Prochaine éruption du Bosavi, volcan « éteint » de Papouasie-Nouvelle-Guinée? // Soon an eruption at « extinct » Bosavi Volcano (Papua-New-Guinea) ?

Le volcan Bosavi dans la province des Hautes Terres du Sud en Papouasie-Nouvelle-Guinée ne figure pas dans la base de données de la Smithsonian Institution. En effet, jusqu’à présent, il était considéré comme éteint. Cependant, le site web The Watchers nous informe aujourd’hui qu’il montre des signes d’éveil après le séisme de M 7,5 suivi de centaines de répliques qui a été enregistré à une cinquantaine de kilomètres au nord du volcan. .
Des témoins locaux disent avoir vu « de la fumée apparaître au sommet de la montagne » et qu’ils « n’avaient jamais considéré le mont Bosavi comme une montagne volcanique. »

Il se pourrait que le niveau du lac Kutubu situé à proximité se soit élevé dans le passé, ce qui aurait contraint les habitants des petites îles à aller vivre dans l’intérieur des terres, là où ils se trouvent actuellement.
La population locale demande au gouvernement d’envoyer rapidement une équipe scientifique pour surveiller la situation.
Le mont Bosavi est un stratovolcan tronqué qui a évolué d’un pôle basaltique vers un pôle andésitique. Il présente une caldeira d’érosion de 5 km de diamètre, élargie par la rivière Turama qui a emprunté une brèche étroite dans la partie SE de l’édifice. Un groupe de cônes, de cratères et de maars peut être observé dans les plaines au SO de Bosavi. Il n’y a pas trace d’éruption pendant l’Holocène.

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The Bosavi Volcano in Papua-New-Guinea’s Southern Highlands Province cannot be found in the database of the Smithsonian Institution. Until now, it was considered extinct. However, the website The Watchers informs us today that it is showing signs of awakening after this week’s M7.5 earthquake and hundreds of aftershocks that were recorded about 50 km to the north of the volcano. .

Local residents say they have seen “smoke building up at the top of the mountain” and that they “had never seen Mount Bosavi as a volcanic mountain.”

It is believed that nearby Lake Kutubu rose up in the past and that the people living on the small islands moved further back into the inland where they are now.

The local population is urging the government to quickly send a disaster emergency team to monitor the situation.

Mount Bosavi is a truncated basaltic to andesitic stratovolcano with a 5-km-wide erosion caldera enlarged by the Turama River through a narrow breach on the SE. A group of cones, craters and maars are scattered over the plains to the SW of Bosavi. There are no known Holocene eruptions from Bosavi.

Glissements de terrain et éruptions // Landslides and eruptions

Une nouvelle étude publiée dans Nature Scientific Reports, montre qu’il existe un lien entre les éruptions volcaniques majeures et les glissements de terrain, mais laisse aussi entendre que les glissements de terrain peuvent déclencher des éruptions.
Le coeur de l’étude est le Pic du Teide (3718 meres), un volcan actif sur l’île de Tenerife aux Canaries. Sur une période de plusieurs centaines de milliers d’années, le Teide a connu un cycle d’éruptions, d’effondrements et de phases de reconstruction de l’édifice volcanique. Des recherches antérieures effectuées par des scientifiques du Centre National d’Océanographie (CNO) basé à Southampton (Angleterre) ont révélé que les éruptions du passé ont pu être liées à d’énormes glissements de terrain de plusieurs niveaux sous la surface de l’océan.
En approfondissant l’étude des dépôts laissés par ces glissements de terrain, les scientifiques du CNO ont remarqué que les matériaux provenant des éruptions volcaniques explosives ne se trouvaient que dans les couches supérieures de chaque dépôt de glissement de terrain. Cela prouve que les phases initiales de chaque glissement de terrain se sont produites sous l’eau et avant chaque éruption. Ces résultats laissent supposer que la phase initiale des glissements de terrain a pu être le déclencheur de chacune des éruptions.
Les scientifiques ont ensuite étudié les minces couches d’argile volcanique entre les dépôts de glissement et les dépôts éruptifs, et ils ont estimé à environ dix heures le délai minimum entre le glissement sous-marin initial et l’éruption qui a suivi. Ainsi, la nouvelle étude montre qu’après le glissement sous-marin initial, il pourrait s’écouler entre dix heures et plusieurs semaines jusqu’au déclenchement de l’éruption. Cette observation est très différente du déclenchement quasi-instantané du glissement de terrain qui a précédé l’éruption du Mt St Helens en 1980. Les conclusions de l’étude pourraient aider à définir des stratégies de gestion des risques pour des volcans semblables au Teide, comme le Mt St Helens ou Soufriere Hill sur l’île de Montserrat.
Ce délai jusqu’au déclenchement de l’éruption est peut-être dû au fait que la chambre magmatique peu profonde du Teide ne contient pas suffisamment d’éléments volatiles pour provoquer immédiatement des éruptions explosives. Cependant, l’évacuation de matériaux volcaniques par des glissements de terrain peut entraîner l’ascension du magma depuis la chambre magmatique plus profonde riche en éléments volatiles ; ce magma se mélange ensuite au magma peu profond et provoque des éruptions explosives susceptibles d’ouvrir une caldeira de plusieurs kilomètres de diamètre. Ces éruptions donnant naissance à une caldeira sont parmi les plus puissantes sur Terre et mettent en oeuvre d’énormes quantités d’énergie, tandis que les glissements de terrain qui les accompagnent comptent parmi les mouvements de masses les plus importants sur Terre et peuvent générer des tsunamis potentiellement dévastateurs.
Cette compréhension du lien entre les grandes îles volcaniques et les éruptions donnant naissance à des caldeiras permettra une meilleure évaluation des risques géologiques sur les îles volcaniques, et fait partie des recherches en cours du CNO sur les risques géologiques des fonds marins.
Source: Science Daily.

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A new study published in Nature Scientific Reports, not only implies a link between catastrophic volcanic eruptions and landslides, but also suggests that landslides may trigger eruptions.

The heart of the study is Teide (3718 meres), an active volcano on the Canary island of Tenerife. Over a period of several hundred thousand years, Teide has undergone a repeated cycle of very large eruptions, collapse, and regrowth. Previous research by scientists at the National Oceanography Centre (NOC) based at Southampton (England) revealed that past eruptions may have been linked to huge multi-stage submarine landslides.

By studying these landslide deposits further, NOC scientists noticed that material from explosive volcanic eruptions was only found in the uppermost layers of each landslide deposit. This demonstrates that the initial stages of each landslide occurred underwater and before each eruption. These results suggest that the initial stages of the landslides may have triggered each of the eruptions.

The scientists then investigated the thin volcanic clay layers between landslide and eruption deposits, and based upon the time required for clay to settle out of the ocean, estimated the minimum time delay between the initial submarine landslide and a subsequent eruption as approximately ten hours. Thus, the new research shows that after the initial submarine landslide there could be between ten hours to several weeks until the eruption is finally triggered. This is very different from the near-instantaneous landslide triggering of the 1980 Mt St Helens eruption. This information could help inform hazard mitigation strategies for volcanoes similar to Teide, such as Mt St Helens or Montserrat.

This delay could be because the shallow magma chamber in Teide does not contain enough volatiles to immediately create explosive eruptions. However, removal of volcanic material by landslides may cause magma to rise from the lower volatile-rich magma chamber, which mixes with the shallow magma, causing explosive volcanic eruptions after a delay and leaving a large caldera that may be several kilometres across. These ‘caldera-forming’ eruptions are among the largest volcanic eruptions on Earth and involve huge energies, while the associated landslides are among the largest mass movements on Earth and can generate potentially damaging tsunamis.

This new understanding of the linkage between large volcanic islands and caldera-forming eruptions will help advise future geohazard assessments of volcanic islands, and forms part of the NOC’s on-going research into marine geohazards.

Source: Science Daily.

Tenerife et le Teide vus depuis l’espace (Crédit photo: NASA)

Photos: C. Grandpey

Vous avez froid? Allez au Pôle Nord! // Feeling cold? Just go to the North Pole!

Si vous avez trop froid ces jours-ci en Europe continentale, il vous suffit d’aller au pôle Nord! Un phénomène de réchauffement dans cette région envoie un courant d’air froid vers l’Europe. En effet, la vague de froid en Europe est causée par un «brusque réchauffement stratosphérique» au-dessus du Pôle Nord, avec pour conséquence une scission et une déviation du vortex polaire.
À la pointe nord du Groenland, le site météorologique du cap Morris Jesup a connu pendant 61 heures d’affilée – un record! – des températures au-dessus de zéro en 2018. Le phénomène est lié à un remarquable recul de la banquise. Les climatologues indiquent que la chaleur qui est arrivée en Arctique provenait à la fois de l’Atlantique et du Détroit de Béring. Dans toute la région arctique, les températures sont restées à une vingtaine de degrés Celsius au-dessus de la normale, avec une moyenne de -8°C. Plus près de nous, sur l’archipel norvégien du Svalbard, les températures se situaient à peine au-dessus de zéro avec de la pluie le 25 février 2018; c’est environ 13,4°C au-dessus de la moyenne.
Selon le National Snow and Ice Data Center, la glace de mer dans l’Océan Arctique a connu le point le plus bas jamais enregistré à la fin du mois de février, avec 14,1 millions de kilomètres carrés. C’est environ un million de km2 de moins que la normale, l’équivalent de la taille de l’Egypte. Les météorologues affirment que les conditions météorologiques en ce moment dans l’Arctique correspondent à une tendance plus générale provoquée par l’accumulation de gaz à effet de serre. Ce qui était autrefois considéré comme une anomalie devient la nouvelle norme. Le climat de la Terre change sous nos yeux, et il est grand temps que nous empêchions cette situation d’empirer encore davantage.
Le risque de voir l’ Arctique sans glace a été estimé à environ 50% ou plus – avec un réchauffement compris entre 1,5 et 2 degrés Celsius – par un groupe de scientifiques des Nations Unies. Comme je l’ai écrit dans les notes précédentes, les conséquences d’un Arctique sans glace sont faciles à imaginer: exploitation des ressources minérales de la région, ouverture à la navigation des passages maritimes du NE et du NO, etc.
Source: Agence Reuters.

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If you are too cold in continental Europe, you just need to go to the North Pole! A warming phenomenon in this region is sending a blast of Arctic cold over Europe. Indeed, the cold snap in Europe is caused by a « Sudden Stratospheric Warming » above the North Pole that led to a split in the polar vortex.
On the northern tip of Greenland, the Cape Morris Jesup meteorological site has had a record-smashing 61 hours of temperatures above freezing so far in 2018, linked to a rare retreat of sea ice in the Arctic winter darkness. Local climate scientists indicate that the warmth was coming into the Arctic both up from the Atlantic and through the Bering Strait. Around the entire Arctic region, temperatures were about 20 degrees Celsius above normal, at -8°C. Closer to us, on the Norwegian archipelago of Svalbard, temperatures were just above freezing, with rain, and about 13.4C above the long-term average on February 25th 2018.
Arctic Ocean sea ice is at a record low for late February at 14.1 million square kilometres, according to the U.S. National Snow and Ice Data Center. That is about a million less than normal, or roughly the size of Egypt. Meteorologists say that the current weather in the Arctic fits a wider pattern driven by a build-up of human-related greenhouse gases. What was once considered as anomalies is becoming the new normal. The Earth’s climate is changing right in front of our eyes, and it is high time we stopped this from getting significantly worse.
A major consequence is the risk of an ice-free Arctic in summer which has been estimated about 50 percent or higher, with warming of between 1.5 and 2.0 degrees Celsius, by a United Nations panel of scientists. As I put it in previous posts, the consequences of an ice-free arctic are easy to imagine: exploitation of mineral resources in the region, opening odf the NE and NW shipping passages, etc.
Source: Reuters press agency.

Analyse de la différence de température par rapport à la normale (en degrés Celsius) le 25 février 2018 sur l’Arctique. La température était au-dessus de zéro au pôle Nord. (Source: Université du Maine)

Analysis of temperature difference from normal (in Celsius) on February 25th, 2018 over the Arctic. The temperature was above freezing at the North Pole. (Source: University of Maine)

Nouvelles images de la fonte de l’Antarctique // New images of the melting of Antarctica

Une nouvelle étude de la NASA basée sur une technique innovante d’analyse de données satellitaires vient de fournir une image encore plus révélatrice des changements intervenus dans la fonte de l’Antarctique et l’écoulement de la glace dans l’océan. Les résultats confirment l’accélération de la fonte en Antarctique de l’Ouest et révèlent des vitesses d’avancement des glaciers remarquablement stables en Antarctique de l’Est.
La nouvelle technique informatique a permis d’analyser des centaines de milliers d’images fournies par le satellite Landsat et de générer une image de haute précision des changements intervenus dans les mouvements de la calotte glaciaire. La nouvelle étude représente une base de référence pour les futures mesures des variations de la glace en Antarctique et pourra être utilisée pour valider les modèles informatiques nécessaires en matière de prévision du niveau des océans. Cette étude ouvre également la porte à un traitement plus rapide de quantités importantes de données. Désormais, les chercheurs pourront cartographier chaque année l’évolution de la glace sur presque tout le continent. Grâce à ces nouvelles données, ils pourront mieux interpréter les mécanismes qui déterminent l’accélération ou le ralentissement du déplacement de la glace vers l’océan en fonction des conditions environnementales.
Cette approche novatrice confirme en grande partie les résultats obtenus précédemment, mais avec quelques surprises. Parmi les faits les plus significatifs, on observe une accélération, non mesurée jusqu’à présent, de l’écoulement des glaciers de la Barrière de glace de Getz, dans la partie sud-ouest du continent, probablement en raison de l’amincissement de la glace dans la région.
L’étude, publiée dans la revue The Cryosphere, a également confirmé l’accélération ultra rapide des glaciers antarctiques au cours de la période d’étude de sept ans. Les glaciers alimentant la Baie Marguerite, dans l’ouest de la péninsule antarctique, ont reculé de 400 à 800 mètres par an, probablement à cause du réchauffement des océans.
Cependant, la découverte la plus significative a peut-être été la stabilité d’écoulement dans l’Antarctique de l’Est. Au cours de la période d’étude, entre 2008 et 2015, la calotte glaciaire n’a pratiquement pas connu d’évolution dans son écoulement vers l’océan. Alors que des recherches antérieures avaient conclu à une grande stabilité de la calotte glaciaire en se basant sur des mesures de volume et de changement gravitationnel, l’absence de tout changement significatif dans le déplacement de la glace n’avait encore jamais été mesurée directement.
L’étude a également confirmé que l’écoulement des glaciers Thwaites et Pine Island dans l’Océan Antarctique de l’Ouest continue de s’accélérer, même si cette accélération a tendance à ralentir.
D’une manière générale, l’étude a révélé une perte de glace de 1 929 gigatonnes par an pour l’ensemble du continent antarctique en 2015, avec une marge d’erreur de plus ou moins 40 gigatonnes. Cela représente une augmentation de 36 (+ ou – 15 gigatonnes par an depuis 2008. Une gigatonne équivaut à un milliard (109) de tonnes.
L’étude montre que la glace de l’Antarctique de l’Ouest – le secteur de la mer d’Amundsen, la Barrière de glace de Getz et la Baie Marguerite – représente 89% de l’augmentation de la perte de glace.
Source: Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA.

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A new NASA study based on an innovative technique for analysing satellite data provides the clearest picture yet of changes in Antarctic ice flow into the ocean. The findings confirm accelerating ice losses from the West Antarctic Ice Sheet and reveal surprisingly steady rates of flow from East Antarctica.

The computer-vision technique analysed data from hundreds of thousands of Landsat satellite images to produce a high-precision picture of changes in ice-sheet motion. The new work provides a baseline for future measurement of Antarctic ice changes and can be used to validate numerical ice sheet models that are necessary to make projections of sea level. It also opens the door to faster processing of massive amounts of data.  Now researchers can map ice flow over nearly the entire continent, every year. With these new data, they can begin to unravel the mechanisms by which the ice flow is speeding up or slowing down in response to changing environmental conditions.

This innovative approach largely confirms earlier findings, though with a few unexpected twists. Among the most significant: a previously unmeasured acceleration of glacier flow into Antarctica’s Getz Ice Shelf, on the southwestern part of the continent, likely a result of ice-shelf thinning.

The research, published in the journal The Cryosphere, also identified the fastest speed-up of Antarctic glaciers during the seven-year study period. The glaciers feeding Marguerite Bay, on the western Antarctic Peninsula, increased their rate of flow by 400 to 800 metres per year, probably in response to ocean warming.

Perhaps the research team’s biggest discovery, however, was the steady flow of the East Antarctic Ice Sheet. During the study period, from 2008 to 2015, the sheet had essentially no change in its rate of ice discharge, namely ice flow into the ocean. While previous research inferred a high level of stability for the ice sheet based on measurements of volume and gravitational change, the lack of any significant change in ice discharge had never been measured directly.

The study also confirmed that the flow of West Antarctica’s Thwaites and Pine Island glaciers into the ocean continues to accelerate, though the rate of acceleration is slowing.

In all, the study found an overall ice discharge for the Antarctic continent of 1,929 gigatons per year in 2015, with an uncertainty of plus or minus 40 gigatons. That represents an increase of 36 gigatons per year, plus or minus 15, since 2008. A gigaton is one billion tons.

The study found that ice flow from West Antarctica – the Amundsen Sea sector, the Getz Ice Shelf and Marguerite Bay on the western Antarctic Peninsula – accounted for 89 percent of the increase.

Source : NASA’s Jet Propulsion Laboratory (JPL).

Vue de l’écoulement de l’Antarctique dans l’océan, d’après les images fournies par le satellite Landsat (Source : NASA Earth Observatory)

Vue de  l’Antarctique de l’Ouest (Source: USGS)

Nouvelles du Mayon (Philippines) // News of Mayon Volcano (Philippines)

L’éruption du Mayon continue et est étroitement contrôlée par le PHIVOLCS. Le Manila Bulletin nous informe que des voleurs ont dérobé du matériel de surveillance appartenant à l’Institut à la station Hydrolab de Barangay Padang le week-end dernier. Le personnel du PHIVOLCS a constaté que deux batteries Yuwasa de 12 volts, d’une valeur de 12 000 pesos (environ 190 €) chacune, et un panneau solaire d’une valeur de 6 000 pesos (environ 95 €) avaient disparu. Les scientifiques venus contrôler les stations de surveillance vendredi après-midi ont constaté que le cadenas du caisson en aluminium où étaient entreposées les batteries avait été brisé et les batteries avaient disparu. Le matériel volé est utilisé pour surveiller l’acidité, la température et le niveau d’eau dans la zone. Même s’ils représentent une petite partie de l’équipement de surveillance du volcan, ces appareils ont leur importance. En décembre 2017, un panneau solaire et deux batteries utilisées pour alimenter l’équipement de surveillance installé à Barangay Lidong, dans la zone de danger, ont également été volés. Ce n’est pas le seul exemple de vol de matériel de surveillance. Semblables méfaits ont été constatés en République Démocratique du Congo sur les pentes du Nyiragongo, un dangereux volcan qui menace la ville de Goma.

Dans le même temps, le PHIVOLCS indique que « la situation sur le Mayon au cours des dernières 24 heures a consisté en fontaines de lave de faible intensité jusqu’à 150-600 mètres de hauteur, coulées de lave et dégazage du cratère sommital. Les coulées de lave avancent, comme précédemment, sur des distances de 3,3 km, 4,5 km et 900 mètres dans les ravines Miisi, Bonga et Basud. L’Institut n’a recensé que deux épisodes de coulées pyroclastiques le 25 février dans les ravines Miisi, Basud et Bonga-Buyuan. Ces coulées ont couvert moins de 4 kilomètres depuis le cratère sommital « .
Le niveau d’alerte 4 reste en vigueur sur le Mayon.

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The eruption of Mayon Volcano continues and is closely monitored by the Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS).The Manila Bulletin informs us that thieves stole monitoring equipment belonging to the Institute at the Hydrolab Station in Barangay Padang last weekend. Two units of 12 Volts Yuwasa battery worth P12,000 (about 190 €)each and two pieces solar panel worth P6,000 (about 95 €) were discovered missing by Phivolcs personnel. Scientists were inspecting monitoring stations Friday afternoon, when it was discovered that the padlock of the aluminum case where the batteries were installed was already destroyed and the batteries missing. The stolen items are used to monitor the acidity, temperature, and the water level in the area. While they form a small percentage of the overall monitoring of the volcano, the same are still vital. In December last year, a solar panel and two batteries used to power the monitoring equipment installed in Barangay Lidong, within the danger zone were also stolen. This is not the only example of thefts of monitoring equipment. More occurred in the Democratic Republic of Congo on the slopes of Nyiragongo, a dangerous volcano that is a threat to the town of Goma.

Meantime, PHILVOCS indicates that « Mayon’s condition for the past 24 hours was characterized by weak lava fountaining 150-600 metres high, lava effusion and degassing from the summit crater. Lava flows have maintained fronts at 3.3 kilometres, 4.5 kilometres and 900 metres on the Miisi, Bonga and Basud Gullies, respectively, from the summit crater. Only two episodes of pyroclastic flows were visually observed on February 25th on the Miisi, Basud and Bonga-Buyuan Gullies within 4 kilometers of the summit crater ».
Alert Level 4 still remains in effect over Mayon Volcano.

Source: PHIVOLCS

Yellowstone: Un nouvel essaim sismique affole les médias // New seismic swarm drives the media wild

Chaque fois qu’une activité sismique inhabituelle est enregistrée à Yellowstone, les médias – surtout les tabloïds britanniques – se demandent si une super éruption ne va pas se produire, avec toutes les catastrophes imaginables dans son sillage. Ainsi, le Daily Express rappelle à ses lecteurs que « si le volcan du Wyoming devait entrer en éruption, on estime que 87 000 personnes seraient immédiatement tuées et que les deux tiers des États-Unis deviendraient immédiatement inhabitables. La grande quantité de cendre rejetée dans l’atmosphère bloquerait la lumière du soleil et affecterait directement la vie sur Terre en provoquant un ‘hiver nucléaire’. L’éruption pourrait être 6 000 fois plus puissante que celle du Mont St Helens dans l’Etat de Washington en 1980 ; elle a tué 57 personnes et déposé de la cendre dans 11 Etats différents ainsi que dans cinq provinces canadiennes. Si le volcan [de Yellowstone] explosait, il se produirait un changement climatique car le volcan enverrait d’importantes quantités de dioxyde de soufre dans l’atmosphère, susceptibles de former un aérosol qui réfléchirait et absorberait la lumière du soleil. »
Un essaim de plus de 200 séismes a effectivement été enregistré dans le Parc National de Yellowstone en février 2018, mais – comme pour les précédents événements du même type – les géologues de l’Observatoire (YVO) insistent sur le fait que cela ne signifie pas qu’une éruption va se produire. L’USGS indique que les 200 événements sismiques ont débuté le 8 février et ont duré jusqu’au 15 février dans une zone située à environ 13 kilomètres au nord-est de West Yellowstone.
Même si l’essaim était plus important que la sismicité habituelle dans le Parc, il n’annonce pas forcément, non plus, un séisme majeur. Il correspond à l’activité sismique fréquemment observée à Yellowstone. Par exemple, un essaim encore plus significatif a fait frémir la région entre juin et septembre 2017. Les géologues pensent que l’essaim actuel pourrait être la suite de cet événement antérieur.

Certains scientifiques pensent toutefois que le risque d’un séisme majeur est sous-estimé à Yellowstone. Outre le tremblement de terre meurtrier de 1959 avec une magnitude de M 7,3 et 28 victimes, un séisme de magnitude M 6.1 a frappé la région de Yellowstone en 1975. Les gens ont tendance à redouter une super éruption, qui semble peu probable à court ou moyen terme, et ils oublient que l’on pourrait enregistrer beaucoup plus souvent des séismes de magnitude M 7.0 ou plus dans la région.
Sources: YVO, Science en direct, Gillette News Record, The Daily Express.

En cliquant sur ce lien, vous verrez des images des dégâts provoqués par le séisme de 1959 :

https://youtu.be/R1wSmqXH44s

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Each time some unusual seismic activity is recorded at Yellowstone and the media – mostly the British tabloids – wonder whether a super eruption will not occur, with all the disasters in its wake. The Daily Express reminds its readers that “if the Wyoming volcano were to erupt, an estimated 87,000 people would be killed immediately and two-thirds of the USA would immediately be made uninhabitable. The large spew of ash into the atmosphere would block out sunlight and directly affect life beneath it creating a “nuclear winter”. The massive eruption could be a staggering 6,000 times as powerful as the one from Washington’s Mount St Helens in 1980 which killed 57 people and deposited ash in 11 different states and five Canadian provinces. If the volcano exploded, a climate shift would ensue as the volcano would spew massive amounts of sulphur dioxide into the atmosphere, which can form a sulphur aerosol that reflects and absorbs sunlight.”

A swarm of more than 200 earthquakes recently struck Yellowstone National Park in February 2018, but – like the previous events of this sort – the geologists at the Yellowstone Volcano Observatory (YVO) insist that does not mean a super eruption is coming anytime soon. USGS indicates that the 200 seismic events began on February 8th and lasted until February 15th in an area about 13 kilometres northeast of West Yellowstone,

However, even though the swarm was more significant than the usual seismicity in the Park, it is not a sign of a major earthquake. It corresponds to the seismic activity frequently observed at Yellowstone. For instance, an even bigger swarm shook the area between June and September of 2017. Geologists suggest that the current swarm may be the continuation of that earlier swarm.

Some scientists think the possibility of a large earthquake is an underappreciated risk at Yellowstone. Aside from the deadly, damaging 1959 Hebgen Lake earthquake with an M 7.3 magnitude and 28 casualties, an M 6.1 quake struck the Yellowstone region in 1975. People tend to focus on the possibility of a super eruption, which is unlikely to occur in the short or even medium term, whereas M 7.0 earthquakes could happen comparatively more often.

Sources : YVO, Live Science, Gillette News Record, The Daily Express.

By clicking on this link, you will see images of the damage caused by the 1959 earthquake:

https://youtu.be/R1wSmqXH44s

Photos: C. Grandpey

 

Les flamants nains du lac Natron (Tanzanie) // The lesser flamingos of Lake Natron (Tanzania)

Lors de ma visite à l’Ol Doinyo Lengai, au cœur de la Vallée du Rift, en décembre 2002, j’ai eu l’occasion de parcourir les rives du lac Natron et de voir les innombrables flamants nains qui s’y nourrissent d’algues microscopiques, les cyanobactéries. Elles produisent des substances chimiques qui, chez la plupart des animaux, endommageraient les cellules, le système nerveux et le foie et entraîneraient la mort. Le flamant, lui, peut en consommer des quantités énormes sans effets nocifs. De plus, c’est un pigment produit par l’algue qui lui donne son magnifique plumage rose.
Deux des habitats préférés des flamants nains, le lac Bogoria au Kenya et le lac Natron en Tanzanie, sont hostiles à pratiquement toutes les autres formes de vie. L’eau du lac Natron peut même agresser la peau de l’homme. Dans de telles conditions, les prédateurs (quelques renards qui viennent chaparder des poussins) sont peu nombreux et la concurrence pour la nourriture est minime. C’est pourquoi ces zones humides toxiques abritent d’impressionnantes colonies de flamants.

Ayant évolué dans un environnement aussi hostile avec peu de rivaux, les flamants nains auraient du mal à s’adapter à un style de vie plus compétitif ailleurs. Malgré cela, leur nombre dans la nature diminue chaque année. Les hommes sont en grande partie responsables de cette situation. Les habitats des zones humides ont été pollués par des produits chimiques agricoles et des eaux usées. Le déclin de la prolifération d’algues signifie que certaines populations de flamants meurent de faim. Si les humains prélèvent trop d’eau dans un lac ou si le changement climatique entraîne une évaporation excessive, les niveaux de salinité deviennent instables. Les populations de cyanobactéries peuvent alors exploser et les oiseaux finissent par consommer de nouvelles espèces qui peuvent les empoisonner et causer de très nombreuses pertes.
Les tentatives d’extraction du carbonate de sodium (Na2CO3) – à des fins industrielles – du lac Natron représentent un autre danger. L’exploitation minière perturberait la vie de ces oiseaux qui tendent à nicher loin du rivage, sur des îles qui ont été isolées par les inondations. Étant donné la lenteur avec laquelle les flamants roses s’adaptent et évoluent vers de nouvelles aires de nidification, toute modification dans l’évolution du lac Natron doit être évitée. Les perturbations anthropiques ont déjà conduit les flamants nains à abandonner des sites de reproduction et, en 1993, les eaux polluées des lacs Bogoria et de Nakuru ont tué plus de 20 000 flamants nains, le premier exemple d’une série de morts récurrentes.
Le dernier projet d’exploitation minière du lac Natron a été retiré mais d’autres projets n’ont pas été définitivement abandonnés. Les groupes de conservation environnementale restent vigilants. La surveillance et la protection de la population de flamants du lac Natron constituent une priorité absolue. L’extraction à grande échelle du carbonate de sodium serait une catastrophe pour l’espèce et pourrait voir les flamants devenir officiellement menacés.
L’importance de ces zones humides et apparemment hostiles est évidente. La vie dans les lacs de la vallée du Rift dépend d’un équilibre délicat. Il est clair que nous nuisons déjà à ces écosystèmes uniques et fragiles. Si les humains devaient y provoquer des changements drastiques, les colonies de flamants roses disparaîtraient à jamais.
Sources: France Info, The Independent.

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During my visit to Ol Doinyo Lengai volcano in the heart of the Rift Valley in December 2002, I had the opportunity to walk along the shores of Lake Natron and see the innumerable lesser flamingos that feed on microscopic blue-green algae, also called cyanobacteria. They produce chemicals that, in most animals, can fatally damage cells, the nervous system and the liver. The lesser flamingo, however, can consume enormous amounts with no ill effects. It is a pigment in the algae that gives them their colourful plumage.

Two of the lesser flamingo’s preferred habitats, Lake Bogoria in Kenya and Lake Natron in Tanzania, are hypersaline and hostile to practically all other forms of life. Lake Natron water can even strip away human skin.With few other animals able to cope in such conditions, there is minimal competition for food, and these toxic wetlands are home to massive flocks.

Having evolved in such a hostile environment with few rivals, they would have trouble adapting to a more competitive lifestyle elsewhere. The number of lesser flamingos in the wild is decreasing each year. And humans are to blame. Wetland habitats have been polluted by agricultural chemicals and sewage. Declining algal blooms mean some populations are starving to death. If humans take too much water from a lake, or climate change causes excess evaporation, then salinity levels will become unstable. Populations of cyanobacteria can explode and the birds end up consuming new species which can poison them and cause mass deaths.

Attempts to extract sodium carbonate (Na2CO3) from Lake Natron represents another danger. Mining would disturb the birds who like privacy when breeding and tend to nest far from shore, on remote islands that have been isolated by flooding. Given how slow flamingos are at adapting and changing to new nesting areas, any Natron development must be avoided. Anthropogenic disturbances have previously caused lesser flamingos to abandon suitable breeding sites, and back in 1993, polluted water in Lake Bogoria and nearby Nakuru killed more than 20,000 lesser flamingos, the first of a series of recurring deaths.

The latest mining proposal has been withdrawn but such developments have not been completely shelved. Conservation groups remain alert. Monitoring and protecting the population at Lake Natron is the top priority for lesser flamingo conservation. Large-scale soda ash extraction would be disastrous for the species and could see the flamingos become officially vulnerable or even endangered.

The importance of these unique, and apparently hostile, wetlands is clear to see. Life in the Rift Valley lakes is a delicate balance. And it is clear that we are already harming these unique and fragile ecosystems. If humans were to cause drastic changes, their spectacular pink inhabitants would vanish forever.

Sources : France Info, The Independent.

L’Ol Doinyo Lengai

Paysage du Rift Africain

Flamants du lac Natron

(Photos: C. Gtandpey)