La fonte rapide des glaciers islandais // The rapid melting of Icelandic glaciers

Les glaciers islandais occupent environ 11% de la surface de l’île, mais ils fondent à une vitesse impressionnante et leur surface se réduit comme peau de chagrin. En lisant un article paru dans Courrier International, on apprend que des chercheurs écossais et islandais ont comparé des photos prises dans les années 1980 avec celles acquises par drones ces dernières années. Le résultat est impressionnant !

Pour ce projet, des milliers de photographies ont été utilisées. Bon nombre montraient des zones géographiques se chevauchant. Les chercheurs ont utilisé un logiciel qui leur a permis de réaliser une modélisation en 3D. Les images acquises par drone ont été comparées à des photos prises dans les mêmes zones dans les années 1980. En regardant les images, on constate des différences stupéfiantes sur une courte durée. Le Met Office islandais explique que les glaciers du pays ont perdu une superficie totale d’environ 750 km2 depuis 2000, avec une réduction moyenne de 40 km2 chaque année.

Vous pourrez voir les photos comparatives de plusieurs glaciers islandais en allant sur cette page de Courrier International :

https://www.courrierinternational.com/article/avant-apres-les-glaciers-islandais-fondent-vue-doeil

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Icelandic glaciers cover about 11% of the island’s surface, but they melt at an impressive speed and their surface is shrinking. Reading an article published in Courrier International, we learn that Scottish and Icelandic researchers have compared photos taken in the 1980s with those acquired by drones in recent years. The result is impressive!
For this project, thousands of photographs were used. Many showed overlapping geographic areas. Researchers used software that allowed them to perform 3D modelling. The images acquired by drone have been compared to pictures taken in the same areas in the 1980s. Looking at the images, there are amazing differences over a short period. The Icelandic Met Office explains that the country’s glaciers have lost a total area of ​​about 750 km2 since 2000, with an average reduction of 40 km2 each year.
You will see the comparative photos of several Icelandic glaciers if you visit this page of Courrier International:
https://www.courrierinternational.com/article/avant-apres-les-glaciers-islandais-fondent-vue-doeil

Le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe, est l’un de ceux qui fondent le plus vite. Dans quelques années, il n’aura plus la force de venir vêler dans la mer (Photo: C. Grandpey)

Nouvelles brèves // News in brief

En Islande, la partie orientale de la plage de Reynisfjara a été fermée définitivement. La décision a été prise à la suite d’un glissement de terrain survenu le 20 août 2019. Personne n’a été blessé, mais la veille, un homme avait été victime d’une fracture du crâne lorsque des blocs se sont détachés de la falaise. De nouveaux glissements de terrain sont susceptibles de se produire dans cette zone.
Depuis le 19 août, les touristes ont à plusieurs reprises ignoré la fermeture de la partie orientale de la plage. La police a dû remettre en place quotidiennement des rubans d’interdiction d’accès. En vertu de la loi, les personnes qui ne tiennent pas compte de ceette interdiction d’accès peuvent se voir infliger une amende de 100 000 à 500 000 ISK (720 à 3 600 euros).
Source: Iceland Monitor.

Comme cela se produit de temps en temps, une forte éruption a secoué le Sheveluch (Kamchatka) aux premières heures du 29 août 2019. La colonne de cendre s’est élevée à environ 10 km au dessus du niveau de la mer. La couleur de l’alerte aérienne est maintenue à Orange.

Le Steamboat Geyser dans le Parc National de Yellowstone vient d’établir un nouveau record. Le 27 août, à 10 h 47, le geyser s’est manifesté pour la 33ème fois en 2019. Il bat aainsi le record de l’année dernière pour le plus grand nombre d’éruptions jamais enregistrées au cours d’une année civile. Le record précédent était de 29 éruptions en 1964. Avant 1961, le Steamboat Geyser était resté inactif pendant cinquante ans. La dernière éruption a projeté une importante quantité de débris et de boue qui ont recouvert les voitures dans le parking situé à 150 mètres. À une exception près, le Steamboat s’est manifesté tous les trois à sept jours depuis le 3 mai 2019.
Source: Service des parcs nationaux.

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In Iceland, the eastern part of Reynisfjara beach in now permanently closed. The decision comes in the wake of a landslide that occurred there August 20th, 2019. No one was injured, but the previous day a man suffered a broken skull when rocks fell from the same mountain. More landslides are likely to occur in this area.

Ever since August 19th, tourists have repeatedly disregarded the closure of the eastern part of the beach. The police have had to put up new police tape daily. According to the law, those who disregard such closures can be issued a fine of ISK 100,000-500,000 (EUR 720-3,600).

Source : Iceland Monitor.

As this happens from time to time, a strong eruption was observed at Sheveluch volcano (Kamchatka) in the early hours of August 29th, 2019. The ash column rose up to about 10 km above sea level. The aviation colour code is kept at Orange.

The Steamboat Geyser in Yellowstone National Park has set a new record. At 10:47 a.m. on August 27th in the morning, the geyser erupted for the 33rd time in 2019. That breaks last year’s record for the most eruptions ever recorded in a calendar year. The record before which was 29 eruptions in 1964.Until 1961, it had been dormant for fifty years. The geyser’s last eruption shot out a lot of debris and mud which coated cars in the parking lot, 150 metres away. With just one exception, Steamboat has been going off every three to seven days since May 3rd, 2019.

Source: National Park Service.

Steamboat Geyser (Photos: C. Grandpey)

Le recul rapide du Sólheimajökull (Islande) // The fast retreat of Sólheimajökull (Iceland)

Comme je l’ai déjà écrit, l’Islande est un pays où la fonte des glaciers est très rapide. Le Sólheimajökull, au sud du pays, entre les volcans Katla et Eyjafjallajökull, est un bon exemple de ce phénomène. Le Sólheimajökull est une branche du Mýrdalsjökull qui recouvre la caldeira du Katla, considéré comme l’un des volcans les plus dangereux d’Islande.
J’ai observé le Sólheimajökull pour la dernière fois en 2003. À cette époque, le front était très proche de la route d’accès dont il était séparé par la rivière de fonte qui sortait en dessous du glacier. Il y avait une forte odeur de soufre tout le long de cette rivière. (voir photos ci-dessous)

Quelques années plus tard, des observations ont révélé que le Sólheimajökull fondait à une vitesse incroyable. Par exemple, il a reculé de 110 mètres entre octobre 2017 et octobre 2018. Il s’agissait du plus important recul du glacier en une seule année depuis le début des mesures. Entre 2010 et 2018, le recul a atteint 379 mètres. Il convient de noter qu’en 2003 et 2010, il n’y avait pas de lagon devant le glacier, comme c’est le cas actuellement. Le lagon s’est également approfondi. Les mesures ont révélé 40 mètres de profondeur en 2015, puis à 60 mètres en 2016 et on estime qu’il était encore plus profond en 2018.

Un de mes amis était en Islande en juin 2019 et il a confirmé la description ci-dessus. Il m’a envoyé plusieurs photos montrant la situation actuelle. (voir photos ci-dessous)

Le Svinafellsjökull qui forme une branche du Vatnajökull est, lui aussi, en perte de vitesse, comme on peut le voir sur les deux photos ci-dessous, prises en octobre 2007 et juin 2019. Un vaste lac de fonte s’est aujourd’hui installé devant la partie frontale du glacier.

Certains scientifiques craignent que la fonte des glaciers provoque des éruptions plus fréquentes en Islande. Sans le poids des glaciers, le sol va se soulever. Ce rebond isostatique, permettrait ainsi au magma de monter plus facilement. Cependant, aucune preuve d’une telle évolution n’a été donnée jusqu’à présent.
Source: Guide to Iceland.

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As I put it before, Iceland is a country where glacier melting is very fast. A good example of the phenomenon is the Sólheimajökull Glacier in the southern part of the country, between the volcanoes Katla and Eyjafjallajökull. It is a branch of the larger Mýrdalsjökull Glacier which lies atop the Katla caldera. Katla is considered as one of Iceland’s most dangerous volcanoes.

I last visited the glacier in 2003. By that time, the front was very near the access road from which it was separated by the meltwater river coming from beneath the glacier. There was a strong smell of sulphur all along the river. (see photos)

A few years later, observations revealed that Sólheimajökull Glacier was melting at an incredible speed. It receded by 110 metres between October 2017 and October 2018. It was the biggest single-year recession by the glacier since measurements began. Between 2010 and 2018, the total retreat amounted to 379 metres. It should be noted that in 2003 and 2010, there was no lagoon in front of the glacier, like there is now. The lagoon has also deepened markedly. It was first measured at 40 metres deep in 2015, then 60 metres deep in 2016 and it was estimated to be even deeper in 2018.

A friend of mine was in Iceland in June 2019 and he confirmed that above-mentioned description of the glacier. He has sent me several photos showing the current situation. (see photos)

Svinafellsjökull, a branch of Vatnajökull, is retreating too, as one can see on the two photos below, taken in October 2007 and June 2019. A Vast melt lake has appeared in front of the glacier

Some scientists fear glacier melting might trigger more frequent eruptions in Iceland. Without the weight of the glaciers, the ground is going to rebound, thus allowing magma to ascend more easily. However, no proof of such an evolution has benne given up to now.

Source: Guide to Iceland.

Le Sólheimajökull  en 2003:

(Photo: Pascal Belouet)

(Photos: C. Grandpey)

Le Sólheimajökull  en juin 2019:

(Photos: Pascal Belouet)

Le Svinafellsjökull en octobre 2007:

Le Svinafellsjökull en juin 2019:

(Photos: P. Belouet)

 

 

 

 

 

 

 

Avis de décès // Orbituary

L’Islande a la tristesse de vous faire part de la mort du glacier Okjökull, tué par le réchauffement climatique.

Une plaque commémorative en lettres d’or titrée en islandais et en anglais sera inaugurée le 18 août 2019 sur le site  del’Okjökull, dans l’ouest de l’île. Ce sont des chercheurs islandais et de l’Université Rice aux Etats-Unis qui sont à l’initiative du projet. On peut lire sur la plaque le texte suivant à l’adresse des générations futures : « « Une lettre pour l’avenir » – OK (l’Okjökull) est le premier glacier islandais à perdre son statut de glacier. Au cours des 200 prochaines années tous nos glaciers devraient connaître le même sort.  Ce monument atteste que nous savons ce qui se passe et ce qui doit être fait. Vous seuls savez si nous l’avons fait ». »

On sait depuis longtemps que l’Islande est l’un des pays où les glaciers reculent le plus vite sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. L’Okjökull est probablement le premier d’une longue liste car 400 autres massifs glaciaires sont en train de se réduire comme peau de chagrin. La glace de l’Okjökull recouvrait encore 16 km2 en 1890 ; elle n’était plus que de 0,7 km2 en 2012, selon un rapport de l’université d’Islande publié en 2017.

Il est bon de rappeler que, pour avoir le statut de glacier, la masse de glace et de neige qui recouvre la montagne doit être assez épaisse pour pouvoir se déplacer grâce à son propre poids, soit une quarantaine de mètres d’épaisseur afin de produire suffisamment de pression pour rendre la glace malléable.

Avec cette plaque commémorative, les chercheurs espèrent sensibiliser la population face au déclin des glaciers et aux effets du changement climatique.  Au vu du comportement de nos gouvernants, la partie est loin d’être gagnée…

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 Iceland is sad to report the death of Okjökull Glacier, killed by global warming.

A commemorative plaque in gold letters written in Icelandic and English will be inaugurated on August 18th, 2019 on the Okjokull site, in the western part of the island. Icelandic researchers and Rice University in the United States are the initiators of the project. The following text can be read on the plaque for future generations: « A letter for the future » – OK (Okjökull) is the first Icelandic glacier to lose its glacier status. Over the next 200 years all our glaciers are expected to follow the same path. This monument is to acknowledge that we know what is happening and what needs to be done. Only you know if we did it. »

It has long been known that Iceland is one of the countries where glaciers are retreating faster than ever before as a result of global warming. Okjökull is probably the first in a long list because 400 other glacial massifs are shrinking. The Okjökull ice covered 16 km2 in 1890; it was only 0.7 km2 in 2012, according to a report from the University of Iceland published in 2017.

It is worth remembering that, to be a glacier, the mass of ice and snow that covers the mountain must be thick enough to move with its own weight, or about forty meters thick to produce enough pressure to make the ice malleable.

With this commemorative plaque, researchers hope to raise awareness about the decline of glaciers and the effects of climate change. Given the behaviour of our rulers, the game is far from won …

Pour en savoir plus sur la fonte des glaciers et les effets du réchauffement climatique:

Une lecture rafraîchissante !

Les verrues islandaises // Icelandic warts

Voici une autre plaie du tourisme de masse en Islande: les cairns. Les rangers viennent de passer leur temps à éliminer ces «verrues», mot utilisé par les Islandais pour décrire ces tas de pierres édifiés par les touristes. L’agence islandaise pour l’environnement a publié une note sur Facebook, demandant aux gens de ne pas construire de tels cairns.
Jusqu’à présent, les cairns servaient de points de repères pour se déplacer dans le paysage islandais, mais les nouvelles «verrues» ne servent à rien. Ces cairns indésirables ont été baptisés verrues. En effet, le mot islandais pour ‘cairn’ est ‘varða’, qui ressemble un peu au mot ‘varta’, qui signifie verrue dans la langue nordique.
Les touristes empilent les pierres pour former des cairns dans les réserves naturelles, où ils sont rapidement démantelés par les rangers, car il est illégal de déplacer des objets dans la nature. Le problème, c’est que les pierres enlevées pour édifier les cairns laissent souvent des marques disgracieuses dans une zone de végétation. De plus, l’enlèvement de roches dans un paysage où le sol est fragile favorise la dénudation, l’érosion et l’hydrolyse du sol. Enlever des pierres pour construire des cairns est aussi néfaste que conduire hors piste avec un véhicule, et c’est formellement interdit en Islande.

Source : Iceland Review.

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Here is one more plague of mass tourism in Iceland: cairns. Park rangers have been busy lately removing these « warts », a word used by Icelanders to describe the cairns tourists make for fun. The Environment Agency of Iceland has posted a statement on Facebook, asking people not to make such cairns.

Cairns used to be stacked to serve as guideposts, but the “warts” serve no such purpose. The unwanted cairns are called warts. Indeed, the Icelandic word for cairn is varða, which is a bit similar to the word varta, meaning wart.

Rocks are stacked to form cairns in nature reserves, where they are quickly taken down by park rangers, since moving relics in nature is illegal. Rocks removed can also leave ugly marks in a vegetated area. Moreover, removing rocks in a landscape where the soil is delicate creates the basis and beginning for soil denudation, soil erosion and hydrolysis. Removing rocks to build cairns is like the tracks left by off-road driving which is strictly prohibited in Iceland.

Source: Iceland Review.

Ce cairn n’a pas été édifié par les touristes. Il se trouve dans un désert du centre de l’Islande, dans une zone habitée par les elfes. Le conducteur de mon bus s’est arrêté pour apporter sa pierre à l’édifice…et conduire en toute sécurité…

 

L’Islande continue d’enterrer le gaz carbonique ! // Iceland keeps burying carbon dioxide !

Dans des notes publiées le 16 juin 2016 et le 15 novembre 2017, j’ai expliqué que l’Islande était probablement un bon endroit pour stocker dans le sol l’excès de dioxyde de carbone (CO2) contenu dans l’atmosphère.
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/17/islande-de-la-geothermie-au-stockage-du-co2-iceland-from-geothermal-energy-to-the-storage-of-co2/

À l’époque, l’objectif du projet CarbFix était de capter le gaz et de le réinjecter dans le sous-sol. Le processus était réalisé avec un puits d’injection foré dans le soubassement basaltique. Si elle était opérationnelle, cette technologie aurait l’avantage de débarrasser l’atmosphère d’une partie de son CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de la planète.
La technologie imite, dans un format accéléré, un processus naturel qui peut prendre des milliers d’années, et qui consiste à injecter du dioxyde de carbone dans les pores du basalte où il se minéralise et reste stocké pour l’éternité.
En Islande, le projet CarbFix inclut des chercheurs et des ingénieurs du distributeur d’électricité Reykjavik Energy, de l’Université d’Islande, du CNRS et de la Columbia University aux États-Unis.
En Islande, au moins la moitié de l’énergie qui est produite provient de sources géothermiques. C’est une aubaine pour les chercheurs de CarbFix, qui ont transformé en laboratoire la centrale géothermique de Hellisheidi, l’une des plus grandes au monde.
La centrale, située sur le volcan Hengill dans le sud-ouest de l’Islande, repose sur une couche de roche basaltique et dispose de quantités d’eau pratiquement illimitées. L’usine pompe l’eau qui se trouve sous le volcan pour faire fonctionner six turbines qui fournissent de l’électricité et de la chaleur à la capitale, Reykjavik, située à une trentaine de kilomètres.

Le dioxyde de carbone de l’usine est capté par la vapeur, liquéfié par condensation, puis dissous dans de grandes quantités d’eau. Cette eau gazeuse est canalisée sur plusieurs kilomètres jusqu’à une zone où trônent des dômes gris en forme d’igloo. C’est ici que l’eau gazeuse est injectée sous haute pression dans la roche à 1 000 mètres de profondeur. La solution remplit les cavités de la roche basaltique et c’est alors que commence le processus de solidification. On a affaire à une réaction chimique qui se produit lorsque le gaz entre en contact avec le calcium, le magnésium et le fer dans le basalte.
Presque tout le dioxyde de carbone injecté s’est retrouvé minéralisé en deux ans au cours de l’opération pilote il y a trois ans; c’était beaucoup plus rapide que lors des expériences effectuées en laboratoire. Une fois que le CO2 est transformé en roche, il reste définitivement dans cet état.
Le projet CarbFix réduit d’un tiers les émissions de dioxyde de carbone de la centrale de Hellisheidi, ce qui représente le stockage et l’entreposage de 12 000 tonnes de dioxyde de carbone à un coût d’environ 25 dollars la tonne. En comparaison, les volcans islandais rejettent chaque année entre un et deux millions de tonnes de dioxyde de carbone.
Le principal inconvénient de cette méthode est qu’elle nécessite de gros volumes d’eau dessalée qui est abondante en Islande mais rare dans de nombreuses autres parties de la planète. Il faut 25 tonnes d’eau pour injecter chaque tonne de dioxyde de carbone. Des expériences sont en cours pour adapter la méthode à l’eau salée.
Dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, l’Islande a accepté de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030, mais ses émissions ont augmenté de 2,2% entre 2016 et 2017 ; elles ont augmenté de 85% depuis 1990, selon un rapport de l’Agence islandaise de l’environnement. Un tiers de ces émissions provient du transport aérien qui est essentiel pour le tourisme de l’île. Les usines d’aluminium et de silicium représentent un autre tiers. Le ministère islandais de l’Environnement et des Ressources naturelles a encouragé ces usines à développer elles aussi des mécanismes de captage et de stockage du carbone.
Source: Philippine Daily Inquirer.

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In posts released on 16 June 2016 and 15 November 2017, I explained that Iceland could also be the right place to store in its ground the excess of carbon dioxide (CO2) in the atmosphere.

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2016/06/17/islande-de-la-geothermie-au-stockage-du-co2-iceland-from-geothermal-energy-to-the-storage-of-co2/

By that time, the goal of the CarbFix project was to capture that gas and stick it back underground. This was done with an injection well drilled down into basalt bedrock. If it worked, the technology would have the advantage of getting the atmosphere rid of some of its CO2, one of the main greenhouse gases that contribute to global warming.

The technology mimics, in an accelerated format, a natural process that can take thousands of years, injecting carbon dioxide into porous basalt rock where it mineralizes, capturing it forever.

Iceland’s CarbFix project includes researchers and engineers from utility company Reykjavik Energy, the University of Iceland, France’s National Centre for Scientific Research (CNRS) and Columbia University in the United States.

In Iceland, at least half of the energy produced comes from geothermal sources. That is a bonanza for CarbFix researchers, who have turned the Hellisheidi geothermal power plant, one of the world’s biggest, into their own laboratory.

The plant, located on the Hengill volcano in southwestern Iceland, sits on a layer of basalt rock formed from cooled lava, and has access to virtually unlimited amounts of water. The plant pumps up the water underneath the volcano to run six turbines providing electricity and heat to the capital, Reykjavik, about 30 kilometres away.

The carbon dioxide from the plant is captured from the steam, liquified into condensate, then dissolved in large amounts of water. The fizzy water is piped several kilometres to an area where grey, igloo-shaped domes dot the landscape. Here the fizzy water is injected under high pressure into the rock 1,000 metres under the ground. The solution fills the rock’s cavities and begins the solidification process — a chemical reaction that occurs when the gas comes in contact with the calcium, magnesium and iron in the basalt.

Almost all of the injected carbon dioxide was mineralized within two years in the pilot injection three years ago, which was much faster than during the experiments in a laboratory. Once the CO2 is turned to rock, it is captured there for good.

The CarbFix project reduces the plant’s carbon dioxide emissions by a third, which amounts to 12,000 tons of carbon dioxide captured and stored at a cost of about 25 dollars a ton. By comparison, Iceland’s volcanoes spew out between one and two million tons of carbon dioxide each year.

The main drawback of the method is that it requires large volumes of desalinated water, which, while abundant in Iceland, is rare in many other parts of the planet. Around 25 tons of water is needed for each tonne of carbon dioxide injected. Experiments are currently underway to adapt the method to saltwater.

Under the Paris climate agreement, Iceland has agreed to slash its greenhouse gas emissions by 40% by 2030, yet its emissions rose by 2.2% from 2016 to 2017, and have risen by 85% since 1990, according to a report by Iceland’s Environment Agency. A third of its emissions come from air transport, which is vital to the island for its tourism sector. Its aluminum and silicon plants account for another third. The Icelandic Environment and Natural Resources Ministry has encouraged those plants to also develop carbon capture and storage mechanisms.

Source : Philippine Daily Inquirer.

Image de la calcite formée dans le basalte par interaction entre la roche et l’eau chargée en CO2 (Source : CarbFix).

Pour mieux comprendre les noms islandais… // To better understand Icelandic names…

On peut lire sur le site web Iceland Monitor un article intéressant qui explique la signification des noms de certains lieux et volcans d’Islande.

Le mont Hekla (1491m) est l’un des volcans les plus connus et les plus actifs d’Islande. Ses éruptions sont fréquentes et commencent en général par des explosions accompagnées de panaches de cendre, suivies par des fontaines et de grandes coulées de lave. Les dernières éruptions ont eu lieu en 1980, 1981, 1991 et 2000.
Le mot Hekla fait référence à un manteau ou une cape. L’origine du nom tient peut-être au fait que l’Hekla se couvre d’un manteau de neige plus tôt que la plupart des montagnes islandaises, avant de s’en débarrasser au printemps lorsque le temps le permet.

Lakagígar est une fissure éruptive longue de 27 km jalonnée de 130 cratères au sud-ouest du Vatnajökull. Une éruption de 8 mois, entre juin 1783 et février 1784, a tué 50% à 80% du bétail et 25% de la population islandaise.
L’origine du mot Lakagígar est assez surprenante. Il désigne les cratères du Laki, la montagne en leur centre. Le mot Laki désigne, quant à lui, le feuillet*, l’un des compartiments de l’estomac d’un ruminant. On pense que le nom vient du fait que la forme de la montagne rappelait aux gens celle du feuillet.

* Ceux qui, comme moi, ont passé le certificat d’études primaires, se souviennent que la vache et plus généralement les ruminants ont un système digestif composé d’un estomac (la caillette) et de trois pré-estomacs (la panse, le bonnet et le feuillet).

L’Esja est une montagne au sommet plat située à environ 10 kilomètres de Reykjavík. En fait, ce n’est pas vraiment une montagne ; c’est davantage une chaîne volcanique dont le plus haut sommet culmine à 914 mètres. L’origine du nom est intéressante. Il existe de vieilles histoires sur une femme irlandaise appelée Esja, qui vivait à Esjuberg. C’est pourquoi certaines personnes sont persuadées que le nom est irlandais. Cependant, il s’agit plus probablement d’un prénom féminin scandinave, comme il en existe dans toute la Scandinavie. Il signifie à la fois l’âtre et un type de roche de couleur claire que l’on trouve sur la montagne.

Fnjóskadalur est une vallée du nord de l’Islande; c’est aussi le site de la forêt de Vaglaskógur. Le nom est composé des mots fnjóskur qui désigne un morceau de bois sec, et dalur, qui signifie ‘vallée’. Des découvertes archéologiques dans la vallée montrent qu’il y a très longtemps, on fabriquait du charbon à partir du bois sec de la forêt.

Eyjafjallajökull est le célèbre volcan qui est entré en éruption en 2010, menntant des voyageurs en détresse et bloquant des aéroports dans de nombreuses régions du monde. La prononciation du nom a posé bien des problèmes aux étrangers, alors qu’il est assez facile de le comprendre. Le mot est dérivé de deux mots: Eyjafjöll et jökull. ‘Jökull’ signifie glacier et ‘Eyjafjöll’ les montagnes de l‘île. L’Eyjafjöll est la montagne sous la calotte glaciaire de l’Eyjafjallajökull. Les îles en question sont peut-être les îles Vestmann, au sud, ou Landeyjar, la région située à l’ouest des montagnes.

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One can read on the website Iceland Monitor an interesting article that explains the meaning of the names of some of Iceland’s places and volcanoes.

Mount Hekla (1491m) is one of Iceland’s best known and most active volcanoes. It has frequent eruptions that start with explosions producing eruption plumes, and followed by lava fountains and large lava flows. The last eruptions occurred in 1980, 1981, 1991 and 2000.

The word Hekla can mean coat or outer garment. The origin of the name may have to do with the fact that Hekla puts on a coat of snow earlier than most mountains, only to throw it off in spring when weather allows.

Lakagígar is a 27-km long eruptive fissure consisting of 130 giant craters on the southwest side of Vatnajökull. An 8-month long eruption, which lasted from June 1783 until February 1784 killed 50%- 80% of the livestock and 25% of the Icelandic population died.

The origin of the word Lakagígar  comes as a surprise. It means the craters of Laki, which is the mountain at their center. Laki is the word for one of the compartments of a ruminant’s stomach, more precisely the omasum. The name is believed to stem from the fact that the shape of the mountain reminded people of that of an omasum.

 

Esja, is a flat-topped mountain about 10 kilometres from Reykjavík. Actually, it is not a true mountain in itself, but a volcanic range, the highest peak of which reaches 914 metres tall. It has an interesting name. Old stories exist of an Irish woman by the name of Esja, who lived in Esjuberg. Therefore, some believe the name is Irish. More likely, though, it is a Scandinavian female name, as it exists all over Scandinavia, meaning both fireplace and a type of rock. It may refer to a light-colored rock type, found in the mountain.

 

Fnjóskadalur is a valley in North Iceland; it is also the site of Vaglaskógur forest. The name is made from the words fnjóskur, meaning a dry piece of wood, and dalur, meaning valley. Archaeological finds in the valley suggest that ages ago, coal was made from dry wood in the forest.

 

Eyjafjallajökull is the volcano which famously erupted in 2010, stranding passengers and blocking airports in many parts of the world. Pronouncing the word proved difficult for many foreigners, whereas understanding it is quite easy. The word is derived from two words: Eyjafjöll and jökull. Jökull means glacier and Eyjafjöll means island mountains. Eyjafjöll is the name of the mountain under the Eyjafjallajökull ice cap. The islands referred to may be Vestmannaeyjar islands, to the south, or Landeyjar, the area to the west of the mountains.

Vue de l’Hekla (Crédit photo: Wikipedia)

Lakagigar (Photo: C. Grandpey)

Eruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 (Crédit photo: Wikipedia)