Désaccords et incertitudes en Islande // Disagreements and uncertainties in Iceland

Une nouvelle étude menée par une équipe internationale de géoscientifiques nous apprend que l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes serait principalement due à l’accumulation de contraintes à long terme le long de la limite entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, plutôt qu’à des essaims sismiques correspondant au parcours du magma à travers la croûte terrestre.

Image de l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes

Parmi les chercheurs à l’origine de cette étude figurent Þorvaldur Þórðarson, professeur de volcanologie, Halldór Geirsson, professeur de géophysique, et Gregory De Pascale, professeur associé de géologie à la faculté des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande. L’étude repose sur des mesures exhaustives effectuées sur la péninsule de Reykjanes entre 2021 et 2025.
Þórðarson indique que la croûte terrestre s’est élargie de près de quatre mètres durant cette période, dont 2,50 mètres le 10 novembre 2023, jour de l’évacuation de la ville de Grindavík. Selon lui, l’expansion crustale, les mouvements de failles et le magma interagissent tous le long de la limite de plaques.

Fracturation du sol à Grindavik (Crédit photo : Iceland Review)

Þórðarson insiste sur un point qu’il a abordé à plusieurs reprises ces derniers mois : les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur ce qui s’est passé sur la péninsule de Reykjanes depuis 2021 et, selon lui, ces divergences sont inhérentes à la démarche scientifique. Il ajoute que, même si les chercheurs travaillent avec les mêmes données, les interprétations peuvent différer car nombre de mesures sont des observations indirectes, et non directes, de ce qui se passe sous la surface. [Remarque personnelle : J’aimerais ajouter que Þorvaldur Þórðarson lui-même s’est souvent trompé dans ses prévisions d’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes !]
Selon Þórðarson, l’un des enseignements les plus importants des événements récents est qu’une incertitude considérable persiste et que personne ne sait vraiment ce qui se passe exactement sous terre. Il souligne l’importance pour les scientifiques de discuter de leurs découvertes et de travailler à des interprétations largement consensuelles.
La nouvelle étude remet en question l’interprétation adoptée par le Met Office islandais, selon laquelle les épicentres des séismes suivent le parcours du magma à travers la croûte terrestre. Selon cette interprétation, l’essaim sismique de novembre 2023 indiquerait la présence de magma sous une grande partie de la région.
Les chercheurs affirment, quant à eux, que les données montrent que des mouvements de failles décrochantes se sont produits en premier, au moment où les plaques tectoniques glissaient horizontalement l’une contre l’autre. Ce n’est que plus tard que le processus a évolué vers une expansion crustale, avec ouverture de la croûte terrestre. Selon l’étude, les importantes fractures et l’affaissement observés à Grindavík en 2021 étaient principalement dus à la rupture au niveau de la limite de plaques. Cette limite a cédé car elle était soumise à une tension constante depuis 800 ans, elle avait atteint sa limite. C’est à ce moment que l’intrusion magmatique sous Fagradalsfjall s’est produite. En réalité, cette intrusion n’a fait qu’accroître légèrement la contrainte exercée sur le système.
En conséquence, selon les chercheurs, le magma est une conséquence plutôt que la cause des mouvements de plaques. Cette conclusion est cohérente avec le fait que la plupart des éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur se sont produites dans une zone très restreinte, le long d’une fissure d’environ 500 mètres de long entre Stóra-Skógfell et Sýlingarfell.
Un point essentiel de cette nouvelle étude est que les mouvements des limites de plaques islandaises doivent être replacés dans un contexte géologique plus large. Les mouvements observés en Islande, avec la partie ouest du pays qui se déplace vers l’ouest et la partie est qui se déplace vers l’est, et une limite de plaques qui traverse le pays et génère cette activité volcanique, résultent de processus bien plus vastes qu’une simple intrusion magmatique dans la croûte superficielle islandaise.

Image de la gigantesque zone de faille – ici à Thingvellir – qui fait s’écarter l’ouest et l’est de l’Islande (Photo: C. Grandpey)

Ce processus est régi par la convection magmatique au sein du manteau terrestre. Une petite intrusion magmatique en Islande ne déplacera pas à elle seule les limites des plaques, mais tout cela fait partie du même système. En conséquence, comprendre ce qui se passe en Islande permet de comprendre le processus dans sa globalité.

 Illustration du processus d’accrétion (Source: Suffolk University)

Au vu de cette étude, on peut dire qu’il reste encore beaucoup à faire pour comprendre le lien entre la tectonique et le volcanisme en Islande. En attendant, l’accumulation de magma et le soulèvement du sol se poursuivent à Svartsengi, sans que personne ne sache si et quand une nouvelle éruption se produira.
Source : Iceland Monitor.

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A new study by an international team of geoscientists suggests that volcanic activity on Iceland’s Reykjanes Peninsula is being driven primarily by the long-term accumulation of stress along the boundary between the North American and Eurasian tectonic plates, rather than by earthquake swarms marking the path of magma forcing its way through the Earth’s crust.

Among the researchers behind the study are Þorvaldur Þórðarson, Professor of Volcanology, Halldór Geirsson, Professor of Geophysics, and Gregory De Pascale, Associate Professor of Geology at the University of Iceland’s Faculty of Earth Sciences. The study is based on extensive measurements collected on the Reykjanes Peninsula between 2021 and 2025.

Þórðarson says the Earth’s crust widened by nearly four meters during the study period, including as much as 2.5 meters on November 10, 2023, when the town of Grindavík was evacuated. In his opinion, crustal spreading, fault movements and magma all interact along the plate boundary.

Þórðarson emphasizes a point he has made repeatedly in recent months: scientists are not in complete agreement about what has happened on the Reykjanes Peninsula since 2021, and such disagreement is a normal part of the scientific process. He adds that although researchers are working with the same data, interpretations can differ because many of the measurements are indirect rather than direct observations of what is occurring beneath the surface. [Personal remark : I’d like to add that Þorvaldur Þórðarson himself was often wrong about his predictions of volcanic activity on the Reykjanes Peninsula in the past months!]

According to Þórðarson, one of the most important lessons from the recent events is that significant uncertainty remains and that no one yet has definitive answers about exactly what is happening underground. He stresses the importance of scientists discussing their findings and working toward interpretations that can be broadly supported.

The new study challenges the interpretation adopted by the Icelandic Meteorological Office that earthquake epicenters trace the path of magma moving through the crust. Under that interpretation, the earthquake swarm of November 2023 would indicate that magma is present beneath a large portion of the region.

Instead, the researchers argue that the data suggest strike-slip fault movements occurred first, with tectonic plates sliding horizontally past one another. Only later did the process evolve into crustal spreading, during which the crust opened up.

The study proposes that the extensive fracturing and subsidence seen in Grindavík in 2021 were primarily the result of the plate boundary itself rupturing. The boundary broke because it had been under tension for 800 years and reached its limit. This when the magma intrusion beneath Fagradalsfjall occurred. In reality, that intrusion simply added a little extra strain to the system.
The researchers’ interpretation is therefore that magma is a consequence rather than the cause of the movements. This is consistent with the fact that most of the eruptions at the Sundhnúkur crater row occurred within a very confined area, along a fissure approximately 500 meters long between Stóra-Skógfell and Sýlingarfell.

A major point of the new study is that the movement of Iceland’s plate boundaries should be placed into a broader geological context. The movements observed in Iceland, where the western part of the country is moving westward and the eastern part is moving eastward, with a plate boundary running across the country and generating all of this volcanic activity, are the result of processes that are vastly larger than a magma intrusion in the shallow crust of Iceland.

The process is managed by magma convection within Earth’s mantle. A small magma intrusion in Iceland is not going to move the plate boundaries, but it is all part of the same system, and understanding what is happening in Iceland helps understand the process as a whole.

In short, a lot remains to be done to understand the link between tectonics and colcanism in Iceland. Meantime, magma accumulation and ground uplift are continuaing at Svartsengi, but nobody knows if and when an eruption will occur

Source : Iceland Monitor.

La glace n’est plus une menace pour les pêcheurs islandais // Ice is no longer a threat to Icelandic fishermen

Un article paru dans l’Iceland Monitor nous explique les dangers que peuvent rencontrer les pêcheurs au large de l’Islande à cause de la glace qui s’est détachée de la banquise arctique. Aujourd’hui, les progrès de la technologie apportent une aide précieuse aux professionnels de la mer. C’est ce qu’explique une géographe du département des Sciences de la Terre à l’Université d’Islande.

Bien que les icebergs soient moins fréquents autour de l’Islande qu’auparavant, principalement en raison du réchauffement climatique dans l’hémisphère nord, ils peuvent encore s’avérer dangereux. Aujourd’hui, ils sont surtout un danger pour les pêcheurs et autres professionnels de la mer. Il est donc primordial de surveiller activement les mouvements de la glace à proximité des zones de pêche, surtout lorsque les conditions météorologiques la poussent dans des directions inattendues où elle peut prendre les navires par surprise.

Des progrès considérables ont été réalisés ces dernières décennies en matière de surveillance de la glace autour de l’Islande. Dans les années 1980, les scientifiques s’appuyaient sur les rapports des navires ; lorsque un navire rencontrait de la glace, le capitaine en informait les services météorologiques. Des alertes étaient alors émises si la glace était jugée trop proche ou présente dans des zones où elle pouvait surprendre les marins.
Au fil des années, de nouvelles données satellitaires sont devenues disponibles, permettant de voir à travers les nuages et même dans l’obscurité. La résolution des cartes s’est également considérablement améliorée.

Vers l’an 2000, ces données étaient extrêmement coûteuses, mais elles sont désormais quasiment gratuites. Les scientifiques peuvent ainsi accéder aux images satellitaires plusieurs fois par semaine et les marins eux-mêmes peuvent y accéder rapidement, quelques minutes après le passage du satellite.

Une autre aide précieuse a été apportée par l’avion TF-SIF des garde-côtes islandais, équipé d’un radar, permettant ainsi aux scientifiques de ne plus se contenter des données satellitaires.

Toutefois, ces dernières années, le changement le plus important a concerné la glace elle-même, en particulier au cours des deux dernières décennies. Le principal changement concerne la diminution drastique de la banquise pluriannuelle dans l’océan Arctique. On appelle banquise pluriannuelle une glace qui a survécu à un ou plusieurs étés. Avec la hausse des températures, la couverture de glace le long du Groenland oriental et dans l’océan Arctique s’est réduite et amincie. Par conséquent, la glace qui atteint l’Islande aujourd’hui n’est généralement constituée que de petits fragments qui ne persistent que quelques jours, principalement près de Hornstrandir.

La glace dans les zones de pêche est problématique, surtout en cas de présence d’icebergs ou de growlers, ou lorsque la visibilité est mauvaise et que la mer est agitée. Mais les pêcheurs islandais connaissent très bien la glace, en particulier ceux qui pêchent au large des fjords de l’Ouest. Aujourd’hui, les pêcheurs sont presque les seuls à rencontrer régulièrement des morceaux de banquise, et cela fait longtemps que d’importantes quantités de glace n’ont pas atteint la côte islandaise. La dernière fois remonte à 1979, même si quelques problèmes ont été constatés depuis cette date.

Source : Iceland Monitor. Photos: C. Grandpey.

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An article in the Iceland Monitor explains the dangers that fishermen off the coast of Iceland face due to ice that has broken off from the Arctic sea ice. Today, technological advancements are providing invaluable assistance to maritime professionals, as explained by a geographer from the Department of Earth Sciences at the University of Iceland.

Although icebergs are now less common around Iceland than in the past, mostly due to warming in the Northern Hemisphere, it can still be dangerous. Today, it is mainly fishermen and other seafarers who encounter sea ice. It therefore remains very important to maintain active monitoring of ice movement when it approaches fishing grounds, especially when weather conditions push it in unexpected directions and catch vessels off guard.

A lot of progress has been made in the past decades for the monitoring of sea ice around Iceland. In the 1980s, scientists relied on ship reports ;when vessels encountered sea ice, they would call it in to the Met Office. Warnings had to be issued if the ice was considered dangerously close or in areas where seafarers wouldn’t expect it.

Gradually, all kinds of new satellite data became available, allowing to see through clouds and even in darkness. Map resolution also improved dramatically.

Around the year 2000, this data was extremely expensive, but now it’s more or less free, so scientists can access such images several times a week and seafarers can now rapidly access the data themselves.

Another innovation was the Icelandic Coast Guard aircraft TF-SIF, which is equipped with radar, so that scientists are no longer dependent on when the next radar satellite happens to pass over.

In the past years, the biggest change has been in the ice itself, especially over the past two decades.

The main change is that so-called multi-year sea ice in the Arctic Ocean has decreased dramatically. Multi-year ice is ice that has survived one or more summers. The ice cover along both East Greenland and in the Arctic Ocean has been shrinking and thinning. As a consequence, the ice reaching Iceland today is usually just small fragments that remain for only a few days, mostly near the Hornstrandir area. It is inconvenient when sea ice covers fishing grounds, and danger mainly arises if there are icebergs or thick floes mixed in, or if visibility is poor and sea conditions are bad.

But Icelandic fishermen understand the ice very well, especially those fishing off the Westfjords. Today, fishermen are almost the only group regularly encountering sea ice, and it has been a long time since large amounts reached the coast. The last truly severe sea ice year was 1979, though there have been some issues since then.

Source : Iceland Monitor.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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La Martinique (France) ne peut oublier l’éruption catastrophique de la Montagne Pelée en 1902.et tout le monde sait que le volcan peut se réveiller à tout moment. C’est pourquoi les 29 et 30 avril 2026 la Préfecture de Martinique a testé la gestion d’une crise majeure.

Premier acte : Le 29 avril 2026, une simulation a eu lieu au centre opérationnel départemental : deux millions de mètres cubes menaçaient de s’effondrer sous la falaise Sampère, tandis que des fumerolles apparaissent sur la Montagne Pelée. Face à ces signaux, le poste de commandement de crise a été activé. L’objectif était de coordonner les secours, organiser la sécurité et anticiper d’éventuelles évacuations. Le préfet insiste sur la nécessité d’anticiper sans céder à l’alarmisme :

Des échanges ont eu lieu avec les volcanologues pour affiner l’évolution de la situation. Des postes de commandement opérationnels ont été déployés dans les sous-préfectures et les communes pour assurer la coordination.

Deuxième acte : Le 30 avril 2026, l’exercice s’est déployé sur le terrain. Douze communes ont participé à une simulation d’évacuation des populations les plus exposées au risque volcanique.

Pour les autorités, ces exercices sont essentiels. Au-delà de l’entraînement, il s’agissait de tester la réactivité des services et d’identifier les failles d’un dispositif qui s’avère crucial face à un risque bien réel.

Source : Martinique la 1ère.

Photo: C. Grandpey

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L’Épisode 45 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est déroulé le 23 avril 2026 (voir la description dans ma note du 24 avril 2026). L’éruption est actuellement en mode pause. Selon le HVO, les fontaines de lave de l’Épisode 46 devraient jaillir entre le 5 et le 9 mai 2026.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 45

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Les rapports du Met Office concernant l’activité volcanique en Islande se ressemblent tous. La dernière mise à jour (28 avril 2026) indique que plus de 25 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis la dernière éruption de juillet 2025. Il s’agit du plus grand volume mesuré depuis le début des éruptions sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur. La vitesse d’accumulation du magma sous Svartsengi n’a jamais été aussi lente, mais cela ne signifie pas forcément qu’il n’y aura pas d’éruption. On l’a vu avec l’éruption du Krafla (1975-1984) qui a débuté après une période d’accumulation lente du magma. .
Le soulèvement du sol se poursuit à Svartsengi à un rythme pouvant atteindre 2 cm par mois.

Image InSAR montrant le soulèvement du sol à Svartsengi (Source : Met Office)

Selon les volcanologues islandais, la propagation d’un dyke magmatique vers la chaîne de cratères de Sundhnúkur demeure le scénario le plus probable et pourrait mener à une éruption. Bien sûr, personne ne sait quand, et le Met Office a cessé de faire des pronostics. Cependant, le préavis devrait être court, entre 20 minutes et un peu plus de 4 heures. Heureusement, si une éruption se produit dans cette zone, aucune évacuation de population ne sera à prévoir.
Source : Met Office.

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Au Costa Rica, l’activité éruptive se poursuit sur le Poás, avec des émissions de gaz au-dessus du lac et en provenance du nouveau champ fumerollien situé le long de la paroi ouest interne. Une éruption phréatique/surtseyenne dans la Boca A, le 27 avril 2026, a projeté des jets de matière sombre au-dessus de la surface du lac et généré un panache de vapeur s’élevant à environ 100 m de hauteur. Une seconde éruption, le 28 avril, a duré environ une minute et a consisté en trois explosions. Le panache éruptif s’est élevé à 400 m.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 sur une échelle de quatre niveaux.

Image webcam de l’éruption du 27 avril 2026

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Toujours au Costa Rica, des éruptions mineures sont observées sur le Rincón de la Vieja. Une éruption phréatique, le 23 avril 2026, a produit un panache de vapeur et de gaz s’élevant à 100 m au-dessus du cratère. Des panaches de gaz et de vapeur s’élevaient à 500 m au-dessus du cratère le 24 avril. Une éruption modérée, accompagnée de panaches de cendres le 27 avril, a été l’événement le plus important enregistré jusqu’à présent en 2026.
Le niveau d’alerte reste à 2 (Jaune) sur une échelle de quatre niveaux.

Source : OVSICORI.

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Aux Philippines, l’éruption du Mayon se poursuit avec des coulées de lave, des coulées pyroclastiques, des chutes de blocs incandescents, des panaches de cendres et de gaz, et parfois une activité strombolienne mineure. Chaque jour, le réseau sismique enregistre des chutes de blocs, des coulées pyroclastiques et des séismes volcaniques, y compris des périodes de trémor. Les émissions de SO₂ varient en moyenne de 815 à 3 434 tonnes par jour. La coulée de lave dans la ravine de Mi-isi continue de progresser et couvre une longueur totale de 1,6 km. Une activité strombolienne mineure et de courtes périodes de fontaines de lave sont enregistrées quotidiennement.
Le niveau d’alerte reste à 3.

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon avec des séismes volcaniques quotidiens, y compris des périodes de trémor. Les émissions de SO₂ varient de 1 162 à 2 098 tonnes par jour. Les émissions de cendres s’élèvent généralement de 800 à 1 200 m au-dessus du sommet.
Le niveau d’alerte est resté à 2 sur une échelle de 0 à 5.

Source : PHIVOLCS.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli (Sicile). Une activité strombolienne est observée à partir de cinq bouches dans la zone Nord, située dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et d’au moins deux bouches dans la zone C-S (cratère centre-sud), sur la terrasse cratèrique. Les bouches éruptives de la zone N produisent des explosions de faible à moyenne intensité, à un rythme de 3 à 14 par heure, en projetant des lapilli et des bombes à moins de 150 m de hauteur. Des explosions de faible à moyenne intensité projettent des téphras à partir de deux bouches de la zone C-S, à un rythme de 4 à 9 fois par heure.

Lors d’une campagne de terrain menée le 21 avril 2026, les scientifiques de l’INGV ont constaté qu’une bouche éruptive du secteur N1, après avoir produit une intense émission de cendres ainsi que des fragments de lave, a progressivement montré une activité effusive au cours de la période d’observation. Une coulée de lave est apparue d’une fissure située à la base du cône et a rapidement progressé vers la partie moyenne et supérieure de la Sciara del Fuoco. Deux jours plus tard, un nouveau débordement de lave s’est produit au même endroit. De gros blocs incandescents provenant de la bouche sud de N2 ont commencé à dévaler la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, suivis par une coulée de lave qui s’est refroidie aux premières heures du 24 avril.
Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune (deuxième niveau sur une échelle de quatre).

Source : INGV.

Image thermique de la coulée de lave le 24 avril au matin

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Le niveau d’alerte pour tous les volcans mentionnés dans les bulletins hebdomadaires précédents reste inchangé.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Martinique (France) cannot forget the catastrophic eruption of Mount Pelée in 1902, and everyone knows that the volcano can awaken at any moment. That is why, on April 29 and 30, 2026, the Prefecture of Martinique tested the management of a major crisis.
Part 1 : On April 29, 2026, a simulation took place at the departmental operations center: two million cubic meters of rock threatened to collapse beneath the Sampère cliff, while fumaroles appeared on Mount Pelée. Faced with these signs, the crisis command post was activated. The objective was to coordinate rescue efforts, organize security, and anticipate potential evacuations. The Prefect emphasized the need to anticipate without giving in to alarmism:
Discussions were held with volcanologists to refine the assessment of the evolving situation. Operational command posts were deployed in sub-prefectures and municipalities to ensure coordination.
Part 2 : On April 30, 2026, the exercise was carried out in the field. Twelve municipalities participated in a simulated evacuation of the populations most exposed to volcanic risk.
For the authorities, these exercises are essential. Beyond the training, the aim was to test the responsiveness of the services and identify weaknesses in a system that proves crucial in the face of a very real risk.
Source: Martinique la 1ère.

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Episode 45 of the Kilauea eruption (Hawaii) occurred on April 23, 2026 (see the description in my post of 24 April 2026). The eruption is currently paused. The forecast window for Episode 46 suggests that lava fountaining will occur between May 5 and May 9, 2026.

Source : HVO.

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The Met Office’s reports about volcanic activity in Iceland look like one another. The latest update (April 28, 2026 informs us that more than 25 million cubic meters of magma have accumulated beneath Svartsengi since the last eruption in July 2025. This is the largest volume measured since the eruptions began on the Sundhnúkur crater row. However, the rate of magma accumulation beneath Svartsengi has never been slower. Slow magma accumulation is not a clear indication that an eruption will not occur. The most immediate example of this is the Krafla eruption from 1975 to 1984. It began adter a period of slow magma accumulation.

Ground uplift continues at up to 2 cm per month.

According to Icelandic volcanologists, magmatic dike propagation toward the Sundhnúkur crater row remains the most likely scenario and could lead to an eruption. Of course nobody knows when and the Mat Office has stopped making such predictions. However, the Met Office specifies that warning times before a new eruption is expected to remain short, ranging from 20 minutes to just over 4 hours. Fortunately, should an eruption occur in this area, no population evacuation would be necessary.

Source : Met Office.

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In Costa Rica, eruptive activity continues at Poás, with gas emissions across the lake and from the new fumarolic field along the inner western wall. A phreatic/Surtseyan eruption at Boca A on 27 April 2026 ejected jets of dark material above the lake’s surface and produced a steam plume that rose around 100 m. A second eruptive event on 28 April lasted around one minute and consisted of three explosive events. The eruption plume rose 400 m.

The Volcanic Alert Level remains at 2 on a four-level scale.

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Still in Costa Rica, minor eruptive events are observed at Rincón de la Vieja. A phreatic eruption on 23 April 2026 produced a steam-and-gas plume that rose 100 m above the crater. Gas-and-steam plumes rose 500 m above the crater on 24 April. A moderate ash eruption on 27 April was the most energetic event so far in 2026.

The Alert Level remains at 2, Yellow, on a four-level scale.

Source : OVSICORI.

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In the Philippines, the eruption at Mayon continues with lava effusion, pyroclastic flows, incandescent rockfalls, ash-and-gas plumes, and occasional minor Strombolian activity. Each day the seismic network records rockfalls, pyroclastic flows and volcanic earthquakes, including periods of volcanic tremor. SO2 emissions average 815-3,434 tonnes per day. The lava flow in the Mi-isi drainage is still advancing and covers a total length of 1.6 km. Minor Strombolian activity and short periods of lava fountaining are recorded daily.

The Alert Level remained at 3.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Kanlaon with daily volcanic earthquakes including periods of tremor. SO2 emissions range from 1,162 to 2,098 tonnes per day. Ash emissions usually riseose 800 – 1,200 m above the summit.

The Alert Level remained at 2 on a scale of 0-5.

Source : PHIVOLCS.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Strombolian activity is occurring from five vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from at least two vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low- to medium-intensity explosions at a rate of 3-14 per hour, ejecting lapilli and bombs less than 150 m above the vents. Low- to medium-intensity explosions eject tephra from two vents in Area C-S at a rate of 4-9 times per hour.

During a field survey on 21 April 2026, INGV scientists could see that a vent in sector N1 that initially produced an intense ash emission associated with jets of magma fragments progressively produced effusive activity over the observation period. A lava flow emerged from a fissure located at the base of the cone and rapidly advanced to the mid-to-upper section of the Sciara del Fuoco,. Two days later a lava overflow occurred at the same area; large incandescent blocks from the S vent of N2 began to roll down the upper part of the Sciara del Fuoco and were followed by advancing lava. The flow was cooling by the early hours of 24 April.

The Alert Level remains at Yellow (the second level on a four-level scale).
Source : INGV.

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The alert levels for all the volcanoes mentioned in the previous weekly updates remain unchanged.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Le risque éruptif en Islande : nouveau rapport du Met Office // The eruptive risk in Iceland : Met Office’s new report

Un nouveau rapport du Met Office islandais définit le risque éruptif sur la péninsule de Reykjanes. Le rapport comporte deux volets: l’un porte sur les risques liés à la lave sur la péninsule de Reykjanes et l’autre sur le risque éruptif pour la région de la capitale.

Selon le rapport, le risque éruptif le plus significatif concerne les villes de Hveragerði et Grindavík qui sont les plus exposées aux éruptions volcaniques et aux coulées de lave.

Grindavik a subi les assauts de la lave et l’ouverture de fissures éruptives en 2023 (Crédit photo : presse islandaise)

Selon ce rapport, le risque lié à la lave sur la péninsule de Reykjanes est maximal dans les zones où existe la probabilité la plus élevée de fissures éruptives, de coulées de lave, ou des deux.

Grindavík et Hveragerði font partie de la catégorie de risque la plus élevée, ce qui signifie qu’elles figurent parmi les 10 % des zones les plus exposées à ce risque. Les systèmes volcaniques susceptibles d’alimenter Hveragerði en lave sont Hengill et Hrómundartindur.

Grindavík est exposée à la fois à un risque très élevé de coulées de lave et à une très forte probabilité d’ouverture de fissures éruptives.

La situation de Hveragerði est différente, car ce site est classé au niveau de risque maximal uniquement en raison des coulées de lave.

Certaines parties de Hafnarfjörður se situent à environ un kilomètre des zones à risque maximal et plusieurs infrastructures critiques se trouvent dans ces zones à haut risque. Le rapport du Met Office note également que quatre centrales géothermiques de la péninsule de Reykjanes, à Reykjanes, Svartsengi, Hellisheiði et Nesjavellir, sont toutes situées dans des zones classées au niveau de risque maximal.

En 2021, une éruption a débuté dans le système volcanique de Fagradalsfjall, mettant fin à une période de dormance d’environ 800 ans. Avec le début d’une nouvelle période éruptive sur la péninsule de Reykjanes, une nouvelle réalité attend ses habitants. Il existe désormais une forte probabilité d’éruptions accompagnées de coulées de lave susceptibles de perturber la vie quotidienne au cours des prochaines décennies. Le Met Office insiste sur l’importance de mener des évaluations des aléas et des risques liés à l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes, en prenant en compte les risques liés aux mouvements de magma, aux éruptions, aux failles et aux séismes.

Sur cette carte, le violet foncé indique le risque le plus élevé de coulée de lave. Les couleurs moins vives indiquent un danger moindre. Le gris représentant le risque le plus faible. (Source : Met Office)

Une partie distincte du rapport du Met Office traite des risques liés à la lave dans la région de la capitale. Il indique que les systèmes volcaniques de Krýsuvík et de Brennisteinsfjöll sont à l’origine de ces risques. La lave en provenance de ces deux systèmes s’est écoulée dans des zones aujourd’hui urbanisées, tant par le passé qu’au cours des 10 000 dernières années. Sur la majeure partie de la région de la capitale, la probabilité de fissures éruptives est considérée comme très faible, mais elle augmente vers le sud-est, à proximité de ces systèmes volcaniques.

Cette carte montre les coulées de lave dans la région de la capitale. Le violet foncé indique le risque le plus élevé, le beige et le gris le risque le plus faible. (Source : Met Office)

Au sud-est de Hafnarfjörður, certaines zones présentent une probabilité d’éruptions considérée comme modérée à élevée en raison de leur proximité avec le système de Krýsuvík. Il existe également une petite zone dans le secteur de Garðabær où la probabilité est modérée.

Source : Met Office, Iceland Monitor.

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According to a new long-term risk assessment by the Icelandic Meteorological Office, two towns, Hveragerði and Grindavík, are located in areas classified at the highest hazard level as they are the most exposed to volcanic eruptions and lava flows. Two reports have been prepared, one focusing on lava hazards on the Reykjanes Peninsula and the other on the capital area.

According to the report, lava hazard on the Reykjanes Peninsula is greatest in areas where the likelihood of eruptive fissures, lava flows, or both is highest. Grindavík and Hveragerði fall into the highest hazard category, meaning they are among the 10% of areas most exposed to lava hazard. The volcanic systems capable of supplying lava to Hveragerði are Hengill and Hrómundartindur.

Grindavík is exposed both to a very high risk of lava flow and a very high likelihood of eruptive fissures. Hveragerði’s situation is different, as it is classified at the highest hazard level solely due to lava flow.

Parts of Hafnarfjörður lie about one kilometer from areas at the highest hazard level. It is also clear that a number of critical infrastructure elements are located within these high-risk zones. The report also notes that four geothermal power plants on the Reykjanes Peninsula, at Reykjanes, Svartsengi, Hellisheiði, and Nesjavellir, are all situated within areas classified at the highest hazard level.

In 2021, an eruption began in the Fagradalsfjall volcanic system on the Reykjanes Peninsula, ending an approximately 800-year period of dormancy. Now that a new eruptive period has begun on the Reykjanes Peninsula, a new reality faces its residents. There is an increased likelihood that eruptions with lava flows could disrupt in the coming decades. The Met Office’s insists that it is therefore important to conduct long-term hazard and risk assessments for volcanic activity on the Reykjanes Peninsula, addressing risks from magma movement, eruptions, faulting, and earthquakes.

A separate report addresses lava hazard in the capital region. It states that the Krýsuvík and Brennisteinsfjöll volcanic systems are the sources of lava hazard for the capital area. Lava from both systems has flowed into areas that are now built-up regions, both in historical times and in the past 10,000 years. Across most of the capital region, the probability of eruptive fissures is considered very low, but it increases toward the southeast, closer to these volcanic systems.

In southeastern Hafnarfjörður, there are areas where the likelihood of eruptions is considered moderate to high due to its proximity to the Krýsuvík system. There is also a small area within Garðabær where the probability is moderate.

Source : Met Office, Iceland Monitor.