Turrialba (Costa Rica): Menace pour les cultures et le bétail // A threat to the crops and the cattle

drapeau-francaisLes autorités costaricaines craignent que le Turrialba, en éruption depuis le mois de mai 2016, cause de graves dégâts à l’agriculture de la région en recouvrant les champs d’une couche de cendre et en transformant les rivières en torrents de boue.
Les dernières éruptions pourraient avoir des conséquences sur les cultures locales et la production laitière, en particulier dans les hautes terres de Turrialba, Oreamuno, Tierra Blanca, Alvarado et Coronado. Le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage est en état d’alerte. En effet, selon les derniers chiffres, la cendre présente un danger pour quelque 8252 têtes de bétail et au moins 261 hectares de cultures. Celles qui risquent de subir le plus de dégâts sont les fleurs destinées à l’exportation. Par exemple, si les hortensias présentent des taches sur leur feuillage, ils deviennent impropres à l’exportation ; de plus, quand la cendre s’accumule sur les pétales ou une autre partie de la plante, l’acide attaque celle-ci et les fleurs deviennent translucides.
S’agissant des animaux, la cendre est susceptible de causer des problèmes respiratoires ou digestifs lorsque les bovins ingèrent l’herbe qui en est recouverte ou boivent de l’eau polluée par la cendre. Pour le moment, le bétail n’a pas été beaucoup touché, mais si les éruptions devaient se poursuivre, la cendre pourrait s’accumuler dans leur estomac. A ce moment-là, les agriculteurs devraient transférer le bétail vers d’autres ranchs ou faire abattre les animaux. La production de lait a diminué car les bovins mangent moins et l’on estime que chaque vache produit un à deux litres de moins qu’auparavant.
La population est consciente que le Turrialba peut continuer à cracher de la cendre pendant encore un certain temps et les habitants ont en tête la dernière éruption volcanique majeure, celle de l’Irazu en 1963.
Source: Xinhua: http://www.xinhuanet.com/

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drapeau-anglaisCosta Rican authorities fear that Turrialba volcano, which has been erupting since May 2016, may now wreak havoc on agriculture in the area, burying fields under a blanket of ash and turning rivers into torrents of volcanic mud.

Recent eruptions could affect local crops and dairy production, especially in the more elevated regions of Turrialba, Oreamuno, Tierra Blanca, Alvarado and Coronado. The Ministry of Agriculture and Livestock is on high alert. Indeed, according to the latest figures, the ash presents a hazard for some 8,252 heads of cattle and at least 261 hectares of crops.  The crops that sustain the most damage are mainly vegetables, though flowers destined for export are also being affected. For instance, if the hydrangeas have any kind of stain, they aren’t suitable for export, and when ash gathers on a petal or other part of the plant, it creates an acid stain that makes the flower translucent.

The danger to animals lies mainly in ash causing respiratory or digestive problems when cattle ingest grass covered in ash or drink ash-polluted water. The cattle has not been much affected so far, but if the eruptions continue, the ash could collect in their stomachs. Then the farmers would have to take the cattle to other ranches or sacrifice them. Milk production has dropped, as the cattle are eating less and one estimates that each cow is producing one to two litres less than usual.

Residents are aware that Turrialba could continue to spew ash for some time, and several recall the last time the country had a major volcanic eruption, when Irazu erupted in 1963.

Source : Xinhua : http://www.xinhuanet.com/

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Crédit photo: OVSICORI.

La situation sur le Kilauea (Hawaii) // The situation on Kilauea volcano (Hawaii)

drapeau-francaisBien que de nombreux articles soient parus dans la presse suite aux nouvelles émissions de lave sur le Kilauea, la situation n’a pas évolué de manière significative sur le volcan et la lave ne représente pas actuellement une menace pour les zones habitées.

Au sommet, le niveau du lac de lave se situe à une quarantaine de mètres en dessous du plancher de l’Halema’uma’u. Le tremor continue à varier en fonction de l’activité de spattering (épisodes de projections) à la surface du lac. Le HVO a mis en ligne une petite vidéo montrant cette activité :

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=YWdWD-jD_qY

Le seul point d’observation autorisé est la terrasse du Jaggar Museum. Pour des raisons de sécurité évidentes, l’ancienne plateforme située sur le rebord SE de l’Halema’uma’u est interdite au public.

Sur l’East Rift Zone, les deux coulées de lave apparues le 24 mai dernier sur les flancs du Pu’uO’o restent actives. Elles s’étirent respectivement sur 1,5 km vers le NO et 1,2 km vers le SE depuis leur source. L’activité visible à leur surface confirme qu’elles continuent à être alimentées. A noter que le champ de lave ainsi produit a tendance à s’élargir plutôt que s’allonger. Ces coulées se trouvent à l’extérieur du Parc des volcans, dans la réserve naturelle de Kahauale’a dont l’accès est interdit. Je déconseille à toute personne qui ne connaît pas ce secteur de s’y rendre. Le terrain est particulièrement difficile et on peut se perdre. De toute façon, il faudra marcher très longtemps pour atteindre les coulées.

A côté de ces nouvelles coulées, l’activité continue sur le champ de lave du 27 juin – comme c’est le cas depuis de nombreux mois – avec de petites coulées de surface observées au NE du Pu’uO’o. Les plus actives se trouvent à environ 5 km au NE du cratère. Mêmes remarques que précédemment concernant l’accès aux coulées. Attention également aux hélicoptères des agences de tourisme dont les pilotes indiquent volontiers aux rangers la présence de personnes dans ces zones interdites d’accès. Personnellement, je conseille un survol en hélico, beaucoup moins éprouvant physiquement et qui permet d’avoir d’excellentes vues de la situation. Plusieurs agences se trouvent à l’intérieur de l’aéroport de Hilo.

Toutes les coulées ne constituent actuellement aucune menace pour les zones habitées.

Source : HVO.

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drapeau-anglaisAlthough many articles have appeared in the newspapers after the lava effusion on Kilauea, the situation has not much changed on the volcano and lava is not currently threatening populated areas.

At the summit, the lava lake level lies about 40 metres below the floor of Halema’uma’u crater. Tremor fluctuations associated with lava lake spattering continue. HVO has released a short video showing this activity:

https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=YWdWD-jD_qY

On the East Rift Zone, the two new lava flows that appeared on the flanks of Pu’O’o on May 24th are still active. One lobe extends about 1.2 km to the northwest and the other about 1.2 km to the southeast. Surface activity is still feeding these flows which tend to be widening rather than lengthening.

In addition to the new lava flows; surface flow activity on the June 27th flow field continues, with small breakouts scattered northeast of Pu’O’o where they have been occurring for the past several months. The most active breakouts are within about 5 km northeast of Pu’O’o.

All the flows are not currently threatening any nearby communities.

Source: HVO.

Halemau 28 mai

Episode de spattering dans l’Halema’uma’u (Crédit photo: USGS / HVO)

L’Arctique toujours plus chaud // An ever-warmer Arctic

drapeau-francaisBarrow, la localité la plus septentrionale de l’Alaska vient de connaître la fonte de neige la plus précoce de son histoire. La neige à l’observatoire NOAA de Barrow – l’un  des observatoires météorologiques et climatiques de l’Arctique – a commencé à fondre le 13 mai 2016. C’est 10 jours plus tôt que le précédent record établi en 2002. La fonte rapide de la neige à Barrow fait suite à d’autres records de température en Alaska et dans l’Arctique et dans les régions subarctiques. Cela fait partie d’une série d’événements semblables déjà observés  en 2014 et 2015.
Selon la NOAA, la température moyenne de l’Alaska pour l’année en cours est déjà la plus élevée jamais enregistrée et dépasse de 6,3 degrés Celsius la moyenne pour la période allant de 1925 à 2000 ! Barrow, Nome et Anchorage ont affiché des records de chaleur pendant tout le mois d’avril, et de nombreux autres records sont tombés ailleurs en Alaska.
Une chaleur inhabituelle a persisté en Arctique pendant la plus grande partie de l’hiver, ce qui a contribué à réduire l’étendue de la glace de mer. Comme je l’ai écrit il y a quelque temps, la surface occupée par la glace de mer a atteint son maximum en mars 2016 ; c’est le niveau hivernal le plus faible jamais observé sur les images satellites, encore plus faible qu’en 2015 qui était le précédent record.
La débâcle dans la mer au nord de l’Alaska a commencé très tôt, en partie à cause des vents violents qui se sont mis à souffler au mois d’avril. Ce fut l’un des mois les plus venteux jamais enregistré à Barrow, et certainement le mois d’avril le plus venteux de l’histoire de l’Arctique. Un système de hautes pressions dans les latitudes les plus septentrionales est venu buter contre un système dépressionnaire présent sur une grande partie du reste de l’Alaska. Le phénomène a généré des vents d’est qui ont provoqué la fracturation de la banquise arctique.
La débâcle dans les rivières a également eu lieu très tôt en Alaska et dans les régions voisines, avec plusieurs nouveaux records. C’est ainsi que le fleuve Yukon a brisé sa glace le 23 avril à Dawson (Yukon Territory) et la rivière Kuskokwim a fait de même à Béthel le 20 avril.
L’apparition des premières feuilles sur les arbres de Fairbanks a été observée le 26 avril. Le précédent record remonte au 29 avril 1993.
La fonte précoce de la neige et la glace affecte la faune arctique. La ponte de plus en plus précoce chez les guillemots noirs, par exemple, a probablement une corrélation avec la fonte de la neige qui a lieu plus tôt à Barrow. On pense que cette année les premiers œufs seront probablement pondus début juin, soit plusieurs semaines avant la période habituelle des dernières décennies.
Source: Alaska Dispatch News.

En cliquant sur ce lien, vous verrez une animation de la NASA réalisée entre le 1er et le 24 avril 2016 et qui montre la fracturation et la rotation de la glace de mer près de l’Alaska et dans la partie occidentale de l’archipel arctique canadien.
http://nsidc.org/arcticseaicenews/files/2016/05/ASINA_May_Fig3anim-2.gif

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drapeau-anglaisBarrow, Alaska’s northernmost community had its earliest snowmelt on record. The snow at the NOAA’s Barrow Observatory, part of a network of observatories monitoring weather and climate in the Arctic, started to melt on May 13th, 2016. That was 10 days earlier than the previous record for Barrow, which was set in 2002. The quick melt of Barrow’s snow followed a series of other temperature records in Alaska and around the Arctic and subarctic. It also fits a pattern, with similar events happening in 2014 and 2015.

According to NOAA, Alaska’s year-to-date average temperature was the highest on record and 6.3 degrees Celsius above the 1925-2000 average. Barrow, Nome and Anchorage posted record-warm temperatures for the entire month of April, and numerous other daily temperature records fell around the state.

Unusual warmth hung over the Arctic for most of the winter, reducing the extent of sea ice. As I put it before, the winter maximum extent hit in March was the lowest in the satellite record, breaking a winter low set just last year.

Ice off northern Alaska started cracking early, thanks in part to powerful winds that developed last month. It was one of the windiest months ever recorded for Barrow, and certainly the windiest April on record. A high-pressure system in the far north latitudes bumping against a low-pressure system that hung over much of the rest of Alaska produced the easterly winds that triggered breakup of the Arctic ice pack.

Breakup of river ice has been early in and around Alaska, with some new records including the April 23rd breakup of the Yukon River at Dawson (Yukon Territory) and the April 20th breakup of the Kuskokwim River at Bethel.

Fairbanks had its earliest green-up on record, with leaves bursting out on tree branches on April 26th. Previously, the earliest spring green-up was recorded on April 29th in 1993.

Early melt of snow and ice can affect Arctic wildlife. Ever-earlier egg production by black guillemots, for example, has correlated with earlier Barrow snowmelt. This year, the first eggs are likely to be produced in early June, weeks before the typical timing in past decades.

Source: Alaska Dispatch News.

By clicking on this link, you will see a NASA series of images from April 1st to 24th, 2016 showing recent fracturing and rotation of sea ice near Alaska and the western Canadian Arctic archipelago.

http://nsidc.org/arcticseaicenews/files/2016/05/ASINA_May_Fig3anim-2.gif

Barrow

Crédit photo: NASA.

Une histoire de fou ! // A madman’s story !

drapeau-francaisSi Donald Trump est élu à la présidence des Etats-Unis au mois de novembre 2016, une chose est certaine : le réchauffement climatique va se poursuivre, glaciers et banquise vont continuer à fondre.

Lors d’une conférence de presse à Bismarck, dans le Dakota du Nord, plus gros producteur de pétrole de schiste du pays, le milliardaire américain a en effet promis d’enterrer l’accord de Paris sur le climat en révoquant les engagements pris par Barack Obama pour limiter le réchauffement, s’il lui succède à la Maison Blanche. Il appuierait en outre le projet d’oléoduc Keystone XL et l’exploitation du pétrole de schiste pour assurer l’indépendance énergétique des Etats-Unis. Il a expliqué qu’il ferait de la domination mondiale des Etats-Unis dans le domaine de l’énergie « un objectif de politique étrangère et un objectif stratégique ». Pour ce faire, il promet de totalement déréguler le secteur de l’énergie et favoriser le développement de l’exploitation du pétrole de schiste sans tenir compte des inquiétudes que suscite cette activité pour l’environnement. Selon lui, avec une telle politique, les Etats-Unis ne seraient plus dépendants du Moyen-Orient pour leur énergie.

Dans son discours, Trump a dénoncé les règles visant à limiter le réchauffement climatique adoptées en décembre à Paris lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP21), règles qui vont, selon lui, « tuer l’emploi et le commerce… Je vais annuler l’accord de Paris sur le climat ».

Concernant l’oléoduc Keystone XL de TransCanada, rejeté par Barack Obama en fin d’année dernière en raison des inquiétudes qu’il suscite pour l’environnement, Donald Trump a indiqué qu’il lui donnerait son feu vert mais en exigeant que les bénéfices reversés aux Etats-Unis soient plus élevés que ce qui était proposé. Le but de cet oléoduc est de transporter le pétrole canadien des sables bitumineux de l’Alberta – récemment menacés par un gigantesque incendie à Fort Mac Murray – jusqu’au Texas, dans le sud des Etats-Unis.

Source : Presse américaine.

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drapeau-anglaisIf Donald Trump is elected to the US presidency in November 2016, one thing is certain: global warming will continue, glaciers and the sea ice will continue to melt.

At a press conference in Bismarck, North Dakota, the biggest shale oil producer in the country, the American billionaire has indeed promised to rip up the Paris climate agreement by revoking Barack Obama’s commitments to limit global warming if he enters the White House. He would also support the Keystone XL pipeline project and shale oil extraction to ensure the energy independence of the United States. He said he would make the global dominance of the United States in the field of energy « a foreign policy objective and a strategic objective. » To do this, he promises to completely deregulate the energy sector and promote the development of shale oil without considering the concerns about this activity to the environment. In his opinion, with such a policy, the United States would no longer be dependent on the Middle East for energy.
In his speech, Trump denounced the rules aimed at limiting global warming that were adopted in Paris in December at the UN Climate Conference (COP21); such  rules will, he said, « kill jobs and trade…I will cancel the Paris climate agreement. »
Concerning the TransCanada Keystone XL pipeline rejected by Barack Obama late last year because of concerns it would cause to the environment, Donald Trump said he would give the project the green light but also require that the profits allowed to the United States are higher than what was proposed. The purpose of this pipeline is to transport oil from the Canadian oil sands of Alberta – recently threatened by a huge fire in Fort Mac Murray – down to Texas in the southern United States.
Source: American Press.

Groenland-blog

Gla 10

Sale temps pour la banquise et les glaciers si Donald Trump est élu à la présidence!

(Photos: C. Grandpey)