Islande: folie sismique ! // Iceland : seismic madness !

Un séisme de magnitude M 5,0 a secoué la Péninsule de Reykjanes, le 12 mars 2021 à 7h43. Son épicentre était à 2,8 km au sud-sud-ouest de Fagradalsfjall, à une profondeur de 3,2 km. Il a été largement ressenti dans le sud-ouest de l’Islande et jusqu’à Borgarfjörður, dans l’ouest du pays. Il a été suivi d’un événement de magnitude M 4,1 à 8 h 48.

19 secousses d’une magnitude supérieure à M 3,0 ont été enregistrées dans la région depuis minuit, et leur source était au sud de Fagradalsfjall.

Les scientifiques surveillent la zone car, selon eux, il existe la possibilité d’une éruption, mais personne ne sait ce qui va se passer dans les prochains jours,ni même si une éruption aura lieu.

Source: Iceland Monitor.

Voici une vue de la sismicité intense sur la Péninsule de Reykjanes:

Source : IMO

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An earthquake with a magnitude M 5.0 hit the Reykjanes Peninsula, on March 12th, 2021 at 7:43 am. Its epicentre was 2.8 km south-southwest of Fagradalsfjall mountain, at a depth of 3.2 km. It was widely felt in Southwest Iceland and as far as Borgarfjörður, West Iceland.

It was followed by an event with a magnitude M 4.1 at 8:48.

19 earthquakes above M 3.0 have been recorded in the area since midnight, and the source of all of them was south of Fagradalsfjall mountain.

Scientists are closely monitoring the area for the possibility of an eruption but nobody knows what will happen next and whether an eruption will be observed.

Source: Iceland Monitor.

See above a view of the intense seismicity on the Reykjanes Peninsula:

Etna (Sicile) : en route pour le n°12 ! // New paroxysm !

7h30 (heure locale) :  Depuis 6h30 (heure locale), on observe à nouveau une hausse du tremor éruptif sur le volcan. L’INGV indique que l’activité strombolienne est en train de croître au niveau du Cratère SE, avec une colonne éruptive qui monte à 4000 m d’altitude. La webcam L.A.V.E. montrait déjà l’apparition d’une incandescence dans le cratère vers 3 heures du matin alors qu’une activité strombolienne était présente dans les autres cratères.

8 heures : Le tremor continue sa progression. La visibilité n’est pas très bonne ce matin. L’activité est forcément moins visible de jour. Les fontaines et coulées de lave sont moins spectaculaires.

Source : INGV

8h30 : Comme lors des paroxysmes précédents, la lave a débordé du Cratère SE et la coulée avance dans la Valle del Bove où le front de coulée se trouve à 2800 m d’altitude. .

9 heures : L’éruption bat son plein. Au vu du tremor, on ne devrait as être loin du point culminant. L’INGV indique que les fontaines atteignent 500 m de hauteur. Le font de coulée se trouve à 2600 m d’altitude. Le panache éruptif se dirige vers l’est, avec des pluies de cendres prévisibles dans les zones sous le vent.

A 9h30, la crise éruptive reste intense. Le panache éruptif atteint 8500 m d’altitude. Le front de coulée se situe à 2100 m au dessus du niveau de la mer.

10 heures : Le paroxysme se poursuit. Le tremor atteint des sommets et est en passe de battre son record d’intensité. Vue de loin, l’éruption est très spectaculaire. Front de coulée à 2000m d’altitude.

10h45 : Le tremor marque le pas. Il semble bien que ce 12ème paroxysme soit en train de toucher à sa fin. Même si la coulée reste active dans le Valle del Bove, les fontaines de lave ont disparu du Cratère SE.

En attendant le n°13 de la série…

Et un, et deux, et trois! Les trois derniers paroxysmes de l’Etna vus à travers le tremor volcanique :

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7:30 am (local time) : Since 6:30 am (local time), there is again an increase in the eruptive tremor. INGV indicates that Strombolian activity is increasing at the SE Crater, with an eruptive column rising to 4000 m above sea level. The L.A.V.E. webcam already showed an incandescence in the crater around 3 a.m. while Strombolian activity was present in the other craters.

8:00 am : The tremor keeps increasing. Visibility is not very good this morning. Activity with lava fountains and lava flows is much more dramatic at light.

8:30 am : Like during the previous paroxysms, a lava overflow is observed at the SE Crater with a lava flow travelling toward the Valle del Bove. The lava front is located 2800 m a.s.l.

9:00 am : The eruption is in full swing. Judging from the tremor, the climax should occur soon. INGV indicates that the lava fountains are 500 m high. The lava flow front is located 2600 m a.s.l. in the Valle del Bove. The eruptive plume is moving east, with likely ashfall in downwind areas.

9:30 am : The eruption is still intense. The eruptive plume rises 8500 m above sea level and the lava flow front is 2100 m a.s.l.

10:00 am : THe paroxysm continues. The tremor is about to break an intensity record. Seen from a distance, the eruption is very spectacular. Lava front at 2,000 m a.s.l.

10:45 am : It looks as if the tremor has started declining. This means this 12th paroxysm is about to come to an end. Even though lava is still flowing in the Valle del Bove, the lava fountains has stopped at the SE Crater.

Waiting for Number 13…!

 

Ice Memory, la mémoire des glaces

La plupart des glaciers à travers le monde perdent du volume en raison du réchauffement climatique. Au rythme actuel, on projette leur disparition totale à la fin du 21ème siècle pour ceux situés en dessous de 3 500 mètres d’altitude dans les Alpes, et 5 400 mètres dans les Andes. Ce phénomène altère irrémédiablement la composition chimique des strates de neige, détruisant ainsi pour toujours le potentiel de ces archives à reconstruire l’histoire de signaux géochimiques en lien avec le climat, les activités humaines, ou encore l’évolution biologique de notre environnement.

Les glaciers sont de véritables sentinelles qui enregistrent de nombreuses données permettant de comprendre et de retracer des phénomènes climatiques et environnementaux sur plusieurs siècles, voire millénaires. Avec leur disparition, ce sont des pages uniques de l’histoire de notre environnement qui disparaîtront à tout jamais. Il y a donc urgence à sauvegarder ces archives particulières de l’Histoire de l’Homme.

C’est le but du projet Ice Memory, une initiative indépendante menée par des glaciologues et paléoclimatologues internationaux qui, en marge de leurs missions professionnelles, ont entrepris de constituer une archive mondiale des glaciers afin de conserver les informations qu’ils renferment pour les futures générations de chercheurs. Ce projet est cependant mis en péril en raison de la fonte accélérée des glaciers.

Le projet Ice Memory prévoit de recueillir sur une vingtaine de glaciers dans le monde deux carottes de glace, dont l’une sera analysée chimiquement et la deuxième stockée à terme dans une archive protégée, creusée dans la glace sur le site de la station italo-française Concordia, en Antarctique. Ce site est un endroit idéal pour la conservation des carottes de glace ; en effet, il y fera encore froid même lorsqu’une grande partie de la couverture glaciaire aura fondu. D’autre part, il s’agit d’une zone pacifiée, consacrée à la recherche, et qui n’appartient à aucun État. Ces échantillons seront la propriété de l’humanité, et une gouvernance pérenne veillera à leur utilisation exceptionnelle et appropriée.
Les coordinateurs du projet espèrent pouvoir y apporter les premiers prélèvements en 2023. Ils seront destinés aux générations futures de chercheurs, afin qu’ils puissent continuer de les étudier malgré le réchauffement climatique, et obtenir de nouveaux résultats grâce aux nouvelles méthodes qui auront cours.

Les analyses réalisées sur les carottes de glace permettent de reconstruire les variations passées du climat, de l’environnement et tout particulièrement de la composition atmosphérique : variations de la température, des concentrations atmosphériques des gaz à effet de serre, des émissions d’aérosols naturels ou de polluants d’origine humaine.

Sur les 20 forages initialement prévus, quatre ont déjà été réalisés avec succès. En 2016, des carottes de 128 mètres ont pu être recueillies sur le Col du Dôme, dans le massif du Mont-Blanc. En 2017, deux carottes de plus de 130 mètres ont été récoltées à plus de 6.000 mètres d’altitude sur le glacier de l’Illimani, en Bolivie. En 2018, deux carottes ont été extraites en Russie sur l’Elbrouz dans le Caucase, puis sur le Belukha dans les montagnes de l’Altaï, en Sibérie, où les chercheurs ont réussi à prélever deux carottes, dont l’une de 160 mètres.

Le cinquième site sélectionné aurait dû être le glacier de Corbassière, sur le massif du Grand Combin, situé à 4.100 mètres d’altitude dans les Alpes occidentales du Valais, mais l’expédition a tourné court. L’équipe de scientifiques qui s’est installée en septembre 2020 sur le glacier n’a pu que constater la rapidité des effets du changement climatique sur la glace.

Source : Ice Memory.

S’agissant des glaciers et de leur fonte, j’aimerais souligner la qualité  de l’émission « Le monde de Jamy » diffusée sur France 3 le 10 mars 2021. Elle a parfaitement mis en évidence la fonte des glaciers, le dégel du permafrost de roche et leurs conséquences sur l’environnement. L’émission peut être revue jusqu’au 9 avril 2021 sur le site de France 3.

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Most glaciers around the world are melting due to global warming. At the current rate, their total disappearance will probably occur at the end of the 21st century for those located below 3,500 metres above sea level in the Alps, and 5,400 metres in the Andes. This phenomenon irreparably alters the chemical composition of the snow layers, thus forever destroying the potential of these archives to reconstruct the history of geochemical signals linked to the climate, human activities, or the biological evolution of our environment.

Glaciers are true sentinels that record numerous data making it possible to understand and trace climatic and environmental phenomena over several centuries, even millennia. With their demise, unique pages in the history of our environment will disappear forever. There is therefore an urgent need to safeguard these particular archives of the History of Man.

This is the goal of the Ice Memory project, an independent initiative led by international glaciologists and paleoclimatologists who, in addition to their professional missions, have undertaken to constitute a world archive of glaciers in order to preserve the information they contain for future generations of researchers. This project is however endangered due to the accelerated melting of the glaciers.

The Ice Memory project plans to collect two ice cores from around twenty glaciers around the world, one of which will be chemically analyzed and the second eventually stored in a protected archive, dug in the ice on the site of the French-Italian station Concordia, in Antarctica. This site is an ideal place for the conservation of ice cores; it will still be cold there even after much of the ice cover has melted. On the other hand, it is a peaceful area, devoted to research, and which does not belong to any state. These samples will be the property of mankind, and sustainable governance will ensure their exceptional and appropriate use.

The project coordinators hope to be able to bring the first samples in 2023. They will be intended for future generations of researchers, so that they can continue to study them despite global warming, and obtain new results thanks to the new techniques.

The analyzes carried out on the ice cores make it possible to reconstruct past variations in climate, the environment and, in particular, the atmospheric composition: variations in temperature, atmospheric concentrations of greenhouse gases, emissions of natural aerosols. or pollutants of human origin.

Out f the 20 holes initially planned, four have already been successfully completed. In 2016, 128-metre cores were collected on the Col du Dôme, in the Mont-Blanc massif. In 2017, two cores over 130 metres were collected at an altitude of over 6,000 metres on the Illimani glacier in Bolivia. In 2018, two more cores were collected in Russia on the Elbrus in the Caucasus, then on the Belukha in the Altai Mountains, in Siberia, where researchers managed to take two cores, one of which was 160 metres long. The fifth site selected should have been the Corbassière Glacier, on the Grand Combin massif, located at an altitude of 4,100 metres in the western Alps of Valais, but the expedition was cut short. The team of scientists who settled on the glacier in September 2020 could only see the rapid effects of climate change on the ice.

Source: Ice Memory.

Regarding glaciers and their melting, I would like to underline the quality of the program « Le monde de Jamy » broadcast on France 3 on March 10th, 2021. It perfectly highlighted the melting of glaciers, the thawing of rock permafrost and their consequences on the environment. The program can be replayed until April 9th, 2021 on the France 3 website.

Photos : C. Grandpey