Signes d’inflation sur la péninsule de Reykjanes (Islande) // Signs of inflation on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Les volcanologues islandais indiquent que des signes d’inflation ont été détectés sur la péninsule de Reykjanes. Le phénomène a été observé au nord du mont Keilir et au sud du site de l’éruption de Fagradalsfjall. Le sol autour de Fagradalsfjall a connu une déflation pendant l’éruption proprement dite, très probablement à cause de l’évacuation du magma vers la surface.
D’après les mesures GPS, le processus de déflation a commencé à s’atténuer fin août, puis à se transformer en inflation vers la mi-septembre. Cette dernière est cependant minime, avec un maximum de seulement un à deux centimètres.
Selon les modèles du Met Office, l’accumulation de magma dans les profondeurs de la terre est la cause la plus probable de l’inflation, bien que les scientifiques pensent également qu’elle peut être liée à une période d’activité sismique d’un mois à l’extrémité sud de ma montagne de Keilir à la fin septembre.
L’accumulation de magma sous les systèmes volcaniques se produit parfois après des éruptions. En tant que telle, l’inflation actuelle n’indique pas forcément que le magma se déplacera vers la surface dans un proche avenir. Ce processus peut prendre des années, voire des décennies, et il est difficile pour les scientifiques de faire des prévisions avec beaucoup de précision.
Aucune coulée de lave n’a été observée sur le site de Fagradalsfjall depuis le 18 septembre 2021. Des émissions de gaz sont toujours détectées, mais en très faible quantité.
Source : Iceland Review.

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Icelandic volcanologists indicate that land has started rising again on the Reykjanes peninsula. The inflation has been detected north of Mt. Keilir and south of the Fagradalsfjall eruption site. The land around Fagradalsfjall fell during the eruption itself, most likely because of the magma streaming out of the chamber beneath the surface.

According to GPS measurements, the deflation process began to subside at the end of August and then turn again into inflation around the middle of September. The uplift is, however, minimal, with only one to two centimetres at the highest points.

According to the Met Office’s models, the magma accumulation deep within the earth is the most likely cause of the inflation, although scientists also believe that it is connected to a month-long wave of seismic activity that began at the southern end of Keilir at the end of September.

Magma accumulation under volcanic systems sometimes occurs after eruptions. As such, the current inflation is not necessarily an indication that magma will move toward the surface in the near future. This process may instead take years or even decades, and it is difficult for scientists to make predictions with much accuracy.

There has been no lava flow at Fagradalsfjall since September 18th, 2021. Gas emissions are still being detected at the eruption site, but only in very small quantities.

Source: Iceland Review.

Calme plat sur le site de Fagradalsfjall (Capture écran webcam)

 

Islande : crue glaciaire imminente sur le Grimsvötn // Iceland : imminent glacial outburt at Grimsvötn

La couche de glace au-dessus du lac sous-glaciaire du Grímsvötn (Vatnajökull) s’est affaissée de près de 60 cm en s’accélérant. Cela signifie qu’un jökulhlaup (crue glaciaire en islandais) est imminent. La situation actuelle laisse supposer que l’eau s’écoulera du lac sous-glaciaire du Grímsvötn et fera brusquement gonfler le débit de la rivière Gígjukvísl, non loin de Skaftafell. De telles inondations se produisent régulièrement, et bien qu’elles se soient, dans le passé, accompagné d’éruptions volcaniques, il n’y a pas d’activité sismique à l’heure actuelle indiquant une menace d’éruption.
Sur la base des crues glaciaires précédentes, le Met Office s’attend à ce que celle-ci apparaisse sur le front du glacier au cours des deux prochains jours et atteigne son maximum 4 à 8 jours plus tard. Pour le moment, il n’y a pas de hausse de la conductivité électrique dans la rivière Gígjukvísl, mais un tel phénomène indique qu’une crue glaciaire a commencé. Le Met Office a également mis en place des détecteurs de gaz à la source de la rivière.
Au vu du niveau actuel du lac sous-glaciaire, on s’attend à un débit de crue maximum de l’ordre de 5000 m3/s. Une inondation de cette ampleur n’affectera probablement pas les structures telles que les routes ou les ponts, bien qu’il soit encore trop tôt pour l’affirmer.
Une crue glaciaire du Grímsvötn peut être suivie d’une éruption du Grímsvötn, en raison de la perte soudaine de pression qui accompagne la baisse de niveau du lac. Un tel événement s’est produit en 1922, 1934 et en 2004. En 2004, le jökulhlaup a commencé le 28 octobre, à la suite d’une série de séismes indiquant une éruption imminente qui a commencé trois jours plus tard. Aucune activité sismique de ce type n’a été détectée à l’heure actuelle. La dernière éruption du Grímsvötn remonte à 2011.
Source : Iceland Review.

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The ice shelf above the subglacial lake Grímsvötn (Vatnaj¨kull) has dropped by almost 60 cm, at an increasing speed. This indicates that a glacial run-off flood from Grímsvötn is imminent.The current situation suggests that water is flowing from Grímsvötn and a jökulhlaup is expected in Gígjukvísl river, not far from Skaftafell. Such floods occur regularly, and although they have in the past set off volcanic eruptions, at the moment, there is no seismic activity indicating a threat of eruption.

Based on earlier floods, the Met Office expects this one to surface at the glacier’s edge in the next two days and reach its peak 4-8 days later. At the moment, there’s no increase in Gígjukvísl river’s electrical conductivity, but an increase in electrical conductivity is the clearest indicator that a glacial run-off flood has begun. The Met Office also has gas detectors in place at the river’s source.

The current Grímsvötn water levels would mean that the flood’s maximum flow was 5000 m3/s. A flood of that size is not likely to affect structures such as roads or bridges, although it is still too early to calculate the size of the flood.

A Grímsvötn glacial run-off flood may be followed by a Grímsvötn eruption, due to the sudden loss of pressure when the water surface drops. Such an event occurred in 2004, before that in 1934 and 1922. In 2004, a glacial run-off flood began on October 28th, following a series of earthquakes indicating an impending eruption, which began three days later. No such seismic activity has been detected now. The last Grímsvötn eruption was in 2011.

Source: Iceland Review.

Exemple d’affaissement de la calotte de glace du Grimsvötn avant un jökulhlaup (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte des glaciers islandais (suite) // The melting of Icelandic glaciers (continued)

Des glaciologues de l’Université de Dundee (Écosse) ont publié une vidéo en accéléré montrant la fonte rapide du glacier Breiðamerkurjökull dans le sud-est de l’Islande. J’ai déjà écrit plusieurs notes sur ce blog dans lesquelles la fonte de ce glacier est mentionnée (le 8 décembre 2019, par exemple). Au cours de l’été 2021, les scientifiques ont installé deux caméras en bordure du Breiðamerkurjökull, une langue du Vatnajökull. Les caméras ont filmé pendant six semaines.
Les glaciologues indiquent que la vitesse rapide de fonte des glaciers pendant l’été a un impact significatif sur leur récupération pendant les mois d’hiver. Lorsqu’un glacier est en équilibre, l’accumulation hivernale équivaut à la fonte estivale, mais cela ne se produit plus sur le Breiðamerkurjökull. L’ablation s’est accélérée et au cours des dernières décennies, l’accumulation de neige hivernale n’a pas suffi à alimenter le glacier. Il s’en est suivi un recul atteignant 250 m par an..
Source : Sky News.
Vous pouvez regarder la vidéo en accéléré en cliquant sur ce lien :
https://news.sky.com/story/climate-change-icelandic-glacier-melting-faster-than-it-can-recover-experts-warn-12464649

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Glaciologists from the University of Dundee (Scotland) have released a time-lapse video showing the rapid melting of Breiðamerkurjökull glacier in Southeast Iceland. I have already written several posts in which this glacier is mentioned (December 8th, 2019, for instance).

In the summer 2021, the scientists insta lled two time-lapse cameras at Breiðamerkurjökull which is an outlet glacier of Vatnajökull. The cameras kept filming over a period of six weeks.

Experts have highlighted that the rapid rate of melting glaciers during the summertime has now significantly impacted recovery during the winter months.When a glacier is in balance the winter accumulation would equal the summer melt, but this does not happen at Breiðamerkurjökull .The ablation has accelerated beyond recovery and in recent decades a retreat of up to 250m per year has been recorded.

Source: Sky News.

You can watch the time-lapse video by clicking in this link:

https://news.sky.com/story/climate-change-icelandic-glacier-melting-faster-than-it-can-recover-experts-warn-12464649

Quelques vues du Vatnajökull en juillet 2021 (Photos: C. Grandpey)

Nouvelles d’Islande // News from Iceland

Le 17 novembre, j’indiquais que, selon un rapport publié le 16 novembre 2021, une phase d’inflation avait été détectée en profondeur sous la montagne Fagradalsfjall. Cette inflation pourrait signifier qu’une activité éruptive est susceptible de reprendre dans la région, mais personne ne sait quand une telle éruption est susceptible de commencer
Aujourd’hui, les médias islandais nous informent qu’un séisme de magnitude M 3.0 a été enregistré sur la péninsule de Reykjanes, dans la soirée du 17 novembre. L’épicentre se trouvait à 3,5 km au nord-est de Grindavík. Quelques répliques ont également été enregistrées. De plus, un essaim sismique a débuté le même jour près dans le secteur de Þrengsli (sud-ouest de l’Islande) avec un événement de M 3,3.
Le Met Office islandais affirme que les habitants de Grindavik ne doivent pas être inquiets.De tels séismes sont probablement dus à la position de la région à la limite des plaques tectoniques, de sorte que l’activité sismique n’y est pas rare. Selon le Met Office, cette sismicité n’a aucun lien avec une activité volcanique.

Les médias islandais informent également le public que le sol a recommencé à se soulever sur la péninsule de Reykjanes. L’inflation a été détectée au nord du mont Keilir et au sud du site de l’éruption du Fagradalsfjall.
Le sol autour du Fagradalsfjall a montré une déflation pendant l’éruption elle-même, très probablement parce que le magma quittait la chambre magmatique pour s’écouler en surface. D’après les mesures GPS, la déflation a commencé à s’atténuer fin août, puis à s’intensifier vers la mi-septembre. Elle est toutefois minime et n’atteint que un à deux centimètres maximum.
Selon les modèles du Met Office, l’accumulation de magma en profondeur est la cause la plus probable de l’inflation, bien que les scientifiques pensent également qu’elle peut être liée à l’activité sismique enregistrée pendant un mois au sud de Keilir à la fin septembre. Aucun mouvement de terrain laissant supposer que le magma se rapproche de la surface n’a été observé. Aucune coulée de lave n’a été observée sur le Fagradalsfjall depuis le 18 septembre. Des émissions de gaz en très faible quantité sont toujours détectées sur le site de l’éruption.

Le Center for Disease Control (CDC) aux États-Unis a élevé cette semaine l’Islande niveau 4, autrement dit à très haut risque, en raison du nombre élevé de cas de COVID-19 dans le pays. Le niveau 4 est attribué aux pays ayant enregistré plus de 500 cas pour 100 000 habitants au cours des 28 derniers jours.
La République tchèque, la Hongrie et Guernesey ont également été classées au niveau 4 dans le même temps. La Belgique, les Pays-Bas, Singapour, la Turquie et les îles Vierges font partie des 70 destinations dans le monde que le CDC considère comme étant à très haut risque en ce moment.
Le CDC conseille aux résidents américains de ne pas se rendre en Islande actuellement. Ils doivent entreprendre le voyage uniquement s’ils sont vaccinés (comme l’exige également l’Islande) et suivre les réglementations locales sur le port du masque et la distanciation sociale.

Sources: Iceland Monitor, Iceland Review.

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On November 17th, I indicated that, according to a news report published on November 16th, 2021, inflation had been detected deep under Fagradalsfjall mountain. This inflation suggests that an eruption might start again in Fagradalsfjall, but it remains impossible to know when such an eruption might start

Today, Icelandic news media inform us that an M 3.0 earthquake hit the Reykjanes peninsula, in the evening of November 17th . Its source was 3.5 km northeast of Grindavík. Some aftershocks were also recorded. In addition, a seismic swarm began on the same day near the Þrengsli area (southwest Iceland) with an event measuring M 3.3.

A Met Office says there is no reason for Grindavik residents to be too worried. The cause of the quakes is probably due to the tectonic plate boundary in the region, and seismic activity in the area is not at all uncommon. He adds there is no indication of a connection to any volcanic activity.

Icelandic news media also inform the public that land has started rising again on the Reykjanes peninsula. The uplift has been detected north of Mt. Keilir and south of the Fagradalsfjall eruption site.

The land around Fagradalsfjall fell during the eruption itself, most likely because of the magma streaming out of the chamber beneath the surface. According to GPS measurements, land fall began to subside at the end of August and then rise again around the middle of September. The uplift is, however, minimal: only one to two centimetres at the highest points.

According to the Met Office’s models, the magma accumulation deep within the earth is the most likely cause of the uplift, although scientists also believe that it is connected to a month-long wave of seismic activity that began at the southern end of Keilir at the end of September. No dislocation has been observed on the surface as of this time, which might mean that magma is getting closer to the surface. There has been no lava flow at Fagradalsfjall since September 18th. Gas emissions are still being detected at the eruption site, but only in very small quantities.

The United States’ Center for Disease Control (CDC) has just designated Iceland Level 4, or Very High Risk, for travellers this week, due to the nation’s high COVID-19 rates. Level 4 is a designation reserved for nations with more than 500 cases per 100,000 residents in the past 28 days.

The Czech Republic, Hungary, and Guernsey were also listed as Level 4 at the same time. Belgium, The Netherlands, Singapore, Turkey, and the US Virgin Islands are among the 70 destinations around the world that the CDC has designated as Very High Risk at this time.

The CDC advises US residents not to travel to Iceland at this time. Americans who do choose to travel to Iceland are advised only to do so if vaccinated (as required by Iceland as well) and to follow local regulations on mask wearing and social distancing.

Sources: Iceland Monitor, Iceland Review.

On n’observe qu’un faible dégazage sur le site de Fagradalsfjall.