La disparition des glaciers de Papouasie-Nouvelle-Guinée // The disappearance of the glaciers of Papua New Guinea

La fonte des glaciers touche la planète entière, quelle que soit la latitude, qu’il s’agisse des régions polaires, des zones tropicales ou de l’équateur. J’ai consacré plusieurs notes (février 2021, octobre 2023, avril 2024) à la disparition des glaciers en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ainsi, le parc national de Lorentz abritait le dernier glacier tropical de la région. Certains le surnomment le « glacier de l’Éternité », mais il risque de ne plus exister bien longtemps.
Le sommet du Puncak Jaya (4 884 m), également appelé Pyramide Carstensz, est dépourvu de glace, mais il est entouré de plusieurs masses glaciaires ; celles-ci constituaient autrefois une vaste calotte glaciaire formée il y a 5 000 ans. Une calotte glaciaire antérieure a également existé dans la région, il y a entre 15 000 et 7 000 ans.

 Vue de la Pyramide Carstenz (Crédit photo : Alfindra Primaldhi / Wikipédia)

Les sommets de cette région indonésienne ont fourni aux scientifiques une multitude d’informations sur l’histoire climatique de la Terre. Ils constituent également le cœur de l’univers spirituel de nombreux Papous. Pourtant, la neige a aujourd’hui presque entièrement disparu.
Il y a un siècle, la chaîne Sudirman, qui s’étend sur 300 kilomètres, était recouverte de neige et de glace permanente sur ses quatre sommets principaux. Aujourd’hui, il ne subsiste que de petites zones autour du Puncak Jaya. Ces dernières devraient disparaître totalement d’ici un an ou deux.
La couverture glaciaire entourant le sommet est passée de près de 1 900 hectares au 19ème siècle à environ 16 hectares aujourd’hui. Des glaciers entiers ont pratiquement disparu à l’échelle d’une vie humaine.

 Derniers glaciers de Puncak Jaya en 2010 (Crédit photo : Robert Cassady)

Restes de glace sur la Puncak Jaya en 2023 (Crédit photo : BMKG)

Les carottes de glace prélevées sur les pentes du Puncak Jaya conservent la mémoire de l’histoire climatique. Les scientifiques peuvent les utiliser pour recueillir des données sur les conditions atmosphériques de la région et comprendre l’évolution des eaux océaniques les plus chaudes de la planète, qui entourent l’île. Toutefois, ces archives sont en train de disparaître avant même que les chercheurs n’aient eu le temps de les étudier complètement.
Le recul des glaciers de Papouasie est provoqué par les mêmes phénomènes qui affectent ceux du monde entier. Le responsable est le réchauffement de l’atmosphère dû aux activités humaines, notamment la combustion d’énergies fossiles. À mesure que les températures augmentent, l’altitude du point de congélation remonte le long des versants des montagnes ; en conséquence, les précipitations tombent davantage sous forme de pluie que de neige, y compris dans des zones qui connaissaient autrefois des chutes de neige régulières.

Crédit photo : Universitas Gadjah Mada

Les épisodes El Niño peuvent accélérer ce processus, tandis que des facteurs locaux tels que la couverture nuageuse, les chutes de neige et le relief en influencent le rythme.
Les montagnes de Papouasie se situent à seulement 450 km au sud de l’équateur ; à cette latitude, les glaces permanentes ne peuvent subsister qu’à très haute altitude et dans des conditions climatiques très spécifiques. Une légère hausse des températures, une remontée du point de congélation ou le remplacement de la neige par la pluie font la différence entre la survie et la disparition d’un glacier.
Au moins cinq groupes autochtones entretiennent depuis des générations des liens spirituels étroits avec le Puncak Jaya. Le peuple Moni le nomme « Mbainggela » et croit que ses ancêtres veillent sur la montagne. Pour le peuple Amungme, ce massif est connu sous le nom de « Nemangkawi », ou la « Flèche blanche ». Selon les croyances traditionnelles Amungme, le Nemangkawi incarne un modèle de vie pour les êtres humains.
Pour de nombreux Papous autochtones, la disparition du glacier ne constitue pas un événement isolé. La découverte d’immenses gisements de cuivre et d’or a transformé la région au cours du 20ème siècle, et le développement de projets industriels extractifs a remodelé une partie du paysage. Des versants entiers ont été excavés, tandis que des routes, des infrastructures industrielles et des zones d’habitation ont métamorphosé les vallées environnantes. Si les Papous reconnaissent que ce développement a apporté emplois, routes, éducation et opportunités économiques, ils soulignent également la dégradation de l’environnement et des décennies de conflits sociaux qui en ont découlé. Certains ont perdu l’accès à leurs terres ancestrales à mesure que l’activité minière s’étendait.
Alors que les communautés locales voient leurs paysages sacrés se transformer, les scientifiques se livrent à une course contre la montre pour documenter ce qu’il en reste. À l’aide de drones et de techniques de cartographie en trois dimensions, une équipe scientifique danoise a élaboré un modèle détaillé des vestiges glaciaires. Entre le début des années 2000 et 2025, la surface couverte par les glaces a reculé de 95 %. Les chercheurs s’accordent tous à dire que les glaciers constituent des indicateurs « incroyablement puissants » du réchauffement climatique.
Source : BBC News.

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The entire planet is affected by the melting of glaciers, whatever the latitude, whether in the polar regions, in the tropics or under the equator. I have written several posts (February 2021, October 2023, April 2024) about the disapperance of glaciers in Papua New Guinea. Thus, Lorentz National Park was home to the region’s last tropical glacier. Some call it the Eternity Glacier, but it might not be there for much longer.

Puncak Jaya (4884 m), also called Carstenz Pyramid, does not have ice on the peak, but around it there are several ice masses, that used to be one large icecap that developed 5,000 years ago. At least one previous icecap also existed in the region between 15,000 and 7,000 years ago.

The peaks in this Indonesian region have offered scientists countless insights into the Earth’s climate history. They are also the epicentre of the spiritual universe for many Papuans. But now, nearly all the snow is gone.

A century ago, the 300-km stretch of the Sudirman Range had snow and permanent ice on all four of its major peaks. But now there are only small areas around Puncak Jaya. These are expected to entirely disappear in a year or two.

Glacier cover around the peak has shrunk from nearly 1,900 hectares in the 19th century to about 16 hectares today. Almost entire glaciers have vanished within a human lifetime.

Ice cores taken from the slopes of Puncak Jaya preserve a record of climate history. Scientists can use them to obtain information about atmospheric conditions in the region and understand changes in the planet’s warmest ocean waters that surround the island. But this archive is disappearing before scientists have had time to fully study it.

The retreat of Papua’s glaciers is driven by the same forces affecting ice around the world, a warming atmosphere caused by human activity, including the burning of fossil fuels. As temperatures rise, the freezing point moves higher up mountains, so more precipitation falls as rain instead of snow, even in places that once saw regular snowfall.

El Niño events can accelerate this process, while local factors such as cloud cover, snowfall and mountain topography influence its pace.

The mountains in Papua are just 450km south of the equator, where permanent ice can survive only at very high altitudes and within a narrow range of climatic conditions. A small increase in temperature, a higher freezing point or shift from snowfall to rainfall can determine whether a glacier survives.

At least five groups of Indigenous people have had strong spiritual ties to Puncak Jaya for generations. The Moni people refer to it as Mbainggela, and believe their ancestors watch over the mountain. To the Amungme people, the range is known as Nemangkawi, or the « White Arrow ». According to traditional Amungme beliefs, Nemangkawi symbolises how people should live.

For many Indigenous Papuans, the disappearance of the glacier is not an isolated event. The discovery of vast copper and gold deposits transformed the region during the 20th century, and the development of extractive industrial projects have reshaped parts of the landscape. Entire mountain faces have been excavated and roads, industrial infrastructure and settlements have transformed surrounding valleys. Papuans say the development has brought jobs, roads, education and economic opportunities, but also environmental degradation and decades of social conflict. Some have lost access to their ancestral lands as mining expanded.

As local communities watch their sacred landscapes change, scientists and explorers are racing to document what is left. Using drones and three-dimensional mapping techniques, a Danish scientific team has created a detailed model of what remains. From the early 2000s to 2025, the glaciated area has receded by 95%. The researchers all agree that glaciers are « incredibly powerful » as indicators of climate change.

Source : BBC News.

Le pipi de l’Everest

C’est bien connu : Paris Match, c’est le poids des mots et le choc des photos. Ce peut être aussi l’inverse comme le montre un article parue dans cette revue. On y apprend que, selon une étude scientifique parue dans la revue Regional Environmental Change, les 6000 litres d’urine laissés quotidiennement par les alpinistes sur l’Everest pourraient faire fondre plus de 150 tonnes de glace et de neige chaque année sur la montagne himalayenne. Cette information est confirmée par d’autres sites et chaînes d’information.

Crédit photo: Wikipedia

La quantité d’urine impressionnante s’explique par la grande quantité d’eau que les touristes et leurs guides boivent à longueur de journée pour éviter la déshydratation. Un sportif de haut niveau doit boire au moins 3 litres par jour ; sur l’Everest, cette dose se répète sur une cinquantaine de jours…et l’étude nous apprend que la conséquence est loin d’être négligeable !

Les chercheurs expliquent que les alpinistes urinent généralement directement sur le glacier de Khumbu, extrêmement fréquenté sur le versant népalais de l’Everest . Or, ce liquide qui a la température du corps humain (environ 37°C) provoque la fonte du glacier. Au final, cette urine tiède serait à elle seule responsable de la fonte de 154 tonnes de glace par saison.

Glacier Khumbu (Crédit photo: Wikipedia)

C’est, bien sûr, une quantité négligeable à côté de l’impact global du tourisme de masse sur l’Everest. Il est estimé par les auteurs de l’étude à 2 492 tonnes de glace et de neige fondus supplémentaires par saison. A cela s’ajoute, bien sûr, l’impact du réchauffement climatique qui est considérable sur la chaîne himalayenne

L’étude parue dans la revue Regional Environmental Change rappelle aussi qu’en 2023 les quelque 1 600 tentes du camp de base de l’Everest ont consommé 824 bonbonnes de gaz de pétrole liquéfié, 18 935 litres de kérosène et 5 130 litres d’essence pour la cuisine, le chauffage et l’énergie. À cela s’ajoutent les vols en hélicoptère pour les transporter au plus près et venir éventuellement secourir les alpinistes. Il y a aussi la chaleur corporelle des alpinistes et des yaks utilisés pour transporter les provisions, les déchets qui s’accumulent dans la montagne.

Le camp de base de l’Everest est un véritable dépotoir (Crédit photo: Wikipedia)

Les auteurs de l’étude conseillent de déplacer le camp de base de l’ascension de l’Everest en dehors du glacier de Khumbu. L’idéal serait de le transposer dans un lieu exempt de neige et de glace. Ce n’est pas pour demain !

S’agissant des déchets, l’Everest est une catastrophe environnementale. Voir mes notes du 22 février et du 21 mars 2026 à ce sujet. En février 2026, un texte législatif a été voté par la Chambre des Députés népalaise. Il instaure des règles plus strictes pour l’alpinisme, des dispositions renforcées en matière de sécurité et d’assurance, ainsi qu’un fonds permanent pour l’environnement destiné à la dépollution des hautes montagnes du pays, notamment l’Everest. Il y a du pain sur la planche !

Source: Paris Match.

La lave des volcans sera-t-elle le béton du futur ? // Will volcanic lava be the concrete of the future?

Le basalte est la roche volcanique la plus abondante sur Terre, sur les continents mais également au fond des océans. On en identifie également à la surface de la Lune ou de Mars. De nombreux édifices construits dans des régions volcaniques confirment que le basalte et d’autres roches volcaniques  sont d’excellents matériaux de construction. Ainsi, la cathédrale de Clermont-Ferrand dresse sa masse de trachy-andésite au-dessus de la ville.

Crédit photo: Wikipedia

Une architecte basée à Reykjavik estime qu’une coulée de lave pourrait fournir suffisamment de matériaux pour ériger les fondations d’une ville en quelques semaines seulement, et ce, sans les conséquences climatiques liées aux méthodes de construction traditionnelles.
La fondatrice et dirigeante d’un cabinet d’architectes, établi à Reykjavik, explique que l’idée lui est venue en 2018 avec son fils,en observant l’éruption dans l’Holuhraun (2014-2015) qui fut la plus importante qu’ait connue l’Islande depuis plus de trois siècles. J’y ai consacré de nombreuses notes dans ce blog. Nous les trouverez en utilisant le moteur de recherche dans la colonne de droite.

Crédit photo: presse islandaise

Le projet d’utilisation de la lave explique que la force destructrice de ce matériau pourrait devenir constructive et permettre de transformer l’industrie mondiale de la construction qui dépend fortement du béton, de l’acier et d’autres matériaux à fort impact environnemental.
L’architecte et son fils ne s’attendent pas à voir leur projet se concrétiser avant 2050. Ils nous expliquent toutefois que des ouvriers humains ne pourraient pas manipuler la lave en raison de températures de plus de 1000°C, comparables à celles du verre en fusion. Pour les remplacer, diverses méthodes et technologies — impression 3D, gestion des coulées, chambres de refroidissement et robots — seraient utilisées pour façonner et mouler la roche en fusion selon les formes souhaitées.

Photo: C. Grandpey

Sans être menacés par la chaleur de la lave comme le seraient des humains, les robots parcourraient les champs de lave, récolteraient la matière en fusion et l’utiliseraient pour créer diverses structures.
Une méthode de préfabrication permettrait aux robots d’acheminer cette lave vers une usine où la pression et la chaleur seraient exploitées pour obtenir le résultat escompté.
Les architectes expliquent que le basalte présente des similitudes avec le béton de construction traditionnel actuel, tout en étant disponible à un coût quasiment nul. Selon eux, le basalte et la lave pourraient être transformés en éléments de construction durables et à faible impact environnemental. Les colonnes de basalte présentes dans la nature en sont une excellente illustration. Très cristallisées et extrêmement résistantes, elles pourraient théoriquement servir de matériau structurel.

Photo: C. Grandpey

 Le secteur islandais de la construction a manifesté un intérêt pour ce projet qui pourrait permettre de réduire l’empreinte carbone de cette industrie. Les producteurs de béton doivent en effet diminuer leurs émissions de CO2, principal responsable de la pollution dans l’industrie du bâtiment.
Ce projet a représenté la contribution de l’Islande à la 19ème Exposition internationale d’architecture de la Biennale de Venise, en 2025.
Source : Sky News.

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Basalt is the most abundant volcanic rock on Earth, found both on continents and on the ocean floor. It has also been identified on the surfaces of the Moon and Mars. Many structures built in volcanic regions confirm that basalt is an excellent construction material.

A Reykjavik-based architect believes that a single lava flow could provide enough material to lay the foundations for a city in just a few weeks, and do so without the climate-related consequences associated with traditional construction methods.

The founder and head of a Reykjavik-based architectural firm explains that the idea came to her and her son in 2018 while observing the Holuhraun eruption (2014–2015), the largest Iceland had seen in over three centuries. I have written extensively about this on this blog; you can find those posts using the search tool in the right-hand column.

The lava-utilization project posits that the material’s destructive force could be harnessed for construction, potentially transforming a global industry that currently relies heavily on concrete, steel, and other materials with high environmental impacts.

The architect and her son do not expect their project to come to fruition before 2050. However, they explain that human workers could not handle the lava, given temperatures exceeding 1,000°C, comparable to molten glass. Instead, various methods and technologies such as 3D printing, flow management, cooling chambers, and robots, would be used to shape and mold the molten rock into the desired forms. Unaffected by the intense heat that would endanger humans, robots would traverse the lava fields, harvest the molten material, and use it to create various structures. A prefabrication method would allow robots to transport this lava to a plant where pressure and heat could be harnessed to achieve the desired outcome.

The architects explain that basalt shares similarities with conventional modern construction concrete, yet is available at virtually no cost. They believe basalt and lava could be transformed into durable building components with a low environmental impact. Naturally occurring basalt columns serve as a prime example; highly crystalline and extremely strong, they could theoretically function as structural material.

Iceland’s construction sector has shown interest in this project, which could help reduce the industry’s carbon footprint. Concrete producers need to cut CO2 emissions, as concrete is the primary source of emissions within the building industry. This project represented Iceland’s contribution to the 19th International Architecture Exhibition at the Venice Biennale in 2025.

Source: Sky News.

https://news.sky.com/

Le Tour dans le col de Sarenne : la Nature remercie les organisateurs

Comme je l’ai indiqué dans ma note précédente, le 25 juillet 2026, le col de Sarenne sera emprunté par les coureurs lors de la 20ème étape du Tour de France 2026 entre Le Bourg d’Oisans et l’Alpe d’Huez. Ce sera l’étape reine du Tour 2026, avec l’escalade préalable des cols de la Croix de Fer, du Télégraphe et du Galibier.

Au cours de cette étape, le brouhaha de la foule le long de la route sera couvert par les grondements des défenseurs de l’environnement qui voient d’un très mauvais œil les perturbations qui seront inévitablement causées à ce site alpin préservé. Ils regrettent que la course ait lieu au mépris de la vie sauvage et des écosystèmes.

Culminant à 1 999 mètres d’altitude, la route menant au col de Sarenne est belle et sauvage. C’est une route pastorale, destinée aux bergers ; la vitesse y est limitée à 20 km/h et elle est fermée 8 mois sur 12.

C’est dans cet espace préservé que les organisateurs du Tour de France ont décidé faire passer l’étape reine du Tour 2026. La foule – probablement plusieurs milliers de spectateurs – est attendue sur le versant le plus sauvage de la route, dans la vallée du Ferrand, habituellement peuplée de marmottes,, de chamois, de gypaètes, ainsi que de fragiles tétras lyres et de lagopèdes. Ces derniers sont des oiseaux qui nichent au sol et dont les petits naissent en juillet, c’est-à-dire pendant le Tour de France. Sans oublier les aigles royaux qui pourraient être dérangés par les hélicoptères de la télévision si ceux-ci survolent les zones où nichent ces oiseaux majestueux.

Il y a donc un sérieux risque de mise en danger d’un site écologique fragile pour une seule journée de spectacle sportif !

Dans un rapport diffusé en décembre 2003, le Conservatoire botanique national alpin estimait que « la diversité faunistique du site est remarquable .» Selon ce même document, la vallée du Ferrand est l’une des « plus riches régions de France sur le plan botanique ». De plus, à proximité du col de Sarenne, la route passe à quelques mètres d’une zone humide fragile faisant l’objet d’un arrêté préfectoral de protection de biotope. Cet arrêté demande de « réglementer les activités sur le périmètre [de la zone humide] afin d’assurer la préservation et la tranquillité de certains biotopes nécessaires à la survie de plusieurs espèces animales protégées ». C’est pourquoi toute manifestation sportive est interdite sur un périmètre qui pourrait être piétiné par la foule du Tour de France.

En 2013, le Tour avait déjà fait une étape, contestée, au col de Sarenne, et des petits passages à gué avaient été recouverts de bitume pour faciliter l’accès aux voitures. Pour 2026, des travaux ont également été réalisés, non pas à la demande de la population locale, mais celle des organisateurs du Tour de France, rien que pour une journée de course !

Il est clair que le spectacle-business est plus important que la Nature. Les organisateurs du Tour de France l’ont prouvé en 2013 en restant muets face à une pétition signée par plus de 12 000 personnes. Ils ont récidivé cette année en faisant de TotalEnergies leur partenaire officiel pour le Tour 2026.

En 1952, Fausto Coppi s’est imposé à l’Alpe d’Huez au milieu des marmottes et de quelques paysans, dans une toute petite station de ski. Soixante-dix ans plus tard, l’Alpe d’Huez a étendu ses tentacules de béton et d’acier sur l’un des plus beaux massifs de France. La station veut s’agrandir, sans se soucier de la quiétude de la nature et du réchauffement climatique qui risque de priver les Alpes de neige à brève échéance.

Source : Reporterre.

NB : Suite à la diffusion de cette note, un fidèle visiteur de mon blog vient de m’indiquer que « lors de la montée du col de Sarenne il n’y aura pas de caravane publicitaire ni de spectateurs, les voitures qui assistent les coureurs seront réduites au maximum. La route pastorale est interdite à tout véhicule depuis le 16 juillet. »

J’en suis ravi, mais cela me conforte dans mon idée qu’il était parfaitement inutile, voire vicieux,  de mettre ce col sur le parcours du Tour de France. Un col alpin sans spectateurs n’est pas dans l’esprit de cette course cycliste.