Nouvel essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // New seismic swarm on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Un nouvel essaim sismique est en cours dans la Péninsule de Reykjanes avec des événements de M 3,5 et M 3,2 à 4h31 et 4h59 (GMT) le 29 janvier 2020 au matin. Les hypocentres ont été localisés à 3,1 et 3,5 km de profondeur. Les épicentres se situent à 1,5-2 km au NE de Grindavik.

Comme je l’ai indiqué précédemment les autorités islandaises ont demandé à la population de la région à se tenir prête à une éventuelle évacuation, même si l’IMO ne relève pas actuellement de signes significatifs (concernant le tremor par exemple) d’une éruption à court terme. Plusieurs secteurs sensibles se trouvent à proximité de la zone où est enregistrée la sismicité : l’aéroport international de Keflavik et le Blue Lagoon qui est une structure touristique à forte fréquentation. La situation doit être contrôlée sérieusement, en particulier l’évolution de l’inflation observée depuis le 21 janvier 2020 sur le Mt. Thorbjorn.

°°°°°°°°°°

Lors d’une réunion qui s’est tenue à Grindavík le 27 janvier, des scientifiques de l’Icelandic Met Office et de l’Institut des sciences de la Terre de l’Université d’Islande ont décrit la situation, en compagnie de représentants de la protection civile et de la police.
Les scientifiques ont expliqué qu’il n’y a pas eu d’éruption volcanique à Reykjanes depuis le 13ème siècle. Ces éruptions ont créé un champ de lave d’environ 20 kilomètres carrés. Aujourd’hui, cela causerait beaucoup de dégâts matériels, mais pas de pertes humaines car il est facile d’échapper à une coulée de lave.
Les scientifiques ont déclaré avec beaucoup de modestie qu’ils ne savaient pas si la sismicité actuelle et l’inflation détectée à l’ouest du volcan Þorbjörn étaient dues à l’accumulation de magma. Si c’est le cas, cela n’entraînerait pas nécessairement une éruption. On peut assister à une intensification de la sismicité, avec des secousses allant jusqu’à M 6,0. Une éruption fissurale avec des coulées de lave est une autre possibilité.
Source: Iceland Monitor.

—————————————–

 A new seismic swarm is underway in the Reykjanes Peninsula with events of M 3.5 and M 3.2 at 4:31 a.m. and 4:59 a.m. (GMT) in the morning of January 29th, 2020. The hypocentres were located 3.1 and 3.5 km deep. The epicentres are located 1.5-2 km NE of Grindavik.
As I indicated previously, the Icelandic authorities have asked the people of the region to be ready for a possible evacuation, even if IMO does not currently see significant signs (concerning the tremor for example) of a short term eruption. Several areas are located near the place where seismicity is recorded: Keflavik International Airport and the Blue Lagoon which is a very popular tourist structure. The situation needs to be carefully monitored, especially the evolution of the inflation that has been recorded since January 21st on Mt. Thorbjorn.

°°°°°°°°°°

During a town meeting held in Grindavík on January 27th, scientists from the Icelandic Met Office and the University of Iceland Institute of Earth Sciences reviewed the situation, along with representatives from the Department of Civil Protection and the Police.

The scientists explained here has not been a volcanic eruption in Reykjanes since the 13th century. They created a lava field of about 20 square kilometres. Today, it would cause much property damage, but people are usually able to escape a stream of lava.

The scientists said it remains unclear whether the current seismicity and the inflation detected west of Þorbjörn mountain is due to magma accumulation, and even if that turns out to be the case, it would not necessarily lead to an eruption and it might soon cease without any event. Further seismic activity with earthquakes of up to M 6.0 is another possible scenario, and, finally, an eruption along a fissure, which would include lava flows, is a possibility.

Source : Iceland Monitor.

Source: IMO

Reykjanes (Islande / Iceland) : Mise en place du principe de précaution // Implementation of the precaution principle

La sismicité est encore présente dans la région de Grindavik sur la péninsule de Reykjanes, même si elle est moins intense que ces derniers jours. Le site Internet Iceland Monitor indique que de nombreuses personnes dans la région sont inquiètes de la situation. Une réunion a été organisée par le maire de Reykjanes pour informer les habitants des plans d’urgence en cas d’éruption volcanique, même si – selon les scientifiques – ce scénario ne semble pas être le plus probable. De nombreuses personnes ont assisté à la réunion. Tous les habitants avaient reçu sur leur téléphone portable un SMS en provenance de la Ligne d’Urgence (Emergency Line), histoire de tester ce moyen de communication.
Il a été demandé aux habitants d’enregistrer le 112 (numéro d’urgence) sur la liste de contacts de leur téléphone portable et de régler le téléphone de sorte que la sonnerie puisse toujours être entendue lorsque des messages arrivent du 112, même si le téléphone est en mode silencieux. Il leur a en outre été conseillé de choisir une sonnerie spéciale pour les appels ou les messages en provenance du 112, afin de les distinguer facilement. Lors de la réunion, on leur a aussi conseillé d’écouter attentivement les informations fournies par les scientifiques qui étaient présents.
Dans le cas peu probable où des maisons de Grindavík devraient être évacuées, des centres d’hébergement d’urgence seront ouverts au centre sportif Kórinn à Kópavogur, au centre sportif de Reykjaneshöll à Reykjanesbær et au centre sportif de Þorlákshöfn.
La police a conseillé aux personnes présentes à la réunion de réfléchir à ce qu’elles devraient emporter si elles devaient quitter leur domicile.

Cette situation est à nouveau – comme pour le volcan Taal aux Philippines – une bonne illustration du principe de précaution. Personne ne sait exactement ce qui se passera dans les prochains jours – éruption ou pas éruption – alors les gens sont priés de se tenir prêts à quitter rapidement leur domicile.
Source : IMO, Iceland Monitor.

—————————————————

Seismic events are still recorded in the Grindavik area on the Reykjanes Peninsula, ma seismicity in less intense than during the past days. The website Iceland Monitor informs us that many people in the area are worried and anxious about the situation. A meeting was held by the Mayor of Reykjanes to inform residents about contingency plans, in the event of a volcanic eruption, even though that scenario is not believed to be the likeliest, according to scientists. Many people attended the meeting. All the residents had received an SMS on their cell phones from the Emergency Line, as the emergency system was being tested.

Local inhabitants were advised to store the 112 emergency number on their list of contacts on their cell phone, and to set the phone so that the ring tone can always be heard when messages arrive from 112, even if the phone is on silent. They were furthermore advised to choose a special ring tone for calls or messages from 112, to make them easily distinguishable. They were also encouraged to listen closely to information provided by scientists who addressed the gathering

In the unlikely event that houses in Grindavík need to be evacuated, relief centres will be opened at Kórinn sports centre in Kópavogur, at Reykjaneshöll sports centre in Reykjanesbær and at the sports centre in Þorlákshöfn.

Police authorities advised residents to think about what they would need to bring along, in case they had to leave their home. He was pleased with how well the meeting was attended and encouraged residents to listen closely to information provided by scientists who addressed the gathering.

This situation is again – like for Taal Volcano in the Philippines – a good illustration of the precaution principle. Nobody knows exactly what might happen in the coming days, so people are askes to be ready if they have to leave their homes in a hurry.

Source: IMO, Iceland Monitor.

Sur la Péninsule de Reykjanes… (Photo: C. Grandpey)

Glaciers d’Islande, un monde en péril // Icelandic glaciers, a world at risk

Dans mon livre « Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique », on peut lire que l’Islande n’échappe pas à la hausse des températures. Des observations récentes ont révélé que les glaciers islandais couvrent 12% de moins qu’on le pensait. Beaucoup d’entre eux ont reculé de plusieurs centaines de mètres, certains même de plusieurs kilomètres. Officiellement, la superficie totale des glaciers islandais est de 11 922 km2, soit 11 à 12% de la surface totale de l’Islande. Toutefois, ces chiffres semblent s’appuyer sur des mesures anciennes qu’il faudrait mettre à jour. Le glacier Hofsjökull, par exemple, couvre officiellement 925 km2. Les images du satellite Spot en 2006 ont montré que sa superficie n’était plus que de 864 km2. Les photos de l’été 2014 donnent une superficie de 827 km2. Le Hofsjökull a donc perdu 10% par rapport aux chiffres officiels.

Selon les dernières mesures effectuées en 2017, la superficie des glaciers islandais s’est réduite de plus de 600 km2 depuis l’an 2000 et d’environ 2000 km2 depuis la fin du 19ème siècle, période où les glaciers ont atteint leur étendue maximale depuis la colonisation du pays au 9ème siècle de notre ère. La surface totale des glaciers islandais a diminué en moyenne d’environ 40 km2 par an ces dernières années. Les glaciers ont reculé de plusieurs dizaines de mètres en 2017. Le Kaldalónsjökull et l’E-Hagafellsjökull détiennent le record de 2017 avec des reculs de 100 à 200 mètres en une seule année.

De la même façon, le célèbre Jökulsarlon n’aura probablement plus le même aspect dans 4 ou 5 ans. Pour s’en rendre compte, il suffit d’observer l’Esjufjallarönd, une moraine qui longe le glacier Breiðamerkurjökull et le sépare d’une autre langue glaciaire, le Norðlingalægðarjökull qui vient finir sa course dans les eaux du Jökulsarlon en donnant naissance à une foule de petits icebergs. En le parcourant, on se rend vite compte d’une année sur l’autre que le Breiðamerkurjökull est en train de reculer rapidement sous l’effet du réchauffement climatique. Au fur et à mesure que le Norðlingalægðarjökull déverse ses icebergs dans le lagon, le niveau de la glace diminue et le glacier voisin a tendance à se déplacer vers la dépression ainsi créée. Il en résulte que la moraine de Esjufjallarönd se déplace régulièrement vers l’est et cet amas de débris va probablement atteindre le Jökulsarlon d’ici 3 à 5 ans.

Les statistiques révèlent que le glacier Breiðamerkurjökull perd actuellement 600 mètres par an. Dans l’une des grottes qui se trouvent à l’intérieur, la glace a reculé tellement que la chute d’eau qui était autrefois à l’intérieur de la grotte est maintenant pratiquement en dehors. Dans une autre grotte à proximité, un gros rocher qui était à 100 mètres à l’intérieur de la cavité se trouve maintenant à l’extérieur, à  500 mètres devant le glacier.
Des recherches approfondies sur les effets du changement climatique sur les glaciers islandais prédisent que le Langjökull, le Hofsjökull et la partie sud du Vatnajökull auront tous disparu d’ici 200 ans. Des organismes tels que l’Icelandic Road and Coastal Administration (qui gère les routes et les côtes en Islande) prennent déjà en compte ces prévisions lors de la conception des ports et des infrastructures. De même, la Société Nationale d’Electricité d’Islande conçoit et gère ses centrales hydroélectriques en intégrant dans ses données les variations futures du débit des cours d’eau en provenance des glaciers.

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of Glaciology confirme ces informations inquiétantes. Selon les auteurs de l’étude, si la hausse de température de la planète atteint trois degrés Celsius – ce qui semple actuellement l’hypothèse la plus probable – le Vatnajökull aura pratiquement disparu en 2300. Le glacier couvre actuellement une superficie de 7900 km2, soit 8% de la surface de l’Islande. Au cours de l’année écoulée, il a reculé chaque mois plus vite qu’au cours de la dernière décennie.

Les chercheurs ont procédé à des modélisations. Ils en ont conclu que si la température de la Terre augmente de 2 degrés Celsius, le glacier aura perdu entre 30 et 60% de sa surface en 2300. L’écart de pourcentage est dû à d’autres paramètres tels que les précipitations.

Si la température globale atteint quatre degrés Celsius, le Vatnajökull perdra entre 60 et 100% de sa surface et s’orientera donc vers une disparition inéluctable.

S’agissant des autres glaciers islandais comme le Hofsjökull et le Langjökull qui se trouvent à plus basse altitude que le Vatnajökull et sont de plus petite taille, ils se seront probablement réduits des 70 ou 80 pour cent à la fin du 21ème siècle.

Sources : Glaciers en péril, Iceland Review.

——————————————–

In my book « Glaciers at Risk, The Effects of Global Warming« , one can read that Iceland is not immune to rising temperatures. Recent observations have revealed that Icelandic glaciers cover 12% less than previously thought. Many of them have retreated by several hundred metres, some even several kilometres. Officially, the total area of ​​Icelandic glaciers is 11 922 km2, or 11 to 12% of the total area of ​​Iceland. However, these figures seem to be based on old measures that should be updated. The Hofsjökull glacier, for example, officially covers 925 km2. Spot satellite images in 2006 showed that its area was only 864 km2. The photos of summer 2014 give an area of ​​827 km2. The Hofsjökull lost 10% of the official figures.
According to the latest measurements taken in 2017, the area of ​​Icelandic glaciers has shrunk by more than 600 km2 since 2000 and by about 2000 km2 since the end of the 19th century, when glaciers reached their maximum extent since the colonization of the country in the 9th century of our era. The total area of ​​Icelandic glaciers has decreased on average by about 40 km2 per year in recent years. Glaciers retreated by several tens of metres in 2017. Kaldalónsjökull and E-Hagafellsjökull hold the record for 2017 with retreats of 100 to 200 metres in a single year.
In the same way, the famous Jökulsarlon will probably not look the same in 4 or 5 years. To realise the change, just look at Esjufjallarönd, a moraine that runs along the Breiðamerkurjökull Glacier and separates it from another glacial tongue, Norðlingalægðarjökull which ends in the Jökulsarlon waters, giving birth to a a crowd of small icebergs. One quickly realizes from one year to the next, Breiðamerkurjökull is rapidly shrinking under the effect of global warming. As the Norðlingalægðarjökull pours its icebergs into the lagoon, the ice thickness decreases and the nearby glacier tends to move towards the resulting depression. As a result, the Esjufjallarönd Moraine moves steadily eastward and this cluster of debris is likely to reach Jökulsarlon within 3 to 5 years.
Statistics show that the Breiðamerkurjökull glacier is currently losing 600 metres a year. In one of the caves inside, the ice has receded so much that the waterfall that was once inside the cave is now practically outside. In another cave nearby, a large rock that was 100 metres inside the cavity is now outside, 500 metres in front of the glacier.
Extensive research on the effects of climate change on Icelandic glaciers predicts that Langjökull, Hofsjökull and southern Vatnajökull will all have disappeared within 200 years. Agencies such as the Icelandic Road and Coastal Administration (which manages roads and coastlines in Iceland) already take these predictions into account when designing ports and infrastructure. Similarly, the National Electricity Company of Iceland designs and manages its hydropower plants by integrating in its data the future variations of river flow from glaciers.

A new study published in the Journal of Glaciology confirms this disturbing information. According to the authors of the study, if the temperature rise of the planet reaches three degrees Celsius – which currently sustains the most probable hypothesis – Vatnajökull will have practically disappeared in 2300. The glacier currently covers an area of ​​7900 km2, or 8% of the surface of Iceland. Over the past year, it has declined every month faster than in the last decade.
The researchers carried out modelizations. They concluded that if the Earth’s temperature increases by 2 degrees Celsius, the glacier will have lost between 30 and 60% of its surface in 2300. The percentage difference is due to other parameters such as precipitation.
If the global temperature reaches four degrees Celsius, Vatnajökull will lose between 60 and 100% of its surface and will move towards an inevitable disappearance.
Other Icelandic glaciers, such as Hofsjökull and Langjökull, which are lower in altitude than Vatnajökull and smaller in size, are likely to shrink by 70 or 80 percent by the end of the 21st century.
Sources: Glaciers en péril, Iceland Review.

« Glaciers en péril, les effets du réchauffement climatique« . [10 €, ou 15 € par correspondance].  Merci de me contacter par mail si vous désirez vous le procurer (grandpeyc@club-internet.fr)

 

La fonte rapide des glaciers islandais // The rapid melting of Icelandic glaciers

Les glaciers islandais occupent environ 11% de la surface de l’île, mais ils fondent à une vitesse impressionnante et leur surface se réduit comme peau de chagrin. En lisant un article paru dans Courrier International, on apprend que des chercheurs écossais et islandais ont comparé des photos prises dans les années 1980 avec celles acquises par drones ces dernières années. Le résultat est impressionnant !

Pour ce projet, des milliers de photographies ont été utilisées. Bon nombre montraient des zones géographiques se chevauchant. Les chercheurs ont utilisé un logiciel qui leur a permis de réaliser une modélisation en 3D. Les images acquises par drone ont été comparées à des photos prises dans les mêmes zones dans les années 1980. En regardant les images, on constate des différences stupéfiantes sur une courte durée. Le Met Office islandais explique que les glaciers du pays ont perdu une superficie totale d’environ 750 km2 depuis 2000, avec une réduction moyenne de 40 km2 chaque année.

Vous pourrez voir les photos comparatives de plusieurs glaciers islandais en allant sur cette page de Courrier International :

https://www.courrierinternational.com/article/avant-apres-les-glaciers-islandais-fondent-vue-doeil

——————————————

Icelandic glaciers cover about 11% of the island’s surface, but they melt at an impressive speed and their surface is shrinking. Reading an article published in Courrier International, we learn that Scottish and Icelandic researchers have compared photos taken in the 1980s with those acquired by drones in recent years. The result is impressive!
For this project, thousands of photographs were used. Many showed overlapping geographic areas. Researchers used software that allowed them to perform 3D modelling. The images acquired by drone have been compared to pictures taken in the same areas in the 1980s. Looking at the images, there are amazing differences over a short period. The Icelandic Met Office explains that the country’s glaciers have lost a total area of ​​about 750 km2 since 2000, with an average reduction of 40 km2 each year.
You will see the comparative photos of several Icelandic glaciers if you visit this page of Courrier International:
https://www.courrierinternational.com/article/avant-apres-les-glaciers-islandais-fondent-vue-doeil

Le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe, est l’un de ceux qui fondent le plus vite. Dans quelques années, il n’aura plus la force de venir vêler dans la mer (Photo: C. Grandpey)

Nouvelles brèves // News in brief

En Islande, la partie orientale de la plage de Reynisfjara a été fermée définitivement. La décision a été prise à la suite d’un glissement de terrain survenu le 20 août 2019. Personne n’a été blessé, mais la veille, un homme avait été victime d’une fracture du crâne lorsque des blocs se sont détachés de la falaise. De nouveaux glissements de terrain sont susceptibles de se produire dans cette zone.
Depuis le 19 août, les touristes ont à plusieurs reprises ignoré la fermeture de la partie orientale de la plage. La police a dû remettre en place quotidiennement des rubans d’interdiction d’accès. En vertu de la loi, les personnes qui ne tiennent pas compte de ceette interdiction d’accès peuvent se voir infliger une amende de 100 000 à 500 000 ISK (720 à 3 600 euros).
Source: Iceland Monitor.

Comme cela se produit de temps en temps, une forte éruption a secoué le Sheveluch (Kamchatka) aux premières heures du 29 août 2019. La colonne de cendre s’est élevée à environ 10 km au dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.

Le Steamboat Geyser dans le Parc National de Yellowstone vient d’établir un nouveau record. Le 27 août, à 10 h 47, le geyser s’est manifesté pour la 33ème fois en 2019. Il bat aainsi le record de l’année dernière pour le plus grand nombre d’éruptions jamais enregistrées au cours d’une année civile. Le record précédent était de 29 éruptions en 1964. Avant 1961, le Steamboat Geyser était resté inactif pendant cinquante ans. La dernière éruption a projeté une importante quantité de débris et de boue qui ont recouvert les voitures dans le parking situé à 150 mètres. À une exception près, le Steamboat s’est manifesté tous les trois à sept jours depuis le 3 mai 2019.
Source: Service des parcs nationaux.

——————————————–

In Iceland, the eastern part of Reynisfjara beach in now permanently closed. The decision comes in the wake of a landslide that occurred there August 20th, 2019. No one was injured, but the previous day a man suffered a broken skull when rocks fell from the same mountain. More landslides are likely to occur in this area.

Ever since August 19th, tourists have repeatedly disregarded the closure of the eastern part of the beach. The police have had to put up new police tape daily. According to the law, those who disregard such closures can be issued a fine of ISK 100,000-500,000 (EUR 720-3,600).

Source : Iceland Monitor.

As this happens from time to time, a strong eruption was observed at Sheveluch volcano (Kamchatka) in the early hours of August 29th, 2019. The ash column rose up to about 10 km above sea level. The aviation colour code is kept at Orange.

The Steamboat Geyser in Yellowstone National Park has set a new record. At 10:47 a.m. on August 27th in the morning, the geyser erupted for the 33rd time in 2019. That breaks last year’s record for the most eruptions ever recorded in a calendar year. The record before which was 29 eruptions in 1964.Until 1961, it had been dormant for fifty years. The geyser’s last eruption shot out a lot of debris and mud which coated cars in the parking lot, 150 metres away. With just one exception, Steamboat has been going off every three to seven days since May 3rd, 2019.

Source: National Park Service.

Steamboat Geyser (Photos: C. Grandpey)

Le recul rapide du Sólheimajökull (Islande) // The fast retreat of Sólheimajökull (Iceland)

Comme je l’ai déjà écrit, l’Islande est un pays où la fonte des glaciers est très rapide. Le Sólheimajökull, au sud du pays, entre les volcans Katla et Eyjafjallajökull, est un bon exemple de ce phénomène. Le Sólheimajökull est une branche du Mýrdalsjökull qui recouvre la caldeira du Katla, considéré comme l’un des volcans les plus dangereux d’Islande.
J’ai observé le Sólheimajökull pour la dernière fois en 2003. À cette époque, le front était très proche de la route d’accès dont il était séparé par la rivière de fonte qui sortait en dessous du glacier. Il y avait une forte odeur de soufre tout le long de cette rivière. (voir photos ci-dessous)

Quelques années plus tard, des observations ont révélé que le Sólheimajökull fondait à une vitesse incroyable. Par exemple, il a reculé de 110 mètres entre octobre 2017 et octobre 2018. Il s’agissait du plus important recul du glacier en une seule année depuis le début des mesures. Entre 2010 et 2018, le recul a atteint 379 mètres. Il convient de noter qu’en 2003 et 2010, il n’y avait pas de lagon devant le glacier, comme c’est le cas actuellement. Le lagon s’est également approfondi. Les mesures ont révélé 40 mètres de profondeur en 2015, puis à 60 mètres en 2016 et on estime qu’il était encore plus profond en 2018.

Un de mes amis était en Islande en juin 2019 et il a confirmé la description ci-dessus. Il m’a envoyé plusieurs photos montrant la situation actuelle. (voir photos ci-dessous)

Le Svinafellsjökull qui forme une branche du Vatnajökull est, lui aussi, en perte de vitesse, comme on peut le voir sur les deux photos ci-dessous, prises en octobre 2007 et juin 2019. Un vaste lac de fonte s’est aujourd’hui installé devant la partie frontale du glacier.

Certains scientifiques craignent que la fonte des glaciers provoque des éruptions plus fréquentes en Islande. Sans le poids des glaciers, le sol va se soulever. Ce rebond isostatique, permettrait ainsi au magma de monter plus facilement. Cependant, aucune preuve d’une telle évolution n’a été donnée jusqu’à présent.
Source: Guide to Iceland.

—————————————————–

As I put it before, Iceland is a country where glacier melting is very fast. A good example of the phenomenon is the Sólheimajökull Glacier in the southern part of the country, between the volcanoes Katla and Eyjafjallajökull. It is a branch of the larger Mýrdalsjökull Glacier which lies atop the Katla caldera. Katla is considered as one of Iceland’s most dangerous volcanoes.

I last visited the glacier in 2003. By that time, the front was very near the access road from which it was separated by the meltwater river coming from beneath the glacier. There was a strong smell of sulphur all along the river. (see photos)

A few years later, observations revealed that Sólheimajökull Glacier was melting at an incredible speed. It receded by 110 metres between October 2017 and October 2018. It was the biggest single-year recession by the glacier since measurements began. Between 2010 and 2018, the total retreat amounted to 379 metres. It should be noted that in 2003 and 2010, there was no lagoon in front of the glacier, like there is now. The lagoon has also deepened markedly. It was first measured at 40 metres deep in 2015, then 60 metres deep in 2016 and it was estimated to be even deeper in 2018.

A friend of mine was in Iceland in June 2019 and he confirmed that above-mentioned description of the glacier. He has sent me several photos showing the current situation. (see photos)

Svinafellsjökull, a branch of Vatnajökull, is retreating too, as one can see on the two photos below, taken in October 2007 and June 2019. A Vast melt lake has appeared in front of the glacier

Some scientists fear glacier melting might trigger more frequent eruptions in Iceland. Without the weight of the glaciers, the ground is going to rebound, thus allowing magma to ascend more easily. However, no proof of such an evolution has benne given up to now.

Source: Guide to Iceland.

Le Sólheimajökull  en 2003:

(Photo: Pascal Belouet)

(Photos: C. Grandpey)

Le Sólheimajökull  en juin 2019:

(Photos: Pascal Belouet)

Le Svinafellsjökull en octobre 2007:

Le Svinafellsjökull en juin 2019:

(Photos: P. Belouet)

 

 

 

 

 

 

 

Avis de décès // Orbituary

L’Islande a la tristesse de vous faire part de la mort du glacier Okjökull, tué par le réchauffement climatique.

Une plaque commémorative en lettres d’or titrée en islandais et en anglais sera inaugurée le 18 août 2019 sur le site  del’Okjökull, dans l’ouest de l’île. Ce sont des chercheurs islandais et de l’Université Rice aux Etats-Unis qui sont à l’initiative du projet. On peut lire sur la plaque le texte suivant à l’adresse des générations futures : « « Une lettre pour l’avenir » – OK (l’Okjökull) est le premier glacier islandais à perdre son statut de glacier. Au cours des 200 prochaines années tous nos glaciers devraient connaître le même sort.  Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seuls savez si nous l’avons fait ». »

On sait depuis longtemps que l’Islande est l’un des pays où les glaciers reculent le plus vite sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. L’Okjökull est probablement le premier d’une longue liste car 400 autres massifs glaciaires sont en train de se réduire comme peau de chagrin. La glace de l’Okjökull recouvrait encore 16 km2 en 1890 ; elle n’était plus que de 0,7 km2 en 2012, selon un rapport de l’université d’Islande publié en 2017.

Il est bon de rappeler que, pour avoir le statut de glacier, la masse de glace et de neige qui recouvre la montagne doit être assez épaisse pour pouvoir se déplacer grâce à son propre poids, soit une quarantaine de mètres d’épaisseur afin de produire suffisamment de pression pour rendre la glace malléable.

Avec cette plaque commémorative, les chercheurs espèrent sensibiliser la population face au déclin des glaciers et aux effets du changement climatique.  Au vu du comportement de nos gouvernants, la partie est loin d’être gagnée…

————————————————-

 Iceland is sad to report the death of Okjökull Glacier, killed by global warming.

A commemorative plaque in gold letters written in Icelandic and English will be inaugurated on August 18th, 2019 on the Okjokull site, in the western part of the island. Icelandic researchers and Rice University in the United States are the initiators of the project. The following text can be read on the plaque for future generations: « A letter for the future » – OK (Okjökull) is the first Icelandic glacier to lose its glacier status. Over the next 200 years all our glaciers are expected to follow the same path. This monument is to acknowledge that we know what is happening and what needs to be done. Only you know if we did it. »

It has long been known that Iceland is one of the countries where glaciers are retreating faster than ever before as a result of global warming. Okjökull is probably the first in a long list because 400 other glacial massifs are shrinking. The Okjökull ice covered 16 km2 in 1890; it was only 0.7 km2 in 2012, according to a report from the University of Iceland published in 2017.

It is worth remembering that, to be a glacier, the mass of ice and snow that covers the mountain must be thick enough to move with its own weight, or about forty meters thick to produce enough pressure to make the ice malleable.

With this commemorative plaque, researchers hope to raise awareness about the decline of glaciers and the effects of climate change. Given the behaviour of our rulers, the game is far from won …

Pour en savoir plus sur la fonte des glaciers et les effets du réchauffement climatique:

Une lecture rafraîchissante !