Mayon (Philippines): Intensification de l’éruption

7 heures: Il semble que l’éruption observée sur le Mayon depuis le 14 janvier 2018 ne soit pas seulement phréatique. En effet, le PHILVOCS indique maintenant que « le cratère sommital présente maintenant forte incandescence qui signifie qu’un nouveau dôme de lave est en train de croître et que la lave a commencé à couler sur le versant sud ». En conséquence, le niveau d’alerte a été élevé à 3, ce qui signifie que le magma a atteint le cratère et qu’une éruption majeure est possible à court terme.
Les habitants sont priés de ne pas entrer dans la zone de sécurité de 6 et 7 km autour du volcan et les pilotes sont invités à éviter le sommet car la cendre produite par de soudaines éruptions peut être dangereuse pour les avions.
Source: PHILVOCS.

Selon la presse philippine, plus de 3000 familles, soit quelque 12 000 personnes ont été évacuées.

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18 heures : Selon la dernière mise à jour du PHILVOCS (15 janvier 2018 à 13h30), « deux effondrements se sont produits aujourd’hui sur le Mayon; ils ont généré des chutes de pierres et des coulées pyroclastiques de faible volume qui se sont produites à 09h41 et 10h05, et ont duré respectivement 5 minutes et 7 minutes, au vu des données sismiques. Ces événements semblent se situer au niveau du front de lave ; ils ont produit un nuage de cendre qui s’est dirigé vers le sud-ouest « . Des retombées de cendre ont été signalées dans plusieurs localités.
Un événement de dégazage d’une durée de 8 minutes a été observé à 11:07 ; il a produit une colonne de cendre grisâtre d’environ 1000 mètres au-dessus du sommet.

Le niveau d’alerte 3 reste en vigueur.
Source: PHILVOCS.

Voici en accéléré un aperçu de l’activité du 15 janvier 2018 :

https://www.youtube.com/watch?v=ANJLpKKZgM8

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It seems that the eruption observed on Mayon Volcano since January 14th 2018 was not only phreatic. Indeed, PHILVOCS now indicates that “the summit crater is now exhibiting bright crater glow that signifies the growth of a new lava dome and beginnings of lava flow towards the southern slopes”. As a consequence, the alert level has been raised to 3, which means that magma is at the crater and that a major eruption is possible in the short term.

Residents  are told not to enter the 6- and 7-km-radius danger zone around the volcano and pilots are advised to avoid flying close to the volcano’s summit as ash from any sudden eruption can be hazardous to aircraft.

Source : PHILVOCS.

According to the Philippine newspapers, more than 3,000 families, or about 12,000 individuals have been evacuated.

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18:00: According to PHILVOCS’ latest update (15 January 2018 1:30 P.M.), “two lava collapse events occurred today at Mayon Volcano; they produced rockfall and small-volume pyroclastic density currents. These occurred at 09:41 AM and 10:05 AM, and lasted 5 minutes and 7 minutes, respectively, based on seismic record. These events appear to have originated from the lava front and produced an ash cloud that drifted to the southwest sector”. Ashfall was reported on several municipalities.

A degassing event at 11:07 AM that lasted 8 minutes produced a grayish to dirty white ash column with a maximum of height of approximately 1000 metres above the summit.

Alert Level 3 remains in effect.

Source: PHILVOCS.

Here is a short timelapse video of the activity on January 15th 2018:

https://www.youtube.com/watch?v=ANJLpKKZgM8

Le Mayon peut être très dangereux en raison des coulées pyroclastiques qui peuvent se déplacer très rapidement sur ses pentes raides. Cette photo a été prise lors de l’éruption de 1984 qui n’a causé aucune victime car la population avait été évacuée (Source: USGS)

Mayon Volcano can be very dangerous due to the pyroclastic flows that can travel very fast down its steep slopes. This photo was taken during the 1984 eruption which caused no casualties because the population had been evacuated (Source: USGS)

Le plancher océanique s’affaisse sous le poids des océans // Seafloor is sinking under the weight of the oceans

Au cours des dernières décennies, la fonte de la banquise et des glaciers provoquée par le réchauffement climatique a fait prendre du volume aux océans et le poids de cette nouvelle eau entraîne un affaissement du plancher océanique.

Selon une nouvelle étude publiée le 23 décembre 2017 dans la revue Geophysical Research Letters par des chercheurs de l’Université de Technologie de Delft, les mesures et prévisions concernant l’élévation du niveau de la mer depuis 1993 sont probablement inexactes car elles sous-estiment le volume d’eau de plus en plus important dû à cet affaissement des fonds marins. Les scientifiques savent depuis longtemps que la croûte terrestre est élastique. Des recherches antérieures ont montré comment la surface de la Terre se déforme en réaction aux mouvements provoqués par les marées qui redistribuent les masses d’eau. Par exemple, en 2017, l’ouragan Harvey a déversé tellement d’eau au Texas que le sol s’est affaissé d’environ deux centimètres.
Dans leur nouvelle étude, les chercheurs ont étudié l’impact de la hausse des océans sur les fonds marins sur le long terme. Ils ont constaté à quel point la morphologie des fonds océaniques a changé entre 1993 et ​​2014, suite à la quantité d’eau ajoutée à l’océan par la fonte des glaces. Cette eau supplémentaire avait été omise par les études précédentes.
Pour arriver à leur conclusion, les chercheurs ont examiné les approximations de perte de masse sur terre au moment de la fonte de la glace et de son écoulement dans les océans. Ils ont ensuite comparé les résultats aux estimations des changements de volume de la mer. Ils ont constaté que dans le monde entier, pendant deux décennies, les bassins océaniques se sont déformés en moyenne de 0,1 millimètre par an, avec une déformation totale de 2 millimètres.
On observe cependant des tendances régionales distinctes concernant les mouvements verticaux et horizontaux du plancher océanique. Dans les régions où la majeure partie de la glace fond, comme le Groenland et l’Océan Arctique, le fond marin a tendance à se soulever légèrement suite à la perte de poids de glace. Dans la mesure où la majeure partie de la perte de glace est observée dans la partie nord de la planète, la quasi-totalité de l’hémisphère nord subit un léger effet de soulèvement des fonds marins tandis que le phénomène d’affaissement se concentre dans le sud, en particulier dans l’océan Austral.
En conséquence, les évaluations satellitaires qui montrent les variations de niveau de la mer, mais qui ne tiennent pas compte de l’affaissement des fonds océaniques, sous-estiment probablement de 8% la hausse du niveau des mers.
La précision des futures estimations du niveau de la mer pourrait être améliorée si l’affaissement des fonds marins était incorporé dans les calculs, soit en se basant sur des modélisations du changement de masse océanique, soit en utilisant des observations plus directes.
Source: Live Science.

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In recent decades, melting ice sheets and glaciers driven by climate change have been swelling Earth’s oceans. Along with all that water, the weight of the additional liquid is pressing down on the seafloor, causing it to sink.

According to a new study published on December 23rd 2017 in the journal Geophysical Research Letters, measurements and predictions of sea-level rise may have been incorrect since 1993, underestimating the growing volume of water in the oceans due to the receding bottom. Scientists have long known that Earth’s crust is elastic: Earlier research revealed how Earth’s surface warps in response to tidal movements that redistribute masses of water. For instance, 2017’s Hurricane Harvey dumped so much water on Texas that the ground dropped by about two centimetres.

In the new study, researchers from the Delft University of Technology looked at more long-term impacts to the seafloor. They evaluated how much the shape of the ocean bottom may have changed between 1993 and 2014, taking into account the amount of water added to the ocean by the melting ice on Earth. That extra waterhad beeen omitted by previous studies.

To come to their conclusion, the researchers reviewed approximations of mass loss on land, as ice melted and drained into the oceans, and compared that to estimates of sea volume changes. They found that around the world for two decades, ocean basins deformed an average of 0.1 millimetre per year, with a total deformation of 2 millimetres.

However, there were distinct regional patterns to the seafloor’s bending and stretching. In regions where most of the ice is melting, like Greenland and the Arctic Ocean, the seafloor is actually uplifting slightly as weight is taken off. In fact, since most of the disappearing ice is concentrated in the global north, pretty much the entire northern hemisphere is seeing a slight seafloor uplift effect, while subsidence is concentrated in the south, particularly the Southern Ocean (see map below of the Western Indian Ocean).

As a result, satellite assessments of sea-level change – which don’t account for a sinking ocean bottom – could be underestimating the amount that seas are rising by 8 percent.

The accuracy of future sea-level estimates could be notably improved if the sinking of the ocean floor were incorporated into the calculations, either based on modelled estimates of ocean mass change, as was done in this study, or using more direct observations.

Source : Live Science.

Les données satellitaires permettent de cartographier le plancher océanique et de détecter les anomalies de gravité, comme ici dans la partie occidentale de l’Océan Indien. (Source: NASA)