Si l’Öræfajökull (Islande) entrait en éruption… // If Öræfajökull erupted in Iceland…

L’Öræfajökull est un volcan sous-glaciaire dans le sud-est de l’Islande. Il est entré deux fois en éruption dans les temps historiques, en 1362 et en 1728. L’éruption en 1362 a provoqué la destruction d’une région connue sous le nom de Litla-Hérað et la cendre volcanique a atteint l’Europe occidentale. Plus de 40 ans se sont écoulés avant que les gens s’installent à nouveau dans la région connue aujourd’hui sous le nom d’Öræfi, ou terre désertique.
Il n’y a actuellement aucun signe qu’une éruption est imminente, mais il y a une dizaine de mois, un regain d’activité a été observé au niveau de l’Öræfajökull. Une hausse de la sismicité a été détectée, ainsi que le creusement d’une dépression à la surface de la glace dans la caldeira, et la présence dans une rivière glaciaire de gaz provenant d’une activité géothermale. À cette époque, on a considéré que l’activité sous l’Öræfajökull était en hausse par rapport aux décennies précédentes.
Selon le Met Office islandais, l’activité sismique  sous l’Öræfajökull a diminué et s’est stabilisée au cours des derniers mois. Les mesures hydrologiques et géochimiques montrent des valeurs stables. Des mesures effectuées à la fin du mois de mars ont indiqué que la production de chaleur due à l’acticité géothermale sous la caldeira avait considérablement diminué. Au final, il n’y a aucun signe d’une éruption imminente.
Toutefois, si une éruption majeure devait se produire sur l’Öræfajökull, elle pourrait paralyser le trafic aérien en Europe pendant plusieurs jours. Tout le monde a encore en tête l’éruption de l’Eyjafjallajökull en avril 2010. Elle a bloqué le trafic aérien en Europe pendant plusieurs jours et a empêché des millions de passagers d’atteindre leur destination. L’éruption a causé la plus grande perturbation du trafic aérien depuis la Seconde Guerre mondiale et entraîné des pertes estimées à 5 milliards de dollars avec plus de 100 000 vols annulés.

Un groupe de chercheurs de l’Université d’Islande a établi deux scénarios d’éruption pour l’Öræfajökull en se basant sur des événements historiques, afin de prévoir les impacts possibles d’éruptions plus importantes que celles survenues sur l’Eyjafjallajökull. Les deux scénarios ont été modélisés en s’appuyant sur les conditions météorologiques de l’éruption de 2010. Le modèle NAME, modèle de dispersion de la cendre mis au point par le VAAC (Volcanic Ash Advisory Centre) de Londres, a été utilisé pour simuler les nuages ​​de cendre dans les deux scénarios.
1) Le premier scénario décrit des éruptions à répétition de l’Eyjafjallajökull avec un volume de cendre similaire à celui de 2010, mais suppose que la durée totale de l’éruption est de six mois, soit quatre fois plus longue qu’en 2010. Des éruptions de cette durée sont possibles, comme l’a montré la dernière éruption dans l’Holuhraun qui a débuté à la fin de l’été 2014 et s’est poursuivie pendant six mois. Un tel scénario aurait principalement un impact sur le trafic aérien à basse altitude et affecterait essentiellement les décollages et les atterrissages.

2) Le deuxième scénario décrit une éruption de l’Öræfajökull en se basant sur l’éruption de 1362, l’une des plus grandes éruptions en Islande depuis l’arrivée des premiers colons. Le scénario propose une importante émission de cendre sur une période assez courte. Il montre qu’une émission de cendre d’une telle ampleur paralyserait le trafic aérien en Europe, affecterait les vols à toutes les altitudes et interromprait tout le trafic pendant plusieurs jours. Les effets de l’éruption dans ce scénario pourraient même atteindre l’Atlantique Nord où elle affecterait également le trafic maritime, comme pendant l’éruption de 1362: A cette époque l’éruption a provoqué l’accumulation d’une épaisse couche de pierre ponce à la surface de l’océan. Un événement de ce genre de nos jours pourrait nuire au trafic maritime et à la pêche.

L’étude sur une possible éruption de l’Öræfajökull montre que «l’infrastructure de gestion des risques qui s’appuie sur les événements de 2010 peut donner une fausse impression de sécurité à l’industrie aéronautique et à d’autres secteurs. […] Des années après cet événement très perturbateur, le manque de sensibilisation au risque d’éruptions accompagnées de cendre volcanique en Europe est flagrant et est en partie dû à des lacunes dans l’échange d’informations entre les différents secteurs. Un plan alternatif est nécessaire. Lorsque les aéronefs ne peuvent pas décoller, le transport des passagers et des marchandises doit être transféré vers les routes, les voies ferrées et les voies maritimes afin de réduire les problèmes et les pertes économiques. Un effort commun des différents secteurs est nécessaire pour anticiper les problèmes et pour établir des plans d’urgence alternatifs.  »
Source: Iceland Review.

————————————————

Öræfajökull is an ice-covered volcano in South East Iceland. It has erupted twice in historical times, in 1362 and in 1728.  The eruption in 1362 caused the distruction of a district known as Litla-Hérað and volcanic ash travelled as far as to western Europe. More than 40 years passed before people settled in the area now known as Öræfi which means wasteland.

There are no signs of an imminent eruption, but about ten months ago some unrest was detected in Öræfajökull. Elevated seismicity was detected, as well as the development of a depression in the ice surface within the caldera, and the presence of geothermal gases from a glacial river. At that time, geothermal activity beneath Öræfajökull was assessed to be high relative to previous decades.

According to the Iceland Met Office, seismic activity at Öræfajökull has declined and been stable over the past months. Hydrological and geochemical measurements show stable values. Measurements in late March indicated that the geothermal heat output beneath the cauldron had diminished significantly. On the whole, there are no signs of an imminent eruption.

If a major eruption were to occur in Öræfajökull, this could paralyse all air traffic across Europe for days on end. Everybody has in mind the Eyjafjallajökull eruption in April 2010 which wreaked international havoc. It halted air traffic in Europe for several days and prevented millions of passengers from reaching their destinations. The eruption led to the greatest disruption of air traffic since World War II and caused an estimated worldwide loss of 5 billion dollars with over 100,000 flights cancelled.

A research group at the University of Iceland has formulated two eruption scenarios for Öræfajökull based on historical events to predict possible impacts of eruptions larger than the one that occurred in Eyjafjallajökull. Both scenarios were modelled around the weather conditions from the 2010 eruption. The NAME model, an ash dispersion model used by the London Volcanic Ash Advisory Centre (VAAC), was used to simulate the ash clouds in the eruption scenarios.

1) The first scenario describes recurring eruptions of the Eyjafjallajökull volcano with an ash volume similar to the event in 2010, but assumes a total eruption time of six months, four times longer than in 2010. Eruptions of this duration are feasible, like during the recent eruption in Holuhraun which began in late summer 2014 and continued for six months. This scenario would mostly impact air traffic at low altitudes, affecting take-offs and landings.  2) 2) The second scenario, an eruption in Öræfajökull, is based on the volcano’s eruption in 1362, one of the largest eruptions in Iceland since the settlement. It describes a large ash emission over a rather short period of time. It reveals that such an enormous ash eruption would paralyse air traffic in Europe, affect flights at all altitudes and halt all air traffic for several days. The effects of the eruption in this scenario could even reach across the North Atlantic. Not only would such an eruption affect air traffic, it would also impact maritime traffic, as indicated by records from the 1362 eruption: the eruption caused a thick layer of pumice to collect on the surface of the ocean. An event of this kind today could hinder shipping traffic and fishing.

According to the study about a possible Öræfajökull eruption, “the risk management infrastructure that is based on the parameters of the events in 2010 can provide a false sense of security to the aviation industry and to other sectors. […] Years after the highly disruptive event, the lack of risk awareness of volcanic ash eruptions in Europe is remarkable and is partly due to gaps in information exchange between sectors. An alternative plan is needed. When aircraft cannot take off, the transportation of passengers and goods needs to be transferred to roads, rail and sea passages to reduce inconvenience and economic loss. A call for a communal effort of different sectors is needed in anticipation of what lies ahead and for establishing alternative contingency plans.”

Source: Iceland Review.

Modélisation de la dispersion de cendre pour l’EyjafjallaJôkull et pour l’Öræfajökull (Source: Université d’Islande)

Publicités

Kilauea (Hawaii): Quand l’éruption finira-t-elle ? // When will the eruption come to an end ?

Quand l’éruption finira-t-elle? C’est la question à laquelle seule Madame Pele est capable de répondre. Bien sûr, les scientifiques qui étudient actuellement l’éruption du Kilauea tireront de nombreuses leçons des événements qu’ils ont pu observer au sommet et sur l’East Rift Zone. Ils ont à leur disposition des technologies de pointe qui n’existaient pas pendant les éruptions de 1924, 1955 et 1960. Le HVO existe depuis plus de 100 ans et les techniques de surveillance du Kilauea ont beaucoup évolué. Les volcanologues ont utilisé de nouvelles méthodes pour évaluer la profondeur du lac de lave de l’Halema’uma’u, ou encore la hauteur des panaches et les particules de cendres. Les drones ont été essentiels à la cartographie des coulées de lave. Cette éruption marque probablement l’arrivée des drones en volcanologie grâce à leur capacité de collecter des données dans des zones dangereuses et inaccessibles. En plus, ils sont relativement bon marché et ne mettent pas des personnes en danger.
Cependant, même avec toutes ces nouvelles technologies et tous les scientifiques mobilisés pour étudier l’éruption du Kilauea, beaucoup de questions restent sans réponse, au moins pour l’instant.
Si la hausse de l’activité sismique, les déformations du sol et d’autres paramètres peuvent alerter les scientifiques sur l’imminence d’une éruption, les prévisions à plus long terme restent impossibles. Comme l’a dit un volcanologue: « Il est très difficile d’étudier un volcan et de prévoir la date de sa prochaine éruption, tout comme il est impossible de prévoir les séismes. On peut examiner le comportement d’un volcan dans le passé et voir à quelle fréquence il est entré en éruption, mais nous ne savons pas vraiment ce qui se passe sous terre.  »
La question que tout le monde se pose à l’heure actuelle est la suivante: Quand cessera l’éruption du Kilauea?
L’étude des éruptions les plus récentes peut fournir quelques indices. Les événements majeurs qui se sont produits sur l’East Rift Zone en 1840, 1955 et 1960 ont duré respectivement 26 jours, 88 jours et 36 jours. La journée d’aujourd’hui marque le 41ème anniversaire de la sortie de la lave dans les Leilani Estates. La plus longue des trois éruptions précédentes a duré un peu moins de trois mois. La plus longue éruption sommitale a duré 70 ans. L’éruption qui se déroule actuellement à Puna est très différente et la plupart des scientifiques pensent qu’il est peu probable qu’elle dure aussi longtemps.
Une évaluation approximative du volume de lave émis par l’éruption actuelle a été proposée au vu de la zone couverte le 5 juin. On estime que le volume de lave dans les Leilani Estates avait alors atteint 84,5 millions de mètres cubes, ce qui est inférieur aux éruptions de 1840 (205 millions de mètres cubes), de 1955 (87,6 millions de mètres cubes) et de 1960 (113,2 millions de mètres cubes). Il y a certes une marge d’erreur dans le chiffre proposé pour l’éruption actuelle, mais la quantité de lave émise – au moins jusqu’à présent – est loin des impressionnants volumes précédents.
Le magma de l’éruption actuelle est probablement issu du point chaud qui alimente habituellement les volcans hawaiiens et il ne peut pas être exclu que l’éruption des Leilani Estates donne naissance à une nouvelle bouche qui serait active sur le long terme, comme l’a été le Pu’u O’o. Cependant, ce n’est qu’une simple hypothèse, car personne ne sait comment évoluera l’éruption en cours.
Adapté d’un article dans le Honolulu Star Advertiser.

—————————————————-

When will the eruption come to an end? This is the question only Madame Pele is able to answer. Sure, scientists studying the current eruption of Kilauea will learn a lot from the events at the summit and along the East Rift Zone. They are benefiting from advanced technologies that were not available during corresponding events in 1924, 1955 and 1960. The Hawaiian Volcano Observatory has existed for more than 100 years and the technology has changed tremendously with new ways to monitor Kilauea. For instance, scientists have been using new techniques to track the depth of the Halemaumau lava lake, plume heights and ashfall particles. Drones have been essential to mapping lava flows. This eruption may be really the coming of age of drone technology being able to collect data from dangerous and inaccessible areas relatively cheaply and with minimal danger to people.

However, even with all the advanced science and staff mobilized to document and study the Kilauea eruption, many questions about the volcano will remain unanswered, at least for now.

Although increased seismic activity, ground movement and other signs can alert scientists to imminent eruptions, longer-term forecasts are still impossible. As one volcanologist put it: “It’s very difficult to look at a volcano and put a date on a calendar when it will erupt next, just like it’s impossible to predict earthquakes. You can look at what it’s done in the past and how frequently it’s erupted, but we don’t really know what’s going on underground.”

The most pressing question at the moment is: When will Kilauea stop erupting?

Studying previous eruptions most similar to the current one may provide some clues. Major East Rift Zone events in 1840, 1955 and 1960 lasted 26 days, 88 days and 36 days, respectively. Today marks the 40th day since lava emerged in the Leilani Estates. The longest of those three previous eruptions lasted just shy of three months. The longest eruption at the summit lasted 70 years. The current one down in Puna is very different, and most scientists think it is unlikely to last that long.

A rough calculation has been made of the volume of lava produced by the current eruption, based on the area covered as of June 5th. It is estimated the Leilani Estates flows put out 84.5 million cubic metres of lava, less than the eruptions of 1840 (205 million cubic metres), 1955 (87.6 million cubic metres) and 1960 (113.2 million cubic metres). The margin of error is big, but at least so far the amount of lava is far from the impressive previous volumes.

Magma is probably still being supplied from the hotspot and it cannot be excluded that the Leilani Estates eruption will become a new long-term vent, like Pu’u O’o. However, this is just a simple hypothesis as nobody knows about the future of the current eruption.

Adapted from an article in the Honolulu Star Advertiser.

Crédit photo: USGS

Eruption du Fuego (Guatemala): Un bilan toujours plus lourd // The death toll is still mounting

Le bilan de l’éruption du Fuego ne cesse de s’alourdir. Il atteignait 99 morts le 6 juin 2018 et de nombreuses personnes sont toujours portées disparues.

 Le volcan a envoyé une nouvelle coulée pyroclastique mercredi après-midi, ce qui a mis les sauveteurs encore plus en danger et les a obligés à suspendre la recherche des victimes. Les restes des 99 personnes ont été envoyés à la morgue ; seuls 28 corps ont été identifiés jusqu’à présent. Les autorités locales possèdent des données avec des noms et des lieux où se trouvent 192 personnes disparues.
L’éruption du Fuego a provoqué des évacuations dans les localités au pied du volcan. Les zones touchées par les coulées pyroclastiques montrent des scènes de désolation. Les maisons sont enfouies dans la cendre qui est parfois encore chaude au toucher. Un silence macabre a envahi ces villages où ne subsistent que quelques poulets qui ont réussi à échapper à l’éruption. Des roches volcaniques de la taille des balles de baseball, ou plus volumineuses, jonchent le sol. Des pneus de voiture gisent dans des flaques de caoutchouc et d’acier tordu.
Un autre danger est que les fortes pluies provoquent des lahars, rivières de boue qui peuvent remobiliser la cendre volcaniques.
Un état de catastrophe naturelle a été déclaré pour les régions d’Escuintla, Sacatepequez et Chimaltenango, qui ont le plus souffert de la catastrophe.
Source: Associated Press.

En tout, environ 300 personnes sont probablement mortes pendant l’éruption de dimanche. Le bilan est à peu près le même que pour le Merapi (Indonésie) en 2010. Les deux volcans appartiennent à la Ceinture de Feu du Pacifique et comme les autres volcans dans cette partie du monde, ils sont extrêmement explosifs et leurs éruptions sont très difficiles à prévoir, comme on l’a vu avec le Mont Agung à Bali où de dizaines de milliers de personnes ont été évacuées sans que se produise la moindre avalanche pyroclastique. De plus, les explosions sont très soudaines. Un couple vivant sur les pentes du Fuego a déclaré qu’ils se sont mis à courir dimanche après qu’un de leurs enfants leur ait crié de fuir. Au moment où ils ont atteint un abri dans la ville d’Escuintla, ils étaient couverts de cendre. Malheureusement, il n’y a aucun moyen efficace d’avertir les gens. Les sirènes suggérées par certains seraient inutiles car les coulées pyroclastiques se déplacent trop vite, à plusieurs centaines de kilomètre par heure. La seule solution est d’évacuer les habitants le plus loin possible lorsque les instruments des volcanologues annoncent  une possible éruption et de leur demander d’attendre dans les refuges jusqu’à la fin de l’alerte. Une telle situation est très difficile à gérer par les autorités.

—————————————————–

The death toll from Guatemala’s Fuego volcano rose to at least 99 on June 6th, 2018, with many people still missing.

The volcano triggered a new pyroclastic flow on Wednesday afternoon, which put rescuers even more in danger and forced them to suspend the search for victims. The remains of the 99 people have been sent to morgues, while just 28 have been identified so far. Local authorities have data with names and locations where there are missing persons and that number is 192

The volcano’s increased activity prompted evacuations of nearby communities. The areas affected by the pyroclastic flows show scenes of desolation. Homes are buried in ash, some of it still hot to the touch. An eery silence hangs in the air, apart from the presence of chickens that somehow managed to survive the explosion. Volcanic rocks the size of baseballs and larger litter the ground. Melted car tires lay in puddles of rubber and twisted steel.

Another danger is that heavy rains in the area could provoke lahars due to the large flows of volcanic mud.

A state of disaster has been declared for the departments of Escuintla, Sacatepequez and Chimaltenango, which suffered the most in the disaster.

Source: Associated Press.

In all, about 300 people probably died during Sunday’s eruption. The toll is about the same as for Mount Merapi (Indonesia) in 2010. Both volcanoes belong to the Pacific Ring of Fire and like the others in that part of the world they are highly explosive and their eruptions are very difficult to predicy, as could be seen with Mt Agung in Bali where thousands of people were evacuated and no pyroclatic flow ever occurred. Besides, their explosions are very sudden. A couple living on the slopes of Fuego said they ran Sunday after one of their children urged them to flee. By the time they reached a shelter in the city of Escuintla, they were covered in ashes. Unfortunately, there are no means to warn people. The sirens suggested by some would be useless as the pyroclastic flows travel too fast. The only solution is to evacuate the residents as far as possible when the experts’ instruments announce a possible eruption and then ask them to wait in shelters until the eruption has ended. Such a situation is very difficult to manage by the authorities.

         Vue aérienne d’un village recouvert par la cendre du Fuego (Crédit photo: CONRED)

Les séismes lents du Kilauea (Hawaii) // Kilauea Volcano’s slow earthquakes (Hawaii)

Périodiquement, des séismes sont enregistrés sur le flanc sud du Kilauea et le HVO les attribue au glissement lent de l’édifice volcanique dans l’Océan Pacifique. Le dernier événement de ce type a eu lieu en octobre 2015 et, auparavant, en mai 2012, février 2010 et juin 2007.
Ces séismes de glissement lent se produisent lorsqu’une faille commence à glisser, mais si lentement que le phénomène prend plusieurs jours au lieu de quelques secondes dans le cas d’un tremblement de terre classique. Sur le Kilauea, les séismes lents se produisent sur la faille de décollement presque horizontale qui se trouve sous le flanc sud du volcan, à une profondeur de 6 à 8 km. C’est cette même faille qui a été responsable du séisme de magnitude M 7,7 à Kalapana en 1975. Cependant, les séismes lents ne produisent pas d’ondes sismiques et donc pas de fortes secousses destructrices comme un séisme classique. Ils permettent d’évacuer une partie de la contrainte qui s’est accumulée sur la faille.
Au cours d’un séisme lent, le flanc sud du Kilauea avance en général d’environ 3 cm vers l’océan. L’événement s’étale sur 2 ou 3 jours, et présente les mêmes caractéristiques qu’un séisme de magnitude M 6.0. Le réseau GPS du HVO montre que le flanc sud avance régulièrement vers la mer d’environ 6 cm chaque année. Les événements de glissement lent du Kilauea ont tendance à se produire uniformément dans le temps; en particulier, ceux postérieurs à 2005 qui ont eu lieu tous les deux ans et demi, à trois mois près. Ils ont été provoqués chaque fois par un glissement sur la même section de la faille et présentent la même magnitude.
Les séismes lents du Kilauea sont des exemples de « séismes types», autrement dit des événements à répétition, de magnitude et de localisation identiques, qui correspondent à une rupture la même section de la faille. Au début, la notion de « séisme type » a été avancée dans l’espoir qu’elle pourrait permettre de prévoir les séismes classiques, les plus destructeurs. Cette idée a fait suite à l’observation d’une série de séismes qui semblaient se produire tous les 22 ans près de la ville de Parkfield en Californie. Après les séismes de 1857, 1881, 1901, 1922, 1934 et 1966, tous de magnitude M 6.0 sur le même section de la faille de San Andreas, les scientifiques avaient prédit que le prochain séisme se produirait en 1988. En fait, le séisme de Parkfield n’a pas eu lieu avant 2004, soit 16 ans après la date prévue. Cependant, même si l’hypothèse de « séisme type » n’a pas permis de prévoir un séisme classique, elle est utile pour prévoir des « séismes lents » partout dans le monde. De tels événements, récurrents et prévisibles, affectent la zone de subduction de Cascadia au large des Etats de Washington et de l’Oregon. Cette faille génère tous les 15 mois des glissements lents équivalant à un séisme de magnitude M 6. Au Japon, sur la zone de subduction le long de la fosse de Nankai, des glissements importants se produisent environ tous les 7 ans et correspondent à des séismes de magnitude M 7,0.
Dans la mesure où l’événement de glissement lent le plus récent sur le Kilauea s’est produit en octobre 2015 et que les « séismes lents » ont une périodicité de 2,5 ans (à 3 mois près), le HVO pense que le prochain pourrait être enregistré d’ici août 2018, mais aucune secousse ne sera ressentie par la population. .
Source: USGS / HVO.

——————————————

Occasionally, earthquakes are recorded on the southern flank of Kilauea Volcano and HVO attributes them to the slow sliding of the volcanic edifice into the Pacific Ocean. The last slip event was in October 2015, and before then, in May 2012, February 2010, and June 2007.

Slow slip events are sometimes called “slow earthquakes.” They happen when a fault begins sliding, just like in a regular earthquake, but so slowly that it takes several days to finish instead of several seconds. At Kilauea, slow earthquakes occur on the nearly flat-lying décollement fault that underlies the volcano’s south flank at a depth of 6-8 km. This is the same fault that was responsible for the M 7.7 Kalapana earthquake in 1975. However, slow earthquakes produce no seismic waves and, therefore, none of the damaging shaking of a regular earthquake. They help relieve a small amount of stress on the fault.

During a slow earthquake, the south flank usually surges seaward by about 3 cm. This additional motion occurs over 2-3 days, and is about the same amount that would happen in a regular M 6.0 earthquake. HVO’s GPS monitoring network shows that the south flank moves steadily seaward about 6 cm every year. Kilauea slow slip events tend to occur evenly in time; in particular, events after 2005 have occurred every 2.5 years, give or take 3 months. They are also caused by slip on the same section of the fault every time and tend to be about the same size.

Kilauea slow slip events are examples of so-called “characteristic” earthquakes, a series of several earthquakes of similar magnitude and location, which indicates that they are breaking the exact same part of the fault again and again. The characteristic earthquake hypothesis was originally developed in hope that it could predict regular, and possibly damaging, earthquakes. This idea emerged from observations of a series of earthquakes that seemed to strike about every 22 years near the town of Parkfield, California. After earthquakes in 1857, 1881, 1901, 1922, 1934, and 1966, all of which occurred as M 6.0 events in the same part of the San Andreas Fault, scientists predicted the next earthquake would occur in 1988. As it turned out, the next Parkfield earthquake did not occur until 2004, 16 years after the predicted date. However, even though the characteristic earthquake hypothesis was not successful at predicting a regular earthquake, it has been useful for forecasting the occurrence of slow slip events around the world. Locations where recurring, predictable slow slip events happen include the Cascadia Subduction zone offshore of Washington and Oregon. This fault produces slow slip events equivalent to an M 6.7 earthquake every 15 months. In Japan, on the subduction zone along the Nankai Trough, major slow slip events occur approximately every 7 years and are equivalent to M 7.0 earthquakes!

Because the most recent slow slip event on Kilauea happened in October 2015, and the events have a recurrence time of 2.5 years (give or take 3 months), HVO can forecast that the next one might occur between now and August 2018. But there won’t be any shaking that could be easily felt by individuals.

Source: USGS / HVO.

Sur le schéma ci-dessus, les flèches noires montrent l’intensité des séismes lents (voir échelle en bas du schéma), ainsi que leur orientation telle qu’elle a été enregistrée par le réseau GPS du HVO en octobre 2015. Les couleurs font référence à la topographie, depuis le niveau de la mer (en vert) jusqu’à 1200 m d’altitude (en marron). L’océan est en bleu. (Source : HVO)

Les leçons de l’éruption du Moto-Shirane (Japon) // The lessons of the Moto-Shirane eruption (Japan)

Les Japonais sont des gens très scrupuleux. Chaque fois qu’un problème survient, ils essaient d’en déterminer les causes et de trouver des solutions. Cet état d’esprit peut être observé dans de nombreux domaines d’activité et les volcans en font partie.
Lorsque le Mont Moto-Shirane est entré soudainement en éruption le 23 janvier 2018, tuant une personne et en blessant 11 autres, l’Agence Météorologique Japonaise (JMA) a été dans l’impossibilité d’émettre un bulletin d’alerte immédiatement après l’événement. Le premier a été publié seulement environ une heure plus tard. La ville de Kusatsu, une station de ski près du volcan, a réussi à diffuser un bulletin d’alerte par radio 50 minutes après l’éruption. L’Agence a réagi avec un tel retard parce qu’il fallait qu’elle vérifie non seulement ce qui s’est passé sur volcan, mais aussi si le système d’observation et d’alerte des volcans de la région avait fonctionné. Cet événement montre que le gouvernement japonais et la communauté scientifique (en l’occurrence les volcanologues) auraient tout intérêt à revoir le système actuel de surveillance et d’alerte, et examiner les moyens de répondre au mieux aux éruptions une fois qu’elles ont eu lieu.
Le Japon compte 111 volcans actifs, ce qui  représente environ 7% des volcans actifs de la planète, et 50 sont surveillés 24 heures sur 24. La zone volcanique où l’éruption s’est produite le 23 janvier en fait partie. L’Institut de Technologie de Tokyo a un observatoire sur le Moto-Shirane ; ce qui s’est passé est donc d’autant moins excusable.
L’éruption a eu lieu au niveau du cratère Kagamiike sur le Mont Moto-Shirane. Les volcanologues et l’Agence ne s’attendaient pas à une éruption sur ce site car il n’y avait pas eu d’activité volcanique depuis environ 3 000 ans. Les efforts de surveillance dans la région se concentrent sur le cratère Yugama, à environ 2 km au nord. Les données indiquent que l’éruption du 23 janvier a été très soudaine. Une activité sismique a été enregistrée vers 9h59 et l’éruption a eu lieu à 10h02. Tout bulletin d’alerte aurait donc été inutile en matière d’évacuations.
La dernière éruption semble montrer que le système d’observation du Moto-Shirane est inadéquat, même si un meilleur équipement n’aurait  pas forcément permis de prévoir une éruption phréatique. Cet événement devrait toutefois inciter la JMA à vérifier si le réseau national de sismomètres et de caméras de surveillance volcanique ne présente pas des lacunes. Bien qu’il y ait des contraintes budgétaires, l’Agence devrait utiliser au mieux ses ressources pour accroître l’efficacité du réseau d’observation. Par exemple, il n’y avait pas de carte à risques couvrant le site de la dernière éruption. La JMA devra donc revoir la façon dont la carte est élaborée en tenant compte du fait que les activités volcaniques peuvent être très irrégulières.
La JMA devra analyser les données de la dernière éruption pour déterminer l’étendue exacte des dégâts. Pour cela, il faudra identifier les zones où le volcan a envoyé des projectiles et de la cendre, le type spécifique et l’ampleur de l’éruption, si de l’eau chaude a été émise et s’il y a eu des coulées pyroclastiques. L’Agence devra également étudier pourquoi il a fallu si longtemps pour émettre une alerte d’éruption. Le premier bulletin a été émis environ une heure après l’éruption, avec élévation du niveau d’alerte de 1 à 2 sur une échelle de 5, niveau qui indique que l’entrée dans la zone du cratère est limitée. Environ une heure et 50 minutes après l’éruption, le niveau d’alerte est passé à 3, en vertu duquel l’entrée dans la zone du cratère est soit interdite, soit restreinte. Le problème est que l’Agence n’a pas partagé ce bulletin d’alerte avec les autorités locales à Kusatsu.
Le système d’alerte éruptive rapide a été mis en place à la suite de l’éruption du Mont Ontake en 2014, qui a tué 58 personnes. Le but est d’inciter les gens à évacuer la zone et ainsi à limiter le nombre de victimes. Afin d’expliquer pourquoi les bulletins d’alerte n’ont pas été émis immédiatement, la JMA a déclaré qu’il a fallu du temps pour confirmer les faits liés à l’éruption en raison du manque de caméras de surveillance près du site. Dans un tel cas et dans un but de sécurité, il faudrait que l’Agence obtienne le plus rapidement possible des informations auprès des randonneurs et des touristes qui se trouvent près du site de l’éruption et qu’elle émette des bulletins d’informations appropriés, même si ces informations ne peuvent pas être vérifiées. Les municipalités proches des volcans devraient également agir selon le même principe, même si elles sont susceptibles d’obtenir des informations contradictoires, comme ce fut le cas pour la mairie de Kusatsu.
Beaucoup de volcans japonais sont des lieux touristiques et les gens ne se rendent pas forcément compte du risque éruptif. La plupart des municipalités situées à proximité des volcans ne possèdent pas de plans d’évacuation pouvant être utilisés en cas de problème..
Bien que l’éruption du Mont Moto-Shirane nous rappelle la difficulté à prévoir de tels événements, elle devrait pousser le gouvernement japonais à intensifier ses efforts pour améliorer le système de surveillance volcanique. Un bon point de départ consisterait à allouer des ressources suffisantes pour former une nouvelle génération de volcanologues, car le pays souffre cruellement d’une pénurie de jeunes scientifiques dans ce domaine.
Source: The Japan Times.

——————————————–

The Japanese are very scrupulous people. Each time a problem occurs, they try to find its causes and possible solutions. This behaviour can be observed in many fields of activity and volcanoes are concerned too.

When Mount Moto-Shirane erupted without warning on January 23rd 2018, killing one person and injuring 11 others, the Japan Meteorological Agency (JMA) was unable to issue an alert immediately after the eruption; the first one was issued only about an hour later. The town of Kusatsu, the site of a ski resort near the volcano, only managed to broadcast a disaster warning through a wireless system 50 minutes after the eruption. Along with verifying what happened at the volcano, the Agency needs to look into whether the volcano observation and alert system in the area worked. The government and the volcanologist community should re-examine the current monitoring and alert system, and review ways to best respond to eruptions once they have taken place.

Japan has 111 active volcanoes accounting for about 7% of active volcanoes around the world, and 50 of them are observed round the clock. The volcanic area where the eruption occurred last week is one of these 50 areas. The Tokyo Institute of Technology has an observatory there, making what happened all the more shocking.

The eruption took place at the Kagamiike crater on Mount Moto-Shirane. Volcanologists and the Agency had not anticipated an eruption at that site since there had been no volcanic activity there in some 3,000 years. The monitoring efforts in the area are concentrated at the Yugama crater of Mount Shirane, some 2 km to the north. Data indicate the January 23rd eruption was very sudden. Volcanic tremors were observed in the area around 9:59 a.m. and the eruption took place at 10:02 a.m.

It is clear that the system to observe Mount Moto-Shirane is inadequate, although even a better one may not have enabled the prediction of a phreatic eruption. This event should prompt the Agency to look into whether the nation’s network of seismometers and video cameras to monitor volcanic activities has too many holes. While there are budgetary constraints, the Agency should make the best use of its resources to increase efficiency of the observation network. The hazard map for volcanic activities and eruptions did not cover the site where last week’s eruption took place. Thus, the Agency should review the way the map is created based on the understanding that volcanic activities can be very irregular.

The Agency needs to analyze data from the latest eruption to determine the exact extent of the damage, including identifying the areas where the volcano spewed stones and ash, the specific type and scale of the eruption, whether hot water was discharged and whether there were debris flows. It should also scrutinize how and why it took so long to issue an eruption alert. The first warning came about an hour after the eruption, raising the volcanic status level from 1 to 2 on a scale of 5, a level at which entry into the crater area is restricted. About one hour and 50 minutes after the eruption, it raised the status level to 3, under which entering the mountain area is either banned or restricted. However, the Agency did not share this warning with the Kusatsu Municipal Government.

The system of issuing a prompt eruption alert was established in the wake of the 2014 eruption of Mount Ontake which killed 58 people, in an effort to encourage people to evacuate and limit casualties as much as possible. Explaining why the warnings were not issued immediately, JMA said it took time to confirm the facts related to the eruption due to the lack of monitoring cameras near the site. In such a case, the Agency should get information from climbers and tourists who were near the scene as quickly as possible and issue relevant warnings – even if the information provided cannot be verified – under the principle that safety comes first. Municipalities near volcanoes also should act under the same principle, although they may get conflicting information, as the Kusatsu town office did.

Many of Japan’s volcanoes constitute tourism resources, and people may not have a sufficient sense of caution regarding the possibility of eruptions. Most municipalities near volcanoes are said to lack advance evacuation plans in the event of an incident.

Although what happened last week at Mount Moto-Shirane reminds us of the difficulty of forecasting volcanic eruptions, that should not lead the government to slacken its efforts to improve the system to monitor volcanic activities. A good starting point would be to allocate sufficient resources to train a new generation of volcanologists since the nation is suffering from an acute shortage of young experts in the field.

Source : The Japan Times.

Zone sommitale du Moto-Shirane (Crédit photo: F. Gueffier)

La prochaine grosse éruption de l’Agung sera en 2062 ! // Mt Agung’s next big eruption will be in 2062 !

Comme je l’ai expliqué dans une note le 28 décembre 2017, les «gardiens» des volcans sont des personnes importantes en Indonésie et leurs prédictions ont une grande influence sur le comportement des populations qui vivent à proximité des volcans.
Un prêtre balinais vient de faire part de ses prévisions sur la prochaine éruption de l’Agung qui est actif – sans éruption majeure – depuis plusieurs mois. En octobre dernier, le prêtre est monté jusqu’au cratère pour y déposer des offrandes. A mi-pente, il s’est arrêté dans un temple où il s’est reposé et a prié. C’était la 33ème fois qu’il faisait une telle ascension. Au sommet, il a vu «des groupes de singes» et un «trou géant dans le cratère.» Il a affirmé haut et fort « que ce qu’il faisait était pour protéger la montagne ; c’était un message de Dieu ». Son plus grand désir était de mettre le monde à l’abri de ce volcan. Il a ajouté: « C’est une belle âme. Je me sens béni au-delà des mots d’avoir le privilège de le rencontrer. »
Quand il est redescendu du cratère, ses déclarations sont allées à l’encontre de celles des volcanologues qui étaient persuadés qu’une éruption était imminente. Il a déclaré qu’il avait escaladé le volcan parce qu’il n’était pas sûr que le Mont Agung entrerait en éruption. Depuis, l’Agung a contraint les autorités balinaises à évacuer des milliers d’habitants. Cependant, après quatre mois d’activité, on n’a toujours pas observé d’éruption majeure. Seuls quelques volumineux nuages ​​de cendre ont perturbé le trafic aérien, ainsi que le tourisme, sur l’île de Bali.
Le prêtre balinais a également affirmé que le Mont Agung resterait encore en éruption pendant neuf mois, tout en affirmant que « ce ne serait pas une grande explosion, elle continuerait à être une éruption lente ». Selon lui, la prochaine éruption sera probablement une autre histoire: « La prochaine explosion aura lieu dans 45 ans (en 2062) .Elle sera grande comme en 1963 … Si c’est une grosse éruption, je prie pour qu’elle ne soit pas énorme et ne détruise pas le monde … Je ne suis qu’un être humain et je ne peux pas arrêter le processus parce que c’est le cycle du volcan.  »
Source: Différents médias d’information dans le monde.

Pour le moment, l’activité est assez stable sur le mont Agung, avec quelques émissions mineures de cendre et de vapeur d’eau. Aucune formation de dôme n’est actuellement observée dans le cratère.

——————————————-

As I explained it in a previous post on December 28th 2017, volcano « guardians » are important persons in Indonesia and their predictions have a great influence on the behaviour of people who live close to the volcanoes.

A Balinese priest has just delivered a prediction over the next eruption of Mount Agung which has been active – without really erupting – over the past months. In last October, the priest climbed up to the crater in an attempt to make a holy offering. He stopped at a temple halfway up the mountain where he rested and prayed. It was the 33rd time he had made such a climb. At the top, he described what he saw including « gangs of apes » and a giant « hole in the crater ». He said he « was quite adamant that what he’s doing is to protect the mountain; it’s a message from God ». What he believed in his heart was to save the world from this volcano. Said he: “He’s a beautiful soul. I feel blessed beyond words to have the privilege to meet with him. »

When he returned from the crater, he discredited experts who believed an eruption was imminent and said he climbed the volcano because he was not sure that Mount Agung would erupt. Since then, Mount Agung has been a nuisance for Balinese authorities who have already evacuated thousands of residents. However, after four months of activity, the volcano is yet to produce a major eruption. Only a few voluminous ash clouds disrupted air traffic, and also tourism, on the island of Bali.

The Balinese priest also predicted Mount Agung would erupt for another nine months, yet urged « it will not be a big explosion. It will continue to be a slow eruption ». In his opinion, though, the next eruption may be a different story: « The next explosion will be in 45 years (2062). The next explosion will be big like 1963…. If it is a big explosion, I am praying that it is not huge and that it will not destroy the world…I am only a human being and I cannot stop the process because it is the cycle of the volcano. »

Source: Different news media around the world.

For the time being, activity is quite stable on Mt Agung, with occasional minor emissions of ash and water vapour. No dome formation can currently be observed in the crater.

Capture d’image de la webcam de l’Agung

Mt Agung : Vers une répétition de l’éruption de 1963 ? // Toward a repeat of the 1963 eruption ?

Contrairement à ce que l’on peut entendre sur certaines radios françaises, l’éruption du Mont Agung n’est pas imminente; elle est en cours ! Le volcan a commencé à émettre de volumineux panaches de cendre samedi dernier ; ils atteignaient 3000 mètres de hauteur. L’éruption est passée d’une phase phréatique avec de la vapeur d’eau mélangée à de la cendre à une phase magmatique avec des nuages de cendre qui perturbent le trafic aérien.
Côté scientifique, on est passé au stade des pronostics ! Plusieurs volcanologues ont remarqué que le comportement actuel de l’Agung ressemble fortement à celui qui a précédé l’éruption explosive dévastatrice de 1963 qui a fait 1600 morts et éjecté suffisamment de matériaux – environ un milliard de tonnes – pour faire chuter de 0,2-0,3°C la température moyenne de la planète pendant environ un an. Selon certains, la probabilité d’une éruption majeure est élevée, mais elle n’aura lieu que dans quelques jours ou quelques semaines.

Cependant, ces prévisions sont sans réel fondement. Rien ne prouve aujourd’hui que le Mt Agung va connaître une éruption explosive comme en 1963. Nous sommes incapables de prévoir les éruptions, et encore moins sur les volcans de la Ceinture de Feu. Il se peut, effectivement, que le Mt Agung intensifie rapidement son activité et produise une éruption majeure. Il se peut aussi qu’il envoie pendant plusieurs semaines des panaches de cendre semblables à ceux que nous observons ces jours-ci. Ou bien il se peut que l’éruption décline et cesse progressivement. Personne ne sait.

Malgré tout, si le volcan devait entrer en éruption comme en 1963, les zones prioritaires à évacuer totalement se trouvent à 10-12 kilomètres du cratère. Il ne sera pas nécessaire d’évacuer toute l’île de Bali, comme on peut le lire sur certains tabloïds. Si l’Agung devait connaître une éruption explosive, les impacts iraient des nuages ​​de cendre aux coulées de lave et aux lahars potentiellement mortels, en passant par des conséquences désastreuses pour le tourisme, principale source de revenus de l’île. Il y aura aussi des victimes car un certain nombre de paysans refusent de quitter leurs fermes et leur bétail sur les flancs du volcan.

Au moment où j’écris ces lignes, on observe périodiquement des phases d’intensification de l’activité sismique (voir ci-dessous) quand les gaz sous pression se libèrent au sommet du volcan en propulsant les impressionnants nuages de cendre tant redoutés par les autorités de l’aéroport et les compagnies aériennes. L’aéroport de Bali est resté fermé pour la troisième journée d’affilée et ne devait rouvrir que ce jeudi à 7 heures à condition que la cendre ait disparu de l’atmosphère.

Au cours d’une une réunion rassemblant plusieurs ministres indonésiens, les associations hôtelières ont été invitées à offrir un séjour gratuit d’une nuit et jusqu’à 50% de réduction pour la nuit suivante aux touristes bloqués par la fermeture des aéroports à cause de l’éruption du Mont Agung. Le Ministère des Transports a été invité à modifier la réglementation liée au transport aérien; en conséquence, les compagnies aériennes ne factureront pas les frais d’annulation et de report de vol aux passagers.

—————————————

Contrary to what can be heard on some French radios, the eruption of Mt Agung is not imminent; it is underway. The volcano commenced a sustained ash eruption on Saturday, with plumes reaching 3,000 metres high. The eruption has moved from a phreatic stage with water vapour mixed with ash to a magmatic episode with ash clouds that disrupt air traffic.

Scientific side, we have entered the stage of predictions! Several scientists have noticed that Agung’s recent behaviour matches the buildup to the devastating 1963 blast that left 1,600 people dead and ejected enough debris – about a billion metric tonnes – to lower global average temperatures by 0.2 – 0.3°C for about a year. According to some experts, the probability of a large eruption is high, but this may take some days or weeks to unfold.

However, these predictions are just predictions and there is nothing to prove today that Mt Agung will erupt like in 1963. We are still far from being able to forecast how eruptions are going to develop. The volcano could rapidly increase in activity and produce a vast eruption; It could also send for several weeks ash plumes similar to the ones we are observing these days. Or it could die down. Nobody knows. We are unable to predict eruptions, all the less on the volcanoes of the Ring of Fire.

Should the volcano erupt like in 1963, the main areas that will need to be evacuated are 10-12 kilometres from the crater. There won’t be a need for the whole island to be evacuated, as can be read on some tabloids. Were Agung to blow its top, impacts would range from ash clouds to potentially deadly lava or pyroclastic flows and lahars and to loss of tourism, the island’s top source of revenue. There will also be casualties as a number of peasants will refuse to leave their farms and cattle on the slopes of the volcano.

As I am writing these lines, seismic intensification phases are periodically observed (see below) when the pressurized gases are released at the top of the volcano by and propel the impressive ash clouds that are so dreaded by the airport authorities and the airlines. Bali’s airport has remained closed for the third day in a row. It was due to reopen this Thursday morning at 7:00, provided ash had disappeared from the atmosphere.

According to a meeting gathering several Indonesian ministers, hotel associations were advised to provide a free stay for one night and up to 50 percent discount for the next day to tourists stranded by the closure of the airports because of the Mt Agung eruption. The Transportation Ministry was asked to change the airline regulation; hence airlines won’t charge cancellation and rescheduling fees to passengers.

Vue de l’éruption de 1963 (Source: Wikipedia)