999) qui se sont abattus sur l’île ces dernières années. […] Non seulement cela affecte les économies qui vivent d’un tourisme de vastes plages de sable blanc, mais l’érosion des plages menace également les propriétés et les infrastructures côtières telles que les routes et les bâtiments. »

Source : France Antilles.

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St. Kitts and Nevis is a state of the Lesser Antilles. It has an area of ​​261 square kilometres. There is a stratovolcano volcano, Mount Liamuiga, formerly Mount Misery (1156 m), in the western part of Saint Kitts. The last eruptions are about 1800 years old. The eruptions of 1692 and 1843 are considered uncertain.
With global warming and rising sea levels, St. Kitts and Nevis has lost more than a quarter of its area. According to the World Bank, it is at the top of the list of the 37 countries that lost the most land due to sea level rise and erosion between 1961 and 2017. The World Economic Forum has just published a report indicating that the Federation has shrunk by 90 square kilometres: « Since 1961, the twin island of St. Kitts and Nevis has declined by more than 25 per cent. The country is relatively geographically exposed; as a result, it is more strongly affected by extreme weather events such as hurricanes and large storms, such as Luis (1995), Georges (1998) and Lenny (1999) which have hit the island in recent years. […] Not only does this affect economies that live off tourism with vast white sand beaches, but beach erosion also threatens coastal properties and infrastructure such as roads and buildings. »
Source: France Antilles.

St Kitts et Nevis se trouve à l’extrémité nord de l’arc antillais (Source: Google maps)

Les effets de la sécheresse sur le Lac d’Annecy (suite)

Comme je l’ai indiqué dans des notes précédentes, le niveau du lac d’Annecy est au plus bas suite à la sécheresse qui a frappé les Alpes cet été. Ce manque d’eau lié au réchauffement climatique pose des problèmes aux activités aquatiques et aux organisateurs de croisières sur le lac.

Le journal Le Dauphiné a mis en ligne des images du lac vu du ciel. On se rend parfaitement compte du problème en regardant en, particulier la plage de l’Impérial ou à proximité du Pâquier.

A noter que le lac d’Annecy n’est pas le seul à souffrir de la sécheresse. Dans la vallée de l’Arve aussi, le manque d’eau modifie la configuration des lacs du bassin clusien et des plans d’eau en montagne. Dans la base de loisirs de Thyez, le niveau du lac des pêcheurs, alimenté par le canal de fuite de la centrale hydroélectrique de Pressy, à Cluses, est ainsi descendu d’un mètre. En altitude, le phénomène est également bien visible sur les berges du lac Bénit au Mont-Saxonnex, du lac du Carmel au Reposoir et au lac Bleu dont le niveau est descendu de 2 mètres.

En cliquant sur ce lien, vous verrez des photos et des vidéos montrant le niveau très bas du lac d’Annecy :

https://www.ledauphine.com/haute-savoie/2018/10/09/lac-d-annecy-le-retrait-du-lac-du-a-la-secheresse-vu-du-ciel

A côté des lacs, la sécheresse affecte dangereusement les cours d’eau de la région, avec des conséquences dramatiques pour la faune aquatique. Par ailleurs, moins d’eau dans les rivières et ruisseaux, voire pas du tout de débit, entraîne moins de dilution de la pollution qui s’y trouve, donc une concentration plus forte, ainsi que la mort des poissons et autres organismes vivants. La FRAPNA qui fédère les associations de protection de la nature en Rhône-Alpes appelle la population à une utilisation plus rationnelle de l’eau et, en montagne, des canons à neige qui sont très gourmands en eau. Il faudra bientôt faire un choix entre l’eau que l’on consomme et celle qui sert à enneiger les pistes de ski.. Sur l’arc alpin, 95 millions de mètres cubes d’eau par an sont utilisés pour l’enneigement artificiel, soit la consommation annuelle d’une ville de 1,5 million d’habitants..
L’usage de l’eau a été restreint dans la région d’Annecy, placée en situation d’alerte « renforcée » par les autorités, de même que la zone du lac du Bourget en Savoie.

Source: France Info.

Photo: C. Grandpey