Islande: La COVID-19 sur le site de l’éruption! // Iceland: COVID-19 on the eruption site!

Il y a deux jours, au vu des nouvelles restrictions sanitaires en Islande, je me suis demandé si les restrictions de groupe (10 personnes maximum) seraient également appliquées sur le site de l’éruption et dans les bus qui transportent des touristes vers le site. On apprend aujourd’hui que six nouveaux cas de COVID-19 ont été confirmés en Islande le 25 mars 2021. L’un d’entre concerne une personne qui n’a pas respecté la quarantaine lors de l’arrivée dans le pays. Ce qui inquiète les autorités, c’est que la personne en question a visité la zone de l’éruption et s’y est rendue avec un groupe de personnes. On ne sait pas si la personne a contracté la maladie sur le site éruptif car il est impossible de retracer l’origine de l’infection.

Comme l’a dit un épidémiologiste islandais, «lorsque vous voyez les foules de visiteurs sur le site de l’éruption, et toutes les personnes qui déambulent le long de sentiers étroits, il y a tout lieu de s’inquiéter du risque contamination. Il ajoute: « Il serait préférable que les gens reportent la visite du site de l’éruption pendant un certain temps, jusqu’à ce que la pandémie soit sous contrôle. Cette éruption va continuer, donc les gens auront de nouveau l’occasion de la voir. »

Les autorités insistent sur le fait que les personnes qui sont en quarantaine ne sont pas autorisées à visiter le site de l’éruption, car c’est un endroit où de nombreuses personnes se rassemblent. Le problème est que de nombreux voyageurs sont pris en charge à l’aéroport de Keflavík par des voitures autres que celles prévues dans le cadre de la quarantaine, ce qui est totalement contraire aux règles de quarantaine. Ces dernières stipulent que «les personnes en quarantaine ne peuvent pas être prises en charge à l’aéroport ; elles doivent se rendre directement à la station de quarantaine après leur arrivée à la frontière. Elles doivent alors prendre un avion, un taxi, une voiture de location ou un autre véhicule prévu spécialement pour les personnes en quarantaine à l’aéroport. »

Source: The Iceland Monitor.

Suite à cet incident, il ne serait pas surprenant que les autorités islandaises imposent des restrictions plus sévères sur le site de l’éruption.

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Two days ago, in view of the new sanitary restrictions in Iceland, I wondered whether the group restrictions (10 persons maximum) were also enforced on the eruption site and in the excursion buses transporting visitors to the site. We learn today that six new domestic cases of COVID-19 were confirmed in Iceland on March 25th, 2021, one of them outside quarantine.

What worries the authorities is that the person diagnosed who was not in quarantine visited the eruption area and travelled there with a group of people. It is not known whether the person contracted the disease there as it is impossible to trace the origin of the infection..

As one Icelandic epidemiologist said : “When you see these large crowds that visit the eruption site, hiking along narrow paths, then there is every reason to worry about infections there.” He adds: “Preferably, people should postpone visiting the eruption site for a while, until we have the pandemic under control, because I think this eruption will continue, so people aren’t missing the opportunity to see it..”

Authorities insist that people who are in quarantine are not permitted to visit the eruption site, since it is a place where many people gather. The proble is that many travellers have been picked up at Keflavík International Airport in private cars, something that is entirely against quarantine rules. The rules state that “people in quarantine may not be picked up at the airport: They should travel directly to the quarantine station after arriving at the border stop, by airbus, taxi, rental car, or a private vehicle that has been left for [them] at the airport.”

Source: The Iceland Monitor.

Following this incident, it would not come as a surprise if Icelandic authorities imposed more severe restrictions on the eruption site.

Il y avait foule sur le site éruptif le 23 mars2021. Distanciation sociale?

(Source : Iceland Review)

Islande: Une autre approche de la liberté // Another approach to freedom

Le vent a tourné le 25 mars 2021 et soufflait du nord et du nord-est de sorte que des nuages ​​de gaz enveloppaient des parties du sentier conduisant à l’éruption. En conséquence, il a été conseillé aux gens d’éviter de se rendre dans la  Geldingadalur. Cette situation risque de se répéter dans les prochains jours. Le Met Office travaille sur un système de code couleur pour informer les randonneurs de la sécurité d’approche de l’éruption. La politique des autorités islandaises n’est pas de fermer l’accès à la zone, mais de fournir des informations et une assistance aux visiteurs qui effectuent le parcours en prenant leur propre responsabilité.

Le chemin vers le site éruptif est parfois recouvert de glace et certains tronçons peuvent poser des problèmes. Deux randonneurs ont été transportés à l’hôpital avec des blessures sans gravité après avoir glissé sur la glace pendant la nuit.

Il est intéressant de noter que l’éruption se déroule sur des terres privées. La terre en question est une vaste zone qui a pour nom Hraun («lave» en islandais). Une vingtaine de personnes se partagent la propriété. La notion de propriété privée dans les pays nordiques est très différente de celle que nous connaissons en France où l’on voit des pancartes «Propriété privée / Défense d’entrée) dans de nombreux endroits. Comme la Scandinavie dans son ensemble, l’Islande a une loi sur la «liberté de se déplacer». On peut lire que «la loi islandaise sur la conservation de la nature réglemente les activités de plein air et la conduite à tenir. Elle stipule que chacun a le droit de se déplacer à travers le pays et de profiter de la nature tant que le voyageur est respectueux et veille à ne pas causer de dégâts aux ressources naturelles. Il est permis de traverser des propriétés privées non cultivées sans demander d’autorisation spéciale, mais les propriétaires fonciers peuvent en limiter l’accès avec des panneaux [ou] d’autres indications. »

Comme Hraun n’est pas une zone cultivée ou mise en valeur et n’est pas non plus une zone de protection naturelle, n’importe qui est libre de se rendre sur le site éruptif, même en traversant des terres privées. Au lieu d’empêcher les gens de pénétrer sur leurs terres, les propriétaires «apprécient de voir tous ces gens venir sur les terres et profiter de la chose la plus belle et la plus effrayante que la nature puisse offrir. L’une des propriétaires a ajouté qu’elle était ravie de constater que, jusqu’à présent, personne n’avait laissé de détritus et que tout le monde a respecté les formations naturelles de la région.

Source: Iceland Review, The Reykjavik Grapevine.

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The wind had shifted on March 25th, 2021 and was blowing from the north and north-east so that gas clouds were wrapping parts of the hiking path leading to the eruption. As a consequence, people were advised to avoid hiking to the eruption site in Geldingadalir. This situation is likely to repeat itself i the coming days. The Met Office is working on a colour-coded system to inform hikers on whether it’s safe to approach the eruption. The authorities’ policy is not to close access to the area again but rather provide information and assistance to hikers, who make the trek on their own responsibility.

The route to the eruption site is icy and there are some stretches of the hiking paths where visitors encountered some problems. Two hikers were brought to hospital with minor injuries after slipping on the ice in the night.

It is interesting to notice that the Geldingadalsgos eruption is actually on private land.

The land in question is a large area called Hraun (literally “Lava” in Icelandic). About 20 people share the ownership.

The notion of private property in Nordic countries is far different from what we know in France where you can often see signs “Propriété privée / Défense d’entrée) in many places. Like Scandinavia, Iceland has a “freedom to roam” law. The text goes as follows:

“The Icelandic Nature Conservation Act regulates outdoor activities and standards of conduct. It stipulates that everyone has the right to travel around the country and enjoy its nature as long as the traveller is tidy and careful not to damage or otherwise spoil natural resources. It is permissible to cross uncultivated private property without seeking any special permission, but landowners may limit routes with signs [or] other marks.”

As Hraun is uncultivated and undeveloped, nor is it under the auspices of any conservation areas, anyone is indeed free to visit the volcano, even if it is on private land. Instead of preventing people from walking on their land, the owners “find it very pleasing to see all these people come onto the land and enjoy the best and even spookiest thing that nature has to offer.”  One of the owners has added that she has been pleased to see that so far no one has been littering, and everyone has been respecting the natural formations in the area.

Source: Iceland Review, the Reykjavik Grapevine.

Vue de l’éruption ce matin

Le méthane du lac Baïkal se donne en spectacle // Methane from Lake Baikal puts on a show

Situé dans le sud de la Sibérie, le lac Baïkal est, par son volume, le plus grand lac d’eau douce au monde. Avec 23 615,39 km3, il contient plus d’eau que tous les Grands Lacs d’Amérique du Nord réunis. Avec une profondeur maximale de 1 642 m, le Baïkal est le lac le plus profond du monde. Il fait aussi partie des lacs dont l’eau est la plus pure. Pour terminer, c’est le plus ancien lac du monde, vieux de 25-30 millions d’années. C’est le septième plus grand lac du monde en superficie.

La glace commence à recouvrir les parties les plus étroites et les baies les moins profondes du lac Baïkal à la fin novembre, tandis que le reste du lac gèle à la mi-janvier. La glace la plus pure n’est visible que dans certaines zones du lac en novembre et décembre. On peut parfois voir de belles bulles d’air à la surface. Elles sont différentes et surtout moins spectaculaires que celles générées par les émissions de méthane. Contrairement aux bulles d’air, les bulles de méthane gèlent en formant des couches superposées et elles peuvent s’enfoncer jusqu’à 1,50 mètre de profondeur.

Le lac Baïkal se trouve dans une zone de rift, autrement dit une profonde fracture dans l’écorce terrestre qui se rétrécit lorsqu’elle atteint des profondeurs de plusieurs dizaines de kilomètres. Le fond du lac n’est pas de la roche solide; il est constitué d’une couche de sédiments qui remplissent la partie inférieure la plus étroite de la fracture depuis des millions d’années Ces sédiments de fond ont des points communs avec les tourbières car ils contiennent beaucoup de gaz, en particulier du méthane.

Au cœur de l’hiver, il y a des routes sur la glace et les plus grosses bulles de méthane constituent une menace pour les conducteurs. En effet, dans certaines zones du lac, les bulles sont si grosses que les voitures basculent à travers la glace. L’emplacement des bulles peut varier d’une année à l’autre. Les grosses bulles apparaissent généralement entre février et  mars-avril.

Les scientifiques surveillent le méthane qui s’échappe du plancher du Baïkal. On observe une augmentation des émissions de ce gaz et il y a un débat pour savoir si cette hausse des émissions est causée par le réchauffement climatique. Un chercheur de l’Institut limnologique d’Irkoutsk explique qu’il y a des émissions de gaz en eau profonde – à une profondeur de plus de 380 mètres – mais aussi à plus faible profondeur, à moins de 380 mètres.

Il est à noter que la température de l’eau au fond du lac est stable. Cependant, le niveau du lac a baissé, ce qui entraîne une augmentation des émissions de méthane. La quantité de méthane stockée dans les hydrates de gaz au fond du lac Baïkal est estimée à 1018 m3.

Vous verrez de belles photos des bulles de méthane en cliquant sur ce lien:

https://siberiantimes.com/other/others/features/beauty-of-frozen-methane-bubbles-on-the-worlds-deepest-lake-shown-in-stunning-video/

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Located in southern Siberia, Lake Baikal is the largest freshwater lake by volume in the world. With 23,615.39 km3 of fresh water, it contains more water than all of the North American Great Lakes combined. With a maximum depth of 1,642 m, Baikal is the world’s deepest lake. It is among the world’s clearest lakes and is the world’s oldest lake at 25–30 million years. It is the seventh-largest lake in the world by surface area.

Ice begins to cover the shallow straits and bays of Lake Baikal by the end of November, while the rest of the lake freezes by the middle of January. The purest ice can only be seen in some areas of the lake in November and December. One can sometimes see nice air bubbles at the surface. They look different from other dramatic bubbles generated by methane emissions. Contrary to air bubbles, methane bubbles freeze in layers one over the other, and the floors of them can grow 1.5 metres deep.

Lake Baikal is located in a rift zone, a deep crack in the Earth’s crust which narrows at depths of several dozen kilometres. The lake does not have a solid bottom; instead there is a cushion of sediments that has been filling the most narrow lower part of the crack for millions of years

These bottom sediments are similar to bogs in that they contain a lot of gas, including methane.

In deep winter, there are roads over the ice, but the larger methane bubbles pose a threat. There are areas of the lake where bubbles grow so big that cars fall through the ice. The location of the bubbles may vary from year to year, and usually the large bubbles appear from February until March and April.

Scientists monitor methane rising from the floor of Baikal, and while it is said to be increasing, there is a debate to know whether the increase is caused by global warming. A researcher from the Limnological Institute at Irkutsk explains that there are deepwater seeps – at a depth of more than 380 metres – and shallow seeps, at a depth less than 380 metres. It should be noted that the temperature at the bottom of the lake has not warmed.

However, the lake’s level has fallen, which leads to increased methane seeps. The quantity of methane hidden in gas hydrates in Baikal is estimated at one trillion cubic metres.

You will see nice photos of the methane bubbles by clicking on this link:

https://siberiantimes.com/other/others/features/beauty-of-frozen-methane-bubbles-on-the-worlds-deepest-lake-shown-in-stunning-video/

Photo prise à Maloye More, un chenal qui sépare l’île d’Olkhon, la plus grande du lac, de la berge ouest du Baïkal (Crédit photo: Stanislav Tolstnev / The Siberian Times)