Islande : Ísólfsskáli sous la menace de la lave// Iceland : Ísólfsskáli under the threat of lava

L’éruption continue dans la Geldingadalur où le cratère actif laisse échapper des flots de lave. Elle coule en surface ou dans des tunnels et agrandit jour après jour le champ de lave qui recouvre la région. Personne ne sait combien de temps l’éruption va durer. Des semaines? Des mois? Des années? Il est toutefois fort improbable qu’elle s’arrête à court terme. En conséquence, il est à craindre que la lave coupe Suðurstrandarvegur, la route côtière, et continue d’avancer vers la mer.

Sur son chemin, la rivière incandescente détruira probablement la ferme d’Ísólfsskáli où les propriétaires ont engagé une course contre la montre afin de sauver ce qui leur est le plus cher sur leur propriété. Ísólfsskáli se trouve à seulement deux kilomètres au sud du cratère actif dans la Geldingadalur. Selon la modélisation de la coulée de lave établie par le Met Office islandais (voir ci-dessous), si l’éruption se poursuit, la lave finira par atteindre Suðurstrandarvegur et Ísólfsskáli. La ferme d’Ísólfsskáli est en danger, mais des vestiges archéologiques qui se trouvent sur la propriété sont menacés eux aussi et les archéologues tentent de les cartographier avant qu’il ne soit trop tard (voir ma note précédente).

Source : Reykjavik Grapevine.

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The eruption is Geldingadalur continues with lava emerging from the active crater. It is flowing on the surface or in tunnels and extending day after day the lava faield covering the region. Nobody knows how long the eruption might last. Weeks? Months? Years? However, it is highly unlikely that it will stop in the short term. As a consequence, it is feared that lava will cut Suðurstrandarvegur, the coastal road, and keep flowing toward the sea.

On its way, the incandescent river will probably destroy the Ísólfsskáli farm where the landowners are fighting against time in order to save valuables from their property. Ísólfsskáli is only two kilomet res south of the Geldingadalur crater. The Icelandic Met Office’s new lava flow model (see belox)assumes that the lava will eventually reach Suðurstrandarvegur and Ísólfsskáli if the eruption continues.

Not only the property of Ísólfsskáli is endangered, as archeological relics are as well on the property and archeologists are trying to map it out before it’s too late (see my previous post).

Source: Reykjavik Grapevine.

La modélisation de la coulée de lave prévoit deux scénarios : un volume de 3,1 km3 de lave (en orange) et un volume de 29,3 km3 de lave (en rouge). (Source : Met Office islandais)

Les limites de la prévision volcanique à Uruapan (Mexique) // The limits of volcanic prediction in Uruapan (Mexico)

Si vous parlez de Uruapan à des touristes qui sont allés au Mexique, ils vous diront qu’ils sont partis de cette localité pour aller visiter le Paricutin qui se trouve à une trentaine de kilomètres à l’ouest de la ville. Uruapan est la deuxième plus grande ville de l’État du Michoacán, à l’extrémité ouest des hautes terres de Purépecha, et juste à l’est de la région de Tierra Caliente.

Pour la deuxième fois depuis 2020, les scientifiques pensent qu’un nouveau volcan pourrait naître dans le secteur de Uruapan. Ils ont en effet détecté 236 séismes de faible magnitude dans la région entre le 1er mai et le 8 juin 2021.

En 2020, une équipe scientifique avait déjà effectué des études dans la région pour déterminer si l’intensification de la sismicité annonçait la naissance d’un nouveau volcan. De janvier à février 2020, plus de 3 000 séismes avaient été enregistrés, avec des magnitudes comprises entre M 2,9 et M 4,1 dans une zone au nord-ouest d’Uruapan. Les chercheurs de l’Institut de Géophysique de l’Université Nationale Autonome (UNAM) pensaient à l’époque que l’essaim pouvait être lié à des événements tectoniques ou magmatiques. Ils n’étaient pas certains que la hausse de l’activité sismique déboucherait sur la formation d’un nouveau volcan car la plupart des mouvements magmatiques détectés étaient horizontaux et non verticaux. Ce n’était donc pas le signe d’une ascension du magma.

Cependant, les essaims sismiques détectés en 2021 ont incité les scientifiques à continuer de surveiller le site, même s’il n’y a actuellement aucune preuve réelle qu’un nouveau volcan se formera. Un chercheur de l’UNAM explique que si un essaim sismique est une condition préalable à la naissance d’un nouveau volcan, ce n’est pas la seule. Comme autre paramètre, il y a une déformation de la croûte terrestre qui permet à un volcan de s’édifier verticalement plutôt que latéralement. Il est probable que les essaims sismiques actuels sont associés au mouvement du magma, mais il se peut aussi que la lave n’atteigne pas la surface. Des essaims similaires se sont produits en 1997, 1999 et 2006, mais le magma n’a pas atteint la surface. La situation est peut-être identique en ce moment, mais il est important de continuer à surveiller les mouvements du magma.

Source : The Watchers.

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If you mention Uruapan to tourists who have been to Mexico, they will tell you that they started from the city to go and visit Paricutin which stands about 30 kilometres to the west. Uruapan is the second largest city in the Mexican state of Michoacán. It is located at the western edge of the Purépecha highlands, just to the east of the Tierra Caliente region.

For the second time since 2020, scientists are considering the possibility of a new volcano forming in Uruapan. They have detected 236 low magnitude quakes in the area from May 1st to June 8th, 2021. 

In 2020, a scientific team conducted studies in the region to determine whether the increased seismic activity could foretell the birth of a new volcano. From January to February 2020, more than 3 000 earthquakes were recorded, with magnitudes between M 2.9 and M 4.1 in an area northwest of Uruapan. The researchers from the Institute of Geophysics at the National Autonomous University (UNAM) thought at the time that the swarm could be related to either tectonic or magmatic events. They did not think that the elevated seismic activity would lead to the formation of a new volcano as most of the detected magma movements were horizontal, rather than vertical. This was not the sign of a magma ascent.  

However, the earthquake swarms detected in 2021 prompted scientists to keep monitoring the site, even though there is no current conclusive evidence that a new volcano will form. 

A UNAM researcher explains that while an earthquake swarm is a crucial pre-condition for the birth of a new volcano, it is not the only one. Among others is a deformation in the Earth’s crust that allows a volcano to pierce through upward, rather than sideways. It is likely that these seismic swarms are associated with the movement of magma, but it may not reach the surface. Similar swarms occurred in 1997, 1999, and 2006, but magma didn’t reach the surface. The situation might be the same right now, but it is important to keep monitoring the magma movements. 

Source: The Watchers.

L’éruption du Paricutin en 1943 (Source: Wikipedia)

Des images du volcan au large de Mayotte // Images of the volcano off Mayotte

On ne parle plus beaucoup de l’éruption du volcan sous-marin né au large de Mayotte il y a deux ans, mais les scientifiques continuent de l’observer et de l’étudier. C’est ainsi que la mission Geoflamme vient de s’achever et a fourni des images haute définition qui permettront de mieux comprendre la formation de l’édifice volcanique.

Situé à 3 400 mètres de profondeur, et à seulement 50 km à l’est des côtes mahoraises, il présente une hauteur de 820 mètres. Le volume de lave émis en quelques mois est estimé à plus de 6 km3­,

La mission Geoflamme, coordonnée par l’Ifremer et l’IPGP, a fait collaborer 70 scientifiques pendant un peu plus d’un mois. Les observations ont été effectuées à l’aide du submersible Victor 6000 qui était piloté depuis la surface. Très précis, il peut plonger jusqu’à 6000 mètres de profondeur et a pris des photos haute définition à seulement 2 mètres du fond.

Grâce à ces données, aux prélèvements et aux images, les scientifiques espèrent mieux comprendre les conditions de naissance du volcan mais aussi l’impact des éruptions et des séismes sur la vie sous-marine.

Les structures de lave observées sont particulièrement diverses, avec des tunnels, des laves en coussins et des tephra. La couleur ocre qui apparaît dans la vidéo est probablement due à des particules de fer oxydé. On observe aussi des zones où la lave est très noire, brillante, ce qui montre qu’elle a été émise récemment.

Au cours de leurs observations, les scientifiques n’ont pas assisté à des coulées de lave en direct. IL semble que le volcan soit entré dans une période d’accalmie, ce qui est confirmé par la baisse de la sismicité sur l’île et l’arrêt de son affaissement.

Une nouvelle campagne d’observation, baptisé Marmor, a commencé début 2021.

Voici une vidéo rapportée par la mission Geoflamme :

http://youtu.be/rc0P4aioa_k

Source : Mayotte la 1ère.

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We don’t hear much about the eruption of the submarine volcano that began off Mayotte two years ago, but scientists continue to observe and study it. The Geoflamme mission has just ended and has provided high definition images that will provide a better understanding of the formation of the volcanic edifice.

Located at a depth of 3,400 metres, and only 50 km east of the Mahorese coast, it is 820 metres high. The volume of lava emitted in a few months is estimated at more than 6 km3,

The Geoflamme mission, coordinated by Ifremer and IPGP, brought together 70 scientists for a little more than a month. The observations were made using the submersible Victor 6000 which was piloted from the surface. Highly accurate, it can dive down to a depth of 6,000 metres and has taken high-definition photos from just 2 metres from the bottom.

Thanks to these data, samples and images, scientists hope to better understand the formationof the volcano but also the impact of eruptions and earthquakes on submariner life.

The lava structures observed are particularly diverse, with tunnels, pillow lavas and tephra. The ocher colour that appears in the video is probably due to oxidized iron particles. There are also areas where the lava is very dark, shiny, indicating that it was recently emitted.

During their observations, the scientists did not see any active lava flows. It appears that the volcano has entered a period of lull, which is confirmed by the drop in seismicity on the island and the cessation of its subsidence. A new observation campaign, dubbed Marmor, began in early 2021. Here is a video shot during the Geoflamme mission:

http://youtu.be/rc0P4aioa_k

 Source: Mayotte la 1ère..

Le nouveau cône du Klyuchevskoy (Kamchatka) // Klyuchevskoy’s new cone (Kamchatka)

Comme je l’ai écrit précédemment dans l’actualité volcanique, un nouveau cône est apparu sur le flanc de Klyuchevskoy (Kamtchatka). Le Siberian Times a publié un article avec des photos et des vidéos spectaculaires montrant la formation de ce cône. Les images de l’éruption ont été réalisées par trois intrépides voyageurs russes à 2850 mètres d’altitude.

Le nouveau cône est apparu sur le flanc du Klyuchevskoy après un arrêt d’activité le 8 février 2021. Le 6 mars, les trois hommes ont escaladé le volcan pour observer la nouvelle formation. Il leur a fallu huit à neuf heures pour atteindre le site de l’éruption. Ils ont installé leur tente sur le glacier Erman. La température matinale atteignait moins 47 degrés Celsius.

Les voyageurs ont filmé l’éruption du nouveau cône à courte distance les 7 et 8 mars. Ils ont essayé d’utiliser un drone mais il n’a pu fonctionner que pendant deux minutes à cause du froid dans cet environnement hostile. Une bombe volcanique l’a raté de peu.

Les hommes expliquent qu’une coulée de lave est émise par deux fractures parallèles espacées d’environ 250 mètres. Au moment de la visite, le cône de scories avait atteint près de 60 mètres de hauteur, avec un diamètre d’une centaine de mètres à sa base. L’équipe russe est retournée au village de Klyuchi le 9 mars.

Les voyageurs mettent l’accent sur la difficulté et le danger d’accès au nouveau cône. La route traverse le glacier Erman qui est entaillé par de profondes crevasses cachées par la neige. La dernière éruption du volcan pourrait endommager la route entre les villages de Klyuchi et Kozyrevsk, et perturber l’équilibre écologique des rivières voisines. L’éruption menace aussi de faire fondre une partie du glacier Erman. Les voyageurs envisagent deux scénarios. Dans le premier, la coulée de lave émise par l’éruption reste parallèle au glacier Erman et ne le traverse pas. Dans ce cas, une coulée de boue passerait à plusieurs kilomètres du village de Klyuchi en traversant des terres agricoles. Avec le deuxième scénario, la lave traverse le glacier Erman. Cela donnerait naissance à une rivière d’eau très chaude charriant de gros blocs qui emporterait la route entre Kozyrevsk et Klyuchi.

Source: The Siberian Times.

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As I put it before in the volcano news, a new cone has appeared on the flank of Klyuchevskoy (Kamchatka). The Siberian Times has published an article with a spectacular footage showing the formation of the new cone. The images of the eruption were caught by three Russian extreme travellers at 2,850 metres above sea level.

The side cone eruption followed a halt in activity at Klyuchevskoy on February 8th, 2021. On March 6th, the travellers climbed the mountain to examine the new formation. It took them eight to nine hours to reach the eruption site. They set up their tent on the Erman glacier. The temperature in the morning reached minus 47 degrees Celsius.

They filmed the eruption of the new cone from close range on March 7th and 8th. They tried to fly a drone but it was too cold and it only worked for two minutes in this hostile environment. A volcanic bomb almost hit it.

They explain that the lava breakthrough is in two parallel cracks spaced about 250 metres apart. At the time of the visit, the height of the cinder cone at its source  had reached almost 60 metres in height, with a base diameter of 101 metres. The Russian team returned to Klyuchi village on March 9th.

The travellers warn that access to Klyuchevskoy’s new side cone is life-threatening. The route passes across Erman Glacier which is dotted with deep cracks masked by snow. The latest eruption of the volcano may erode the road between the villages of Klyuchi and Kozyrevsk, as well as disrupt the ecological balance of nearby rivers. It threatens to wash away part of a glacier.

The travellers are considering two scenarios. On the one hand, the lava flow from the eruption runs parallel to the Erman Glacier, without crossing it. In this case, the mud-stone flow passes several kilometres from the village of Klyuchi through agricultural fields. With the second option, lava crosses Erman glacier. Should it happen, a stream of highly heated water with large fragments of rock would form and wash out the Kozyrevsk-Klyuchi road.

Source : The Siberian Times.

Vue du nouveau cône du Klyuchevskoy

(Crédit photo: Artem Gromov, Boris Smirnov, Alexey Kulayev)