Éruption du Mont Parker (Philippines) et effondrement de la Dynastie Ming (Chine) // Mount Parker eruption (Philippines) and collapse of the Ming Dynasry (China)

L’éruption du Laki en Islande en 1783 a eu des conséquences catastrophiques sur le climat, l’agriculture et les transports dans tout l’hémisphère nord. Selon certains chercheurs, elle a contribué au déclenchement de la Révolution française. Le volcan a émis de la lave et des gaz toxiques qui ont dévasté l’agriculture de l’île, décimant une grande partie du cheptel. On estime qu’environ un quart de la population islandaise a péri lors de la famine qui s’en est suivie.

Vu de la fissure éruptive du Laki aujourd’hui (Photo : C. Grandpey)

Les répercussions ont été observées bien au-delà de l’Islande. En Norvège, aux Pays-Bas, dans les îles Britanniques, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Amérique du Nord et même en Égypte, l’éruption du Laki a causé des problèmes car le nuage de poussière et de particules de soufre projeté par le volcan s’est répandu sur une grande partie de l’hémisphère nord.
On pense aujourd’hui que l’éruption a perturbé le cycle de la mousson en Asie, et provoqué une famine en Égypte. Les historiens ont également souligné les perturbations causées aux économies d’Europe du Nord, où la précarité alimentaire a été un facteur majeur dans la montée des tensions qui ont conduit à la Révolution française de 1789.

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Aujourd’hui, une nouvelle étude publiée dans la revue Climate of the Past révèle qu’une importante éruption volcanique du mont Patker – aujourd’hui mont Melibengoy – (1640-1641) sur l’île de Mindanao, au sud des Philippines, pourrait avoir contribué à l’effondrement de la dynastie Ming en Chine quelques années plus tard. Il semblerait qu’une succession de dirigeants incompétents, de famines, de corruption et leurs conséquences économiques aient conduit à la chute de la dynastie au milieu du 17ème siècle. Les archives historiques rapportent qu’une armée de paysans rebelles, menée par Li Zicheng, s’empara de Pékin en 1644, poussant le dernier empereur Ming au suicide et mettant ainsi fin à 276 ans de règne.
Cependant, cette nouvelle étude suggère qu’un événement volcanique majeur a pu amplifier les crises politiques et environnementales déjà présentes sous la dynastie Ming et sceller son destin. L’éruption du mont Parker, survenue entre décembre 1640 et janvier 1641, a provoqué la formation du lac de cratère. Elle a également contribué à de très mauvaises récoltes, à la famine, à une agitation sociale et à un affaiblissement des finances publiques, ce qui n’a fait qu’aggraver les crises politiques déjà existantes. Elle a notamment entraîné une sécheresse prolongée et sévère qui a potentiellement contribué à l’effondrement de la dynastie Ming.

Vue du mont Parker / Melibengoy et de son lac de cratère (Crédit photo : Wilipedia)

L’étude a analysé les données disponibles sur les grandes éruptions volcaniques du passé et les variations de température qui ont suivi sur la planète. Elle a révélé que ces éruptions perturbent les moussons et les régimes climatiques à l’échelle mondiale, provoquant des sécheresses, des inondations, des mauvaises récoltes et un risque accru de famine dans de nombreuses régions du monde. Dans tous ces cas, les scientifiques ont constaté que les éruptions volcaniques agissent comme des facteurs aggravants des troubles sociaux préexistants. Ils ont notamment constaté que l’éruption du mont Parker a intensifié la sécheresse qui avait précédé la chute de la dynastie Ming en 1644.

Ces résultats concordent avec les conclusions d’études antérieures établissant un lien entre les éruptions volcaniques majeures et de nombreux effondrements dynastiques chinois au cours des deux derniers millénaires. Dans ces cas précis, les éruptions volcaniques ont généré d’importantes quantités d’aérosols de sulfate dans la haute atmosphère, bloquant le rayonnement solaire et provoquant un refroidissement climatique global.
S’ajoutant aux problèmes au sein de l’empire qui était confronté à une pénurie d’argent, à la pression militaire venue du nord-est et aux révoltes paysannes, les conséquences de l’éruption du mont Parker ont, selon les auteurs de l’étude, précipité la chute de la dynastie Ming.
Source : The Independent.

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The eruption of Laki volcano in Iceland in 1783 had catastrophic consequences for weather, agriculture and transport across the northern hemisphere. According to some researchers, it helped trigger the French revolution. The volcano spewed lava and poisonous gases that devastated the island’s agriculture, killing much of the livestock. It is estimated that perhapsa quarter of Iceland’s population died through the ensuing famine.

There were more wide-ranging impacts. In Norway, the Netherlands, the British Isles, France, Germany, Italy, Spain, in North America and even Egypt, the Laki eruption caused problems, as the haze of dust and sulphur particles thrown up by the volcano was carried over much of the northern hemisphere.

The eruption is now thought to have disrupted the Asian monsoon cycle, prompting famine in Egypt. Environmental historians have also pointed to the disruption caused to the economies of northern Europe, where food poverty was a major factor in the build-up to the French revolution of 1789.

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Today, a new study published in the journal Climate of the Past tells us that a major volcanic eruption of Mount Patker – today Mount Melibengoy – (1640-1641) on Mindanao island in the southern Philippines may have led to the collapse of China’s imperial Ming Dynasty years later. It seems that a succession of ineffective rulers, famines, corruption, and their economic fallout led to the collapse of the dynasty in the mid 17th century.Historical records observe that a peasant rebel army led by Li Zicheng captured Beijing in 1644, prompting the last Ming emperor to kill himself and bring an end to 276 years of Ming rule.

However, the new study suggests that a massive volcanic event may have amplified existing political and environmental crises in the Ming Dynasty and sealed its fate.

The Mount Parker eruption dated to between December 1640 and January 1641 caused the formation of the crater lake. It also contributed to severe crop failures, famine, social unrest, and a weakening of state finances that aggravated the already existing political crises. In particular, it led to a prolonged and severe drought that potentially contributed to the collapse of the Ming Dynasty.

The study collectively assessed available data on past major volcanic eruptions and the global temperature changes that followed. It found that such eruptions disrupted monsoons and climate patterns globally, resulting in droughts, floods, and crop failures, and increased famine risk in many parts of the world. In all these cases, scientists found that volcanic eruptions acted “stress multipliers” of existing civic unrest.

In particular, they found that the Parker volcanic eruption intensified the drought that preceded the fall of the Ming Dynasty in 1644.

The results align with previous studies’ findings that massive volcanic eruptions are linked to many Chinese dynastic collapses over the last two millennia. In these cases, volcanic eruptions released large amounts of sulphate aerosols into the upper atmosphere which blocked out the Sun and caused global cooling.

Coupled with already growing unrest in the empire faced with silver shortages, military pressure from the northeast, and peasant uprisings, the authors of the study explain that the effects of the volcanic eruption brought down the dynasty even further.

Source : The Independent.

Désaccords et incertitudes en Islande // Disagreements and uncertainties in Iceland

Une nouvelle étude menée par une équipe internationale de géoscientifiques nous apprend que l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes serait principalement due à l’accumulation de contraintes à long terme le long de la limite entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne, plutôt qu’à des essaims sismiques correspondant au parcours du magma à travers la croûte terrestre.

Image de l’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes

Parmi les chercheurs à l’origine de cette étude figurent Þorvaldur Þórðarson, professeur de volcanologie, Halldór Geirsson, professeur de géophysique, et Gregory De Pascale, professeur associé de géologie à la faculté des Sciences de la Terre de l’Université d’Islande. L’étude repose sur des mesures exhaustives effectuées sur la péninsule de Reykjanes entre 2021 et 2025.
Þórðarson indique que la croûte terrestre s’est élargie de près de quatre mètres durant cette période, dont 2,50 mètres le 10 novembre 2023, jour de l’évacuation de la ville de Grindavík. Selon lui, l’expansion crustale, les mouvements de failles et le magma interagissent tous le long de la limite de plaques.

Fracturation du sol à Grindavik (Crédit photo : Iceland Review)

Þórðarson insiste sur un point qu’il a abordé à plusieurs reprises ces derniers mois : les scientifiques ne sont pas tous d’accord sur ce qui s’est passé sur la péninsule de Reykjanes depuis 2021 et, selon lui, ces divergences sont inhérentes à la démarche scientifique. Il ajoute que, même si les chercheurs travaillent avec les mêmes données, les interprétations peuvent différer car nombre de mesures sont des observations indirectes, et non directes, de ce qui se passe sous la surface. [Remarque personnelle : J’aimerais ajouter que Þorvaldur Þórðarson lui-même s’est souvent trompé dans ses prévisions d’activité volcanique sur la péninsule de Reykjanes !]
Selon Þórðarson, l’un des enseignements les plus importants des événements récents est qu’une incertitude considérable persiste et que personne ne sait vraiment ce qui se passe exactement sous terre. Il souligne l’importance pour les scientifiques de discuter de leurs découvertes et de travailler à des interprétations largement consensuelles.
La nouvelle étude remet en question l’interprétation adoptée par le Met Office islandais, selon laquelle les épicentres des séismes suivent le parcours du magma à travers la croûte terrestre. Selon cette interprétation, l’essaim sismique de novembre 2023 indiquerait la présence de magma sous une grande partie de la région.
Les chercheurs affirment, quant à eux, que les données montrent que des mouvements de failles décrochantes se sont produits en premier, au moment où les plaques tectoniques glissaient horizontalement l’une contre l’autre. Ce n’est que plus tard que le processus a évolué vers une expansion crustale, avec ouverture de la croûte terrestre. Selon l’étude, les importantes fractures et l’affaissement observés à Grindavík en 2021 étaient principalement dus à la rupture au niveau de la limite de plaques. Cette limite a cédé car elle était soumise à une tension constante depuis 800 ans, elle avait atteint sa limite. C’est à ce moment que l’intrusion magmatique sous Fagradalsfjall s’est produite. En réalité, cette intrusion n’a fait qu’accroître légèrement la contrainte exercée sur le système.
En conséquence, selon les chercheurs, le magma est une conséquence plutôt que la cause des mouvements de plaques. Cette conclusion est cohérente avec le fait que la plupart des éruptions le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur se sont produites dans une zone très restreinte, le long d’une fissure d’environ 500 mètres de long entre Stóra-Skógfell et Sýlingarfell.
Un point essentiel de cette nouvelle étude est que les mouvements des limites de plaques islandaises doivent être replacés dans un contexte géologique plus large. Les mouvements observés en Islande, avec la partie ouest du pays qui se déplace vers l’ouest et la partie est qui se déplace vers l’est, et une limite de plaques qui traverse le pays et génère cette activité volcanique, résultent de processus bien plus vastes qu’une simple intrusion magmatique dans la croûte superficielle islandaise.

Image de la gigantesque zone de faille – ici à Thingvellir – qui fait s’écarter l’ouest et l’est de l’Islande (Photo: C. Grandpey)

Ce processus est régi par la convection magmatique au sein du manteau terrestre. Une petite intrusion magmatique en Islande ne déplacera pas à elle seule les limites des plaques, mais tout cela fait partie du même système. En conséquence, comprendre ce qui se passe en Islande permet de comprendre le processus dans sa globalité.

 Illustration du processus d’accrétion (Source: Suffolk University)

Au vu de cette étude, on peut dire qu’il reste encore beaucoup à faire pour comprendre le lien entre la tectonique et le volcanisme en Islande. En attendant, l’accumulation de magma et le soulèvement du sol se poursuivent à Svartsengi, sans que personne ne sache si et quand une nouvelle éruption se produira.
Source : Iceland Monitor.

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A new study by an international team of geoscientists suggests that volcanic activity on Iceland’s Reykjanes Peninsula is being driven primarily by the long-term accumulation of stress along the boundary between the North American and Eurasian tectonic plates, rather than by earthquake swarms marking the path of magma forcing its way through the Earth’s crust.

Among the researchers behind the study are Þorvaldur Þórðarson, Professor of Volcanology, Halldór Geirsson, Professor of Geophysics, and Gregory De Pascale, Associate Professor of Geology at the University of Iceland’s Faculty of Earth Sciences. The study is based on extensive measurements collected on the Reykjanes Peninsula between 2021 and 2025.

Þórðarson says the Earth’s crust widened by nearly four meters during the study period, including as much as 2.5 meters on November 10, 2023, when the town of Grindavík was evacuated. In his opinion, crustal spreading, fault movements and magma all interact along the plate boundary.

Þórðarson emphasizes a point he has made repeatedly in recent months: scientists are not in complete agreement about what has happened on the Reykjanes Peninsula since 2021, and such disagreement is a normal part of the scientific process. He adds that although researchers are working with the same data, interpretations can differ because many of the measurements are indirect rather than direct observations of what is occurring beneath the surface. [Personal remark : I’d like to add that Þorvaldur Þórðarson himself was often wrong about his predictions of volcanic activity on the Reykjanes Peninsula in the past months!]

According to Þórðarson, one of the most important lessons from the recent events is that significant uncertainty remains and that no one yet has definitive answers about exactly what is happening underground. He stresses the importance of scientists discussing their findings and working toward interpretations that can be broadly supported.

The new study challenges the interpretation adopted by the Icelandic Meteorological Office that earthquake epicenters trace the path of magma moving through the crust. Under that interpretation, the earthquake swarm of November 2023 would indicate that magma is present beneath a large portion of the region.

Instead, the researchers argue that the data suggest strike-slip fault movements occurred first, with tectonic plates sliding horizontally past one another. Only later did the process evolve into crustal spreading, during which the crust opened up.

The study proposes that the extensive fracturing and subsidence seen in Grindavík in 2021 were primarily the result of the plate boundary itself rupturing. The boundary broke because it had been under tension for 800 years and reached its limit. This when the magma intrusion beneath Fagradalsfjall occurred. In reality, that intrusion simply added a little extra strain to the system.
The researchers’ interpretation is therefore that magma is a consequence rather than the cause of the movements. This is consistent with the fact that most of the eruptions at the Sundhnúkur crater row occurred within a very confined area, along a fissure approximately 500 meters long between Stóra-Skógfell and Sýlingarfell.

A major point of the new study is that the movement of Iceland’s plate boundaries should be placed into a broader geological context. The movements observed in Iceland, where the western part of the country is moving westward and the eastern part is moving eastward, with a plate boundary running across the country and generating all of this volcanic activity, are the result of processes that are vastly larger than a magma intrusion in the shallow crust of Iceland.

The process is managed by magma convection within Earth’s mantle. A small magma intrusion in Iceland is not going to move the plate boundaries, but it is all part of the same system, and understanding what is happening in Iceland helps understand the process as a whole.

In short, a lot remains to be done to understand the link between tectonics and colcanism in Iceland. Meantime, magma accumulation and ground uplift are continuaing at Svartsengi, but nobody knows if and when an eruption will occur

Source : Iceland Monitor.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’Observatoire volcanologique d’Alaska (AVO) m’a informé d’une hausse de l’activité sismique et des émissions de SO₂ sur le Kupreanof (péninsule d’Alaska) ces derniers mois, probablement due à une intrusion magmatique sous le volcan. Le Kupreanof est un stratovolcan fortement englacé, sans éruption historique connue. Les données actuelles n’indiquent pas d’éruption imminente.
L’activité sismique a débuté en février 2026. L’AVO a enregistré plusieurs épisodes de séismes profonds basse fréquence début février et début mars, souvent à plus de 20 km de profondeur. Durant la seconde moitié d’avril et début mai, la sismicité a consisté en des séismes superficiels intermittents, principalement de magnitude inférieure à M2,5, avec quelques séismes profonds basse fréquence.
Depuis le 4 avril, des émissions de SO₂ ont été observées par satellite à huit reprises, à raison de 100 à 1 000 tonnes par jour. Bien que le Kupreanof soit connu pour ses émissions de gaz au niveau d’un champ de fumerolles actif juste à l’ouest du sommet, les émissions de SO₂ n’avaient jamais été observées auparavant par satellite.
L’ensemble de ces observations semble montrer que le magma a migré vers des niveaux moins profonds (moins de 5 km), activant un champ fumerollien à environ 1500 m d’altitude à l’ouest du sommet.
L’AVO indique qu’il est très probable qu’une éruption serait précédée de signaux supplémentaires permettant une alerte précoce. Des éruptions du Kupreanof généreraient vraisemblablement des lahars et des coulées pyroclastiques sur les flancs du volcan et dans les vallées inhabitées environnantes. Les panaches de cendres pourraient affecter les communautés situées sous le vent ainsi que les aéronefs.

Suite à la hausse susmentionnée de la sismicité et des émissions de gaz, l’AVO a décidé de faire passer le niveau d’alerte volcanique à Advisory (surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne au Jaune.
Le Kupreanof ne dispose d’aucun réseau de surveillance géophysique en temps réel. L’AVO surveille le volcan grâce à des données satellitaires, des réseaux de détection infrasonore et d’éclairs à distance, ainsi que des observations visuelles effectuées par des pilotes et des marins.
Source : AVO.

Vue du Kupreanof (Crédit photo : AVO)

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Suite à la découverte des corps de trois randonneurs après l’éruption du 8 mai 2026, les autorités locales ont définitivement interdit l’accès au Dukono (île d’Halmahera, Indonésie). L’accès au volcan était déjà totalement interdit depuis le 17 avril, et cette interdiction a été renforcée le 8 mai par une décision interdisant aux agences, gérants et prestataires de services de délivrer des permis. Par ailleurs, conformément aux recommandations du Centre de prévention des risques géologiques et volcaniques (PVMBG), les autorités locales ont interdit aux habitants et aux touristes l’accès à la zone à risque située à moins de 4 km du sommet du cratère.

Vue de l’éruption du 8 mai (Source: réseaux sociaux)

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L’éruption du Mayon (Philippines) se poursuit, avec des coulées de lave dans trois ravines, des émissions élevées de SO₂, des séismes volcaniques et des effondrements à répétition générant des coulées pyroclastiques. Ces observations font suite à une importante séquence éruptive survenue le 2 mai 2026 (voir ma note à ce sujet), lorsque des coulées pyroclastiques, générées par des effondrements, ont parcouru jusqu’à 5 km, provoquant d’importantes retombées de cendres sur une partie de la province d’Albay et entraînant l’évacuation de milliers d’habitants.
Le 8 mai 2026, les coulées de lave atteignaient environ 3,8 km dans la ravine de Basud, 3,2 km dans celle de Bonga et 1,6 km dans la ravine de Mi-isi. Elles s’accompagnaient d’une activité strombolienne mineure.
Les émissions de SO₂ ont atteint 2 272 tonnes par jour le 7 mai, tandis que le réseau de surveillance révélait une déflation globale de l’édifice volcanique et un gonflement sur son flanc nord-est. Les dernières coulées pyroclastiques ont atteint environ 2 km.

Les autorités philippines ont indiqué que l’éruption a touché près de 200 000 habitants répartis dans 124 barangays. Plus de 5 400 personnes ont été déplacées vers des abris d’évacuation, tandis que des retombées de cendres ont affecté plusieurs localités de la province d’Albay. Aucun décès ni blessure n’a été signalé, bien que les retombées de cendres aient endommagé des zones agricoles et causé des pertes en élevage.
Le niveau d’alerte du Mayon est maintenu à 3. Le PHIVOLCS continue de déconseiller au public de pénétrer dans la zone de danger permanent de 6 km.
Source : PHIVOLCS.

Panaches de cendres générés par les coulées pyroclastiques du 2 mai 2026 (Source: YouTube)

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L’Épisode 46 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a commencé le 5 mai 2026 à 8h17 (heure locale) et s’est terminé à 17h22, après 9 heures de fontaines de lave, principalement au niveau de la bouche nord.

La fenêtre de prévision pour l’Épisode 47, basée sur les données fournies par les inclinomètres, montrait que des fontaines de lave jailliraient probablement entre le 11 et le 14 mai 2026. Les signes précurseurs de ce nouvel épisode sont effectivement apparus vers 4 heures du matin (heure locale), avec des débordements de lave puis des fontaines en dômes vers 8h20 au niveau de la bouche éruptive sud. L’activité ressemblait fortement à celle d’un geyser.

Selon le HVO, les fontaines de lave habituelles sont apparues à 15h27 (heure locale) au niveau de la bouche nord.

Captures écran webcam

Source : HVO.

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Dans son dernier bulletin du 12 mai 2026, l’Institut météorologique islandais indique que « des signes évidents de déformation sont toujours observés à Svartsengi, et le soulèvement du sol se poursuit. La déformation se maintient à environ 2 cm par mois et la tendance reste stable. Le soulèvement du sol et l’accumulation de magma sous Svartsengi se poursuivent à un rythme semblable à celui des dernières semaines. Selon les calculs de modélisation, près de 26 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis le début de la dernière éruption, le 16 juillet de l’année dernière. »

Profils d’accumulation du magma entre les différentes éruptions. L’accumulation actuelle est en rouge (Source: IMO)

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Le 4 mai 2026, l’INGV a signalé un important débordement de lave au niveau de la zone cratèrique nord du Stromboli (Sicile). Dans un bulletin diffusé le 9 mai 2026, l’Institut indique que cette activité effusive est terminée. Une diminution du débit effusif a été observée à partir du 4 mai. D
L’activité strombolienne traditionnelle se poursuit dans les zones des cratères Nord et Centre-Sud, avec des projections,d’intensité variable, en particulier dans la zone cratèrique Nord.

Image webcam montrant l’activité de coulée de lave dans la partie haute de la Sciara le 7 mai 2026.

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Le Centre indonésien de prévention des risques géologiques et volcaniques (PVMBG) a relevé le niveau d’alerte du Lewotobi Laki-laki (île de Flores / Indonésie) du niveau II au niveau III le 12 mai 2026. Cette décision fait suite à une hausse de l’activité sismo-volcanique profonde, à des épisodes de trémor persistants, à une inflation et à une activité de surface observées entre le 1er et le 11 mai. Les séismes profonds indiquent un apport important de magma ou de fluides magmatiques au système volcanique, tandis que les épisodes de trémor non harmonique témoignent de la poursuite des mouvements de fluides superficiels. Les mesures d’inflation révèlent une accumulation continue de pression au sein du système magmatique.
La carte actualisée des zones à risque divise le Lewotobi Laki-laki en trois zones selon le niveau de danger (voir carte ci-dessous). Il est conseillé à la population locale et aux touristes d’éviter toute activité dans un rayon de 5 km autour du centre éruptif. Les populations riveraines des cours d’eau prenant leur source au sommet sont invitées à être vigilantes face aux risques de lahars déclenchés par les fortes pluies.

La récente catastrophe sur le Dukono (Indonésie) a clairement démontré l’importance de respecter les zones de danger permanent et de ne pas y pénétrer.

Source : PVMBG

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Le Centre consultatif sur les cendres volcaniques (VAAC) de Darwin a signalé une émission de cendres provenant d’un volcan sous-marin de la Province volcanique de la mer de Bismarck (Papouasie-Nouvelle-Guinée) depuis le 11 mai 2026. Dans les premières images satellitaires, les cendres s’élevaient à environ 4 km au-dessus du niveau de la mer. L’imagerie satellite a révélé une coloration anormale de l’eau à proximité de la zone concernée.
Le dernier bulletin, publié le 13 mai, situe la source de l’émission de cendres à 1 300 m sous le niveau moyen de la mer, avec pour coordonnées 3°02′S, 147°47′E.
Le VAAC de Darwin a indiqué que les cendres n’étaient pas clairement identifiables sur certaines images satellites en raison de la présence de nuages météorologiques et d’émissions de vapeur, mais que les dernières observations et les modèles atmosphériques continuent de confirmer cet événement.
Source : VAAC de Darwin.

Image envoyée par le satellite Himawari-9 le 12 mai 2026. On y voit un panache de cendres en provenance d’une éruption sous-marine dans la mer de Bismarck, ainsi qu’une coloration de la surface de la mer à proximité du site éruptif. (Source : JMA).

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Sur l‘île de la Réunion, les travaux vont bon train sur la Route des Laves et sa réouverture à la circulation devrait se faire le lundi 18 mai 2026 sur une piste provisoire, plus tôt que prévu. Les travaux de reconstruction de la RN2, engloutie par la lave sur 900 mètres lors du passage de plusieurs bras de coulée à partir du 13 mars, avancent vite.

À l’origine, la durée du chantier de la route temporaire était évaluée à 3 mois, mais finalement elle devrait être bien plus courte. Les travaux ont débuté le lundi 27 avril dernier entre Sainte-Rose et Saint-Philippe.

Dès le 18 mai, des ouvertures ponctuelles, une heure le matin et une heure en fin d’après-midi, seront programmées pour permettre aux riverains, principalement, de circuler entre les deux communes. Suite à une consultation de la population des deux localités concernées, la circulation se fera par alternat aux abords du chantier. Les horaires des ouvertures iront de de 6h30 à 7h30 le matin, et de 16h30 à 17h30 le soir. Pas d’ouverture le samedi et dimanche, ni les jours fériés. Les ouvertures seront pour tous, sans aucune justification particulière.

Cette réouverture va permettre de relier Sainte-Rose et Saint-Philippe sans avoir à faire un grand détour par la Route des Plaines. Deux semaines de travail resteront ensuite nécessaires pour finaliser la route et permettre sa réouverture complète. Une couche d’enrobé définitive sera enfin réalisée en fin d’année quand la température de la lave aura bien baissé.

Source : Réunion la 1ère.

L’un des engins à l’oeuvre pour brise la couche de basalte qui a envahi la chaussée (Crédit photo : Réunion la 1ère)

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Le niveau d’alerte pour tous les volcans mentionnés dans les bulletins hebdomadaires précédents reste inchangé.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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The AVO has sent me a message indicating that seismic activity and SO2 emissions have increased at Kupreanof (Alaska Peninsula) over recent months, likely due to magma intrusion beneath the volcano. Kupreanof is a heavily glaciated stratovolcano with no known historical eruptions. Current data do not indicate an eruption is imminent.

The unrest began in February 2026, when seismicity increased. The AVO reported multiple pulses of deep low-frequency earthquakes in early February and early March, including events deeper than 20 km. Seismicity during the second half of April and early May has consisted of intermittent shallow earthquakes, mostly less than M2.5, along with occasional deep low-frequency events.

Since April 4, SO2 emissions have been seen in satellite data on 8 occasions with emission rates of ~100 to 1 000 tons per day. While Kupreanof is known to have persistent gas emissions from a fumarole field active just west of the summit, SO2 emissions from this volcano had not been seen previously in satellite data.

Collectively, the observations suggest an increase above background levels in volcanic gas emissions, likely due to the intrusion of new magma beneath the volcano. It seems magma has migrated to shallower levels (<5 km), activating a fumarole field at about 1.5 km elevation west of the summit.

The AVO says that it is very likely that if an eruption were to occur, it would be preceded by additional signals that would allow advance warning. Future eruptions at Kupreanof would likely generate lahars and pyroclastic flows on the volcano’s flanks and into surrounding uninhabited valleys. Ash plumes could affect downwind communities and aircraft.

Due to the above mentioned increase in seismic activity and volcanic gas emissions, the Alaska Volcano Observatory (AVO) has increased the Aviation Color Code to YELLOW and the Volcano Alert Level to ADVISORY.

Kupreanof has no real-time geophysical monitoring network. AVO monitors the volcano using satellite data, remote infrasound and lightning networks, and visual observations from pilots and mariners.

Source : AVO.

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The local government has permanently closed climbing access to Mount Dukono ( Halmahera Island / Indonesiz) after 3 climbers were found dead following the May 8, 2026, eruption, The area had already been under a total climbing closure since April 17, before the closure was reinforced through a May 8 decision barring operators, managers, and climbing-service providers from issuing permits. Additionally, the local government barred residents and tourists from entering the disaster-prone zone within 4 km of the crater summit, in line with recommendations from the Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG).

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The eruption of Mayon volcano (Philippines) continues with lava flows in three gullies, elevated SO2 emissions, volcanic earthquakes, and repeated lava collapses generating pyroclastic flows. The current observations follow a large eruption sequence on May 2, when collapse-generated pyroclastic flows traveled up to 5 km, generating widespread ashfall across parts of Albay Province and prompting evacuations affecting thousands of residents.

On May 8 2026, lava flows extended about 3.8 km along Basud Gully, 3.2 km along Bonga Gully, and 1.6 km along Mi-isi Gully, coupled with minor Strombolian activity.

SO2 emissions reached 2 272 tonnes/day on May 7, while ground deformation monitoring showed short-term deflation of the volcanic edifice and short-term inflation on the northeastern flank. The latest pyroclastic flows reached about 2 km.

Philippine disaster officials said the eruption affected nearly 200 000 residents across 124 barangays. More than 5 400 people were displaced into evacuation shelters, while ashfall affected several Albay municipalities. No deaths or injuries were reported, although ashfall damaged agricultural areas and killed livestoc

The Alert Level for Mayon is kept at 3. PHIVOLCS continues to advise the public against entering the 6 km Permanent Danger Zone.

Source : PHIVOLCS.

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Episode 46 of the Kilauea eruption (Hawaii) started at 8:17 (local time) on 5 May 2026 and ended at 5:22 p.m., after 9 hours of continuous lava fountaining, primarily from the north vent.

The forecast window for Episode 47, based on tilt data, suggeste that lava fountaining would occur again sometime between May 11 and May 14 2026.

The precursors of this new episode appeared around 4:00 AM (local time), with lava overflows followed by dome-shaped fountains around 8:20 AM at the southern vent. The activity closely resembled that of a geyser. According to the HVO, the usual lava fountains appeared at 3:27 PM (local time) at the northern vent.

Source : HVO.

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On May 4, 2026, the INGV reported a significant lava flow in the northern crater area of Stromboli (Sicily). In a bulletin issued on May 9, 2026, the Institute indicated that this effusive activity had ceased. A decrease in the effusive flow rate was observed starting on May 4. Traditional Strombolian activity continues in the North and Central-South crater areas, with ejections of varying intensity, particularly in the North crater area.

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In its latest update of 12 May 2026, the Icelandic Met Office indicates that « clear signs of deformation are still observed at Svartsengi, and ground uplift is continuing. The deformation continues to measure around 2 cm per month and the trend remains stable. Ground uplift and magma accumulation beneath Svartsengi continue at a similar rate to recent weeks. According to model calculations, nearly 26 million cubic metres of magma have accumulated beneath Svartsengi since the last eruption began on 16 July last year. »

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Indonesia’s Center for Volcanology and Geological Hazard Mitigation (PVMBG) raised the alert level for Lewotobi Laki-laki in East Flores (Indonesia) from Level II to Level III on May 12, 2026. The decision followed increased deep volcanic earthquakes, persistent tremor, inflation, and surface activity from May 1 to 11. Deep volcanic earthquakes point to a strong supply of magma or magmatic fluids into the volcanic system, while non-harmonic tremor shows continued movement of shallow volcanic fluids. Inflation measurements showed continued pressure accumulation inside the volcano’s magmatic system.

The updated hazard-zone map divides the Lewotobi Laki-laki hazard area into three zones according the the danger (see map above). Residents and tourists are told to avoid activity within a 5 km radius of the eruption center. Communities along rivers that drain from the summit are urged to watch for rain-triggered lahars during high-intensity rainfall.

The latest disaster on Dukono (Indonesia) has clearly shown the importance to respect the permanent danger zones and not get into them.

Source : PVMBG.

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The Darwin Volcanic Ash Advisory Center (VAAC) has reported a volcanic ash emission from a submarine volcano in the Bismarck Sea Volcanic Province (Papua New Guinea) since May 11, 2026. The ash was rising to about 4 km above sea level. Satellite imagery showed water discoloration near the concerned area.

The latest advisory, issued on May 13, placed the ash emission source elevation 1 300 m below mean sea level at coordinates 3°02′S, 147°47′E.

The Darwin VAAC said ash was not clearly identifiable in some later satellite frames because of meteorological cloud and steam emissions, but recent observations and atmospheric model guidance continue to support the advisory.

Source : Darwin VAAC.

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The alert levels for all the volcanoes mentioned in the previous weekly updates remain unchanged.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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La glace n’est plus une menace pour les pêcheurs islandais // Ice is no longer a threat to Icelandic fishermen

Un article paru dans l’Iceland Monitor nous explique les dangers que peuvent rencontrer les pêcheurs au large de l’Islande à cause de la glace qui s’est détachée de la banquise arctique. Aujourd’hui, les progrès de la technologie apportent une aide précieuse aux professionnels de la mer. C’est ce qu’explique une géographe du département des Sciences de la Terre à l’Université d’Islande.

Bien que les icebergs soient moins fréquents autour de l’Islande qu’auparavant, principalement en raison du réchauffement climatique dans l’hémisphère nord, ils peuvent encore s’avérer dangereux. Aujourd’hui, ils sont surtout un danger pour les pêcheurs et autres professionnels de la mer. Il est donc primordial de surveiller activement les mouvements de la glace à proximité des zones de pêche, surtout lorsque les conditions météorologiques la poussent dans des directions inattendues où elle peut prendre les navires par surprise.

Des progrès considérables ont été réalisés ces dernières décennies en matière de surveillance de la glace autour de l’Islande. Dans les années 1980, les scientifiques s’appuyaient sur les rapports des navires ; lorsque un navire rencontrait de la glace, le capitaine en informait les services météorologiques. Des alertes étaient alors émises si la glace était jugée trop proche ou présente dans des zones où elle pouvait surprendre les marins.
Au fil des années, de nouvelles données satellitaires sont devenues disponibles, permettant de voir à travers les nuages et même dans l’obscurité. La résolution des cartes s’est également considérablement améliorée.

Vers l’an 2000, ces données étaient extrêmement coûteuses, mais elles sont désormais quasiment gratuites. Les scientifiques peuvent ainsi accéder aux images satellitaires plusieurs fois par semaine et les marins eux-mêmes peuvent y accéder rapidement, quelques minutes après le passage du satellite.

Une autre aide précieuse a été apportée par l’avion TF-SIF des garde-côtes islandais, équipé d’un radar, permettant ainsi aux scientifiques de ne plus se contenter des données satellitaires.

Toutefois, ces dernières années, le changement le plus important a concerné la glace elle-même, en particulier au cours des deux dernières décennies. Le principal changement concerne la diminution drastique de la banquise pluriannuelle dans l’océan Arctique. On appelle banquise pluriannuelle une glace qui a survécu à un ou plusieurs étés. Avec la hausse des températures, la couverture de glace le long du Groenland oriental et dans l’océan Arctique s’est réduite et amincie. Par conséquent, la glace qui atteint l’Islande aujourd’hui n’est généralement constituée que de petits fragments qui ne persistent que quelques jours, principalement près de Hornstrandir.

La glace dans les zones de pêche est problématique, surtout en cas de présence d’icebergs ou de growlers, ou lorsque la visibilité est mauvaise et que la mer est agitée. Mais les pêcheurs islandais connaissent très bien la glace, en particulier ceux qui pêchent au large des fjords de l’Ouest. Aujourd’hui, les pêcheurs sont presque les seuls à rencontrer régulièrement des morceaux de banquise, et cela fait longtemps que d’importantes quantités de glace n’ont pas atteint la côte islandaise. La dernière fois remonte à 1979, même si quelques problèmes ont été constatés depuis cette date.

Source : Iceland Monitor. Photos: C. Grandpey.

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An article in the Iceland Monitor explains the dangers that fishermen off the coast of Iceland face due to ice that has broken off from the Arctic sea ice. Today, technological advancements are providing invaluable assistance to maritime professionals, as explained by a geographer from the Department of Earth Sciences at the University of Iceland.

Although icebergs are now less common around Iceland than in the past, mostly due to warming in the Northern Hemisphere, it can still be dangerous. Today, it is mainly fishermen and other seafarers who encounter sea ice. It therefore remains very important to maintain active monitoring of ice movement when it approaches fishing grounds, especially when weather conditions push it in unexpected directions and catch vessels off guard.

A lot of progress has been made in the past decades for the monitoring of sea ice around Iceland. In the 1980s, scientists relied on ship reports ;when vessels encountered sea ice, they would call it in to the Met Office. Warnings had to be issued if the ice was considered dangerously close or in areas where seafarers wouldn’t expect it.

Gradually, all kinds of new satellite data became available, allowing to see through clouds and even in darkness. Map resolution also improved dramatically.

Around the year 2000, this data was extremely expensive, but now it’s more or less free, so scientists can access such images several times a week and seafarers can now rapidly access the data themselves.

Another innovation was the Icelandic Coast Guard aircraft TF-SIF, which is equipped with radar, so that scientists are no longer dependent on when the next radar satellite happens to pass over.

In the past years, the biggest change has been in the ice itself, especially over the past two decades.

The main change is that so-called multi-year sea ice in the Arctic Ocean has decreased dramatically. Multi-year ice is ice that has survived one or more summers. The ice cover along both East Greenland and in the Arctic Ocean has been shrinking and thinning. As a consequence, the ice reaching Iceland today is usually just small fragments that remain for only a few days, mostly near the Hornstrandir area. It is inconvenient when sea ice covers fishing grounds, and danger mainly arises if there are icebergs or thick floes mixed in, or if visibility is poor and sea conditions are bad.

But Icelandic fishermen understand the ice very well, especially those fishing off the Westfjords. Today, fishermen are almost the only group regularly encountering sea ice, and it has been a long time since large amounts reached the coast. The last truly severe sea ice year was 1979, though there have been some issues since then.

Source : Iceland Monitor.