Toujours plus chaud ! // Warmer and warmer !

Alors que l’on attend les dernières statistiques globales de température pour 2017, des informations intéressantes arrivent sur les premiers jours de janvier 2018. 47.3°C ont été enregistrés à Sydney (Australie) le 8 janvier 2017. Dans le même temps, la température matinale ce même jour à Ajaccio (Corse / France) était de 21°C, un nouveau record. De nombreux bulletins d’information se concentrent actuellement sur la vague de froid au Canada et dans certaines parties des États-Unis, mais la vérité est que le réchauffement climatique affecte encore largement la planète. 20°C ont été enregistrés en Sibérie le dernier jour de 2017! Les abondantes chutes de neige dans les Alpes ne signifient pas que le temps est plus froid; cela signifie que de l’air humide est entré en contact avec l’air normalement froid qui règne sur les montagnes en cette saison.
Décembre 2017 a été le mois de décembre le plus chaud jamais enregistré en Alaska. Selon le dernier rapport de la NOAA, la température moyenne en l’Alaska en décembre était de -7,2°C, soit 8,7°C de plus que la moyenne du 20ème siècle. Les records pour l’Alaska remontent à 1925. Le rapport a également constaté que 2017 a été la troisième année la plus chaude enregistrée aux États-Unis depuis le début des relevés en 1895. L’année dernière a également été la septième année la plus chaude en Alaska. Les quatre dernières années font toutes parties des sept plus chaudes jamais enregistrées.
Dans les localités du district de North Slope, le long de l’Océan Arctique, chaque jour de décembre a connu des températures supérieures à la normale.
Selon la NOAA, 2017 a été l’année la plus chaude de tous les temps dans cinq États américains : l’Arizona, la Géorgie, le Nouveau-Mexique, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud.

Sources : NOAA, National Weather Service.

————————————-

While we are waiting for the latest global temperature statistics for 2017, some interesting information is arriving about the first days of January 2018. 47.3°C were recorded in Sydney (Australia) on January 8th 2017. Meantime, the morning temperature on that same day in Ajaccio (Corsica / France) was 21°C, a new record. Many news bulletins are currently focusing on the cold snap in Canada and parts of the U.S. but the truth is that global warming is still largely affecting the planet. 20°C were recorded in Siberia on the last day of 2017! The very heavy snowfall in the Alps does not mean that the weather is colder; it means that humid air came into contact with the normally cold air that prevails on the mountains in this season.

December 2017 was the warmest December on record in Alaska. According to the latest NOAA report, Alaska’s average temperature in December was -7.2°C, 8.7°C above the 20th century average. Records for Alaska go back to 1925. The report also found that 2017 was the third warmest year on record for the U.S. as a whole since record-keeping began in 1895. Last year was also the seventh warmest year in Alaska on record. The last four years are all in the top seven warmest on record.

In the North Slope communities along the Arctic Ocean, every single day of December had temperatures above normal.

Five U.S. states had their warmest year on record in 2017: Arizona, Georgia, New Mexico, North Carolina and South Carolina, according to NOAA.

Sources : NOAA, National Weather Service.

Publicités

Jet-streams, glace de mer et changement climatique // Jet-streams, sea ice and climate change

Le Canada et les Etats-Unis connaissent depuis plusieurs jours une vague de froid sans précédent avec de la neige jusqu’en Floride. Cette descente d’air froid polaire n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est sa durée. Elle se produit régulièrement chaque hiver sur le continent nord-américain, en partie du fait d’une position du jet-stream polaire qui se situe plus au sud. Ce courant joue un rôle important dans la météo de l’hémisphère nord, un rôle aujourd’hui perturbé par le changement climatique. En effet, les zones polaires se réchauffent deux fois plus vite que les zones tempérées et tropicales. Or, la différence de température est à l’origine de la vigueur de cette ceinture de vents très forts qui fluctue autour de la zone arctique à uen dizaine de kilomètres d’altitude

Ce jet-stream a un trajet sinueux parce qu’il est déformé par les dépressions atmosphériques qui le repoussent vers les pôles. Lorsque les méandres descendent très au sud, ils permettent à l’air froid arctique de pénétrer sur les zones tempérées. Plus au nord, le jet-stream maintient l’air froid au-dessus de l’Arctique. Or, les preuves scientifiques s’accumulent sur le fait que la réduction des différences de températures entre pôle nord et tropiques rend la trajectoire du courant-jet plus sinueuse. Celui-ci descend plus vers le sud et remonte plus vers le nord si bien que ces dernières années, des températures dépassant les normales de 20 à 30°C ont été observées plusieurs fois en Arctique. Comme je l’ai mentionné dans des notes précédentes, fin décembre 2015, le pôle Nord a connu des températures positives de +2°C alors que la moyenne 1958-2002 est de -28°C. A l’inverse, en janvier 2017, toute l’Europe centrale et de l’est, jusqu’en Grèce où on a relevé -15°C, a subi des températures polaires.

Si l’Arctique se réchauffe plus vite, c’est à cause de la réduction de la couverte de glace de mer sur l’Océan. En moyenne entre 1979 et 2010, l’extension minimale de glace de mer dans l’Arctique à la fin de l’été était de 6,6 millions de km². Elle est descendue à 3,4 millions de km² en 2012, record absolu que n’a pas battu 2017 et ses 4,9 millions de km². Cette réduction de la surface de glace de mer signifie que les eaux libres absorbent la chaleur solaire alors que la couverture de glace renvoie cette chaleur vers l’espace. Ces eaux plus chaudes retardent la formation de la banquise en début d’hiver. L’océan se réchauffe ainsi que les couches basses de l’atmosphère. En septembre 2017, la mer de Barents au nord de la Norvège présentait ainsi une anomalie de température de +4°C.

Des modèles informatiques performants permettent aujourd’hui aux climatologues de prévoir cinq mois à l’avance l’extension ou la régression de la glace de mer. Ces prévisions intègrent aussi son épaisseur qui influe sur la surface estivale restante. Les modèles permettent aussi de se projeter dans l’avenir. Selon le Centre de recherche de Météo France, il existe in lien évident entre la fonte des glaces et la trajectoire du jet-stream. Il devrait voir sa sinuosité augmenter, favorisant ainsi les vagues de froid. Toutefois, une projection vers la seconde partie du siècle montre une remontée du jet-stream vers le nord sur l’ensemble des saisons, pérennisant ainsi des hivers plus doux.

Source : Science et Avenir.

——————————————–

Canada and the United States have been experiencing unprecedented cold weather for several days with snow all the way to Florida. This descent of cold polar air is not extraordinary, except its duration. It occurs regularly every winter on the North American continent, partly because of a position of the polar jet-stream which lies further south. This jet-stream plays an important role in the weather of the northern hemisphere, a role today disrupted by climate change. Indeed, the polar areas warm up twice as fast as the temperate and tropical zones. However, the difference in temperature is responsible for the vigour of this belt of very strong winds which fluctuates around the Arctic zone at a height of about 10 km.
This jet-stream has a winding path because it is deformed by the atmospheric depressions that push it towards the poles. When the meanders descend to the very south, they allow cold Arctic air to penetrate the temperate zones. Further north, the jet stram keeps cold air over the Arctic. However, scientific evidence is accumulating on the fact that the reduction of temperature differences between the north pole and the tropics makes the trajectory of the jet stream more sinuous. The latter is more southerly and more northerly, so that in recent years, temperatures exceeding 20°C to 30°C have been observed several times in the Arctic. As I mentioned in previous posts, at the end of December 2015, the North Pole experienced positive temperatures of + 2°C while the 1958-2002 average was -28°C. Conversely, in January 2017, all of central and eastern Europe, as far as Greece, where temperatures rose to -15°C, suffered polar temperatures.
If the Arctic warms up faster, it is because of the reduction of the sea ice cover on the ocean. On average between 1979 and 2010, the minimum sea ice extent in the Arctic at the end of the summer was 6.6 million km². It went down to 3.4 million km² in 2012, an absolute record that was not beaten by 2017 and its 4.9 million km². This reduction of the sea ice surface means that the open water absorbs solar heat while the ice cover reflects this heat to space. These warmer waters delay the formation of the sea ice in early winter. The ocean warms up as well as the lower layers of the atmosphere. In September 2017, the Barents Sea in northern Norway thus had a temperature anomaly of + 4°C.
High-teechnology computer models nowadays allow climatologists to predict the extension or regression of sea ice five months in advance. These forecasts also include its thickness, which influences the remaining summer surface.
Models also make it possible to project oneself into the future. According to Météo France’s Research Center, there is an obvious link between the melting ice and the trajectory of the jet-stream. We should see its sinuosity increase, favouring the cold waves. However, a projection towards the second half of the century shows a rise of the jet-stream towards the north over all the seasons, thus perpetuating the milder winters.
Source: Science et Avenir.

Animation montrant le jet-stream polaire, avec des vents pouvant atteindre 160 km/h. Sur l’animation, ces vents puissants sont représentés en rouge, tandis que les vents plus modérés sont en bleu.

Animation showing the polar jet stream, with winds up to 160 km / h. On the animation, these strong winds are represented in red, while the more moderate winds are in blue.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/62/Aerial_Superhighway.ogv

 

Vue du jet-stream polaire et de son homologue subtropical (Source : Lyndon State College Meteorology)

View of the polar jet stream and its subtropical counterpart (Source: Lyndon State College Meteorology)

Glace de mer dans l’Arctique (Photos: C. Grandpey)