Islande: séisme de M 5,6 et restrictions sanitaires // Iceland: M 5.6 earthquake and COVID-19 restrictions

Le séisme de M 5,6 qui a frappé le sud-ouest de l’Islande le 20 octobre 2020 n’a pas seulement laissé des fissures dans les plafonds des maisons. Une crevasse de 50 mètres de long et 60 centimètres de large s’est ouverte dans les falaises de Krýsuvíkurberg, sur la Péninsule de Reykjanes, à 5-10 km au sud-est de l’épicentre, dans une zone fréquemment visitée par les touristes*. A noter qu’un randonneur a été renversé par la secousse dans la région de l’épicentre et a été blessé à la tête.
Une forte odeur d’huile et de soufre se dégage du lac Grænavatn près de Krýsuvík, et l’activité dans la source chaude d’Engjahver a considérablement augmenté. Grænavatn est un cratère d’explosion, juste au sud du lac Kleifarvatn, de couleur verte en raison du soufre qu’il contient. La source chaude d’Engjahver, en revanche, est généralement bleu clair, en raison de sa bonne alimentation en eau. Dans de nombreux endroits de la péninsule, la secousse a fait rouler des blocs sur les pentes des montagnes.
Un géophysicien islandais confirme que le dernier séisme fait partie d’une série d’événements provoqués par des mouvements de failles à la frontière entre les plaques nord-américaine et eurasienne, le long de la Péninsule de Reykjanes.

La table d’orientation auy sommet de la montagne de Keilir a été déstabilisée par le séisme (Source : Iceland Monitor)

* En ce qui concerne la pandémie de COVID-19, la frontière islandaise reste ouverte aux autres États de l’UE et de l’Espace Schengen, mais l’Islande continue de mettre en œuvre des restrictions de voyage.
Les passagers arrivant en Islande peuvent choisir soit de se soumettre à deux tests de dépistage du COVID-19, séparés par cinq jours de quarantaine jusqu’à ce que les résultats du deuxième test soient connus, soit de ne pas subir de contrôle aux frontières mais de passer 14 jours en quarantaine après arrivée.
Les frais de contrôle à la frontière s’élèvent à 9 000 couronnes islandaises s’ils sont payés à l’avance; si les frais de dépistage sont payés au point d’entrée, ils s’élèvent à 11 000 couronnes. Aucun frais n’est facturé pour le deuxième test de dépistage.
Des restrictions sévères sont imposées pendant la période de quarantaine. Vous ne pourrez pas utiliser les transports en commun, aller en voiture, visiter les attractions touristiques et parcourir de longues distances. Vous ne pourrez pas fréquenter les restaurants, les bars, les gymnases, les piscines, les cinémas, les théâtres, assister à des rassemblements publics ou privés de quelque nature ou taille que ce soit, ni visiter les endroits où il y a foule. Vous ne pourrez pas entrer dans les épiceries, pharmacies ou autres magasins. Des services de livraison de nourriture sont disponibles dans certaines villes, mais pas dans toutes.
Une liste des hébergements susceptibles de recevoir (à leurs frais) les personnes en quarantaine est disponible.
Source: Iceland Monitor

Situation actuelle (en date du 22 octobre 2020) de la COVID-19 en Islande

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The M 5.6 earthquake that hit Southwest Iceland on October 20th, 2020 did not just leave cracks in ceilings. In Krýsuvíkurberg cliffs on the Reykjanes peninsula, located 5-10 km southeast of the epicentre, a 50-metre-long and 60-centimetre-wide crevice has opened in an area frequently visited by tourists*. One hiker in the region of the epidentre was knocked out by the quake and suffers from a head injury.

There is a strong smell of oil and sulfur emitting from Grænavatn lake by Krýsuvík, and activity in the hot spring Engjahver, a short distance from there, has increased considerably. Grænavatn is an explosion crater, just south of Kleifarvatn lake, green in color due to the sulfur it contains. Engjahver hot spring, on the other hand, is usually clear blue, due to inflow of water. In many places in Reykjanes, the quake sent rocks rolling down mountain slopes.

An Icelandic geophysicist confirms that the last earthquake was part of a series of events, caused by movements on the North American and Eurasian plate boundaries, which stretch all along the Reykjanes peninsula.

* As far as the COVID-19 pandemic is concerned, Iceland’s borders remain open to other EU and Schengen states, but the country continues to implement travel restrictions.

Passengers arriving in Iceland may choose either to submit to two screening tests for COVID-19, separated by five days’ quarantine until the results of the second test are known, or else not to undergo border screening but instead to spend 14 days in quarantine after arrival.

The fee for border screening remains unchanged at ISK 9,000 if this is paid in advance ; if the screening fee is paid at the point of entry, it is ISK 11,000. No charge is taken for the second screening test.

Severe restrictions are imposed during the quarantine period. You must not use public transport, you must not go for a drive, you must not visit tourist attractions and drive long distances. You must not visit restaurants, bars, gyms, swimming pools, cinemas, theatres, attend public or private gatherings of any kind or size, or visit any place where crowds are likely. You must not enter grocery stores, pharmacies or other stores . Delivery services are available in some, but not all, towns.

A list of accommodations that receive guests in quarantine is available.

Source: Iceland Monitor.

Restrictions d’accès à plusieurs grottes en Islande // Access restrictions to several caves in Iceland

Le 5 juillet 2019, la 43ème session du Comité du Patrimoine Mondial de l’UNESCO qui se tenait à Bakou, en Azerbaïdjan, a approuvé l’inscription du Parc National du Vatnajökull sur la Liste du Patrimoine Mondial. Cette Liste comprend des sites considérés comme ayant une valeur universelle exceptionnelle en termes de culture, de nature ou d’autres domaines. Le but est d’assurer la coopération internationale pour la préservation et la protection des trésors culturels et des espaces naturels du monde entier.
En ce qui concerne le Vatnajökull, l’accent a été mis sur la zone de rift, le point chaud sous l’Islande et les systèmes volcaniques, en plus de l’interaction entre le feu et la glace, considérée comme unique au monde.
Deux sites islandais figuraient déjà sur la Liste du patrimoine mondial : le Parc national de Thingvellir, dans la catégorie culturelle, et l’île de Surtsey pour sa géologie exceptionnelle.

Afin de protéger les trésors géologiques qui se cachent sous la glace du Vatnajökull, un nombre limité de personnes sera désormais autorisé à visiter des grottes et à faire de la randonnée glaciaire dans cinq zones de la partie sud du Parc national. Il s’agit de cinq zones dans les glaciers Breiðamerkurjökull – côté est et ouest, Falljökull / Virkisjökull, Skeiðarárjökull et Skálafellsjökull. Le nombre maximum de touristes autorisés chaque jour dans ces cinq zones est respectivement de 650, 650, 1 000, 500 et 500. C’est la première fois en Islande que l’accès à une ressource naturelle comme les glaciers est contrôlé de cette manière. Le but est de protéger la nature en réduisant l’afflux touristique.

Outre ces restrictions dans la région de Vatnajökull, l’Agence pour l’Environnement va fermer l’accès à deux grottes situées dans le champ de lave de Þeistareykjahraun dans le nord de l’Islande afin de protéger leurs formations minérales uniques. Les géologues ont mené des études approfondies et effectué une cartographie précise du système de grottes afin de s’assurer que tous les points d’accès à l’une ou l’autre des grottes seront condamnés, ce qui mettra à l’abri des regards une surface de quarante mètres carrés.
On a recensé 15 grottes dans le champ de lave de Þeistareykjahraun. L’une d’elles, actuellement fermée au public, est vieille de 2500 ans, et contient un grand nombre de stalagmites et stalactites exceptionnelles. La deuxième grotte n’a été découverte que l’hiver dernier mais a été pillée de plusieurs de ses trésors naturels peu de temps après avoir fait la une des journaux. Ces deux grottes seront donc fermées afin de garantir qu’aucun autre dommage ne sera causé à leurs formations minérales uniques et qu’aucune d’elles ne sera plus retirée du site.
Source: Iceland Monitor.

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On July 5th, 2019, the 43rd session of UNESCO’s World Heritage Committee in Baku, Azerbaijan, approved to inscribe Vatnajökull National Park on the World Heritage List. The UNESCO World Heritage List includes landmarks regarded to have outstanding universal value in terms of culture, nature, or other areas. The aim of the Heritage List is to ensure international cooperation in preserving and protecting cultural treasures and natural areas all over the world.

As far as Vatnajökull is concerned, emphasis was put on the rift zone, the hot spot under the country and the volcanic systems, in addition to the interplay between fire and ice, believed to be globally unique.

Already on the World Heritage List are two sites in Iceland: Thingvellir National Park, in the cultural category, and Surtsey island, unique for its geology.

To protect the geological treasures hidden within the Vatnajökull area, a limited number of people will from now on be allowed to visit ice caves and to go glacier hiking within five areas in the southern part of Vatnajökull National Park. These include five areas in the glaciers Breiðamerkurjökull – east and west side, Falljökull/Virkisjökull, Skeiðarárjökull and Skálafellsjökull. The maximum number of tourists allowed in these five areas a day is 650, 650, 1,000, 500 and 500, respectively. This is the first time in Iceland that access to a natural resource such as glaciers is being controlled in this way. The goal of the policy is to protect nature by reducing tourist traffic in these areas.

Beside these restrictions in the Vatanjökull area, the Environment Agency of Iceland is working to close off access to two caves in the Þeistareykjahraun lava field in North Iceland in order to protect their unique mineral formations. Geologists have conducted extensive surveys and mapping of the cave system in order to ensure that they do not miss any point of access to either cave and will be blocking off forty square metres in total.

There are 15 known caves in the Þeistareykjahraun lava field. One of those that is currently being closed off to public access is 2,500 years old and is filled with exceptional stalagmites and stalactites. The second cave was discovered only last winter but was plundered of many of its natural treasures shortly after making the news. These two caves are therefore being closed in order to ensure that no more damage is done to their unique mineral formations and that no more of these are removed from the site.

Source : Iceland Monitor.

Stalactites de glace dans une grotte sur l’Etna (Photo : C. Grandpey)

Impact du réchauffement climatique sur l’agriculture africaine // Impact of global warming on African agriculture

Le réchauffement climatique fait fondre les glaciers et la banquise, et dégèle le pergélisol ; il entraîne une hausse du niveau des océans, mais il a également un impact sur l’agriculture et les pays les plus fragiles doivent s’attendre à des années difficiles

Une nouvelle étude réalisée par deux chercheurs français de l’IRD en collaboration avec une équipe de recherche japonaise, et publiée dans la revue Nature, renforce les preuves d’un impact dramatique du réchauffement climatique sur la production de céréales en Afrique.

Ils ont étudié la situation en Afrique de l’Ouest entre 2001 et 2009. Pour ce faire, ils ont utilisé deux simulations climatiques prenant en compte le climat tel qu’il aurait dû être sans empreinte de l’activité humaine et l’effet des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Les résultats de cette étude sont très inquiétants à la fois sur l’impact mesuré sur les productions agricoles mais aussi sur l’impact économique qui découle de ces pertes de productions. Au cours des dix années couvertes par l’étude, les températures ont augmenté de 1°C en Afrique de l’Ouest où les orages et les pics de chaleur ont été plus fréquents. Ces conditions climatiques dégradées ont provoqué une baisse des rendements du mil de 10 à 20 % et de 5 à 15 % pour le sorgho. D’un point de vue économique, les pertes s’élèvent pour les pays producteurs entre 2 et 4 milliards de dollars pour le mil et entre 1 et 2 milliards de dollars pour le sorgho.

Une étude publiée en 2012 estimait qu’en Afrique d’ici 2050 les pertes de rendement seraient en 2050 de 17% pour le blé,  de 5% pour le maïs, 15% pour le sorgho et 10% pour le mil. Avec une baisse déjà effective de 10 à 15% et un réchauffement climatique qui s’accélère, on voit l’urgence d’agir pour le continent Africain, en particulier dans la bande soudano-sahélienne, en Afrique de l’Ouest.

La production et la consommation de céréales sont extrêmement importantes en Afrique car leur niveau de consommation les rend indispensables pour assurer la sécurité alimentaire des habitants. Leur consommation est en forte croissance et les besoins sont, aujourd’hui, supérieurs aux capacités de production. Si la production céréalière venait à baisser à cause de l’augmentation de la température, ceci fragiliserait fortement la sécurité alimentaire des populations vivant dans ces zones géographiques.

Pour empêcher l’apparition d’une catastrophe alimentaire en Afrique, il faut avant tout identifier les plantes les mieux adaptées génétiquement à des températures élevées et donner les moyens aux agriculteurs de les cultiver au cas ou ils devraient faire face à une poursuite de l’augmentation des températures. Il faut aussi très rapidement développer des solutions avec les agriculteurs et les communautés en testant des innovations et des adaptations qui permettront de pour réduire la vulnérabilité des systèmes agro-pastoraux locaux.

Ces recommandations ne se limitent d’ailleurs pas à l’Afrique. Le réchauffement climatique affecte de nombreuses autres régions de la planète. Chez moi, en  Limousin, il est conseillé aux agriculteurs d’envisager une diversification des cultures pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

Source : Yahoo News.

En Europe, le réchauffement climatique a affecté l’Irlande où le printemps 2020 a été le plus sec depuis le début des archives climatiques en 1847. Il est tombé moins de 10 mm de pluie, soit seulement 15% de la normale, en mai à l’aéroport de Dublin. Cela fait suite à 23% de la moyenne de précipitations en avril.
En conséquence, la production du secteur céréalier irlandais cette année devrait baisser d’au moins 100 millions d’euros en raison de cette longue période de sécheresse.
La sécheresse a gravement touché les cultures dans la moitié orientale de l’Irlande, où les rendements en paille devraient diminuer de près de 25 pour cent. Il y aura quelque 1,6 million de balles de paille en moins dans le pays cette année. De nombreux agriculteurs piochent déjà dans leurs réserves de fourrage d’hiver en complément de l’herbe des pâturages et des compléments alimentaires. Il y aura probablement une plus forte demande en fourrages cet automne, avec un effet inévitable sur les prix de certains produits comme la paille.

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Global warming is melting glaciers and ice sheets, and thawing permafrost; it is raising the sea level, but it is also having an impact on agriculture and the most fragile countries should expect difficult years
A new study by two French IRD researchers in collaboration with a Japanese research team, and published in the journal Nature, reinforces the evidence of a dramatic impact of global warming on cereal production in Africa.
The researchers studied the situation in West Africa between 2001 and 2009. They used two climate simulations taking into account the climate as it should have been without the imprint of human activity and the effect of anthropogenic greenhouse gas emissions.
The results of this study are very worrying both on the impact measured on agricultural production but also on the economic impact that results from these production losses. In the ten years covered by the study, temperatures increased by 1°C in West Africa where thunderstorms and heat spikes were more frequent. These degraded climatic conditions have caused millet yields to drop by 10 to 20% and from 5 to 15% for sorghum. From an economic point of view, losses for producing countries range between 2 and 4 billion dollars for millet and between 1 and 2 billion dollars for sorghum.
A study published in 2012 estimated that in Africa by 2050 yield losses would be 17% for wheat, 5% for corn, 15% for sorghum and 10% for millet. With an already effective drop of 10 to 15% and accelerating global warming, we see the urgency to act for the African continent, in particular in the Sudano-Sahelian strip, in West Africa.
Cereal production and consumption are extremely important in Africa because their level of consumption makes them essential for ensuring food security for the inhabitants. Their consumption is growing rapidly and the needs are today greater than production capacity. If cereal production were to fall due to the rise in temperature, this would greatly weaken the food security of the populations living in these geographical areas.
To prevent the emergence of a food disaster in Africa, it is first of all necessary to identify the plants best adapted genetically to high temperatures and to give the means to the farmers to cultivate them in case they should face a continuation of the increased temperatures. One should also very quickly develop solutions with farmers and communities by testing innovations and adaptations that will reduce the vulnerability of local agro-pastoral systems.
These recommendations are not limited to Africa. Global warming affects many other regions of the planet. At home in Limousin, farmers are advised to consider crop diversification to adapt to the new climatic conditions.
Source: Yahoo News.

In Europe, global warming has affected Ireland where the spring 2020 was the driest since record-keeping started in 1847. There was less than 10 mm of rain, just 15 percent of normal, registered for May at Dublin Airport. This followed 23 percent of the average rain for April.

As a consequence, the total output from the grain sector in Ireland this year is expected to drop by at least 100 million euros due to prolonged drought.

The drought has severely impacted crops in the eastern half of Ireland where straw yields are predicted to reduce by almost 25 percent. 1.6 million fewer straw bales will be available in the country this year. Many farmers are already feeding their winter forage stocks to supplement grazed grass and concentrates. As a result, there will probably be a higher demand for forages this autumn, with effects for prices for feedstocks, like straw.

Bande soudano-sahélienne où la sécheresse est la plus sévère (Source : Wikipedia)

Crue glaciaire du Langjökull (Iceland) // Glacial flood of Langjökull (Iceland)

Le 11 mai 2020, j’ai publié une note sur la fonte des glaciers en Islande. J’écrivais que depuis l’an 2000, la superficie des glaciers islandais a diminué d’environ. 800 km2 et de près de 2200 km2 depuis la fin du 19ème siècle, époque où les glaciers ont atteint leur extension maximale depuis la colonisation du pays au 9ème siècle.
La surface glaciaire a en moyenne diminué d’environ. 40 km2 par an ces dernières années et les glaciers ont reculé de plusieurs dizaines de mètres en 2019. Le Hagafellsjökull, qui appartient à la calotte glaciaire du Langjökull, ainsi que le Síðujökull et le Tungnárjökull qui font partie de la calotte glaciaire du Vatnajökull, détiennent le record de recul pour 2019, avec 150 m de recul en une seule année.
Le Langjökull (islandais pour «long glacier») est la deuxième plus grande calotte glaciaire d’Islande, après le Vatnajökull. Il est situé dans la partie ouest de l’intérieur islandais ; on le distingue parfaitement quand on avance le long de l’Haukadalur. Le point culminant de la calotte glaciaire se situe à environ 1 450 m au-dessus du niveau de la mer.
Les températures dans la région ont été anormalement chaudes au cours des dernières semaines et une soudaine crue glaciaire – jökulhlaup en islandais – du Langjökull a eu lieu dans la nuit du 17 au 18 août 2020. On pense qu’elle s’est produite lorsqu’un barrage qui retenait un lc sous-glaciaire s’est rompu dans la partie nord-ouest du glacier. Une grande quantité d’eau s’est déversée dans la rivière Svartá dont le niveau est généralement bas à cette époque de l’année. Une jauge de niveau près de la cascade de Kljáfoss sur la rivière Hvítá a révélé une triple élévation du niveau de l’eau.
Le Met Office estime que le volume d’eau qui s’est échappé du glacier avant de se déverser dans la rivière Svartá, puis la rivière Hvítá près de Húsafell, a atteint 3,4 millions de mètres cubes en 24 heures. L’ampleur de cette crue glaciaire était telle que l’eau atteignait presque les poutres du pont sur la Hvítá près de Húsafell. La rivière a charrié une grande quantité de sédiments et les agriculteurs qui possèdent des terres en aval de la Hvítá ont découvert de nombreux cadavres de saumons dans leurs champs.
Les scientifiques vont se rendre sur le terrain pour vérifier si les chenaux creusés par la rivière se sont modifiés de façon permanente et pour évaluer le danger que les crues glaciaires sont susceptibles de poser à l’avenir. En effet, lorsque des changements se produisent, il faut parfois réévaluer les routes, les ponts et toutes sortes de structures près des glaciers et des rivières glaciaires.
Source: Iceland Review, Icelandic Met Office.
Les crues glaciaires sont assez fréquentes en Islande. Il y a quelques jours, les scientifiques s’attendaient à un jökulhlaup sur le volcan Grimsvötn, mais cela ne s’est pas produit. Cette fois, c’est au tour du glacier Langjökull….

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On May 11th, 2020, I released a post about glacier melting in Iceland. I wrote that since 2000, the area of Iceland’s glaciers has decreased by about. 800 km2 and by almost 2200 km2 since the end of the 19th century when the glaciers reached their maximum extent since the country’s settlement in the 9th century.

The glacier area has on average shrunk by about. 40 km2 annually in recent years. Glaciers typically retreated by tens of metres in Hagafellsjökull in Langjökull ice cap and Síðujökull and Tungnárjökull in Vatnajökull ice cap hold the 2019 record, retreating by 150 m in this single year.

Langjökull (Icelandic for « long glacier ») is the second largest ice cap in Iceland, after Vatnajökull. It is situated in the west of the Icelandic interior and can be seen clearly when travelling along Haukadalur. The highest point of the ice cap is about 1,450 m above sea level.

Temperatures in the area have been unseasonably warm in the past weeks and a flash flood – or jökulhlaup in Icelandic – from Langjökull glacier took place during the night between August 17th and 18th, 2020. It is believed to have occurred when a dam containing a lagoon on the glacier’s northwestern side broke. A large amount of water streamed into Svartá river whose water level is typically low at this time of year. A water level gauge by Kljáfoss waterfall in Hvítá river showed an almost threefold increase in the water level.

The Met Office estimates the amount of water that cascaded from the lagoon into Svartá river and then Hvítá river near Húsafell amounted to 3.4 million cubic metres in 24 hours. The size of the flood was such that the water level nearly reached the girders of the bridge over Hvítá river near Húsafell. The flood carried a great deal of sediments into the rivers, and farmers who own land farther down Hvítá river have discovered numerous dead salmon in their fields.

Scientists will be checking conditions near the lagoon to see whether river channels have permanently changed and to assess how much risk glacial outburst floods are likely to pose in the future. Indeed, when changes occur, people may be forced to reassess roads, bridges, and all sorts of structures near glaciers and glacial rivers.

Source: Iceland Review, Icelandic Met Office.

Glacial floods are quite common in Iceland. A few days ago, scientists expected a jökulhlaup produced by Grimsvötn volcano, but it did not happen. This time, it is up to Langjökull…

L’Islande et ses glaciers (Source : Wikipedia)

Grímsvötn (Islande) : pas de crue glaciaire pour le moment // Grímsvötn (Iceland) : no glacial flood yet

Les dernières mesures GPS effectuées sur le Grímsvötn montrent que la terre recommence à se soulever. Les scientifiques expliquent que cela signifie qu’il n’y aura pas de crue glaciaire à court terme, comme ils le pensaient il y a quelques jours.
Les scientifiques et la Protection Civile ont contrôlé la zone autour de Grímsvötn pendant tout le week-end. Les dernières données indiquent qu’une crue glaciaire n’est pas imminente pour le moment, mais le niveau du lac sous-glaciaire du Grímsvötn est très élevé. Une crue est très probable cette année.
Bien que ce ne soit pas toujours le cas, une crue glaciaire du Grímsvötn peut déclencher une éruption volcanique. Bien que ces éruptions puissent être puissantes, leur principal inconvénient est qu’elles occasionnent généralement des perturbations du trafic aérien. Comme je l’ai déjà écrit, la prochaine éruption du Grímsvötn ne devrait pas être aussi puissante que celle de 2011.
Source: Iceland Review. .

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The latest GPS measurements taken at Grímsvötn volcano show that the land there is starting to rise again. Scientists say this means that there will not be a glacial flood in the immediate future, as was thought a possibility a few days ago.

Scientists and Civil Defense authorities have been closely monitoring the area around Grímsvötn all weekend. The latest data indicate that a glacial flood is not imminent right now, but the water level in Grímsvötn is very high, so a flood is expected this year.

Although this is not always the case, a glacial flood at Grímsvötn can trigger a volcanic eruption. Although these eruptions can be strong, the primary side effect has usually been disruptions to air traffic. As I put it before, Grímsvötn’s next eruption is unlikely to be as big as the one in 2011.

Source : Iceland Review.

L’éruption de 2011 vue depuis l’espace (Source : NASA)

Crue glaciaire du Grimsvötn (Islande) ? // A glacial flood on Grimsvötn (Iceland) ?

Un article diffusé le 14 août 2020 sur le site Iceland Review indique qu’une crue glaciaire – jökulhlaup en islandais – a peut-être commencé sur le Grímsvötn, volcan qui se cache sous la calotte glaciaire du Vatnajökull. La police du sud de l’Islande a été avertie qu’un jökulhlaup est peut-être en cours. Cependant, actuellement, les seules données susceptibles de confirmer cet événement sont celles fournies par les GPS qui enregistrent les déformations du sol autour du volcan.
Le processus de déclenchement d’un jökulhlaup est facile à comprendre. L’eau de fonte s’accumule dans un lac sous-glaciaire au cœur du Grímsvötn. Le niveau du lac monte lentement jusqu’à ce qu’il déborde et déclenche une crue glaciaire.

Attention ! Un débordement du lac sous-glaciaire n’est pas forcément le signe d’un réveil du volcan.

Les mesures montrent que le niveau de l’eau sous le volcan est monté de plusieurs centimètres le 13 août 2020, mais qu’il est resté stable depuis cette date. En juin, le niveau du lac sous-glaciaire montait de trois centimètres par jour, avec le risque d’une inondation possible dans les semaines ou les mois à venir. Les eaux de crue glaciaire du Grímsvötn ont tendance à s’écouler dans la rivière Gígjukvísl et atteignent généralement leur débit maximum en deux à cinq jours.
Le Met Office islandais a convoqué une réunion pour aborder cette possibilité de jökulhlaup et la Protection Civile reste en contact avec les autorités locales. La police de la région a été informée, mais aucune mesure préliminaire n’a encore été prise.
Le Grímsvötn est entré en éruption pour la dernière fois en 2011. Ce fut la plus grande éruption du volcan depuis 140 ans. S’il y a une éruption du Grímsvötn dans les jours ou semaines à venir, les scientifiques pensent qu’il est peu probable qu’elle soit aussi puissante que celle de 2011.
Source: Iceland Review.

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An article released on August 14th, 2020 on the website Iceland Review indicates that a glacial flood may have begun at Grímsvötun volcano under the Vatnajökull ice cap. The South Iceland police have been warned that a jökulhlaup may be underway. However, currently, the only reliable data to confirm this is that GPS devices are registering changes in land elevation surrounding the volcano.

The process  of a jökulhlaup is easy to understand. Glacial meltwater collects in a subglacial lake in Grímsvötn’s core. The water level of the lake rises slowly but surely, until finally, it overflows in a glacial flood.

However, a jökulhlaup does not always mean that the volcano is erupting!

Measurements showed the water levels under the volcano shifting by several centimetres on August 13th, 2020 but they have been stable ever since. In June, the water level of the subglacial lake was rising three centimetres a day, indicating that a flood could be imminent in coming weeks or months. Glacial floodwaters from Grímsvötn tend to run into the Gígjukvísl river and usually reach their climax within two to five days.

The Icelandic Met Office has convened a meeting regarding the possible event and Civil Protection has also been in touch with local authorities. Police stations in the district have been informed, but no preparations have been undertaken yet.

Grímsvötn last erupted in 2011, the volcano’s largest eruption in 140 years. If there is an eruption of Grímsvötn in coming days or weeks, scientists say it is unlikely to be as big as the one in 2011.

Source: Iceland Review.

Panache éruptif du Grimsvötn le 22 mai 2011 (Source: NASA)

Quelques conseils pour traverser à gué les rivières islandaises // A few tips to safely cross rivers in Iceland

Si vous voyagez en voiture pour la première fois en Islande, la solution la plus sure est d’emprunter la route n ° 1 qui fait le tour de l’île, avec de nombreux sites intéressants tout au long de votre chemin.

Si vous voulez visiter l’intérieur de l’Islande, vous devrez rouler sur des pistes non goudronnées et parfois traverser des rivières… sans le moindre pont ! Vous serez donc confronté à des gués dont le franchissement nécessite une technique bien adaptée.
En particulier, la traversée des rivières dans les hautes terres du centre de l’Islande est réservée aux conducteurs expérimentés. Vous devez absolument avoir un véhicule à 4 roues motrices correctement équipé pour parcourir les pistes F dans cette région. Elles ne sont pas goudronnées, souvent en mauvais état, avec de nombreuses rivières en cours de route.
En général, l’assurance des voitures de location ne couvre pas les dégâts causés par l’eau au cours de la traversée d’une rivière. Cela signifie que vous devrez payer la facture de votre poche. La réparation d’un moteur et d’une transmission noyés peut facilement vous coûter 20 à 25 000 dollars!

Voici quelques conseils pour traverser une rivière à gué en Islande:
1) La première précaution est d’attendre qu’un voyageur expérimenté traverse lui aussi la rivière. Dans la mesure du possible, il est conseillé de toujours traverser avec un deuxième véhicule à proximité, susceptible de vous treuiller hors de la rivière, si nécessaire.
2) Vous devez toujours examiner attentivement la rivière avant de tenter de la traverser. Arrêtez le véhicule et sortez pour évaluer la profondeur de la rivière, le courant et a qualité du lit de la rivière. S’il y a la trace d’une piste à travers la rivière, c’est probablement l’endroit le plus sûr pour la traverser.
N’oubliez pas que le niveau des rivières de fonte des glaciers est très variable et peut changer brutalement avec les précipitations et la fonte des glaciers. Une rivière qui est praticable aujourd’hui peut devenir infranchissable demain. Il est bon de noter que les rivières glaciaires sont souvent plus praticables le matin, avant que la glace et la neige commencent à fondre dans les montagnes.
3) Le point le plus étroit d’une rivière n’est jamais l’endroit le plus sûr pour la traverser, car la rivière est plus profonde et coule plus rapidement à cet endroit. Choisissez un endroit où la rivière est plus large et plus calme. N’hésitez pas à marcher dans le lit de la rivière pour vous assurer qu’il n’y a pas d’obstacles cachés ni de nids-de-poule dans l’eau. Assurez-vous que la rivière n’est pas trop profonde pour votre véhicule. N’oubliez pas que l’eau ne doit pas atteindre le haut des pneus. Cela signifie généralement que l’eau ne doit pas arriver plus haut que vos genoux. Si la rivière semble trop dangereuse pour y pénétrer, ne pas s’y aventurer !

4) Vous devez essayer de traverser la rivière en crabe, autrement dit avec un petit angle, avec l’avant du véhicule légèrement orienté vers l’aval. Cela réduit la poussée du courant, mais aussi la probabilité que de l’eau pénètre dans le moteur.
5) Si vous avez un véhicule à quatre roues motrices, vous devez enclencher la fonction 4X4. Vous devez rouler avec le rapport le plus bas si vous conduisez une voiture avec une transmission automatique. Ne changez pas de vitesse une fois dans la rivière.
6) Une fois dans la rivière, vous devez être particulièrement attentif et conduire lentement pour réduire le risque d’éclaboussures dans le moteur et pour pouvoir bien observer la rivière. La vitesse appropriée est celle d’une personne en train de marcher. .

Il semble que ces derniers jours un conducteur ait oublié ces recommandations élémentaires pour traverser la rivière Kaldaklofskvísl dans les hautes terres du centre de l’Islande. Son véhicule est resté coincé au milieu de la rivière. L’eau est entrée à l’intérieur et le conducteur a été obligé de se mettre en sécurité sur le toit. Lorsque les équipes de secours sont arrivées sur les lieux, l’homme était sur le toit depuis environ deux heures. Il a été sorti avec succès de cette situation délicate.

En raison des fortes pluies de ces derniers jours, le niveau des rivières des hautes terres s’est élevé considérablement, ce qui les rend infranchissables pour beaucoup, à moins d’avoir un grand 4×4 ou un 4×4 surélevé. Les secouristes ont plongé sous le véhicule coincé et fixé une corde, ce qui a permis de l’extirper hors de la rivière.
Les services de police du sud de l’Islande ont mis en garde les conducteurs sur le risque de hausse subite du niveau des rivières sur la route Syðri-Fjallabak (F210) qui est praticable uniquement par de gros 4×4. Ces mêmes services de police ont indiqué aux randonneurs qui prévoyaient d’emprunter la Laugavegur entre le Landmannalaugar et Þórsmörk, que le franchissement des rivières pouvait être dangereux.
Source: Icelandic Road and Coastal Authority.

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If you are travelling by car for the first time in Iceland, the safest way is to drive along Road n°1 that goes all around the island, with many interesting sites all along yje way. If you want to visit Iceland’s interior, you will have to drive on unpaved tracks and sometimes have to cross rivers…without a bridge to do so. Then, you will be confronted with fords whose crossing requires a special technique,

In particular, crossing rivers in the Central Highlands is not for inexperienced drivers. You should have a properly equipped 4-wheel drive vehicle for travelling on F-roads in this region. They are unpaved, with many rivers on the way.

As a rule rental car insurance does not cover water damage from river crossing. This means that you will have to pay the full bill, out of pocket. Repairing or replacing a flooded engine and transmission can easily set you back 20-25,000 dollars !

Here are some tips for crossing a river with your vehicle in Iceland:

1) The safest way to cross a river is to wait for an experienced traveller to cross. If you can, you should always cross with a second vehicle nearby to pull you out of the river, if necessary.

2) You should always examine carefully the river and the location before attempting to cross. Stop the vehicle and get out to assess the depth of the river, the current and the riverbed. If there is a track across the river, this is most likely the safest spot to cross.

Remember that glacial melt rivers shift and can change dramatically with rainfall and glacial melt: A river which is passable today can become impassable tomorrow. Just note that glacial rivers are often more passable in the morning, before the ice and the snow melt in the mountains.

3) The narrowest point of a river is never the safest spot to cross, as the river runs deeper and faster at these points. Choose a spot where the river is wider and calmer. Don’t hesitate to wade in to ensure that there are no hidden obstacles or potholes in the water. Ensure that the river is not too deep for your vehicle: Remember that the water should not reach the top of the tires. This usually means the water should not be deeper than your knees. If the river looks too dangerous to wade in, it is absolutely too dangerous to drive across!

 4) You should try to cross the river crab-like, at a small angle, with the front of the vehicle facing slightly downstream. This reduces the push of the current on the vehicle and reduces the likelihood of water getting into the engine.

5) If you have a four wheel drive vehicle you should put the vehicle in four wheel drive, and you should also shift to low gear if you are driving a car with an automatic transmission. Do not shift gears while in the river.

6) Once you have entered the river you must maintain absolutely 100% concentration and drive slowly to reduce the danger of splashing water getting into the engine and permitting you to judge the river. The appropriate speed for river crossing is normal walking speed.

It seems a driver forgot these elementary recommendations while crossing the Kaldaklofskvísl River in the Central Highlands. His vehicle had become stuck in the middle of the river. Water flooded into the vehicle, forcing the driver to seek safety on the roof. When rescue teams arrived on the scene, the man had been on the roof for about two hours. He was successfully brought out of the river.

Due to heavy rain in recent days, rivers in the highlands are swollen, making many of them impassable, unless you’re driving a large or lifted 4×4. The rescue workers dove under the stuck vehicle, fastening it to a rope, thereby making it possible to pull it out of the swollen river.

The South Iceland Police Department has issued a warning to drivers, alerting them to swollen rivers on the Syðri-Fjallabak route (F210), passable only by large 4x4s. Hikers, planning to hike along Laugavegur, that is, between Landmannalaugar and Þórsmörk, were warned that wading across rivers could be dangerous.

Source :  Icelandic Road and Coastal Authority.

Source :  Icelandic Road and Coastal Authority