Quelques nouvelles de la Soufrière (Guadeloupe) // Some news of Soufriere Volcano (Guadeloupe)

Voici quelques nouvelles de la Soufrière de la Guadeloupe. Le dernier bulletin mensuel de l’Observatoire Volcanologique et Sismologique date de décembre 2019, ce qui est rassurant. Cela signifie qu’aucun événement important n’a été observé depuis la fin de l’année dernière. Depuis le début 2018, l’OVSG assiste à un processus cyclique d’injection de gaz magmatiques profonds à la base du système hydrothermal à une profondeur entre 2 et 3 km sous le sommet. Ceci engendre un processus récurrent de surchauffe et de surpression du système hydrothermal qui se traduit, entre autres, par des phénomènes tels que des perturbations de la circulation des fluides hydrothermaux, des fluctuations de l’activité fumerolienne, ou encore une augmentation de la sismicité volcanique.

Sur la base des observations du mois de décembre 2019, le niveau d’alerte volcanique est maintenu à VIGILANCE = JAUNE

L’OVSG explique que la probabilité d’une activité éruptive à court terme reste faible. Cependant, compte tenu du regain d’activité sismique et fumerolienne enregistré depuis février 2018, un changement de régime du volcan a été constaté et on ne saurait exclure une intensification des phénomènes dans le futur. En conséquence, l’OVSG-IPGP est en état de vigilance renforcée.

En considération de l’évolution de la zone d’anomalie thermique au sommet et de la recrudescence de l’activité fumerolienne, accompagnée de l’apparition de nouveaux centres d’émission et de projection de boue, la Préfecture de Guadeloupe a institué en janvier 2019 un accès réglementé au sommet du volcan de la Soufrière, basé sur l’identification d’un périmètre de sécurité et sur l’interdiction à toute personne non autorisée de le franchir.

Source : OVSG.

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Here is some news of the Soufriere (Guadeloupe). The latest monthly bulletin released by the Volcanological and Seismological Observatory dates back to December 2019, which is reassuring. This means that no significant event has been observed since the end of last year. Since the beginning of 2018, OVSG has been observing a cyclic process of injection of deep magmatic gases at the base of the hydrothermal system at depths between 2 and 3 km beneath the summit. This generates a recurrent process of overheating and overpressure of the hydrothermal system which results, among other things, in phenomena such as disturbances in the circulation of hydrothermal fluids, fluctuations in fumarolic activity, or even an increase in volcanic seismicity .
Based on observations from December 2019, the volcanic alert level is kept at VIGILANCE (Watch) = YELLOW
OVSG explains that the probability of a short-term eruptive activity remains low. However, given the renewed seismic and fumarolic activity recorded since February 2018, a change in the regime of the volcano has been noted and an intensification of the phenomena in the future cannot be excluded. Consequently, the OVSG-IPGP observatiry is in a state of heightened vigilance.
In consideration of the evolution of the thermal anomaly zone at the summit and the resurgence of fumarolic activity, accompanied by the appearance of new mud emission and projection centers, the Prefecture of Guadeloupe established in January 2019 a regulated access to the summit of the Soufriere volcano, based on the identification of a security perimeter and the prohibition of any unauthorized person from crossing it.
Source: OVSG.

Crédit photo: Wikipedia

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion). Pas d’éruption en vue // No eruption in the short term

Le dernier bulletin mensuel de l’OVPF pour janvier 2020 confirme ce que j’ai écrit précédemment à propos du Piton de la Fournaise. Une reprise de la sismicité a été observée sous le volcan au cours de la première quinzaine de janvier (voir graphique ci-dessous) avec 258 séismes volcano-tectoniques superficiels enregistrés sous les cratères sommitaux entre le 1er et le 16 janvier 2020. Deux crises sismiques de courte durée et de courte intensité ont eu lieu les 7 et 12 janvier. Ces crises sismiques ont fait croire à beaucoup qu’une nouvelle éruption était « imminente. » Malheureusement pour eux, la sismicité a décliné entre le 17 et le 31 janvier et l’émotion a parallèlement chuté parmi les volcanophiles réunionnais.

Un espoir d’éruption subsistait, car une reprise de l’inflation de l’édifice volcanique accompagnait l’a hausse de la sismicité. Ce gonflement avait débuté fin décembre 2019 et s’est poursuivi en janvier 2020. L’OVPF a expliqué que le phénomène était lié à une mise en pression du réservoir magmatique superficiel localisé à 1,5-2 km de profondeur sous le sommet. Toutefois, aucune déformation rapide de la surface du sol n’a été enregistrée lors des deux courtes crises sismiques des 7 et 12 janvier, ce qui montrait que le magma n’avait pas quitté le réservoir magmatique superficiel. Depuis le 18 janvier 2020, on observe un ralentissement de l’inflation et avec lui s’éloigne l’espoir d’une éruption à court terme.

S’agissant des émissions gazeuses, le flux de CO2 dans le sol en champ lointain est resté à un niveau relativement bas. La période qui a suivi l’éruption du 25 au 27 octobre 2019 a été marquée par une augmentation du CO2dans le sol. La dernière mise à jour mensuelle indique que le flux de CO2 dans le sol continue d’augmenter, atteignant maintenant des valeurs intermédiaires-élevées.

L’OVPF conclut son rapport en indiquant que «  la présence d’une sismicité profonde et de sources de déformation plus profondes indiquent pour la dernière quinzaine de janvier 2020 un nouvel épisode de réalimentation profonde n’ayant pas encore forcément atteint le réservoir superficiel. »

Source : OVPF.

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OVPF confirms in its last monthly bulletin for January 2020 what I wrote previously about Piton de la Fournaise. A resumption of seismicity was observed under the volcano during the first fortnight of January (see graph below) with 258 surface volcano-tectonic earthquakes recorded under the summit craters between January 1st and 16th, 2020. Two seismic crises of short duration and intensity took place on January 7th and 12th. These seismic crises led many to believe that a new eruption was « imminent. » Unfortunately for them, seismicity declined between January 17th and 31st and the emotion declined at the same time among the Reunionese volcanophiles.

However, the hope for an eruption remained, as a resumption of inflation of the volcanic edifice accompanied the increase in seismicity. This swelling began in late December 2019 and continued in January 2020. OVPF explained that the phenomenon was linked to the pressurization of the surface magmatic reservoir located 1.5-2 km deep below the summit. However, no rapid deformation of the surface was recorded during the two short seismic crises of January 7th and 12th, which showed that magma had not left the shallow reservoir. Since January 18th, 2020, there has been a slowdown in inflation and with it the hope of a short-term eruption has faded.

Regarding gaseous emissions, the CO2 flow in the far field remained at a relatively low level. The period following the eruption from October 25th to 27th, 2019 was marked by an increase in CO2 in the soil. The latest monthly update indicates that the CO2 emissions in the soil continue to increase, now reaching intermediate-high values.

OVPF concludes its report by indicating that “the presence of deep seismicity and deeper sources of deformation indicate for the last fortnight of January 2020 a new episode of deep magma recharge which has not yet necessarily reached the shallow reservoir.  »

Source: OVPF.

Histogrammes représentant le nombre de séismes volcano-tectoniques superficiels (en haut) et profonds (en bas) enregistrés en janvier 2020 (Source : OVPF)

Illustration de la déformation en janvier 2020 (Source : OVPF)

Ça tremble et ça gonfle sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Seismicity and uplifting on Reykjanes Peninsula (Iceland)

L’activité sismique se poursuit aux environs de Grindavík, sur la Péninsule de Reykjanes, comme le montre la carte de l’IMO ci-dessous.
Depuis le 21 janvier 2020, plus de 1 000 événements sismiques ont été enregistrés dans la région, dont 700 le week-end dernier. La plupart se situent sur une ligne SO / NE à environ 2 km au nord-est de Grindavík.
La plus forte secousse s’est produite le 31 janvier au soir, avec une magnitude de M 4,3. Deux autres secousses d’une magnitude supérieure à M 3,0 ont été enregistrés le 2 février.
Les dernières données GPS montrent que l’inflation à l’ouest du Mt Þorbjörn continue. Elle atteint désormais plus de 4 cm depuis le 20 janvier. Les scientifiques de l’IMO pensent qu’avec l’inflation en cours, il faut s’attendre à la poursuite de l’activité sismique. Selon le Bureau, l’explication la plus probable de l’inflation et de la sismicité est une intrusion magmatique à une profondeur de 3 à 9 km, juste à l’ouest du Mt Þorbjörn. Il y a de fortes chances pour que l’activité sismique cesse sans que l’on observe une éruption.
Source: Icelandic Met Office.

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Seismic activity continues in the vicinity of Grindavík, on the Reykjanes peninsula, as can be seen on the IMO map below.

Since January 21st, 2020, over 1,000 earthquakes have been detected in the area, 700 of which occurred over last weekend. Most of them are located in a SW/NE line around 2 km northeast of Grindavík.

The largest earthquake occurred on January 31st in the evening, with a magnitude of M 4.3. Two other quakes with a magnitude above M 3.0 hit on February 2nd.

The latest GPS data show that the uplift west of Þorbjörn is still ongoing. It now amounts to more than 4 cm since January 20th. IMO scientists think that with the ongoing uplift more seismic activity is to be expected. According to the Office, the most likely explanation of the uplift and earthquake activity is that there is a magma intrusion at a depth of 3-9 km, just west of Mount Þorbjörn. Most likely, this activity will stop without any volcanism.

Source: Icelandic Met Office.

Source: IMO

 

Spectaculaire essaim sismique sur la Péninsule de Reykjanes (Islande) // Dramatic seismic swarm on the Reykjanes Peninsula (Iceland)

Même si, selon les dernières mesures, il n’y a pas d’accumulation de magma sous la région, la sismicité reste intense sur la Péninsule de Reykjanes. Durant le nuit entre le 31 janvier et le 1er février 2020, l’IMO a enregistré un spectaculaire essaim sismique avec plusieurs événements supérieurs à M 3,0 et une secousse de magnitude M 4,3 à 4,3 km au NNE de Grindavik. Il est d’ailleurs remarquable de constater que les événements sismiques les plus significatifs se produisent dans cette zone. De manière globale, les hypocentres sont superficiels et ont été localisés à 5 – 6 km de profondeur pour les événements les plus forts. Le tremor reste à des valeurs normales et aucune intrusion magmatique n’est en cause.

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Even if, according to the latest measurements, there is no magma accumulation under the region, seismicity remains intense on the Reykjanes Peninsula. During the night between January 31st and February 1sr, 2020, IMO recorded a dramatic seismic swarm with several events above M 3.0 and a quake with a magnitude M 4.3, 4.3 km NNE of Grindavik. It is also remarkable to note that the most significant seismic events occurred in this area. Overall, the hypocentres are shallow and have been located 5 – 6 km deep for the strongest events. The tremor remains at normal values and no magma intrusion is involved.

Source: IMO

La géodésie en volcanologie // Geodesy in volcanology

L’analyse du comportement d’un volcan met en oeuvre plusieurs paramètres, et donc plusieurs types d’instruments. Un article récemment mis en ligne par l’Observatoire des Volcans d’Hawaii (HVO) explique le rôle joué par la géodésie pour mesurer les déformations du sol provoquées par les mouvements du magma dans les profondeurs de la Terre.
Les résultats des levés effectués après le séisme de magnitude M 7,9 à San Francisco en 1906, avec les bouleversements subis par les clôtures et les limites de propriété, ont fait comprendre l’importance de la géodésie pour interpréter les mouvements des failles, et favorisé son entrée dans les sciences de la terre.
Aujourd’hui, un géodésiste s’appuie essentiellement sur le système GPS, sans oublier pour autant les inclinomètres de forage et l’interférométrie radar (InSAR).
La géodésie sur un volcan consiste à effectuer plusieurs levés pour détecter les déplacements éventuels de points de repère. Lors de l’ascension du magma à l’intérieur d’un édifice volcanique, la roche environnante est logiquement poussée vers le haut. Toutefois, lorsque les scientifiques mesurent la position des points de repère, ils se rendent également compte que ces points s’écartent de la source magmatique. Aujourd’hui, les instruments installés en permanence sur un volcan contrôlent en permanence les points de repère afin de pouvoir détecter le moindre  mouvement du sol en quelques minutes.
Le développement et la maintenance du réseau permanent est l’un des travaux les plus importants de l’équipe géodésique du HVO. Ce réseau permanent comprend plus de 60 stations GPS et 16 inclinomètres. Les données fournies sont essentielles pour l’évaluation des risques. En particulier, les inclinomètres, qui sont ides instruments extrêmement sensibles, sont souvent les premiers à indiquer l’inflation de l’édifice volcanique lors de sa mise sous pression par le magma.
L’équipe géodésique du HVO est responsable de l’analyse et de l’interprétation des données fournies par les instruments qui fonctionnent parfaitement grâce à d’autres membres du personnel de l’Observatoire. Les ingénieurs construisent, installent et entretiennent les instruments utilisés sur le terrain. Les informaticiens s’assurent que les ordinateurs communiquent correctement avec les sites éloignés à partir desquels les données sont transmises et que tout fonctionne normalement pour analyser les données.
Outre le réseau géodésique permanent, des campagnes sont organisées chaque année pour collecter des données de référence supplémentaires à l’aide de stations GPS temporaires. Quelque 80 repères sont contrôlés chaque année pendant 2 ou 3 jours pour déterminer leurs variations annuelles de position. Dans certaines zones, ces levés permettent au HVO de déterminer plus précisément les variations de déformation sur plusieurs années.
Pour mieux interpréter les données, les géodésistes utilisent des modèles informatiques qui prévoient de manière simplifiée – avec des sphères ou des ellipsoïdes – le mouvement de la surface de la terre en fonction de l’expansion ou de la contraction des corps magmatiques. On utilise ces formes simples car elles correspondent convenablement aux données et sont moins longues à calculer que les corps de forme irrégulière. Le temps est important car plusieurs milliers de calculs sont utilisés pour tester différents modèles.

Le modèle le mieux adapté montre aux scientifiques la zone la plus probable où se déplace le magma, l’endroit où il s’accumule et donc le lieu où  il est proche de la surface et susceptible de déclencher une éruption. Cependant, les seules données géodésiques ne suffisent pas à donner une image complète d’un volcan. Elles doivent être interprétées conjointement avec des données géologiques, sismiques et gazières. C’est pour cela que les différentes équipes du HVO se réunissent pour élaborer des hypothèses sur l’activité du moment, le niveau de danger et les scénarios futurs.
Source: USGS / HVO.

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Analysing the behaviour of a volcano involves several parameters, and so several types of instruments. A recent article released by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explains the part played by geodesy to measure ground movements and deformation caused by magma in the depths on the Earth.

Results from surveys after the 1906 M 7.9 San Francisco earthquake, which offset fence lines and property boundaries, had a profound impact on researchers’ understanding of how faults move and favoured the entrance of geodesy into the earth sciences.

Today, a geodesist relies essentially on Global Positioning System (GPS) instruments, without forgetting borehole tiltmeters and satellite radar (InSAR).

Geodesy on a volcano consists in performing multiple surveys to determine how benchmark positions have changed. As magma moves into a volcano, the surrounding rock is pushed outward. When scienntists measure positions of benchmarks on the surface of the volcano, they also realise that they have also been pushed away from the magma source. Today, permanently installed instruments constantly monitor benchmark positions so that ground motion can be detected within minutes.

Growing and maintaining HVO’s permanent geodetic instrument network is one of the deformation group’s most important jobs. This permanent network consists of over 60 GPS stations and 16 tiltmeters, and data from it are critical for hazard assessment. In particular, tiltmeters, which are incredibly sensitive to changes in ground slope, are often the first indicator of inflation as a volcano pressurizes.

While HVO’s deformation group is responsible for analyzing and interpreting the data, it takes many others to keep the network running. HVO’s field engineers build, install, and maintain the field instruments. Information Technology staff ensure that computers can communicate with remote sites from which data are transmitted and that everything is OK to analyze the data.

Beside the permanent geodetic network, annual campaigns are organised to collect additional benchmark data using temporary GPS stations. Around 80 benchmarks are surveyed each year for 2-3 days to determine yearly changes in position. These surveys provide a higher density of measurements in certain areas, enabling HVO to more precisely determine deformation patterns over many years.

To help interpret the data, geodesists use computer models that calculate the expected motion at the earth’s surface due to expansion or contraction of magma bodies with simplified shapes, such as spheres or ellipsoids. Simple shapes are used because they adequately match the data and are less time-consuming to calculate than irregularly shaped bodies. Time is important because many thousands of calculations are used to test different models.

The best-fitting model shows scientists the most likely place that magma is moving into or out of the volcano, as well as where magma is accumulating and how close it is to the surface. However, no single type of data gives the whole picture of a volcano, so geodetic data needto be interpreted along with geologic, seismic and gas data. HVO’s different teams come together as a whole to develop sound hypotheses for current activity, hazard levels, and future scenarios.

Source : USGS / HVO.

Exemple d’utilisation d’une station GPS temporaire pour mesurer les déformations du Kilauea (Source : USGS / HVO)

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) [suite / continued]

Le dernier bulletin diffusé par l’OVPF confirme ce que j’écrivais dans la rubrique consacrée au Piton de la Fournaise dans la page « Volcans du monde ». Depuis le 31 décembre 2019, on observe une augmentation de la sismicité. Ainsi, 40 séismes ont été enregistrés au cours de la journée du 7 janvier2020, dont 22 lors d’une courte crise sismique entre 01h28 et 01h44 (heure locale) le 8 janvier. Depuis cette crise, seuls 2 séismes ont été enregistrés. L’OVPF précise que cette diminution est couramment observée suite aux crises sismiques qui relâchent pour un temps l’état de contrainte lié à l’accumulation et la pression exercée pat le magma dans le réservoir.

En parallèle, l’inflation de l’édifice volcanique se poursuit

L’augmentation de la sismicité, couplée à une inflation du volcan, est synonyme de la mise en pression d’une source en profondeur localisée sous les cratères sommitaux.

L’OVPF fait remarquer que ce processus de recharge du réservoir superficiel peut durer plusieurs jours à plusieurs semaines avant que le toit du réservoir ne se fragilise et ne se rompt, donnant ainsi lieu à une éruption qui peut aussi se produire à très court terme.

Source : OVPF.

La prévision éruptive actuelle ne permet pas d’en savoir et d’en dire plus. Et puis, nous sommes à la Réunion, le mot « imminent » utilisé sur l’île par certains n’a peut-être pas le même sens qu’en métropole…

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The last bulletin released by OVPF confirms what I wrote in the section devoted to Piton de la Fournaise on the « Volcanoes of the world » page. Since December 31st, 2019, there has been an increase in seismicity. For instance, 40 earthquakes were recorded on January 7th, 2020, including 22 during a short seismic crisis between 1:28 am and 1:44 am (local time) on January 8th. Since this crisis, only 2 events have been recorded. OVPF specifies that this decrease is commonly observed following seismic crises which release for a time the stress linked to the accumulation and the pressure exerted by magma on the reservoir.
At the same time, the inflation of the volcanic edifice continues
The increase in seismicity, coupled with inflation of the volcano, is synonymous with the pressurization of a deep source located under the summit craters.
OVPF notes that this process of recharging the surface reservoir can take several days to several weeks before the roof weakens and ruptures, triggering an eruption which can also occur in the very short term.
Source: OVPF.
The current eruptive prediction does not allow us to know and say more. What is more, we are on Reunion Island where the word « imminent » used by some guys may not have the same meaning as on the continent…

Photo: C. Grandpey

Et si Yellowstone entrait de nouveau en éruption? // What if Yellowstone erupted again?

 À la fin de ma conférence «Volcans et risques volcaniques», j’explique que l’un des événements que je redoute le plus est l’éruption d’un super volcan. Yellowstone est l’un d’eux. L’USGS a expliqué qu’il était «des milliers de fois plus puissant qu’un volcan de taille normale».
Si le super volcan qui se cache sous le Parc National de Yellowstone devait entrer en éruption, ce serait une catastrophe pour une grande partie des États-Unis. Des nuages de cendre répandraient la mort et la désolation sur des milliers de kilomètres à travers le pays, détruisant des bâtiments, anéantissant les récoltes et affectant des infrastructures vitales. Cependant, selon les scientifiques de l’USGS, le risque que cela se produise est très faible.
Le super volcan de Yellowstone a connu trois éruptions majeures au cours de sa longue histoire. L’une d’elles s’est produite il y a 2,1 millions d’années, une autre il y a 1,3 million d’années et une autre il y a 664 000 ans. Rien n’indique actuellement qu’une autre super éruption va se produire dans un avenir proche ; il est même possible que Yellowstone ne connaisse plus jamais d’éruption d’une telle ampleur.
Les chercheurs de l’USGS ont calculé l’impact à court terme – sur des années, voire des décennies – d’une telle éruption sur les régions proches. Des coulées pyroclastiques pourraient affecter des parties des États environnants du Montana, de l’Idaho et du Wyoming qui sont les plus proches de Yellowstone, tandis que d’autres régions des États-Unis seraient touchées par les retombées de cendre. L’Europe devrait aussi supporter les conséquences d’une telle éruption. L’USGS se veut rassurante et explique que le risque de voir un tel événement se produire à Yellowstone est extrêmement faible pour les prochains millénaires.

Le Parc National de Yellowstone se trouve au-dessus d’un réservoir magmatique situé à environ 8 km de profondeur. Il est alimenté par un énorme panache de roches en fusion dont la source se trouve à des centaines de kilomètres à l’intérieur de la Terre. C’est cette chaleur qui permet l’existence des célèbres geysers et sources chaudes. Des scientifiques américains ont découvert il y a quelques mois qu’il y avait en fait deux chambres magmatiques sous le volcan.
Le sol se soulève et s’abaisse parfois à Yellowstone. En ce moment, on n’observe aucun mouvement significatif de ce type. À de rares occasions au cours de l’histoire, la chambre magmatique du super volcan a donné naissance à des éruptions. La grande majorité ont consisté en de petites coulées de lave ; la dernière s’est produite sur le Pitchstone Plateau il y a environ 70 000 ans.
Bien que le risque d’une super éruption à Yellowstone semble faible, il ne faut pas oublier qu’un tel événement atteint le niveau 8 sur l’indice d’explosivité volcanique (VEI). Au moins 1 000 kilomètres cubes de matériaux sont vomis par le volcan, ce qui suffirait pour enfouir l’ensemble du Texas sous 1,50 mètres de cendre. Dans le passé, des super éruptions ont secoué des volcans comme le Taupo en Nouvelle-Zélande ou le Toba en Indonésie. On ne peut pas affirmer que cela ne se reproduira plus jamais ailleurs sur Terre..

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At the end of my conference « Volcanoes and volcanic hazards », I explain that one of the events I fear most is the eruption of a super volcano. Yellowstone is one of them. USGS has explained that it was “thousands of times more powerful than a normal-sized volcano.”.

Should the supervolcano lurking beneath Yellowstone National Park ever erupt, it could spell calamity for much of the USA. Deadly ash would spew for thousands of kilometres across the country, destroying buildings, killing crops, and affecting key infrastructure. However, according to USGS scientists, the chance of this occurring is very low.

This supervolcano has had three truly enormous eruptions in its long history. One occurred 2.1 million years ago, one 1.3 million years ago, and one 664,000 years ago. There is currently little indication another super-eruption is due anytime soon; it is even possible Yellowstone might never have an eruption on a similar scale again.

USGS researchers have calculated how such an enormous eruption would affect nearby regions in the short-term, meaning years to decades. Parts of the surrounding states of Montana, Idaho, and Wyoming that are closest to Yellowstone would be affected by pyroclastic flows, while other places in the United States would be impacted by falling ash. Europe would also have to bear the consequences of such a huge eruption. USGS says that, fortunately, the chances of this sort of eruption at Yellowstone are exceedingly small in the next few thousands of years.

Yellowstone National Park sits on top of a reservoir of hot magma about 8 kilometres deep.

It is fed by a huge plume of molten rock welling up from hundreds of kilometres below. This heat fuels Yellowstone’s famed geysers and hot springs. US scientists a few months ago discovered that there were actually two magma chambers beneath the volcano.

Yellowstone occasionally rises and falls. At the moment, no real ground movements are being observed. On rare occasions throughout history, the supervolcano’s magma chamber has erupted. The overwhelming majority of those eruptions in Yellowstone have been smaller lava flows, with the last occurring at Pitchstone Plateau some 70,000 years ago.

Although the risk of a super eruption at Yellowstone looks low, one should bera in mind that such an event measures 8 or more on the volcano explosivity index (VEI) in which at least 1,000 cubic kilometres of material get ejected – enough to bury the state of Texas 1.50 metres deep. In the past, super eruptions shook volcanoes like Taupo in New Zealand or Toba in Indonesia. One can never be sure it will never happen again in some other place on Earth.

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La double chambre magmatique de Yellowstone (Source: USGS):

Des vestiges d’éruptions…

Des geysers…

 Des sources chaudes aux mille couleurs…

Photos: C. Grandpey