De plus en plus d’ours à Anchorage (Alaska)? // More and more bears around Anchorage (Alaska) ?

Tout le bruit fait au sujet des quelques malheureux ours qui ont été réintroduits dans les Pyrénées me fait bien rire quand je vois la situation en Alaska et plus particulièrement dans la région d’Anchorage. L’approche du problème de l’ours est très différente dans ces deux régions du monde!
Jusqu’à présent cette année (début novembre 2017), 34 ours ont été abattus dans le district d’Anchorage, une vaste zone qui s’étend d’Eklutna à Portage et comprend des milliers d’hectares de nature sauvage. La moitié des ours a été tuée par des personnes qui désiraient protéger leurs vies ou leurs biens. L’autre moitié a été tuée par la police, des rangers du Fish and Game Department, ou des biologistes. Le nombre d’ours tués cette année est l’un des plus élevés jamais enregistrés dans le district d’Anchorage. C’est presque quatre fois plus que l’année dernière. (voir le tableau ci-dessous)
Les causes de ce nombre élevé d’ours abattus sont difficiles à déterminer, et il y en a probablement plusieurs. L’une d’entre elles fait suite à l’agression mortelle, par un ours, d’un adolescent de 16 ans à Bird Ridge. Suite à ce drame, certaines personnes sont devenues moins tolérantes envers les ours.

Il est une autre cause pour laquelle les habitants portent une responsabilité: les déchets. En mai 2017, un policier d’Anchorage a tué un ours noir qui fouillait dans des poubelles et a ensuite chargé deux femmes âgées dans la partie est de la ville. En octobre, la police de l’aéroport international Ted Stevens d’Anchorage a abattu un ours qui était entré dans le bureau de poste de l’aéroport et refusait de partir. L’estomac de l’ours était rempli d’emballages de bonbons. Une fois qu’un ours sait où trouver des déchets, il revient dans l’espoir d’en trouver d’autres. En 2015, il a fallu débourser près de 10 000 dollars pour transférer une ourse noire et ses oursons depuis le district d’Anchorage vers le Kenai National Wildlife Refuge, au sud de l’Etat. Ces mêmes ours ont été repérés plus tard dans la ville de Hope où ils ont continué à faire les poubelles et ont tué des poulets. Les rangers ont finalement abattu quatre des cinq ours déplacés après que l’un d’entre eux soit entré dans un véhicule.
En 2017, plusieurs ours se  sont montrés agressifs et ont tué des personnes. Au cours de l’été 2017, des biologistes de la faune sauvage ont abattu quatre ours noirs dans le secteur de Bird Ridge, après qu’un coureur à pied d’Anchorage ait été mortellement blessé lors d’une course de montagne le 18 juin. C’était le premier accident mortel de ce type dans la région d’Anchorage en plus de 20 ans. Le lendemain, et à des centaines de kilomètres de là, dans l’intérieur de l’Alaska, un homme de 27 ans a été tué par un ours noir alors qu’il travaillait dans une mine. La nouvelle de ces attaques a pu affoler les Alaskiens et les inciter à tirer sur les ours.
Une autre cause est peut-être tout simplement le plus grand nombre d’ours. À l’Alaska Native Heritage Centre, dans le nord-est d’Anchorage, le personnel a installé une nouvelle clôture plus performante pour mieux se protéger des ours après un été où ils ont pullulé. Il n’existe pas de recensement scientifique des ours dans le district d’Anchorage ; il est donc difficile de dire avec certitude si davantage d’ours ont fréquenté cette région en 2017. Il se peut qu’un plus grand nombre d’ours soit entré dans les zones habitées cette année parce qu’ils savaient qu’ils pourraient y trouver des déchets en guise de nourriture. Le phénomène peut aussi être lié aux remontées de saumons.
La hausse du nombre d’ours est peut-être à mettre aussi en relation avec le changement climatique et les nouveaux comportements d’hibernation. A cause du réchauffement climatique, les ours hibernent plus tard durant l’automne et sortent de l’hibernation plus tôt au printemps, moment où ils cherchent de la nourriture. S’ils peuvent facilement trouver des déchets à proximité des maisons, ils restent dans les zones habitées.
Lorsqu’un ours est tué par habitant dans une situation de légitime défense (le seul cas autorisé par la loi) ou par un agent du Fish and Game Department, la carcasse peut prendre plusieurs directions. Si la viande est encore fraîche, le Fish and Game Department contacte une liste d’Alaskiens intéressés à la récupérer. La peau est prélevée et salée puis stockée jusqu’au jour où elle est présentée au public lors d’une vente aux enchères annuelle dans le centre-ville d’Anchorage. Le Fish and Game Department garde les crânes des ours à des fins pédagogiques. Si la viande n’est pas fraîche, la carcasse de l’ours est envoyée à la décharge ou, comme cela s’est produit récemment, à l’Université de l’Alaska où elle est utilisée dans les cours de médecine légale à la place des cadavres humains. En effet, les os d’une patte d’ours ressemblent beaucoup à ceux d’une main humaine.
Source: Adapté d’un article dans Alaska Dispatch News.

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All the noise made about the very few bears that were reintroduced in the Pyrenees makes me laugh when I see the situation in Alaska and more particularly in the Anchorage area. The approach to the bear problem is very different in both regions!

So far (early November 2017), 34 bears have been shot to death in the Municipality of Anchorage, a vast area that spans from Eklutna to Portage and includes many thousands of hectares of wilderness. Half of the bears were killed by people who said they were defending their lives or their property. The other half were killed by police, park rangers or wildlife biologists. This year’s tally of bear kills is among the highest ever recorded in the Municipality of Anchorage. It is nearly four times more than last year’s total. (see chart below)

The causes of the rise in bear kills are difficult to determine, and their may be several of them. One of them is that after the fatal mauling of a 16-year-old on Bird Ridge, some people just became less tolerant of bears.

There is another cause for which residents hold a responsibility: trash. In May 2017, an Anchorage police officer killed a black bear that dug through trash and charged two elderly women in East Anchorage. In October, police from Ted Stevens Anchorage International Airport shot a bear that walked into the airport post office and wouldn’t leave. The bear’s stomach was filled with candy wrappers. Once a bear knows where to find trash, it will often return. In 2015, it cost nearly $10,000 to relocate a black bear sow with cubs from the Municipality of Anchorage to the Kenai National Wildlife Refuge. The bears were later spotted in the town of Hope, where they continued to dig into trash and killed a few chickens. Officials eventually shot four of the five relocated bears after one reportedly got into a vehicle.

In 2017, several bears got aggressive and killed persons. Wildlife biologists shot and killed four black bears in the Bird Ridge area this summer after an Anchorage runner was fatally mauled during a mountain race on June 18th. It was the first fatal mauling in the Anchorage area in more than 20 years. A day later and hundreds of kilometres away, in Interior Alaska, a 27-year-old man was killed by a black bear while doing contract work at a mine. The news of the attacks may have put some Alaskans on edge, leading to more bear shootings.

Very simply, another cause may be that there are just more bears around. At the Alaska Native Heritage Center, in northeast Anchorage, the staff is upgrading its fence to better keep bears out after a summer filled with wildlife. However, there is no scientific census of bears in the Municipality of Anchorage, so it is difficult to say for sure whether more bears wandered through the area this year or not. Perhaps, more bears entered populated areas this year because they knew they could find trash to eat. Or maybe it had something to do with the salmon runs.

The rising number of bears may have something to do with climate change and new hibernation behaviours. With global warming, bears hibernate later during the fall and come out of hibernation earlier in spring, a moment when they look for food. If they can easily find trash around the houses, they are sure to stay in populated areas.

When a bear is killed by a resident in defence of life or property or by an agency like Fish and Game, the carcass can go to one of several places. If the meat is still fresh, Fish and Game staff starts calling a list of Alaskans interested in salvaging it. The hide is fleshed and salted and then stored until it goes in front of a crowd at the annual auction sale in downtown Anchorage. Fish and Game keeps bears’ skulls for educational purposes. If the meat is not fresh, the bear carcass either goes to the dump or, recently, to the University of Alaska where they are used in forensics classes as substitutes for human corpses. Indeed, bones in a bear paw look a lot like those in a human hand.

Source : Adapted fom an article in Alaska Dispatch News.

Source: Department of Fish and Game

Les ours noirs sont les plus enclins à visiter les poubelles et attaquer les personnes (Photos: C. Grandpey)

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En Alaska, les ours n’hibernent toujours pas ! // In Alaska, bears are not yet hibernating !

Nous sommes presque à la mi-novembre et il semble que les ours – du moins les grizzlys – n’aient pas encore commencé à hiberner en Alaska. Le réchauffement climatique est probablement la principale cause de ce nouveau comportement. Cependant, il y a un autre facteur à prendre en compte: les déchets. Comme je l’ai écrit dans plusieurs notes sur ce blog, les déchets laissés à l’extérieur des maisons attirent les ours. Tant qu’ils sont capables de trouver quelque chose pour se nourrir, ils n’ont pas vraiment envie d’entrer en hibernation. Un habitant d’Eagle River, non loin d’Anchorage, a vu une ourse accompagnée de ses trois oursons en train de fouiller dans une poubelle à l’extérieur du lycée de cette petite ville. Un oursons avait grimpé sur la poubelle et, un peu plus tard, sa mère était debout sur ses pattes de derrière et poussait la poubelle sur le trottoir enneigé.
Mardi dernier, le lycée d’Eagle River a apposé une note mettant en garde sur la présence fréquente d’ours bruns qui sont en train de devenir une préoccupation pour la sécurité publique. Les autorités locales surveillent maintenant la situation de très près et envisagent éventuellement de tuer les ours.

Le Fish and Game Department réitère son message incitant les gens à sécuriser leurs déchets. Si un ours est attiré par des ordures non protégées, le propriétaire peut recevoir une amende de 310 dollars.
Les ours bruns peuvent être agressifs lorsqu’ils défendent leur nourriture, y compris les détritus, et les gens doivent éviter de s’approcher d’eux. Les habitants sont fortement encouragés à entreposer leurs poubelles à l’intérieur des maisons.
Adapté d’un article paru dans Alaska Dispatch News.

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We are nearly at mid November and it looks as if bears – at least brown ones – have not yet started hibernating in Alaska. Climate change and global warming are probably the main cause of this new behaviour. However, there is another factor that should be taken into account: garbage. As I put it in several posts, the garbage left outside the houses attracts the bears. As long as they are able to feed on something, they don’t really felli like going in hibernation. A resident of Eagle River, not far from Anchorage, could see a brown bear sow meddling with a trash can outside Eagle River High School. One of the three cubs had climbed on top of the can and later, the sow was standing up on its hind legs, dragging it down the snowy sidewalk.

Last Tuesday, Eagle River High School sent out an advisory about the lingering brown bears which are becoming a growing public safety concern. Local authorities are now monitoring the situation very closely with an eye toward possibly destroying the bears.

The Fish and Game Department is reiterating its message that people need to secure their trash. If a bear is attracted to unsecured trash, the resident can receive a $310 fine.

Brown bears can be aggressive when defending food sources, including trash, and people should avoid approaching them. Residents are strongly advised to store their garbage cans inside.

Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Exemple de poubelle anti-ours (Photo: C. Grandpey)

Les glaciers de l’Himalaya (suite) // The glaciers of the Himalayas (continued)

Dans une note publiée le 20 octobre 2017 à propos de « la fonte des glaciers dans l’Himalaya », je faisais référence à un rapport du GIEC affirmant en 2007 qu’il y avait de fortes chances pour qu’ils aient disparu d’ici 2035. En fait le GIEC a officiellement reconnu en 2010 qu’une prévision sur la fonte des glaciers de l’Himalaya d’ici 2035 était « peu fondée ». Honte à moi de ne pas avoir vérifié mes sources.

Le GIEC estime cependant que la conclusion générale du rapport, qui prédit que la fonte des glaciers de l’Himalaya, des Andes et de l’Hindu-Kush, va s’accélérer au 21ème siècle, est « solide » et « appropriée », et a réaffirmé que ses conséquences seraient dévastatrices.

Depuis 2010, de nombreuses voix se sont faites entendre pour confirmer la fonte et le recul des glaciers himalayens. Le phénomène a de sérieuses conséquences sur l’approvisionnement en eau des populations, ainsi que sur l’agriculture et l’élevage. Le manque de précipitations dû au réchauffement climatique assèche le sol et fait disparaître des pâturages. De plus, la fonte des glaciers a donné naissance à des lacs retenus par de simples moraines qui peuvent se rompre à tout moment.

Au final, peu importe que le GIEC ait commis une erreur en avançant la date de 2035. Il faut prendre le problème du réchauffement climatique dans sa globalité et force est de constater que si rien n’est fait, les glaciers, y compris ceux de l’Himalaya, sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.

Voici une vidéo diffusée par le très sérieux magazine Time qui illustre la fonte des glaciers et le réchauffement climatique dans la région de l’Himalaya :

http://content.time.com/time/video/player/0,32068,32006696001_1919999,00.html

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In a post published on October 20th, 2017 about « melting glaciers in the Himalayas », I was referring to an IPCC report claiming in 2007 that there was a good chance they would have disappeared by 2035. Actually, IPCC officially admitted in 2010 that a forecast of the melting of the Himalayan glaciers by 2035 was « unfounded ». Shame on me for not checking my sources.
IPCC believes, however, that the overall conclusion of the report, which predicts that the melting of the Himalayan, Andean and Hindu-Kush glaciers will accelerate in the 21st century, is « solid » and « appropriate », and reaffirms that its consequences will be devastating.
Since 2010, many voices have been heard to confirm the melting and the retreat of Himalayan glaciers. The phenomenon has serious consequences for the water supply of the populations, as well as on agriculture and livestock farming. The lack of precipitation due to global warming is drying up the soil and making pastures disappear. In addition, the melting of glaciers has given rise to lakes held by simple moraines that can break open at any time.
In the end, it does not matter that IPCC made a mistake about 2035. We must consider global warming in its entirety and it is clear that if nothing is done, glaciers, including those of the Himalayas, will very soon  become an endangered species.
Here is a video released by the very serious Time Magazine that illustrates the melting of glaciers and global warming in the Himalayan region:
http://content.time.com/time/video/player/0,32068,32006696001_1919999,00.html

Glaciers de l’Himalaya vus depuis l’espace (Source: NASA)

2017 sera l’une des années les plus chaudes jamais observées // 2017 will be one of the hottest years ever

L’année 2017 n’est pas encore terminée, mais elle devrait être l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Elle confirme à nouveau une tendance au réchauffement qui, selon les scientifiques, porte les empreintes des actions humaines. L’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a déclaré que les températures au cours des neuf premiers mois de cette année ne seront probablement pas supérieures à celles de 2016, année où elles ont été accentuées par un puissant phénomène El Niño. Malgré tout, elles seront supérieures à toutes celles enregistrées avant 2015. Selon le secrétaire général de l’OMM, « les trois dernières années demeurent toutes trois en tête en termes de records de température. Cela fait partie d’une tendance au réchauffement observée sur le long terme. Nous avons été témoins de conditions météorologiques exceptionnelles, notamment des températures atteignant 50°C en Asie, des ouragans terribles dans les Caraïbes et l’Atlantique qui ont atteint l’Irlande, ainsi que des inondations dévastatrices provoquées par la mousson et des sécheresses incessantes en Afrique de l’Est. »
Il a ajouté que d’autres études scientifiques détaillées allaient être menées, mais que beaucoup « portent déjà le signe révélateur du changement climatique » provoqué par l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre provenant des activités humaines, telles que la combustion de combustibles fossiles et la déforestation.
Cette récente hausse des températures moyennes à l’échelle mondiale confirme la nouvelle tendance au réchauffement observée au cours des dernières années. On avait enregistré un léger ralentissement au cours de la décennie précédente, ce qui avait conduit certains climato-sceptiques à affirmer que le réchauffement climatique avait «fait une pause».
Les dernières observations ont été divulguées aux délégués présents lors de la COP 23 qui se tient à Bonn, en Allemagne, cette semaine et la semaine prochaine. Les négociations de la COP23, qui font suite à l’accord de Paris de 2015, se concentreront sur un nouveau processus permettant de durcir les engagements des pays à réduire les émissions de gaz à effet de serre, conformément aux avis scientifiques. Selon les estimations, les promesses actuelles laisseraient le monde avec des températures de 3°C supérieures à la période pré-industrielle. Si cette hausse de 3°C devait perdurer, le niveau de la mer augmenterait, les vagues de chaleur et les sécheresses deviendraient plus fréquentes dans de vastes parties du globe, et des tempêtes et des inondations plus violentes deviendraient plus probables.
Des recherches récentes ont également montré que le niveau de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère est actuellement plus élevé qu’il ne l’a jamais été depuis 800 000 ans.
Les scientifiques ont réagi avec inquiétude aux conclusions de l’OMM qui sont encore provisoires et qui ne couvrent l’année 2017 que de janvier à septembre. Le co-directeur de l’Institut Grantham à l’Imperial College de Londres, a déclaré: «L’état de notre climat est en train d’être transformé par les humains. Un événement qui se produisait autrefois une fois par siècle est en train de devenir un événement régulier. » Un professeur d’impacts climatiques au Met Office Hadley Centre, a ajouté: « Il faut s’attendre à ce que les pays en voie de développement soient les plus touchés en termes d’impact humain. Les inondations constitueront une forte menace en Asie du Sud, en particulier en raison de l’augmentation des précipitations et de l’élévation du niveau de la mer, et en partie en raison du nombre plus en plus important de personnes qui n’ont guère d’autre choix que d’être en danger. »
Source: Presse internationale.

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2017 is not yet over but it is set to be one of the hottest three years on record, confirming again a warming trend that scientists say bears the fingerprints of human actions. The World Meteorological Organization (WMO) said temperatures in the first nine months of this year were unlikely to have been higher than 2016, when there was a strong El Niño weather system, but higher than anything before 2015. According to the secretary general of the WMO, “the past three years have all been in the top three years in terms of temperature records. This is part of a long term warming trend. We have witnessed extraordinary weather, including temperatures topping 50°C in Asia, record-breaking hurricanes in rapid succession in the Caribbean and Atlantic reaching as far as Ireland, devastating monsoon flooding affecting many millions of people and a relentless drought in East Africa.”

He said further detailed scientific studies would be carried out, but many “bear the tell-tale sign of climate change” caused by increased greenhouse gas concentrations from human activities, such as burning fossil fuel and deforestation.

This recent increase in average global temperatures confirms a renewed warming trend in recent years, which had slowed its pace slightly in the previous decade, leading some climate sceptics to claim global warming had “paused”.

The latest observations were revealed to delegates at the UN’s global climate talks being held in Bonn, Germany, this week and next. The COP23 talks, a follow-up to the Paris agreement of 2015, will focus on a new process by which countries’ pledges to cut greenhouse gas emissions can be toughened, in line with scientific advice. Current pledges would, according to estimates, leave the world 3°C warmer than in pre-industrial times. At that level, sea levels would rise, heatwaves and droughts would become more common in large swathes of the globe, and fiercer storms and floods would become more likely.

Recent research has also found that the levels of carbon dioxide in the atmosphere are now higher than they have been for 800,000 years.

Scientists reacted with concern to the WMO’s findings, which are still provisional and only cover January to September. The co-director of the Grantham Institute at Imperial College, London, said: “The state of our climate is being reset by humans. What were once one-in-a-hundred-year events are now turning into regular events.” A professor of climate impacts at the Met Office Hadley Centre, added: “We expect developing countries to be hit the hardest in terms of human impact. Flooding will be a particular threat in south Asia, particularly due to increased rainfall and rising sea levels, and partly because of the large and growing numbers of people who have little choice about being in harm’s way.”

Source : International press.

Concentrations de dioxyde de carbone au sommet du Mauna Loa à Hawaii (Source: Scripps Institution of Oceanography)

Confirmation de la fonte des glaciers alpins // Confirmation of the melting of Alpine glaciers

Dans une rubrique consacrée au réchauffement climatique et à la fonte des glaciers, la chaîne de radio France Info (http://www.francetvinfo.fr/) dresse un bilan très inquiétant de la situation dans les Alpes.

Comme je l’indiquais dans une note le 23 octobre dernier, le domaine skiable des Deux-Alpes (Isère)  n’est pas ouvert pour les vacances de la Toussaint, à cause de l’absence de neige en haut des pistes sur le glacier. Ce dernier pourrait enregistrer une fonte record cette année car 2017 s’inscrit dans une lignée catastrophique qui affecte l’ensemble du massif alpin.

France Info nous rappelle qu’entre 2003 et 2015, les glaciers alpins ont perdu 25% de leur superficie, selon les données diffusées par le laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l’Environnement (LGGE) de Grenoble. Les scientifiques ont étudié six sites, en France, en Autriche et en Suisse. En exploitant des données plus précises que celles jusqu’ici utilisées, ils ont découvert que les glaciers alpins perdaient en moyenne 1,80 mètre de glace par an. Les scientifiques pensaient jusqu’ici que cette fonte était de seulement 1,15 mètre chaque année.

L’accélération de la fonte est observée sur tous les glaciers du massif Alpin situés sous une altitude de 3 500 mètres. Certaines années, comme 2003, 2015 ou 2017, sont particulièrement inquiétantes. Selon un glaciologue, « à ce rythme, il ne fait aucun doute que tous les glaciers situés sous cette altitude auront disparu d’ici 2100. » Même avec un scénario de réchauffement climatique modéré, il est prévu que celui de Saint-Sorlin (Savoie) aura disparu d’ici 2080, alors qu’il est situé à 3 460 mètres d’altitude.

La situation est moins préoccupante pour les glaciers situés à très haute altitude qui bénéficient de conditions plus favorables. Au-dessus de 3 500 mètres, ils vont diminuer mais résister plus longtemps au réchauffement climatique. Par exemple, l’épaisseur du glacier du Dôme du Goûter, l’un des contreforts du mont Blanc, n’a ainsi varié que de quelques mètres seulement depuis le début du 20ème siècle. Par comparaison, le bas de la mer de Glace a enregistré une perte de 120 mètres sur la même période. Malheureusement, il n’y a que peu de glaciers au-dessus de 3 500 mètres dans le massif alpin.

Cette fonte inéluctable des glaciers ne concerne pas uniquement les skieurs et les alpinistes, qui verront la superficie de leurs terrains de jeu diminuer dans les prochaines décennies. Il ne faudrait pas oublier que les glaciers alimentent les cours d’eau, avec des débits plus importants pendant l’été. L’accélération de la fonte va avancer ces pics dans l’année mais aussi réduire le débit de certains cours d’eau. Cela peut notamment affecter la production d’électricité des barrages. Les glaciologues font toutefois remarquer que le massif alpin ne devrait pas connaître la même situation que celle observée, mi-avril, dans le Yukon canadien où la fonte, en seulement quatre jours, du glacier Kaskawulsh a modifié le ruissellement des eaux et donc l’écoulement de deux rivières. (voir ma note du 19 avril 2017)

Un autre problème concerne le risque d’effondrement des glaciers suspendus, situés à très haute altitude. Leur température interne est négative, entre -11°C et -17°C, contre 0°C pour les glaciers situés plus bas. Ces glaciers se situent sur des pentes très raides mais adhèrent à la roche grâce à leurs températures négatives. S’ils venaient à se réchauffer, de l’eau coulerait à leur base et pourrait les faire glisser subitement, provoquant des avalanches de glace. Cette fonte du permafrost de roche représenterait évidemment un grave danger pour les alpinistes. Certaines habitations, situées sur les communes de Chamonix et des Houches, sont menacées elles aussi par les glaciers qui les surplombent.  La fonte du permafrost de roche est également susceptible de provoquer des coulées de boue ainsi que d’importants glissements de terrain. Le 23 août dernier, quelque quatre millions de mètres cubes de roches et de terre se sont ainsi détachés du Piz Cengalo, tuant huit randonneurs et dévastant le village suisse de Bondo.

Pour essayer de contrer les effets du réchauffement climatique sur les glaciers, des mesures sont testées, comme l’installation de bâches blanches installées au-dessus des entrées des grottes de glace sur la Mer de Glace en France et le glacier du Rhône en Suisse. Cela permet de réfléchir les rayons du soleil et de réduire la fonte d’environ 30% environ. Le problème, c’est qu’on ne peut pas laisser ces bâches toute l’année et qu’elles ne peuvent être installées que sur de petites surfaces.

Une autre mesure peut être facilement observée dans les Alpes. Il y a de plus en plus de canons à neige sur les montagnes, et de plus en plus haut. Ainsi, en septembre, la station des Deux-Alpes a installé six canons à neige sur le glacier, pour le recouvrir d’un manteau protecteur. Le principal avantage de la neige de culture est qu’elle est beaucoup plus dense que la neige naturelle. Elle fond donc moins rapidement. Cette neige de culture est également plus blanche et renvoie donc plus facilement les rayonnements et la chaleur.

Aussi efficaces soient elles, toutes ces mesures ne peuvent être valables que sur le court terme. Il n’y a pas de solution à long terme et la disparition des glaciers de moins de 3 500 mètres d’altitude semble irrémédiable. Tous les scientifiques sont d’accord pour dire qu’il faudrait vraiment ralentir le réchauffement planétaire, initier un changement drastique du climat, pour que nos glaciers retrouvent une bonne santé.

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In a report devoted to global warming and the melting of glaciers, the French radio channel France Info (http://www.francetvinfo.fr/) draws a very disturbing assessment of the situation in the Alps.
As I indicated in a note on October 23rd, the ski area of ​​Les Deux-Alpes (Isère) is not open during the All Saints  holidays, because of the absence of snow on the glacier . The glacier could record a record melting this year because 2017 is part of a catastrophic lineage that affects the entire alpine massif.
France Info reminds us that between 2003 and 2015, alpine glaciers lost 25% of their area, according to data released by the Laboratory of Glaciology and Geophysics of the Environment (LGGE) of Grenoble. Scientists studied six sites in France, Austria and Switzerland. Using more accurate data than hitherto used, they found that alpine glaciers lost an average of 1.80 metres of ice per year. Scientists thought so far that this melting was only 1.15 metres each year.
The acceleration of the melting is observed on all the glaciers of the Alpine massif located below an altitude of 3,500 metres. Some years, such as 2003, 2015 or 2017, are particularly worrying. According to a glaciologist, « at this rate, there is no doubt that all glaciers below this altitude will have disappeared by 2100. » Even with a scenario of moderate global warming, it is expected that the Saint-Sorlin glacier (Savoie ) will have disappeared by 2080; it is 3,460 meters above sea level.
The situation is less worrying for very high altitude glaciers that benefit from more favorable conditions. Above 3,500 meters, they will retreat but resist longer to global warming. For example, the thickness of the Dôme du Goûter glacier, at the foothills of Mont Blanc, has lost only a few metres since the beginning of the 20th century. By comparison, the bottom of the Mer de Glace has recorded a loss of 120 meters over the same period. Unfortunately, there are only few glaciers above 3,500 metres in the alpine massif.
This inevitable melting of glaciers does not only concern skiers and mountaineers, who will see the surface of their playgrounds decline in the coming decades. It should not be forgotten that glaciers feed streams, with higher flows during the summer. The acceleration of the melt will make these peaks earlier in the year but also reduce the flow of some streams. This can affect the electricity production of dams. Glaciologists note, however, that the Alpine Massif should not be in the same situation as the Canadian Yukon in mid-April 2017 when the melting of the Kaskawulsh Glacier in just four days changed the runoff of two rivers. (see my note of April 19th, 2017)
Another problem is the risk of collapse of the hanging glaciers, located at very high altitude. Their internal temperature is negative, between -11 ° C and -17 ° C, against 0 ° C for glaciers located lower. These glaciers are on very steep slopes but adhere to the rock due to their negative temperatures. If they warm up, water will flow to their base and could cause them to skid suddenly, causing avalanches of ice. This melting of rock permafrost would obviously be a serious danger for mountaineers. Some houses, located in the communes of Chamonix and Les Houches, are also threatened by the glaciers that overlook them. The melting of rock permafrost is likely to cause mudslides as well as large landslides. On 23 August, some four million cubic meters of rock and earth broke off from Piz Cengalo, killing eight hikers and devastating the Swiss village of Bondo.
To try to counter the effects of global warming on glaciers, measurements are being tested, such as the white tarpaulins installed above the entrances of the ice grottoes on the Mer de Glace in France and the Rhone Glacier in Switzerland. This helps reflect the sun’s rays and reduce melting by about 30%. The problem is that we can not leave these tarpaulins all year round and they can only be installed on small surfaces.
Another measure can be easily observed in the Alps. There are more and more snow cannons on the mountains, and higher and higher. Thus, in September, the Deux-Alpes resort installed six snow cannons on the glacier, to cover it with a protective coat. The main advantage of artificial snow is that it is much denser than natural snow. It melts so less quickly. This artificial snow is also whiter and therefore more easily reflects radiation and heat.
As effective as they are, all these measures can only be valid in the short term. There is no long-term solution and the disappearance of glaciers less than 3,500 metres above sea level seems irremediable. All scientists agree that we should really slow down global warming, initiate a drastic change in the climate, with the hope that our glaciers regain some good health.

Le glacier d’Argentière fond et son accès présente des risques pour les alpinistes…

La Mer de Glace a perdu sa splendeur d’antan…

Une bâche blanche recouvre l’entrée de la grotte…

Le glacier du Rhône fond lui aussi…

Là aussi, une impressionnante bâche blanche recouvre l’entrée de la grotte.

(Photos: C. Grandpey)

 

Le recul du Glacier Blanc (Massif des Ecrins / Hautes Alpes) // The retreat of the Glacier Blanc (Massif des Ecrins / Hautes Alpes)

Le recul des glaciers est devenu une évidence. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas de rendre compte de la situation catastrophique dans les Alpes. Comme on peut le lire fort justement dans un article paru ces jours-ci dans Le Dauphiné, « le passé glorieux des glaciers se lit sur des photos en noir et blanc. » Aujourd’hui, ils se font plus discrets et se retirent inexorablement, à l’image de la Mer de Glace à Chamonix ou encore du Glacier Aletsch dans les Alpes suisses.

Confirmant cette tendance, le bilan de masse annuel du glacier Blanc dans le Parc des Ecrins (Hautes Alpes) vient de révéler la deuxième fonte estivale la plus forte en dix-sept ans. Les agents du parc national des Écrins (PNE) carottent en mai, sondent en août et septembre, analysent en octobre. Sans surprise, ils constatent que la Glacier Blanc souffre. En 2017, on enregistre une ablation de 2,79 mètres, après celle de 2003 qui atteignait 3,54 mètres. En clair, le recul en 2017 du front du glacier s’élève actuellement à 44 mètres. Quant au niveau du glacier, il est plus bas de 1,40 mètre par rapport à 2016. En moyenne, chaque année, le glacier Blanc perd sept mètres en épaisseur au niveau de l’extrémité de la langue glaciaire que l’on peut voir sur les photos ci-dessous, prises depuis le célèbre Pré de Madame Carle en septembre 2017 .

Source : Le Dauphiné.

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There is no doubt the glaciers are retreating. You really have to be blind to ignore the disastrous situation in the Alps.. As one can quite rightly read in an article published these days in Le Dauphiné, « the glorious past of glaciers can be read in black and white photos. Today, they are more discreet and retreat inexorably, like the Mer de Glace in Chamonix or the Aletsch Glacier in the Swiss Alps.
Confirming this trend, the annual mass balance of the Glacier Blanc in the Parc des Ecrins (Hautes Alpes) has just revealed the second fastest summer melting in seventeen years. The agents of the National Park of Ecrins (PNE) installed probes in May, took them out in August and September, and analyzed the results in October. Not surprisingly, they found that the Glacier Blanc was suffering. In 2017, there was a 2.79-meter reduction, after the 3.54-meter reduction in 2003. To put it shortly, the 2017 retreat of the glacier front is currently 44 meters. As for the level of the glacier, it is 1.40 meters lower than in 2016. On average, each year, the Glacier Blanc loses seven meters in thickness at the end of the glacier tongue that we can see in the photos below, taken from the famous Pré de Madame Carle in September 2017.
Source: Le Dauphiné.

Photos: C. Grandpey

Lutte contre l’érosion côtière en France // The fight against coastal erosion in France

Les climato-sceptiques devraient observer les côtes françaises. Sous l’effet du réchauffement climatique et de la hausse du niveau des océans qu’il provoque, nos côtes sont en recul du fait de l’érosion du littoral. En 50 ans, la France a perdu 26 kilomètres carrés de territoire.

Pour remédier à ce phénomène, les élus cherchent des solutions. L’une d’elles consiste à essayer de fixer le trait de côte avec des rochers comme avec des digues. Une autre méthode consiste à travailler avec la nature. On peut réensabler les plages, ou planter de la végétation dans les dunes. Les racines vont retenir les sédiments et lutter contre l’érosion.

Jusque dans les années 1970, on a essayé de contrer la mer avec des constructions rigides. Dans une commune de l’Hérault, une muraille de sable a été érigée sur une plage de sable. Le problème, c’est que deux ans plus tard, les vagues ont rogné la construction sur une dizaine de mètres. Au final, la muraille qui était censée protéger la plage est elle-même victime de l’érosion. Depuis quelques années, on s’est rendu compte qu’il valait mieux faire avec la mer et la nature en privilégiant le réensablement.

C’est la technique mise en œuvre à Gouville-sur-Mer dans la Manche où 7 000 mètres cubes de sable ont été déversés par huit camions entre des boudins de deux mètres de hauteur. L’objectif est de rehausser la plage pour briser les attaques de la mer. Tout ce sable vient de la plage voisine d’Anneville-sur-Mer. Le coût total du chantier s’élève à 700 000 euros. La commune de 2 000 habitants assume plus de la moitié du coût. Il s’agit d’un enjeu touristique pour le camping qui se situe derrière, mais pas seulement, car à Gouville-sur-Mer, toute l’économie repose sur l’huître. Les usines ostréicoles représentent 700 emplois en pleine saison et 35 entreprises familiales. Or, ces usines sont toutes sous le niveau de la mer (!!), protégées uniquement par un cordon de dune qui s’amenuise d’année en année. Si rien n’est fait, dans quelques années, la mer sera à l’intérieur des bâtiments.

Source : France Info.

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Climate-skeptics should observe the French coasts. As a result of global warming and rising sea levels, our coasts are declining due to coastal erosion. In 50 years, France has lost 26 square kilometres of territory.
To remedy this phenomenon, local authorities are looking for solutions. One of them is to try to fix the coastline with rocks like dikes. Another method is to work with nature. One can re-sand the beaches, or plant vegetation in the dunes. The roots will retain sediment and fight against erosion.
Until the 1970s, technicians tried to counter the sea with rigid constructions. In a commune of the Hérault, a wall of sand was erected on a sandy beach. The problem was that, two years later, the waves had cut the construction by about ten metres. In the end, the wall that was supposed to protect the beach was itself a victim of erosion. In recent years, authorities realized that it was better to do with the sea and the nature by favouring re-sanding.
This is the technique implemented in Gouville-sur-Mer (Manche) where 7,000 cubic metres of sand were dumped by eight trucks between two-meter-high puddles. The goal is to raise the beach to break the attacks of the sea. All this sand comes from the nearby beach of Anneville-sur-Mer. The total cost of the project is 700,000 euros. The municipality of 2,000 inhabitants assumes more than half the cost. This is a tourist issue for the campsite which is behind the dune, but not only, because in Gouville-sur-Mer, the entire economy is based on the oyster industry. The oyster factories represent 700 jobs in high season and 35 family businesses. However, these factories are all under the sea level (!!), protected only by a cord of dune that is shrinking from year to year. If nothing is done, in a few years, the sea will be inside the buildings.
Source: France Info.

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