L’hôtel et les ours polaires // The hotel and the polar bears

Il y a aussi des histoires que je n’aime pas. La plus récente a eu lieu dans la province du Heilongjiang, à l’extrême nord-est de la Chine, où un hôtel espère attirer des clients en exposant des ours polaires vivants. Le Polar Bear Hotel fait partie du Harbin Polarland, un parc à thème à Harbin, la capitale et la plus grande ville du Heilongjiang. L’hotel a ouvert ses portes le 12 mars 2021 et promet à ses clients de pouvoir observer 24 heures sur 24 les ours polaires depuis les 21 chambres.

On peut lire sur la publicité de l’hôtel : « Que vous mangiez, jouiez ou dormiez, les ours polaires vous tiendront compagnie ».

Des photos et des vidéos diffusées par les médias d’État chinois montrent des gens en train de regarder deux ours polaires à l’intérieur d’un enclos doté de glace artificielle et de petits bassins d’eau. La zone intérieure n’est qu’une partie de l’enceinte où vivent les ours, et les responsables de l’hôtel disent que les ours sont laissés à l’extérieur lorsque la température et la qualité de l’air le permettent.

L’initiative de l’hôtel a été vivement critiquée par les écologistes. Ils affirment que «les ours polaires appartiennent à l’Arctique, pas aux zoos ou aux cages de verre des aquariums, et certainement pas aux hôtels.» Ils ajoutent que «les ours polaires sont actifs jusqu’à 18 heures par jour dans la nature où ils parcourent des zones pouvant couvrir des milliers de kilomètres. C’est là qu’ils ont leur vraie vie. » C’est aussi mon avis et je condamne personnellement l’utilisation des animaux pour gagner de l’argent. Remplacez les ours par des membres de l’hôtel et laissez les dans cette cage de verre pendant quelques mois ; vous verrez le résultat! En 2016, un centre commercial de la ville de Guangzhou, dans le sud du pays, a été unanimement condamné après la diffusion de vidéos d’un ours polaire, Pizza, allongé sur le flanc dans une enceinte aux parois de verre.

Les prix des chambres dans l’hôtel varient de 1 888 à 2 288 yuans (290,10 $ à 351,56 $) par nuit. Malgré les prix élevés, l’hôtel est complet pendant la période d’essai. Pauvre espèce humaine !

Source: Yahoo News.

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There are also stories I do not like. The most recent took place in China’s far northeastern Heilongjiang province where a hotel hopes to draw guests by exhibiting live polar bears.

The Polar Bear Hotel is part of the Harbin Polarland theme park in Harbin, Heilongjiang’s capital and largest city. It opened its doors on March 12th, 2021 with the promise of round-the-clock polar bear viewing from all 21 guest rooms.

The advertisement for the hotel says that « whether you’re eating, playing or sleeping, polar bears will keep you company. »

Photos and videos from Chinese state media showed people watching two polar bears in an indoor enclosure featuring artificial ice and small pools of water. The indoor area is only part of the bears’ total enclosure, and hotel officials say the bears are let outdoors when temperature and air quality permit.

The hotel’s initiative has been strongly criticised by conservationists. They argue that “polar bears belong in the Arctic, not in zoos or glass boxes in aquariums, and certainly not in hotels, » They add that “polar bears are active for up to 18 hours a day in nature, roaming areas that can span thousands of miles, where they enjoy a real life.” This is also my opinion and I personally condemn the use of animals to make money. Just let the hotel officials take the place of the bears in the enclosure for a few months and you will see the result!

In 2016, a shopping mall in the southern city of Guangzhou attracted global condemnation after videos emerged of a polar bear, Pizza, lying on her side in a glass-walled enclosure.

Room prices in the hotel range from 1,888 to 2,288 yuan ($290.10 to $351.56) per night. Despite the high prices, it is fully booked through a trial period. Poor mankind!

Source: Yahoo News.

Source : Polar Bear Hotel

L’orque et le manchot // The killer whale and the penguin

Voici une histoire comme je les aime. Elle a pour cadre l’Antarctique , et plus précisément le détroit de Gerlache, un étroit bras de mer qui sépare l’archipel de Palmer de la Péninsule antarctique. Plusieurs groupes de touristes naviguaient à bord de zodiacs pour observer les icebergs et la faune de la région. L’un des touristes filmait un groupe d’orques en train de chasser des manchots.

C’est alors qu’un manchot papou est apparu, essayant d’échapper à la poursuite acharnée des épaulards. Tout le monde dans les embarcations était persuadé que les orques gagneraient facilement la course et avaleraient le manchot, mais ce dernier avait plus d’un tour dans son sac. Il a échappé à une mort certaine en sautant à bord d’un zodiac! Heureusement, l’orque n’a pas eu la même idée! Sur la vidéo, on voit que le manchot a l’air remarquablement calme et pas perturbé par cette situation insolite. Au bout d’un certain temps, une fois que les bateaux se sont éloignés des orques, le passager clandestin a plongé dans l’eau et retrouvé son élément naturel. Voici une vidéo de la scène:

https://youtu.be/Ljx-czk4B80

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Here is one of the stories I am fond of. This one took place in Antarctica’s Gerlache Strait, a channel separating the Palmer Archipelago from the Antarctic Peninsula. Several groups of tourists were cruising onboard zodiacs, looking for icebergs and the fauna in the region. One of the tourists was filming a pod of killer whales chasing penguins through the water.

And then, a gentoo penguin appeared, swimming away from the orcas’ dogged pursuit. Everyone thought the orcas would easily win the race and eat the penguin, but the bird was a smart one. He saved its life by jumping on board a zodiac! Fortunately, the killer whale did not try to do the same! The penguin looked remarkably calm and undisturbed in the boat. After the boats cruised away from the orcas for a short time, the stowaway hopped back out into the water.

Here is a video of the scene:

https://youtu.be/Ljx-czk4B80

Crédit photo : Wikipedia

Icebergs

On parle beaucoup d’icebergs en ce moment, suite au récent vêlage de deux mastodontes en Antarctique. France 3 Limousin m’a demandé de donner quelques explications le 8 mars au cours du 12-13, mais le temps qui m’était imparti ne m’a pas permis de dire grand-chose. Voici donc quelques informations supplémentaires.

Il faut tout d’abord rappeler que la production – ou vêlage – d’icebergs n’est pas un fait nouveau. Depuis la nuit des temps, des milliers de blocs de glace quittent la banquise ou se détachent de glaciers venant finir leur course dans un lac ou dans la mer.

92% du volume d’un iceberg est situé sous la surface de l’eau. Ainsi, un grand iceberg tabulaire dépassant de 35 à 40 m au-dessus de la surface de l’océan a une partie immergée pouvant descendre jusqu’à plus de 300 m de profondeur.

La flottabilité de l’iceberg s’explique par la célèbre poussée d’Archimède, un principe que beaucoup d’entre nous ont appris par cœur sur les bancs de l’école : « Tout corps plongé dans un fluide subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé. ». La pression étant plus forte sur la partie inférieure d’un objet immergé que sur sa partie supérieure, il en résulte une poussée globalement verticale orientée vers le haut.

Les icebergs sont classés en fonction de leur taille et de la forme de leur partie visible. Ils peuvent être tabulaires, trapus, biseautés, etc. Lors des grandes compétitions comme le Vendée Globe qui transitent par les mers du sud, les navigateurs redoutent les growlers, petits icebergs difficilement décelables par les radars et qui peuvent causer de gros dégâts aux bateaux. C’est pour cela qu’il y a interdiction de naviguer en dessous d’une certaine latitude.

Les icebergs arborent souvent des couleurs magnifiques qui vont du blanc au bleu profond. Certains présentent des zébrures de teinte foncée correspondant à des formations géologiques comme d’anciennes couches de cendre volcanique ou des inclusions de moraines.

L’approche du front des glaciers, là où se produisent des vêlages d’icebergs, doit se faire avec grande prudence, surtout si l’on se trouve à bord d’une embarcation légère comme un kayak. Certains effondrements déclenchent de très grosses vagues capables de renverser un bateau qui se serait approché trop près.

Les icebergs présentent un réel danger pour la navigation comme l’a montré le naufrage du Titanic, intervenu lors de la collision avec un iceberg le 14 avril 1912. Dans les années qui ont suivi, plusieurs organismes ont été créés pour l’étude et la surveillance des icebergs dans les deux hémisphères.

Les icebergs sont identifiables par leurs noms. La première lettre fait référence à leur région d’origine. Ainsi, un iceberg dont première lettre est A provient du 1er quadrant entre 0° et 90° de longitude ouest (mer de Bellingshausen et mer de Weddell). Le nombre qui suit la lettre est son classement dans l’ordre de vêlage. Par exemple, l’iceberg B-15, issu de la plateforme glaciaire de Ross, est le quinzième iceberg suivi par le National Ice Center qui contrôle la région. Par la suite, lorsqu’un iceberg géant se fragmente, chaque fragment est affecté du code de l’iceberg d’origine, suivi d’une lettre. Ainsi, l’A-68a (iceberg d’origine) a accouché de petits ayant pour appellation A-68 b, c, d, e, etc.

Certains icebergs sont de véritables géants. Le B-15 que je viens de mentionner avait une superficie de 11 000 km2 quand il s’est détaché de la plateforme de Ross en 2000. Il mesurait 295 km de long sur 37 km de large.

Quand l’A-68 s’est détache de la plateforme Larsen C le long de la Péninsule Antarctique en juillet 2017, il avait une superficie de 5800 km2, avec une longueur de 175 km et une largeur de 50 km.

Le dernier gros iceberg – l’A-74 – s’est détaché de la plateforme antarctique de Brunt et est un peu moins volumineux que l’A-68. Il couvre quand même une surface de 1270 km2.

  Iceberg tabulaire (Crédit photo : Wikipedia)

Les icebergs ont parfois de superbes couleurs (Photo : C. Grandpey)