Quelques détails supplémentaires sur l’éruption du Mayon // Some more details on Mayon’s eruption

13 heures: Dans un bulletin publié à 08h00 le 22 janvier  2018, PHILVOCS indiquait que l’émission de lave au sommet et des effondrements caractérisaient l’activité éruptive du Mayon au cours des dernières 24 heures. L’activité strombolienne observée à 22h45 et 02h25 générait des fontaines de lave de 500 et 200 mètres, ainsi que des panaches de cendre qui s’élevaient à 1300 mètres au-dessus du sommet. Les fontaines de lave étaient le signe d’une intensification de l’éruption ; la lave continuait à alimenter la coulée dans la ravine Miisi ainsi que deux nouvelles coulées dans la ravine Bonga et la zone de Buyuan. Les chutes de blocs étaient dues à des effondrements sur le front de coulée et sur les bordures, mais aussi à des effondrements du dôme sommital dans la ravine Bonga. La coulée de lave dans la ravine Miisi avançait sur plus de trois kilomètres par rapport au cratère et restait à l’intérieur de la zone de sécurité. Pendant la nuit, on avait observé une incandescence au niveau du cratère et le long de la ravine Miisi. Les émissions de SO2 atteignaient en moyenne 689 tonnes / jour le 21 janvier 2018.
Changement de décor quelques heures plus tard ! Dans un bulletin diffusé à 13h00 le 22 janvier 2018, le PHILVOCS indique que l’on observe « une augmentation de l’activité sismique sur le Mayon, des fontaines de lave et des explosions au sommet du volcan. Dans ce contexte, le PHIVOLCS élève le niveau d’alerte de 3 (tendance accrue vers une éruption dangereuse) à  4 (éruption dangereuse imminente). Pour cette raison, la zone de danger est étendue à un rayon de 8 kilomètres du sommet. »

Selon les dernières dépêches, la colonne de cendre est montée jusqu’à à 7,6 km. D’importantes retombées de cendre ont été signalées dans les localités autour du volcan et jusqu’à la ville de Ligao, à environ 35 km de Legazpi. Une visibilité nulle a été signalée dans plusieurs localités où les habitants sont invités à porter des masques et à rester à l’intérieur. Les cours ont été suspendus dans toutes les écoles publiques et privées de la province. L’éruption a duré environ 8 minutes et a généré des coulées pyroclastiques vers les villes de Camalig et de Guinobatan au sud-ouest du volcan.

Plusieurs vidéos et photos de l’eruption se trouvent à cette adresse :

https://watchers.news/2018/01/22/powerful-eruption-at-mayon-volcano-heavy-ashfall-and-zero-visibility-alert-level-4/

Sources : PHILVOCS, The Watchers.

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20h00: Les écoles restent fermées jusqu’à nouvel ordre dans six villes de la province de Camarines Sur. De très nombreuses localités ont subi des retombées de cendre du Mayon quand les colonnes de cendre ont atteint une dizaine de kilomètres de hauteur à 12h45.
Tous les vols à destination et en provenance de Naga City ont été annulés ce lundi. L’aéroport de Legazpi a été fermé jusqu’à nouvel ordre. La décision est effective à partir de 12h06 le 22 janvier jusqu’à 9 heures le 23 janvier. Il est conseillé aux pilotes volant à proximité du Mayon d’être extrêmement prudents, car la cendre provenant de l’éruption volcanique peuvent être dangereuses pour les avions.
Source: Inquirer.net.

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13:00: In a bulletin released at 8:00 a.m. on January 22nd 2018, PHILVOCS indicated that “lava eruption from the summit and lava collapse events characterized Mayon Volcano’s eruptive activity in the past 24 hours.” Strombolian activity at 10:45 PM and 2:25 AM generated 500 metre- to 200 metre- high lava fountains, respectively, and ash plumes that rose 1,300 meters above the summit. […]  The lava fountains signified an increase in mass eruption rate, as lava was observed to be flowing more voluminously than before, feeding the advancing Miisi lava flow anew and feeding two new lava flows on the Bonga Gully and upper Buyuan watershed. Rockfall events were generated by the collapsing lava front and margins of the advancing lava flow and by shedding from the summit dome onto the Bonga Gully. Currently, the Miisi lava flow has advanced beyond three kilometres from the summit crater well within the Permanent Danger Zone (PDZ). During night time, crater glow with incandescent rock flow along Miisi gully was observed. SO2 emission was measured at an average of 689 tonnes/day on January 21st, 2018.

Sudden change a few hours later! In a bulletin released at 1:00 p.m. on January 22nd 2018, PHILVOCS indicates “Mayon Volcano has been exhibiting increased seismic unrest, lava fountaining and summit explosions. In view thereof, PHIVOLCS is raising the Alert Level of Mayon Volcano from Alert 3 (increased tendency to hazardous eruption) to Alert Level 4 (hazardous eruption imminent). Because of this, the Danger Zone is extended to 8 kilometers radius from the summit vent.”

According to the latest news reports, the ash column of   rose up to 7.6 km Heavy ashfall was reported in communities around the volcano and as far as Ligao City, some 35 km from Legazpi City. Zero visibility has been reported in several municipalities where residents are advised to wear their face masks and to stay indoors. Classes in all public and private schools across the entire province have been suspended. The eruption lasted about 8 minutes and generated pyroclastic flows towards Camalig and Guinobatan towns southwest of the volcano.

Several videos and photos of the eruption can be seen at this address:

https://watchers.news/2018/01/22/powerful-eruption-at-mayon-volcano-heavy-ashfall-and-zero-visibility-alert-level-4/

Sources : PHILVOCS, The Watchers.

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20:00: Classes will remain suspended “until lifted by a subsequent memorandum” in six towns in Camarines Sur. Many municipalities were affected by the ashfall from Mayon when the volcano emitted 10-kilometer high ash columns at 12:45 p.m.

All flights to and from Naga City were cancelled on Monday. Legazpi Airport has been temporarily shut down until further notice. The decision is effective from 12:06 p.m. on January 22nd until 9 a.m. on January 23rd. Pilots flying near the area are advised to exercise extreme caution as ash from volcanic eruption can be hazardous to the aircraft.

Source: Inquirer.net.

Crédit photo: Wikipedia

Nouvel effondrement dans le cratère de l’Halema’uma’u (Hawaii) // New rockfall within Halema’uma’u Crater (Hawaii)

Le 19 janvier 2018 dans la matinée, un effondrement partiel d’une paroi du cratère de l’Halema’uma’u a déclanché une brève explosion avec des projections qui ont recouvert toute la zone autour de l’ancienne plateforme d’observation du cratère. Des blocs d’une trentaine de centimètres de diamètre sont retombés jusque sur le parking de l’Halema’uma’u. Avant l’effondrement, le lac de lave se trouvait à 39 mètres sous la lèvre du cratère et son niveau a chuté pendant les heures suivantes. Une courte vidéo de l’événement du 19 janvier est accessible à cette adresse:
https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-1846.mp4

Il est bon de rappeler que tout le sommet du Kilauea est interdit au public. Le Parc est actuellement fermé en raison du « shutdown » gouvernemental.

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On January 19th 2018 in the morning, a rockfall from the wall of Halema’uma’u crater plunged into the lava lake producing a short-lived explosion of spatter and wallrock that blanketed an area around the former visitor overlook. Spatter up to about 30 cm in size  fell as far as the Halema’uma’u parking lot. Before the rockfall, the lava lake was 39 metres below the crater floor and the level dropped during the following hours. A short video of the 19 January event can be found here:

https://volcanoes.usgs.gov/observatories/hvo/multimedia_uploads/multimediaFile-1846.mp4

It is worth remembering that the whole summit of Kilauea is forbidden to the public. The Park is currently closed due to the government shutdown.

Photo: C. Grandpey

Mayon (Philippines): Hausse du niveau d’alerte // The alert level has been raised

Le PHILVOCS vient de faire passer le niveau d’alerte du Mayon à 4 (éruption dangereuse imminente) après que le volcan ait émis un panache de 10 km de hauteur le 22 janvier 2018 à 12h45. La zone de sécurité a été élargie à 8 km autour du volcan, au lieu de 7 précédemment. Les personnes vivant dans le kilomètre supplémentaire ont été immédiatement évacuées par les autorités locales.

Source : Inquirer.net.

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PHILVOCS raised the alert level to 4 (hazardous eruption imminent) over Mayon volcano after it belched out a 10-kilometer high ash column at 12:45 p.m. on Monday. The danger zone has been extended to 8 kilometres all around the volcano. Evacuation of residents within the additional kilometre radius was immediately instigated by local government units.

Source : Inquirer.net.

Crédit photo: Wikipedia

Evénements climatiques extrêmes en 2017 // Extreme weather events in 2017

Selon les agences météorologiques, 2017 a été la deuxième ou troisième année la plus chaude de l’histoire et, sans aucun doute, la plus chaude sans l’influence d’El Niño. 2017 a également été remarquable par le nombre de phénomènes climatiques extrêmes. Ainsi, l’année s’est achevée sur un typhon meurtrier en Inde et une vague de froid sans précédent aux Etats-Unis qui viennent s’ajouter à d’autres phénomènes météorologiques très intenses survenus ailleurs dans le monde.

Des événements d’une intensité extrême ont été observés dans la seconde moitié de l’année 2017.

Alors que les moussons les plus violentes de ces deux dernières décennies ont fait en août près d’un millier de morts au Népal, au Bangladesh et en Inde, un épisode d’inondations sans précédent a plongé le Sierra Leone dans le chaos, avec plus de 400 morts et 600 disparus.

C’est surtout dans l’Atlantique que la saison cyclonique a été exceptionnelle, avec l’ouragan Harvey, le plus violent des quinze dernières années aux Etats-Unis, suivi de près par Irma qui a balayé les Caraïbes et s’est maintenu en catégorie 5 – la plus sévère – pendant une période record. Un autre ouragan de catégorie 5, Maria, a dévasté quelques jours plus tard la Dominique et les Iles Vierges. Jamais un tel enchaînement ne s’était produit dans l’Atlantique Nord.

L’histoire se souviendra que l’année où Donald Trump a décidé de se retirer de l’accord de Paris sur le climat fut aussi l’une des années les plus extrêmes sur le plan climatique pour les Etats-Unis. 2017 s’est ouverte sur l’un des pires épisodes hivernaux de tornades de son histoire, puis la fin de l’été a été marquée par le passage dévastateur de trois ouragans (Harvey, Irma et Maria), alors même qu’aucun ouragan majeur n’avait touché terre aux Etats-Unis depuis 12 ans ! Puis ce fut au tour des incendies de ravager la Californie, les pires depuis 80 ans, avant que l’année ne se termine par une vague de froid inédite, avec des températures de -40°C enregistrées près de la frontière canadienne !

Moins médiatisées et pourtant bien plus menaçantes que toutes les autres catastrophes réunies, la sécheresse et la famine qu’elle entraîne ont fait rage cette année dans la Corne de l’Afrique. Les régions centrales de la Somalie ont connu leur pire déficit de pluie depuis 35 ans.

Le coût cumulé de cette succession de fléaux atteint 306 milliards de dollars, selon l’assureur Swiss Re, contre 188 milliards en 2016 et 90 milliards en 2015 ! Si ces chiffres se confirment, 2017 sera la troisième année la plus chère de l’histoire en termes de catastrophes naturelles, alors même qu’aucun cataclysme majeur n’a eu lieu !

Toutes les catastrophes naturelles ne sont pas liées au réchauffement climatique. C’est notamment le cas pour les événements géophysiques comme les séismes. Malgré tout, certains désastres, et notamment ceux qui ont marqué 2017, portent la marque du dérèglement climatique. C’est le cas de la sécheresse et des feux de forêt qui naissent souvent d’impacts de foudre et durent d’autant plus longtemps que les saisons sèches s’allongent. Quant aux ouragans, leur gestation est encore largement méconnue, mais l’augmentation des températures de l’atmosphère et de la surface des océans ne peut qu’accroître la puissance des cyclones tropicaux. De la même manière, la montée du niveau des océans décuple les ravages causés par l’onde de tempête au passage de ces événements majeurs.

Grâce à son climat tempéré, l’Europe est généralement protégée de ces fléaux. Pourtant, l’une des plus incontestables catastrophes liées au réchauffement climatique s’est déroulée à la fin du mois d’août, en Suisse. Deux glissements de terrain successifs, causés par le dégel du permafrost, ont causé la mort de huit personnes ! Dans ce pays, comme ailleurs dans les Alpes, les glaciers fondent à une vitesse impressionnante. Tout va bien !

Source : Presse internationale.

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According to meteorological agencies, 2017 was the second or third hottest year in history and, without a doubt, the hottest without the influence of El Niño. 2017 was also remarkable for the number of extreme weather events. Thus, the year ended with a deadly typhoon in India and an unprecedented cold spell in the United States, in addition to other extreme weather events elsewhere in the world.
Events of extreme intensity have been observed in the second half of 2017.
While the most violent monsoons of the past two decades killed nearly 1,000 people in Nepal, Bangladesh and India in August, unprecedented flooding plunged Sierra Leone into chaos, with 400 dead and 600 missing.
It was in the Atlantic that the hurricane season was exceptional, with Hurricane Harvey, the most violent of the last fifteen years in the United States, followed closely by Irma which swept the Caribbean and remained in category 5 – the most severe – for a record period. Another category 5 hurricane, Maria, devastated Dominica and the Virgin Islands a few days later. Never had such a sequence occurred in the North Atlantic.
History will remember that the year when Donald Trump decided to withdraw from the Paris climate agreement was also one of the most extreme climatic years for the United States. 2017 opened on one of the worst winter episodes of tornadoes in its history, and the end of the summer was marked by the devastating passage of three hurricanes (Harvey, Irma and Maria), even though no major hurricane had hit the United States for 12 years! Then, wildfires ravaged California, the worst in 80 years. The year ended with an unprecedented cold snap, with temperatures of -40 ° C recorded near the Canadian border!
Less publicized and yet much more threatening than all the other disasters combined, the drought and the famine it brings have raged this year in the Horn of Africa. The central regions of Somalia have had their worst rainfall deficit in 35 years.
The cumulative cost of this succession of disasters reaches 306 billion dollars, according to the Swiss Re reinsurer, against 188 billion in 2016 and 90 billion in 2015! If these figures are confirmed, 2017 will be the third most expensive year in history in terms of natural disasters, even though no major cataclysm has occurred!
All natural disasters are not related to global warming. This is particularly the case for geophysical events such as earthquakes. Nevertheless, some disasters, especially those that marked 2017, bear the mark of climate change. This is the case of drought and wildfires that are often caused by lightning strikes and last longer as the dry seasons get longer. As for hurricanes, their gestation is still largely unknown, but the increase in temperatures of the atmosphere and the surface of the oceans can only increase the power of tropical cyclones. In the same way, the rise of the level of the oceans multiplies the ravages caused by the surge of the storm at the passage of these major events.
Thanks to its mild climate, Europe is generally protected from these scourges. Yet one of the most indisputable global warming-related disasters occurred at the end of August in Switzerland. Two successive landslides, caused by the melting of permafrost, caused the death of eight people! In this country, as elsewhere in the Alps, glaciers are melting at an impressive speed. No doubt, everything is fine !
Source: International Press.

Mer de Glace (France) [Photo: C. Grandpey]

Glacier Aletsch (Suisse) [Photo: C. Grandpey]