Ça continue… ! // It’s going on… !

Avec +0,465°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de février 2019 est le 3ème plus chaud des archives NCEP-NCAR, derrière 2016 (+0,915) et 2017 (+0,649). El Niño est en train de reprendre de la vigueur. Les climatologues prévoient un été 2019 particulièrement chaud.

Dans le même temps, on apprend que le contenu en chaleur  des océans a atteint un niveau record en 2018, dépassant celui de 2017, qui avait été l’année la plus chaude jamais enregistrée. Ne pas oublier qu’une montée en chaleur des océans contribue à leur dilatation et donc à la hausse de leur niveau.

Source : global-climat.

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With + 0.465°C above the 1981-2010 average, February 2019 was the 3rd warmest of the NCEP-NCAR archives, behind 2016 (+0.915°C) and 2017 (+0.649°C). El Niño is gaining strength. Climatologists predict a hot summer in 2019.

At the same time, we learn that the heat content of the oceans reached a record level in 2018, surpassing that of 2017, which had been the hottest year ever recorded. One should not forget that a rise in temperature of the oceans contributes to their expansion and thus to the rise of their level.
Source: global-climat.

Graphique montrant les 10 années les plus chaudes de l’océan depuis 1958. (Source : Lijing Cheng – IAP)

La fonte des glaciers de Patagonie (2) // The melting of Patagonian glaciers (2)

Il existe un fort contraste entre la partie occidentale et la partie orientale de la Patagonie. Le paysage à l’ouest est beaucoup plus vert, en raison des précipitations intenses générées par les masses d’air chaud et humide du Pacifique qui remontent le long des montagnes. Les terres autour des fjords abritent de grands arbres et une végétation luxuriante. Beaucoup de fjords sont envahis par des icebergs. La présence d’icebergs est un signe de la désintégration et du recul rapides des systèmes glaciaires. La glace se concentre dans un rayon de 10 kilomètres des fronts des glaciers en raison des eaux peu profondes à l’embouchure des fjords qui piègent les plus gros icebergs.

A côté de cela, les glaciers situés à l’est terminent leur course dans quelques uns des plus grands lacs glaciaires au monde. Les lacs reçoivent les sédiments apportés par les glaciers, ce qui leur donne une belle couleur turquoise visible depuis l’espace.
Jorge Montt, situé à l’extrémité nord du champ de glace de Patagonie méridionale, est l’un des glaciers les plus importants et les plus remarquables. Il avance du sud au nord et se jette dans un fjord orienté vers l’ouest en direction de l’Océan Pacifique. Depuis le milieu des années 1980, la vitesse de la glace a fluctué, avec des reculs particulièrement spectaculaires observés dans les années 1990. En tout, le glacier a reculé de 13 kilomètres entre 1984 et 2014.
Le glacier Upsala, situé à l’est et qui se jette dans le Lago Argentino, est également l’un des plus grands et des plus longs du champ de glace. Son recul se poursuit depuis les premiers relevés effectués en 1810.
L’Occidental, un autre grand glacier, a moins reculé que ses voisins, d’à peine un kilomètre depuis les années 1980. Il vient vêler dans un petit lac peu profond où les icebergs sont piégés avant de fondre lentement.

 Les scientifiques étudient depuis longtemps la vitesse de la glace en Patagonie. Au fil des ans, ils ont cartographié la vitesse de quelques-uns des glaciers, à partir d’observations sur le terrain et de données d’interférométrie radar fournies par plusieurs satellites entre 1984 et 2014. Cette approche a révélé une image très variable de la vitesse de la glace. La différence dans les eaux, chaudes et salées à l’ouest, plus froides et plus fraîches à l’est, contrôle également le vêlage et la dynamique interne des glaciers qui terminent leur course dans un lagon ou dans la mer. La fonte des fronts de glaciers due à la chaleur des océans peut faire fondre les glaciers de l’ouest de la Patagonie cinq à dix fois plus vite que ceux de l’est.

L’accélération et le recul des glaciers peuvent avoir une multitude d’effets sur le paysage. Les glaciers déposent d’importantes quantités de sédiments qui obstruent les rivières, les fjords et les voies navigables; cela modifie les habitats aquatiques et les ressources en eau. En bordure de la marge occidentale du champ de glace de Patagonie méridionale, les navires qui empruntent les fjords doivent faire face aux nombreux icebergs qui se détachent des fronts des glaciers.
Compte tenu des changements climatiques en cours, les glaciers du nord et du sud de la Patagonie laissent entrevoir ce qui devrait se produire au cours des prochaines décennies dans d’autres régions recouvertes de glace, telles que la Péninsule Antarctique et l’Arctique canadien sous l’effet du réchauffement rapide de la planète.

Pour terminer ce tour d’horizon, il est intéressant de s’attarder sur le Perito Moreno, l’un des plus grands glaciers de Patagonie avec 30 km de longueur. Le glacier prend naissance dans les Andes, plus précisément dans le champ de glace de la Patagonie méridionale, et il termine sa course dans les eaux plus chaudes du Lago Argentino à 180 mètres d’altitude. Le Perito Moreno est probablement le glacier le plus célèbre de la région, Il occupe toute la largeur du lac, jusqu’à la rive opposée, et la langue de glace est  bien ancrée, de sorte qu’elle forme un barrage naturel. Cette barrière de glace empêche la circulation de l’eau du lac d’un bord à l’autre, ce qui provoque la concentration d’une eau plus trouble et plus laiteuse à Brazo Rico. L’eau en provenance des montagnes coule sous le glacier, ce qui entraîne la boue dans le lac, mais contribue également à la lubrification du glacier sur son substrat rocheux et accélère sa progression. En raison de ce barrage de glace naturel, les eaux de fonte en provenance du sud font monter le niveau de Brazo Rico jusqu’à 30 mètres au-dessus du niveau du Lago Argentino. La forte pression exercée par cette eau finit par provoquer la rupture spectaculaire de la langue de glace. Le processus se répète tous les quatre ou cinq ans lorsque la glace est repoussée vers la rive opposée. Ces ruptures répétées ont fait du glacier et du lac une attraction touristique majeure dans la région.
Source: NASA.

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There is a sharp contrast between the western and eastern sides of Patagonia. The landscape west of the icefield is much greener, driven by the intense precipitation that drops out of warm, wet Pacific air masses as they ascend the mountains. Land around the fjords support large trees and lush forest cover. Many of the fjords are choked with icebergs. The presence of icebergs indicates the rapid disintegration and retreat of these glacier systems. Ice gets concentrated within 10 kilometres of the glacier fronts due to shallow sills at the mouths of these fjords, which ground and trap the larger bergs.

In contrast, glaciers on the eastern side of the icefield end in some of the largest proglacial lakes in the world. The lakes are filled with so much fine sediment from the glaciers that their turquoise colour can be seen from space.

Jorge Montt, located on the north end of the South Patagonian Icefield, is one of the icefield’s largest, most notable glaciers. It flows south to north and empties into a fjord that ultimately angles west toward the Pacific Ocean. Since the mid 1980s, the speed of ice flow has fluctuated, with particularly spectacular retreat events documented in the 1990s. In all, the glacier retreated 13 kilometres between 1984 and 2014.

Upsala Glacier, on the eastern edge and flowing into Lago Argentino, is also among the icefield’s largest and longest glaciers. Its retreat has been ongoing since the place was first documented in 1810.

Occidental, another of the larger glaciers, has retreated less than its neighbours, only about one kilometre since the 1980s. It sheds its icebergs into a small, shallow proglacial lake, where they are trapped and then slowly melt away.

Scientists have long wondered: how fast is Patagonia’s ice changing. Over the years, they have mapped the velocities of a few of the outlet glaciers, derived from radar interferometry observations collected from multiple satellites between 1984 and 2014. The result revealed a very different picture of ice velocities. The difference in the waters, warm and salty in the west, and colder and fresher in the east, also controls the calving and internal dynamics of the outlet glaciers. Melting at the ice fronts due to ocean heat can draw down western glaciers at 5 to 10 times the rate of glaciers in the east.

The acceleration and retreat of Patagonia’s glaciers can have a multitude of effects on the landscape. The glaciers produce mounds of sediment that clog the rivers, fjords, and waterways; this alters aquatic habitats and reroutes water resources. And along the western margin of the South Patagonian Icefield, ships that pass through the fjords must contend with the numerous icebergs that calve from the glacier fronts.

Given ongoing climate change, the glaciers of the north and south Patagonia icefields are important predictors of what is expected to occur in the coming decades in other glaciated, high-latitude regions, such as the Antarctic Peninsula and the Canadian Arctic, which are experiencing some of the most rapid warming on the planet.

The Perito Moreno Glacier is one of the largest in Patagonia at 30 kilometres long. The glacier descends from the Southern Patagonian Icefield in the Andes Mountains down into the water and warmer altitudes of Lago Argentino at 180 metres above sea level. Perito Moreno is perhaps the region’s most famous glacier because it periodically cuts off the major southern arm (known as Brazo Rico) of Lake Argentino. The glacier advances right across the lake until it meets the opposite shoreline, and the ice tongue is “grounded” (not floating) so that it forms a natural dam. The ice dam prevents lake water from circulating from one side to the other, which in turn causes muddier and milkier water to concentrate in Brazo Rico. Water flows down under the glacier from the mountains, not only carrying the mud into the lake but also helping lubricate the glacier’s downhill movement. Because of this natural ice dam, meltwater from the south raises water levels in Brazo Rico by as much as 30 metres above the level of the water in Lago Argentino. The great pressure of this water ultimately causes the ice tongue to rupture catastrophically in a great natural spectacle. The process repeats every four to five years as the glacier grows back towards the opposite shoreline. The repeated ruptures have made the glacier and lake a major tourist attraction in the region.

Source : NASA.

Carte montrant les différences entre les vitesses de progression des glaciers. Les tracés jaunes montrent les glaciers qui avancent le plus vite tandis que les zones violettes font référence aux glaciers les plus lents. On peut voir en vert les très nombreux glaciers dont la vitesse de progression dépasse 100 mètres par an. (Source : NASA)

Perito Moreno, Brazo Rico et Lago Argentino (Source: NASA)

Glacier Perito Moreno (Crédit photo: Wikipedia)

Ile de Baffin (Canada) : La fonte de la calotte glaciaire révèle de nouveaux paysages // Baffin Island (Canada) : The melting of the ice cap uncovers new landscapes

En faisant référence à une étude parue dans Nature communications, le site Futura Sciences nous apprend que le réchauffement climatique a fait fondre la glace dans l’archipel arctique canadien et mis à jour des paysages qui étaient restés enfouis pendant au moins 40 000 ans, voire jusqu’à 115 000 ans, sous plusieurs mètres de glace. Au train où vont les choses, la totalité des glaciers de l’île de Baffin, où ces anciens paysages ont été libérés, pourrait disparaître dans les prochains siècles car l’Arctique continue de se réchauffer deux fois plus rapidement que le reste du globe.

Les chercheurs ont daté 124 échantillons de toundra et de roches, prélevés sur 30 sites en bordure de calotte glaciaire de Penny, dans l’est de l’île de Baffin, et répartis sur une superficie de 170 x 70 km. Comme elle est immobile – à l’inverse des glaciers – et repose sur des terrains plats, la calotte glaciaire préserve les décors qu’elle recouvre sans les éroder. La datation au carbone 14 montre que cela fait plus de 40 000 ans (limite haute de cette méthode) que cette végétation et ces rochers n’ont pas vu la lumière du jour. Une reconstitution du paléoclimat de l’île de Baffin indique par ailleurs que la région subit actuellement son siècle le plus chaud depuis 115 000 ans. Cela montre que les paysages révélés aujourd’hui par des températures similaires à cette lointaine époque étaient cachés depuis aussi longtemps.

Un descriptif de l’étude peut être lu sur le site Nature Communications.

Source : Futura Sciences, Nature Communications.

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Referring to a study published in Nature Communications, the Futura Sciences website informs us that global warming has melted ice in the Canadian Arctic Archipelago and uncovered landscapes that have been buried for at least 40,000 years, or even to 115,000 years, under several metres of ice. As things go, all the glaciers on Baffin Island, where these ancient landscapes were liberated, could disappear in the next few centuries as the Arctic continues to warm up twice as fast as the rest of the globe.
The researchers dated 124 tundra and rock samples from 30 sites along the Penny Ice Cap in eastern Baffin Island over an area of ​​170 x 70 km. As it is motionless – unlike glaciers – and based on flat terrain, the ice cap preserves the scenery it covers without eroding it. 14C dating shows that this vegetation and these rocks have not seen the light of day for more than 40,000 years (upper limit of this method). A reconstruction of the Baffin Island paleoclimate also indicates that the region is currently experiencing its warmest century in 115,000 years. This shows that the landscapes revealed today by temperatures similar to this distant era were hidden for a simar period.
A description of the study can be read on the Nature Communications website.
Source: Futura Sciences, Nature Communications.

On peut voir l’île de Baffin en gris sur la petite carte en bas à gauche. Les échantillons récemment mis au jour par le recul de la calotte glaciaire proviennent de 30 sites dans l’est de l’île. Les cercles montrent les sites où seules des plantes ont été prélevées. Les carrés indiquent que des plantes et des roches ont été prélevées. Le site a est un sommet pentu, dépourvu de glace, où seules les roches ont été prélevées. (Source : Nature Communications)

You can see Baffin Island in gray on the small map at the bottom left. Samples recently discovered by the retreat of the ice cap come from 30 sites in the eastern part of the island. The circles show the sites where only plants were collected. The squares indicate that plants and rocks have been sampled. Site a is a steep-sided, unglaciated summit where only rocks have been sampled. (Source: Nature Communications)

Température globale sur Terre : Janvier 2019 encore au-dessus de la normale // Global Earth temperature : January 2019 still above normal

Selon les premières estimations d’institutions américaines comme le National Center for Environmental Prediction (NCEP) et le National Center for Atmospheric Research (NCAR)  (celles de la NASA arriveront vers la mi février), le mois de janvier 2019 a été le 4ème plus chaud des archives de ces deux organismes. La température globale de la planète se situe à +0,34°C au-dessus de la moyenne 1981-2010 L’anomalie thermique se situe donc dans la lignée des derniers mois de l’année 2018. Elle est en très légère baisse par rapport à décembre 2018 et au même niveau que novembre dernier.

Comme je l’ai indiqué dans une note précédente, l’événement de ce début 2019 est le réchauffement stratosphérique soudain qui a provoqué l’éclatement du vortex polaire. L’un des lobes est descendu jusqu’aux Etats-Unis (Midwest et Nord-est), avec comme conséquence une vague de froid intense. Le réchauffement stratosphérique soudain peut perturber les températures des moyennes latitudes sur près de deux mois. Dans le même temps, les régions arctiques comme l’Alaska ont connu des températures au-dessus de la normale, à tel point que la fonte de la neige et de la glace a perturbé les courses de chiens de traîneau.

Dans l’hémisphère sud, l’Australie a connu une vague de chaleur exceptionnelle. Le mois de janvier 2019 a été dans ce pays le plus chaud jamais enregistré, tous mois confondus, avec une température moyenne de 30,8°C. La barre des 30°C a été dépassée pour la première fois depuis le début de l’ère instrumentale. Le précédent record datait de janvier 2013 avec 29,8°C. A Borrona Downs, dans l’Etat de New South Wales, une température de 36,6°C a été relevée au plus « froid » lors d’une nuit de ce mois de janvier 2019. C’est la température minimale la plus élevée jamais observée en Australie. Port Augusta, dans le sud, a connu une pointe à 49,5°C.

Les observations récentes et les modèles climatiques suggèrent que le risque immédiat d’El Niño est moins grand que ne le prévoyaient les modèles il y a quelques semaines. Les conditions sont considérées comme neutres actuellement. Les températures à la surface et sous la surface de la mer du Pacifique tropical restent plus chaudes que la moyenne, mais depuis fin 2018, elles sont passées à des valeurs neutres.

En retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle), l’anomalie thermique est de +1,12°C en janvier 2019, donc sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).

Source : global-climat.

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According to early estimates from US institutions such as the National Center for Environmental Prediction (NCEP) and the National Center for Atmospheric Research (NCAR) (NASA’s will arrive in mid-February), January 2019 was the 4th warmest month in the archives of these two institutions. The global temperature of the planet is + 0.34°C above the 1981-2010 average. The thermal anomaly is therefore in the line of the last months of the year 2018. It is very slightly down compared to December 2018 and at the same level as last November.
As I put it in a previous post, the main event of early 2019 is the sudden stratospheric warming that caused the split of the polar vortex. One of the lobes descended toward the United States (Midwest and Northeast), resulting in an intense cold wave. The sudden stratospheric warming can disrupt mid-latitude temperatures for almost two months. At the same time, Arctic regions such as Alaska experienced temperatures above normal, so much so that melting snow and ice disrupted sled dog racing.
In the southern hemisphere, Australia has experienced an exceptional heat wave. January 2019 was the hottest ever recorded in the country, all months combined, with an average temperature of 30.8°C. The 30°C bar was exceeded for the first time since the beginning of the instrumental era. The previous record was January 2013 with 29.8°C. At Borrona Downs, in New South Wales, a temperature of 36.6°C was recorded during the coldest night of January 2019. This is the highest minimum temperature ever seen in Australia. Port Augusta, in the south, peaked at 49.5°C.
Recent observations and climate models suggest that the immediate risk of El Niño is less than predicted by models a few weeks ago. Conditions are considered neutral at this time. The surface and subsurface temperatures of the tropical Pacific Ocean remain warmer than average, but since the end of 2018 they have moved to neutral values.
Based on 1880-1899 (representative of the pre-industrial period), the thermal anomaly is + 1.12°C in January 2019, which is below the most ambitious objective of COP 21 (+1.5°C).
Source: global-climat.
Anomalies thermiques à la surface de la Terre pour le mois de janvier 2019. (Source : NCEP-NCAR)

Antarctique : Une énorme cavité sous le Glacier Thwaites // Antarctica : A huge cavity under Thwaites Glacier

Au cours de ma conférence sur la fonte des glaciers et le réchauffement climatique, je mentionne le Glacier Thwaites, le plus imposant de l’Antarctique de l’Ouest, avec une largeur de 120 km. Il a à peu près la taille de la Floride aux États-Unis. Des modèles informatiques ont montré que ce glacier a commencé à se désintégrer. Il va probablement disparaître dans prochains siècles et fera ainsi s’élever le niveau de la mer d’environ 60 centimètres. Cette désintégration vient d’être confirmée par les scientifiques de la NASA qui ont découvert une vaste cavité sous le glacier. Une étude menée par l’agence et publiée le 30 janvier 2019 dans la revue Science Advances a révélé qu’une cavité d’une superficie équivalente aux deux tiers de Manhattan et d’une hauteur d’environ 300 mètres s’était développée sous le Glacier Thwaites. La cavité est suffisamment grande pour contenir 14 milliards de tonnes de glace, dont la plus grande partie a fondu au cours des trois dernières années.
Les chercheurs ont découvert la cavité à l’aide d’un radar capable de pénétrer la glace au cours de l’opération IceBridge, une mission aéroportée lancée en 2010 par la NASA pour étudier la glace polaire. L’année dernière, la National Science Foundation et le Natural Environment Research Council de Grande-Bretagne ont lancé un programme commun baptisé «International Thwaites Glacier Collaboration» afin d’étudier le glacier instable et son rôle dans l’élévation du niveau de la mer.
Le Thwaites est l’un des six glaciers côtiers de l’Antarctique de l’Ouest. Le problème est que si l’un de ces glaciers disparaît, les autres feront de même car les systèmes glaciaires de l’Antarctique occidental sont interconnectés.
Source: USA Today.

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During my conference about glacier melting because of global warming, I mention Thwaites Glacier, the most massive in West Antarctica, with a width of 120 kilometres. It has about the size of Florida in the United States. Computer models have shown that this glacier has already started disintegrating. It will probably disappear in a few centuries and raise sea level by about 60 centimetres.  This has just been confirmed by NASA scientists who have discovered a large cavity under the glacier. A study led by the agency and published on January 30th, 2019 in the journal Science Advances, revealed that a cavity about two-thirds the area of Manhattan and roughly 300 metres tall is growing under Thwaites Glacier. The cavity is large enough to have contained 14 billion tons of ice, most of which has melted within the last three years.

Researchers discovered the cavity using ice-penetrating radar in NASA’s Operation IceBridge, an airborne survey launched in 2010 to study polar ice. Last year, the National Science Foundation and Britain’s Natural Environment Research Council launched a joint program called the “International Thwaites Glacier Collaboration” to study the unstable glacier and its role in sea levels.

Thwaites is one of the six coastal glaciers in West Antarctica. The problem is that if one of these glaciers disappears, the others will follow as the glacial systems in West Antarctica are interconnected.

Source: USA Today.

Source: NASA

Donald Trump et la vague de froid aux Etats Unis // Donald Trump and the cold wave in the U.S.

Alors que le Midwest des Etats-Unis doit faire face en ce moment à une vague de frod exceptionnelle, le président Trump en a profité, comme d’habitude, pour réfuter tout lien entre cet événement et le changement climatique.
Dans l’un de ses célèbres tweets, il a écrit: «Dans le magnifique Midwest, les températures de ressenti atteignent moins 60 degrés, les plus froides jamais enregistrées. Dans les prochains jours, on s’attend à ce qu’il fasse encore plus froid. Les gens ne peuvent pas rester dehors même pendant quelques minutes. Qu’est-ce qui se passe avec le réchauffement climatique?
Le réchauffement climatique est, bien sûr, toujours présent. Comme je l’ai écrit dans ma note précédente, le vortex polaire est responsable de cette descente d’air froid. Les scientifiques expliquent que le vortex polaire affecte actuellement les États-Unis car une arrivée soudaine d’air chaud dans l’Arctique le mois dernier a repoussé une partie de la masse d’air très froid vers le sud. Certains climatologues sont convaincus que le réchauffement de la planète contribue à l’instabilité du jet-stream, ce qui a entraîné des conditions climatiques hivernales extrêmes sur le continent américain au cours de la dernière décennie.
Il semble que Donald Trump ne puisse pas – ou ne veuille pas – comprendre cela. La seule chose qu’il arrive à assimiler, c’est que le 29 janvier 2019, la température dans les Dakotas et dans le Minnesota a chuté jusqu’à -32°C, avec un ressenti pouvant aller jusqu’à -50°C. Aujourd’hui 30 janvier, il est prévu une température maximale de -24°C à Chicago.
Cependant, Donald Trump devrait remarquer que, dans le même temps, l’Arctique connaît des températures anormalement chaudes et bien plus élevées que dans les Etats-Unis contigus. Par exemple, les prévisions pour Fairbanks (Alaska) sont de -11°C et la température oscille autour de 0°C à Anchorage !
Alors que Donald Trump n’arrive pas à comprendre comment le réchauffement climatique peut provoquer un froid extrême, les membres de son propre gouvernement ont tenu à rappeler aux Américains qu’un lien existe réellement. Lors de son intervention devant le Senate Intelligence Committee, le directeur du Renseignement (National Intellignce) a mis en garde sur le fait que le changement climatique constituait une menace pour la sécurité nationale. Au cours de son intervention, il a déclaré : «La dégradation de l’environnement mondial ainsi que le changement climatique sont susceptibles d’exacerber la course aux ressources naturelles, la détresse économique et le mécontentement social. Les aléas climatiques tels que les conditions météorologiques extrêmes, les températures plus élevées, les sécheresses, les inondations, les incendies de forêt, les tempêtes, l’élévation du niveau de la mer, la dégradation des sols et l’acidification des océans s’intensifient, menaçant les infrastructures, la santé, les réserves d’eau et la sécurité alimentaire. Les phénomènes météorologiques extrêmes, souvent aggravés par l’élévation du niveau de la mer, affecteront particulièrement les zones côtières urbaines d’Asie du Sud, d’Asie du Sud-Est et de l’hémisphère occidental. Les dégâts causés aux infrastructures de communication, d’énergie et de transport pourraient affecter les bases militaires au niveau de la mer, infliger des coûts économiques, entraîner des déplacements de personnes et causer des pertes de vies humaines. »
Source: Presse américaine.

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As exceptionally cold air is currently affecting the U.S. Midwest, President Trump took the opportunity, as he did before, to refute any possible link between this event and climate change.

In one of his famous tweets, he wrote: “In the beautiful Midwest, windchill temperatures are reaching minus 60 degrees, the coldest ever recorded. In coming days, expected to get even colder. People can’t last outside even for minutes. What the hell is going on with Global Warming?”

Global warming, of course, is still present. As I put it in a previous post, the polar vortex is the culprit. Scientists explain that the current polar vortex is affecting the United States because a sudden jolt of warm air in the Arctic last month moved part of the icy air mass south. Some climatologists suspect that global warming is actually contributing to instability in the jet stream, which has brought extreme winter weather to the continental United States in the last decade.

It seems Donald Trump cannot – or does not want – to understand this. The ovly thing he can understand is that on January 29th, 2019, temperatures from the Dakotas to Minnesota dropped as low as -32°C, with wind chills as cold as -50°C. On January 30th, the high temperature in Chicago is predicted to be -24°C.

However, Trump should notice that, in the meantime, the Arctic is much warmer than the Lower 48. For instance, the forecast for Fairbanks, Alaska, is for a high of -11°C and temperatures are oscillating around 0°C in Anchorage. .

While Trump may not understand how global warming can lead to extreme cold, members of his own government made a point of reminding Americans the link does exist. In testimony before the Senate Intelligence Committee, the Director of National Intelligence warned that climate change remains a national security threat. “Global environmental and ecological degradation, as well as climate change, are likely to fuel competition for resources, economic distress, and social discontent. Climate hazards such as extreme weather, higher temperatures, droughts, floods, wildfires, storms, sea level rise, soil degradation, and acidifying oceans are intensifying, threatening infrastructure, health, and water and food security. Extreme weather events, many worsened by accelerating sea level rise, will particularly affect urban coastal areas in South Asia, Southeast Asia, and the Western Hemisphere. Damage to communication, energy, and transportation infrastructure could affect low-lying military bases, inflict economic costs, and cause human displacement and loss of life.”

Source : American newspapers.

Les caprices du vortex polaire // The whims of the polar vortex

Les services météorologiques annoncent l’arrivée d’une nouvelle vague de froid très intense aux États-Unis dans les prochains jours. Les scientifiques expliquent que le vortex polaire va apporter de l’air très froid dans certaines parties du pays suite à l’apparition d’un courant d’air chaud dans l’Arctique.
Les climatologues ont remarqué que le vortex polaire s’est déplacé à plusieurs reprises ces dernières années. Par exemple, en décembre 2018, la température de l’air, habituellement très froide, à 30 km au-dessus du pôle nord, s’est élevée rapidement d’environ 70 degrés Celsius grâce à l’air chaud en provenance du sud. Ce phénomène a été baptisé « réchauffement stratosphérique soudain ». La stratosphère est la couche de l’atmosphère située juste au-dessus de la troposphère, la zone de l’atmosphère terrestre située entre 0 et 10 kilomètres d’altitude dans les zones tempérées.(voir l’image ci-dessous).
Le réchauffement stratosphérique entraîne généralement un éclatement du vortex polaire dont les différentes parties se déplacent. Ainsi, au cours des prochains jours aux États-Unis, l’une de ces parties affectera pour la première fois depuis des années les Etats-Unis contigus. On prévoit des températures de -29°C à Chicago et, selon le National Weather Service, la température ressentie approchera -54°C dans certaines régions du Minnesota. Cette vague de froid inhabituelle pourrait durer encore huit semaines.
Les Américains ont entendu parler du vortex polaire il y a cinq ans, au début du mois de janvier 2014, lorsque la température a chuté à -27°C à Chicago.
Les scientifiques expliquent que lorsque l’air chaud envahit les régions polaires, il fait se diviser ou se déplacer le vortex polaire, généralement vers la Sibérie. Toutefois, le vortex s’est récemment divisé à plusieurs reprises, ce qui a entraîné des vagues de froid sur d’autres régions du globe. Des éléments du vortex polaire ont apporté de l’air froid sur l’Europe, la Sibérie et l’Amérique du Nord. Lorsque les forces qui orientent le vortex polaire dans l’Arctique sont faibles, il affecte plus souvent la Sibérie que le Michigan. Cette situation a été observée fréquemment au cours des deux dernières décennies. Une étude réalisée il y a un an pour le compte du Bulletin de la Société météorologique américaine a examiné plusieurs décennies du système arctique et a conclu que le vortex polaire avait connu « des conditions faibles plus fréquentes. »
Lorsque les différentes parties du vortex polaire se déplacent et quittent les régions polaires, des températures plus chaudes envahissent l’Arctique, l’Alaska, le Groenland et le Canada. Ces derniers jours, il faisait plus chaud à Anchorage, avec des températures au-dessus de zéro, qu’à Chicago. Tandis que les Etats du Midwest des États-Unis grelottent, l’Australie connaît des records de chaleur. Selon l’analyseur climatique de l’Université du Maine, le 28 janvier 2019, la température globale de la planète se situait à +0,4 degrés Celsius au-dessus de la moyenne de 1979 à 2000.
De plus en plus de scientifiques pensent que l’Homme est responsable de ces changements climatiques et des variations de pression atmosphérique qui entraînent un ralentissement de déplacement des masses d’air.
Source: Médias d’information américains.

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Another very cold spell is expected by the National Weather Service in the U.S. in the coming days. Scientists explain that the polar vortex is bringing very cold air to parts of the country thanks to a sudden blast of warm air in the Arctic.

Climatologists notice that the polar vortex has been wandering more often in recent years. For instance, in December 2018, the normally super chilly air temperatures 30 kilometres above the North Pole rapidly rose by about 70 degrees Celsius thanks to air flowing in from the south. This phenomenon is called « sudden stratospheric warming. » The stratosphere is the layer of the atmosphere just above our main weather atmosphere, the troposphere (see image below).

The stratospheric warming usually splits the polar vortex, leaving the pieces to wander. In the next few days in the U.S., one of those pieces will be over the Lower 48 states for the first time in years. Temperatures of minus 29 Celsius are predicted in Chicago and wind chills will be flirting with minus 54 Celsius in parts of Minnesota, according to the National Weather Service which says the unusual cold spell could stick around another eight weeks.

Americans were introduced to the polar vortex five years ago. It was in early January 2014 when temperatures dropped to minus 27 Celsius in Chicago.

Scientists explain that when warm air invades the polar region, it can split the vortex or displace it, usually toward Siberia. Recently, there have been more splits, which increase the odds of other places getting ultra-col. Pieces of the polar vortex have chilled Europe, Siberia and North America this time. When the forces directing the polar vortex in the Arctic are weak, it wanders, more often to Siberia than Michigan, which has been happening more frequently in the last couple decades. A study a year ago in the Bulletin of the American Meteorological Society looked at decades of the Arctic system and found the polar vortex has shifted « toward more frequent weak states. »

When the polar vortex pieces wander, warmth invades the Arctic, Alaska, Greenland and Canada. During the past days, it was warmrer in Anchorage, with above zero temperatures, than in Chicago. While the Midwest of the U.S. chills, Australia is reaching record-breaking heat. The world as a whole on January 28th, 2019 was 0.4 degrees Celsius warmer than the 1979-2000 average, according to the University of Maine’s Climate Analyzer.

More and more scientists see a connection between human-caused climate change and difference in atmospheric pressure that causes slower moving waves in the air.

Source : U.S. news media.

Les différentes couches de l’atmosphère (Source: NOAA)