Mayon (Philippines): Baisse du niveau d’alerte // The alert level has been lowered

Le jeudi 29 mars 2018, le PHIVOLCS a abaissé le niveau d’alerte du Mayon de 3 à 2, car le volcan a montré une nette baisse d’activité au cours des dernières semaines. Ainsi, au cours des deux dernières semaines, l’activité sismique provoquée par des effondrements est passée de 82 événements à moins de 10. Les séismes basse fréquence associés au dégazage du magma et aux panaches de cendres ont été enregistrés pour la dernière fois le 15 mars. L’effusion de lave à partir du cratère a été détectée jusqu’au 18 mars. La baisse globale de la sismicité indique qu’il n’y a actuellement aucune ascension de magma jusqu’au niveau superficiel de l’édifice volcanique. De plus, depuis le 20 février 2018, une déflation moyenne du Mayon a été enregistrée, malgré quelques épisodes d’inflation de courte durée sur les pentes inférieures et moyennes. Les émissions de SO2 ont également diminué.
S’il y a un retour significatif au niveau normal de déformation du sol et si les autres paramètres continuent à montrer une baisse, le niveau d’alerte pourra être diminué encore davantage.
Il est rappelé au public qu’il est interdit de pénétrer dans la zone de danger permanent de six kilomètres «en raison des risques de chutes de pierres, d’avalanches, d’émissions de cendre et d’éruptions phréatiques soudaines». De même, les personnes vivant dans les vallées et les ravines sont doivent rester vigilantes devant le risque de lahars en cas de longues périodes de fortes pluies.

———————————————

PHIVOLCS on Thursday, March 29th, 2018 lowered Mayon Volcano’s alert status from 3 to 2, as the volcano showed a “general decline in unrest” in the past weeks. Over the past two weeks, seismic activity has waned from a peak of 82 to less than 10 rockfall events. Low frequency earthquakes associated with magma degassing and short ash plumes were last recorded on March 15th, although lava flow effusion from the crater was detected until March 18th. The overall decline in seismicity indicates that there is currently no active ascent of magma to the shallow levels of the volcano’s edifice. In addition, since February 20th, 2018, an average deflation of Mayon’s edifice has been recorded despite short-term episodes of inflation of its lower and middle slopes. SO2 emissions have alsio declined during the past weeks.

If there is a noticeable return to baseline levels of ground deformation and sustained low levels of other parameters, then the alert level may further step down.

The public is reminded to avoid entry into the six-kilometer permanent danger zone “due to hazards of rockfalls, avalanche, ash puffs and sudden steam-driven or phreatic eruptions”. Likewise, people living in valleys and active river channels are cautioned to remain vigilant against lahars in the event of prolonged and heavy rainfall.

Source: PHIVOLCS.

Source: Wikipedia

Publicités

Nuages de cendre volcanique // Volcanic ash clouds

De toute évidence, aucune mesure concrète et efficace dans le domaine du trafic aérien n’a fait suite à l’éruption de l’Eyjafjallajökull en Islande en 2010. Aucun système fiable de détection de la cendre volcanique n’a été installé dans les aéronefs. Cela m’a été confirmé par des pilotes de la British Airways et d’Air France. Les efforts ont essentiellement porté sur la recherche de solutions permettant de détecter la cendre depuis le sol jusqu’à une altitude minimale de 12 km et d’en évaluer la densité. Ainsi, les avionneurs sont en mesure de mieux comprendre les densités de cendre que leurs avions peuvent endurer. De plus, les Volcanic Ash Advisory Centres (VAACs), centres conseil en cendres volcaniques, disposent maintenant d’outils et de procédures beaucoup plus performants qu’en 2010 pour cartographier et localiser les nuages ​​de cendre.
Malgré tous ces efforts, la dernière éruption du Mont Agung a provoqué la fermeture de plusieurs aéroports indonésiens, ainsi que de nombreuses annulations de vols. La couleur de l’alerte aérienne est également passée au Rouge lors de la dernière éruption du Mayon aux Philippines. Le Mont Sinabung sur l’île de Sumatra est entré en éruption en février et a envoyé un nuage de cendre jusqu’à 7 kilomètres de hauteur. La couleur de l’alerte aérienne est, là aussi, passée au Rouge et les pilotes devaient donc éviter de s’approcher du volcan.
L’expérience a montré à plusieurs reprises aux compagnies aériennes que la cendre volcanique peut constituer un réel danger pour les avions. Le mélange de roches pulvérisées, de gaz et de minuscules éclats de verre peut causer des dégâts à la carlingue des avions, pénétrer à l’intérieur des réacteurs et même les bloquer. La cendre peut aussi réduire à néant les principaux systèmes de navigation et de communication. C’est pourquoi les neuf VAAC à travers le monde surveillent les éruptions volcaniques comme celle du Sinabung. Leur rôle est de suivre l’évolution et le déplacement des nuages ​​de cendre en temps réel et d’éloigner les avions.
À l’aide des images satellites, des rapports de pilotes et des données provenant d’observatoires volcanologiques, ces VAAC émettent des bulletins d’alerte avec des codes de couleurs différentes : Vert signifie qu’un volcan est calme; Jaune signifie que le volcan a commencé à entrer en activité; Orange signifie qu’une éruption est probable alors que Rouge signifie qu’une importante éruption est en cours ou a commencé. Les responsables des VAAC ne disent pas aux pilotes ce qu’ils doivent faire ; leur rôle se limite à fournir des informations essentielles sur la taille et l’emplacement des nuages de cendre, ainsi que leur direction.
Les VAAC ont été créés par l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) après que plusieurs avions aient failli s’écraser après avoir traversé des nuages ​​de cendre. En 1982, les moteurs de deux avions qui avaient volé à travers la cendre émise par le Galunggung (Indonésie) ont cessé de fonctionner et les pilotes ont dû effectuer des atterrissages d’urgence. L’un d’entre eux, un Boeing 747 de la British Airways, a décroché de plus de 6 000 mètres avant que le pilote réussisse à redémarrer trois des quatre moteurs. En 1989, un autre Boeing 747 a failli s’écraser après avoir traversé le nuage de cendre émis par le Mont Redoubt en Alaska; les quatre moteurs avaient cessé de fonctionner!
La cendre volcanique peut endommager un avion de plusieurs façons. L’une des conséquences les plus graves est, bien sûr, l’arrêt des moteurs. La cendre contient de minuscules particules de verre qui peuvent fondre sous l’effet de la chaleur d’un réacteur. Ce verre fondu peut pénétrer dans des pièces maîtresses, réduire la puissance du moteur, ou le bloquer carrément. Avec la vitesse de vol des avions, la cendre qui entre en contact avec l’extérieur de l’avion peut également briser les antennes, créer un écran sur les pare-brise ​​et générer de l’électricité statique susceptible de perturber les signaux de navigation et de communication. La cendre peut aussi détruire les systèmes indiquant la vitesse de l’avion. On a vu récemment les problèmes dramatiques provoqués par le mauvais fonctionnement des sondes Pitot.
Les compagnies aériennes ne savent pas évaluer la densité de cendre tolérable pour faire voler les appareils. Pendant longtemps, elles ont évité de les faire voler lorsque de la cendre était dans l’air. Toutefois, après que des millions de personnes aient été bloquées et que des milliards de dollars aient été perdus lors de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010, les scientifiques ont commencé à faire des recherches. Des tests ont été effectués mais, de toute évidence, les résultats ne sont pas fiables.
Au vu des statistiques de l’USGS, des avions ont traversé des nuages ​​de cendre volcanique à 253 reprises entre 1953 et 2016. Neuf d’entre eux ont connu une panne de moteur, mais aucun ne s’est écrasé. On ne sait pas pourquoi certains nuages ​​de cendre peuvent avoir un effet  dévastateur sur certains moteurs, alors que d’autres avions peuvent se sortir des nuages de cendre relativement indemnes. C’est probablement parce que la composition de la cendre peut varier d’un volcan à l’autre.
Un autre problème doit être pris en compte: Tous les volcans ne sont pas surveillés, en particulier dans certaines régions volcaniques du Pacifique, de sorte que des pilote peuvent devoir traverser des nuages de cendre sans avoir été prévenus de leur présence.

Au bout du compte, il semble bien que la situation n’ait guère évolué depuis l’éruption de l’Eyfjallajökull….

Adapté à partir d’un article paru dans The Verge., VAAC Toulouse, Météo France, Rolls Royce.

——————————————–

Apparently, the 2010 eruption of Eyjafjallajökull in Iceland did not bring any profitable lesson as far as air traffic is concerned. No reliable ash detection system has been installed in aircraft. This was confirmed to me by British Airways and Air France pilots. Efforts have essentially been made to investigate solutions to detect ash from the ground up to a minimum altitude of 12 km and to assess its density. In this way, plane manufacturers can better understand what densities of ash their aircraft are able to endure. Moreover, Volcanic Ash Advisory Centres (VAACs) now have significantly more sophisticated tools and procedures for mapping and forecasting the location of ash clouds than were available in 2010.

Despite all these efforts, the last eruption of Mt Agung caused the closure of several Indonesian airports, as well as many flight cancellations. The aviation colour code was also raised to Red during the last eruption of Mt Mayon in the Philippines. More recently, Mount Sinabung on Sumatra Island erupted in February and spewed an ash cloud up to 7 kilometres in the air. The aviation colour code was raised to Red, which meant that pilots should fly away from the volcano.

Experience has told aviation companies that volcanic ash can be a real danger to aircraft. The mixture of crushed rocks, gases, and tiny shards of glass can sandblast the plane’s exterior, get into the engine and block them, and ruin key navigational and communications systems. That’s why the nine Volcanic Ash Advisory Centers around the world keep watch for volcanic eruptions like Mt Sinabung’s. Their role is to track the ash clouds in real time and to divert the planes around.

Using a combination of satellite imagery, pilot reports, and data from volcano observatories, these VAACs issue colour-coded warnings: Green means a volcano is quiet; Yellow means the volcano is starting to get restless; Orange that an eruption is likely while Red means a big eruption is on its way, or has already started. The advisories don’t tell pilots what to do, but they provide key information about the size and location of the ash cloud and its direction.

The Volcanic Ash Advisory Centers were formed by the International Civil Aviation Organization after several planes almost crashed after flying through ash clouds. In 1982, two airplanes flying through ash emitted by Indonesia’s Mount Galunggung lost power to their engines and had to make emergency landings. One of them, a British Airways Boeing 747, plummeted more than 6,000 metres before the pilot could restart three of the four engines. Then, in 1989, another Boeing 747 nearly crashed after it flew through volcanic ash from Mount Redoubt in Alaska; all four of its engines had stopped functioning!.

Volcanic ash can damage an airplane in multiple ways. One of the most dangerous is by blocking the engine. Indeed, volcanic ash contains tiny glass particles that can melt in a jet engine’s heat. This molten glass can stick to key components, cutting the engine’s power, or killing it completely. At high speeds, ash coming into contact with the exterior of the plane can also break antennas, cloud windscreens, and generate static electricity that distorts navigation and communication signals. If ash flies into tubes that measure airspeed, it can also break the plane’s speedometer.

Air companies don’t know exactly how much ash is safe to fly through. For a long time, the aviation industry avoided flying when any ash was in the air. But after millions of people were stranded and billions of dollars were lost during the eruption of Iceland’s Eyjafjallajökull volcano in 2010, scientists began trying to figure out if there’s a middle ground. Tests were performed but the results obviously did not prove reliable.

All told, planes have flown through volcanic ash clouds about 253 times between 1953 and 2016, according to a report from the US Geological Survey. Only nine of those experienced engine failure, and none crashed. It’s not completely clear why certain ash clouds can have such a devastating effect on certain engines, and why other planes can fly through relatively unharmed. One possibility is that the composition of ash can vary from volcano to volcano.

There is another problem: not every volcano is monitored, especially in some volcanic regions of the Pacific, so it is still possible for planes to fly through ash clouds without warning.

To put it shortly, it seems the situation has not much changed since the 2010 eruption of Eyjafjallajökull…

Adapted from an article published in The Verge., VAAC Toulouse, Météo France, Rolls Royce.

Eruption du Galunggung en 1982 (Crédit photo: Wikipedia)

Eruption du Redoubt en 1990 (Crédit photo: Wikipedia)

Eruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)

 

Mayon (Philippines): Retour de 55 000 personnes évacuées // Return of 55,000 evacuees

Quelque 55 000 personnes qui avaient été évacuées quand le Mayon a montré des signes de réveil en octobre 2017 ont été autorisées à rentrer chez elles après la baisse du niveau d’alerte le 6 mars 2018. Ces personnes appartiennent à 15 000 familles qui logeaient dans des abris temporaires surpeuplés, tels que des écoles.
Cependant, environ 3 000 familles, soit 12 000 personnes, devront rester dans les centres d’hébergement temporaire tant que le PHIVOLCS n’aura pas baissé le niveau d’alerte à 2. En effet, leurs maisons sont dans la zone de danger permanent de 5 km de rayon autour du Mayon.
Comme je l’ai écrit précédemment, le PHIVOLCS a demandé aux autorités et à la population de rester vigilants malgré l’abaissement du niveau d’alerte car le volcan pourrait à nouveau montrer des signes importants d’activité.
Source: Journaux philippins.

—————————————–

About 55,000 evacuees were allowed to return to their homes after PHIVOLCS reported lowering the alert level over Mayon Volcano on March 6th, 2018. The evacuees belonged to about 15,000 families staying in crowded temporary shelters composed of schoolhouses for the past six months when Mayon showed major signs of eruption in October 2017.
However, about 3,000 families or 12,000 individuals were banned from decamping until PHIVOLCS would lower the alert level to 2 because their houses are within Mayon’s permanent five-kilometre danger zone.
As I put it previously, PHIVOLCS has warned officials and residents not to let their guard down and continue to remain vigilant despite the lowering of the alert level, pointing out the volcano could again show major signs of eruption.
Source: Philippine newspapers.

Source: PHIVOLCS

Baisse du niveau d’alerte du Mayon (Philippines) // Alert level lowered on Mayon Volcano (Philippines)

Le mardi 6 mars 2018, l’Institut philippin de volcanologie et de séismologie (PHIVOLCS) a réduit le niveau d’alerte du Mayon de 4 à 3. En effet, l’Institut indique que l’activité volcanique la semaine dernière a été marquée par « une sismicité et un dégazage modérés, une déflation de l’édifice et une diminution de l’activité éruptive ».
Entre le 5 et le 6 mars, le réseau sismique a seulement relevé 4 séismes d’origine volcanique et 44 éboulements. De plus, on observe une déflation de l’édifice après une période d’inflation continue qui a débuté en octobre-novembre 2017. La déflation actuelle révèle une diminution de la recharge de la chambre magmatique. Cependant, le volcan reste gonflé par rapport au mois de janvier 2010.
Les émissions de dioxyde de soufre pendant l’éruption ont varié d’un maximum de 4 270 tonnes / jour le 21 février à 1 400 tonnes / jour le 3 mars. Elles sont bien inférieures à celles mesurées lors des éruptions passées qui atteignaient  par exemple 8 000 tonnes / jour en 2009.
Le PHIVOLCS fait toutefois remarquer que le volcan pourrait encore connaître des explosions soudaines, des effondrements, des coulées pyroclastiques et des retombées de cendre qui pourraient affecter les pentes supérieures ou moyennes. Cependant, « s’il y a une tendance à la baisse des paramètres de surveillance, le niveau d’alerte sera abaissé à 2. »
Le PHIVOLCS demande au public d’être vigilant et de s’abstenir d’entrer dans la zone de danger permanent de six kilomètres et dans la zone préventive de sept kilomètres dans les secteurs sud-sud-ouest et est-nord-est. Il demande également d’être très vigilant par rapport aux lahars dans les secteurs sud et est, en particulier pendant les périodes de fortes pluies.
Il est aussi conseillé aux pilotes d’éviter de voler à proximité du sommet du Mayon car les nuages de cendre et les projections provenant d’explosions soudaines et de coulées pyroclastiques peuvent présenter un danger pour les aéronefs.
Sources: PHIVOLCS et Manila Bulletin.

——————————————-

The Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS) on Tuesday, March 6th, 2018 lowered Mayon Volcano’s alert status from 4 to 3. The Institute said Mayon Volcano’s condition last week has been characterized by a general decline of activity reflected by moderate seismicity and degassing, deflation of the edifice and a decrease in eruptive activity.

Between March 5th and 6th, only four volcanic earthquakes and 44 rockfall events were recorded by the seismic network. In addition, there is a downtrend in ground deformation following a period of continuous inflation that began in October-November 2017 and indicates a decrease in magma recharge from deep to shallow levels of the edifice. However, the volcano is still inflated relative to January 2010 baselines.

Mayon Volcano’s sulfur dioxide flux throughout the eruption has varied from a maximum of 4,270 tons/day on February 21 to 1,400 tons/day on March 3, but they are significantly lower than those measured in past eruptions, such as the up to 8,000 tons/day in 2009.

PHIVOLCS noted however that the volcano could still generate sudden explosions, lava collapses, pyroclastic flows and ashfall, which could affect the upper to middle slopes of the volcano. However, “should there be a persistent downtrend in monitoring parameters, then the alert level will be further lowered to 2.”

Phivolcs asked the public to be vigilant and refrain from entering the six-kilometer permanent danger zone and the seven-kilometer precautionary extended danger zone in the south-southwest to east-northeast sector. It also asked for increased vigilance against lahar flows in the southern and eastern sectors, especially during periods of heavy and prolonged rainfall.

Civil aviation authorities were asked to advise pilots to avoid flying close to the volcano’s summit as airborne ash and ballistic fragments from sudden explosions and pyroclastic flows can be hazardous to aircraft.
Sources: PHIVOLCS & Manila Bulletin.

Crédit photo: Wikipedia

Cartes à risques du Mayon (Source: PHIVOLCS)

Nouvelles du Mayon (Philippines) // News of Mayon Volcano (Philippines)

L’éruption du Mayon continue et est étroitement contrôlée par le PHIVOLCS. Le Manila Bulletin nous informe que des voleurs ont dérobé du matériel de surveillance appartenant à l’Institut à la station Hydrolab de Barangay Padang le week-end dernier. Le personnel du PHIVOLCS a constaté que deux batteries Yuwasa de 12 volts, d’une valeur de 12 000 pesos (environ 190 €) chacune, et un panneau solaire d’une valeur de 6 000 pesos (environ 95 €) avaient disparu. Les scientifiques venus contrôler les stations de surveillance vendredi après-midi ont constaté que le cadenas du caisson en aluminium où étaient entreposées les batteries avait été brisé et les batteries avaient disparu. Le matériel volé est utilisé pour surveiller l’acidité, la température et le niveau d’eau dans la zone. Même s’ils représentent une petite partie de l’équipement de surveillance du volcan, ces appareils ont leur importance. En décembre 2017, un panneau solaire et deux batteries utilisées pour alimenter l’équipement de surveillance installé à Barangay Lidong, dans la zone de danger, ont également été volés. Ce n’est pas le seul exemple de vol de matériel de surveillance. Semblables méfaits ont été constatés en République Démocratique du Congo sur les pentes du Nyiragongo, un dangereux volcan qui menace la ville de Goma.

Dans le même temps, le PHIVOLCS indique que « la situation sur le Mayon au cours des dernières 24 heures a consisté en fontaines de lave de faible intensité jusqu’à 150-600 mètres de hauteur, coulées de lave et dégazage du cratère sommital. Les coulées de lave avancent, comme précédemment, sur des distances de 3,3 km, 4,5 km et 900 mètres dans les ravines Miisi, Bonga et Basud. L’Institut n’a recensé que deux épisodes de coulées pyroclastiques le 25 février dans les ravines Miisi, Basud et Bonga-Buyuan. Ces coulées ont couvert moins de 4 kilomètres depuis le cratère sommital « .
Le niveau d’alerte 4 reste en vigueur sur le Mayon.

——————————————–

The eruption of Mayon Volcano continues and is closely monitored by the Philippine Institute of Volcanology and Seismology (PHIVOLCS).The Manila Bulletin informs us that thieves stole monitoring equipment belonging to the Institute at the Hydrolab Station in Barangay Padang last weekend. Two units of 12 Volts Yuwasa battery worth P12,000 (about 190 €)each and two pieces solar panel worth P6,000 (about 95 €) were discovered missing by Phivolcs personnel. Scientists were inspecting monitoring stations Friday afternoon, when it was discovered that the padlock of the aluminum case where the batteries were installed was already destroyed and the batteries missing. The stolen items are used to monitor the acidity, temperature, and the water level in the area. While they form a small percentage of the overall monitoring of the volcano, the same are still vital. In December last year, a solar panel and two batteries used to power the monitoring equipment installed in Barangay Lidong, within the danger zone were also stolen. This is not the only example of thefts of monitoring equipment. More occurred in the Democratic Republic of Congo on the slopes of Nyiragongo, a dangerous volcano that is a threat to the town of Goma.

Meantime, PHILVOCS indicates that « Mayon’s condition for the past 24 hours was characterized by weak lava fountaining 150-600 metres high, lava effusion and degassing from the summit crater. Lava flows have maintained fronts at 3.3 kilometres, 4.5 kilometres and 900 metres on the Miisi, Bonga and Basud Gullies, respectively, from the summit crater. Only two episodes of pyroclastic flows were visually observed on February 25th on the Miisi, Basud and Bonga-Buyuan Gullies within 4 kilometers of the summit crater ».
Alert Level 4 still remains in effect over Mayon Volcano.

Source: PHIVOLCS

Nouvelles du Mayon (Philippines) // News of Mayon Volcano (Philippines)

Aucune activité majeure n’a été observée sur le Mayon ces derniers jours. Cette activité consistait en fontaines de lave sporadiques et de faible intensité, coulées de lave et dégazage du cratère sommital. Les fontaines de lave généraient des panaches de cendre qui s’élevaient à 500 mètres au-dessus du sommet. Les coulées de lave ont parcouru jusqu’à 3,3 kilomètres, 4,5 kilomètres et 900 mètres dans les ravines Miisi, Bonga et Basud, depuis le cratère sommital. Les coulées pyroclastiques n’ont pas dépassé des longueurs de 4,6, 5,2 et 4,2 kilomètres dans les ravines Miisi, Bonga et Basud.
La sismicité reste élevée, ce qui s’explique par l’ascension du magma sous l’édifice et les épisodes de fontaines de lave. Les émissions de SO2 atteignaient une moyenne de 2148 tonnes / jour le 19 février 2018. Les données inclinométriques et GPS révèlent toujours une inflation de l’édifice due à sa mise sous pression par l’intrusion magmatique.
Le niveau d’alerte 4 est maintenu sur le Mayon.

Source : PHIVOLCS.
En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo de l’éruption réalisée début février par mon ami Thierry Sluys. Certaines séquences ont été filmées à partir d’un drone.

https://youtu.be/hu0j0jmJXIk

 ——————————————-

No major outbreak of activity has been observed at Mayon Volcano during the past days. This activity was characterized by sporadic and weak lava fountaining, lava flow and degassing from the summit crater. The lava fountains generated ash plumes that rose 500 metres above the summit. Lava flows travelled as far as 3.3 kilometres, 4.5 kilometres and 900 metres in the Miisi, Bonga and Basud Gullies, respectively, from the summit crater. Pyroclastic flows remained confined within the farthest recorded reaches of 4.6, 5.2 and 4.2 kilometres on the Miisi, Bonga and Basud Gullies, respectively.

Seismicity remains elevated, corresponding to the recharge of magma beneath the edifice and lava fountaining events. SO2 emissions reached an average of 2,148 tonnes/day on 19 February 2018. Electronic tilt and continuous GPS still record an inflation of the edifice, consistent with pressurization by magmatic intrusion.

Alert Level 4 still remains in effect over Mayon Volcano.

Source : PHIVOLCS.

By clicking on the following link, you will see a video of the eruption shot by my friend Thierry Sluys early in February. Some sequences were filmed from a drone.

https://youtu.be/hu0j0jmJXIk

Crédit photo: Wikipedia

Quelques réflexions sur les éruptions de l’Agung et du Mayon (Troisième partie) // Some thoughts about the eruptions of Mt Agung and Mt Mayon (Part 3)

CONCLUSIONS

Les éruptions de l’Agung et du Mayon présentent plusieurs points communs. Comme je l’ai indiqué précédemment, toutes deux se situent sur la Ceinture de Feu du Pacifique, bien connue pour ses volcans explosifs capables d’éruptions dévastatrices.

Agung et Mayon n’ont pas – et c’est tant mieux – provoqué de dégâts majeurs, tant sur le plan matériel qu’humain. A Bali, les différentes séquences éruptives n’ont généré que des panaches de cendre qui ont, il faut le noter, entraîné la fermeture d’aéroports et pénalisé le tourisme dans la région.  Aux Philippines, l’activité du Mayon, plus intense que celle de l’Agung, consiste essentiellement en fontaines et coulées de lave et quelques écoulements pyroclastiques de quelques kilomètres, sans réel danger pour les populations.

Dans les deux cas, on a appliqué – à juste titre selon moi – le principe de précaution et on a rapidement mis à l’abri les populations susceptibles d’être menacées. Il serait faux de dire que ces personnes ont été évacuées pour rien. En cas d’éruption majeure, les pertes auraient été lourdes. Un problème reste toutefois à résoudre : comment dissuader les paysans de revenir surveiller leurs fermes dans la zone d’exclusion. Les déplacements de populations créent, bien sûr, des problèmes (sanitaires, de promiscuité, etc.) dans les centres d’hébergement qui sont souvent des écoles où les classes sont fermées. Malgré tout, tout se passe relativement bien car ces populations sont habituées à affronter des catastrophes naturelles.

S’agissant de la mise en place des périmètres de sécurité, elle se fait progressivement, en fonction des variations du niveau d’alerte. Ne serait-il pas préférable de se référer en premier aux cartes à risques des volcans, comme celles que le PHILVOCS vient de les mettre à jour pour le Mayon, et d’évacuer d’emblée les zones potentiellement menacées ? Il est vrai qu’une telle mesure suppose une évacuation de masse, mais n’en vaut-elle pas la peine ? Il suffit d’imaginer ce qui se passerait si le deuxième scénario évoqué par le PHILVOCS (explosion majeure du volcan) se produisait. Ce scénario est d’ailleurs valable pour l’Agung si l’on se réfère à l’éruption de 1963.

Là où le bât blesse, c’est un niveau de la prévision. Il est clair que nous ne savons pas faire. Aujourd’hui, une éruption de la Montagne Pelée ne tuerait pas 29 000 personnes comme en 1902 car la volcanologie a évolué et nous appliquerions le sacro-saint principe de précaution. La population de Saint Pierre et des environs serait évacuée. Il n’empêche qu’il reste un très long chemin à parcourir pour prévoir le comportement d’un volcan explosif, comme ceux qui jalonnent la Ceinture de Feu du Pacifique.

++++++++++

En cliquant sur ce lien, vous verrez des images du Mayon prises par les satellites Sentinel-2:
http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2018/02/Mayon_lava

On peut voir le volcan en couleurs naturelles puis en fausses couleurs qui, en mettant en évidence la végétation en rouge, montrent les dégâts causés par la lave. Ensuite, deux bandes infrarouges à ondes courtes révèlent la coulée de lave à haute température émise par cône.
Source: ESA.

—————————————–

CONCLUSIONS

The eruptions of Agung and Mayon have several points in common. As I put it before, both are on the Pacific Ring of Fire, well known for its explosive volcanoes capable of devastating eruptions.
Agung and Mayon have not – and that’s a good thing – caused major damage, both material and human. In Bali, the various eruptive sequences only generated ash plumes that caused the closure of airports and penalized tourism in the region. In the Philippines, the activity of Mt Mayon, more intense than that of Mt Agung, consists mainly of fountains and lava flows and some pyroclastic flows a few kilometers long, without any real danger for the populations.
In both cases, the precautionary principle was applied – and I think it was correct – and people who could be threatened were quickly sheltered. It would be wrong to say that these people were evacuated for nothing. In case of a major eruption, the losses would have been heavy. One problem remains to be solved: how to discourage farmers from returning to control their farms in the exclusion zone. The displacement of populations creates problems (health, promiscuity, etc.) in shelters that are often schools where classes are closed. Nevertheless, everything is going well because these people are used to dealing with natural disasters.
Regarding the implementation of safety perimeters, it is done gradually, depending on changes in the alert levelt. Would not it be better to refer first to the volcanic risk maps, such as those PHILVOCS has just updated for Mt Mayon, and evacuate from the outset potentially threatened areas? It is true that such a measure induces a mass evacuation, but is it not worth it? Just imagine what would happen if the second scenario imagined by PHILVOCS (major explosion of the volcano) occurred. This scenario is also valid for Mt Agung if one refers to the 1963 eruption.
The real problem lies with the prediction. It is clear that we do not know how to predict an eruption. Today, an eruption of Mount Pelee in Martinique would not kill 29,000 people as it did in 1902 because volcanology has made progress and we would apply the sacrosanct precautionary principle. The population of Saint Pierre and the surrounding area would be evacuated. Nevertheless, there is still a long way to go to predict the behaviour of an explosive volcano, such as those that dot the Pacific Ring of Fire.

++++++++++

By clicking on this link, you will see images of Mayon Volcano taken by the Sentinel-2 satellites:

http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2018/02/Mayon_lava

We can see the volcano in natural colour and then in false colour which, by highlighting vegetation in red, shows the damage caused by lava. Then two shortwave infrared bands reveal the hot lava spilling from the cone.

Source: ESA.