Ecroulement des côtes britanniques // Collapse of the British coastline

J’ai averti à plusieurs reprises que le changement climatique entraînerait une élévation du niveau de la mer, avec des tempêtes plus violentes qui éroderaient les côtes et obligeraient certains habitants ou même certaines localités à se déplacer.

Il semble que les côtes britanniques soient particulièrement exposées à ce phénomène. En septembre 2015, une falaise du Dorset s’est effondrée de manière spectaculaire sur la plage en contrebas.

Le 13 avril 2021, un énorme pan de falaise le long de la côte du Dorset s’est effondré dans la mer. C’est le plus important effondrement observé dans la région depuis 60 ans. Voici une vidéo de l’événement filmée par un drone: https://youtu.be/_UzznbnxVlk

Des centaines de kilomètres de côtes britanniques s’effondrent en ce moment en raison de l’érosion. Le National Trust a averti que plusieurs régions côtières du Royaume-Uni seront menacées par l’érosion au cours des quatre prochaines décennies. Au cours des derniers mois, de nombreux effondrements se sont produits dans le sud-ouest de l’Angleterre. Ainsi, en novembre 2019, un gros effondrement a été observé à Eype. Dans le sud-est, une partie des célèbres falaises blanches de Douvres s’est effondrée en février 2021.

Voici une vidéo d’un autre effondrement dans le Devon en 2020: https://youtu.be/fERbWWbtewA

Le National Trust affirme que des mesures devront être prises pour protéger les sites menacés. De leur côté, les géologues expliquent que «la Grande-Bretagne rétrécit». Au fur et à mesure que les vagues viennent déferler sur le littoral, les roches s’effritent ou tombent en morceaux. Même si des glissements de terrain semblables ont été observés dans le passé, ils sont de plus en plus fréquents aujourd’hui et le changement climatique est tenu pour responsable.

Les scientifiques constatent depuis longtemps que les tempêtes en mer sont plus puissantes et plus destructrices de nos jours et que la hausse du niveau des océans provoquée par la fonte des calottes glaciaires aux pôles rend la situation encore plus inquiétante. Des milliers de personnes vivant le long des côtes britanniques ont été et seront forcées de déménager vers l’intérieur des terres.

La Grande-Bretagne ne fait pas exception. Des effondrements de falaises similaires se produisent dans le monde entier avec les mêmes causes. En novembre 2020, une vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux montrant une falaise en train de s’effondrer aux Canaries: https://youtu.be/8hpiQc0gUC0

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I have warned several times that climate change would lead to sea level rise, more extreme storms that would erode the coasts and force some local residents or even some communities to move somewhere else. It seems British coasts are particularly exposed to this phenomenon.

In September 2015, a cliff in Dorset crumbled in a dramatic fashion onto the beach below.

On April 13th, 2021, a huge portion of a cliff along Dorset’s Jurassic Coast collapsed into the sea. It was the biggest rockfall in the area in 60 years. Here is a drone view of the event:

https://youtu.be/_UzznbnxVlk

Hundreds of kilometres of British coastline are collapsing through worsening erosion. The National Trust has warned that several of the UK’s coastal regions are threatened by coastal erosion over the next four decades. In the last few months, numerous collapses have occurred in the region. In November 2019, a large rockfall hit Eype, while a part of the famous White Cliffs of Dover collapsed in February 2021. Here is a video of another collapse in Devon in 2020:

https://youtu.be/fERbWWbtewA

The National Trust warns that more action will be need to protect the threatened sites. Geologists explain that “Britain is shrinking.”. As the waves crash onto the shores, the rock is worn away or falls off in chunks.

Even if similar landslides were observed in the past, they are becoming more frequent today and climate change is held responsible. Scientists have warned for a long time that storms at sea are more powerful and more destructive these days and the rising levels of the ocean increased by the melting of the ice sheets at the poles makes the situation as the more worrying. Thousands of people along the coast of Britain have been and will be forced to move inland.

Britain is no exception. Similar cliff collapses are occurring around the world with the same causes. In November 2020, a video was released on social networks showing a cliff collapsing in the Canary Islands:

https://youtu.be/8hpiQc0gUC0

 

Les côtes françaises ne sont pas à l’abri de tels effondrements (Photo: C. Grandpey)

Manque d’étude et de surveillance des glaciers de l’Himalaya // Lack of study and monitoring of Himalayan glaciers

La récente catastrophe de l’Uttarakhand (Inde) avec des centaines de victimes a mis en lumière le manque d’étude et de surveillance des glaciers de l’Himalaya.

L’Himalaya possède le plus grand nombre de glaciers sur Terre en dehors des pôles et ils ont perdu des milliards de tonnes de glace en raison de l’accélération de leur fonte sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. Le problème est qu’il n’y a pas de véritable approche en terme de dangers. Les autorités réagissent lorsque des accidents comme celui de l’Uttarakhand se produisent, mais la plupart des glaciers présentant des risques ne sont pas surveillés.

Les glaciologues expliquent que lorsque les glaciers reculent ou s’amincissent, certains peuvent devenir dangereux. Par exemple, des pans de glace peuvent rester accrochés aux parois abruptes des montagnes et s’effondrer à tout moment.

Il est également possible que des glaciers en train de reculer ou de s’amincir déstabilisent le sol au-dessous et autour d’eux alors qu’auparavant ils le retenaient. Une telle situation peut générer des glissements de terrain, des chutes de blocs ou  de glace et même l’effondrement de pans entiers de montagnes.

Les scientifiques avertissent que de tels événements peuvent également bloquer les rivières en aval, avec des déferlements ultérieurs d’eau et de matériaux qui emportent tout sur leur passage. C’est ce qui semble s’être produit dans l’Uttarakhand.

La géographie complexe et difficile d’accès de l’Himalaya rend la surveillance des glaciers extrêmement difficile. Il y a plus de 50 000 glaciers dans l’Himalaya et dans la région de l’Hindu Kush et seuls 30 d’entre eux sont surveillés ou ont été l’objet d’études sur le terrain. Seules une quinzaine de ces études ont été publiées.

Les scientifiques expliquent que l’Himalaya est la plus jeune chaîne de montagnes du monde. Elle continue donc de croître et les séismes déstabilisent souvent les pentes des massifs. De plus, les modifications des chutes de neige et des précipitations à la suite du changement climatique rendent les montagnes plus vulnérables.

Les changements intervenus sur les glaciers à cause du réchauffement climatique aggravent la situation. Un glacier de la montagne Aru au Tibet s’est soudainement effondré en 2016 en provoquant une impressionnante avalanche de glace qui a tué neuf personnes et des centaines de têtes de bétail.

Une étude récente à propos de certaines hautes montagnes d’Asie a lié l’augmentation du nombre et de la fréquence des glissements de terrain majeurs entre 1999 et 2018 au recul des glaciers. Les auteurs de l’étude ont identifié 127 glissements de terrain de ce type entre 2009 et 2018. Les résultats de l’étude montrent une tendance à la hausse des glissements de terrain majeurs au cours de la dernière décennie. Une diminution de la superficie des glaciers correspond à l’augmentation de la superficie des glissements de terrain.

Auparavant, les roches sur les pentes des montagnes étaient maintenues en place par des glaciers. Aujourd’hui, comme il n’y a plus de glaciers, ces roches sont suspendues et représentent un danger potentiel. On peut lire dans un rapport spécial du GIEC en 2018 : « Le recul des glaciers et le dégel du pergélisol ont diminué la stabilité des pentes des montagnes et l’intégrité des infrastructures. »

La plupart des quelques études réalisées à ce jour sur les glaciers himalayens se concentrent sur l’accélération de leur fonte et sur la question de savoir si l’eau de fonte remplira les lacs glaciaires, avec des risques de crues meurtrières. Certaines des études se sont également attardées sur l’avenir des rivières alimentées par les glaciers dans la région si le recul glaciaire s’accélérait avec la hausse de la température. On reproche à ces études de s’être trop attardées sur les lacs glaciaires alors que d’autres dangers tels que les avalanches et les chutes de séracs liées à la fonte rapide des glaciers ont été laissés pour compte. Cependant, les statistiques montrent que ce sont les inondations liées à la rupture des lacs glaciaires qui ont historiquement causé plus de problèmes dans la région. Ces inondations sont une menace pour la population des vallées car elles se déclenchent sans prévenir.

Certains scientifiques affirment que les tensions entre l’Inde et ses voisins comme la Chine et le Pakistan, qui ont des frontières communes sur l’Himalaya, sont également un obstacle majeur à l’étude des glaciers de la région.

Source: La BBC.

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The recent Uttarakhand disaster in India with hundreds of victims has shed light on the lack of study and monitoring of glaciers in the Himalayas.

The Himalayas have the largest number of glaciers on Earth outside the poles and they have lost billions of tonnes of ice due to accelerated melting caused by global warming. The problem is that there is no comprehensive understanding of what actually is happening in terms of hazards. The authorities are reactive when incidents like the one in Uttarakhand happen, but most glaciers with such hazard are not monitored.

Experts say when glaciers retreat or thin out, some of them can become dangerous. For instance, in some cases, remaining ice of retreated glaciers can hang perilously on steep walls of mountains and can collapse at any time.

It is also possible that thinned or retreated glaciers can destabilise the ground below and around them which they would have otherwise buttressed. This can make the area prone to landslides, rockfall or icefall and even potentially lead to the collapse of entire mountain slopes.

Scientists say such events can also block rivers below that eventually burst, sweeping away everything in their path. This is what seems to have happened in Uttarakhand.

The difficult geography of the Himalayas makes glacier monitoring extremely challenging. There are more than 50,000 glaciers in the Himalayas and the Hindu Kush region and only 30 of them are being closely observed, including field studies. Only around 15 of those studies have been published.

Scientists say that because the Himalayas are the youngest mountain ranges in the world, they are still growing and earthquakes often destabilise their slopes.

Changing snowfall and rainfall patterns in the wake of climate change make the mountains more vulnerable. The warming-related changes in the glaciers make things worse. A glacier in Tibet’s Aru mountain suddenly collapsed in 2016 causing massive ice avalanche that killed nine people and hundreds of livestock.

A recent study of some high mountains of Asia linked the number of larger landslides and their increased frequency between 1999 and 2018 to the retreat of glaciers. The authors of the study identified 127 such landslides between 2009 and 2018. The results of the study show an increasing trend of large landslides over the last decade.

A decline in glacier area is associated with the increase in landslide area. Before, the rocks on the mountain slopes were glued by glaciers. Now, if there are no glaciers, those rocks are hanging and that is a potential danger. A special report by the IPCC in 2018 said: « Glacier retreat and permafrost thaw have decreased the stability of mountain slopes and integrity of infrastructure. »

Of the limited studies on Himalayan glaciers to date, most are focused on their accelerated melting and whether that will dangerously fill up glacial lakes, causing them to burst. Some of the studies have also looked into what could happen to glacier-fed rivers in the region if glacial retreat accelerated with rising temperature.

Critics say glacial lakes have received all the attention while other hazards like avalanches and icefalls associated with fast-melting glaciers have been ignored. However, statistics show that glacial-lake related floods have historically caused more problems in the region. As these floods can affect people without warning far from the glacier themselves, it makes this particular hazard very dangerous.

Some experts say tension between India and its neighbours like China and Pakistan, that share borders in the Himalayas, has also been a major obstacle to studying glaciers in the region..

Source : The BBC.

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source : NASA)

Catastrophes glaciaires // Glacial disasters

Le réchauffement climatique augmente le risque d’effondrements catastrophiques de glaciers. L’eau de fonte générée par des étés plus chauds constitue une réelle menace. Un exemple de ce phénomène est survenu en 2013 avec l’effondrement soudain d’un pan de 500 mètres de long sur le glacier de Flat Creek en Alaska. Les blocs de glace sont tombés en cascade dans une vallée heureusement déserte dans le Parc National de Wrangell-St Elias. Les sercices du Parc font remarquer qu’un événement semblable s’est produit au même endroit deux ans plus tard.
Personne n’a été blessé au cours de ces effondrements glaciaires en Alaska, mais des événements semblables ont été observés dans des régions moins isolées au cours des deux dernières décennies, avec des morts à la clé. Quelque 140 personnes ont été tuées et un village entier a été englouti en 2002 lorsque des masses de glace se sont détachées du glacier Kolka  dans la région d’Ossétie du Nord (Russie). En juillet 2016, un amas de glace et de roches s’est détaché du glacier Aru et a parcouru une vallée étroite du Tibet, tuant neuf bergers et des centaines de moutons et de yaks.
Une étude publiée par les chercheurs du l’Université de Colorado à Boulder dans la revue Geology a révélé que les deux effondrements glaciaires en Alaska se sont produits au plus fort de la saison de fonte estivale. Cela laisse penser que ces événements hautement destructeurs pourraient se produire plus fréquemment avec le réchauffement climatique.
Un projet de recherche a été lancé pour étudier ce qui s’est passé à Flat Creek. Pour ce faire, les scientifiques ont utilisé différents outils comme l’imagerie satellite, les mesures sur le terrain, les modèles numériques de variations de niveau et la modélisation des eaux de fonte. Les images satellitaires haute résolution collectées il y a dix ans montrent qu’un gonflement anormal de 70 mètres de hauteur était présent sur la langue du glacier avant le premier effondrement de 2013. La partie inférieure de la langue glaciaire était très mince et collée par le gel sur le soubassement du glacier. Cette langue gelée a probablement bloqué la glace en provenance de la partie supérieure du glacier, ce qui a provoqué le gonflement. Cela a également ralenti l’évacuation de l’eau de fonte qui s’est accumulée sous le glacier. L’augmentation de pression de cette eau accumulée sous le glacier a provoqué la rupture soudaine de la langue, avec deux très importantes masses de matériaux qui ont recouvert chacune environ trois kilomètres carrés de forêts vieilles de 400 ans.
La ressemblance entre les effondrements glaciaires en Alaska et au Tibet montre qu’ils sint dus une cause commune. D’autres effondrements ont été observés ailleurs dans le monde. Cela montre bien que de telles phénomènes pourraient se produire de plus en plus fréquemment à cause du réchauffement climatique.
Source: The Independent.

En France, au-dessus de Saint-Gervais (Haute-Savoie), le glacier de Tête Rousse fait partie de ces glaciers dont le comportement peut être catastrophique. En 2010, on a découvert une énorme poche d’eau sous la glace, à 3200 mètres d’altitude. Les autorités ont alors décidé de mettre en place une spectaculaire opération de pompage pour éviter une catastrophe. Tout le monde avait en tête le drame du 12 juillet 1892 quand la rupture d’une poche glaciaire avait entraîné une gigantesque vague de 300 000 mètres cubes qui avait enseveli les thermes de Saint-Gervais et fait au moins 175 victimes.

Depuis 2010, le glacier de Tête Rousse est placé sous haute surveillance. Avec le réchauffement climatique, on sait que la fonte de la glace s’est accélérée. On a récemment décelé la présence de deux nouvelles poches d’eau, à une profondeur plus grande que prévu. L’une aurait un volume de 20 à 25 000 mètres cubes, l’autre de près de 15 000, soit un volume total d’environ 40 000 mètres cubes.. C’est moins que les 65 000 mètres cubes de 2010, mais c’est suffisant pour que la menace soit prise très au sérieux. Le maire de St Gervais estime aujourd’hui que 2300 personnes pourraient mourir en cas de nouvelle déferlante provoquée par la vidange brutale de la poche d’eau glaciaire. En 2010, grâce aux opérations de pompage,, le volume d’eau présent dans la cavité avait été ramené à 10.000 m3. Aujourd’hui, de nouvelles mesures sont en train d’être prises pour éviter que l’eau continue de s’accumuler.

Si la fonte et le recul des glaciers vous intéressent, je vous conseille fortement de regarder l’émission très pédagogique de C’est pas sorcier réalisée en 2006 et consacrée à ce sujet. Jamy Gourmaud et Frédéric Courant y expliquent parfaitement cette libération de poches d’eau sous-glaciaires.

https://www.youtube.com/watch?v=7Oymnk-hPk0

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With global warming, there is an increasing the risk of catastrophic glacier detachments. Meltwater generated by warmer summers is posing a new threat. An example of this pnenomenon is the 500-metre-long slab of the Flat Creek glacier (Alaska) broke off suddenly in August 2013 and cascaded down a mountain valley in the remote Wrangell-St. Elias National Park and Preserve. A similar event was documented at the same location two years later by the National Park Service.

No one was hurt in either of the ice surges in Alaska, but similar glacier detachments in less remote areas in the last two decades have been deadly. Some 140 people were killed when masses of ice broke loose from the Kolka glacier and buried an entire village in Russia’s North Ossetia region in 2002. In July 2016, a wall of ice and rocks from the Aru glacier gushed down a narrow valley in Tibet, killing nine herders and hundreds of sheep and yaks.

A study published by the Colorado Boulder researchers in the journal Geology found both Alaskan detachments occurred at the height of the summer melt seasons and suggests these highly destructive events could occur more frequently with global warming.

A research project was launched to investigate what had happened at Flat Creek. Scientists used a variety of tools, including satellite imagery, field measurements, digital elevation models, and meltwater modelling, to piece together what happened. Ten-year-old, high-resolution satellite images showed that an unusual, 70-metre-high ice bulge existed on the glacier’s tongue prior to the first detachment in 2013. The lowermost part of the glacier tongue was very thin, stagnant, and firmly frozen to the glacier bed. This frozen tongue probably blocked ice flowing down from higher on the glacier, forcing it to bulge; it also slowed meltwater drainage, allowing the water to pool under the glacier. The resulting increase in water pressure under the glacier eventually caused the tongue to suddenly detach, resulting in two mass flows so large that they each buried about three square kilometres of 400-year-old forest.

The similarity of the glacier detachments in Alaska and Tibet suggest they shared a common cause. Other detachments elsewhere in the world have also been discovered, suggesting that large-scale glacier detachments may be exacerbated by global warming.

Source: The Independent.

In France, above Saint-Gervais (Haute-Savoie), the Tête Rousse glacier is one of this type of glacier. In 2010, a huge pocket of water was discovered under the ice, at an altitude of 3,200 meters. The authorities then decided to set up a spectacular pumping operation to avoid a disaster. Everyone had in mind the drama of July 12, 1892 when the rupture of a glacial pocket had led to a gigantic wave of 300,000 cubic meters which had buried the thermal baths of Saint-Gervais and claimed at least 175 victims.
Since 2010, the Tête Rousse glacier has been under close surveillance. With global warming, we know that the melting of the ice has accelerated. Two new pockets of water have recently been detected at a depth greater than expected. One would have a volume of 20 to 25,000 cubic meters, the other nearly 15,000, for a total volume of around 40,000 cubic meters. This is less than the 65,000 cubic meters of 2010, but it is enough for the threat to be taken very seriously. The mayor of St Gervais estimates today that 2300 people could die in the event of a new wave caused by the brutal emptying of the ice pack. In 2010, thanks to pumping operations, the volume of water present in the cavity was reduced to 10,000 m3. Today, new measures must be taken to prevent water from continuing to accumulate.

Schéma  expliquant le processus de la catastrophe du 12 juillet 1892 à Saint Gervais (Source : Joseph Vallot).

Vues du front du glacier d’Argentière en 2018, à comparer avec les imagess proposées par C’est pas sorcier en 2006. (Photos : C. Grandpey)

L’effondrement des Alpes // The collapse of the Alps

J’ai déjà rédigé plusieurs notes à propos des effondrements que l’on observe depuis plusieurs années dans les Alpes. A la différence de certains journalistes climato-sceptiques, je n’hésiterai pas une seconde à montrer du doigt le responsable de ces événements : le réchauffement climatique dont est victime notre planète. Les deux épisodes caniculaires qui se sont enchaînés depuis la fin du mois de juin ont eu un effet dévastateur.

J’ai expliqué pourquoi ces effondrements se produisent. Avec la hausse des températures, le permafrost de roche qui sert de ciment et assure la stabilité des parois est en train de fondre à une vitesse incroyable de sorte que des pans entiers de montagne s’effondrent dans les vallées avec parfois des conséquences dramatiques. Facteur aggravant, les fortes chaleurs sont arrivées très tôt en 2019. Fin juin, on a relevé une température de 6,9°C 50 mètres en dessous du sommet du mont Blanc. Du jamais vu. Un record absolu.
Dans le massif du Mont-Blanc, près de 70 éboulements ont été recensés jusqu’à présent sur l’année 2019. Ils font suite à ceux observée en 2018, comme l’effondrement d’une section de l’Arête des Cosmiques le 22 août 2018, pas très loin de l’Aiguille du Midi. Que ce soit au Mont Maudit, sous l’Aiguille des Deux Aigles, ou à la Tour Ronde, les éboulements s’enchaînent à un rythme effréné. Il est évident que les alpinistes doivent redoubler de prudence et être très vigilants pendant leurs courses
Il ne faudrait pas oublier, non plus, que ces matériaux qui s’accumulent au pied des parois sont particulièrement instables et risquent d’être emportés vers l’aval à l’occasion de très fortes intempéries. Le village de Chamoson dans le Valais suisse en sait quelque chose. En l’espace d’une année, une lave torrentielle a déferlé à deux reprises sur la commune. Le 7 août 2018, le torrent Saint-André a craché 20 000 mètres cubes de boue et causé près de 500 000 francs de dégâts. Les experts évoquaient alors une crue centennale. Le problème, c’est que le 11 août 2019 une lava torrentielle identique s’est engouffrée dans le lit de la Losentze. Elle a coûté la vie à un Genevois de 37 ans et une fillette de 6 ans.

Habituellement, le mois d’août est la période où les éboulements sont les plus fréquents au Mont-Blanc en raison de la chaleur qui s’installe, mais ce qui est prévu pour les années à venir aura une autre ampleur. On s’attend à des chutes de plusieurs centaines ou milliers de mètres cubes en automne et en hiver à cause des conditions climatiques actuelles.

Même si les éboulements sont moins violents habituellement au cœur de l’été, ils ont déjà causé la mort de deux alpinistes suisses le 22 juillet 2019.Un guide et son client ont été emportés par un éboulement à 4.300 mètres d’altitude sur le Cervin en Suisse.
D’autres témoignages d’alpinistes dans les Alpes font froid dans le dos. Il est fait état d’une chute de pierres subite depuis la célèbre arête de Kuffner, dans le secteur du Cirque Maudit. D’énormes éboulements se sont également produits sur la face Nord de la Tour Ronde et sur de nombreux couloirs du Mont-Blanc du Tacul, de jour comme de nuit. Des éboulements s’étaient déjà enchaînés lors de la canicule de 2003, mais rien de comparable à cette année.
La température des glaces augmente de 0,1°C par an dans le massif du Mont-Blanc, soit plus rapidement que la température de l’air. Les montagnes vont donc dégeler progressivement dans les Alpes. Les premiers concernés, les guides de haute montagne, voient déjà les changements qui s’opèrent d’année en année. Beaucoup pensent que la pratique du métier doit changer pour s’adapter aux mutations de la montagne. Comme je l’ai déjà indiqué,  parmi « Les Cent plus belles courses » recensées dans les années 1970 par Gaston Rebuffat dans le massif du Mont-Blanc, la plupart n’ont plus leur visage d’antan : 93 sont affectées par les effets du changement climatique, dont 26 très affectées, et trois d’entre elles n’existent plus.

Source : France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Le Nouvelliste.

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 I have already written several posts about the collapse that has been observed for several years in the Alps. Unlike some climate-skeptical journalists, I will not hesitate one second to point the finger at the culprit of these events: the global warming of our planet. The two heat waves that have been observed since the end of June have had a devastating effect.
I explained oreviously why these collapses occur. With rising temperatures, the rock permafrost that serves as a cement and ensures the stability of the walls is melting at an incredible speed so that whole sections of mountains collapse in the valleys with sometimes dramatic consequences. As an aggravating factor, the hot weather arrived very early in 2019. At the end of June, a temperature of 6.9°C was recorded 50 metres below the summit of Mont Blanc. Never seen before. An absolute record.
In the Mont-Blanc massif, nearly 70 landslides have been recorded so far in 2019. They follow those observed in 2018, as the collapse of a section of L’Arête des Cosmiques on 22 August 2018, not far from the Aiguille du Midi. Whether at Mont Maudit, under the Aiguille des Deux Aigles, or at the Tour Ronde, landslides are occurring at a frantic pace. Mountaineers must be extra careful during their races
It should not be forgotten, either, that these materials that accumulate at the foot of the walls are particularly unstable and may be carried downstream during very severe weather. The village of Chamoson in the Swiss Valais has been confronted with such events. In the space of a year, a torrential lava has swept twice on the municipality. On August 7th, 2018, the Saint-André stream poured 20,000 cubic metres of mud and caused nearly 500,000 francs in damages. The experts then evoked a centennial flood. The problem is that on August 11th, 2019 an identical torrential lava rushed into the bed of the Losentze River. It cost the life of a 37-year-old Genevois and a 6-year-old girl.
Usually, the month of August is the time when landslides are the most frequent in Mont Blanc due to the heat that settles, but what is planned for the coming years will have another magnitude. Collapses of several hundred or thousands of cubic metres are expected in autumn and winter due to current weather conditions.
Although the landslides are less violent usually in the heart of summer, they have already caused the death of two Swiss mountaineers on July 22nd, 2019. A guide and his client were swept away by a landslide at 4.300 metres above sea level on the Matterhorn in Switzerland.
Other alpinists’ testimonies in the Alps are cold in the back. There is a report of a sudden rock fall from the famous Kuffner Ridge in the Cirque Maudit area. Huge landslides also occurred on the north face of the Tour Ronde and on many corridors of the Mont-Blanc du Tacul, day and night. Rockfalls had already been observed during the heat wave of 2003, but nothing comparable to this year.
The temperature of the ice increases by 0.1°C per year in the Mont-Blanc massif, faster than the temperature of the air. The mountains will gradually thaw in the Alps. The first concerned, the high mountain guides, already see the changes that occur from year to year. Many believe that the practice of the profession must change to adapt to the changes in the mountain. As I have already mentioned, among « The hundred most beautiful races » recorded in the 1970s by Gaston Rebuffat in the Mont-Blanc massif, most are different from the old days: 93 are affected by the effects climate change, of which 26 are highly affected, and three of them no longer exist.
Source: France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Le Nouvelliste.

Alpes: Les glaciers fondent, les montagnes s’écroulent (Photo: C. Grandpey)

Merapi (Indonésie)

Le dôme de lave du Merapi continue de croître et a atteint un volume estimé à 453 000 mètres cubes le 16 janvier 2019, avec une vitesse de croissance de 2 300 mètres cubes par jour. Il existe de nombreux effondrements qui déclenchent des chutes de blocs incandescents.
Le niveau d’alerte du Merapi est maintenu à 2, sur une échelle à quatre niveaux. Les habitants doivent éviter de mener des activités dans un rayon de trois kilomètres du sommet.
Source: Antara News.

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The lava dome of Mount Merapi keeps growing and has now reached a volume estimated at 453,000 cubic metres on January 16th, 2019, with the growth rate of 2,300 cubic metres per day. There are numerous dome collapses that trigger incandescent rockfalls.

The alert level for Mt Merapi is kept at 2, on a four-level scale. Residents should avoid conducting activities within a three-kilometre radius of the summit.

Source: Antara News.

Source: BPPTKG

Effondrements dans les Alpes // Collapses in the Alps

Les Alpes s’effondrent. Cette affirmation peut paraître exagérée, mais elle ne l’est pas tant que ça. Depuis quelques années, on observe une augmentation inquiétante des éboulements dans nos montagnes, qu’elles soient françaises, suisses ou italiennes. Les glaciers fondent à vue d’œil, mais ce sont les chutes de blocs ou de parois rocheuses entières qui inquiètent le plus les alpinistes.

Le dernier événement de la sorte a eu lieu le 22 août 2018 avec l’effondrement d’un pan entier de l’Arête des Cosmiques, à proximité de l’Aiguille du Midi.

Il ne faudrait pas oublier non plus l’énorme masse de glace qui s’est détachée du glacier de Charpoua, sur la face Sud-Est de l’Aiguille Verte, le 9 septembre 2018.

Avec la fonte de la neige et du permafrost de roche, certains itinéraires glaciaires comme le couloir du Goûter, qui permet d’accéder au Mont-Blanc, sont de moins en moins enneigés en période estivale, ce qui favorise les chutes de pierres. Les statistiques montrent que les dérochements sont responsables de 29 % des accidents, souvent mortels. .

Au cours des dernières années, l’effondrement le plus spectaculaire des Alpes françaises fut celui du pilier Bonatti en 2005. Cette paroi verticale de 1 000 mètres de hauteur était un des symboles de l’alpinisme de haute difficulté. Elle s’est effondrée en quatre fois entre le 29 et le 30 juin 2005. 292 000 m3 de roche sont tombés, soit l’équivalent de cinq fois l’Arc de Triomphe !

Plus récemment, le 24 août 2017, l’effondrement du Piz Cengalo en Suisse a provoqué la mort de huit alpinistes et randonneurs (voir ma note du 29 août 2017). Plus de trois millions de mètres cubes se sont décrochés. Quand cette masse de roche est tombée sur le glacier juste en dessous, il s’est liquéfié. Cela a provoqué une avalanche rocheuse puis une coulée de boue – aussi appelée lave torrentielle – qui a parcouru six kilomètres et a envahi le village de Bondo. Heureusement, grâce à un système d’alerte mis en place par les autorités suisses, la population a pu être évacuée à temps. Selon le service sismologique suisse, les vibrations causées par cet effondrement équivalaient à un séisme de magnitude 3.

Selon les guides de haute montagne de Chamonix, l’alpinisme tel qu’on le pratiquait il y a trente ans n’existe plus. Les courses imaginées en 1973 par Gaston Rebuffat sont devenues plus difficiles ou beaucoup plus dangereuses. Certaines sont même devenues impraticables en été car les parois ne sont plus englacées et enneigées et il n’est plus possible d’escalader le rocher mis à nu.

La situation ne semble pas en voie d’amélioration. Les températures continuent d’augmenter ; la glace et la neige désertent les sommets. De nouveaux effondrements sont donc à craindre, en espérant qu’ils n’emporteront pas avec eux les alpinistes en train d’escalader les parois.

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The Alps are collapsing. This statement may seem exaggerated, but it is not. In recent years, there has been a worrying increase in landslides in our mountains, whether French, Swiss or Italian. The glaciers are melting, but it is the rockfalls and the collapse of entire rock faces that worry mountaineers most.
The last event of this kind took place on August 22nd, 2018 with the collapse of an entire section of the Arête des Cosmiques (Cosmic Ridge), near the Aiguille du Midi.
We should not forget either the huge mass of ice that broke away from the Charpoua glacier, on the south-east face of the Aiguille Verte, on September 9th, 2018.
With the melting of snow and rock permafrost, some glacier routes such as the Couloir du Goûter, which provides access to Mont-Blanc, are becoming less snow-covered during the summer months, which favours falling rocks. Statistics show that such rockfalls are responsible for 29% of accidents, often fatal. .
In recent years, the most spectacular collapse in the French Alps was that of the Bonatti pillar in 2005. This vertical wall , 1,000 metres high, was one of the symbols of high difficulty mountaineering. It collapsed four times between 29 and 30 June 2005. 292 000 cubic metres of rock fell, the equivalent of five times the Arc de Triomphe!
More recently, on August 24th, 2017, the collapse of Piz Cengalo in Switzerland caused the death of eight mountaineers and hikers (see my note of August 29th, 2017). More than three million cubic metres were broke loose. When this mass of rock fell on the glacier just below, it liquefied. This caused a rocky avalanche and then a mudslide – also called torrential lava – which travelled six kilometres and invaded the village of Bondo. Fortunately, thanks to an alert system set up by the Swiss authorities, the population was evacuated in time. According to the Swiss Seismological Service, the vibrations caused by this collapse amounted to an earthquake of magnitude 3.
According to the mountain guides of Chamonix, mountaineering as it was practiced thirty years ago can no longer be performed. The itineraries imagined in 1973 by Gaston Rebuffat have become more difficult or much more dangerous. Some have even become impassable in summer because the walls are no longer covered with ice and snow and it is no longer possible to climb the rock which is now exposed.
The situation does not seem to be improving. Temperatures continue to rise; ice and snow desert the peaks. New collapses are therefore to be feared, hoping that they will not take with them mountaineers climbing the walls.

Glacier Blanc dans les Hautes Alpes (Photo: C. Grandpey)

L’éruption du Kilauea (Hawaii) bat des records // The Kilauea eruption (Hawaii) is breaking records

L’éruption du Kilauea continue d’étonner les volcanologues car la quantité de lave émise depuis le 3 mai 2018 éclipse des événements similaires dans l’histoire récente du volcan. Au cours de l’éruption actuelle, il a produit un volume estimé à environ 145 millions de mètres cubes de lave en 47 jours. En comparaison, il a émis 81 millions de mètres cubes d’un lors d’une éruption qui a duré 88 jours en 1955 et 122 millions de mètres cubes pendant une éruption de 37 jours en 1960. Il ne semble pas que l’éruption actuelle ait envie de ralentir.

Au sommet du Kilauea, le cratère de Halema’uma’u a doublé de taille entre le début de l’éruption et le 13 juin. Les effondrements réguliers de la lèvre et des parois du cratère augmentent son volume à raison de 14 millions de mètres cubes par jour. Les bords s’effondrent en moyenne jusqu’à près de 90 mètres de profondeur à chaque séisme et explosion.
Les scientifiques de l’USGS surveillent de près le chenal dans lequel la lave s’écoule vers l’océan à partir de la Fracture n° 8. Avec les petits débordements, les parois du chenal durcissent et prennent de la hauteur. Elles atteignent actuellement 15 à 18 mètres au-dessus du sol. Un débordement plus significatif a récemment été observé à proximité de Pohoiki Road, mais il n’a duré que quelques heures et la lave n’est pas allée loin. La question à plus long terme est de savoir si les parois du chenal résisteront à la pression de la lave et l’empêcheront de se déverser dans la zone environnante.
Selon la protection Civile, le dernier recensement des habitations détruites par la lave s’élève à 577. La vérification s’est faite en comparant les dossiers fiscaux fonciers et les relevés aériens. Le recensement continue.
Source: USGS / HVO, Protection Civile.

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The Kilauea eruption continues to astound volcanologists as its output since May 3rd, 2018 has eclipsed similar events in recent history. It has put forth an estimated 145 million cubic metres of lava over 47 days. That compares with 81 million cubic metres from an 88-day event in 1955 and 122 million cubic metres from a 37-day eruption in 1960. And it doesn’t look like the eruption is slowing down whatsoever.

At the Kilauea summit, Halema’uma’u Crater had doubled in size as of June 13th. Regular collapses of the crater rim are expanding its volume at a rate of 14 million cubic metres per day. The edges have slumped down almost 90 metres dropping with each earthquake and explosive event.

USGS scientists are keeping a close watch on the channel of lava flowing to the ocean from fissure 8. As lava dribbles over the edges and hardens, the channel has been rising and now stands about 15 to 18 metres above the ground. An overflow recently occurred adjacent to Pohoiki Road, but it lasted only a few hours and did not travel far. A longer-term concern is if the channel levees fail, allowing lava to pour out onto the surrounding area.

The latest count of dwellings destroyed by lava is at 577, according to Civil Defense. Those are the homes that have been verified by matching real property tax records with aerial surveys, which are ongoing.

Source : USGS / HVO, Civil Defense.

Vue du site de l’éruption le 19 juin 2018. On aperçoit au fond la fracture 18 qui donne naissance à la coulée de lave bien canalisée. On aperçoit également les petits débordements sur les parois du chenal. Il faut espérer qu’elles résistent à la poussée de la lave. (Crédit photo: USGS)