Géothermie, l’énergie du futur ? // Is geothermal the energy of the future ?

L’Islande est connue pour ses faibles émissions de gaz à effet de serre, en grande partie grâce à l’énergie géothermique produite sur plus de 30 sites volcaniques qui alimentent également ses célèbres sources chaudes. L’utilisation par l’Islande de la géothermie pour le chauffage et d’un mélange de géothermie et d’hydroélectricité pour l’électricité lui a permis d’avoir de la chaleur et de l’électricité à des prix abordables, sans être impactée par le hausse du prix du gaz naturel comme ce fut la cas pour le reste de l’Europe suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
À l’heure actuelle, l’énergie géothermique représente moins de 1 % de la production d’électricité aux États-Unis. Contrairement à l’éolien et au solaire, qui ne produisent de l’énergie que dans certaines conditions, l’énergie géothermique est beaucoup plus constante. Les sources d’énergie éolienne et solaire doivent être complétées par des centrales qui brûlent du charbon ou du gaz. La géothermie n’a pas ce problème. En revanche, le coût de son exploitation peut être élevé dans les endroits qui nécessitent un forage profond. En 2021, un kilowattheure d’électricité généré par la géothermie coûtait en moyenne 3,991 dollars dans les pays du G20, contre 0,857 dollars pour l’énergie solaire et 1,325 dollars pour l’éolien terrestre.
Les progrès technologiques récents, tels que les systèmes EGS peuvent résoudre ce problème. [Remarque personnelle : EGS est l’abréviation de Enhanced Geothermal System, traduit littéralement par système géothermique amélioré, mais EGS est couramment utilisé sous l’appellation française ‘principe des systèmes géothermiques stimulés’ ou encore ‘géothermie profonde des réservoirs’ que nous utiliserons ici]. Dans un EGS, comme dans un puits de fracturation hydraulique, un fluide est injecté profondément sous terre, provoquant l’ouverture de fractures dans la roche, ce qui permet au fluide chaud de remonter vers la surface. En juin 2022, le Département Américain de l’Energie a annoncé un investissement de 165 millions de dollars dans la recherche et le déploiement de l’énergie géothermique. Le secteur privé prend également des mesures timides en matière d’énergie géothermique et un grand nombre de jeunes entreprises ont levé des millions de dollars en capital.
En janvier 2022, une entreprise danoise a signé un accord pour développer la plus grande centrale de chauffage géothermique de l’Union européenne. Des entreprises islandaises développent actuellement des projets de chauffage et d’énergie géothermiques dans d’autres pays. Dans le cadre d’un partenariat entre l’islandais Orka Energy Holding et le chinois Sinopec, la province chinoise de Xiong, qui compte 390 000 habitants, est en train de se convertir à la géothermie pour le chauffage résidentiel. Des puits d’environ 1 500 à 1 900 mètres de profondeur font remonter de l’eau à 70°C qui sert à chauffer les habitations. Dans cette région où les familles brûlaient auparavant du charbon pour se chauffer, le résultat est une réduction spectaculaire des émissions de carbone et de brouillard. Orka et la société islandaise Mannvit construisent également des centrales électriques qui produiront de l’électricité à partir de la géothermie dans des pays comme la Slovénie et la Hongrie.
Aux États-Unis, la géothermie représente 6 % de l’électricité produite en Californie et 10 % dans des états comme le Nevada. Hawaii, l’Utah, l’Oregon et l’Idaho qui ont également des centrales géothermiques. Comme en Islande, où 27 % de l’électricité et du chauffage de 90 % des foyers proviennent de la géothermie, ces États de l’ouest américain ont une activité volcanique qui fait remonter la chaleur près de la surface de la Terre. Cela rend la géothermie plus économiquement viable que dans la moitié Est des États-Unis où la chaleur est enfouie plus profondément sous terre.
Les détracteurs de la géothermie attirent l’attention sur les problèmes techniques liés au forage profond. Certaines sociétés espèrent faciliter le forage profond grâce à l’EGS, qui pourrait permettre un essor géothermique similaire à la fracturation hydraulique. Cette dernière a transformé l’extraction du pétrole et du gaz, mais pour le moment le coût de cette technologie reste trop élevé dans le secteur géothermique. On s’attend toutefois à ce qu’au cours de la prochaine décennie, l’intensification de la recherche et du développement dans le domaine de l’EGS réduise suffisamment les coûts pour rendre l’énergie géothermique économiquement compétitive.
En Oregon, la société AltaRock a mis en place un projet de démonstration sur le volcan Newberry qui permet de faire remonter de l’eau à plus de 400°C à 4 200 m sous terre. A 374°C, l’eau atteint l’état supercritique auquel elle s’écoule avec la facilité du gaz tout en gardant la densité d’énergie d’un liquide. Pour obtenir une eau aussi chaude dans des États comme celui de New York, il faudrait descendre de 6 000 ou 9 000 mètres de profondeur. AltaRock travaille actuellement en laboratoire avec la société Quaise Energy sur l’utilisation de la technologie des ondes millimétriques. (voir ma note du 27 décembre 2022 à ce sujet)
Les sceptiques font d’autre part remarquer que les systèmes de géothermie profonde rencontreront de nombreux obstacles techniques. Il y aura de l’eau qui s’échappera dans les fractures de la roche, le besoin de matériaux capables de résister à des températures extrêmement élevées et le fait que les nouvelles techniques opérationnelles dans une zone ne le seront pas forcément partout, étant donné la variabilité de la géologie à travers le pays.
Il y a aussi les obstacles politiques et économiques potentiels, tels que les objections de la population locale qui – comme pour la fracturation hydraulique – peuvent s’inquiéter des séismes qui pourraient être déclenchés par l’injection de liquide à l’intérieur de la Terre. Il y a aussi des coûts élevés que les distributeurs d’électricité devraient supporter, comme l’acheminement des lignes de transmission vers les sites des futures centrales géothermiques et le fait qu’un processus à forte consommation d’eau peut ne pas être réalisable dans les zones affectées par la sécheresse et le manque d’eau.

Néanmoins, les compagnies pétrolières et gazières sont de plus en plus intéressées. Elles possèdent la technologie et le savoir-faire pour effectuer des forages profonds. De plus, cette technologie a évolué et s’est développée, et peut être directement appliquée à la géothermie.
Source : Yahoo Actualités.

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Iceland is known for its low greenhouse emissions thanks in part to its reliance on clean, geothermal energy derived from the more than 30 active volcanic systems that also power its famous hot springs. Iceland’s use of geothermal for heating and a mix of geothermal and hydropower for electricity has given it uninterrupted access to affordable heat and power, insulating its economy from the natural gas price shocks being felt by the rest of Europe since Russia’s invasion of Ukraine.

At present, geothermal energy accounts for less than 1% of the U.S. electricity portfolio. Unlike wind and solar energy, which do not produce as much energy in certain conditions, geothermal energy is much more constant. Wind and solar power sources need to be complemented with complementary plants which burn coal or gas. Geothermal does not have that problem. Yet the cost of tapping it can be expensive in places that require extensive digging. In 2021, a kilowatt hour of electricity generated by geothermal cost an average of $3,991 in G20 countries, compared to $857 for utility-scale solar power and $1,325 for on-shore wind

Recent technological advances, such as Enhanced Geothermal Systems (EGS) may solve that problem. In an EGS, much as in a fracking well, fluid is injected deep underground, causing fractures to open in the rock, which allows hot fluid to rise from far below. In June 2022, the U.S. Department of Energy (DOE) announced a $165 million investment in geothermal energy research and deployment. The private sector is also taking tentative steps into geothermal energy. A slew of geothermal energy startups have each raised millions of dollars in capital.

In January 2022, a Danish company signed an agreement to develop the largest geothermal heating plant in the European Union, and Icelandic companies are currently developing geothermal heating and energy projects in other countries. Under a partnership between Iceland’s Orka Energy Holding and China’s Sinopec, the 390,000-person Chinese county of Xiong is being converted to geothermal for residential heating. Wells roughly 1,500 to 1,900 meters deep bring up water at 70°C that is used to heat homes. In an area where families previously burned coal for heat, the result has been a dramatic cut in carbon emissions and smog. Orka and the Icelandic firm Mannvit are also building power plants that will produce electricity from geothermal in countries including Slovenia and Hungary.

In the U.S., geothermal accounts for 6% of the electricity produced in California and 10% in Nevada. Hawaii, Utah, Oregon and Idaho have geothermal plants as well. Like Iceland, where 27% of the electricity and heating in 90% of homes comes from geothermal, these western states have volcanic activity that brings heat close to the Earth’s surface. That makes geothermal more economically viable than in the eastern half of the U.S., where heat is buried deeper underground.

Skeptics of geothermal’s potential note the technological challenges to drilling deeper. Some energy companies hope to facilitate deeper drilling through EGS, which offers the possibility of a geothermal boom similar to the way fracking has transformed oil and gas extraction, but at the moment the cost is higher than other ressources. It is expected that over the next decade or so, increased research and development in EGS will bring the cost down enough to make geothermal energy economically competitive.

In Oregon, AltaRock is building a demonstration project at the Newberry Volcano to bring up water of more than 400°C from 4,200 m below ground. At 374°C, water reaches the supercritical state at which it flows with the ease of gas but carries the energy density of a liquid. Bringing up water that hot in states like New York would require going 6,000 to 9,000 meters below ground. AltaRock is currently working in a laboratory with the Quaise Energy company on using millimeter wave technology. (see my post of December 27th, 2022)

Skeptics point out that Enhanced Geothermal Systems will have plenty of technical obstacles. There will be water escaping into the rock cracks, the need for materials that can withstand incredibly high temperatures, and the fact that new techniques that work in one area may not apply everywhere, given the variability in geology around the country.

Then there are the potential political and economic roadblocks, such as objections of nearby residents who – like for fracking – may worry about earthquakes that could be triggered by injecting liquid into the Earth. There are also steep costs that utilities would have to bear, such as bringing transmission lines to the sites of future geothermal power plants and the fact that a water-intensive process may not be feasible in areas with water scarcity.

Nonetheless, oil and gas companies are increasingly interested. They have the technology and know-how to drill deep below the ground. Moreover, this technology has evolved and grown, and can be directly applied to geothermal power.

Source : Yahoo News.

Photos: C. Grandpey

Vers un rationnement de l’eau chaude en Islande? // Hot water rationing to be considered in Iceland?

Lorsque l’on visite l’Islande, on a tout de suite l’impression que l’eau chaude est partout. On peut voir de nombreux bassins d’eau chaude dans la nature. L’eau chaude en provenance du sous-sol est utilisée pour le chauffage des maisons et des piscines. Il n’y a pas si longtemps, son odeur de soufre nous rappelait qu’elle était produite naturellement lorsque l’on prenait une douche. Elle est même utilisée pour chauffer les trottoirs de Reykjavik.
Toutes les bonnes choses ont une fin. On apprend aujourd’hui que l’approvisionnement en eau chaude en Islande approche de sa limite. Selon Samorka qui regroupe des producteurs d’énergie et des services publics dans le pays, les distributeurs pourraient commencer à rationner l’eau chaude pendant les longues périodes froid. Lors d’une réunion qui s’est tenue à Reykjavik, des spécialistes ont évalué l’approvisionnement en eau chaude et examiné les prévisions de la demande pour les prochaines années.
La situation des compagnies qui gèrent la distribution de l’eau chaude est très tendue car son utilisation dépasse la croissance démographique. Les compagnies sont en flux tendu à l’extrême pour essayer de répondre à la demande actuelle, sans parler de l’avenir. Par exemple, la demande en eau chaude dans la région de Reykjavik devrait augmenter de 3 % par an.
Si l’on se tourne vers l’avenir, jusqu’en 2060 par exemple, les prévisions montrent que la production d’eau chaude à destination de l’ensemble des systèmes de chauffage devrait être doublée. Environ 60 % de l’énergie utilisée en Islande comprend l’eau chaude pour le chauffage domestique, les bains et d’autres consommations domestiques. Cela équivaut à 43 térawattheures, soit le double de la quantité d’énergie produite par toutes les centrales électriques du pays.
Les zones de production actuelles fonctionnent déjà à pleine capacité et des solutions doivent être trouvées pour les rendre plus efficaces. Par exemple, on pourrait demander aux citoyens d’utiliser leur eau chaude de manière plus parcimonieuse, comme prendre des douches brèves au lieu de prendre des bains et mieux gérer le chauffage des trottoirs pendant l’été. Le problème, c’est que l’exploration géothermique prend beaucoup de temps. Se familiariser avec les nouveaux systèmes géothermiques prend également du temps.
Au cours de la réunion, un spécialiste de Samorka a déclaré que les distributeurs pourraient être contraints de rationner l’eau chaude aux ménages, aux entreprises et aux prestataires de services en cas de longues périodes de froid cet hiver ou le suivant. On ne sait pas comment le problème pourrait être résolu, du moins à court terme. Le spécialiste de Samorka a également noté que les habitudes de consommation évoluent. Les gens optent pour des maisons plus spacieuses; davantage de personnes choisissant de vivre seules et les familles se réduisent. Tout cela signifie qu’une surface de plus en plus grande doit être chauffée.
Source : Iceland Review..

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When you visit Icelland, you get the ilpression that hot water is everywhere. You can seen many hot pools in the nature. Hot water from the ground is used for heating the houses or the swimming pools. You know it is produced naturally when you are having a shower and it is even used for heating the sidewalks in Reykjavik.

However, we learn today that Iceland’s hot-water supply is nearing its limit. According to Samorka, a federation of energy and utility companies in the country, utility companies may need to begin rationing hot water during long periods of cold weather. During a meeting held in Reykjavik, specialists assessed the hot-water supply of the largest utility companies and reviewed forecasts of future demand.

The situation at the nation’s utility companies is serious because hot-water use has outpaced population growth. Utility companies are stretched to the limit trying to meet the current demand – not to mention the growing demand in the future. The demand in the capital area is expected to increase by 3% annually.

Looking into the future, to the year 2060, for example, forecasts suggest that the output of the entire heating system would need to be doubled. Approximately 60% of the energy used in Iceland comprises hot water for domestic heating, baths, and other household consumption. This amounts to 43 terawatt hours, or twice the amount of energy produced by all of the nation’s electric power stations.

The current production areas are already operating at maximum capacity, and solutions need to be found to make them more efficient. For example, individuals could be encouraged to use their hot water more frugally, like having brief showers instead of baths and by managing sidewalk heating during the summer. The problem is that geothermal exploration takes a long time. Familiarising with new geothermal systems also takes time.

During the meeting, a specialist at Samorka, stated that utility companies may need to ration hot water, possibly to households, businesses, and service providers in the event of long periods of cold weather this winter or the next. It is not clear how the problem is to be solved, at least in the short term. The Samorka specialist also noted that consumption patterns were changing, with individuals opting for roomier homes, more people choosing to live alone, and families shrinking. All of this means that an increasingly greater number of square metres need to be heated.

Source: Iceland Review.

Photo: C. Grandpey

A l’attention des voyageurs en Islande // For those who travel in Iceland

Situé sur la côte nord de la péninsule de Snæfellsnes, près de la ville de Grundarfjörður, Kirkjufell (qui peut se traduire par la « montagne église », probablement à cause de sa forme pyramidale) est une colline de 463 mètres de haut. C’est l’un des sites naturels les plus photographiées en Islande. Kirkjufell est aussi l’un des lieux de tournage des saisons 6 et 7 de la série Game of Thrones.
Kirkjufell contient de la roche volcanique mais n’est pas un volcan proprement dit. C’est le reste d’une ancienne montagne dont le sommet dépassait le glacier qui l’entourait pendant la période glaciaire. D’un point de vue géologique, la montagne est en fait composée d’un empilement de couches de roches sédimentaires provenant des différentes ères glaciaires et du système volcanique de Lýsuskarð. A la base on trouve la lave tertiaire, puis au dessus du grès et de la lave du quaternaire. Le sommet est en tuf.
En raison de sa popularité, Kirkjufell a récemment été le théâtre de plusieurs accidents mortels. Trois décès sont survenus au cours des quatre dernières années. C’est la raison pour laquelle les propriétaires du terrain où se trouve la montagne ont décrété une interdiction des randonnées hivernales. L’objectif de l’interdiction, qui entre en vigueur dès maintenant, est d’assurer la sécurité des touristes. Cependant, les randonneurs seront autorisés à gravir la montagne en juin de l’année prochaine lorsque la saison de nidification sera terminée. Des panneaux seront installés sur les sentiers et sur le parking près de Kirkjufellsfoss – la belle cascade à proximité – pour relayer cette information.
Kirkjufell est devenu l’un des sites les plus populaires d’Islande après son apparition dans la série télévisée Game of Thrones (comme « Arrowhead Mountain » – la montagne en pointe de flèche). Depuis lors, les propriétaires expliquent que le nombre croissant d’accidents et de décès « nécessite un renforcement des mesures de sécurité ». La végétation sur la montagne a également souffert de la fréquentation intense du site.
Les propriétaires ont remarqué que de nombreux touristes étrangers semblent ignorer les dangers de la randonnée en montagne: « ils grimpent sans équipement approprié et dans des conditions dangereuses ». La plupart des accidents surviennent en automne ou en hiver lorsque les conditions sont les plus difficiles. Cela met également en danger la sécurité des équipes d’intervention, dépêchées en cas d’accident.
Source : Iceland Review.

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Located on the north coast of the Snæfellsnes peninsula, near the town of Grundarfjörður, Kirkjufell (in Icelandic « Church Mountain ») is a 463-meter high hill which is one of Iceland’s most photographed natural features. Kirkjufell was one of the filming locations for Game of Thrones season 6 and 7.

Kirkjufell contains volcanic rock but is not itself a volcano. It is a former mountain that protruded above the glaciers surrounding it during the Ice Age. Before that, it was part of what was once the area’s strata. This stratum is composed of alternating layers of Pleistocene lava and sandstone, with tuff at its summit.

Because of its popularity, Kirkjufell has recently been the scene of several deadly accidents. Three deaths have occurred on the mountain over the past four years. This is the reason why landowners of the mountain have announced a winter hiking ban. The aim of the ban, which takes effect right now is to ensure the safety of travellers. However, hikers will be allowed to hike up the mountain in June of next year when the nesting season is over. Signs will be installed on hiking paths and in the parking lot near Kirkjufellsfoss to relay this information.

Mt. Kirkjufell became one of Iceland’s most popular attractions after appearing in the TV series Game of Thrones (as Arrowhead Mountain). Since then, a growing number accidents and deaths “necessitate increased safety measures,” according to property owners. Vegetation on the mountain has also suffered due to the number of hikers.

The property owners have noticed that many foreign travellers seem oblivious to the dangers of hiking up the mountain: “they hike up without the proper gear and in dangerous conditions.” Most of the accidents occur during autumn or winter when conditions are the most difficult, which in turn endangers the safety of response parties, dispatched in the event of accidents.

Source: Iceland Review.

Kirkjufell et Kirkjufellsfoss (Photo: C. Grandpey)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Plusieurs événements ont été signalés depuis ma dernière note sur l’activité volcanique dans le monde.

En Islande, une grande fracture s’est ouverte il y a quelques jours dans la partie sud du Grímsfjall, près du volcan sous-glaciaire Grímsvötn. Les images montrent qu’il y a beaucoup d’activité hydrothermale dans cette fracture, mais il n’y a pas d’éruption pour le moment.
La fracture s’est ouverte entre les points de conduite A1 et A2, il est donc conseillé aux voyageurs de conduire un peu plus au sud de l’itinéraire traditionnel. La fracture est peut-être en train de s’agrandir et on observe des trous dans le glacier suffisamment grands pour engloutir de grosses voitures.
Il est intéressant de noter que la fracture s’est ouverte moins de deux semaines après le début d’une crue glaciaire du Grímsvötn, ce qui a conduit les autorités à relever la couleur de l’alerte aérienne au Jaune et le niveau d’alerte volcanique à « Uncertainty » (Incertitude).

 

Fissure sur le Grimsfjall (Crédit photo: Andri Gunnarsson / Facebook)

Toujours en Islande, un essaim sismique incluant environ 1 400 événements a été enregistré dans les environs du Herðubreið à partir du 22 octobre 2022. Hormis un séisme de M 4,1, deux ont présenté des magnitudes supérieures à M 3,0.
Selon le Met Office islandais, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Bien que le dernier essaim sismique ait été plus intense que d’habitude, les secousses sont fréquentes dans cette zone.

 Herðubreið et Odadahraun au premier plan (Photo: C. Grandpey)

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Le 24 octobre 2022, le satellite Copernicus Sentinel-2 a pris une superbe photo d’Alaid, le volcan le plus haut et le plus septentrional des îles Kouriles. On peut voir une coulée de lave descendre le versant sud du volcan.
L’Alaid est en éruption depuis plusieurs semaines. Une forte anomalie thermique a été détectée le 15 septembre 2022, indiquant le début d’une nouvelle éruption strombolienne, après plusieurs années de calme. La couleur de l’alerte aérienne est passée du Vert au Jaune le 15 septembre et du Jaune à l’Orange le 18 septembre, car les cendres peuvent causer des problèmes aux avions survolant la région. L’activité éruptive s’est intensifiée le 15 octobre, avec un panache de cendres s’élevant jusqu’à 5 km au-dessus du niveau de la mer
Source : Copernicus, KVERT.

Source: Copernicus EU/Sentinel-2

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Comme cela se produit de temps en temps, une forte éruption explosive a eu lieu sur le Bezymianny (Kamtchatka) le 23 octobre 2022. Le panache de cendres s’est élevé jusqu’à 10 km au-dessus du niveau de la mer. L’éruption s’est accompagnée de coulées pyroclastiques sur le versant sud-est du volcan. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge pendant l’événement, puis a été abaissée à l’Orange.

En ce qui concerne les autres volcans de la région, la couleur de l’alerte aérienne pour l’Alaid, l’Ebeko et le Sheveluch est également Orange. Elle est Jaune pour le Karymsky.

Source : KVERT.

 

Evénement explosif sur le Bezymianny (Crédit photo: KVERT)

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A la Martinique, l’OVSM a enregistré 31 séismes de type volcano-tectonique d’une magnitude inférieur à M 0.3 sous la Montagne Pelée entre le 14 et le 21 octobre 2022, soit 22 de plus que la semaine précédente. Selon l’Observatoire, ces séismes se produisent à l’intérieur de l’édifice volcanique, à environ 1 km de profondeur sous le sommet. Ils sont liés à la formation de micro-fractures dans l’édifice volcanique.

Aucun de ces séismes n’a été ressenti par la population. Le niveau d’alerte reste JAUNE : Vigilance.

 

Photo: C. Grandpey

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Une activité éruptive mineure est observée sur le Cotopaxi (Equateur) avec des émissions de gaz et de cendres. De petites retombées de cendres et une odeur de soufre ont été signalées par des randonneurs. Le VAAC de Washington a indiqué que les 21 et 22 octobre 2022, les panaches de cendres ont atteint 7,6 à 8,5 km au-dessus du niveau de la mer. Le niveau d’alerte a été élevé au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle de quatre couleurs) le 22 octobre.
Les données sismiques et des rapports des médias montrent que de petits lahars secondaires générés par la fonte de la glace sous les dépôts de cendres ont parcouru de courtes distances sur les flancs du volcan.
Source: Instituto Geofísico.

Emission de cendre sur le Cotopaxi en août 2015 (Source: IG)

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Des panaches de vapeur et de cendres du Kerinci (Sumatra / Indonésie) se sont élevés jusqu’à 750 m au-dessus du sommet entre le 18 et le 24 octobre 2022. La couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est invité à rester en dehors de la zone d’exclusion de 3 km.
Source : CVGHM.

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Le Popocatepetl (Mexique) montre ses émissions habituelles de vapeur et de gaz, contenant parfois de petites quantités de cendres. Le réseau sismique enregistre quotidiennement des épisodes de tremor. Une petite explosion a été observée le 25 octobre 2022. Selon un article de presse, un nouveau dôme de lave, d’environ 60 m de diamètre, serait apparu au fond du cratère depuis le 7 octobre. Le niveau d’alerte reste à Jaune, Phase 2.
Source : CENAPRED.

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L’activité du Villarrica (Chili) est en hausse régulière depuis quelques jours. Le nombre et l’amplitude des séismes longue période ont augmenté en octobre 2022. Le 14 octobre, des images satellites ont montré que le lac de lave actif couvrait une superficie de 36 mètres carrés dans la partie E du fond du cratère. Des fontaines de lave et des explosions stromboliennes étaient visibles sur les images de la webcam le 18 octobre. L’anomalie thermique la plus intense au-dessus du cratère depuis septembre 2019 a été détectée sur les images satellites le 23 octobre et l’incandescence du cratère était visible sur les images de la webcam. Ce même jour, des touristes ont décrit des projections de lave émises depuis une profondeur de 80 m et ils ont entendu de forts bruits de dégazage. Des dépôts de tephra éjecté étaient visibles sur la lèvre du cratère et sur les flancs supérieurs le 24 octobre. Une intense incandescence au niveau du cratère était visible sur les images le 25 octobre. Le niveau d’alerte reste toutefois au Vert, le plus bas.
Source : SERNAGEOMIN.

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Une hausse de l’activité éruptive a été observée sur l’Anak Krakatau (Indonésie) ces derniers jours. 7 explosions ont été enregistrées du 24 au 26 octobre 2022, portant à 78 le nombre total d’événements depuis le début de l’année.
Lors des éruptions, les panaches de cendres sont montés jusqu’à environ 150 – 300 m au-dessus du cratère
Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4), et le public est invité à rester à au moins 5 km du cratère.
Source : PVMBG.
Vous verrez une galerie d’images de la webcam sur cette page :

https://watchers.news/2022/10/26/renewed-activity-at-anak-krakatau-volcano-indonesia/

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L’éruption sommitale du Kilauea (Hawaii) se poursuit dans le cratère de l’Halema’uma’u. Aucun changement significatif n’a été observé au sommet ou dans les zones de rift.
La lave est émise par une bouche dans la partie ouest du cratère. Elle de déverse ensuite dans le lac de lave actif et se répand aussi sur le plancher du cratère. Les mesures effectuées lors d’un survol le 5 octobre 2022 ont révélé que le fond du cratère s’était élevé d’environ 143 mètres et que 111 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption actuelle le 29 septembre 2021. Les émissions de SO2 atteignaient environ 700 tonnes par jour le 22 octobre 2022.
Source : HVO.

En lisant le dernier livre de Dominique Decobecq et Claude Grandpey, « Histoires de Volcans – Chroniques d’éruptions » (Editions Omniscience), vous rencontrerez Jules Tavernier, le peintre du Kilauea….

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Several events have been reported since my previous post about volcanic activity around the world.

In Iceland, a large fissure opened up a few days ago in the southern part of Grímsfjall, near Grímsvötn subglacial volcano. Pictures show that there is a lot of hydrothermal activity in this fissure, but there is no eruption at this moment.

The fissure opened between driving points that are often called A1 and A2, so it is advisable for travellers to drive a little south of the traditional route. The fissure is possibly growing and has made holes in the glacier large enough to swallow large cars.

It is interesting to notice that the fissure formed less than two weeks after a glacial flood started at Grímsvötn, prompting authorities to raise the Aviation Color Code to Yellow and the Volcanic Alert Level to Uncertainty.

Still in Iceland, a seismic swarm with about 1,400 events occurred in the vicinity of Herðubreið since October 22nd, 2022. Apart from the largest M 4.1 earthquake, two have registered magnitudes greater than M 3.0.

According to the Icelandic Met Office, there is no need to worry. lthough the latest seismic swarm was more intense than usual, earthquakes are frequent in this area.

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On October 24th, 2022, the Copernicus Sentinel-2 satellite took a great photo of Alaid, the highest and northernmost volcano of the Kuril Islands. One can see a lava flow travelling down the southern slope of the volcano.

Alaid has been erupting for several weeks. An intense thermal anomaly was detected on September 15th, 2022, signaling the beginning of a new Strombolian eruption after several years of quiescence. The Aviation Color Code was raised from Green to Yellow on September 15th and from Yellow to Orange on September 18th, as the ash can cause problems to aircraft flying over the region. Eruptive activity increased on October 15th, with an ash plume rising up to 5 km above sea level

Source: Copernicus, KVERT.

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As this happens from time to time, a strong explosive eruption took place at Bezymianny (Kamchatka) on October 23rd, 2022. The ash plume rose up to 10 km above sea level. The eruption was accompanied by pyroclastic flows along the southeastern slope of the volcano. Thé Aviation Color Code was raised to Red during the event and later lowered back to Orange.

As far as the other volcanoes of the region are concerned, the aviation colour code for Alaid, Ebeko and Sheveluch is Orange too. It is Yellow for Karymsky. 

Source: KVERT.

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In Martinique, OVSM recorded 31 volcano-tectonic earthquakes with a magnitude of less than M 0.3 under Mount Pelee between October 14th and 21st, 2022, This means 22 more events than the previous week. According to the Observatory, these earthquakes occur inside the volcanic edifice, about 1 km deep beneath the summit. They are linked to the formation of micro-fractures in the volcanic edifice.
None of these earthquakes were felt by the population. The alert level remains YELLOW: Watch.

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Minor eruptive activity is observed at Cotopaxi (Ecuador) with gas-and-ash emissions. Minor ashfall and a sulfur odour were reported by mountaineers. The Washington VAAC reported that on October 21st and 22nd, 2022 ash plumes rose to 7.6-8.5 km a.s.l. The Alert Level was raised to Yellow (the second level on a four-color scale) on October 22nd.
Based on seismic data and media reports, small secondary lahars generated from the melted glacier beneath the ash deposit and traveled short distances down the flanks.

Sources: Instituto Geofísico.

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Steam and ash plumes from Kerinci (Sumatra / Indonesia) rose as high as 750 m above the summit between October 18th and 24th, 2022. The Aviation Color Code was raised to Orange. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 1-4), and the public is asked to remain outside the 3-km exclusion zone.

Source: CVGHM.

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Popocatepetl (Mexico) is showing its usual steam-and-gas emissions, sometimes containing minor amounts of ash, The seismic network records daily periods of tremor. A small explosion was recorded on October 25th, 2022. According to a news article a small new lava dome, about 60 m in diameter, had been growing on the crater floor since October 7th. The Alert Level remains at Yellow, Phase Two.

Source: CENAPRED.

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Activity at Villarrica (Chile) has been gradually increasing in the past few days. Both the number and amplitude of long-period earthquakes increased during October 2022. On October 14th, satellite images showed the active lava lake covering an area of 36 square meters in the E part of the crater floor. Lava fountaining and Strombolian explosions were visible in webcam images on October 18th. The most intense thermal anomaly over the crater since September 2019 was detected in satellite images on October 23rd and crater incandescence was visible in webcam images. That same day tourists described seeing splashes of lava ejected from a depth of 80 m and hearing loud degassing sounds. Deposits of ejected tephra were visible around the crater rim and on the upper flanks on October 24th, and intense crater incandescence was visible in images on October 25th. The Alert Level remains at Green.

Source: SERNAGEOMIN.

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An increase in eruptive activity has been observed at Anak Krakatau (Indonesia) in the past few days. 7 explosions were recorded from October 24th to October 26th, 2022, bringing the total number of eruptions since the start of the year to 78.

During the eruptive events, the ash plumes rose up to about 150 – 300 m above the crater

The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1 – 4), and the public is asked to stay at least 5 km away from the crater.

Source: PVMBG.

You will see a gallery of webcam images on this page:

https://watchers.news/2022/10/26/renewed-activity-at-anak-krakatau-volcano-indonesia/

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The summit eruption of Kilauea (Hawaii) continues within Halemaʻumaʻu crater. No significant changes have been observed at the summit or in the rift zones.

Lava is erupting from the western vent into the active lava lake and onto the crater floor. Overflight measurements from October 5th, 2022, indicated that the crater floor had seen a total rise of about 143 meters, and that 111 million cubic meters of lava had been effused since the beginning of this eruption on September 29th, 2021. SO2 emissions were measured at about 700 tonnes per day on October 22nd, 2022.

Source: HVO.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm