Climat mondial : retour de La Niña !

Quand je parle du réchauffement climatique au cours de ma conférence « Glaciers en péril » (voir colonne de gauche de ce blog), j’insiste sur l’importance d’un double phénomène dans le Pacifique oriental, au niveau de la zone équatoriale: El Niño et La Niña. Alors que El Niño crée un effet de réchauffement global, La Nina est une anomalie froide des eaux de surface de cet océan. Cette anomalie est si vaste qu’elle peut impacter le climat planétaire. L’épisode actuel avait débuté à l’automne 2020. Par la suite, après une période neutre, sans anomalie cet été, la NOAA vient d’indiquer que le retour de la Nina a lieu cet automne et se poursuivra pendant l’hiver.

Les eaux de surface des océans connaissent des phases chaudes et froides. Lorsque ces variations de températures s’étendent sur des milliers de kilomètres, elles affectent le sens des courants marins et modifient également la circulation atmosphérique. Ces variations cycliques ont de lourdes conséquences sur le climat mondial, dont certains effets peuvent se répercuter jusqu’en Europe.

Des eaux plus froides sont propices à la formation de hautes pressions tandis que les eaux plus chaudes génèrent la formation de dépressions. Ces centres d’action mettent en mouvement des vents d’orientations différentes qui vont modifier le jet stream en haute altitude, ce qui va ensuite jouer sur le climat planétaire. Ainsi, l’Australie connaît davantage de pluies pendant La Niña avec des risques d’inondation, tout comme l’Asie du sud-est et certaines îles du Pacifique. A l’opposé, certaines zones de l’Amérique du Sud risquent de connaître la sécheresse, ainsi que le sud des États-Unis et une partie de l’Amérique Centrale. En outre, en modifiant les vents de haute altitude, La Niña favorise la formation d’ouragans dans l’océan Atlantique et les minimise dans le Pacifique. Enfin, en période de La Niña, le jet stream se met à onduler ce qui a pour conséquence de faire descendre de l’air froid sur l’Amérique du Nord,. Ce même principe des descentes d’air froid est également susceptible de se produire sur l’Europe de l’Ouest lors des années La Niña.

L’arrivée de La Niña à l’automne 2020 fut accompagnée d’une baisse rapide, mais modeste des températures planétaires, qui se sont ensuite stabilisées pendant les mois de l’hiver boréal. Cela n’a pas empêché de connaître un été parmi les trois plus chauds dans l’hémisphère nord, tandis que l’hiver austral a connu des anomalies froides assez marquées, particulièrement en Antarctique. Pour les autres parties du globe, comme l’Europe, les effets sont nettement amoindris et parfois même encore mal connus. La relation de cause à effet avec l’Europe est moins nette pour plusieurs raisons. D’une part, le continent est situé en bout de course du fait de son éloignement géographique. Il n’y a donc pas d’impact véritablement défini des phénomènes La Niña et El Niño sur le climat de la France. D’autre part, d’autres paramètres climatiques interfèrent tels que les vents au-dessus de l’Afrique intertropicale par exemple. Il est cependant admis que La Niña est plutôt propice à des hivers froids en Europe, ce qui a été constaté dans les années 2010 par exemple.

En conclusion, on retiendra que La Nina est de retour pour cet automne et pour l’hiver dans l’Océan Pacifique, ce qui peut modifier régionalement le climat. On sait que ce phénomène refroidit la planète, mais que, dans le contexte du réchauffement climatique, ces refroidissements sont atténués. Ainsi, il est probable que cette année 2021 ne sera pas aussi chaude que les dernières qui viennent de s’écouler, tout en restant a priori parmi les 6 plus chaudes jamais enregistrées.

Source: Météo France.

 

La Niña dans la zone équatoriale de l’océan Pacifique début octobre 2021 (Source: NASA)

Septembre 2021 encore trop chaud ! // September 2021 still too hot !

En attendant la bilan mensuel de la NASA et de la NOAA qui paraîtra vers le 15 de ce mois, les archives ERAS indiquent que le mois de septembre 2021 a été le 2ème plus chaud de l’histoire. il se situe +0,598°C au-dessus de la moyenne 1981-2010. Par rapport à la nouvelle période de référence 1991-2020 utilisée par ERA5, l’anomalie est de +0,402°C. Les trois mois de septembre les plus chauds ont été enregistrés ces trois dernières années. Les neuf derniers mois de septembre sont dans le Top 10.

La situation climatique actuelle se déroule dans des conditions El Niño neutres légèrement négatives dans le Pacifique. Selon la NOAA, des conditions La Niña pourraient de nouveau émerger cet hiver, alors quie d’autres agences misent sur des conditions neutres.

Source: global-climat.

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While waiting for the monthly report from NASA and NOAA which will be released around October 15th, the ERAS archives indicate that September 2021 was the second hottest in history. it was + 0.598 ° C above the 1981-2010 average. Compared to the new 1991-2020 reference period used by ERA5, the anomaly is + 0.402 ° C. The hottest three months of September have been recorded in the past three years. The last nine months of September are in the Top 10.
The current climatic situation is under slightly negative neutral El Niño conditions in the Pacific. According to NOAA, La Niña conditions could emerge again this winter, while other agencies are betting on neutral conditions.
Source: global-climat.

El Niño et La Niña et leur influence sur le climat mondial // El Niño and La Niña and their influence on global climate

Lorsqu »ils abordent les causes du changement et du réchauffement climatiques sur notre planète, les climatologies font souvent référence à El Niño et La Niña, deux régimes climatiques situés dans le centre-est du Pacifique autour de l’équateur.

La Niña est un cycle naturel marqué par des eaux océaniques plus froides que la moyenne. C’est le contraire d’ El Niño qui est mieux connu et qui se produit lorsque l’eau de l’Océan Pacifique est plus chaude que la moyenne.

El Niño et La Niña sont issus de la langue espagnole : La Niña signifie « petite fille », tandis qu’El Niño signifie « petit garçon » ou « enfant Jésus ». La NOAA explique que les pêcheurs sud-américains avaient remarqué des périodes d’eau inhabituellement chaude dans l’océan Pacifique dans les années 1600. Le nom complet utilisé à cette époque était « El Niño de Navidad » car El Niño culmine généralement vers le mois décembre. L’ensemble de ce cycle climatique est officiellement désigné par les climatologues sous le nom d’El Niño – Oscillation australe (ENSO), une alternance en dent de scie de périodes d’eau de mer plus chaude et plus froide dans le centre-est de l’Océan Pacifique.

Lors des événements La Niña, les alizés soufflent plus fort que d’habitude et poussent une plus grande quantité d’eau chaude vers l’Asie. Au large de la côte ouest des Amériques, la remontée d’eau profonde – upwelling en anglais – s’intensifie, faisant remonter à la surface de l’eau froide riche en nutriments. Ces eaux froides du Pacifique poussent le jet-stream vers le nord, ce qui affecte les conditions météorologiques aux États-Unis et dans le monde.

Selon la NOAA, l’hiver typique au cours d’un épisode La Niña aux États-Unis se caractérise par du froid et de la neige dans le nord-ouest et des conditions inhabituellement sèches dans la majeure partie du tiers sud des États-Unis. Le sud-est et le centre de l’Atlantique ont également tendance à voir des températures plus chaudes que la moyenne pendant un hiver dominé par La Niña.

À l’échelle mondiale, La Niña apporte souvent de fortes précipitations en Indonésie, aux Philippines, dans le nord de l’Australie et en Afrique australe. Pendant La Niña, les eaux au large de la côte du Pacifique sont plus froides et contiennent plus de nutriments que d’habitude. Cet environnement abrite plus de vie marine et attire plus d’espèces d’eau froide, telles que le calmar et le saumon, dans des zones comme la côte californienne.

Selon le Climate Prediction Center, La Niña peut contribuer à une augmentation de l’activité cyclonique dans l’Atlantique en affaiblissant le cisaillement du vent sur la mer des Caraïbes et le bassin atlantique tropical, ce qui permet aux tempêtes de se développer et de s’intensifier.

Alors que La Niña a tendance à augmenter le nombre d’ouragans dans l’Atlantique, elle a également tendance à diminuer leur nombre dans les bassins de l’est et du centre de l’Océan Pacifique.

Source : USA Today.

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When dealing with the causes of climate change and global warming, climatologiqts often refer to El Niño and La Niña, two climate patterns in the central-eastern Pacific around the Equator.

La Niña is a natural cycle marked by cooler-than-average ocean water. It is the opposite to the more well-known El Niño, which occurs when Pacific ocean water is warmer than average.

El Niño and La Niéna are Spanish language terms: La Niña means « little girl, » while El Niño means « little boy, » or « Christ child. » NOAA explains that South American fishermen first noticed periods of unusually warm water in the Pacific Ocean in the 1600s. The full name they used was « El Niño de Navidad » because El Niño typically peaks around December.

The entire natural climate cycle is officially known by climate scientists as El Niño – Southern Oscillation (ENSO), a see-saw dance of warmer and cooler seawater in the central Pacific Ocean.

During La Niña events, trade winds are even stronger than usual, pushing more warm water toward Asia. Off the west coast of the Americas, upwelling increases, bringing cold, nutrient-rich water to the surface. These cold waters in the Pacific push the jet stream northward, which affects weather patterns in the U.S and globally.

According to NOAA, typical La Niña winter in the U.S. brings cold and snow to the Northwest and unusually dry conditions to most of the southern tier of the U.S. The Southeast and Mid-Atlantic also tend to see warmer-than-average temperatures during a La Niña winter.

Globally, La Niña often brings heavy rainfall to Indonesia, the Philippines, northern Australia and southern Africa. During La Niña, waters off the Pacific coast are colder and contain more nutrients than usual. This environment supports more marine life and attracts more cold-water species, such as squid and salmon, to places like the California coast.

According to the Climate Prediction Center, La Niña can contribute to an increase in Atlantic hurricane activity by weakening the wind shear over the Caribbean Sea and tropical Atlantic Basin, which enables storms to develop and intensify.

While La Niña tends to increase hurricanes in the Atlantic, it also tends to decrease their numbers in the eastern and central Pacific Ocean basins.

Source : USA Today.

 

Source : NOAA

Novembre 2020 encore beaucoup trop chaud // November 2020 still much too hot

Selon la NOAA, novembre 2020 a été le deuxième mois de novembre le plus chaud, derrière 2015, depuis le début des relevés à l’échelle de la planète en 1880. La température à la surface des terres et des océans en novembre 2020 se situe à 0,97°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle (12,9°C).

Pour la NASA, novembre 2020 a été le plus chaud jamais enregistré. C’est aussi l’avis du programme européen Copernicus. L’Agence Météorologique Japonaise (JMA), quant à elle, a classé novembre 2020 en deuxième position.

Novembre 2020 a été le 44ème mois de novembre consécutif et le 431ème mois consécutif avec des températures supérieures à la moyenne du 20ème siècle. Les 10 mois de novembre les plus chauds ont tous eu lieu depuis 2004. Les cinq plus chauds ont eu lieu depuis 2013.

Pour la période septembre-octobre-novembre, l’hémisphère nord a connu son deuxième automne le plus chaud, avec une différence de seulement 0,01°C avec le record établi en 2015. L’hémisphère sud a connu son neuvième printemps le plus chaud.

Les 11 mois de janvier à novembre se situent à 1,0°C au-dessus de la moyenne du 20ème siècle. Cette période de 11 mois est la deuxième plus chaude jamais enregistrée, avec seulement 0,01°C de différence avec le record établi en 2016.

Si l’on prend en compte l’ensemble des relevés de la NASA, la NOAA, des NCEP, ERA5, RSS et de l’UAH, novembre 2020 a été le mois de novembre le plus chaud, avec 0,64°C au-dessus de la moyenne 1981-2010 (voir graphique ci-dessous)

L’année 2020 est pratiquement certaine de figurer parmi les cinq années les plus chaudes jamais enregistrées. Il est important de noter que chacune des années civiles entre 2014 et 2020 compte parmi les sept années les plus chaudes jamais enregistrées depuis 1880.

La température de l’océan à l’échelle de la planète en novembre 2020 a été la quatrième plus chaude jamais enregistrée. En revanche, la température sur la terre ferme a été la plus chaude jamais enregistrée.

On sait que les records de température sont plus susceptibles d’être établis lors de forts événements El Niño qui réchauffe les eaux de surface dans le Pacifique tropical. Ce qui est remarquable actuellement, c’est que les records de chaleur de 2020 sont établis pendant une transition entre un El Niño faible et un événement La Niña modéré, c’est-à-dire à un moment où le refroidissement du Pacifique tropical devrait contribuer au refroidissement des températures globales, ce qui n’est pas la cas ! Le fait que la chaleur record de 2020 se produise dans ces conditions montre bien le rôle exercé par le réchauffement climatique d’origine humaine.

Source : NOAA, NASA.

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According to NOAA, November 2020 was the second warmest November since global record keeping began in 1880, behind the record set in 2015. The November 2020 global land and ocean surface temperature was 0.97°C above the 20th-century average of 12.9°C.

NASA rated the month as the warmest November on record, as did the European Copernicus Climate Change Service. The Japan Meteorological Agency rated it as the second-warmest.

November 2020 marked the 44th consecutive November and the 431st consecutive month with temperatures above the 20th-century average. The 10 warmest Novembers have all occurred since 2004. The five warmest Novembers have occurred since 2013.

For the period September-October-November, the Northern Hemisphere had its second warmest autumn, only 0.01°C behind the record set in 2015. The Southern Hemisphere had its ninth warmest spring on record.

The 11 months of January through November were 1.0 degree Celsius above the 20th-century average. That 11-month period ranks as the second-warmest such period on record, only 0.01°C behind the record set in 2016.

Taking into account NASA, NOAA, NCEP, ERA5, RSS, UAH, November 2020 was the warmest month of November, with 0.64°C above the average 1981-2010 (see graph below)

The year 2020 is virtually certain to rank among the five warmest years on record, making each of the seven calendar years 2014 through 2020 one of the seven warmest years on record, dating back to 1880.

Global ocean temperatures during November 2020 were the fourth warmest on record, and global land temperatures were the warmest on record.

Global temperature records are more likely to be set during strong El Niño events. Remarkably, the record warmth of 2020 has occurred during the transition from a weak El Niño to a moderate La Niña event, when cooling of the tropical Pacific Ocean helps cool global temperatures. That the record warmth of 2020 occurred under those circumstances underscores the dominant role of human-caused global warming in heating the planet.

Source : NOAA, NASA

Source : global-climat