Volcans : Une tache blanche dans le Sahara // Volcanoes : A white spot in the Sahara

En Afrique, le Sahara est surtout connu comme un désert, et beaucoup moins comme une région volcanique. Pourtant, il abrite plusieurs champs volcaniques majeurs et d’imposants volcans boucliers, situés pour la plupart dans des chaînes de montagnes isolées telles que le massif du Tibesti.

Source: Wikipedia

Parmi les structures volcaniques figurent l’Emi Koussi (3 415 m) dans le nord du Tchad, le Waw an Namus dans la région du Fezzan en Libye, le champ volcanique de Harouge (Al Haruj) dans le centre de la Libye, et le Toussidé, dans la partie nord-ouest du massif du Tibesti au Tchad.

Le volcanisme saharien est principalement intraplaque, alimenté par des points chauds. La quasi-totalité des volcans sahariens sont considérés comme éteints ou en sommeil, bien qu’une activité géothermique résiduelle persiste dans des zones reculées comme le Tibesti.
Parmi ces volcans, l’Emi Koussi — le point culminant du désert du Sahara — a récemment attiré l’attention des scientifiques avec une photographie montrant une zone de sel d’un blanc éclatant à son sommet. Ce cliché a été pris par un astronaute à bord de la Station spatiale internationale le 29 décembre 2024.

Crédit photo: ESA

 La photo révèle une tache saline d’un blanc intense au sommet de l’Emi Koussi (également appelé Emi Koussou), un volcan bouclier situé dans le nord du Tchad, au sein du massif du Tibesti — une chaîne de montagnes volcaniques à cheval sur la frontière entre le Tchad et la Libye.

L’édifice volcanique en forme de dôme atteint jusqu’à 69 kilomètres de diamètre à sa base. L’Emi Koussi est considéré comme un volcan éteint ; aucune éruption n’a été enregistrée historiquement. Toutefois, les scientifiques savent qu’il a connu une intense activité par le passé — peut-être il y a environ 2 millions d’années — car les pentes de ce volcan bouclier sont recouvertes d’anciennes coulées de lave.
Au sommet du volcan on observe un système complexe de caldeiras atteignant 15 km de diamètre, avec plusieurs bouches éruptives et des cônes volcaniques. Un second cratère, plus petit et baptisé Era Kohor, se trouve à l’extrémité sud de la caldeira.

Image satellite (les couleurs ne sont pas réelles) montrant la topographie complexe de l’Emi Koussi et sa caldeira sommitale

Au cœur de l’Era Kohor, une épaisse croûte de sel d’un blanc intense recouvre la partie la plus basse du fond de la caldeira. S’étendant sur près de 1 000 mètres, elle réfléchit la lumière d’une manière telle que les astronautes la confondent souvent avec de la neige — un phénomène rare dans cette région.

Source: Wikimedia

Ce composé salin, le natron, est un mélange de carbonate de sodium décahydraté, de bicarbonate de sodium, de chlorure de sodium et de sulfate de sodium. Il a été laissé par un ancien lac salé qui occupait autrefois la dépression d’Era Kohor, mais qui s’est évaporé depuis longtemps. Ce n’est pas le seul gisement de natron dans le massif du Tibesti. Au nord-ouest de l’Emi Koussi se trouve une caldeira volcanique connue sous le nom de Trou au Natron (ou Doon Orei), qui renferme, elle aussi, une couche de cette substance saline.
Si l’activité volcanique passée de l’Emi Koussi se concentrait principalement à son sommet, deux cônes volcaniques sont également visibles sur le flanc nord de la montagne. La lave qui s’est rapidement écoulée de ces structures a probablement contribué à creuser une série de ravines. Très étroites et profondes, elles ne voient jamais le soleil et sont donc bien plus fraiches que les zones environnantes. C’est pourquoi elle retiennent souvent de l’eau liquide, alors même que le massif du Tibesti reçoit à peine 20 millimètres de précipitations par an. Deux de ces grands canyons abritent des cours d’eau permanents qui s’écoulent vers l’est et l’ouest du volcan.
Ce n’est pas la première fois que des astronautes observent l’Emi Koussi depuis l’espace. Ce volcan fut l’une des premières formations géologiques photographiées depuis l’espace par l’équipage de la mission Apollo 7 de la NASA en octobre 1968.
Source : Live Science.

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In Africa, the Sahara is well known as a desert and much less as a volcanic area. However, it contains several major volcanic fields and massive shield volcanoes, mostly located in remote mountain ranges like the Tibesti Massif. Their names are Emi Koussi (3,415 m) in northern Chad, Waw an Namus in the Fezzan region of Libya, Harouge Volcanic Field (Al Haruj) in central Libya, and Toussidé in the northwestern part of the Tibesti range in Chad.

Most Saharan volcanism was driven by intraplate continental hotspots. Nearly all Saharan volcanoes are classified as extinct or dormant, though minor geothermal activity persists in remote areas like Tibesti.

Among these volcanoes, Emi Koussi, the highest peak in the entire Sahara Desert, recently drew the attention of scientists with a photo of a patch of bright-white salt at the summit of the volcano. It was taken by an astronaut on board the International Space Station on December 29, 2024. (see photo above)

The photo shows a bright-white, salty spot lurking at the summit of Emi Koussi (also known as Emi Koussou), a shield volcano in northern Chad, within the Tibesti Massif, a volcanic mountain range that straddles the border between Chad and Libya.

The volcano’s dome-shaped cone is up to 69 kilometers across. Emi Koussi is classified as extinct, and there are no historical records of it erupting. However, scientists know that it was once highly active – maybe around 2 million years ago – because its gradual slopes are covered with ancient lava.

At the volcano’s summit lies a complex caldera system that spans up to 15 km across and is covered with various volcanic vents and cones. A second, smaller crater, dubbed Era Kohor, lies at the caldera’s southern end. (see image above)

Nestled within Era Kohor, a thick crust of brilliant-white salt covers the lowest part of the caldera’s floor. This crystal layer, which reaches up to 1,000 m across, reflects light in such a way that astronauts commonly confuse it for snow, which rarely falls in the area. (see image above)

The salty compound, known as natron, is a mix of sodium carbonate decahydrate, sodium bicarbonate, sodium chloride and sodium sulfate. It was left behind by an ancient salty lake that once filled Era Kohor but has long since evaporated. This is not the only notable natron deposit in the Tibesti Massif. Northwest of Emi Koussi lies a volcanic caldera known as Trou au Natron (or Doon Orei), which contains a layer of the salty substance.

While Emi Koussi’s ancient activity was mostly centered at its summit, a pair of volcanic cones can be seen on the mountain’s northern flank. The lava that quickly flowed from these openings likely helped to create a series of ravines between the mountain. These ravines are very narrow and deep, meaning they never see the sun and, as such, are much cooler than their surroundings. As a result, they can often hold liquid water, despite the Tibesti Massif receiving as little as 20 millimeters of rain a year. Two of the largest canyons contain permanent waterways that flow east and west of the volcano.

This is not the first time that astronauts have gazed down upon Emi Koussi. In fact, the volcano was one of the first geological formations photographed from space, when the crew of NASA’s Apollo 7 mission snapped the imposing peak in October 1968.

Source : Live Science.

Nouvelles de l’Etna et de l’aéroport de Catane

Comme cela était prévisible au vu du déclin du trémor éruptif et de la diminution des émissions de cendre (voir ma note du 6 juillet 2026), la couleur de l’alerte aérienne pour l’Etna a été abaissée de Rouge à Orange. Le bulletin VONA à destination le l’aviation civile publié ce 7 juillet, indique que l’activité strombolienne des cratères sommitaux diminue et que les émissions de cendres s’atténuent. L’INGV précise que le phénomène se limite à la zone des cratères.
Cette modification du niveau d’alerte intervient alors que l’aéroport de Catane-Fontanarossa est fermé. L’interdiction totale des arrivées et des départs, annoncée ce matin par le SAC est prolongée jusqu’à 14h00 aujourd’hui en raison des émissions de cendres ;

Le changement de couleur de l’alerte aérienne n’entraîne pas automatiquement la réouverture de l’aéroport de Catane. Elle dépend des inspections techniques des pistes et des évaluations du SAC, en coordination avec les autorités de l’aviation civile. Il est conseillé aux passagers de ne pas se rendre à l’aéroport sans avoir préalablement vérifié le statut de leur vol auprès de leur compagnie aérienne.

Source : INGV, La Sicilia.

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Dernière minute (7 juillet à midi) :

L’aéroport de Catane-Fontanarossa vient de rouvrir ses portes. La SAC (Agence spatiale italienne) l’a annoncé dans un communiqué. Suite à la décision de l’INGV d’abaisser le niveau d’alerte volcanique de Rouge à Orange, le trafic aérien a repris immédiatement. Comme écrit précédemment, on observe une diminution de l’activité strombolienne au niveau des cratères sommitaux de l’Etna et une réduction des émissions de cendres, désormais concentrées dans la zone de la Voragine.

L’Etna le 7 juillet 2026 vers 11h15 (Image webcam)

L’origine de l’Etna (Sicile) : un volcan de « petit-spot » // The origin of Mount Etna (Sicily) : a « petit-spot » volcano

Situé en Sicile, l’Etna est le volcan le plus actif d’Europe. Pourtant, son origine demeure en grande partie énigmatique, car aucun modèle géologique connu n’explique de manière détaillée comment il s’est formé. Dans une nouvelle étude*, des scientifiques de l’université suisse de Lausanne et de l’INGV de Catane en Italie décryptent ces mécanismes, et expliquent pourquoi l’Etna est vraiment unique au monde.

Photo: C. Grandpey

Vieux de plus de 500’000 ans et situé sur la côte est de la Sicile, l’Etna culmine à plus de 3000 mètres d’altitude. Il connaît plusieurs éruptions par an, ce qui en fait le volcan le plus actif et l’un des plus surveillés d’Europe. Pourtant, son origine reste en partie mystérieuse : aucun mécanisme géologique connu ne semble expliquer comment ce géant s’est formé.
La nouvelle étude, publiée dans le Journal of Geophysical Research – Solid Earth, les scientifiques suisses et italiens formulent une hypothèse novatrice expliquant les mécanismes de formation dub volcan sicilien. Cette découverte permet une meilleure compréhension de la fréquence inhabituelle de ses éruptions, et pourrait contribuer à améliorer l’évaluation des risques volcaniques par les chercheurs de l’INGV de Catane.

La formation des volcans sur notre planète est due à la fonte d’une partie du manteau terrestre qui devient magma, remonte en surface et se refroidit. Jusqu’à aujourd’hui, on considérait que les volcans se formaient selon trois grands mécanismes connus : 1) à la limite entre deux plaques tectoniques, dont la séparation – ou accrétion – provoque la remontée et la fusion du manteau, générant le fond des océans ; 2) dans les zones de subduction, lorsqu’une plaque plonge sous une autre. Au cours de ce mouvement, de l’eau est entraînée en profondeur, ce qui abaisse la température de fusion du manteau et engendre la création de volcans souvent explosifs, comme le mont Fuji au Japon ; 3) au milieu des plaques tectoniques, lorsque du manteau anormalement chaud remonte et forme des îles océaniques telles que Hawaï ou la Réunion. Ce phénomène est connu sous le nom de « point chaud ».

L’Etna, lui, ne rentre dans aucune de ces catégories. Situé à proximité d’une zone de subduction, sa composition chimique ressemble à celle des volcans de points chauds, alors même qu’aucun point chaud n’est présent à proximité.

La nouvelle étude révèle qu’au contraire des volcans classiques, l’Etna serait formé et alimenté par de petites quantités de magma déjà présentes au sommet du manteau terrestre, à 80 km sous nos pieds. Ces liquides seraient transportés sporadiquement vers la surface par les mouvements tectoniques complexes des plaques Africaine et Eurasienne. Le magma cheminerait ainsi à travers des fissures qui se créent au sein de la plaque tectonique lorsque celle-ci se plie, à l’approche de la zone de subduction. Les chercheurs utilisent l’image d’un liquide qui s’échappe lorsque l’on presse une éponge.

Le volcan sicilien appartiendrait donc à une quatrième catégorie de volcans encore très peu connue : celle des volcans dits « de petit-spot », décrits pour la première fois en 2006 par des géologues japonais. La découverte de ces minuscules volcans sous-marins avait confirmé l’existence de poches de magma au sommet du manteau terrestre, une hypothèse avancée dès les années 1960, et qui révélait que ces magmas pouvaient, dans certaines conditions, engendrer des volcan

La nouvelle étude italo-suisse explique que l’Etna serait né d’un mécanisme similaire à celui qui explique la genèse des volcans « de petit-spot ». Cette découverte est surprenante puisque jusqu’ici, ce processus n’avait été constaté que pour des volcans de très petite taille, ne dépassant pas quelques centaines de mètres de hauteur. L’Etna, en revanche, est un stratovolcan majeur dont l’altitude dépasse aujourd’hui 3 000 mètres.

La nouvelle découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension de la genèse d’autres édifices volcaniques dans le monde.

Pour effectuer leur étude, les scientifiques ont collecté des échantillons sur l’Etna, afin de reconstituer l’évolution chimique des laves émises depuis la formation du volcan jusqu’à aujourd’hui. S’appuyant sur des données expérimentales, ils ont pu montrer que la composition des magmas sous l’Etna est restée globalement constante au cours du temps, tandis que le régime tectonique a évolué. L’ensemble de ces observations montre que les magmas qui alimentent l’Etna doivent préexister au sommet du manteau, et que les variations des volumes émis lors des éruptions sont principalement contrôlées par le mouvement des plaques. Cette interprétation permet de relier le volcanisme de l’Etna au mécanisme « de petit-spot ».

*Mount Etna as a leaking pipe of magmas from the low velocity zone , Journal of Geophysical Research – Solid Earth, 2026. Auteurs : S. Pilet, J. Reymond, L. Rochat, R. A. Corsaro, M. Chiaradia, L. Caricchi, O. Müntener,

Source : Université de Lausanne.

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Located in Sicily, Mount Etna is Europe’s most active volcano. Yet its origin remains largely enigmatic, as no existing geological model fully explains how it formed. In a new study*, scientists from the University of Lausanne (UNIL) and from the INGV of Catania (Italy) shed light on these mechanisms and reveal why Mount Etna may in fact be unique in the world.

More than 500,000 years old and rising over 3,000 metres above sea level on Sicily’s eastern coast, Mount Etna erupts several times a year, making it both the most active and one of the most closely monitored volcanoes in the world. Despite this, its origin remains partly mysterious: no known geological process fully accounts for the formation of this giant.
In the new study published in the Journal of Geophysical Research – Solid Earth, the scientists unveil a new hypothesis that could transform our understanding of how Mount Etna formed. Their findings shed new light on the volcano’s unusually frequent eruptions and pave the way for improved volcanic hazard assessment by researchers at INGV in Catania, Italy.

Volcanoes on our planet form when part of the Earth’s mantle melts into magma, rises to the surface, and solidifies. Until now, it was thought that volcanoes form according to three main mechanisms: 1) at the boundary between two tectonic plates, where their separation, or accretion, allows mantle material to rise and melt, creating the ocean floor ; 2) in subduction zones, where one plate dives beneath another. Water carried down with the subducting plate lowers the mantle’s melting point, generating often explosive volcanoes, such as Mount Fuji in Japan ; 3) in the middle of tectonic plates, when unusually hot mantle material rises, forming oceanic islands like Hawaii or La Réunion. This phenomenon is known as a “hotspot”.

Mount Etna, however, fits into none of these categories. Located near a subduction zone, its chemical composition resembles that of hotspot volcanoes, even though no hotspot is present nearby. The new study shows that, unlike conventional volcanoes—where magma forms shortly before an eruption—Etna is fed by small amounts of magma already present in the upper mantle, some 80 kilometers beneath the surface. These magmas are transported sporadically toward the surface by the complex tectonic movements resulting from the collision between the African and Eurasian plates. The magma rises through fractures in the tectonic plate created as it bends near the subduction zone, much like liquid being squeezed from a sponge.

The Sicilian volcano may therefore belong to a little-known fourth category of volcanoes: so-called “petit-spot” volcanoes, first described in 2006 by Japanese geologists. These tiny submarine volcanoes provide compelling evidence for the existence of pockets of magma at the top of the Earth’s mantle—an idea first proposed in the 1960s—and show that, under certain conditions, such magmas can give rise to volcanoes.

The latest study suggests that Etna may have formed through a mechanism similar to the one that generates petit-spot submarine volcanoes. This is unexpected, as such processes had previously only been observed in very small volcanic structures, typically rising no more than a few hundred metres. Mount Etna, by contrast, is a large stratovolcano which now towers more than 3,000 metres above sea level.”

This discovery opens up new perspectives for understanding how other volcanic systems may form around the world.

In order to perform their study, the scientists collected samples from Mount Etna to reconstruct the chemical evolution of the lavas erupted since the volcano formed, approximately 500,000 years ago, up to the present day. Based on experimental data, they were able to show that the composition of Etna’s magmas has remained largely consistent over time, even as the tectonic regime evolved. These combined observations support the idea that the magmas feeding Etna pre-exist in the upper mantle, and that variations in erupted volumes are primarily controlled by plate movements. This interpretation links Mount Etna’s volcanism to the “petit-spot” mechanism.

*S. Pilet, J. Reymond, L. Rochat, R. A. Corsaro, M. Chiaradia, L. Caricchi, O. Müntener, Mount Etna as a leaking pipe of magmas from the low velocity zone , Journal of Geophysical Research – Solid Earth, 2026

Source : Université de Lausanne.

Puracé (Colombie) : Volcan et Traditions // Puracé (Colombia) : Volcano and Traditions

Dans ma dernière note (12 décembre 2025) concernant l’activité volcanique dans le monde, j’explique que l’activité éruptive se poursuit sur le Puracé (Colombie). La sismicité est marquée par des épisodes de tremor et des signaux longue période indiquant des mouvements de fluides. On enregistre aussi des séismes témoignant de la fracturation de la roche à des profondeurs de 1 à 3 km. Chaque jour, les émissions de gaz et de cendres s’élèvent de 100 à 900 m au-dessus du sommet. Le 3 décembre 2025, une hausse de la température à l’intérieur du cratère a été observée grâce aux données satellitaires. De faibles retombées de cendres sont signalées dans plusieurs localités. Le niveau d’alerte reste Orange (niveau 2 sur une échelle de quatre couleurs) et le public est prié de rester à l’écart du cratère. Le Puracé (4 640 mètres) est l’un des volcans actifs de Colombie, avec au moins 51 éruptions recensées depuis l’année 1400. Sa dernière éruption significative remonte à 1977.
La situation à Puracé illustre le lien qui unit le volcan aux communautés locales – le peuple Coconuco – et à leurs traditions. Malgré une alerte récente signalant une éruption probable dans les jours ou les semaines à venir en raison d’une hausse de l’activité sismique et de l’émission de colonnes de cendres atteignant jusqu’à 900 mètres de hauteur, les villageois ne sont pas inquiets. Ils affirment avoir toujours vécu sur le volcan, avoir grandi sur ses flancs, et n’avoir donc aucune raison de le craindre. Ils continueront à le fréquenter, alerte ou non. Ils expliquent qu’ils doivent s’occuper de leurs animaux. C’est une raison fréquemment invoquée par les villageois vivant sur les pentes d’un volcan, comme on a pu le constater lors de l’éruption du Merapi (Indonésie) en 2010. Depuis l’alerte émise pour le Puracé le 29 novembre 2025, les autorités montrent des signes d’inquiétude. Elles se préparent à une évacuation préventive d’au moins 800 personnes vivant autour du volcan, dans des maisons dispersées à flanc de montagne.
Pour le peuple Coconuco, le volcan est sacré et protège leur territoire. Le gouverneur de la réserve indigène de Purace a déclaré : « Le volcan est notre maître ; nous n’avons aucune raison de le craindre. C’est pourquoi nous le respectons et accomplissons des rituels en son nom.» Ces rituels consistent notamment à offrir au cratère du maïs, des plantes aromatiques et une boisson alcoolisée traditionnelle à base de fruits, le guarapo. Pour la communauté indigène, les émissions de cendres du volcan sont un message : elles appellent à une plus grande protection de la nature.
Selon les villageois, une éruption signifie que le volcan leur reproche d’avoir été surexploité. Pendant près de 60 ans, ils ont puisé leur richesse dans ses profondeurs en extrayant du soufre. Aujourd’hui, ils la récoltent abusivement avec le tourisme. Les anciens, témoins des éruptions du passé, s’efforcent de rassurer les plus jeunes, qui découvrent l’activité volcanique pour la première fois. Ceux dont les maisons se situent en zone à risque affirment qu’ils ne partiront que si le volcan émettait des gaz toxiques.
Le Puracé manque d’infrastructures et de moyens logistiques pour une évacuation complète. Les autorités s’emploient donc à mettre en place des abris temporaires, mais elles ont également besoin de réservoirs d’eau, de nourriture et d’une solution pour protéger le bétail, essentiel à l’agriculture et à l’élevage de la communauté.
Un villageois Coconuco a déclaré : « S’il faut mourir ici, nous mourrons ici. Mais nous n’irons pas mourir de faim ailleurs.»
Source : ABC News via Yahoo News.

 Cratère du Puracé (Source : Wikipedia)

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In my latest update (December 12, 2025) about volcanic activity in the world, I explained that eruptive activity continued at Puracé (Colombia). Seismicity is characterized by tremor and long-period signals indicating fluid movement, and earthquakes indicating rock fracturing located at depths of 1-3 km. Daily gas-and-ash emissions rose 100-900 m above the summit. On 3 December 2025, a temperature increase within the crater was identified in satellite data. Minor ashfall has been reported in several communities. The Alert Level remains at Orange (level 2 on a four-color scale) and the public is asked to stay away from the crater. The Purace volcano (4,640 meters), is one of Colombia’s active volcanoes, with at least 51 eruptive events since the year 1400. Its most recent significant eruption was recorded in 1977.

The situation at Puracé shows the link that connects the volcano with local communities – the Coconuco people – and their traditions. Despite a recent alert indicating that an eruption was likely in the coming days or weeks due to increased seismic activity at the volcano and the emission of ash columns reaching up to 900 meters, the villagers are not afraid. They say that they have lived on the volcano, grown up on its slopes, so they have no reason to fear it. They will keep going there, alert or not. They explain that they have to look after their animals. This is a reason very often cited by the villagers living on the slopes of the volcano, as could be heard during Mount Merapi’s 2010 eruption.

Still, since the alert issued on November 29, 2025, the surrounding community has been on edge. Authorities have sought to prepare for a preventive evacuation of at least 800 people who live on the volcano’s periphery, in scattered homes among the mountains.

For the Coconuco people, the volcano is sacred and a protective spirit of their territory. Said the governor of the Purace Indigenous Reserve : “The volcano is our master; we have no reason to fear it. That’s why we respect it and perform rituals in its name.” Rituals include offering the crater corn, sweet plants and a traditional alcoholic drink made from fruit known as guarapo. For the Indigenous community, the volcano sends them a message when it emits ash, asking for greater care of nature.

In their opinion, when there is an eruption, it means that the volcano is saying that they have exploited it too much for about 60 years and that they took money from beneath it by extracting sulfur, and now with tourism they are taking money from above it.

Elders who have witnessed eruptions of the volcano have sought to reassure the younger members of the community who are seeing the volcano active for the first time. The elders whose homes are located in a risk zone say they would only evacuate if the volcano were to emit poisonous gases.

Purace lacks the infrastructure and logistics needed for a full evacuation, so authorities are working to set up temporary shelters, but they also need water storage tanks, food and a solution to protect their livestock and domestic animals, which are vital to the agricultural and ranching community.

Said one villager of the Coconuco community : ‘If we have to die here, we’ll die here. But we’re not going somewhere else just to die of hunger.”

Source : ABC News via Yahoo News.