Nouvelle approche du processus éruptif au Kamchatka // New approach to the eruptive process in Kamchatka

Quoiqu’en disent certains, la prévision éruptive reste à un niveau très bas, comme le montrent les bilans humains des dernières éruptions majeures. La mise en place du principe de précaution permet aujourd’hui d’éviter le pire. Il est préférable d’évacuer les populations menacées, parfois pour rien, plutôt que de déplorer des centaines, voire des milliers, de victimes.

Malgré des progrès techniques significatifs, nous ne savons que très peu de choses sur le processus éruptif, autrement dit comment fonctionne un volcan. La classification élémentaire en volcans rouges et volcans gris montre que tous les volcans ne se manifestent pas de la même façon Aucune éruption ne ressemble à une autre. Un article publié sur le site Futura nous explique qu’une nouvelle étude montre la complexité du réseau de conduits d’alimentation sous les volcans du Kamchatka (Russie).

Tous les volcans ont un point commun : c’est l’ascension du magma issu de la fusion partielle du manteau supérieur qui gère le processus éruptif, mais la suite est plus complexe. Le style et la fréquence des éruptions peuvent être très variables, non seulement entre les différents volcans du globe, mais également sur un même édifice volcanique. Cette variabilité est avant tout due à la façon dont le magma progresse vers la surface. Le processus d’ascension du magma dépend notamment de l’épaisseur et de la composition de la croûte, facteurs qui vont influencer la capacité de stockage du magma à des niveaux intermédiaires, sa cristallisation, son dégazage, sa différenciation ainsi que les interactions chimiques avec les roches encaissantes.

Auparavant, on considérait généralement que le magma était stocké dans des réservoirs stables situés à faible profondeur. Toutefois, de plus en plus d’études expliquent que l’on a affaire à des mécanismes plus complexes. Les réservoirs magmatiques sembleraient plutôt échelonnés sur toute l’épaisseur de la croûte, avec une distribution du magma hétérogène. Ces différents réservoirs seraient reliés entre eux de manière intermittente. La variabilité des éruptions dépendrait donc de l’évolution et de l’interaction avec le temps de ces différentes zones de stockage du magma au sein de la croûte terrestre. Le conditionnel est de rigueur car il s’agit d’une hypothèse avec de nombreuses inconnues

Des scientifiques de l’Institut des Sciences de la Terre de Grenoble, ainsi que leurs collègues russes viennent de caractériser le système magmatique profond du groupe volcanique Klyuchevskov au Kamchatka. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé l’activité sismique – en particulier les trémors – générée par les volcans.

La pression exercée par le magma au sein du système magmatique varie avec le temps. Ces variations de contrainte engendrent une activité sismique qui peut être mesurée. Il peut s’agir de signaux transitoires ou de petites secousses, les trémors, qui durent sur de longues périodes de temps. Leur analyse permet de définir la dynamique du système volcanique dans l’espace, mais également de suivre son évolution dans le temps.

Les chercheurs ont analysé l’évolution de l’activité sismique sur certains volcans situés sur la péninsule du Kamchatka. Le volcanisme de la région est le résultat de la subduction de la plaque Pacifique sous la péninsule. Les résultats de l’étude, publiée dans la revue Science Advances, montrent que le système magmatique s’étage sur toute l’épaisseur de la croûte. Il prendrait sa source à la base de la croûte, au niveau du Moho (environ 30 kilomètres de profondeur) et se ramifierait vers le haut pour alimenter plusieurs volcans par le biais de différents conduits. Le système magmatique pourrait ainsi s’étendre horizontalement sur de grandes distances. Grâce à l’analyse des trémors, les chercheurs ont pu définir les zones actives du système et suivre leur évolution dans le temps. L’existence de « bouchons » pourrait empêcher temporairement le magma de progresser, faisant localement augmenter la pression jusqu’à la rupture. Ce processus mènerait à l’activation transitoire des différentes zones. Là encore, le conditionnel est de rigueur.

Cette étude montre que nous progressons dans notre approche du processus éruptif, mais que de nombreuses questions restent aussi sans réponse.

Source: Futura (autrefois Futura-Sciences).

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Despite what some people say, eruptive prediction remains at a very low level, as shown by the human tolls of the last major eruptions. The implementation of the precautionary principle now makes it possible to avoid the worst. It is better to evacuate threatened populations, sometimes for nothing, than to deplore hundreds, even thousands, of victims.
Despite significant technical progress, we know very little about the eruptive process, in other words how a volcano works. The basic classification into red volcanoes and grey volcanoes shows that all volcanoes do not work in the same way No eruption looks like another. An article published on the Futura website explains that a new study shows the complexity of the network of supply conduits beneath the volcanoes of Kamchatka (Russia).
All volcanoes have one thing in common: it is the ascent of magma resulting from the partial melting of the upper mantle that manages the eruptive process, but what follows is more complex. The style and frequency of eruptions can vary greatly, not only between different volcanoes around the globe, but also on the same volcanic edifice. This variability is mainly due to the way magma is transported from the depth to the surface. The characteristics of magma ascent depend, among others, on the thickness and composition of the continental crust, which will influence the storage capacity of magma at intermediate levels, its crystallization, its degassing, its differentiation as well as the chemical interactions with the surrounding rocks.
Previously, magma was generally considered to be stored in stable reservoirs located at shallow depths. However, more and more studies explain that we are dealing with more complex mechanisms. The magmatic reservoirs would seem rather staggered over the entire thickness of the crust, with a heterogeneous distribution of magma. These different reservoirs would be interconnected intermittently. The variability of eruptions would therefore depend on the evolution and interaction over time of these different magma storage zones within the Earth’s crust. The conditional is required because it is a hypothesis with many unknowns
Scientists from the Institute of Earth Sciences in Grenoble, together with their Russian colleagues, have just characterized the deep magmatic system of the Klyuchevskov volcanic group in Kamchatka. The researchers used the seismic activity – in particular the tremors – produced by the volcanoes.
The pressure exerted by magma within the magma system varies with time. These stress variations generate seismic activity that can be measured. These can be transient signals or tremors that last over long periods of time. Their analysis makes it possible to define the dynamics of the volcanic system in space, but also to follow its evolution over time.
The researchers analyzed the evolution of seismic activity on some volcanoes located on the Kamchatka Peninsula, a result of the subduction of the Pacific plate which plunges under the peninsula. The results of the study, published in the journal Science Advances, show that the magmatic system is staggering through the entire thickness of the crust. The system would take its source at the base of the crust, at the level of the Moho (about 30 kilometers deep) and would branch upwards to feed several volcanoes through different conduits. The magmatic system could thus extend horizontally over large distances. Thanks to the analysis of tremors, the researchers were able to define the active zones of the system and follow their evolution over time. The existence of « plugs » could temporarily prevent magma from progressing, locally increasing the pressure until rupture. This process would lead to the transient activation of the different zones. Again, the conditional is required.
This study shows that we are progressing in our approach to the eruptive process, but that many questions also remain unanswered.
Source: Futura (formerly Futura-Sciences).

Carte montrant la fosse Kourile-Kamchatka, résultat de la subduction de la plaque Pacifique sous la péninsule. On notera, dans la partie septentrionale de la zone, la jonction avec l’arc aléoutien (Source: Wikipedia)

Volcan Klyuchevskoy (Source : KVERT)

Etna (Sicile) : activité éruptive au Cratère Sud-Est // Eruptive activity at the South-East Crater

Depuis plusieurs heures ce 10 février 2022, le Cratère Sud-Est (CSE) de l’Etna connaît un net regain d’activité.

Dans un premier bulletin diffusé à 5 heures (heure locale), l’INGV indique qu’au cours de la nuit, on observait la reprise d’une activité explosive relativement modeste au niveau du Cratère Sud.L’activité restait confinée à l’intérieur du cratère et génèrait des émissions discontinues de cendres. Dans le même temps, on observait une hausse de l’amplitude moyenne du tremor.

A 16 heures, un modeste débordement de lave était observé depuis le cratère Sud-Est, dans une direction Ouest – Sud-Ouest. Du point de vue sismique, la phase d’augmentation de l’amplitude du tremor se poursuivait. .
Les réseaux de surveillance ne détectait aucune déformation significative du sol.

A partir d’environ 18 heures, il y a eu une intensification marquée de l’activité strombolienne au niveau du CSE. La coulée de lave produite par l’activité en cours semble être encore alimentée et le front a atteint une altitude d’environ 2900 m au-dessus du niveau de la mer.
La hausse du tremor atteint maintenant un niveau élevé.

Depuis 21h40 environ, on observe le passage d’une activité strombolienne à une activité de fontaine de lave. La coulée mentionnée précédemment continue d’être bien alimentée. Le nuage éruptif, d’environ 10000 m de hauteur, se dirige vers le secteur ouest du volcan. L’amplitude du tremor a atteint des valeurs très élevées. La couleur de l’alerte aérienne est passée au Rouge, mais l’aéroport de Catane n’est pas impacté par l’éruption, du moins en ce moment.

Il est 23h15 et la crise éruptive qui a animé le Cratère SE pendant toute la fin de la journée semble en train de se terminer. L’activité strombolienne a pratiquement cessé dans le cratère. La lave continue à être bien présente sur la partie SO du cône, mais son écoulement devrait cesser assez rapidement. La sismicité et le tremor font écho à cette chute d’activité. Cela faisait longtemps que le Cratère SE ne s’était pas manifesté aussi vigoureusement.

Source: INGV.

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For several hours on February 10th, 2022, Mt Etna’s South-East Crater (SEC) has been experiencing a marked increase in activity.
In a first bulletin issued at 5 a.m. (local time), INGV indicates that during the night, a resumption of relatively modest explosive activity was observed at the South Crater. The activity remained confined to the inside the crater and generated discontinuous ash emissions. At the same time, an increase in the average amplitude of the tremor was observed.

At 4 p.m., a modest lava overflow was observed from the Southeast crater, in a West – Southwest direction. From a seismic point of view, the increase in the amplitude of the tremor continued. .
The monitoring networks did not detect any significant ground deformation.

Starting at about 6 p.m., there was a marked intensification of Strombolian activity at the SEC. The lava flow produced by the ongoing activity appears to be still fed and the front has reached an elevation of approximately 2900m above sea level.
The rise in the tremor is now reaching a high level.
Source: INGV.

Since about 9:40 p.m., a transition from Strombolian activity to lava fountain activity has been observed. The previously mentioned flow continues to be well fed. The eruptive cloud, about 10,000 m high, is spreading towards the western area of the volcano. The amplitude of the tremor has reached very high values. The aviation colour code has been raised to Red but Catania airport is not affected by the eruption, at least for the moment.

It is 11:15 p.m. and the eruptive crisis that shook the SE Crater for the entire end of the day seems to be coming to an end. Strombolian activity has virtually ceased in the crater. Lava continues to be present on the SW part of the cone, but its flow should stop quite quickly. Seismicity and the tremor are responding to this drop in activity. The SE Crater had not been so vigorous for quite a long time..

Source : INGV

L’activité éruptive vue par la webcam de l’association L.A.V.E.

D’autres webcams donnent de bonnes images en streaming, comme celle-ci qui montre que l’activité éruptive reste intense:

https://vedetta.org/fr/webcam/Italie/Sicile/Catane/Volcan-Etna-au-sud-est/

 Fin du spectacle !

Islande : beaucoup de si, de quand et de où ! // Iceland: lots of ifs, when and where !

L’activité sismique reste importante sur la Péninsule de Reykjanes, bien qu’elle ait été moins intense au cours des dernières heures. 1 300 événements ont été enregistrés le 27 décembre contre 3 300 la veille.
Les scientifiques de l’Icelandic Met Office (IMO) expliquent qu’il est impossible de dire si une éruption est imminente, mais ils ajoutent que l’activité sismique et la déformation qui ont été enregistrées laissent supposer que le magma se déplace sous la surface. Ils disent également que plus l’activité sismique et la déformation durent longtemps, plus le risque d’éruption est grand. Avant l’éruption de mars 2021, l’activité sismique a duré environ quatre semaines.
Pour conclure, les scientifiques de l’IMO disent que si une éruption devait se produire, on ne sait pas s’il s’agirait d’une continuation de l’éruption qui s’est terminée le 18 septembre ou d’une nouvelle éruption. Cela dépendra de l’emplacement de la bouche éruptive. Il se peut qu’une telle éruption fasse partie d’une séquence d’événements.
En raison de l’activité sismique intense, la couleur de l’alerte aérienne est passée du Jaune à l’Orange. Le Met Office islandais demande aux visiteurs de ne pas s’aventurer dans la région de Fagradalsfjall car ils ne savent pas quand ni où une éruption pourrait se produire, ni où des fissures pourraient s’ouvrir.
En résumé, l’activité sismique actuelle et la déformation du sol ont tendance à montrer qu’une éruption POURRAIT se produire sur la Péninsule de Reykjanes, mais personne ne sait 1) quand elle se produira, 2) où elle se produira, 3) ni même si une nouvelle éruption se produira. Un épisode de tremor a été détecté en début de journée le jour de Noël mais pas depuis cette date.

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Seismic activity is still elevated on the Reykjanes Peninsula, although it was less intense in the last hours. 1,300 events were recorded on December 27th, versus 3,300 on December 26th.

IMO scientists say it is impossible to tell whether an eruption is imminent, but they add that the seismic activity and the deformation that has been registered suggest that magma is moving underneath the surface. They also say that the longer the seismic activity and deformation last, the greater the chance of a volcanic eruption. Prior to the eruption in March 2021, seismic activity lasted about four weeks.

To conclude, IMO scientists say that should an eruption occur, it is unclear whether it would be a continuation of the eruption that ended on September 18th, or a new one. It will depend on the location of the vent. It would likely be part of a sequence of events.

Due to the elevated seismic activity, the aviation colour code was raised from Yellow to Orange. The Icelandic Met Office warns people not to travel in the Fagradalsfjall area because they do not know when or where an eruption might occur or where fissures might open up.

To sum it up, the current seismic activity and deformation tend to show an eruption MIGHT occur on the Reykjanes Peninsula, but nobody knows 1) when it will happen, 2) where it will happen, 3) whether a new eruption will happen. A tremor pulse was detected early on Christmas Day but has not been detected since.


Source: Icelandic Met Office

Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion) : nouvelle éruption ! // New eruption !

22 décembre 2021 – 7 heures (heure métropole) : Le Piton de la Fournaise vient d’entrer en éruption et vient rappeler par la brièveté des signes avant-coureurs que la prévision éruptive fait partie du rêve.

Dans un premier communiqué diffusé le 22 décembre 2021 à 02h15, l’OVPF indiquait que « depuis 01h15 heure locale (21h15 UTC), une crise sismique est enregistrée sur les instruments de l’OVPF. Cette crise sismique est accompagnée de déformation rapide depuis quelques minutes. Ceci indique que le magma est en train de quitter le réservoir magmatique et se propage vers la surface. Une éruption est probable à brève échéance dans les prochaines minutes ou heures. »

Le communiqué suivant, à 03h45, précisait que « suite à la crise sismique débutée aux environ de 01h15 heure locale, le tremor volcanique synonyme d’arrivée du magma à proximité de la surface est enregistré depuis environ 03h30 environ heure locale (23h30 heures UTC). D’après les enregistrements de l’OVPF, la source de ce tremor est localisée sur le flanc sud dans l’Enclos.
Aucune confirmation visuelle d’un début d’éruption n’a pu être faite pour l’instant sur les webcams du fait des mauvaises conditions météorologiques et nous ne pouvons pas confirmer l’arrivée de la lave en surface. Néanmoins la présence d’un tremor montre l’émission de gaz chauds et incandescents en surface, et de la possibilité d’émission de lave à court terme. »

La presse réunionnaise confirme ce matin qu’une éruption a effectivement débuté sur le flanc sud du Piton, mais les conditions météorologiques ne permettent pas de voir grand-chose pour le moment. Au moins trois fissures (quatre selon le JIR) se seraient ouvertes à 2000 mètres d’altitude. Comme d’habitude dès que se produit une éruption, l’accès à l’Enclos est interdit au public

Il s’agit de la seconde éruption de l’année 2021. La première avait duré 44 jours en avril et mai derniers.

Sources: OVPF, Réunion la 1ère, JIR.

Les conditions météo ne sont pas bonnes sur le volcan et Météo France n’est guère optimiste pour les prochains jours. Pour Noël, le ciel restera couvert et l’agence indique que « pour les fans d’éruption volcanique, il va falloir attendre que le ciel se dégage pour apercevoir la lave. »

Lors d’une fenêtre météo, un survol du site éruptif a pu être réalisé. Premières images avec ce lien :

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/la-deuxieme-eruption-de-l-annee-du-piton-de-la-fournaise-en-images-1186861.html

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11h30 (heure métropole) : Dans le dernier bulletin diffusé en fin de matinée, l’OVPF indique que l’éruption se poursuit. Après une phase d’augmentation en début d’éruption, l’intensité du tremor est en baisse progressive depuis 4h30 (heure locale).

A la faveur de courtes trouées dans la masse nuageuse, au moins quatre fissures éruptives ont pu être observées sur le flanc sud du volcan, à la base du cône terminal, au sud-est du Piton Kala Pélé et au sud-ouest du cratère Château Fort. Le point d’émission le plus bas se situe à environ 2000 m d’altitude. A 8h30, l’activité la plus importante se situait sur la fissure la plus basse en altitude.

Du fait des très mauvaises conditions météorologiques, aucune reconnaissance sur site n’a pu être effectuée et aucune estimation de débit de lave n’a pu être établie.

Source: OVPF.

Les conditions météo sont tellement mauvaises que plusieurs voitures ont été en difficulté sur la route de la Plaine des Sables à cause des trombes d’eau. Tout ça pour ne rien voir!

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16 heures : L’éruption est enfin visible ce soir depuis le Piton de Bert. Les images confirment les déclarations de l’OVPF : l’activité ne se focalise plus que sur la fissure éruptive la plus en aval, où un cône a commencé à se former. Il ne semble pas que l’on ait affaire à un événement de grande ampleur et de grande vigueur. Il ne semble pas y avoir une grande pression dans le ou les conduits éruptifs, ce qui expliquerait la dernière &ruption avortée. Mais avec le Piton on ne sait jamais…

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22 December 2021 – 07:00 am (Paris time) : Piton de la Fournaise has just erupted and reminds us by the brevity of the warning signs that eruptive prediction is still a dream.
In a first press release issued on December 22nd, 2021 at 02:15 am, OVPF indicated that « since 01:15 local time (21:15 UTC), a seismic crisis has been recorded on the OVPF instruments. This seismic crisis has been accompanied by rapid deformation for some minutes. This indicates that magma is leaving the reservoir and is ascending towards the surface. An eruption is likely shortly, in the next few minutes or hours. « 

The following press release, at 03:45 a.m., specified that « following the seismic crisis which began at around 01:15 a.m. local time, the volcanic tremor synonymous with the arrival of magma near the surface has been recorded since around 3:30 a.m. local time (11:30 p.m. UTC). According to OVPF records, the source of this tremor is located on the southern flank in the Enclos.
No visual confirmation of the start of an eruption could be made on webcams due to poor weather conditions and we cannot confirm the arrival of lava at the surface. However, the presence of a tremor shows the emission of hot and incandescent gases at the surface, and the possibility of lava emission in the short term. »

The local press confirms this morning that an eruption has indeed started on the southern flank of the Piton, but the weather conditions do not allow to see much for the moment. At least three fissures (four according to the JIR) are said to have opened at an altitude of 2000 meters. As usual as soon as an eruption starts, access to the Enclos is prohibited to the public
This is the second eruption of 2021. The previous one lasted 44 days in April and May.
Sources: OVPF, Réunion la 1ère, JIR.

Weather conditions are not good on the volcano and Météo France is not optimistic for the next few days. For Christmas, the sky will remain cloudy and the agency indicates that « fans of a volcanic eruption will have to wait until the sky clears to see the lava. »

An overflight of the eruptive site could be performed, with the first images of the eruption :

https://la1ere.francetvinfo.fr/reunion/la-deuxieme-eruption-de-l-annee-du-piton-de-la-fournaise-en-images-1186861.html

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11:30 (Paris time) : In the latest update released at the end of this morning, OVPF indicates that the eruption is going on. After an increasing phase at the start of the eruption, the intensity of the tremor has been gradually decreasing since 4:30 am (local time).
Thanks to short gaps in the clouds, at least four eruptive fissures have been observed on the southern flank of the volcano, at the base of the summit cone, to the southeast of Piton Kala Pélé and to the southwest of the Château crater. The lowest emission point is located about 2000 m above sea level. At 8:30 am, the most significant activity was on the lowest fissure.
Due to the very poor weather conditions, no reconnaissance on site could be made and no estimate of the lava flow could be made.
Source: OVPF.

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4:00 pm : The eruption is finally visible this evening from the Piton de Bert. The images confirm the OVPF’s bulletinss: activityonly concerns the lowest eruptive fissure, where a cone has started to build. It doesn’t seem to be a large-scale and vigorous eventPressure does not seem to be high within the eruptive conduits, which would account for the last aborted eruption. But with the Piton you never know …

Premières images de l’éruption captées par la webcam du Piton de Bert

Photo: C. Grandpey