White Island (Nouvelle Zélande), un jour de septembre 1914… // White Island (New Zealand), one day of September 1914…

Un récent article paru dans le New Zealand Herald nous rappelle qu’en septembre 1914, 11 mineurs de soufre ont péri sur White Island suite à un glissement de terrain et un lahar déclenchés par l’effondrement de la paroi sud-ouest du cratère, d’une hauteur de 300 mètres. Personne ne s’est rendu compte de la catastrophe pendant plus d’une semaine car le volcan se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la côte.
Le jour de la catastrophe était probablement le 10 septembre 1914, mais ce n’est pas certain car aucun témoin n’a survécu. Le seul survivant est un chat, plus tard rebaptisé Pierre le Grand. Il y a aussi une incertitude sur le nombre de morts, 10 ou 11.
Les premiers articles de journaux n’apparurent que 11 jours plus tard en faisant état de «la plus grande éruption depuis celle du Tarawera en 1886» et en proposant la date du 10 ou 11 septembre, en se référant aux nuages ​​de fumée noire, aux «fortes détonations» et à un tremblement de terre qui avaient été vus, entendues et ressenti depuis la côte.
On pensait à l’origine que l’activité volcanique ou un séisme avaient provoqué l’effondrement de la paroi du cratère dans le lac, ce qui aurait obstrué la bouche principale et provoqué une éruption ailleurs dans le cratère. Cependant, la théorie de l’éruption a été abandonnée et on pense aujourd’hui que l’effondrement de la paroi du cratère sud-ouest a provoqué un lahar qui s’est précipité sur le plancher du cratère, a écrasé les huttes des mineurs, la maison du responsable de chantier et d’autres bâtiments qui ont été projetés dans la mer.
Albert Mokomoko, le propriétaire du bateau qui transportait régulièrement des vivres et fournitures aux mineurs, a été le premier à être témoin de la destruction. Il a navigué vers White island le 15 septembre. Rien ne semblait anormal et il a supposé que les hommes étaient partis travailler sur une autre partie de l’île.
Le 19 septembre, neuf jours après celui de la catastrophe, Mokomoko est revenu et a accosté sur l’île. Il a été confronté à « une scène de désolation ». Le camp avait disparu, les bâtiments étaient recouverts d’environ 20 pieds de boue de soufre ». Une tranchée a été creusée dans l’amoncellement de 6 mètres de débris où les huttes des hommes étaient censées se trouver, mais aucune trace de vie n’a été décelée. Il n’y avait aucun espoir de trouver des survivants.
Plus de quinze jours après la catastrophe, des épaves ont commencé à apparaître sur les plages de la Bay of Plenty, comme des traverses de voie ferrée, des barriques, des fragments de bateaux, mais aucun objet qui aurait pu se trouver dans les huttes.
Il convient de noter que les familles des mineurs n’ont reçu aucune compensation. La veuve d’une des victimes a vu sa requête contre l’assureur de son employeur rejetée. Il lui fallait prouver que la mort était due à un accident qui s’était produit pendant qu’il travaillait. Bien que l’homme ait probablement péri sur l’île ou dans la mer, le tribunal a statué qu’il ne pouvait être déterminé si l’accident s’était produit alors qu’il travaillait, pendant qu’il allait au travail ou en dehors des heures de travail.
Seuls trois mineurs avaient des enfants. La plupart d’entre eux étaient célibataires. Deux autres hommes sont morts sur l’île à l’époque de la catastrophe: un plus tôt en 1914, après avoir été gravement brûlé dans un accident avec des machines, et un autre qui, selon un journal de 1913, serait tombé dans la mer. Il y a un autre récit entouré de mystère autour de la disparition de ce dernier mineur puisque ses bottes ont été retrouvées près du cratère.

L’histoire de l’accident à White Island peut être lue dans mon livre Killer Volcanoes qui est malheureusement épuisé aujourd’hui.

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A recent article in The New Zealand Herald reminds us that in September 1914, 11 sulphur miners on White Island were killed by a massive landslide and lahar triggered by the collapse of part of the 300-metre southwest wall of the crater. But no one knew about the disaster for more than a week as the volcano lies about 48km from the coast.

The day of the 1914 disaster was probably September 10th, but this is not certain because no witnesses survived. The only survivor was a cat, later renamed Peter the Great. There was also initial uncertainty about the death toll, thought to be either 10 or 11.

The first newspaper reports didn’t appear until 11 days later, telling of « the greatest eruption since Tarawera in 1886 », and guessing at a date of September 10th or 11th, based on the timing of clouds of black smoke, « loud detonations » and an earth tremor that were seen, heard and felt from the mainland.

It was originally thought that volcanic activity or an earthquake toppled the wall of the crater into the lake, blocking the main vent and leading to an eruption elsewhere. However, the eruption theory was abandoned and it is now thought the collapse of the south-western crater rim caused a lahar to rush through the crater floor, smashing the workers’ huts, the manager’s house and other mine buildings and shunting them into the sea.

Albert Mokomoko, a boat owner who ferried supplies to the miners, was the first outsider to witness the destruction. He sailed to the island on September 15th, but nothing seemed amiss and he assumed the men were on another part of the island.

On September 19th, nine days after the likely day of the disaster, Mokomoko returned and landed. He was confronted by « a scene of desolation. The camp was obliterated, the buildings being buried in about 20 feet of sulphurous mud. » A search party dug a trench into the 6-metre hill of debris where the men’s huts had stood, but found no trace of them. There was no possible hope of anyone having survived.

More than a fortnight after the disaster, wreckage from the island began washing up on Bay of Plenty beaches, including tram sleepers, pieces of barrels, fragments of boats, but nothing from within the huts.

It should be noted that the miners’ families received no compensation. The widow of one of the victims had her claim against his employer’s insurer thrown out. She was faced with proving his death was due to an accident that happened while he was working. But the Arbitration Court ruled too little was known about the disaster to draw the legal inferences needed to establish her case. Although the man was probably killed on the island or in the sea, the court ruled, it couldn’t be determined if this happened while he was at work, going to or from work or outside working hours.

Only three of the miners had children. Most of them were single. Two other men died on the island around the time of the disaster: One earlier in 1914, after he was badly burned in an accident with machinery, and another who, according to a 1913 newspaper report, was thought to have fallen into the sea. But there is another tale around the miner’s disappearance, one cloaked with mystery since only his boots were found near the crater.

The story of the accident at White Island can be read in my book Killer Volcanoes that is sold out today.

Photos: C. Grandpey

 

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Fonte du permafrost dans les Alpes // Permafrost melting in the Alps

Quand je parle de la fonte du permafrost sous l’effet du réchauffement climatique, je fais en général référence aux terres arctiques d’Alaska ou de Sibérie. Il ne faudrait pas pour autant oublier que le permafrost existe également sur nos montagnes à très haute altitude. Certes, ce n’est pas la terre qui gèle, mais les roches des sommets des Alpes ou des Pyrénées sont très sensibles aux variations de température et à leur réchauffement.

Nous venons d’en avoir la triste preuve le 24 août 2017 en Suisse où une masse rocheuse de quatre millions de mètres cubes s’est détachée de la paroi du Piz Cengalo et s’est déversée dans une vallée en direction du petit village de Bondo. Huit randonneurs sont portés disparus et la centaine d’habitants a dû évacuer en urgence. Selon le service sismologique suisse, les vibrations causées par cet effondrement équivalaient à un séisme de magnitude 3.

Cet événement n’est pas vraiment une surprise car des chutes de pierre avaient été enregistrées depuis plusieurs années dans la zone en 2011, 2012, 2016 et le 21 août 2017. Un gros éboulement s’était déjà produit fin 2011 au Piz Cengalo. Environ 1,5 million de mètres cubes de roches étaient tombées dans une vallée inhabitée.

Les effondrements au Piz Cengalo confirment qu’avec la fonte du permafrost dans les Alpes, de nombreux sommets sont en train de partir en miettes et vont continuer à le faire dans les prochaines années. Il ne fait guère de doute que l’éboulement à Bondo a été causé par les fortes chaleurs qui ont fait fondre la glace assez fracturée en altitude. On peut imaginer qu’il y avait du permafrost, avec de la glace qui maintenait les éléments. Avec les grandes chaleurs qu’on a connues récemment, il y a eu fonte de cette glace qui s’est détachée en bloc et est arrivée sur le cours d’eau en dessous. Ce dernier, à son tour, a emporté les matériaux de la chute.

Source : Presse suisse.

Voici des images de l’avalanche de roches à Bondo:

https://youtu.be/Fjfn4bWKABA

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When I write about the melting of the permafrost as a result of global warming, I usually refer to the Arctic territories of Alaska or Siberia. It should not be forgotten that the permafrost also exists on our mountains at very high altitude. Of course, it is not the earth that freezes, but the rocks of the summits of the Alps or the Pyrenees are very sensitive to the variations of temperature and their increase.
We have had the sad proof of this on August 24th, 2017 in Switzerland where a rock mass of four million cubic metres broke off the wall of Piz Cengalo and rushed into a valley in the direction of the small village of Bondo. Eight hikers were reported missing and the hundred or so inhabitants had to evacuate in urgency. According to the Swiss seismological service, the vibrations caused by this collapse amounted to an M 3 earthquake.
This event is not really a surprise as stonefalls had been recorded for several years in the area in 2011, 2012, 2016 and on 21 August 2017. A major rockslide had already occurred at the end of 2011 at Piz Cengalo. About 1.5 million cubic metres of rocks had fallen into an uninhabited valley.
The collapse at Piz Cengalo confirms that with the melting of permafrost in the Alps, many peaks are crumbling and will continue to do so in the coming years. There is little doubt that the landslide at Bondo was caused by the latest heatwaves that melted the ice which is fractured at high altitude. One can imagine that behind, there was permafrost, ice that held the elements. With the recent hot weather, this ice melted and broke away as a whole, and then fell in the river underneath, which in turn carried away the materials of the fall.
Source: Swiss Press.

Here are images of the rock avalanche in Bondo:

https://youtu.be/Fjfn4bWKABA

Image extraite du document diffusé sur YouTube

Effondrement d’un puits de forage sur Surtsey // Collapse of a borehole on Surtsey

Dans une note publiée le 1er août 2017, j’expliquais qu’un projet de recherche devait débuter ce même mois sur l’île Surtsey, à une trentaine de kilomètres au sud de l’Islande. Je me demandais également si un tel projet valait vraiment la peine et s’il apporterait plus d’informations qu’un forage similaire sur la grande île d’Islande.

Il semblerait que le dieu Surt – géant du feu dévastateur dans la mythologie scandinave – qui a donné son nom à l’île soit de mon avis. En effet l’un des puits de forage s’est effondré le 17 août à 150 mètres de profondeur, sur les 200 mètres initialement prévus ! Malgré cet incident, l’équipe scientifique sur place espère mener le projet à son terme. Le forage du deuxième puits a déjà commencé et le trépan devrait atteindre 170 – 180 mètres de profondeur d’ici quelques jours.

Source : Iceland Review.

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In a note released on August 1st, 2017, I explained that a research project was to begin this same month on Surtsey, some thirty kilometres south of Iceland. I was also wondering whether such a project was really worthwhile and if it would bring more information than a similar drilling on the main island of Iceland.
It seems that Surt – the King of Fire in Norse mythology – who gave his name to the island shared my opinion. Indeed one of the boreholes collapsed on August 17th after drilling over 150 metres into the earth, only 50 metres shy of its 200 metres goal. Despite this incident, the on-site scientific team hopes to complete the project. The drilling of the second hole has already begun and the bit is expected to reach 170 – 180 meters deep in a few days.
Source: Iceland Review.

La Bible et les volcans // The Bible and the volcanoes

L’histoire de notre planète montre qu’au cours des derniers siècles, de gigantesques écroulements ou glissements de terrain se sont produits sur des édifices volcaniques en générant de terribles raz-de-marée. Au moins huit écroulements se sont produits en Alaska, au Japon, et ailleurs dans le monde. La Méditerranée est une région également très exposée aux tsunamis. L’histoire a particulièrement retenu celui qui a anéanti la civilisation minoenne, lors de l’éruption du volcan grec de Santorin, il y a environ 3500 ans, qui engendra des vagues de 50 mètres de haut.

Des géophysiciens américains de l’Université de Columbia  pensent qu’un effondrement monumental et soudain du flanc est du volcan Fogo (Cap-Vert) dans la mer, il y a quelques 73 000 ans, a engendré une vague de plus de 240 mètres de haut qui aurait englouti l’île de Santiago, à une cinquantaine de kilomètres de là.

Actuellement, les géophysiciens craignent que s’effondre l’un des flancs du volcan Kilauea Iki, sur la Grande Ile d’Hawaii. Si un tel événement se produisait, 150 km3 de matériaux déplaceraient une masse d’eau équivalente.

Dans l’Atlantique, le volcan Cumbre Vieja à La Palma, aux Canaries, inquiète également. Si son flanc ouest s’effondrait dans l’océan, il en résulterait une vague de plusieurs centaines de mètres de hauteur qui parcourrait l’Atlantique. Selon le tabloïd britannique Daily Star, des passages secrets de la Bible affirment que le Cumbre Vieja s’effondrera un jour dans la mer en « créant la destruction ».  Des vagues énormes frapperont l’ouest et le sud de l’Espagne, ainsi que le Portugal. Le tsunami s’abattra ensuite sur l’Afrique du Nord avant de traverser l’Atlantique et d’engloutir les Caraïbes et la côte est des Etats-Unis. Les passages de la Bible, reconstitués par un programme informatique, décrivent des scènes de terreur. Ils prédisent que le volcan disparaîtra dans la mer. Les dernières éruptions du Cumbre Vieja  ont eu lieu en 1949 et 1971.

A noter que les Dix Plaies D’Egypte, désignation courante d’un épisode de la Bible (Exode, 7-12) au cours duquel Yahvé inflige dix fléaux à l’Égypte pour contraindre Pharaon à libérer le peuple des Hébreux retenu en esclavage, a été mis en relation avec l’éruption du volcan de Santorin. Si certaines des Plaies sont susceptibles d’avoir une relation volcanique, d’autres semblent beaucoup plus distantes.

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The history of our planet shows that during the last centuries, huge collapses or landslides occurred on some volcanoes, generating terrible tidal waves. At least eight collapses occurred in Alaska, Japan, and elsewhere in the world. The Mediterranean is also largely exposed to tsunamis. History has particularly retained the one that destroyed the Minoan civilization, during the eruption of the Greek volcano of Santorini, about 3500 years ago, which produced waves 50 metres high.
American geophysicists at Columbia University believe that a sudden, monumental collapse of the eastern flank of the Fogo volcano in the sea some 73,000 years ago resulted in a wave more than 240 metres high that engulfed the island of Santiago, about fifty kilometres away.
Currently, geophysicists fear that one of the flanks of Kilauea Iki might collapse on Hawaii Big Island. If such an event occurred, 150 cubic kilometres of materials would move an equivalent mass of water.
In the Atlantic, the Cumbre Vieja volcano in La Palma, in the Canary Islands, is also worrying. If its western flank collapsed in the ocean, it would trigger a wave several hundred meters high that would cross the Atlantic. According to the British tabloid Daily Star, secret passages from the Bible say that Cumbre Vieja will someday collapse in the sea and « create destruction ». Enormous waves will hit western and southern Spain, as well as Portugal. The tsunami will then crash on North Africa before crossing the Atlantic and engulfing the Caribbean and the US east coast. The passages of the Bible, reconstituted by a computer program, describe scenes of terror. They predict that the volcano will disappear into the sea.
The last eruptions of Cumbre Vieja in the Canary Islands took place in 1949 and 1971.
We can remark that the Ten Wounds of Egypt, commonly referred to as an episode of the Bible (Exodus 7-12) in which Yahweh inflicts ten scourges on Egypt to compel Pharaoh to free the enslaved Hebrew people, is supposed to be related to the eruption of  Santorini Volcano. If some of the wounds ùay have some volcanic relationship, others appear much more distant.

Images satellites des îles de Fogo (Cap-Vert), La Palma (Canaries) et Santorin (Grèce) [Crédit photo: NASA]

Kilauea (Hawaii): Risque d’effondrement de la paroi sud de l’Overlook Crater // Risk of collapse of the southern wall of the Overlook Crater

Suite à un survol effectué le 16 mars 2017, le HVO a réalisé une modélisation 3D de l’Overlook Crater qui referme le lac de lave au cœur du vaste cratère de l’Halema’uma’u. L’animation est accessible en cliquant sur le lien ci-dessous. Le lac de lave présente un diamètre d’environ 250 mètres. L’image reconstituée montre qu’une partie de la paroi sud de l’Overlook Crater est en surplomb au-dessus du lac, avec un risque d’effondrement. Si ce dernier se produit – comme se fut le cas en novembre et décembre 2016 – la lèvre sud du cratère (là où se trouve l’ancienne terrasse d’observation) sera certainement impactée par des projections. Cela justifie l’interdiction d’accès de ce secteur.

https://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1658.mp4

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Following an overflight performed on 16 March 2017, HVO produced a 3D model of the Overlook Crater which holds the lava lake in the much larger Halema’uma’u Crater. The animated model can be seen by clicking on the link below. The lava lake has a diameter of about 250 meters. The reconstructed image shows that part of the southern wall of the Overlook Crater is overhanging over the lake, with a risk of collapse. If the collapse occurs – as was the case in November and December 2016 – the southern rim of the crater (where the old observation deck is located) will certainly be impacted by projections. This justifies the ban on access in this sector.
Https://hvo.wr.usgs.gov/multimedia/uploads/multimediaFile-1658.mp4

Overlook Crater le 4 décembre 2016 (Crédit photo: HVO)

Kilauea (Hawaii): Effondrement du delta de lave // Collapse of the lava delta

drapeau-francaisComme je l’ai écrit précédemment, des fractures avaient été observées dans le delta construit par l’entrée de lave la plus à l’est sur le site de Kamokuna, avec un risque d’effondrement.
Un tel effondrement a eu lieu la veille du Nouvel An quand tout un pan du delta de 11 hectares formé par la coulée de lave 61g a disparu dans l’océan vers 14h45, avec abondance de projections incandescentes et la formation de grosses vagues qui ont érodé une partie de la falaise littorale et du point d’observation aménagé pour les touristes. Les rangers en service le Jour de l’An ont indiqué que des craquements continuaient à émaner de toute la zone instable.
En conséquence, le site de Kamokuna a été fermé le temps que les rangers et les scientifiques du HVO contrôlent la situation.

En dépit de la fermeture, cinq visiteurs se sont glissés sous la corde de sécurité et ont parcouru la falaise côtière vers 19 heures le jour de la Saint-Sylvestre. Les rangers ont dû les poursuivre pour les obliger à faire demi-tour. Un quart d’heure plus tard, la partie de la falaise où se trouvaient ces personnes s’est effondrée dans l’océan!
Le point d’observation restera fermé tant que la situation ne se sera pas stabilisée. L’accès au Parc des Volcans côté Kalapana a été fermé aussi. Heureusement, il n’y avait pas d’avions ou de bateaux dans le secteur au moment de l’effondrement, ni de visiteurs sur le delta proprement dit, malgré son interdiction d’accès. Comme l’a dit un ranger: «Si quelqu’un avait été à proximité de l’effondrement, que ce soit sur terre, en mer ou en l’air, il y aurait sûrement eu des morts. Une restriction de vol temporaire de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer a été mise en place sur le site de Kamokuna.
Source: Big Island Now, avec des photos de l’événement :

http://bigislandnow.com/2017/01/01/delta-collapse-closes-kamokuna-ocean-entry/

Voici une petite vidéo:

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drapeau-anglaisAs I put it before, cracks had been observed in the lava delta built by the easternmost Kamokuna entry, with the risk of collapses.

This collapse happened on New Year’s Eve when a large section of the 11-hectare lava delta formed by the 61g lava flow disappeared into the ocean around 2:45 p.m. on December 31st 2016, launching showers of volcanic rock into the air and creating a flurry of large waves that eroded away a portion of the older sea cliff and viewing area. Rangers on duty New Year’s Day reported that loud cracks continue to be heard throughout the unstable area.

As a result, the Kamokuna ocean entry was closed as park rangers and HVO scientists survey the area. Despite the closure, five visitors ducked beneath the white rope closure line and made a beeline for the coastal cliffs around 7 p.m. on New Year’s Eve. Rangers had to chase after them before they turned around. Within 15 minutes, the section of cliff where the visitors were standing crashed into the ocean!

The lava viewing area will remain closed until it is determined safe to reopen. The Kalapana access to the park was closed too. Fortunately, there were no aircraft or boats in the area at the time of the collapse, nor were any visitors on the delta itself, which is closed for public safety. As one ranger said: “Had anyone been close by on land, water or air, lives would have surely been lost.”

There is a temporary flight restriction of 300 metres above ground level at the Kamokuna ocean entry.

Source : Big Island Now, with photos of the event :

http://bigislandnow.com/2017/01/01/delta-collapse-closes-kamokuna-ocean-entry/

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Photo: C. Grandpey

 

Effondrement d’un glacier au Tibet // Glacial collapse in Tibet

drapeau-francaisEn juillet 2016, plus de 70 millions de mètres cubes de glace et de roches ont dégringolé du Glacier Aru, dans l’ouest du Tibet. L’avalanche n’a duré que cinq minutes. Les dégâts ont été très importants. Par endroits, les dépôts de glace avaient 10 mètres d’épaisseur. L’avalanche a recouvert une surface de 10 kilomètres carrés. Elle a frappé au passage le village de Dungru, tuant neuf éleveurs. Plus de 100 yaks ont péri, ainsi que 350 moutons. La NASA, qui a diffusé des images satellitaires de la catastrophe, a expliqué que l’effondrement était l’un des plus importants de l’histoire.

L’événement a tout d’abord étonné les climatologues, mais une équipe internationale de scientifiques a désigné le coupable probable: une accumulation inhabituelle d’eau de fonte sous le glacier, provoquée par des températures exceptionnellement chaudes.
Les glaciers avancent habituellement de quelques mètres, même si la vitesse de progression est parfois plus spectaculaire. Ainsi, en 2002, une section de 2,5 km du Glacier Kolka en Russie a parcouru 18 km en six minutes, tuant plus d’une centaine de personnes. Les scientifiques ont d’abord pensé que le Glacier Aru s’était comporté comme son homologue russe. Cependant, les glaciers qui avancent de cette manière ont tendance à être longs et larges alors que le Glacier Aru est un petit glacier accroché à la montagne. De plus, ces avancées glaciaires sont cycliques alors que l’histoire du Glacier Aru ne donne aucune indication d’un tel comportement.
Les climatologues pensent que le Glacier Aru adhère normalement à son substratum grâce à des températures inférieures à zéro, ce qui en fait un type de glacier « à base froide.» Ces glaciers sont généralement assez stables, grâce à de faibles précipitations locales, des températures froides et un déplacement lent. Le glacier tibétain est le premier exemple de l’effondrement brutal d’un glacier à base froide dans une région non volcanique.
En se référant aux données GPS et à la modélisation mathématique, couplées aux données climatiques de la région, les chercheurs émettent l’hypothèse que le Glacier Aru avait commencé à devenir un glacier « polythermique », c’est-à-dire avec une association de glace dont la température est inférieure à zéro et de glace portée à son point de fonte. Il est donc possible que l’eau de fonte se soit accumulée à la base du glacier, formant un lubrifiant qui a favorisé son avancée et son effondrement rapides.

La cause de la fonte, si elle existe, reste inconnue, mais les chercheurs ont remarqué que la région est en cours de réchauffement. La station météorologique la plus proche du glacier a révélé que la température a augmenté de 2 degrés Celsius pendant les 50 dernières années. Un tel réchauffement peut sembler insignifiant, mais il est suffisant pour que la neige fondue s’infiltre sous le glacier. La station météorologique a également enregistré des niveaux élevés de précipitations dans les 40 jours précédant l’avalanche. Cela signifie que ce glacier à base froide a réagi au réchauffement climatique.
L’effondrement du Glacier Aru soulève des inquiétudes car de tels événements sont susceptibles de se reproduire et peuvent représenter un danger réel pour les habitants de cette région. Si le réchauffement climatique est la cause principale de l’effondrement du Glacier Aru, il est fort à parier que ce ne sera pas le dernier.
Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisIn July 2016, at least 70 million cubic metres of glacial ice and rock plummeted from the Aru Glacier in western Tibet. The avalanche lasted no longer than five minutes. The devastation within such a short time was immense. In places, the ice deposits ran 10 metres deep. The avalanche buried 10 square kilometres. Debris struck Dungru village, killing nine herders. More than 100 yaks perished, as did 350 sheep. NASA, which documented the debris field via satellite, described the collapse as one of the largest recorded avalanches in history.

The collapse, at first, left climatologists perplexed, but an international team of scientists has fingered the most likely culprit: an unusual slick of meltwater beneath the glacier, created by unusually warm temperatures.

Certain glaciers surge, usually advancing a matter of metres in short bursts of speed, although the surge may sometimes be more dramatic. In 2002, a 2.5 km-long section of the Kolka Glacier in Russia broke free, travelling 18 km in six minutes and killing more than a hundred people. Scientists first thought the Aru Glacier was acting like its Russian precursor. However, glaciers that surge tend to be lengthy and wide whereas the Aru Glacier was a small, frigid glacier that clung to the mountaintop. Moreover, glacial surges are cyclical. There was no indication the Aru Glacier had surged in remote sensing data.

Climatologists had assumed the Aru Glacier was frozen to mountain bedrock at sub-zero temperatures, making it a type of glacier known as « cold-based. » Such glaciers are usually quite stable, with low local precipitation, low glacier movement and cold temperatures. The Tibetan Glacier is the first known occurrence of an unexpected, instantaneous collapse of a cold-based glacier in a nonvolcanic region.

Based on GPS imagery and mathematical modeling, coupled with the climate data in the region, the researchers hypothesize the Aru Glacier had begun the process of becoming a polythermal glacier, that is, a mixture of sub-zero ice as well as ice warmed to the melting point. It was possible that meltwater pooled at the bottom of the glacier, forming a lubricant that enabled the swift collapse.

The source of the meltwater, if it existed, remained unknown, but researchers noted that the area has steadily warmed. The weather station closest to the glacier reported the temperature increased 2 degrees Celsius over 50 years. Such warming may seem insubstantial, but it was enough for melted snow to seep below the glacier. The weather station also recorded high levels of precipitation in the 40 days leading up to the avalanche. This means the cold-based glacier responded to the climate warming.

This situation at the Aru Glacier raises concerns that future events are possible and may pose risks for inhabitants of this region. If the climate warming in the region is the primary cause of the Aru Glacier collapse, then it will not be the last one.

Source: The Washington Post.

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Le Glacier Aru avant et après l’effondrement (Crédit photo: NASA)