Et si le Gulf Stream s’arrêtait ? // What if the Gulf Sream stopped ?

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Geoscience envoie un avertissement et explique que le Gulf Stream, courant de l’Océan Atlantique qui joue un rôle essentiel dans la redistribution de la chaleur dans le système climatique de notre planète, se déplace maintenant plus lentement qu’auparavant.

Les scientifiques pensent que ce ralentissement est en partie lié au réchauffement climatique car la fonte de la glace dans l’Arctique modifie l’équilibre des eaux dans le nord du globe. Son impact peut être observé dans les tempêtes, les vagues de chaleur et l’élévation du niveau de la mer.

Le Gulf Stream fait partie intégrante de la circulation océanique méridienne dans l’Atlantique – Atlantic Meridional Overturning Circulation, ou AMOC. L’auteur de l’article paru dans Yahoo News nous rappelle que le phénomène a été porté à l’attention du public par le film « The Day After Tomorrow » – « Le Jour d’Après » – sorti en 2004 dans lequel le courant océanique s’arrête brusquement, provoquant d’effroyables tempêtes dans le monde, une super tornade à Los Angeles et un mur d’eau qui vient s’écraser sur New York. Il faut toutefois ajouter que si le Gulf Stream devait s’arrêter, le résultat ne serait pas aussi soudain ; les impacts s’étaleraient probablement sur des années, voire des décennies, mais seraient certainement dévastateurs pour notre planète.

Des recherches récentes ont montré que la circulation thermohaline a ralenti d’au moins 15% depuis 1950. Ce ralentissement a probablement déjà un impact sur les systèmes terrestres et on estime que d’ici la fin du siècle la circulation pourrait ralentir de 34% à 45% si la hausse des températures persiste à l’échelle de la planète. Les scientifiques craignent qu’un tel ralentissement fasse atteindre un point de basculement qui rendra la situation irréversible.

La circulation thermohaline dans l’Atlantique est facile à expliquer. Comme l’équateur reçoit beaucoup plus de lumière directe du soleil que les pôles qui sont plus froids, la chaleur s’accumule sous les tropiques. Dans un effort d’équilibre, la Terre envoie cette chaleur vers le nord depuis les tropiques et envoie du froid vers le sud depuis les pôles. C’est comme cela que le vent souffle et que les tempêtes se forment. La plus grande partie de cette chaleur est redistribuée par l’atmosphère, mais le reste est déplacé plus lentement par les océans par le biais de la circulation thermohaline, cet ensemble de courants qui relient les océans du monde. (voir carte ci-dessous)

Grâce à la recherche scientifique, on sait que l’AMOC est le moteur qui pilote cette circulation globale. Il déplace l’eau avec un débit 100 fois supérieur à celui de l’Amazone. Dans l’AMOC, une bande étroite d’eau chaude et salée dans les tropiques près de la Floride – le Gulf Stream – est transportée vers le nord, près de la surface, dans l’Atlantique Nord. Lorsqu’il atteint la région du Groenland, le Gulf Stream se refroidit suffisamment pour devenir plus dense et plus lourd que les eaux environnantes, de sorte qu’il s’enfonce dans les profondeurs océaniques. Cette eau froide est ensuite transportée vers le sud par des courants profonds.

La fonte de la glace et l’afflux d’eau douce qui en résulte dans l’Atlantique Nord constituent un facteur important qui contrôle la vitesse de l’AMOC. En effet, l’eau douce est moins salée, donc moins dense, que l’eau de mer, et elle ne coule pas aussi facilement. S‘il y a trop d’eau douce, l’AMOC perd de son énergie. Selon les scientifiques, c’est probablement ce qui se passe à l’heure actuelle. La cause se trouve dans l’Arctique où la glace fond plus vite à cause du réchauffement climatique d’origine anthropique..

Afin d’évaluer le ralentissement spectaculaire de l’AMOC, les chercheurs ont compilé des données fournies par la nature comme les sédiments océaniques et les carottes de glace remontant à plus de 1000 ans. Ils ont pu ainsi reconstruire l’historique de l’AMOC.

La mutualisation de trois types différents de données a été mise en œuvre pour obtenir des informations sur l’histoire des courants océaniques: 1) les modèles de température dans l’Océan Atlantique, 2) les propriétés de la masse de l’eau sous la surface de l’océan et 3) la taille des grains des sédiments des grands fonds datant de 1600 ans.

Bien que chaque élément de ces données ne soit pas une représentation parfaite de l’évolution de l’AMOC, leur mutualisation a donné une bonne image de la circulation océanique méridienne dans l’Atlantique.

Les résultats de l’étude montrent que l’AMOC a été relativement stable jusqu’à la fin du 19ème siècle. Le premier changement important est intervenu au milieu des années 1800, après le Petit Age Glaciaire entre les années 1400 et 1800.

A la fin du Petit Age Glaciaire vers 1850, les courants océaniques ont commencé à s’affaiblir, avec un deuxième déclin plus marqué après le milieu du 20ème siècle, probablement en raison du réchauffement climatique provoqué par la combustion de combustibles fossiles. Neuf des 11 ensembles de données utilisés dans l’étude ont montré que l’affaiblissement de l’AMOC au 20ème siècle est statistiquement significatif, ce qui prouve que le ralentissement est sans précédent à l’ère moderne.

L’affaiblissement de l’AMOC se répercute déjà sur le système climatique des deux côtés de l’Atlantique. Du côté américain, on observe une augmentation du niveau de la mer dans des lieux comme New York et Boston. En Europe, les effets se font sentir sur les conditions météorologiques avec modification de la trajectoire des tempêtes venant de l’Atlantique, ainsi que les vagues de chaleur.

Selon la dernière étude, ces impacts continueront probablement de s’aggraver avec le réchauffement à venir de la planète, la poursuite du ralentissement de l’AMOC, avec des événements météorologiques plus extrêmes comme un changement de trajectoire des tempêtes hivernales au large de l’Atlantique et des tempêtes potentiellement plus intenses. .

Les auteurs de l’étude pensent que si nous restons en dessous de 2 degrés Celsius de réchauffement climatique, il semble peu probable que l’AMOC s’arrête définitivement. En revanche, si nous atteignons 3 ou 4 degrés de réchauffement, les chances d’arrêt augmenteront. Si l’AMOC s’arrête, il est probable que l’hémisphère nord se refroidira en raison d’une diminution significative de l’arrivée de chaleur tropicale poussée vers le nord.

Toutefois, en l’état actuel des choses, la Science ne sait pas vraiment ce qui se passera si le Gulf Stream cesse de fonctionner.

Source : Yahoo News.

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 A new study published in the journal Nature Geoscience is sending a warning and explains that the Gulf Stream, an influential current system in the Atlantic Ocean, which plays a vital role in redistributing heat throughout our planet’s climate system, is now moving more slowly than before.

Scientists believe that part of this slowing is directly related to global warming, as the melting of the ice at the poles and on the glaciers alters the balance in northern waters. Its impact may be seen in storms, heat waves and sea-level rise.

The Gulf Stream is an integral part of the Atlantic Meridional Overturning Circulation, or AMOC. The author of the article released in Yahoo News reminds us that the phenomenon was made famous in the 2004 film « The Day After Tomorrow, » in which the ocean current abruptly stops, causing immense killer storms around the globe, a super tornado in Los Angeles and a wall of water smashing into New York City. However, if the Gulf Stream were to eventually stop moving, the result would not be sudden, but over years and decades the impacts would certainly be devastating for our planet.

Recent research has shown that the circulation has slowed down by at least 15% since 1950. This slowdown is undoubtedly already having an impact on Earth systems, and by the end of the century it is estimated the circulation may slow by 34% to 45% if we continue to heat the planet. Scientists fear that kind of slowdown would put us dangerously close to tipping points.

Because the equator receives a lot more direct sunlight than the colder poles, heat builds up in the tropics. In an effort to reach balance, the Earth sends this heat northward from the tropics and sends cold south from the poles. This is what causes the wind to blow and storms to form.

The largest part of that heat is redistributed by the atmosphere. But the rest is more slowly moved by the oceans in what is called the Global Ocean Conveyor Belt, a worldwide system of currents connecting the world’s oceans. (see map below)

Through years of scientific research, it has become clear that the AMOC is the engine that drives its operation. It moves water at 100 times the flow of the Amazon river.

In the AMOC, a narrow band of warm, salty water in the tropics near Florida – the Gulf Stream – is carried northward near the surface into the North Atlantic. When it reaches the Greenland region, it cools sufficiently enough to become more dense and heavier than the surrounding waters, at which point it sinks. That cold water is then carried southward in deep water currents.

One important factor that controls the speed of the AMOC is the melting of glacial ice and the resulting influx of fresh water into the North Atlantic. Indeed, fresh water is less salty, and therefore less dense, than sea water, and it does not sink as readily. Too much fresh water means the AMOC loses the sinking part of its engine and thus loses its momentum.

This is what scientists believe is happening now as ice in the Arctic is melting at an accelerating pace due to human-caused climate change.

In order to ascertain just how unprecedented the recent slowing of the AMOC is, the research team compiled proxy data taken mainly from nature’s archives like ocean sediments and ice cores, reaching back over 1,000 years. This helped them reconstruct the flow history of the AMOC.

The team used a combination of three different types of data to obtain information about the history of the ocean currents: temperature patterns in the Atlantic Ocean, subsurface water mass properties, and deep-sea sediment grain sizes, dating back 1,600 years.

While each individual piece of proxy data is not a perfect representation of the AMOC evolution, the combination of them revealed a robust picture of the overturning circulation.

The study results suggest that the AMOC has been relatively stable until the late 19th century. The first significant change happened in the mid 1800s, after the Little Ice Age which spanned from the 1400s to the 1800s.

With the end of the Little Ice Age in about 1850, the ocean currents began to decline, with a second, more drastic decline since the mid-20th century, likely due to global warming from the burning of fossil fuels. Nine of the 11 data-sets used in the study showed that the 20th century AMOC weakening is statistically significant, which provides evidence that the slowdown is unprecedented in the modern era.

The weakening of the AMOC is already reverberating in the climate system on both sides of the Atlantic. On the U.S. side, one observes an enhanced sea level rise in places like New York and Boston. In Europe, evidence shows there are impacts to weather patterns, such as the track of storms coming off the Atlantic as well as heat waves.

According to the latest study, these impacts will likely continue to get worse as the Earth continues to warm and the AMOC slows down even further, with more extreme weather events like a change of the winter storm track coming off the Atlantic and potentially more intense storms.

The authors of the study think that if we stay below 2 degrees Celsius of global warming it seems unlikely that the AMOC will stop, but if we hit 3 or 4 degrees of warming the chances for the stopping rise. If the AMOC halts, it is likely the Northern Hemisphere ill cool due to a significant decrease in tropical heat being pushed northward. But science does not yet know exactly what would happen if the Gulf Stream stopped moving..

Source: Yahoo News.

Source : NOAA

Dernières nouvelles de la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Latest news about the Reykjanes Peninsule (Iceland)

Comme je l’ai écrit précédemment, un séisme de magnitude M 5.1 a été enregistré à 3h14 le 10 mars 2021. C’est l’un des quelque 700 événements enregistrés sur la Péninsule de Reykjanes entre minuit et 8h00 le 10 mars. La majeure partie de l’activité sismique se produit au niveau de la montagne de Fagradalsfjall, à l’extrémité sud d’une intrusion magmatique qui s’est formée à une profondeur comprise entre 1 et 2 kilomètres. Selon le Met Office, l’activité sismique du 10 mars indique probablement que l’intrusion magmatique continue et qu’une éruption dans la région reste une possibilité.

Selon les volcanologues islandais, l’intrusion magmatique a la forme d’un couloir horizontal qui s’étire sur environ 7 kilomètres entre les montagnes de Fagradalsfjall et Keilir. Le couloir se trouve à environ 2 km sous la surface près du Keilir mais à seulement 1 km sous la surface au niveau du Fagradalsfjall. Le magma est également plus chaud à hauteur du Fagradalsfjall qui est donc le site le plus probable pour une éventuelle éruption.

Les dernières observations tendent à montrer qu’une éruption sur la Péninsule de Reykjanes est de plus en plus probable. Cependant, il est difficile de prévoir quand elle se produira.

Source: Iceland Review.

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As I put it before, an M 5.1 earthquake was recorded at 3.14 am on March 10th, 2021. It was one of over 700 earthquakes registered on the Reykjanes peninsula between midnight and 8.00am on March 10th. Most of the seismic activity is occurring by Fagradalsfjall mountain, at the southern end of a magma intrusion that has formed at a depth between 1-2 kilometres. According to the Met Office, the March 10th seismic activity likely indicates the magma intrusion is growing, and an eruption in the area continues to be a possibility.

According to Icelandic volcanologists, the magma intrusion has the shape of a horizontal corridor stretching some 7 kilometres between Fagradalsfjall and Keilir mountains. The corridor is around 2 km below the surface by Keilir but 1 km below the surface at Fagradalsfjall. The magma is also hotter by Fagradalsfjall, making it the more likely site for a possible eruption.

The latest observations tend to reveal that an eruption on the Reykjanes Peninsula is more and more likely. However, it is difficult to predict when it will occur.

Source: Iceland Review.

Source : Icelandic Met Office

Péninsule de Reykjanes (Islande) : la sismicité reste intense // Seismicity is still intense

La sismicité est incroyablement intense ces jours-ci sur la Péninsule islandaise de Reykjanes. De nombreux événements sont au-dessus de M 3.0. Le 10 mars 2021, à 3h14, un séisme a atteint M 5.1. Son épicentre était situé à 2,4 km au SSO de Fagradalsfjall à une profondeur de 5,8 km.

Il semble bien qu’un dyke magmatique soit en train de se frayer un chemin sous la péninsule mais la lave ne perce pas la surface.

Comme je l’ai déjà écrit, le contexte géologique de la région est très complexe avec un mélange de tectonique, de sismicité et de volcanisme, un phénomène pouvant être la cause ou la conséquence de l’autre.

Plusieurs scénarios possibles ont été imaginés par des volcanologues islandais qui ne peuvent faire aucune prévision.

Le point positif est que la région compte peu d’habitants qui seront rapidement évacués en cas d’urgence.

La situation dans la Péninsule de Reykjanes confirme que la prévision volcanique aura encore un long chemin à parcourir avant de devenir fiable.

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Seismicity is incredibly intense these days on Iceland’s Reykjanes Peninsula. Many events are above M 3.0. On March 10th, 2021, at 3.14 am, a quake reached M 5.1. Its epicentre was located 2.4 km SSW of Fagradalsfjall at a depth of 5.8 km.

It seems a magmatic dyke is working its way beneath the Peninsula but lava is not piercing the surface. As I put it before, the geological context of the region is very complex with a mixture of tectonics, seismicity and volcanism, the one being the cause or the consequence of the other.

Several possible scenarios have been imagined by Icelandic volcanologists who are at a loss to make any prediction. The good point is that the region has few residents who will be rapidly evacuated in case of emergency. However, the situation in the Reykjanes Peninsula confirms that volcanic prediction still has a long way to go ro become reliable.

Source : IMO

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Une puissante éruption a été observée sur le Sangay (Équateur) le 6 mars 2021, avec une colonne de cendres qui s’est élevée jusqu’à 12,2 km au-dessus du niveau de la mer. D’importantes retombées de cendres ont été signalées dans de nombreux secteurs. La période éruptive actuelle a commencé en mai 2019. L’activité se caractérise par des coulées de lave, des coulées pyroclastiques et des émissions de gaz et de cendres.

Source: Instituto Geofisico

Le panache du Sangay vu depuis l’espace (Source : IG)

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Une éruption aura-t-elle lieu sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)? Personne ne le sait. Pourtant, la sismicité est toujours intense et la carte du Met Office islandais est toujours aussi impressionnante. Un nouvel épisode de tremor semblable à celui du 3 mars a été enregistré sur la Péninsule de Reykjanes le 7 mars 2021. Cependant, il a été beaucoup plus court que le précédent, avec une durée de 20 minutes contre plusieurs heures le 3 mars.

L’activité sismique a de nouveau considérablement augmenté à 5 h 20 le 9 mars 2021 à l’extrémité sud du dyke qui s’est formé au sud de Fagradalsfjall. Cet épisode de tremor a duré jusqu’à environ 7 heures du matin. Il était très localisé et indique probablement une augmentation de la longueur du dyke.

Les volcanologues locaux pensent que l’endroit le plus probable pour une éruption sur la Péninsule de Reykjanes se trouve au sud de Fagradalsfjall.

C’est la troisième fois qu’un épisode de tremor est enregistré dans cette zone depuis la reprise de l’activité sismique la semaine dernière. Comme je l’ai déjà écrit, plusieurs scénarios possibles ont été imaginés pour les prochains jours et semaines. Ils vont d’une diminution de l’activité sismique à une éruption effusive.

Source : IMO

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La série de paroxysmes continue sur l’Etna (Sicile). Le n°11 a eu lieu pendant la nuit du 9 au 10 mars 2021. Le déroulement reste le même : hausse du tremor, activité strombolienne évoluant en fontaines de lave dans le Cratère SE, débordements et coulées de lave dans le Valle del Bove et sur le versant SO du volcan. Les retombées de cendres sont fréquentes autour de l’Etna.

Le dernier paroxysme vu par la caméra thermique de l’INGV

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L’éruption du Kilauea (Hawaï) continue dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave est émise par une bouche dans la paroi nord-ouest du cratère et se jette dans le lac de lave. Le lac a une profondeur d’environ 220 mètres. Les émission de SO2 restent élevés à 800 t / jour.

Source: HVO.

A cause de la pandémie de Covid-19, le nombre de visiteurs dans le Parc National des Volcans d’Hawaii a chuté d’environ 57% en 2020. C’est l’année la plus mauvaise pour le Parc depuis 1966. Le Parc est en grande partie ouvert mais de nouvelles mesures de sécurité sont en vigueur. Les visiteurs doivent porter un masque dans tous les bâtiments du Parc et sur les espaces gérés par le gouvernement fédéral lorsque la distanciation physique ne peut être maintenue.

Source : NPS.

Vue de l’éruption depuis la lèvre ouest du cratère (Crédit photo : HVO)

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Les conditions météorologiques favorables au sommet de La Soufrière de Saint-Vincent ont permis de prendre des photos aériennes, mais aucune estimation du volume du dôme n’a été possible en raison de problèmes techniques. Aucune nouvelle donnée n’est disponible sur les gaz émis par le volcan. De plus, il faudra un mois pour obtenir les résultats des analyses de la lave envoyée en Grande-Bretagne. On remarque que les observations sont chaotiques depuis le début de l’éruption.

La lente croissance du dôme se poursuit. Le front sud-est du dôme se trouve maintenant en alignement avec la fumerolle préexistante sur le dôme de 1979. L’extrusion de lave continue avec des fluctuations périodiques.

Les gaz émis par le dôme continuent d’endommager la végétation sur le flanc sud-ouest du volcan. La NEMO explique que ces gaz sont devenus plus acides et peuvent causer des problèmes respiratoires accompagnés d’évanouissement et même entraîner une asphyxie. Ils peuvent également irriter la peau et les yeux, même pendant une courte exposition. Il est donc impératif d’éviter de se rendre sur le volcan de La Soufrière.

Source : UWI

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Suite à une hausse de l’activité depuis le 13 février 2021, le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte du Taal (Philippines) de 1 à 2 le 9 mars. Le niveau d’alerte 2 signifie qu’une activité magmatique est probablement présente sous le volcan. I se peut qu’elle débouche – ou pas ! – sur une éruption.

La sismicité a augmenté, en particulier le tremor volcanique dont l’énergie est en hausse par rapport aux épisodes précédents. Les séquences actuelles présentent une durée comprise entre 3 et 17 minutes. Dans l’ensemble, l’activité sismique du mois écoulé correspond à une hausse de l’activité magmatique et hydrothermale à faible profondeur sous Volcano Island.

a température de l’eau du lac dans le Main Crater a été mesurée à 74,6°C et on a enregistré une augmentation continue de l’acidité avec un pH 1,59 contre 2,79 en janvier 2020.

Les données GPS et InSAR montrent une légère déformation permanente de Volcano Island et révèlent aussi une expansion de l’ensemble de la région du Taal depuis la fin de l’éruption de 2020.

En outre, des changements positifs de microgravité ont été enregistrés dans la caldeira du Taal après l’éruption de 2020, en relation avec des changements de densité causés par la migration et le dégazage du magma et l’activité hydrothermale.

Source : PHIVOLCS.

Zone à risques du Taal (Source: PHIVOLCS)

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Une intensification de l’activité effusive a été observée sur le Pacaya (Guatemala) le 8 mars 2021 avec des coulées de lave atteignant 1,3 km sur le flanc S. Le nombre d’explosions modérées à fortes au sommet du volcan est en hausse depuis le 5 février, avec des projections s’élevant jusqu’à 500-600 m au-dessus du cratère Mackenney.

Le Parc national du Pacaya reste fermé et l’accès aux zones de coulées de lave actives sur le flanc sud du volcan est interdit.

Source: INSIVUMEH, CONRED.

Photo : C. Grandpey

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L’activité éruptive se poursuit sur le Klyuchevskoy (Kamtchatka). Un nouveau cône de cendres a commencé à croître vers le 25 février 2021 et une petite coulée de lave a été observée le 2 mars. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique significative au niveau de l’éruption sur le versant nord-ouest du volcan.

Source: KVERT.

 Source : Copernicus / Sentinel-2

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Le San Cristobal (Nicaragua) a connu une crise éruptive le 9 mars 2021, avec des retombées de cendres sur la ville de Chinandega. Des témoins ont déclaré que c’était «une éruption rapide, une seule grande explosion, puis le volcan a passé environ 30 minutes à cracher des gaz». Certaines activités ont dû cesser car la visibilité était devenue presque nulle. Plusieurs heures après l’éruption, les habitants balayaient toujours la cendre. Le volcan est périodiquement actif depuis des années. Il a émis un important panache de cendres le 14 février 2021.

Source: Presse locale.

Crédit photo : Wikipedia

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :  :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A large eruption occurred at Sangay (Ecuador) on March 6th, 2021, with an ash column that rose up to 12.2 km above sea level. Heavy ashfall was reported in many areas.

The current eruptive period began in May 2019. The activity is characterized by lava flows, pyroclastic flows, and gas and ash emissions.

Source: Instituto Geofisico

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Will an eruption occur on the Reykjanes Peninsula (Iceland)? Nobody knows. Yet seismicity is still intense and the Icelandic Met Office map is as impressive as ever. A new seismic tremor similar to the one measured on March 3rd was recorded on the Reykjanes Peninsula on March 7th, 2021. However, it was much shorter than the previous one. It lasted 20 minutes vs. several hours on March 3rd.

Seismic activity on the Reykjanes peninsula increased again considerably at 5:20 on March 9th, 2021 at the south end of the magma dyke that has formed south of Fagradalsfjall. This tremor pulse lasted until about 7 am. It was very localized and likely indicates that the size of the dyke is increasing.

Local volcanologists think the likeliest location for a potential volcanic eruption on the Reykjanes peninsula would be south of Fagradalsfjall mountain. This is the third time a tremor pulse hits the area since the new start of seismic activity last week.

As I put it before, several possible scenarios have been imagined for the next days and weeks. They go from a decrease in seismic activity to an effusive eruption.

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The series of paroxysms continues on Mt Etna (Sicily). Crisis n°11 took place during the night of 9-10 March, 2021. The course of events remains the same: rise of the tremor, Strombolian activity evolving in lava fountains in the SE Crater, overflows and lava flows in the Valle del Bove and on the SW slope of the volcano. Ashfall is frequently observed around Mt Etna.

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Kilauea (Hawaii) is erupting within Halema’uma’u Crater.Lava is emitted by a vent on the northwest side of the crater and flowing into the lava lake. The lake is about 220 metres deep. SO2 emission rates remain elevated at 800 t/day.

Source: HVO.

Because of the Covid-19 pandemic, visitor arrivals to Hawaii Volcanoes National Park fell by some 57% in 2020. The arrivals count was the worst at the park since 1966. While the Park has mostly reopened, new safety measures are required. Visitors must wear masks in all NPS buildings and on federally managed lands when physical distancing cannot be maintained.

Source : NPS.

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Clear weather conditions at the top of St Vincent’s La Soufriere allowed for aerial photographs to be taken but no new volumes were obtained due to technical problems with the images. No new data is available on the gas coming from the volcano. Moreover, it will take one month to get the results of the lava sent to Britain for analysis. Observations have been chaotic since the beginning of the eruption.

The slow dome growth continues with the south-eastern front of the dome now in line with the pre-existing fumarole on the 1979 dome. The ongoing extrusion of magma onto the crater floor continues with periodic changes in the rate of dome growth.

The gas coming from the dome continues to cause damage to vegetation on the south-western flank of the volcano. NEMO warns that these gases have become more acidic and have the capacity to cause respiratory problems which can result in unconsciousness and even asphyxiation. They can also have a corrosive effect on the skin and eyes, even with short exposure. It is imperative therefore, to avoid site seeing at the La Soufriere.

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Following an increase in activity since Fabruary 13th, 2021, PHIVOLCS raised the alert level for Taal (Philippines ) from 1 to 2 on March 9th. Alert level 2 means that there is a probable magmatic activity that may or may not lead to an eruption.

Seismicity has increased, with a special attention given to volcanic tremors which have increased seismic energy compared to previously recorded episodes, and are ranging between 3 to 17 minutes in duration. Overall, seismic activity in the past month indicates increased magmatic and hydrothermal activity at shallow depths beneath Taal Volcano Island.

Temperature ow water in the Main Crater Lake has been measured at 74.6°C and continuing increase in acidity to pH 1.59 from a pH of 2.79 in January 2020.

GPS and InSAR data indicate ongoing slight deformation of Taal Volcano Island and have revealed expansion of the Taal region since the end of the 2020 eruption.

Besides, positive microgravity changes have been recorded across Taal Caldera after the 2020 eruption consistent with density changes caused by magma migration, magma degassing and hydrothermal activity.

Source: PHIVOLCS.

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Effusive activity increased at Pacaya (Guatemala) on March 8th, 2021 with lava flows reaching 1.3 km on the S flank. The number of moderate to strong explosions at the summit has increased since February 5th, with projections rising up to 500-600 m above the Mackenney crater.

The Pacaya National Park is still closed and access to the areas of active lava flows on the southern flank of the volcano is prohibited.

Source : INSIVUMEH, CONRED.

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Eruptive activity continues at Klyuchevskoy (Kamchatka). A new cinder cone started growing around February 25th, 2021 with the emission of a small lava flow observed on March 2nd. Satellite data show a large thermal anomaly over the flank eruption on the north-western slope of the volcano.

Source: KVERT.

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San Cristobal (Nicaragua) erupted on March 9th, 2021, with ashfall on the city of Chinandega. Witnesses said it was “a rapid eruption, a single big explosion and then the volcano spent some 30 minutes spewing gases.” Some businesses were forced to close as visibility was reduced to nearly zero. Hours later, residents were still cleaning up.

The volcano has been periodically active for years. It emitted a significant ash plume on February 14th, 2021.

Source: Local news media.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm