Nouvelle approche du processus éruptif au Kamchatka // New approach to the eruptive process in Kamchatka

Quoiqu’en disent certains, la prévision éruptive reste à un niveau très bas, comme le montrent les bilans humains des dernières éruptions majeures. La mise en place du principe de précaution permet aujourd’hui d’éviter le pire. Il est préférable d’évacuer les populations menacées, parfois pour rien, plutôt que de déplorer des centaines, voire des milliers, de victimes.

Malgré des progrès techniques significatifs, nous ne savons que très peu de choses sur le processus éruptif, autrement dit comment fonctionne un volcan. La classification élémentaire en volcans rouges et volcans gris montre que tous les volcans ne se manifestent pas de la même façon Aucune éruption ne ressemble à une autre. Un article publié sur le site Futura nous explique qu’une nouvelle étude montre la complexité du réseau de conduits d’alimentation sous les volcans du Kamchatka (Russie).

Tous les volcans ont un point commun : c’est l’ascension du magma issu de la fusion partielle du manteau supérieur qui gère le processus éruptif, mais la suite est plus complexe. Le style et la fréquence des éruptions peuvent être très variables, non seulement entre les différents volcans du globe, mais également sur un même édifice volcanique. Cette variabilité est avant tout due à la façon dont le magma progresse vers la surface. Le processus d’ascension du magma dépend notamment de l’épaisseur et de la composition de la croûte, facteurs qui vont influencer la capacité de stockage du magma à des niveaux intermédiaires, sa cristallisation, son dégazage, sa différenciation ainsi que les interactions chimiques avec les roches encaissantes.

Auparavant, on considérait généralement que le magma était stocké dans des réservoirs stables situés à faible profondeur. Toutefois, de plus en plus d’études expliquent que l’on a affaire à des mécanismes plus complexes. Les réservoirs magmatiques sembleraient plutôt échelonnés sur toute l’épaisseur de la croûte, avec une distribution du magma hétérogène. Ces différents réservoirs seraient reliés entre eux de manière intermittente. La variabilité des éruptions dépendrait donc de l’évolution et de l’interaction avec le temps de ces différentes zones de stockage du magma au sein de la croûte terrestre. Le conditionnel est de rigueur car il s’agit d’une hypothèse avec de nombreuses inconnues

Des scientifiques de l’Institut des Sciences de la Terre de Grenoble, ainsi que leurs collègues russes viennent de caractériser le système magmatique profond du groupe volcanique Klyuchevskov au Kamchatka. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé l’activité sismique – en particulier les trémors – générée par les volcans.

La pression exercée par le magma au sein du système magmatique varie avec le temps. Ces variations de contrainte engendrent une activité sismique qui peut être mesurée. Il peut s’agir de signaux transitoires ou de petites secousses, les trémors, qui durent sur de longues périodes de temps. Leur analyse permet de définir la dynamique du système volcanique dans l’espace, mais également de suivre son évolution dans le temps.

Les chercheurs ont analysé l’évolution de l’activité sismique sur certains volcans situés sur la péninsule du Kamchatka. Le volcanisme de la région est le résultat de la subduction de la plaque Pacifique sous la péninsule. Les résultats de l’étude, publiée dans la revue Science Advances, montrent que le système magmatique s’étage sur toute l’épaisseur de la croûte. Il prendrait sa source à la base de la croûte, au niveau du Moho (environ 30 kilomètres de profondeur) et se ramifierait vers le haut pour alimenter plusieurs volcans par le biais de différents conduits. Le système magmatique pourrait ainsi s’étendre horizontalement sur de grandes distances. Grâce à l’analyse des trémors, les chercheurs ont pu définir les zones actives du système et suivre leur évolution dans le temps. L’existence de « bouchons » pourrait empêcher temporairement le magma de progresser, faisant localement augmenter la pression jusqu’à la rupture. Ce processus mènerait à l’activation transitoire des différentes zones. Là encore, le conditionnel est de rigueur.

Cette étude montre que nous progressons dans notre approche du processus éruptif, mais que de nombreuses questions restent aussi sans réponse.

Source: Futura (autrefois Futura-Sciences).

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Despite what some people say, eruptive prediction remains at a very low level, as shown by the human tolls of the last major eruptions. The implementation of the precautionary principle now makes it possible to avoid the worst. It is better to evacuate threatened populations, sometimes for nothing, than to deplore hundreds, even thousands, of victims.
Despite significant technical progress, we know very little about the eruptive process, in other words how a volcano works. The basic classification into red volcanoes and grey volcanoes shows that all volcanoes do not work in the same way No eruption looks like another. An article published on the Futura website explains that a new study shows the complexity of the network of supply conduits beneath the volcanoes of Kamchatka (Russia).
All volcanoes have one thing in common: it is the ascent of magma resulting from the partial melting of the upper mantle that manages the eruptive process, but what follows is more complex. The style and frequency of eruptions can vary greatly, not only between different volcanoes around the globe, but also on the same volcanic edifice. This variability is mainly due to the way magma is transported from the depth to the surface. The characteristics of magma ascent depend, among others, on the thickness and composition of the continental crust, which will influence the storage capacity of magma at intermediate levels, its crystallization, its degassing, its differentiation as well as the chemical interactions with the surrounding rocks.
Previously, magma was generally considered to be stored in stable reservoirs located at shallow depths. However, more and more studies explain that we are dealing with more complex mechanisms. The magmatic reservoirs would seem rather staggered over the entire thickness of the crust, with a heterogeneous distribution of magma. These different reservoirs would be interconnected intermittently. The variability of eruptions would therefore depend on the evolution and interaction over time of these different magma storage zones within the Earth’s crust. The conditional is required because it is a hypothesis with many unknowns
Scientists from the Institute of Earth Sciences in Grenoble, together with their Russian colleagues, have just characterized the deep magmatic system of the Klyuchevskov volcanic group in Kamchatka. The researchers used the seismic activity – in particular the tremors – produced by the volcanoes.
The pressure exerted by magma within the magma system varies with time. These stress variations generate seismic activity that can be measured. These can be transient signals or tremors that last over long periods of time. Their analysis makes it possible to define the dynamics of the volcanic system in space, but also to follow its evolution over time.
The researchers analyzed the evolution of seismic activity on some volcanoes located on the Kamchatka Peninsula, a result of the subduction of the Pacific plate which plunges under the peninsula. The results of the study, published in the journal Science Advances, show that the magmatic system is staggering through the entire thickness of the crust. The system would take its source at the base of the crust, at the level of the Moho (about 30 kilometers deep) and would branch upwards to feed several volcanoes through different conduits. The magmatic system could thus extend horizontally over large distances. Thanks to the analysis of tremors, the researchers were able to define the active zones of the system and follow their evolution over time. The existence of « plugs » could temporarily prevent magma from progressing, locally increasing the pressure until rupture. This process would lead to the transient activation of the different zones. Again, the conditional is required.
This study shows that we are progressing in our approach to the eruptive process, but that many questions also remain unanswered.
Source: Futura (formerly Futura-Sciences).

Carte montrant la fosse Kourile-Kamchatka, résultat de la subduction de la plaque Pacifique sous la péninsule. On notera, dans la partie septentrionale de la zone, la jonction avec l’arc aléoutien (Source: Wikipedia)

Volcan Klyuchevskoy (Source : KVERT)

Ils sont fous ces Russes! // Russians can be crazy !

L’éruption du cône adventif sur le Klyuchevskoy (Kamtchatka) se poursuit avec de plus en plus de touristes qui viennent assister le spectacle. Les photos publiées dans le Siberian Times montrent à quel point certains d’entre eux peuvent être inconscients. Sur les photos, on voit des personnes escalader le cône et se tenir sur le bord du cratère, au milieu des bombes envoyées par l’éruption. Il est évident que certaines personnes risquent leur vie en agissant ainsi.

Ce genre de comportement a de quoi inquiéter et la Protection Civile russe demande en permanence aux agences de voyage de cesser de conduire les touristes aussi près de l’éruption. De plus en plus de photos montrant ces comportements stupides sont diffusées sur les réseaux sociaux, avec le risque d’inciter d’autres touristes à faire de même. Des dépliants ont été distribués dans le village de Klyuchi, principal point d’accès au volcan, mais cela n’a rien changé.

Outre les explosions et les bombes lancées par le cône, les volcanologues locaux craignent que la lave qui s’écoule sous le glacier Erman provoque l’apparition de fractures en profondeur et entraîne l’effondrement de certaines parties du glacier. De plus, les coulées de boue déclenchées par la fonte du glacier et des champs de neige sont également extrêmement dangereuses. Elles présentent des risques extrêmes pour les motoneigistes qui peuvent pénétrer dans des zones instables et se retrouver prisonniers de la boue.

En une seule journée, 50 personnes sont arrivées en hélicoptère, en motoneige et à pied. L’un des guides touristiques, faisant fi des mises en garde, a escaladé le cône et a déclaré: «Mes rêves sont devenus réalité.» Cette personne devrait savoir que les rêves peuvent se transformer en cauchemars.

Source: The Siberian Times.

Voici une galerie de photos montrant ce qu’il ne faut PAS faire sur un volcan actif! https://siberiantimes.com/other/others/news/emergency-officials-plead-with-tourists-to-stop-rush-to-take-selfies-at-eurasias-highest-active-volcano/

NDLR : Ce texte ne concerne bien sûr pas les Français qui sont des gens responsables. Les reportages télévisés montrant les comportements – en particulier le port du masque – pendant la pandémie de Covid-19 sont là pour le prouver….

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The eruption of the flank cone on Klyuchevskoy (Kamchatka) continues with more and more people coming to see the show. Photos release on the Siberian Times show how unconscious some visitors can le. Some of them can be seen climbing the cone and standing on the crater rim, despite the bombs sent flying by the eruption. It is obvious some persons are risking their lives doing so.

This kind of behaviour is alarming the Russian Emergencies Ministry which warns travel companies should stop taking tourists so close to the eruption. More and more photos of tourists in front of the erupting volcano have begun to appear on social networks, which might incite other reckless tourists to do the same. Leaflets have been distributed in Klyuchi village, a key access point, but this did not stop the tourists from climbing the volcano.

Beside the explosions and the bombs thrown by the cone, local volcanologists  fear that lava flowing under the Erman glacier can lead to cracks at depth causing parts of the glacier to collapse. Mud flows triggered by the melting of the glacier and snowfields are also extremely dangerous. They pose extreme risks to snowmobilers: you can get into quick-moving unstable areas, and fall into the slime of mud streams.

One day 50 people arrived by helicopter, snowmobile and on foot. One of the tour guides who defied the warnings and climbed the volcano, said: “My dreams came true.” She should know that dreams can turn into nightmares.

Source: The Siberian Times.

Here is a photo gallery of what should NOT be done on an active volcano!

https://siberiantimes.com/other/others/news/emergency-officials-plead-with-tourists-to-stop-rush-to-take-selfies-at-eurasias-highest-active-volcano/

Crédit photo : The Siberian Times

Le nouveau cône du Klyuchevskoy (Kamchatka) // Klyuchevskoy’s new cone (Kamchatka)

Comme je l’ai écrit précédemment dans l’actualité volcanique, un nouveau cône est apparu sur le flanc de Klyuchevskoy (Kamtchatka). Le Siberian Times a publié un article avec des photos et des vidéos spectaculaires montrant la formation de ce cône. Les images de l’éruption ont été réalisées par trois intrépides voyageurs russes à 2850 mètres d’altitude.

Le nouveau cône est apparu sur le flanc du Klyuchevskoy après un arrêt d’activité le 8 février 2021. Le 6 mars, les trois hommes ont escaladé le volcan pour observer la nouvelle formation. Il leur a fallu huit à neuf heures pour atteindre le site de l’éruption. Ils ont installé leur tente sur le glacier Erman. La température matinale atteignait moins 47 degrés Celsius.

Les voyageurs ont filmé l’éruption du nouveau cône à courte distance les 7 et 8 mars. Ils ont essayé d’utiliser un drone mais il n’a pu fonctionner que pendant deux minutes à cause du froid dans cet environnement hostile. Une bombe volcanique l’a raté de peu.

Les hommes expliquent qu’une coulée de lave est émise par deux fractures parallèles espacées d’environ 250 mètres. Au moment de la visite, le cône de scories avait atteint près de 60 mètres de hauteur, avec un diamètre d’une centaine de mètres à sa base. L’équipe russe est retournée au village de Klyuchi le 9 mars.

Les voyageurs mettent l’accent sur la difficulté et le danger d’accès au nouveau cône. La route traverse le glacier Erman qui est entaillé par de profondes crevasses cachées par la neige. La dernière éruption du volcan pourrait endommager la route entre les villages de Klyuchi et Kozyrevsk, et perturber l’équilibre écologique des rivières voisines. L’éruption menace aussi de faire fondre une partie du glacier Erman. Les voyageurs envisagent deux scénarios. Dans le premier, la coulée de lave émise par l’éruption reste parallèle au glacier Erman et ne le traverse pas. Dans ce cas, une coulée de boue passerait à plusieurs kilomètres du village de Klyuchi en traversant des terres agricoles. Avec le deuxième scénario, la lave traverse le glacier Erman. Cela donnerait naissance à une rivière d’eau très chaude charriant de gros blocs qui emporterait la route entre Kozyrevsk et Klyuchi.

Source: The Siberian Times.

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As I put it before in the volcano news, a new cone has appeared on the flank of Klyuchevskoy (Kamchatka). The Siberian Times has published an article with a spectacular footage showing the formation of the new cone. The images of the eruption were caught by three Russian extreme travellers at 2,850 metres above sea level.

The side cone eruption followed a halt in activity at Klyuchevskoy on February 8th, 2021. On March 6th, the travellers climbed the mountain to examine the new formation. It took them eight to nine hours to reach the eruption site. They set up their tent on the Erman glacier. The temperature in the morning reached minus 47 degrees Celsius.

They filmed the eruption of the new cone from close range on March 7th and 8th. They tried to fly a drone but it was too cold and it only worked for two minutes in this hostile environment. A volcanic bomb almost hit it.

They explain that the lava breakthrough is in two parallel cracks spaced about 250 metres apart. At the time of the visit, the height of the cinder cone at its source  had reached almost 60 metres in height, with a base diameter of 101 metres. The Russian team returned to Klyuchi village on March 9th.

The travellers warn that access to Klyuchevskoy’s new side cone is life-threatening. The route passes across Erman Glacier which is dotted with deep cracks masked by snow. The latest eruption of the volcano may erode the road between the villages of Klyuchi and Kozyrevsk, as well as disrupt the ecological balance of nearby rivers. It threatens to wash away part of a glacier.

The travellers are considering two scenarios. On the one hand, the lava flow from the eruption runs parallel to the Erman Glacier, without crossing it. In this case, the mud-stone flow passes several kilometres from the village of Klyuchi through agricultural fields. With the second option, lava crosses Erman glacier. Should it happen, a stream of highly heated water with large fragments of rock would form and wash out the Kozyrevsk-Klyuchi road.

Source : The Siberian Times.

Vue du nouveau cône du Klyuchevskoy

(Crédit photo: Artem Gromov, Boris Smirnov, Alexey Kulayev)

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques nouvelles de l’activité volcanique dans le monde:

Une puissante éruption a été observée sur le Sangay (Équateur) le 6 mars 2021, avec une colonne de cendres qui s’est élevée jusqu’à 12,2 km au-dessus du niveau de la mer. D’importantes retombées de cendres ont été signalées dans de nombreux secteurs. La période éruptive actuelle a commencé en mai 2019. L’activité se caractérise par des coulées de lave, des coulées pyroclastiques et des émissions de gaz et de cendres.

Source: Instituto Geofisico

Le panache du Sangay vu depuis l’espace (Source : IG)

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Une éruption aura-t-elle lieu sur la Péninsule de Reykjanes (Islande)? Personne ne le sait. Pourtant, la sismicité est toujours intense et la carte du Met Office islandais est toujours aussi impressionnante. Un nouvel épisode de tremor semblable à celui du 3 mars a été enregistré sur la Péninsule de Reykjanes le 7 mars 2021. Cependant, il a été beaucoup plus court que le précédent, avec une durée de 20 minutes contre plusieurs heures le 3 mars.

L’activité sismique a de nouveau considérablement augmenté à 5 h 20 le 9 mars 2021 à l’extrémité sud du dyke qui s’est formé au sud de Fagradalsfjall. Cet épisode de tremor a duré jusqu’à environ 7 heures du matin. Il était très localisé et indique probablement une augmentation de la longueur du dyke.

Les volcanologues locaux pensent que l’endroit le plus probable pour une éruption sur la Péninsule de Reykjanes se trouve au sud de Fagradalsfjall.

C’est la troisième fois qu’un épisode de tremor est enregistré dans cette zone depuis la reprise de l’activité sismique la semaine dernière. Comme je l’ai déjà écrit, plusieurs scénarios possibles ont été imaginés pour les prochains jours et semaines. Ils vont d’une diminution de l’activité sismique à une éruption effusive.

Source : IMO

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La série de paroxysmes continue sur l’Etna (Sicile). Le n°11 a eu lieu pendant la nuit du 9 au 10 mars 2021. Le déroulement reste le même : hausse du tremor, activité strombolienne évoluant en fontaines de lave dans le Cratère SE, débordements et coulées de lave dans le Valle del Bove et sur le versant SO du volcan. Les retombées de cendres sont fréquentes autour de l’Etna.

Le dernier paroxysme vu par la caméra thermique de l’INGV

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L’éruption du Kilauea (Hawaï) continue dans le cratère de l’Halema’uma’u. La lave est émise par une bouche dans la paroi nord-ouest du cratère et se jette dans le lac de lave. Le lac a une profondeur d’environ 220 mètres. Les émission de SO2 restent élevés à 800 t / jour.

Source: HVO.

A cause de la pandémie de Covid-19, le nombre de visiteurs dans le Parc National des Volcans d’Hawaii a chuté d’environ 57% en 2020. C’est l’année la plus mauvaise pour le Parc depuis 1966. Le Parc est en grande partie ouvert mais de nouvelles mesures de sécurité sont en vigueur. Les visiteurs doivent porter un masque dans tous les bâtiments du Parc et sur les espaces gérés par le gouvernement fédéral lorsque la distanciation physique ne peut être maintenue.

Source : NPS.

Vue de l’éruption depuis la lèvre ouest du cratère (Crédit photo : HVO)

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Les conditions météorologiques favorables au sommet de La Soufrière de Saint-Vincent ont permis de prendre des photos aériennes, mais aucune estimation du volume du dôme n’a été possible en raison de problèmes techniques. Aucune nouvelle donnée n’est disponible sur les gaz émis par le volcan. De plus, il faudra un mois pour obtenir les résultats des analyses de la lave envoyée en Grande-Bretagne. On remarque que les observations sont chaotiques depuis le début de l’éruption.

La lente croissance du dôme se poursuit. Le front sud-est du dôme se trouve maintenant en alignement avec la fumerolle préexistante sur le dôme de 1979. L’extrusion de lave continue avec des fluctuations périodiques.

Les gaz émis par le dôme continuent d’endommager la végétation sur le flanc sud-ouest du volcan. La NEMO explique que ces gaz sont devenus plus acides et peuvent causer des problèmes respiratoires accompagnés d’évanouissement et même entraîner une asphyxie. Ils peuvent également irriter la peau et les yeux, même pendant une courte exposition. Il est donc impératif d’éviter de se rendre sur le volcan de La Soufrière.

Source : UWI

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Suite à une hausse de l’activité depuis le 13 février 2021, le PHIVOLCS a relevé le niveau d’alerte du Taal (Philippines) de 1 à 2 le 9 mars. Le niveau d’alerte 2 signifie qu’une activité magmatique est probablement présente sous le volcan. I se peut qu’elle débouche – ou pas ! – sur une éruption.

La sismicité a augmenté, en particulier le tremor volcanique dont l’énergie est en hausse par rapport aux épisodes précédents. Les séquences actuelles présentent une durée comprise entre 3 et 17 minutes. Dans l’ensemble, l’activité sismique du mois écoulé correspond à une hausse de l’activité magmatique et hydrothermale à faible profondeur sous Volcano Island.

a température de l’eau du lac dans le Main Crater a été mesurée à 74,6°C et on a enregistré une augmentation continue de l’acidité avec un pH 1,59 contre 2,79 en janvier 2020.

Les données GPS et InSAR montrent une légère déformation permanente de Volcano Island et révèlent aussi une expansion de l’ensemble de la région du Taal depuis la fin de l’éruption de 2020.

En outre, des changements positifs de microgravité ont été enregistrés dans la caldeira du Taal après l’éruption de 2020, en relation avec des changements de densité causés par la migration et le dégazage du magma et l’activité hydrothermale.

Source : PHIVOLCS.

Zone à risques du Taal (Source: PHIVOLCS)

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Une intensification de l’activité effusive a été observée sur le Pacaya (Guatemala) le 8 mars 2021 avec des coulées de lave atteignant 1,3 km sur le flanc S. Le nombre d’explosions modérées à fortes au sommet du volcan est en hausse depuis le 5 février, avec des projections s’élevant jusqu’à 500-600 m au-dessus du cratère Mackenney.

Le Parc national du Pacaya reste fermé et l’accès aux zones de coulées de lave actives sur le flanc sud du volcan est interdit.

Source: INSIVUMEH, CONRED.

Photo : C. Grandpey

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L’activité éruptive se poursuit sur le Klyuchevskoy (Kamtchatka). Un nouveau cône de cendres a commencé à croître vers le 25 février 2021 et une petite coulée de lave a été observée le 2 mars. Les données satellitaires montrent une anomalie thermique significative au niveau de l’éruption sur le versant nord-ouest du volcan.

Source: KVERT.

 Source : Copernicus / Sentinel-2

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Le San Cristobal (Nicaragua) a connu une crise éruptive le 9 mars 2021, avec des retombées de cendres sur la ville de Chinandega. Des témoins ont déclaré que c’était «une éruption rapide, une seule grande explosion, puis le volcan a passé environ 30 minutes à cracher des gaz». Certaines activités ont dû cesser car la visibilité était devenue presque nulle. Plusieurs heures après l’éruption, les habitants balayaient toujours la cendre. Le volcan est périodiquement actif depuis des années. Il a émis un important panache de cendres le 14 février 2021.

Source: Presse locale.

Crédit photo : Wikipedia

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Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous en trouverez d’autres (en anglais) en lisant le bulletin hebdomadaire de la Smithsonian Institution :  :

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news of volcanic activity around the world :

A large eruption occurred at Sangay (Ecuador) on March 6th, 2021, with an ash column that rose up to 12.2 km above sea level. Heavy ashfall was reported in many areas.

The current eruptive period began in May 2019. The activity is characterized by lava flows, pyroclastic flows, and gas and ash emissions.

Source: Instituto Geofisico

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Will an eruption occur on the Reykjanes Peninsula (Iceland)? Nobody knows. Yet seismicity is still intense and the Icelandic Met Office map is as impressive as ever. A new seismic tremor similar to the one measured on March 3rd was recorded on the Reykjanes Peninsula on March 7th, 2021. However, it was much shorter than the previous one. It lasted 20 minutes vs. several hours on March 3rd.

Seismic activity on the Reykjanes peninsula increased again considerably at 5:20 on March 9th, 2021 at the south end of the magma dyke that has formed south of Fagradalsfjall. This tremor pulse lasted until about 7 am. It was very localized and likely indicates that the size of the dyke is increasing.

Local volcanologists think the likeliest location for a potential volcanic eruption on the Reykjanes peninsula would be south of Fagradalsfjall mountain. This is the third time a tremor pulse hits the area since the new start of seismic activity last week.

As I put it before, several possible scenarios have been imagined for the next days and weeks. They go from a decrease in seismic activity to an effusive eruption.

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The series of paroxysms continues on Mt Etna (Sicily). Crisis n°11 took place during the night of 9-10 March, 2021. The course of events remains the same: rise of the tremor, Strombolian activity evolving in lava fountains in the SE Crater, overflows and lava flows in the Valle del Bove and on the SW slope of the volcano. Ashfall is frequently observed around Mt Etna.

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Kilauea (Hawaii) is erupting within Halema’uma’u Crater.Lava is emitted by a vent on the northwest side of the crater and flowing into the lava lake. The lake is about 220 metres deep. SO2 emission rates remain elevated at 800 t/day.

Source: HVO.

Because of the Covid-19 pandemic, visitor arrivals to Hawaii Volcanoes National Park fell by some 57% in 2020. The arrivals count was the worst at the park since 1966. While the Park has mostly reopened, new safety measures are required. Visitors must wear masks in all NPS buildings and on federally managed lands when physical distancing cannot be maintained.

Source : NPS.

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Clear weather conditions at the top of St Vincent’s La Soufriere allowed for aerial photographs to be taken but no new volumes were obtained due to technical problems with the images. No new data is available on the gas coming from the volcano. Moreover, it will take one month to get the results of the lava sent to Britain for analysis. Observations have been chaotic since the beginning of the eruption.

The slow dome growth continues with the south-eastern front of the dome now in line with the pre-existing fumarole on the 1979 dome. The ongoing extrusion of magma onto the crater floor continues with periodic changes in the rate of dome growth.

The gas coming from the dome continues to cause damage to vegetation on the south-western flank of the volcano. NEMO warns that these gases have become more acidic and have the capacity to cause respiratory problems which can result in unconsciousness and even asphyxiation. They can also have a corrosive effect on the skin and eyes, even with short exposure. It is imperative therefore, to avoid site seeing at the La Soufriere.

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Following an increase in activity since Fabruary 13th, 2021, PHIVOLCS raised the alert level for Taal (Philippines ) from 1 to 2 on March 9th. Alert level 2 means that there is a probable magmatic activity that may or may not lead to an eruption.

Seismicity has increased, with a special attention given to volcanic tremors which have increased seismic energy compared to previously recorded episodes, and are ranging between 3 to 17 minutes in duration. Overall, seismic activity in the past month indicates increased magmatic and hydrothermal activity at shallow depths beneath Taal Volcano Island.

Temperature ow water in the Main Crater Lake has been measured at 74.6°C and continuing increase in acidity to pH 1.59 from a pH of 2.79 in January 2020.

GPS and InSAR data indicate ongoing slight deformation of Taal Volcano Island and have revealed expansion of the Taal region since the end of the 2020 eruption.

Besides, positive microgravity changes have been recorded across Taal Caldera after the 2020 eruption consistent with density changes caused by magma migration, magma degassing and hydrothermal activity.

Source: PHIVOLCS.

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Effusive activity increased at Pacaya (Guatemala) on March 8th, 2021 with lava flows reaching 1.3 km on the S flank. The number of moderate to strong explosions at the summit has increased since February 5th, with projections rising up to 500-600 m above the Mackenney crater.

The Pacaya National Park is still closed and access to the areas of active lava flows on the southern flank of the volcano is prohibited.

Source : INSIVUMEH, CONRED.

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Eruptive activity continues at Klyuchevskoy (Kamchatka). A new cinder cone started growing around February 25th, 2021 with the emission of a small lava flow observed on March 2nd. Satellite data show a large thermal anomaly over the flank eruption on the north-western slope of the volcano.

Source: KVERT.

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San Cristobal (Nicaragua) erupted on March 9th, 2021, with ashfall on the city of Chinandega. Witnesses said it was “a rapid eruption, a single big explosion and then the volcano spent some 30 minutes spewing gases.” Some businesses were forced to close as visibility was reduced to nearly zero. Hours later, residents were still cleaning up.

The volcano has been periodically active for years. It emitted a significant ash plume on February 14th, 2021.

Source: Local news media.

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This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm