Europe : un mois de mai des records // Europe : A record-breaking May

Concentrations de CO2 : 432,01 ppm (27 mai 2026)             

Concentrations de CH4 : 1940,43 ppb (janvier 2026)

Une vague de chaleur a touché une grande partie de l’Europe occidentale fin mai 2026, battant des records de température. Cette chaleur a provoqué 12 décès au seul Royaume-Uni.
La gravité de la situation est visible sur une image prise le 26 mai 2026 par le satellite Copernicus Sentinel-3 de l’Agence spatiale européenne, qui surveille les températures de surface. Les zones en rouge indiquent des températures largement supérieures à 30 degrés Celsius. Elles comprennent de grandes villes comme Madrid et Paris.

Cette vague de chaleur a battu un nombre impressionnant de records de température. Quelque 23 stations météorologiques en Angleterre, au Pays de Galles, en Écosse et en Irlande du Nord ont enregistré des températures supérieures au précédent record national de 32,8 °C, établi en Grande Bretagne en 1922 et 1944. Le 26 mai, la station des Kew Gardens à Londres, a relevé une température de 35,1 °C, pulvérisant son précédent record mensuel de 29,3 °C.
Au moins sept autres décès en France, dont cinq par noyade, ont également été liés à cette canicule. Le 26 mai a été le jour le plus chaud jamais enregistré pour un mois de mai dans le pays, avec une température moyenne de 24,9 °C. Deux jours plus tard, les températures maximales diurnes ont frôlé les 40 °C dans plusieurs régions.
Ce phénomène météorologique était dû à un dôme de chaleur – une zone de haute pression piégeant l’air chaud – au-dessus de l’Europe occidentale. Sous l’influence de ce dôme de chaleur, les températures ont atteint des niveaux inhabituels pour un mois de mai dans plusieurs pays. Selon le Climate Central’s Climate Shift Index, la vague de chaleur observée depuis le 22 mai dans une grande partie de la France, de la Suisse, de l’Italie, de l’Autriche, du Liechtenstein, de l’Espagne, du Portugal et du Royaume-Uni est aujourd’hui trois à cinq fois plus probable en raison du réchauffement climatique.
Une vague de chaleur comme celle que vient de connaître l’Europe laisse présager une augmentation probable des décès. En effet, contrairement aux États-Unis, où environ 90 % des foyers sont équipés de la climatisation, 20 % en Europe en sont dotés, selon l’Agence internationale de l’énergie. Cette situation rend les fortes chaleurs particulièrement dangereuses sur le Vieux continent. En 2025, une série de vagues de chaleur a entraîné quelque 24 400 décès, dont 16 500 ont été attribués au réchauffement climatique, et plus de 62 700 personnes sont décédées de causes liées à la chaleur en 2024.
Source : Copernicus et médias américains.

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A heat wave has been affecting much of Western Europe in late May 2026, shattering temperature records. The heat has been linked to 12 deaths in the U.K. alone.

The gravity of the situation can be seen in an image captured by the European Space Agency’s Copernicus Sentinel-3 satellite, which is used to monitor surface temperatures, on May 26, 2026. The areas in red are indicative of temperatures well in excess of 30 degrees Celsius and include major European cities such as Madrid and Paris.(see map above)

The heat wave has broken a “remarkable number” of records for temperature. Some 23 weather stations across England, Wales, Scotland and Northern Ireland have reported temperatures exceeding the previous U.K.-wide record of 32.8 degrees C, which was set in 1922 and 1944. On May 26, a research station in London’s Kew Gardens recorded temperatures of 35.1°C, obliterating its previous record of 29.3°C for the month.

At least seven other deaths in France, five from drowning, have also been tied to the sweltering conditions. May 26 was the hottest May weather in the country’s history with an average temperature of 24.9°C. Two days later, daytime highs peaked at almost 40°C in several regions.

The weather was being driven by a heat dome—a block of high pressure that traps hot air—hovering over Western Europe. But even with the heat dome factored in, temperatures have hit levels that are unusual at the peak of summer in several countries. According to Climate Central’s Climate Shift Index, the heat seen since May 22 across much of France, Switzerland, Italy, Austria, Liechtenstein, Spain, Portugal and the U.K. was made three to five times more likely because of the effects of global warming..

Recent experience suggest more deaths are likely: unlike in the U.S., where an estimated 90 percent of households are equipped with air-conditioning, Europeans lag behind at only 20 percent, according to the International Energy Agency. That can make high temperatures particularly dangerous on the continent. In 2025 a series of heat waves led to some 24,400 deaths, 16,500 of which were attributed to cglobal warming, while more than 62,700 people died of heat-related causes the year before.

Source : Copernicus and U.S. News media.

Fièvre Ebola, Goma et volcan Nyiragongo (République Démocratique du Congo)

L’inquiétude grandit dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) après l’annonce, le 17 mai 2026, du premier cas d’Ebola à Goma, qui abrite près de deux millions d’habitants. Les autorités redoutent une hausse des contaminations dans cette ville sous contrôle des rebelles du M23.

À l’échelle du pays, les autorités faisaient état de 136 décès « supposés » être liés à Ebola et d’environ 543 cas suspects le 19 mai.

La source de l’épidémie se situe dans le nord du pays, à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud. C’est une région de mines d’or, mais aussi l’une des zones les plus troublées du pays, à la merci de groupes armés et où règne l’insécurité.

À Goma, l’inquiétude grandit. La ville est devenue quasiment inaccessible. Elle est contrôlée par la rébellion du M23 en guerre ouverte avec le pouvoir central de Kinshasa. L’aéroport international est fermé, tout comme la frontière avec le Rwanda. La population a le sentiment d’être coupée du monde. Il y a quelques années, l’ambassadeur de la RDC en France m’avait déjà déconseillé formellement de me rendre dans la région de Goma.

Cet isolement de Goma pourrait vite tourner à la catastrophe si d’autres cas d’Ebola apparaissaient dans la ville car se poserait le problème de l’acheminement de l’aide médicale et humanitaire.

Source : presse internationale.

Dans un tel contexte, il est bien évident que l’accès au volcan Nyragongo, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville de Goma, est totalement impossible. Il n’existe pas d’informations récentes de son activité. Les derniers bulletins de la Smithsonian Institution remontent à début juillet 2024. Il faut croiser les doigts pour qu’une éruption volcanique ne vienne pas rendre la situation de Goma encore plus désastreuse.

Dans un bulletin diffusé en juin 2024, le GVN avait signalé une forte reprise de l’activité du lac de lave entre octobre 2023 et mai 2024. Le lac de lave était particulièrement actif en juillet 2023. Malgré des observations satellitaires souvent difficiles entre août 2023 et février 2024, l’activité du lac de lave s’était poursuivie.

Début juillet 2024, une image satellite montrait une zone elliptique sombre de lave au fond du cratère du Nyiragongo. Des panaches de gaz et de vapeur semblaient s’échapper de deux bouches dans sa partie centrale. Les anomalies thermiques identifiées sur les images correspondaient à l’emplacement de la zone de lave, ainsi qu’à une petite zone plus claire en son centre. Aucune mention d’un lac de lave n’était faite dans le bulletin.

Source : Smithsonian Institution.

Sacrés réseaux sociaux ! // Darn social networks !

Trois randonneurs, deux ressortissants de Singapour et un Indonésien, sont morts au cours d’un épisode éruptif du Dukono le vendredi 8 mai 2026, sur l’île d’Halmahera, aux Moluques, dans l’est de l’Indonésie. Cinq autres personnes ont été blessées. Les sauveteurs ont pu aider 17 personnes à redescendre et être mises en sécurité. Les corps des victimes n’ont pas pu être récupérés immédiatement car la situation éruptive était trop dangereuse.

La presse indonésienne indique que les victimes faisaient partie d’un groupe d’une vingtaine de personnes qui avaient décidé d’escalader le volcan et d’entrer dans une zone qu’ils savaient interdite, « animés par le désir de créer du contenu en ligne. » Les réseaux sociaux sont vraiment une plaie dans notre société. Ce n’est pas la première fois que des personnes prennent des risques insensés et mettent leur vie en péril dans le seul but de « faire le buzz » sur Internet.

Le niveau d’alerte volcanique du Dukono était à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public était invité à se tenir à au moins 4 km du cratère Malupang Warirang. Comme cela se produit souvent sur les volcans explosifs de la Ceinture de Feu du Pacifique, l’explosion – qui a duré 16 minutes au vu des instruments – s’est produite sans signes annonciateurs et le volcan a projeté des matériaux et un panache de cendres jusqu’à une dizaine de kilomètres au-dessus du sommet.

Les volcanologues et les autorités ne sont donc absolument pas responsables de cette tragédie.

Crédit photo: presse indonésienne

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Three hikers, two Singaporeans and one Indonesian, died during an eruption of Mount Dukono on Friday, May 8, 2026, on Halmahera Island in the Moluccas, eastern Indonesia. Five other people were injured. Rescuers were able to bring 17 people down to safety. The victims’ bodies could not be recovered immediately because the eruptive situation was too dangerous.
The Indonesian press reports that the victims were part of a group of about 20 people who had decided to climb the volcano and enter an area they knew was off-limits, « driven by the desire to create online content. » Social media is truly a scourge in our society. This is not the first time that people have taken insane risks and endangered their lives for the sole purpose of « going viral » on the internet.

The volcano alert level for Mount Dukono was 2 (on a scale of 1 to 4), and the public was advised to stay at least 4 km away from the Malupang Warirang crater. As often happens with explosive volcanoes in the Pacific Ring of Fire, the explosion—which lasted 16 minutes according to instruments—occurred without warning, and the volcano ejected material and an ash plume up to 10 km above its summit.

Volcanologists and authorities are therefore in no way responsible for this tragedy.

Les enfants perdus d’Armero (Colombie) // Armero’s lost children (Colombia)

Le 13 novembre 1985, l’éruption du Nevado del Ruiz, en Colombie, a déclenché des coulées de boue à l’origine de ce que l’on appelle ‘la tragédie d’Armero’. Après 69 ans de sommeil, le volcan s’est réveillé et a surpris les villes voisines, malgré les mises en garde des volcanologues (Haroun Tazieff et Franco Barberi, en particulier) qui avaient alerté le gouvernement et demandé l’évacuation de la zone suite à la détection d’une activité volcanique deux mois auparavant.
La chaleur intense des coulées pyroclastiques qui se sont échappées du cratère, a fait fondre les glaciers, provoquant quatre énormes coulées de boue qui ont dévalé les pentes à 50 km/h. Ces lahars, s’engouffrant dans les ravines, ont englouti la ville d’Armero, tuant plus de 20 000 de ses quelque 29 000 habitants. Les victimes dans d’autres villes, notamment à Chinchiná, ont porté le bilan total à 23 000 morts.

Aujourd’hui, certains survivants de l’éruption de 1985 recherchent encore des enfants portés disparus. Après la catastrophe, la ville s’est retrouvée désertée. Le chaos qui a suivi a séparé de nombreux enfants de leurs familles qui continuent de les rechercher 40 ans plus tard.
Le Washington Times rapporte le témoignage de parents qui, la nuit de l’éruption, ont entendu des bruits étranges et sont sortis de chez eux pour voir ce qui se passait. Ils avaient appris aux informations que le volcan était en éruption, mais ils ont laissé leur fils, alors âgé de 5 ans, dormir à l’intérieur de la maison, pensant être suffisamment éloignés du Nevado del Ruiz pour être en sécurité.
Mais bientôt, la lave a fait fondre la calotte glaciaire au sommet du volcan et des coulées de boue ont dévalé les lits des rivières, provoquant une avalanche qui a tout dévasté sur son passage. Emportés par le lahar, les parents ont vu leur voiture être renversée et ont dû se réfugier dans un arbre, puis dans une maison voisine. La leur a été détruite et ils n’ont jamais revu leur fils.
Des années plus tard, ils ont appris que le nom de leur fils avait été diffusé dans une publicité télévisée et, selon une information, il se trouvait à l’Institut colombien de protection de l’enfance (ICBF). Ils ont tenté de le retrouver au siège de l’Institut à Bogota, mais l’accès leur a été refusé. On leur a demandé d’apporter des vêtements et des photos prouvant qu’ils étaient de la famille du garçon.
Des années plus tard, une sœur de la mère du garçon leur a raconté qu’à La Nouvelle-Orléans, un homme l’avait abordée et lui avait dit que son frère avait adopté un enfant victime de la tragédie d’Armero. Elle lui a montré une photo de son neveu, sans succès, et la personne en question n’a jamais pu être recontactée.
La Fondation Armando Armero, une organisation de la société civile, a recensé 580 enfants disparus, dont 71 auraient été adoptés. À ce jour, quatre d’entre eux ont été retrouvés vivants grâce à des prélèvements d’ADN. Selon cette fondation, « il n’y a pas de mode opératoire précis. Il est exagéré d’affirmer que les enfants ont été volés uniquement par l’ICBF ; il existe de nombreuses autres possibilités. Des personnes de la société civile se sont rendues à Armero juste après la tragédie, ont vu des enfants en perdition, les ont emmenés chez eux où ont été accueillis et élevés avec affection. »
Il y a quarante ans, il n’existait pas le même accès à l’information qu’aujourd’hui. Les familles effectuaient des recherches en personne dans les centres d’accueil et les bureaux de l’ICBF. Après la tragédie, ces structures ont accueilli au moins 170 enfants d’Armero, selon les documents retrouvés. Ces services indiquent avoir enquêté sur le nombre d’enfants placés en vue d’une adoption, car à l’époque, cette décision relevait des tribunaux.
Pendant de nombreuses années, les espoirs des familles reposaient sur le « livre rouge » de l’ICBF – ainsi nommé en raison de sa couverture rouge – qui contient des informations sur certains enfants d’Armero. Ce livre a été déclassifié en octobre 2025 mais, de toute façon, il ne recense pas tous les enfants portés disparus.
Malgré les difficultés, quatre décennies plus tard, les familles refusent d’abandonner leurs recherches.

Source : The Washington Times.

Crédit photo : USGS

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On November 13, 1985, an eruption of the Columbia volcano Nevado del Ruiz triggered mud flows that caused what is often called the Armero tragedy on November 13, 1985. The volcano’s eruption after 69 years of dormancy caught nearby towns unprepared, even though volcanological organizations had warned the government to evacuate the area after they detected volcanic activity two months earlier.

As pyroclastic flows erupted from the volcano’s crater, the heat melted the mountain’s glaciers, sending four enormous lahars down the slopes at 50 km/h. The lahars picked up speed in gullies and engulfed the town of Armero, killing more than 20,000 of its almost 29,000 inhabitants. Casualties in other towns, particularly Chinchiná, brought the overall death toll to 23,000.

Today, some survivors of the 1985 eruption are still searching for children that were reported missing. After the eruption, the town was left uninhabited. The ensuing chaos led many children to be separated from their families, who keep searching for them 40 years later.

The Washington Times gives the testimony of parents who, on the night of the eruption, heard strange noises and left the house to see if something was wrong. They had heard on the news that the volcano was erupting, but they left their son, 5 years old at the time, sleeping at home because they thought they were far enough away from Nevado del Ruiz.

But soon the lava melted the volcano’s snow-cap and mudflows rushed down the riverbeds, generating an avalanche that rushed down the mountains. The lahar overcame the parents, overturning their car and causing them to take refuge in a tree and then a nearby house.

Theirs was destroyed, and they never saw their son again.

Years later, they learned their son’s name had been shared in an ad on TV, and received information that he was at the Colombian Institute of Family Welfare (ICBF), the agency responsible for protecting children in the country. They tried to find him at the institute’s headquarters in Bogotá but were not allowed to enter. They were asked to bring clothes and photos proving they were the boy’s family.

Years later, a friend of the parents told them that in New Orleans, a man approached her and said that his brother had adopted a child who was a victim of the Armero tragedy. They showed him a photo of their son with no result and were never able to contact this person again.

The Armando Armero Foundation, a civil society organization, has documented 580 missing children, 71 of whom were reportedly adopted. So far, they have found four of them alive after collecting DNA samples. According to this foundation, “there is no single modus operandi. You can’t just say, ‘the children were stolen solely by the ICBF,’ there are many ways. Civilians even went to Armero right after the tragedy and saw children, took them home, and welcomed them with affection.”

Forty years ago, without the same access to information as today, families searched in person at shelters and ICBF offices. After the tragedy the offices received at least 170 children from Armero, according to the records they have found. They say that they are investigating how many were given up for adoption, since at that time it was a decision made by the courts.

For many years, the families’ hopes rested on the ICBF’s “red book,” named for its red cover, which contains records of some of the children from Armero. This book was declassified in October 2025, but is not a complete record of all the children reported missing or disappeared.

Despite the challenges, after four decades, families refuse to abandon their search.

Source : The Washington Times.