Niveau d’alerte abaissé à Orange pour l’île de St Vincent // Alert level lowered to Orange at St Vincent

La Soufrière de Saint-Vincent n’a pas montré d’activité majeure depuis le 22 avril 2021, jour où un épisode explosif accompagné d’un panache de cendres a été observé pour la dernière fois. L’UWI prévient que cela ne signifie pas que tous les dangers ont disparu. Le volcan reste actif. La zone Rouge établie autour de La Soufrière reste interdite.

Au cours des dernières 24 heures, on a enregistré quelques séismes hybrides et volcano-tectoniques longue période, et il n’y a eu aucun nouvel épisode de tremor.

Compte tenu du faible niveau d’activité actuel, il a été décidé que le niveau d’alerte pour St Vincent – qui était au Rouge depuis le 8 avril – serait abaissé à Orange le 6 mai 2021. La couleur Orange signifie qu’il y a toujours un niveau élevé de sismicité ou d’activité fumerollienne ou les deux ou d’autres symptômes anormaux. Des éruptions peuvent survenir dans un délai de moins de 24 heures.

Bien qu’ils soient dans la zone Orange, les habitants de Chateaubelair et de Fitz Hughes ne sont pas autorisés à revenir chez eux car le nettoyage de la cendre n’est pas terminé. En revanche, l’eau et l’électricité ont été rétablies jusqu’à Richmond sur la côte nord-ouest. Sandy Bay (voir photo ci-dessous) est dans la zone Rouge et personne ne doit y séjourner.

Source: NEMO.

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St Vincent’s La Soufriere has not shown major activity since April 22nd, 2021 when an explosive episode accompanied by an ash cloud was observed for the last time. UWI says that does not means all danger as disappeared and the volcano continues to be in a state of unrest. The Red Zone remains off-limits.

In the last 24 hours, only a few long-period hybrid and volcano-tectonic earthquakes were recorded, and there was no further episode of tremor.

Considering the current low level of activity, it has been decided that the alert level for St Vincent – which had been on Red alert since April 8th – would be lowered to Orange on May 6th, 2021. An Orange alert means that there is a highly elevated level of seismicity or fumarolic activity or both or other highly unusual symptoms. At this level, eruptions could occur within less than 24 hours notice.

However, although they are in the Orange zone  residents in Chateaubelair and in Fitz Hughes are not allowed to go back home as the clean up of all the ash is not over. Water and electricity have been restored all the way to Richmond on the northwestern coast. Sandy Bay (see photo below) is in the Red zone and nobody is allowed to stay there.

Source: NEMO.

Sandy Bay  avant l’éruption (Source : UWI)

Mauna Loa (Hawaii) : un géant endormi // A sleeping giant

L’éruption du Kilauea en 2021 n’est pas très spectaculaire et n’attire pas beaucoup de touristes car la surface active de la lave n’est pas visible depuis la terrasse d’observation.

En guise de compensation, le HVO nous rappelle qu’il existe un autre volcan potentiellement actif sur la Grande Ile d’Hawaii et l’Observatoire pose la question: «Quand le Mauna Loa va-t-il entrer à nouveau en éruption?» Le Mauna Loa n’est pas en éruption actuellement, mais on observe des signes d’activité au-dessus de la normale depuis juillet 2019 C’est pourquoi le HVO a fait passer le niveau d’alerte volcanique à ADVISORY (surveillance conseillée) et le la couleur de l’alerte aérienne au JAUNE.

Le Mauna Loa est le plus grand volcan actif sur Terre (les Américains sont vraiment friands de superlatifs!) et il occupe un peu plus de la moitié de l’île d’Hawaï. Volcan bouclier, il s’élève progressivement à 4170 m au-dessus du niveau de la mer, mais ses flancs descendent sur 5 km sous le niveau de la mer jusqu’au fond de l’océan, ce qui fait du Mauna Loa la plus haute montagne de la planète.

Comme le Kilauea, le Mauna Loa a une caldeira sommitale et deux zones de rift actives qui partent de son sommet. Les éruptions peuvent être de courte ou de longue durée et se produire au sommet, sur les zones de rift sud-ouest ou nord-est, ou à partir de bouches radiales sur les flancs nord et ouest du volcan.

L’histoire montre que les éruptions du Mauna Loa peuvent commencer sans pratiquement de signes avant-coureurs et produire d’impressionnants volumes de lave qui parcourent de longues distances sur de courtes périodes de temps, avec des dégâts facile à imaginer pour les localités présentes au pied du volcan.

La dernière éruption du Mauna Loa a commencé à son sommet le 25 mars 1984. Une série de fissures s’est ouverte le long de la zone de rift nord-est. Elles ont alimenté des coulées de lave qui sont arrivées à moins de 17 km de Hilo Bay en 5 jours. L’éruption s’est terminée le 15 avril.

L’éruption du Mauna Loa qui a émis les plus importants volumes de lave en un temps record a commencé le 1er juin 1950, lorsque des fissures se sont ouvertes dans la partie supérieure du Rift Sud-Ouest, avec une coulée de lave qui a parcouru 24 km et a atteint l’océan en moins de 3 heures! Au cours des 23 jours suivants, des coulées de lave sont descendues de part et d’autres de la zone de rift. Elles ont noyé le village côtier de Ho’okena-mauka et recouvert la Highway 11 en trois endroits.

En ce qui concerne la situation actuelle, les sismomètres du HVO ont enregistré entre le 15 et le 21 février 2021 271 petits séismes (magnitude inférieure à M 2,0) superficiels (moins de 6 km de profondeur) sur le Mauna Loa : 226 ont été localisés sous le sommet et sous les flancs supérieurs du volcan. Il s’agit d’une hausse relative de l’activité, mais qui reste dans la fourchette des événements observés ces des dernières années. Les scientifiques du HVO pensent que l’activité sismique peu profonde s’intensifiera avant une éruption.

L’examen des données de 1984 peut aider à mettre en perspective les observations récentes. Un signe annonciateur de l’éruption de 1984 a été une augmentation brutale du nombre de petits séismes et du tremor volcanique. Des centaines, et parfois plus de mille, secousses ont été enregistrées chaque jour par le réseau sismique du HVO. Dans les heures qui ont précédé l’éruption de 1984, l’activité sismique était telle que les télescopes astronomiques du Mauna Kea, à 42 km de distance, ne pouvaient pas être stabilisés en raison des vibrations constantes du sol.

Le HVO utilise des outils de surveillance à distance qui n’existaient pas en 1984. Le réseau GPS et les tiltmètres enregistrent la déformation du sol en continu. Cette dernière montre une inflation sommitale lente et sur le long terme, en relation avec l’alimentation de la chambre magmatique peu profonde. La légère hausse de l’inflation sommitale qui a débuté en janvier 2021 se poursuit. Les outils de surveillance actuels comprennent également des webcams haute résolution, des réseaux d’infrasons, des jauges de déformation, des capteurs d’émission de gaz, l’accès aux mesures satellitaires et l’imagerie thermique.

Quand le Mauna Loa entrera-t-il à nouveau en éruption? Il est malheureusement impossible de prévoir la date et l’heure de la prochaine colère du volcan. Les mesures géophysiques indiquent que la chambre magmatique du Mauna Loa se recharge depuis l’éruption de 1984 et qu’il y a des signes d’activité significatifs depuis 2019, mais la prochaine éruption du Mauna Loa ne semble pas imminente. Néanmoins, la récente augmentation de la sismicité et de la déformation du sol rappelle que Mauna Loa est un «géant endormi».

Source: USGS / HVO.

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The 2021 eruption of Kilauea is not dramatic these days and does not attract many tourists as the active surface of the lava cannot be seen from the observation terrace.

As a compensation, HVO reminds us that there is another potentially active volcano on Hawaii Big Island. The Observatory askes the question: “When will Mauna Loa erupt next?”

Mauna Loa is not currently erupting, but there have been signs of unrest above background level since July 2019, which led HVO to increase the Volcano Alert Level to ADVISORY and the Aviation Colour Code to YELLOW.

Mauna Loa is the largest active volcano on Earth (Americans are really fond of superlatives!), covering just over half of the Island of Hawaii. A shield volcano, it rises gradually to 4,170 m above sea level, and its long submarine flanks descend 5 km below sea level to the ocean floor.

Mauna Loa, like Kilauea, has a summit caldera and two active rift zones extending from its summit. Eruptions may be short- or long-lived, and occur at the summit, on either the Southwest or Northeast Rift Zones, or radial vents on the north and western flanks on the volcano.

History shows that Mauna Loa eruptions can begin with very little warning and produce high volume lava flows that travel long distances in short periods of time, impacting communities on the flanks of the volcano.

Mauna Loa’s last eruption began at its summit on March 25th, 1984. A series of fissures opened along the Northeast Rift Zone, feeding lava flows that came to within 17 km of Hilo Bay in 5 days. The eruption ended on April 15th.

The fastest high-volume eruption from Mauna Loa in recorded history began on June 1st, 1950, when fissures opened from the uppermost Southwest Rift Zone, generating a lava flow that travelled 24 km and reached the ocean in less than 3 hours! Over the next 23 days, lava flows descended on both sides of the rift zone, inundating the coastal village of Ho’okena-mauka and covering Highway 11 in three places

As far as the current situation is concerned, HVO seismometers recorded approximately 271 small (under M 2.0), shallow (less than 6 km deep) earthquakes last week on Mauna Loa, 226 of which were beneath the summit and upper-elevation flanks. This is a relative increase in activity, but within the range of fluctuations observed over the past several years. HVO scientists expect that shallow seismic activity will become more sustained before an eruption.

Review of data from 1984 can help put recent observations into perspective. An immediate precursor to the 1984 eruption was an abrupt increase in the number of small earthquakes and volcanic tremor. Hundreds to over a thousand earthquakes were recorded by HVO’s seismic network each day. In the hours before the 1984 eruption, seismic activity increased to the point that the astronomical telescopes on Mauna Kea, 42 km, could not be stabilized because of the constant ground vibration.

HVO also uses remote monitoring capabilities that were not available in 1984. Global Positioning System (GPS) and tiltmeter stations record continuous ground deformation measurements that show slow, long-term summit inflation, consistent with magma supply to the volcano’s shallow storage system. A slight increase in the rate of inflation at the summit that began in January 2021 is continuing.

Current monitoring tools also include high resolution webcams, infrasound arrays, strainmeters, gas emission sensors, and access to spaceborne radar and thermal imaging measurements.

So, when will Mauna Loa erupt next? It is not possible to “predict” the exact date and time. Geophysical measurements indicate that Mauna Loa’s magma storage system has been recharging since the 1984 eruption, and there have been signs of elevated unrest since 2019, but the next Mauna Loa eruption does not appear to be imminent. Nevertheless, the recent slight increase in seismicity and ground deformation is a reminder that Mauna Loa is a “sleeping giant.”

Source: USGS / HVO.

Cette carte du Mauna Loa montre des coulées de lave émises depuis 1823 (en gris), le nombre approximatif d’heures ou de jours mis par une coulée pour aller depuis la bouche éruptive jusqu’à l’océan, ou la distance maximale parcourue par une coulée. Une coulée a dévalé les pentes abruptes du flanc ouest du Mauna Loa et a atteint l’océan en seulement 3 heures après l’ouverture d’une bouche éruptive en 1950.

Les chiffres en gras font référence au débit éruptif de la lave en millions de mètres cubes par jour. On remarquera que le flanc ouest a les pentes les plus raides (zones rouge-orange), la distance la plus courte entre la bouche éruptive et l’océan et le débit éruptif le plus élevé pendant les éruptions. Il reste donc peu de temps pour avertir la population lors d’une éruption dans la zone de rift sud-ouest du Mauna Loa. (Source: USGS)

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This map of Mauna Loa, shows lava flows erupted since 1823 (gray), the approximate number of hours or days it took for a flow to advance from the vent location to the ocean or maximum reach of a flow. One flow that moved down the steep slopes on west flank of Mauna Loa reached the ocean in as little as 3 hours after the vent started erupting in 1950. The bold numbers (for example, 12Mm3/d) are the average rates of lava effusion (outpouring of lava) in millions of cubic meters per day. Note the west flank has the steepest slopes (red-orange areas), shortest distance from vent to the ocean, and the highest average rate of effusion during eruptions, resulting in precious little time for warning residents during an eruption from the Southwest Rift Zone of Mauna Loa.  (Source : USGS)

Caldeira sommitale du Mauna Loa (Photo : C. Grandpey)

Eruption du Semeru (Indonésie) // Eruption of Mt Semeru (Indonesia)

Le Semeru est entré en éruption en émettant des panaches de gaz et de cendres jusqu’à 4,5 kilomètres dans l’après-midi du 16 janvier 2021. Les autorités locales ont indiqué que les panaches provenaient du cratère Jonggring Kaloko et se dirigeaient vers le sud-est. Des retombées de cendre ont impacté plusieurs villages au nord du volcan. Une importante coulée pyroclastique de 4,5 km de longueur a été observée sur les flancs S et SE du volcan.

Les autorités ont demandé aux habitants de deux villages d’être vigilants face à la poursuite de l’activité volcanique et ont conseillé à la population le long de la rivière Curah Kobokan de rester attentive à de possibles lahars déclenchés par de fortes pluies pouvant remobiliser des matériaux volcaniques.

Aucun ordre d’évacuation n’a été émis à ce jour et aucune victime n’a été signalée.

Le niveau d’alerte du Semeru est maintenu à 2 (Waspada) sur une échelle de 4.

Source: The Jakarta Post.

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Mount Semeru went through an eruptive episode and spewed clouds of gas and ash as far as 4.5 kilometers away in the afternoon of January 16th, 2021. Local authorities reported that the plumes rolled down from the volcano’s Jonggring Kaloko crater and drifted southeast. Ashfall impacted several villages north of the volcano. A massive 4.5-km-long pyroclastic flow was observed down the southeast and southern slopes of the volcano.

Authorities have warned residents living in two villages to be on alert for continuing volcanic activity and have advised people living in the Curah Kobokan river basin to stay alert for possible lahars triggered by heavy rainfall combining with volcanic material.

No evacuation orders have so far been issued and no casualties have been reported.
Semeru’s alert level is kept at 2 (Waspada) on a scale of 4.

Source: The Jakarta Post.

Photos : C. Grandpey

 

Soufrière St Vincent : croissance du dôme mais pas d’évacuation // Dome growth but no evacuation

Selon un article publié dans la presse locale le 1er janvier 2021, l’éruption de la Soufrière St Vincent se poursuit, mais aucune évacuation n’a été ordonnée. Une équipe du Centre de recherche sismique de l’Université des Antilles (UWI-SRC) a effectué une reconnaissance aérienne du volcan et a répété qu’aucun ordre d’évacuation n’avait été émis.

L’équipe scientifique a indiqué que deux reconnaissances aériennes avaient été effectuées le 1er janvier. Une forte couverture nuageuse a empêché les scientifiques d’avoir une bonne vue du cratère lors du premier vol. Lors du deuxième vol, il a été possible de photographier le cratère. Les clichés montrent que le nouveau dôme continue de croître.

Il est rappelé au public que lorsque le magma interagit avec la température de surface, surtout le matin lorsque l’air est frais, de la vapeur peut être vue au-dessus du cratère. Cette situation peut durer des semaines ou des mois.

Le niveau d’alerte reste à la couleur Orange. Cela signifie:

– Niveau très élevé de sismicité ou d’activité fumerollienne ou les deux, ou autres phénomènes volcaniques anormaux. Des éruptions peuvent survenir dans moins de 24 heures.

– Le système de surveillance fonctionne en permanence. Il y a une inspection visuelle régulière des zones de couches actives éventuelles. La déformation du sol et l’activité hydrothermale sont également surveillées.

– Les personnes vivant dans des zones proches du volcan, ce qui inclut les localités de Fancy à Georgetown et de Belle Isle à Richmond sont priées de rester vigilantes et d’écouter tous les conseils de la NEMO (‘Organisation nationale de gestion des catastrophes).

La NEMO a également demandé au public de ne pas visiter le volcan de La Soufrière jusqu’à ce que les scientifiques donnent le feu vert.

Source: Loop News Caribbean.

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According to an article published in the local press on January 1st, 2021, the eruption of La Soufrière continues, but no evacuation has been ordered. A team from the University of the West Indies Seismic Research Centre (UWI-SRC) has conducted aerial reconnaissance of the volcano and reiterated that no evacuation order has been issued.

The team reported two aerial reconnaissance were performed on January 1st. However, heavy cloud cover prevented the scientists from getting a good view of the crater during the first flight. During the second flight, the photographer was able to capture photos of the crater, which show that the new dome continues to increase in size.

The public is reminded that when the magma interacts with the surface temperature, especially in the morning when the air is cool, steam may be seen above the crater. This situation may continue for weeks or months.

The alert level remains at Orange. This means:

– Highly elevated level of seismicity or fumarolic activity or both, or other unusual symptoms. Eruptions may occur with less than 24 hours’ notice.

– The monitoring system is continuously in operation. There is a regular visual inspection of potential vent areas. Continuous ground deformation and hydrothermal activity are also monitored.

– People living in areas close to the volcano which include communities from Fancy to Georgetown and Belle Isle to Richmond are asked to remain alert and listen to all advisories from the National Emergency Management Organisation (NEMO).

NEMO also asked the public to refrain from visiting the La Soufriѐre Volcano until the scientists advise that it is safe to do so.

Source: Loop News Caribbean.

Source : University of the Wesr Indies

Hausse du niveau d’alerte à White Island (Nouvelle Zélande) // The alert level for White Island (New Zealand) has been raised

Les scientifiques de GeoNet surveillent généralement à distance l’activité volcanique de White Island (Nouvelle-Zélande). Le 13 novembre 2020, ils ont observé de petites quantités de cendre volcanique à l’intérieur du panache de vapeur et de gaz ? Cette cendre s’est ensuite déposée sur l’île. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été élevé à 2 et la couleur de l’alerte aérienne est passée au Jaune.

Au cours d’un survol le 12 novembre, les scientifiques ont observé des dépôts de cendre sur certaines des webcams de l’île, et un panache plus sombre que d’habitude était parfois visible depuis le continent.

Les particules de cendre provenaient de la bouche de vapeur située à l’arrière du lac de cratère. Les premières analyses des particules montrent qu’il s’agit d’un matériau déposé autour de cette bouche et qui a été transporté par les émissions de vapeur et de gaz. Il ne semble pas s’agir de particules de magma juvénile. Globalement, les paramètres de surveillance du volcan ne montrent pas de changements significatifs.

Les observations effectuées pendant le vol montrent qu’il n’y a pas de modification majeure dans l’emplacement et la taille des bouches actives. Les récentes pluies ont formé une mare d’eau peu profonde sur le fond du cratère.

La probabilité que les cendres atteignent le continent lors d’éventuels événements explosifs reste faible. Il n’y a actuellement aucune indication d’un changement substantiel dans le comportement général du volcan.

Cependant, il faut garder à l’esprit qu’une explosion à White Island le 9 décembre 2019 a tué 21 touristes parmi lesquels deux sont portés disparus et déclarés morts. 26 personnes ont été blessées, souvent avec de graves brûlures. Il y avait 47 personnes sur l’île au moment de l’éruption.

Source: GeoNet.

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GeoNet scientists are mainly monitoring White Island (New Zealand) from a distance. On November 13th, 2020, they observed small amounts of volcanic ash the steam and gas plume, which later deposited on the island. As a consequence, the Volcanic Alert Level has been raised to Level 2 and the Aviation Colour Code to Yellow.

During an observation flight on November12th, the scientists observed occasional ash deposits on some of the islands’ webcams, and a darker than usual plume was also reported at times from the mainland.

The ash particles originated from the main steam vent at the back of the crater lake. Initial analyses of the particles suggest that it is loose material from around the vent being carried by the steam and gas emission. They do not seem to include juvenile magma particles.

Globally, the monitoring parametres do not show significant changes.

Observations during the flight revealed that there was no substantial change in the location and size of active vents. The rainfall has formed a shallow pool of water on the floor of the crater.

The likelihood of ash affecting the mainland during possible explosive events remains low. There are no indications currently of a substantial change in the overall behaviour of the volcano.

However, one should bear in mind that an explosive eruption at White Island on December 9th, 2019 killed 21 tourists, including two who are missing and declared dead. 26 people suffered injuries, many of whom suffered severe burns. There were 47 people on the island at the time of the eruption.

Source : GeoNet.

Photo : C. Grandpey

Sinabung (Indonésie) : nouvel épisode éruptif // New eruption

Dans une note publiée le 7 août 2020, j’indiquais que le Sinabung était de nouveau entré en éruption à 18h58 (UTC) le 7 août 2020, pour la première fois depuis juin 2019.. Les habitants et les touristes étaient invités à rester à l’extérieur d’un rayon de 3 km du cratère.

Un nouvel épisode éruptif significatif été observé à 03h16 (UTC) le 10 août, avec un panache de cendres qui s’est élevé jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer, obligeant les autorités à évacuer les localités proches du volcan. La couleur de l’alerte aérienne a été brièvement élevée au Rouge, alors que le niveau d’alerte volcanique reste à 3 (Siaga). Aucune victime de l’éruption n’a été signalée.
Comme le 7 août, les cendres sont retombées sur plusieurs villages jusqu’à 20 km du volcan. Il est conseillé aux villageois et aux touristes de rester à au moins 5 km du cratère.
De nombreuses photos de la dernière éruption sont visibles sur les réseaux sociaux.
Source: CVGHM.

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In a post released on August 8th, 2020, I indicated that Mt Sinabung erupted at 18:58 (UTC) on August 7th, 2020, for the first time since June 2019. Residents and tourists have been asked to stay outside a 3 km radius from the crater.

Another powerful erupted episode was observed at 03:16 (UTC) on August 10th, with an ash plume that rose up to 10 km above sea level, forcing authorities to evacuate nearby communities. The aviation colour code was briefly raised to Red., while the volcanic alert level remains at 3 (Siaga). No victims of the eruption have been reported.

Like on August 7th, the ash fell over several villages up to 20 km from the volcano. Villagers and tourists are advised to stay at least 5 km from the crater.

Numerous photos of the last eruption can be seen on the social networks.

Source: CVGHM.

L’éruption du 10 août 2020 vue depuis l’espace (Source : NASA)

Volcan Taal (Philippines) : Prévision éruptive…ou pilotage à vue ?

Au cours de ma conférence « Volcans et risques volcaniques », j’explique que, malgré les outils technologiques ultra modernes (systèmes GPS, observations satellitaires, etc) dont disposent les scientifiques, la prévision volcanique reste très aléatoire, pour ne pas dire inexistante, surtout sur les volcans gris, les plus explosifs, donc les plus dangereux. Les terres étant très fertiles, des centaines de milliers de personnes vivent sur leurs pentes ou à proximité.

Lorsqu’un événement majeur se produit, les autorités mettent en général d’emblée en place le principe de précaution. On a tiré les leçons des éruptions meurtrières du passé et on n’attend plus de savoir si le volcan va se mettre vraiment en colère pour évacuer les populations menacées. La dernière éruption du Taal aux Philippines vient confirmer cette stratégie. Il suffit d’observer le déroulement des événements pour s’en rendre compte. Examinons les bulletins d’information émis par le PHIVOLCS (Philippine Institute of Volcanology and Seismomogy) pendant les jours qui ont précédé le réveil du volcan.

Dans un bulletin émis le 8 janvier 2020 à 8 heures du matin, le PHIVOLCS indiquait que le réseau sismique du Taal avait enregistré 29 séismes d’origine volcanique au cours des dernières 24 heures. Les dernières mesures effectuée début janvier révélaient une légère baisse de la température du lac dans le Main Crater (cratère principal), de 31.6°C à 31.5°C. On observait aussi une baisse du niveau de l’eau de 0.34 mètre, contre 0.27 mètre précédemment. L’acidité de l’eau avait augmenté et était passée d’un pH de 2.81 à un pH de 2.75. Le réseau GPS montrait aussi une inflation du volcan, mais sans changement significatif par rapport aux mesures précédentes sur le long terme. Au vu de ces paramètres, le PHIVOLCS avait mis en place le niveau d’alerte à 1, sur une échelle de 5. Cela signifiait qu’ « une éruption dangereuse n’était pas imminente. »

Le bulletin émis le 9 janvier à 8 heures était en grande partie identique à celui de la veille.

Même son de cloche le 10 janvier au matin où le PHIVOLCS signalait toutefois deux séismes susceptibles d’avoir été ressentis par la population.

Bis repetita les 11 et 12 janvier à 8 heures. Les bulletins émis par le PHIVOLCS étaient en tout point identique à ceux des jours précédents. Le niveau d’alerte volcanique était maintenu à 1.

Changement de décor dans le bulletin du 12 janvier à 14h30 ! Le PHIVOLCS signalait des émissions de vapeur dans le Main Crater, probablement générés par une activité phréatique. Rien de vraiment significatif dans l’activité sismique et la déformation du volcan. L’Institut signalait une augmentation régulière de la teneur en CO2 de l’eau du lac de cratère depuis février 2019. Par précaution, le niveau d’alerte volcanique passait de 1 à 2 (probable intrusion magmatique pouvant conduire à une éruption).  Il était demandé à la population de ne pas s’approcher du Main Crater.

Ce même jour à 16 heures, le PHIVOLCS faisait passer le niveau d’alerte de 2 à 3 car l’activité éruptive s’intensifiait avec un panache de 1 km de hauteur et une hausse de la sismicité. L’Institut expliquait qu’il se produisait probablement une intrusion magmatique et conseillait l’évacuation des barangays (unités administratives) d’Agoncillo et Laurel dans la province de Batangas à cause du risque de coulées pyroclastiques et de tsunami.

Une heure trente plus tard, à 17h30, le niveau d’alerte passait de 3 à 4 (dangereuse éruption imminente). L’éruption s’était intensifiée depuis le précédent bulletin, avec un panache de 10 à 15 km de hauteur et des retombées de cendre vers le nord du volcan. Le PHIVOLCS notait la présence de tremor et une hausse de l’activité sismique. Des fissures s’étaient ouvertes et d’autres s’étaient agrandies. Le PHIVOLCS s’attendait à une éruption majeure « dans les prochaines heures ou les prochains jours.» En conséquence, l’Institut conseillait fortement l’évacuation totale de Volcano Island et de la population dans un rayon de 14 km du Main Crater.

L’activité éruptive s’est poursuivie les jours suivants, sans que l’on assiste toutefois à l’éruption cataclysmale annoncée par le PHIVOLCS. Le niveau d’alerte était maintenu à 4 sur 5.

Le 25 janvier 2020, sismicité, déformation de l’édifice volcanique et émissions de SO2 poursuivant leur décrue, le PHIVOLCS a décidé de ramener le niveau d’alerte à 3, sans exclure une baisse à 2 les jours suivant si la baisse d’activité se confirme. Les personnes évacuées ont été en grande partie autorisées à rentrer chez elle. Les écoles primaires et secondaires de la province de Batangas restent toutefois fermées car elles hébergent les habitants de Agoncillo et Laurel, localités qui n’ont pas été jugées suffisamment sures par l’Institut.

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Les événements que je viens de mentionner montrent que la sismicité est restée intense pendant plusieurs jours avant de décliner progressivement. La cendre a envahi Volcano Island qui, selon les autorités, est en passe de devenir un no man’s land où toute implantation de population devrait être officiellement interdite, mais on sait d’avance qu’une telle mesure sera difficile à mettre en place.

Une évacuation à grande échelle a été décrétée sur une zone d’un rayon de 14 km par rapport au Main Crater. La carte à risque du Taal montre qu’environ 460 000 personnes habitent dans cette zone. Le 21 janvier, 148 987 personnes séjournaient dans 493 centres d’évacuation, en sachant que des milliers d’autres s’étaient réfugiées chez des parents et amis ailleurs dans le pays. La population et l’armée empêchaient les habitants évacués de revenir chez eux.

Ces événements confirment que la gestion de l’éruption s’est faite au jour le jour, au vu des paramètres du moment, surtout en fonction de l’intensité du panache éruptif et des retombées de cendre. L’éruption majeure envisagée par le PHIVOLCS n’a jamais eu lieu. Le principe de précaution a toutefois permis de mettre des dizaines de milliers de personnes à l’abri d’une possible éruption de grande ampleur. Les autorités philippines avaient sûrement en tête l’éruption du Pinatubo en 1991. L’événement avait alors tué quelque 800 personnes, un bilan relativement modéré au vu de la puissance de l’éruption.

Etant donné notre incapacité à réellement prévoir l’évolution d’une éruption sur un volcan explosif de la Ceinture de Feu du Pacifique, l’adoption du principe de précaution est à mes yeux une sage décision. Les autorités philippines ont par ailleurs eu la bonne idée de décréter une évacuation à grande échelle dès le début de l’activité éruptive. En 2010, j’avais critiqué l’évacuation pas à pas décidée par les autorités indonésiennes lors de l’éruption du Mérapi et ses quelque 340 morts. Dans le cas du Taal, aucune victime n’est à déplorer à ce jour. Il est vrai que le volcan a eu la bonne idée de ne pas envoyer de coulées pyroclastiques, ce qui est une différence majeure avec l’éruption du Merapi.

Source: Disaster Risk Reduction Management Council