Un espoir pour les volcanologues auvergnats // Some hope for volcanologists in Auvergne (France)

Voici une bonne nouvelle pour les volcanologues auvergnats qui attendent désespérément le réveil de leurs chers et vieux volcans volcans.
Une nouvelle étude publiée dans Science Advances explique que les volcans « éteints », qui n’ont pas connu d’éruption depuis des dizaines de milliers d’années, ne sont peut-être pas inactifs. Il se pourrait bien qu’ils accumulent silencieusement d’immenses réserves de magma qui alimenteront de futures éruptions.
Cette découverte est le fruit du travail d’une équipe de volcanologues de l’ETH Zurich (Suisse), qui a cartographié l’histoire géologique du volcan Méthana, près d’Athènes (Grèce), sur une période de 700 000 ans. Le Méthana est le volcan le plus occidental de l’arc volcanique de la mer Égée méridionale, une région de points chauds volcaniques générée par la tectonique des plaques et qui traverse les îles grecques. Cet arc comprend également le volcan Théra, qui aurait dévasté la civilisation minoenne de Santorin il y a environ 3 600 ans.

 Vue du dôme du volcan Methana (Crédit photo: Smithsonian Institution)

Les auteurs de l’étude ont découvert une prolifération de minuscules cristaux de zircon correspondant à la plus longue période de dormance du Méthana, qui a duré plus de 100 000 ans. Cette découverte indique que d’importantes quantités de magma sont toujours en formation.

L’existence d’une telle période dormance, qui n’en est pas vraiment une, est problématique car aujourd’hui les prévisions de risques volcaniques reposent sur l’hypothèse que certains volcans peuvent être considérés comme ‘éteints’ après environ 10 000 ans d’inactivité. C’est le cas de l’Auvergne (France) ou des volcans de la Garrotxa (Espagne).
Pour réévaluer la relation entre l’activité éruptive et l’accumulation de magma, les chercheurs ont analysé des échantillons de roche provenant de 31 sites répartis sur le volcan, tous associés aux anciennes éruptions du Méthana. Ils ont conclu que les volcans peuvent « respirer » sous terre pendant des millénaires sans que le magma atteigne jamais la surface.
Le Méthana a lui-même généré plus de 31 éruptions, dont trois explosives, au cours des centaines de milliers d’années écoulées. Bien que sa chronologie soit encore mal connue, la plus récente éruption remonte à environ 2 250 ans et a été consignée par l’historien grec Strabon.
Pour remonter plus loin dans le temps géologique, les chercheurs ont analysé des cristaux provenant d’échantillons de roche du Methana et calculé leur âge grâce à la vitesse de désintégration radioactive d’éléments tels que l’uranium. Les minuscules cristaux de zircon sont particulièrement instructifs. Formés dans des environnements magmatiques, les zircons agissent comme des capsules temporelles naturelles, révélant leur lieu et leur date de formation et préservant ainsi l’histoire de la Terre depuis plus de 4 milliards d’années.
La reconstitution de l’histoire du Methana a révélé que des volcans endormis peuvent être silencieusement actifs. En effet, le pic de formation des zircons du Methana s’est produit durant une période de calme exceptionnellement longue, qui a duré d’environ 280 000 à 170 000 ans. Il faut remarquer que ce pic est survenu en l’absence de tout signe d’activité volcanique en surface.
Ce paradoxe s’explique par les forces géologiques qui ont façonné les racines du Methana. Sous le volcan, une plaque tectonique glisse sous une autre dans un processus de subduction. Ce glissement transporte avec lui d’importantes quantités de sédiments marins et d’eau vers l’intérieur de la Terre. Cette eau hydrate le manteau, stimulant fortement la production de magma. Cependant, la saturation en eau déclenche également la cristallisation du magma, le rendant plus épais et moins mobile. Ce magma plus épais remonte plus lentement, stagne à des profondeurs plus importantes, ce qui entraîne une diminution du nombre d’éruptions.

Cette nouvelle étude apporte des preuves inédites que la période de dormance prolongée d’un volcan ne garantit pas l’absence de risque éruptif. Cette découverte pourrait inciter les autorités compétentes à réévaluer le statut des volcans classés comme « éteints ». D’après ses auteurs, la surveillance des émissions de gaz, des déformations du sol, des séismes volcano-tectoniques et des anomalies gravimétriques pourrait permettre aux autorités de déterminer quels volcans, longtemps endormis, se réveillent discrètement.
Source : Science Alert, Science Advances.

Vous trouverez l’étude dans son intégralité en cliquant sur ce lien:
https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.aec9565

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Here is good news for volcanologists in the French Auvergne who are desperately waiting for an eruption of their dear old volcanoes.

A new research published in Science Advances explains that ‘extinct’ volcanoes that haven’t erupted for tens of thousands of years may not actually be inactive, but silently accumulating huge reservoirs of magma to fuel future eruptions.

The piece of news comes from a team of volcanologists at ETH Zurich (Switzerland) who mapped the geological history of the Methana volcano near Athens (Greece) across 700,000 years.Methana is the westernmost component of the South Aegean Volcanic Arc, a region of volcanic hotspots generated by plate tectonics that cuts across the Greek islands. This arc also includes the Thera volcano, thought to have devastated the Minoan civilization on Santorini around 3,600 years ago.

The authors of the study discovered a « bloom » of tiny zircon crystals coinciding with Methana’s longest dormant period, which lasted more than 100,000 years. The discovery indicates that massive amounts of magma are still brewing. Such a deceptively long, false dormancy is problematic because volcanic hazard forecasts are based on the assumption that some volcanoes may become extinct after approximately 10,000 years of inactivity, as in the French Auvergne or in the Spanish Garrotxa province. .

To reassess the relationship between eruptive activity and magma accumulation, the researchers analyzed rock samples from 31 locations across the volcano, all associated with Methana’s ancient eruptions. They concluded that volcanoes can ‘breathe’ underground for millennia without ever breaking the surface.

The still-active Methana itself has generated more than 31 eruptions, including three explosive events, over the past hundreds of thousands of years. Although its chronology is poorly understood, the youngest eruption was witnessed circa 2,250 years ago and recorded by the Greek historian Strabo.

To delve further back into geological time, the researchers analyzed crystals from the Methana rock samples and calculated their ages using the radioactive decay rates of elements such as uranium.

Tiny zircon crystals are especially informative. Zircons form in magmatic environments and act as natural time capsules, revealing when and where they were born, and preserving Earth’s history for more than 4 billion years.

The reconstruction of Methana’s history revealed that snoozing volcanoes may be silently awake. In fact, the peak of Methana’s zircon formation occurred during an exceptionally lengthy quiet spell lasting from around 280,000 to 170,000 years ago. Curiously, this peak occurred despite no volcanic life-signs at the surface.

This paradox is due to the geological forces that shaped Methana’s roots. Beneath the volcano, one tectonic plate is sliding beneath another, in a subduction process.The sliding plate carries substantial amounts of sea-floor sediments and water into the Earth’s interior. That water hydrates the mantle, supercharging magma production. But water saturation also triggers crystallization within the magma, making it thicker and more immobile. This thickened magma slows itself down as it ascends, meaning those billowing magma supplies stall at lower depths and lead to fewer eruptions.

This news study provides new evidence that extended dormancy may not indicate safety, which could prompt hazard authorities to reassess volcanoes classed as ‘extinct’. According to its authors, by monitoring gas emissions, ground deformation, volcano-tectonic earthquakes, and gravity anomalies, authorities may be able to determine which long-slumbering volcanoes are quietly reawakening

Source : Science Alert, Science Advances

You can find the full study by clicking on this link:

https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.aec9565

Nouvelle approche de Yellowstone // New approach to Yellowstone

D’après une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’Académie chinoise des sciences et publiée le 9 avril 2026 dans la revue Science, le célèbre super-volcan de Yellowstone aurait un système d’alimentation totalement différent de celui proposé par beaucoup de scientifiques aujourd’hui. La nouvelle étude laisse entendre que l’activité volcanique de Yellowstone est en réalité due à des mouvements de la croûte terrestre, et non à une profonde réserve de magma souterraine comme on le pensait jusqu’à présent. Cette découverte pourrait aider les scientifiques à prédire l’activité volcanique future et à mieux comprendre le comportement du volcan.

Vue du système magmatique de Yellowstone admis jusqu’à présent (Source: USGS)

Les auteurs de la nouvelle étude insistent sur le fait que leurs travaux « modifient notre compréhension du fonctionnement du système magmatique de Yellowstone, et les futurs modèles d’éruption devront donc en tenir compte ».
La région de Yellowstone est le siège d’une activité volcanique intense. Au cours des 2,1 derniers millions d’années, elle a connu trois éruptions majeures, la plus récente remontant à 631 000 ans. La dernière super-éruption a créé la caldeira de Yellowstone, qui mesure plus de 50 kilomètres de diamètre.
L’origine de l’activité volcanique de Yellowstone fait l’objet d’un débat de longue date. Certains scientifiques pensent qu’un panache mantellique profond se situe sous sa surface. D’autres soutiennent que l’activité volcanique de Yellowstone est due aux pressions exercées au sein de la croûte et du manteau.
Dans la nouvelle étude, les chercheurs expliquent que la tectonique à elle seule peut chauffer les réservoirs magmatiques sous Yellowstone, sans qu’un panache mantellique profond soit nécessaire. Ils ont créé un modèle 3D intégrant les mouvements passés des plaques tectoniques autour de l’ouest de l’Amérique du Nord, la structure actuelle du manteau sous Yellowstone et des données sur la lithosphère. L’équipe scientifique a découvert que le système magmatique de Yellowstone est contrôlé par la tectonique, et non par un panache mantellique, et que deux forces opposées s’exercent sur ce système.

Vue du système d’alimentation de Yellowstone, selon la nouvelle étude

La lithosphère sous-jacente à Yellowstone présente des densités variables, certaines parties étant plus denses que d’autres. Ceci provoque un étirement de la croûte externe vers la côte ouest des États-Unis, un peu comme de la pâte qu’on étire. Parallèlement, une ancienne plaque tectonique, la plaque Farallon, s’enfonce sous le centre-est de l’Amérique du Nord, entraînant le bas de la croûte terrestre vers le bas et inclinant le système d’alimentation volcanique. À Yellowstone, ces deux forces s’opposent directement, ce qui provoque l’ouverture de la lithosphère sous-jacente. De plus, ce système relie la surface de Yellowstone aux couches situées sous la croûte terrestre et entraîne le magma vers le haut.
Une étude géophysique récente a montré que le magma de Yellowstone prend naissance au sud-ouest du complexe volcanique, dans le manteau supérieur, juste sous la lithosphère. De là, le magma migre vers le nord-est, sous la croûte, au-dessous de la caldeira de Yellowstone. La nouvelle étude montre comment le magma pourrait suivre ce trajet.
Comprendre le processus d’élévation de température du magma permettra aux scientifiques de prédire avec plus de précision l’activité future dans la région. Yellowstone n’est pas le seul système volcanique qui pourrait bénéficier de ce type de modélisation. Elle pourrait également servir à mieux comprendre le Toba en Asie du Sud-Est, le Taupo en Nouvelle-Zélande et les volcans actifs du nord-est de la Chine.
Source : Live Science via Yahoo News.

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According to a new study by scientists at the Chinese Academy of Sciences, published on April 9 2026 in the journal Science, Yellowstone’s famous supervolcano is likely being fueled in a completely different way from what many scientists assumed. The new research suggests that Yellowstone’s volcanic activity is actually driven by shifts in Earth’s crust, rather than a deep well of magma underground as previously thought. (see image above)

This finding could help scientists predict future volcanic activity and better understand how the volcano will behave.

The authors of the new study insist that their work « changes the understanding of how the magma plumbing system works, so future eruption models have to take this into account. »

The Yellowstone area is a hotbed of volcanic activity. In the last 2.1 million years, it has seen three major eruptions, with the most recent taking place 631,000 years ago. The last supereruption created the Yellowstone caldera, which is more than 50 kilometers wide.

There is a long-standing debate about the origin of Yellowstone’s volcanic activity. Some scientists think there is a deep mantle plume beneath its surface. But others argue that Yellowstone’s volcanic activity is due to pressures within the crust and mantle.

In the new study, the researchers argued that tectonics alone can heat the magma reservoirs underneath Yellowstone without the need for a deep mantle plume. They created a 3D model, which incorporated past tectonic plate movements around western North America, the present-day mantle structure under Yellowstone, and data about the lithosphere. The team found that Yellowstone’s magma plumbing was controlled by tectonics, rather than a mantle plume, and that two opposing forces are pulling at the system. (see image above)

The lithosphere underneath Yellowstone has different densities, making some parts of it heavier than others. This causes the outer crust to stretch towards the west coast of the U.S. It is a bit like dough being stretched. At the same time, an old tectonic plate , the Farallon slab, is sinking below central-eastern North America, dragging the bottom of the crust downward and tilting the volcanic plumbing system. At Yellowstone, these two forces compete directly with each other, which pulls open the lithosphere below Yellowstone. Moreover, the plumbing system connects the surface of Yellowstone with layers below Earth’s crust and draws the magma upwards.

A recent geophysical study showed that Yellowstone’s magma originates in the southwest of the complex in the upper mantle, just below the lithosphere. From there, the magma migrates to the northeast, underneath the crust below the Yellowstone caldera. The new study shows how the magma could follow this route.

Understanding how the magma gets heated will help scientists to more accurately predict future activity in the area. Yellowstone is not the only volcanic system that could benefit from this type of modeling. It could also be used to better understand Toba in southeast Asia, Taupo in New Zealand and the active volcanoes in northeastern China.

Source : Live Science via Yahoo News.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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La Martinique (France) ne peut oublier l’éruption catastrophique de la Montagne Pelée en 1902.et tout le monde sait que le volcan peut se réveiller à tout moment. C’est pourquoi les 29 et 30 avril 2026 la Préfecture de Martinique a testé la gestion d’une crise majeure.

Premier acte : Le 29 avril 2026, une simulation a eu lieu au centre opérationnel départemental : deux millions de mètres cubes menaçaient de s’effondrer sous la falaise Sampère, tandis que des fumerolles apparaissent sur la Montagne Pelée. Face à ces signaux, le poste de commandement de crise a été activé. L’objectif était de coordonner les secours, organiser la sécurité et anticiper d’éventuelles évacuations. Le préfet insiste sur la nécessité d’anticiper sans céder à l’alarmisme :

Des échanges ont eu lieu avec les volcanologues pour affiner l’évolution de la situation. Des postes de commandement opérationnels ont été déployés dans les sous-préfectures et les communes pour assurer la coordination.

Deuxième acte : Le 30 avril 2026, l’exercice s’est déployé sur le terrain. Douze communes ont participé à une simulation d’évacuation des populations les plus exposées au risque volcanique.

Pour les autorités, ces exercices sont essentiels. Au-delà de l’entraînement, il s’agissait de tester la réactivité des services et d’identifier les failles d’un dispositif qui s’avère crucial face à un risque bien réel.

Source : Martinique la 1ère.

Photo: C. Grandpey

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L’Épisode 45 de l’éruption du Kilauea (Hawaï) s’est déroulé le 23 avril 2026 (voir la description dans ma note du 24 avril 2026). L’éruption est actuellement en mode pause. Selon le HVO, les fontaines de lave de l’Épisode 46 devraient jaillir entre le 5 et le 9 mai 2026.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 45

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Les rapports du Met Office concernant l’activité volcanique en Islande se ressemblent tous. La dernière mise à jour (28 avril 2026) indique que plus de 25 millions de mètres cubes de magma se sont accumulés sous Svartsengi depuis la dernière éruption de juillet 2025. Il s’agit du plus grand volume mesuré depuis le début des éruptions sur la chaîne de cratères de Sundhnúkur. La vitesse d’accumulation du magma sous Svartsengi n’a jamais été aussi lente, mais cela ne signifie pas forcément qu’il n’y aura pas d’éruption. On l’a vu avec l’éruption du Krafla (1975-1984) qui a débuté après une période d’accumulation lente du magma. .
Le soulèvement du sol se poursuit à Svartsengi à un rythme pouvant atteindre 2 cm par mois.

Image InSAR montrant le soulèvement du sol à Svartsengi (Source : Met Office)

Selon les volcanologues islandais, la propagation d’un dyke magmatique vers la chaîne de cratères de Sundhnúkur demeure le scénario le plus probable et pourrait mener à une éruption. Bien sûr, personne ne sait quand, et le Met Office a cessé de faire des pronostics. Cependant, le préavis devrait être court, entre 20 minutes et un peu plus de 4 heures. Heureusement, si une éruption se produit dans cette zone, aucune évacuation de population ne sera à prévoir.
Source : Met Office.

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Au Costa Rica, l’activité éruptive se poursuit sur le Poás, avec des émissions de gaz au-dessus du lac et en provenance du nouveau champ fumerollien situé le long de la paroi ouest interne. Une éruption phréatique/surtseyenne dans la Boca A, le 27 avril 2026, a projeté des jets de matière sombre au-dessus de la surface du lac et généré un panache de vapeur s’élevant à environ 100 m de hauteur. Une seconde éruption, le 28 avril, a duré environ une minute et a consisté en trois explosions. Le panache éruptif s’est élevé à 400 m.
Le niveau d’alerte volcanique reste à 2 sur une échelle de quatre niveaux.

Image webcam de l’éruption du 27 avril 2026

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Toujours au Costa Rica, des éruptions mineures sont observées sur le Rincón de la Vieja. Une éruption phréatique, le 23 avril 2026, a produit un panache de vapeur et de gaz s’élevant à 100 m au-dessus du cratère. Des panaches de gaz et de vapeur s’élevaient à 500 m au-dessus du cratère le 24 avril. Une éruption modérée, accompagnée de panaches de cendres le 27 avril, a été l’événement le plus important enregistré jusqu’à présent en 2026.
Le niveau d’alerte reste à 2 (Jaune) sur une échelle de quatre niveaux.

Source : OVSICORI.

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Aux Philippines, l’éruption du Mayon se poursuit avec des coulées de lave, des coulées pyroclastiques, des chutes de blocs incandescents, des panaches de cendres et de gaz, et parfois une activité strombolienne mineure. Chaque jour, le réseau sismique enregistre des chutes de blocs, des coulées pyroclastiques et des séismes volcaniques, y compris des périodes de trémor. Les émissions de SO₂ varient en moyenne de 815 à 3 434 tonnes par jour. La coulée de lave dans la ravine de Mi-isi continue de progresser et couvre une longueur totale de 1,6 km. Une activité strombolienne mineure et de courtes périodes de fontaines de lave sont enregistrées quotidiennement.
Le niveau d’alerte reste à 3.

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon avec des séismes volcaniques quotidiens, y compris des périodes de trémor. Les émissions de SO₂ varient de 1 162 à 2 098 tonnes par jour. Les émissions de cendres s’élèvent généralement de 800 à 1 200 m au-dessus du sommet.
Le niveau d’alerte est resté à 2 sur une échelle de 0 à 5.

Source : PHIVOLCS.

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L’activité éruptive se poursuit sur le Stromboli (Sicile). Une activité strombolienne est observée à partir de cinq bouches dans la zone Nord, située dans la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, et d’au moins deux bouches dans la zone C-S (cratère centre-sud), sur la terrasse cratèrique. Les bouches éruptives de la zone N produisent des explosions de faible à moyenne intensité, à un rythme de 3 à 14 par heure, en projetant des lapilli et des bombes à moins de 150 m de hauteur. Des explosions de faible à moyenne intensité projettent des téphras à partir de deux bouches de la zone C-S, à un rythme de 4 à 9 fois par heure.

Lors d’une campagne de terrain menée le 21 avril 2026, les scientifiques de l’INGV ont constaté qu’une bouche éruptive du secteur N1, après avoir produit une intense émission de cendres ainsi que des fragments de lave, a progressivement montré une activité effusive au cours de la période d’observation. Une coulée de lave est apparue d’une fissure située à la base du cône et a rapidement progressé vers la partie moyenne et supérieure de la Sciara del Fuoco. Deux jours plus tard, un nouveau débordement de lave s’est produit au même endroit. De gros blocs incandescents provenant de la bouche sud de N2 ont commencé à dévaler la partie supérieure de la Sciara del Fuoco, suivis par une coulée de lave qui s’est refroidie aux premières heures du 24 avril.
Le niveau d’alerte reste à la couleur Jaune (deuxième niveau sur une échelle de quatre).

Source : INGV.

Image thermique de la coulée de lave le 24 avril au matin

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Le niveau d’alerte pour tous les volcans mentionnés dans les bulletins hebdomadaires précédents reste inchangé.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Martinique (France) cannot forget the catastrophic eruption of Mount Pelée in 1902, and everyone knows that the volcano can awaken at any moment. That is why, on April 29 and 30, 2026, the Prefecture of Martinique tested the management of a major crisis.
Part 1 : On April 29, 2026, a simulation took place at the departmental operations center: two million cubic meters of rock threatened to collapse beneath the Sampère cliff, while fumaroles appeared on Mount Pelée. Faced with these signs, the crisis command post was activated. The objective was to coordinate rescue efforts, organize security, and anticipate potential evacuations. The Prefect emphasized the need to anticipate without giving in to alarmism:
Discussions were held with volcanologists to refine the assessment of the evolving situation. Operational command posts were deployed in sub-prefectures and municipalities to ensure coordination.
Part 2 : On April 30, 2026, the exercise was carried out in the field. Twelve municipalities participated in a simulated evacuation of the populations most exposed to volcanic risk.
For the authorities, these exercises are essential. Beyond the training, the aim was to test the responsiveness of the services and identify weaknesses in a system that proves crucial in the face of a very real risk.
Source: Martinique la 1ère.

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Episode 45 of the Kilauea eruption (Hawaii) occurred on April 23, 2026 (see the description in my post of 24 April 2026). The eruption is currently paused. The forecast window for Episode 46 suggests that lava fountaining will occur between May 5 and May 9, 2026.

Source : HVO.

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The Met Office’s reports about volcanic activity in Iceland look like one another. The latest update (April 28, 2026 informs us that more than 25 million cubic meters of magma have accumulated beneath Svartsengi since the last eruption in July 2025. This is the largest volume measured since the eruptions began on the Sundhnúkur crater row. However, the rate of magma accumulation beneath Svartsengi has never been slower. Slow magma accumulation is not a clear indication that an eruption will not occur. The most immediate example of this is the Krafla eruption from 1975 to 1984. It began adter a period of slow magma accumulation.

Ground uplift continues at up to 2 cm per month.

According to Icelandic volcanologists, magmatic dike propagation toward the Sundhnúkur crater row remains the most likely scenario and could lead to an eruption. Of course nobody knows when and the Mat Office has stopped making such predictions. However, the Met Office specifies that warning times before a new eruption is expected to remain short, ranging from 20 minutes to just over 4 hours. Fortunately, should an eruption occur in this area, no population evacuation would be necessary.

Source : Met Office.

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In Costa Rica, eruptive activity continues at Poás, with gas emissions across the lake and from the new fumarolic field along the inner western wall. A phreatic/Surtseyan eruption at Boca A on 27 April 2026 ejected jets of dark material above the lake’s surface and produced a steam plume that rose around 100 m. A second eruptive event on 28 April lasted around one minute and consisted of three explosive events. The eruption plume rose 400 m.

The Volcanic Alert Level remains at 2 on a four-level scale.

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Still in Costa Rica, minor eruptive events are observed at Rincón de la Vieja. A phreatic eruption on 23 April 2026 produced a steam-and-gas plume that rose 100 m above the crater. Gas-and-steam plumes rose 500 m above the crater on 24 April. A moderate ash eruption on 27 April was the most energetic event so far in 2026.

The Alert Level remains at 2, Yellow, on a four-level scale.

Source : OVSICORI.

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In the Philippines, the eruption at Mayon continues with lava effusion, pyroclastic flows, incandescent rockfalls, ash-and-gas plumes, and occasional minor Strombolian activity. Each day the seismic network records rockfalls, pyroclastic flows and volcanic earthquakes, including periods of volcanic tremor. SO2 emissions average 815-3,434 tonnes per day. The lava flow in the Mi-isi drainage is still advancing and covers a total length of 1.6 km. Minor Strombolian activity and short periods of lava fountaining are recorded daily.

The Alert Level remained at 3.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Kanlaon with daily volcanic earthquakes including periods of tremor. SO2 emissions range from 1,162 to 2,098 tonnes per day. Ash emissions usually riseose 800 – 1,200 m above the summit.

The Alert Level remained at 2 on a scale of 0-5.

Source : PHIVOLCS.

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Eruptive activity continues at Stromboli (Sicily). Strombolian activity is occurring from five vents in Area N within the upper part of the Sciara del Fuoco, and from at least two vents in Area C-S (South-Central Crater) on the crater terrace. The vents in Area N produce low- to medium-intensity explosions at a rate of 3-14 per hour, ejecting lapilli and bombs less than 150 m above the vents. Low- to medium-intensity explosions eject tephra from two vents in Area C-S at a rate of 4-9 times per hour.

During a field survey on 21 April 2026, INGV scientists could see that a vent in sector N1 that initially produced an intense ash emission associated with jets of magma fragments progressively produced effusive activity over the observation period. A lava flow emerged from a fissure located at the base of the cone and rapidly advanced to the mid-to-upper section of the Sciara del Fuoco,. Two days later a lava overflow occurred at the same area; large incandescent blocks from the S vent of N2 began to roll down the upper part of the Sciara del Fuoco and were followed by advancing lava. The flow was cooling by the early hours of 24 April.

The Alert Level remains at Yellow (the second level on a four-level scale).
Source : INGV.

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The alert levels for all the volcanoes mentioned in the previous weekly updates remain unchanged.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Des super-réservoirs de magma découverts sous la Toscane (Italie) // Super magma reservoirs discovered beneath Tuscany (Italy)

Une étude par une équipe italo-suisse, publiée dans la revue Communications Earth & Environment, vient de révéler que la Toscane cache sous ses magnifique paysages de vastes réservoirs de magma. Ce n’est pas vraiment une surprise car la province italienne est réputée pour sa géothermie dont la centrale de Larderello est le parfait exemple. Voir ma note du 24 septembre 2023 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2023/09/24/larderello-italie-paradis-de-la-geothermie/

Photo : C. Grandpey

Grâce à la tomographie du bruit ambiant, qui permet d’analyser avec une précision inédite les vibrations naturelles du sol, une équipe de l’Université de Genève (UNIGE), de l’Institut des géosciences et des ressources de la Terre (CNR-IGG) et de l’Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV) a identifié sous la Toscane un vaste réservoir contenant environ 6 000 km3 de magma. Au-delà de la prouesse scientifique, cette avancée ouvre la voie à des méthodes d’exploration plus rapides et moins coûteuses pour localiser des ressources telles que les réservoirs géothermiques, le lithium (très recherché aujourd’hui) ou les terres rares, dont la formation est étroitement liée aux systèmes magmatiques profonds. Outre son grand intérêt scientifique, cette étude montre que la tomographie, en explorant le sous-sol rapidement et à moindre coût, peut être un outil utile à la transition énergétique.

Quand on parle de super réservoirs de magma, de super volcans ou de super éruptions, on pense tout de suite au Parc national de Yellowstone aux États-Unis, aux lacs Toba en Indonésie et Taupo en Nouvelle-Zélande. Ces célèbres sites volcaniques abritent d’immenses réservoirs de magma de plusieurs milliers de kilomètres cubes. Des indices visibles en surface comme des dépôts éruptifs, des cratères, des déformations du sol ou des émissions de gaz révèlent leur présence. Cependant, en l’absence de tels signes, d’importants volumes de magma peuvent rester cachés et passer inaperçus dans les profondeurs de la croûte terrestre.

C’est le cas en Toscane où des réservoirs contenant au total 6000 km3 de fluides volcaniques, entre 8 et 15 km de profondeur viennent d’être mis au jour par les équipes scientifiques mentionnées ci-dessus. Ce magma, qui pourrait potentiellement donner naissance à un super volcan dans plusieurs millions d’années, ne présente actuellement aucun risque. Sa présence a été mise en évidence grâce à la tomographie du bruit ambiant, une technique d’imagerie du sous-sol utilisée en sismologie. Elle permet de «radiographier» la structure interne de la croûte terrestre en exploitant les vibrations naturelles de l’environnement, issues notamment des vagues océaniques, du vent ou des activités humaines. En pénétrant le sol, ces signaux sont enregistrés par des capteurs sismiques à haute résolution déployés en surface. Une soixantaine d’appareils ont été utilisés dans le cadre de cette étude. Lorsque ces vibrations se propagent à faible vitesse, elles peuvent indiquer la présence de matériaux fondus tels que le magma.

Répartition des réseaux sismiques pour cette étude

L’analyse combinée des enregistrements a permis de reconstituer une image en trois dimensions de la structure interne de la zone couverte.

Modélisation de la province magmatique toscane

.Source : Université de Genève.

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A study by an Italian-Swiss team, published in the journal Communications Earth & Environment, has revealed that Tuscany conceals vast magma reservoirs beneath its magnificent landscapes. This is not entirely surprising, as the Italian province is renowned for its geothermal energy, of which the Larderello power plant is a prime example.

Thanks to ambient noise tomography, which allows for unprecedentedly precise analysis of natural ground vibrations, a team from the University of Geneva (UNIGE), the Institute of Geosciences and Earth Resources (CNR-IGG), and the National Institute of Geophysics and Volcanology (INGV) in Italy has identified a vast reservoir containing approximately 6,000 km³ of magma beneath Tuscany. Beyond the scientific achievement, this breakthrough paves the way for faster and less expensive exploration methods to locate resources such as geothermal reservoirs, lithium (highly sought after today), and rare earth elements, whose formation is closely linked to deep magma systems. In addition to its significant scientific interest, this study demonstrates that tomography, by exploring the subsurface quickly and at a lower cost, can be a valuable tool for the energy transition.
When we talk about super magma reservoirs, supervolcanoes, or super-eruptions, we immediately think of Yellowstone National Park in the United States, Lake Toba in Indonesia, and Lake Taupo in New Zealand. These famous volcanic sites contain immense magma reservoirs of several thousand cubic kilometers. Visible signs on the surface, such as eruptive deposits, craters, ground deformation, and gas emissions, reveal their presence. However, in the absence of such signs, significant volumes of magma can remain hidden and undetected deep within the Earth’s crust.
This is the case in Tuscany, where reservoirs containing a total of 6,000 km³ of volcanic fluids, located between 8 and 15 km deep, have recently been discovered by the scientific teams mentioned above. This magma, which could potentially give rise to a supervolcano in several million years, currently poses no risk. Its presence was detected using ambient noise tomography, a subsurface imaging technique used in seismology. This technique allows researchers to « X-ray » the internal structure of the Earth’s crust by exploiting natural environmental vibrations, such as those generated by ocean waves, wind, or human activity. As these signals penetrate the ground, they are recorded by high-resolution seismic sensors deployed on the surface. Approximately sixty devices were used in this study. When these vibrations propagate at low speeds, they can indicate the presence of molten materials such as magma.
Combined analysis of the recordings made it possible to reconstruct a three-dimensional image of the internal structure of the covered area.

Source: University of Geneva.