Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

**********

L’Épisode 52 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) a commencé le 28 juillet 2026 à19h10 (heure locale) pour se terminer le 29 juillet à 2 h 36 (heure locale), après 7 heures et demie d’activité de fontaines de lave. Les fontaines ont atteint une hauteur maximale proche de 150 mètres. Le débit effusif a culminé à environ 270 mètres cubes par seconde, avec une moyenne de 190 mètres cubes par seconde sur l’ensemble de l’activité de fontaines de lave. Le volume de lave émis est estimé à 4,7 millions de mètres cubes. La lave a couvert environ 40 à 50 % du plancher du cratère de l’Halemaʻumaʻu.
Le passage soudain d’une déflation à une inflation sommitale à la fin de l’Épisode 52, indique qu’un nouvel épisode de fontaines de lave est probable d’ici quelque temps.

Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 52

++++++++++

Un séisme de magnitude 5,2 a frappé le Bárðarbunga (Islande) le 28 juillet 2026 à 05 h 36.
Le séisme s’est produit en bordure nord de la caldeira. Les premières mesures publiées par le Met Office islandais indiquaient une magnitude de 5,1, mais une réévaluation ultérieure a porté ce chiffre à 5,2.
Selon un scientifique du Met Office, cet événement s’inscrit dans la tendance observée ces dernières années. Des séismes de cette ampleur sont liés à l’accumulation de magma sous le Bárðarbunga à la suite de l’éruption dans l’Holuhraun en 2014-2015. Toutefois, aucun signe d’activité volcanique n’est constaté pour le moment.

°°°°°°°°°°

Le dernier rapport du Met Office concernant la situation au niveau de la chaîne de cratères de Sundhnúkur remonte au 21 juillet 2026. La situation demeure inchangée. Le soulèvement du sol à Svartsengi se poursuit à un rythme lent mais constant. L’activité sismique reste faible. Les volcanologues islandais continuent d’affirmer que le scénario le plus probable est la propagation d’une intrusion magmatique depuis Svartsengi vers la chaîne de cratères de Sundhnúkur, ce qui pourrait déboucher sur une éruption. Cependant, aucune prévision n’est plus avancée par le Met Office quant à la date d’un tel événement.

++++++++++

L’activité éruptive du Sabancaya (Pérou) se poursuit. Aucune explosion volcanique n’a toutefois été détectée ces derniers jours ; seules des émissions de vapeur d’eau, de cendres et de gaz ont été observées jusqu’à 1 500 mètres au-dessus du sommet du volcan, ainsi qu’une activité sismique liée aux mouvements de fluides magmatiques et à la fracturation de roches à l’intérieur de l’édifice volcanique. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique demeure Orange.

Source : IGP.

Crédit photo: IGP

+++++++++++

Dans un bulletin diffusé le 30 juillet 2026, l’INGV indique que depuis 1 h 30 UTC, le réseau de caméras de l’Etna (Sicile) a montré une activité strombolienne au niveau de la Voragine. Cette activité s’est progressivement intensifiée les heures suivantes et a produit des émissions de cendres qui se sont dispersées en direction du nord-ouest.
L’amplitude moyenne du trémor volcanique a connu de fortes fluctuations tout au long de la journée, atteignant des valeurs élevées, avec une hausse soudaine à 1 h 30 UTC. La source du tremor se trouvait dans la zone de la Voragine et de la Bocca Nuova, à une profondeur d’environ 3 000 m au-dessus du niveau de la mer. L’épisode éruptif a généré un panache de cendres atteignant 7 km d’altitude, incitant l’Observatoire de l’Etna à relever la couleur de l ‘alerte aérienne au Rouge.

À partir de 08h30 UTC, l’activité strombolienne a progressivement diminué et est actuellement très faible, tandis que les émissions intenses de cendres persistent.

Source : INGV.

 Image thermique de l’activité éruptive (Source : INGV)

 

Image webcam de la Voragine le 30 juillet 2026 au soir

++++++++++

Une intensification de l’activité est actuellement observée sur le Rincón de la Vieja (Costa Rica). À partir du 1er juin 2026, le réseau sismique a détecté une légère hausse du trémor, suivie de séismes volcano-tectoniques dans des zones situées aussi bien à proximité immédiate qu’à plus grande distance du cratère. Un petit essaim sismique longue période (LP), survenu le 28 juin, a coïncidé avec une diminution de l’amplitude du trémor.

Les émissions de SO2 ont commencé à augmenter progressivement à la mi-juin ; elles ont atteint une moyenne de 460 tonnes par jour (t/j) entre le 11 et le 17 juillet, et de 306 t/j entre le 18 et le 24 juillet.

Le réseau géodésique a détecté une extension entre le sommet et le flanc nord, ainsi que, dans une moindre mesure, à la base du volcan, bien qu’aucun soulèvement significatif n’ait été constaté.

Une éruption phréatique survenue le 2 juillet a été la première enregistrée depuis environ six semaines. Au total, 38 éruptions phréatiques ont été recensées entre le 2 et le 24 juillet ; trois d’entre elles ont généré des lahars sur le flanc nord ; le plus important de l’année 2026 a été enregistré le 20 juillet.

Le 24 juillet, une éruption phréatique d’une durée d’environ deux minutes a projeté des blocs à 200 m au-dessus de la surface du lac et a généré un panache de gaz et de vapeur qui est monté à 400 m de hauteur. En conséquence, le niveau d’alerte volcanique a été porté à 3 et la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange.
Source : OVSICORI.

Crédit photo: Wikipedia

++++++++++

Une intensification de l’activité éruptive a été observée sir le Puracé (Colombie) entre le 21 et le 27 juillet 2026. L’activité sismique liée à la fracturation roches s’est maintenue à des niveaux comparables à ceux de la semaine précédente, tout en affichant une légère hausse d’intensité.

Les images satellitaires ont révélé la présence d’une anomalie thermique persistante sur le volcan. Les images prises par caméra thermique ont mis en évidence une hausse de la température des émissions au niveau du champ de fumerolles situé sur la lèvre externe du Puracé.

Les émissions de SO2 et de CO2 ont connu une augmentation marquée, atteignant les niveaux les plus élevés enregistrés depuis le début de l’épisode éruptif actuel, le 20 janvier 2025. Les signaux associés aux mouvements de fluides et aux émissions ont gagné en intensité, tout comme les épisodes de trémor.

Le nombre d’émissions quotidiennes de gaz et de cendres a augmenté, de même que la hauteur des panaches, le plus élevé atteignant 3,5 km au-dessus du cratère. Des retombées de cendres ont été signalées dans plusieurs zones autour du volcan.

Malgré cette intensification de l’activité, le niveau d’alerte reste fixé au Jaune (le deuxième niveau sur une échelle à quatre couleurs).
Source : Servicio Geológico Colombiano.

Vue du cratère du Puracé (Crédit photo: Wikipedia)

++++++++++

L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

Flux RSS

Petit rappel : on me demande parfois comment il est possible de recevoir et lire mes articles au moment de leur parution. Pour cela, rendez-vous en haut de la colonne de droite de mon blog où figure le flux RSS qui permet de recevoir automatiquement des mises à jour du blog.

Vous pouvez également cliquer sur « Suivre Claude Grandpey : Volcans et Glaciers ».

——————————————-

Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

**********

Episode 52 of the Kilauea eruption (Hawaii) began on July 28, 2026, at 7:10 PM (local time) and ended on July 29 at 2:36 AM (local time), adter seven and a half hours of lava fountaining activity. The fountains reached a maximum height of nearly 150 meters. The effusion rate peaked at approximately 270 cubic meters per second, with an average of 190 cubic meters per second over the course of the fountaining activity. The volume of erupted lava is estimated at 4.7 million cubic meters. The lava covered approximately 40 to 50% of the Halemaʻumaʻu crater floor.
The sudden shift from deflation to summit inflation at the end of Episode 52 indicates that a new episode of lava fountaining is likely in the near future.
Source: HVO.

++++++++++

A magnitude 5.2 earthquake struck Bárðarbunga (Iceland) at 5:36 a.m. on 28 July 2026.

The earthquake occurred on the northern rim of the caldera. Initial measurements published by the Icelandic Meteorological Office indicated a magnitude of M5.1, but a subsequent review revised the magnitude to M5.2.

According to a Met Office scientist, the event is part of the pattern observed over the past several years. Earthquakes of this size are linked to magma accumulation beneath Bárðarbunga following the 2014–2015 Holuhraun eruption. However, there are no signs of volcanic unrest at the moment..

°°°°°°°°°°

Stillin Iceland, the Met Office’s latest report about the situation along the Sundhnúkur crater row dates back to 21 July 2026. The situation remains unchanged. Uplift at Svartsengi continues at a slow but steady rate. Seismic activity remains low. Icelandic volcanologists keep saying that the most likely scenario is that a magma intrusion will propagate from Svartsengi towards the Sundhnúkur crater row, potentially leading to an eruption. However, no more predictions are made about the date of such an event

++++++++++

Eruptive activity at Sabancaya (Peru) continues. However, no volcanic explosions have been detected in recent days; only emissions of water vapor, ash, and gas rising up to 1,500 meters above the summit have been observed, alongside seismic activity linked to the movement of magmatic fluids and rock fracturing within the volcanic edifice. Consequently, the volcanic alert level remains Orange.
Source: IGP.

++++++++++

In a bulletin issued on July 30, 2026, the INGV reported that, since 01:30 UTC, the camera network monitoring Mount Etna (Sicily) showed Strombolian activity at the Voragine crater. This activity gradually intensified over the next few hours, producing ash emissions that were drifting northwest.
The average amplitude of volcanic tremor fluctuated significantly throughout the day, reaching high levels, with a sudden spike at 01:30 UTC. The tremor source was located in the area of ​​the Voragine and Bocca Nuova craters, at an elevation of approximately 3,000 meters above sea level. The eruptive episode generated an ash plume reaching an altitude of 7 km, prompting the Etna Observatory to raise the aviation colour code to Red.

Starting from 08h30 UTC, the strombolian activity progressively decreased and is currently at a low level, while intense ash emissions are still observed.
Source: INGV.

++++++++++

An increase in activity is currently observed at Rincón de la Vieja (Costa Rica) Starting on 1 June 2026, the seismic network detected a slight increase in the tremor, followed by volcano-tectonic earthquakes in areas both proximal and distal to the crater. A small swarm of long-period earthquakes on 28 June was coincident with a general decrease in tremor amplitude.

SO2 emissions began to gradually increase in mid-June ; they averaged 460 tonnes per day (t/d) during 11-17 July and 306 t/d during 18-24 July.

The geodetic network detected extension between the summit and N flank, and to a lesser extent at the base of the volcano, though there was no significant uplift.

A phreatic eruption on 2 July was the first to be recorded in about six weeks. Notably, there were 38 phreatic eruptions during 2-24 July, three of which generated lahars on the N flank; the largest lahar in 2026 was recorded on 20 July. On 24 July a phreatic eruption that lasted around two minutes ejected ballistics 200 m above the lake’s surface and generated a gas-and-stream plume that rose 400 m. As a consequence, the Alert Level was raised to 3 and the Aviation Color Code to Orange.

Source : OVSICORI.

++++++++°

An increase in eruptive activity was observed at Puracé (Colomnia) during 21-27 July 2026. Seismic activity associated with rock fracturing continued at similar levels compared to the previous week, with a slight increase in intensity. Satellite images showed a persistent thermal anomaly on the volcano. An increase in the temperature of emissions at the fumarolic field located on the outer rim of Puracé was observed in thermal camera images.

A significant increase in both SO2 and CO2 emissions reached the highest levels detected since the current eruptive episode began on 20 January 2025. Signals associated with fluid movement and emissions increased in intensity; tremor pulses intensified.

There was an increase in the number of daily gas-and-ash emissions and the heights of the plumes, with the tallest plume rising 3.5 km above the crater. Ashfall was reported in various areas around the volcano.

Despite this increase in activity, the Alert Level remains at Yellow (the second level on a four-color scale).

Source : Servizio Geologico Colombiano.

++++++++++

Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

°°°°°°°°°°

J

À l’attention des touristes qui se rendent en Islande // For the attention of tourists visiting Iceland

À l’attention des touristes qui se rendent en Islande

Ces dernières semaines, des changements importants sont survenus dans la partie frontale du Sólheimajökull — une langue glaciaire du glacier Mýrdalsjökull, dans le sud de l’Islande — rendant l’accès au glacier plus difficile et plus dangereux.

Photo: C. Grandpey

La présence de formations de glace instables près des lagunes à l’avant du glacier et les chutes de pierres provenant des versants de la montagne  peuvent présenter un risque pour les personnes se trouvant dans la zone.
Le Met Office islandais signale qu’une petite lagune s’est formée à l’est de la langue du Sólheimajökull. Cette nouvelle lagune et le lac proglaciaire délimitent une arête de glace qui assure une liaison entre la rive et le glacier. Cette arête a récemment diminué rapidement sous l’effet de la fonte et du vêlage du glacier.
Cette arête de glace présente désormais un danger considérable. Il existe un risque d’effondrement des formations de glace instables, ainsi qu’un risque de glissade et de chute dans l’eau très froide de part et d’autre de l’arête de glace. Par conséquent, l’accès à la langue glaciaire du Sólheimajökull est bien plus difficile et périlleux qu’auparavant.

Crédit photo: Met Office

Les conditions sur l’itinéraire menant au Sólheimajökull varient considérablement d’un jour à l’autre, et leur évolution reste incertaine pour les semaines et les mois à venir. Il est crucial que les personnes se rendant dans la zone par leurs propres moyens fassent preuve de prudence à proximité de la langue glaciaire et ne s’aventurent pas sur des formations de glace instables ou dans des zones présentant un risque de chute dans l’eau du lagon glaciaire.
Des guides de montagne locaux surveillent ces changements, et les voyagistes ont annulé leurs excursions par mesure de précaution, tout en recherchant de nouveaux itinéraires plus sûrs. Le Met Office attire l’attention sur le risque de chutes de pierres provenant de la Jökulhaus, la montagne qui surplombe l’itinéraire d’accès au versant sud-est du glacier Sólheimajökull. Il est conseillé aux visiteurs de ne pas s’attarder au pied des pentes abruptes. Les pierres susceptibles de tomber sur le chemin d’accès peuvent être volumineuses et représenter un danger considérable pour les randonneurs. Ces chutes de pierres peuvent survenir sur la majeure partie du sentier ; une extrême prudence s’impose donc. Le risque de chutes de pierres s’accroît lors de fortes précipitations et de variations soudaines de température.
Les visiteurs doivent garder à l’esprit que les glaciers islandais reculent actuellement en raison du réchauffement climatique, ce qui entraîne diverses modifications à leur périphérie susceptibles d’affecter la sécurité et les conditions de déplacement sur la glace. Les randonneurs inexpérimentés peuvent aisément se retrouver dans des situations dangereuses à proximité des langues glaciaires en recul.
Source : Met Office islandais.

————————————————-

For the attention of tourists visiting Iceland

Over the past few weeks, significant changes have occurred at the margin of Sólheimajökull glaciera tongue of Myrdalsjökull Glacier, in southern Iceland, making access to the glacier more difficult and hazardous. Unstable ice formations near the proglacial lagoons and rockfall from surrounding mountain slopes can pose a danger to people traveling in the area.

The Icelandic Met Office explains that a small lagoon has formed east of Sólheimajökull’s tongue. The new lagoon and the main proglacial lake delineate an ice ridge that forms a connection from the shore to the glacier. The ridge has recently rapidly diminished due to melting and calving, where icebergs break off into the lagoon.

Traversing this ice ridge now poses significant danger. There is a risk of unstable ice formations giving way, as well as a risk of slipping and falling into the cold, deep glacial lagoons on either side of the ridge. Consequently, reaching the Sólheimajökull glacier tongue is far more difficult and hazardous than before.

Conditions on the route to Sólheimajökull have changed substantially from day to day, and uncertain how they will develop in the coming weeks and months. It is critical that people traveling in the area on their own exercise caution near the glacier tongue and do not venture onto unstable ice formations or areas where there is a risk of falling into cold, deep glacial lagoons.

Local mountain guides are monitoring these changes, and tour operators have currently cancelled trips as a precaution while looking into new and safer routes.

The Icelandic Met Office draws attention to the risk of rockfalls from Jökulhaus, the mountain overlooking the access route to the southeastern side of the Sólheimajökull glacier. Visitors should minimize their time spent beneath steep slopes. Rocks falling onto the access route can be large and pose a severe hazard to travellers. Rockfall can happen along most of the length of the hiking trail, so exercising extreme caution is essential. The likelihood of rockfall increases during heavy precipitation and sudden temperature changes, such as freeze-thaw cycles.

Visitors should keep in mind that glaciers in Iceland are currently retreating due to the warming climate, leading to various changes at the glacier margins that can impact safety and conditions for glacier travel. As a result, inexperienced travellers can easily find themselves in hazardous situations in the vicinity of retreating outlet glaciers.

Source : Icelandic Met Office.

Mégaséismes : un excellent documentaire

Voici un document comme je les aime. Intitulé MégaséismesSuperbeben en allemand – il a éré réalisé par Fabian Wolf en 2026 et est actuellement visible sur la chaîne ARTE en cliquant sur ce lien :

.https://www.arte.tv/fr/videos/126206-000-A/megaseismes/

Dans le descriptif, on peut lire que le film fait le tour du monde des zones les plus à risque, où différentes approches préventives sont mises en place en concertation avec les scientifiques.

Les séismes d’une magnitude supérieure à M8,5 sur l’échelle de Richter font partie des catastrophes naturelles les plus dévastatrices qui frappent la planète. Certaines métropoles comme Los Angeles et San Francisco pourraient être réduites à néant. Elles sont situées de part et d’autre de la faille de San Andreas qui traverse la Californie.

Au Japon, où la population reste profondément marquée par le mégaséisme de Tohoku – magnitude M9.0 – qui a touché le pays en 2011, et qui a déclenché un tsunami puis l’accident nucléaire de Fukushima, le gouvernement a mis en place des mesures collectives avec des exercices régulièrement pratiqués dès la maternelle.
Le documentaire explore les différentes stratégies suivies pour protéger les populations et met en lumière les défis auxquels sont confrontés les chercheurs qui développent des systèmes d’alerte précoce. Les témoignages présentés sont précieux. Des hommes et des femmes ayant vécu des mégaséismes racontent comment cette expérience a changé leur perception des tremblements de terre.

Faille de San Andreas (Image extraite du film)

Éruption du Mont Parker (Philippines) et effondrement de la Dynastie Ming (Chine) // Mount Parker eruption (Philippines) and collapse of the Ming Dynasry (China)

L’éruption du Laki en Islande en 1783 a eu des conséquences catastrophiques sur le climat, l’agriculture et les transports dans tout l’hémisphère nord. Selon certains chercheurs, elle a contribué au déclenchement de la Révolution française. Le volcan a émis de la lave et des gaz toxiques qui ont dévasté l’agriculture de l’île, décimant une grande partie du cheptel. On estime qu’environ un quart de la population islandaise a péri lors de la famine qui s’en est suivie.

Vu de la fissure éruptive du Laki aujourd’hui (Photo : C. Grandpey)

Les répercussions ont été observées bien au-delà de l’Islande. En Norvège, aux Pays-Bas, dans les îles Britanniques, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Amérique du Nord et même en Égypte, l’éruption du Laki a causé des problèmes car le nuage de poussière et de particules de soufre projeté par le volcan s’est répandu sur une grande partie de l’hémisphère nord.
On pense aujourd’hui que l’éruption a perturbé le cycle de la mousson en Asie, et provoqué une famine en Égypte. Les historiens ont également souligné les perturbations causées aux économies d’Europe du Nord, où la précarité alimentaire a été un facteur majeur dans la montée des tensions qui ont conduit à la Révolution française de 1789.

°°°°°°°°°°

Aujourd’hui, une nouvelle étude publiée dans la revue Climate of the Past révèle qu’une importante éruption volcanique du mont Patker – aujourd’hui mont Melibengoy – (1640-1641) sur l’île de Mindanao, au sud des Philippines, pourrait avoir contribué à l’effondrement de la dynastie Ming en Chine quelques années plus tard. Il semblerait qu’une succession de dirigeants incompétents, de famines, de corruption et leurs conséquences économiques aient conduit à la chute de la dynastie au milieu du 17ème siècle. Les archives historiques rapportent qu’une armée de paysans rebelles, menée par Li Zicheng, s’empara de Pékin en 1644, poussant le dernier empereur Ming au suicide et mettant ainsi fin à 276 ans de règne.
Cependant, cette nouvelle étude suggère qu’un événement volcanique majeur a pu amplifier les crises politiques et environnementales déjà présentes sous la dynastie Ming et sceller son destin. L’éruption du mont Parker, survenue entre décembre 1640 et janvier 1641, a provoqué la formation du lac de cratère. Elle a également contribué à de très mauvaises récoltes, à la famine, à une agitation sociale et à un affaiblissement des finances publiques, ce qui n’a fait qu’aggraver les crises politiques déjà existantes. Elle a notamment entraîné une sécheresse prolongée et sévère qui a potentiellement contribué à l’effondrement de la dynastie Ming.

Vue du mont Parker / Melibengoy et de son lac de cratère (Crédit photo : Wilipedia)

L’étude a analysé les données disponibles sur les grandes éruptions volcaniques du passé et les variations de température qui ont suivi sur la planète. Elle a révélé que ces éruptions perturbent les moussons et les régimes climatiques à l’échelle mondiale, provoquant des sécheresses, des inondations, des mauvaises récoltes et un risque accru de famine dans de nombreuses régions du monde. Dans tous ces cas, les scientifiques ont constaté que les éruptions volcaniques agissent comme des facteurs aggravants des troubles sociaux préexistants. Ils ont notamment constaté que l’éruption du mont Parker a intensifié la sécheresse qui avait précédé la chute de la dynastie Ming en 1644.

Ces résultats concordent avec les conclusions d’études antérieures établissant un lien entre les éruptions volcaniques majeures et de nombreux effondrements dynastiques chinois au cours des deux derniers millénaires. Dans ces cas précis, les éruptions volcaniques ont généré d’importantes quantités d’aérosols de sulfate dans la haute atmosphère, bloquant le rayonnement solaire et provoquant un refroidissement climatique global.
S’ajoutant aux problèmes au sein de l’empire qui était confronté à une pénurie d’argent, à la pression militaire venue du nord-est et aux révoltes paysannes, les conséquences de l’éruption du mont Parker ont, selon les auteurs de l’étude, précipité la chute de la dynastie Ming.
Source : The Independent.

——————————————–

The eruption of Laki volcano in Iceland in 1783 had catastrophic consequences for weather, agriculture and transport across the northern hemisphere. According to some researchers, it helped trigger the French revolution. The volcano spewed lava and poisonous gases that devastated the island’s agriculture, killing much of the livestock. It is estimated that perhapsa quarter of Iceland’s population died through the ensuing famine.

There were more wide-ranging impacts. In Norway, the Netherlands, the British Isles, France, Germany, Italy, Spain, in North America and even Egypt, the Laki eruption caused problems, as the haze of dust and sulphur particles thrown up by the volcano was carried over much of the northern hemisphere.

The eruption is now thought to have disrupted the Asian monsoon cycle, prompting famine in Egypt. Environmental historians have also pointed to the disruption caused to the economies of northern Europe, where food poverty was a major factor in the build-up to the French revolution of 1789.

°°°°°°°°°°

Today, a new study published in the journal Climate of the Past tells us that a major volcanic eruption of Mount Patker – today Mount Melibengoy – (1640-1641) on Mindanao island in the southern Philippines may have led to the collapse of China’s imperial Ming Dynasty years later. It seems that a succession of ineffective rulers, famines, corruption, and their economic fallout led to the collapse of the dynasty in the mid 17th century.Historical records observe that a peasant rebel army led by Li Zicheng captured Beijing in 1644, prompting the last Ming emperor to kill himself and bring an end to 276 years of Ming rule.

However, the new study suggests that a massive volcanic event may have amplified existing political and environmental crises in the Ming Dynasty and sealed its fate.

The Mount Parker eruption dated to between December 1640 and January 1641 caused the formation of the crater lake. It also contributed to severe crop failures, famine, social unrest, and a weakening of state finances that aggravated the already existing political crises. In particular, it led to a prolonged and severe drought that potentially contributed to the collapse of the Ming Dynasty.

The study collectively assessed available data on past major volcanic eruptions and the global temperature changes that followed. It found that such eruptions disrupted monsoons and climate patterns globally, resulting in droughts, floods, and crop failures, and increased famine risk in many parts of the world. In all these cases, scientists found that volcanic eruptions acted “stress multipliers” of existing civic unrest.

In particular, they found that the Parker volcanic eruption intensified the drought that preceded the fall of the Ming Dynasty in 1644.

The results align with previous studies’ findings that massive volcanic eruptions are linked to many Chinese dynastic collapses over the last two millennia. In these cases, volcanic eruptions released large amounts of sulphate aerosols into the upper atmosphere which blocked out the Sun and caused global cooling.

Coupled with already growing unrest in the empire faced with silver shortages, military pressure from the northeast, and peasant uprisings, the authors of the study explain that the effects of the volcanic eruption brought down the dynasty even further.

Source : The Independent.