Méthane (2) : des fuites en Antarctique // Methane (2) : leaks in Antarctica

Des scientifiques ont, pour la première fois, découvert une fuite active de méthane sur le plancher océanique de l’Antarctique. C’est une mauvaise nouvelle car, comme je l’ai indiqué dans ma note à propos du Canada, le méthane est un puissant gaz à effet de serre susceptible d’accélérer le réchauffement climatique. On sait que le méthane contribue au réchauffement de la planète plus efficacement que le dioxyde de carbone, bien que sa durée de vie soit plus courte. L’étude a été publiée dans les Proceedings de la Royal Society.
Le risque de fuite de méthane sous la glace inquiète les scientifiques depuis longtemps. Ils expliquent que certains micro-organismes pourraient réduire les quantités de gaz émises en le consommant avant qu’il soit rejeté dans l’atmosphère. Cependant, la quantité consommée serait trop faible pour empêcher le méthane de contribuer au réchauffement de l’atmosphère.
L’étude indique que la fuite de méthane a été découverte pour la première fois en 2011 et qu’il a fallu cinq ans pour que se développent sur le site les micro-organismes censés filtrer le gaz. Les chercheurs ont découvert que le méthane continue à s’échapper dans l’atmosphère malgré leur présence. Un océanographe de l’Université de l’Oregon indique que les premiers microbes à se développer appartenaient à une souche inattendue dans la région, et qu ‘« il faudra peut-être cinq à dix ans avant qu’ils prolifèrent suffisamment pour s’adapter totalement à leur environnement et commencer à consommer du méthane».
De grandes quantités de méthane sont stockées sous la glace de mer ; elles représentent probablement jusqu’à un quart du méthane d’origine marine sur Terre. Les scientifiques ont longtemps mis en garde contre l’impact que pourrait avoir des fuites de méthane. La NASA a expliqué en 2018 que la fonte de la glace dans l’Arctique pourrait libérer des gaz comme le méthane, et contribuer au réchauffement climatique beaucoup plus rapidement que le prévoyaient les projections climatiques.
Les émissions de méthane stocké sous la glace sont également considérées comme l’un des points critiques du changement climatique, et un facteur déterminant permettant de savoir si la hausse des températures peut être arrêtée ou inversée.

Jusqu’à présent, aucune fuite active de méthane n’avait été enregistrée en Antarctique. Les chercheurs font remarquer que, dans le cas présent, le gaz ne semblait pas avoir été libéré en raison du réchauffement climatique. En effet, la Mer de Ross, où la fuite a eu lieu, n’a pas connu une hausse de température significative. Ils ajoutent : « La véritable source de ce méthane reste inconnue. »
Selon les chercheurs, cette étude permettra d’en savoir plus sur la manière dont le méthane est consommé par les micro-organismes avant de s’échapper dans l’atmosphère en Antarctique. En particulier, une meilleure compréhension du fonctionnement des micro-organismes permettra aux chercheurs d’étudier les émissions de méthane au niveau des océans à la suite de la hausse des températures. L’étude montre que l’évolution des micro-organismes «peut avoir un impact que l’on n’imagine pas sur les émissions de gaz à effet de serre par les réservoirs de méthane océaniques. […] La précision des futurs modèles climatiques pourrait être améliorée si l’on prend en compte le temps nécessaire aux communautés microbiennes pour réagir à de nouvelles émissions de méthane. »
Source: Business Insider.

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Scientists have, for the first time, discovered the first active leak of methane gas from the sea floor in Antarctica. This is bad news because, as I explained in my post about Canada, methane is a powerful greenhouse gas likely to accelerate global warming. The study was published in the Proceedings of the Royal Society.

Methane is known to warm the planet much more than carbon dioxide does, although its lifetime is shorter.

The risk of it leaking from under the ice has long concerned scientists, who say that some microorganisms could reduce the emitted quantities by consuming the gas before it is released into the atmosphere. However the consumed quantity is too small to prevent methane from contributing to the warming of the atmosphere.

The report said the methane leak was first discovered in 2011, and that it took five years for the microorganisms that help filter away the gas to develop at the site. The researchers found that methane is still escaping despite their presence. An oceanographer at Oregon State University indicates that the first microbes to grow in the area were of an unexpected strain, and that « it may be five to 10 years before a community becomes fully adapted and starts consuming methane. »

Vast amounts of methane are stored under sea ice, probably as much as a quarter of Earth’s marine methane. Scientists have long warned about the impact on the planet if methane leaks. NASA warned in 2018 that the thawing of ice in the Arctic could release gases like methane, contributing to an extremely fast global warming that was not taken into account in climate projections.

The release of methane from ice is also considered one of the tipping points in climate change, where the effects of rising temperatures cannot be stopped or reversed. However, until now, no active leak of methane had been recorded in Antarctica. The researchers noted that, in this case, the gas did not appear to have been released as a result of global warming. Indeed, the Ross Sea, where the leak took place, has not warmed in a significant way. « The ultimate source of this methane remains unknown, » they said.

The report said that the study would deepen the scientists’ understanding of the way methane is consumed and released in Antarctica, about which very little was known before. In particular, better understanding how the microorganisms work will inform how researchers understand the release of methane into oceans as the result of rising temperatures. The study shows that the way microorganisms change and develop « may have an unrealized impact on greenhouse gas emission from marine methane reservoirs. […] The accuracy of future global climate models may be improved by considering the time it will take for microbial communities to respond to novel methane input. »

 Source: Business Insider.

Photo : C. Grandpey

La pandémie de Covid-19 et les navires de croisière

La pandémie de Covid-19 aura eu au moins une conséquence positive pour l’environnement. Elle a mis à l’arrêt la flotte mondiale de navires de croisière qui polluent les abords de villes comme Marseille ou Toulon lorsqu’ils y font escale.

J’ai écrit sur ce blog deux articles pour alerter sur la situation créée par ces navires. Le premier a été publié le 18 janvier 2019 et fait référence au port de Toulon (Var) où accostent les ferries qui relient le continent à la Corse, à Majorque ou à la Sardaigne. Ils arrivent souvent tôt le matin et repartent tard le soir en laissant tourner leurs moteurs entre deux rotations pour assurer l’électricité à bord. Cette situation génère une importante pollution et les habitants décrivent un air rendu parfois « irrespirable » à cause de la fumée dégagée par les navires. Ces derniers sont de gros consommateurs de carburant. Pour un navire de croisière moyen, la consommation de carburant est d’environ 700 litres par heure lorsqu’il est à quai. De ce fait, les bateaux engendrent une augmentation de la quantité de dioxyde d’azote et d’oxyde de soufre dans l’air. Lorsque les bateaux sont à quai, la pollution au dioxyde d’azote grimpe de 29 à 43 parties par milliard (ppb), soit d’environ 58 à 86 microgrammes par mètre cube, des chiffres au-dessus de la norme annuelle pour la protection de la santé humaine, fixée à 40 microgrammes par mètre cube. Les cheminées de navires émettent par ailleurs des particules qui expliquent l’empoussièrement dont font état les riverains. Selon l’association France nature Environnement, chaque année en Europe, les émissions du transport maritime causent près de 60 000 morts et coûtent 58 milliards d’euros aux services de santé.

Le 12 septembre 2019, j’expliquais qu’à Marseille (Bouches-du-Rhône), les navires en escale sont responsables de près de 15% de la pollution atmosphérique. Ils rejettent des gaz toxiques comme l’oxyde d’azote – jusqu’à 40% du taux présent dans la ville – des gaz à effet de serre et des suies perceptibles jusque dans les habitations des riverains.

La solution à ce type de pollution est bien connue et déjà testée à Marseille : l’électrification des quais. Branchés à l’électricité de la ville, les navires pourraient ainsi couper les moteurs une fois à quai et supprimer la quasi-totalité des émissions polluantes. Un plan « Escales zéro fumée » a été présenté le jeudi 5 septembre 2019 par la région PACA. Il vise à généraliser le raccordement des navires au réseau électrique dans les grands ports de Marseille, Nice et Toulon, moyennant un investissement de 30 millions d’euros. Les compagnies maritimes devront donc payer leur consommation. Des quais électriques devraient être installés à partir de 2025. La plupart des riverains pensent que cette date est trop éloignée.

En attendant, on va continuer à enregistrer dans les prochaines années des milliers de nouveaux décès provoqués par cette pollution des bateaux en escale. Selon la société Marseille Provence Cruise Terminal, qui gère les terminaux de croisière dans la cité phocéenne, près de 500 escales ont été enregistrées en 2018. La pause enregistrée en 2020 à cause du coronavirus n’est probablement que provisoire…

Source : France Info.

Un navire de croisière comme l’ « Oasis of the Seas » peut accueillir 5400 passagers à son bord

Voitures électriques et salars d’Amérique du Sud // Electric cars and South American salars

 A fa fin du mois de mai 2020, le président Emmanuel Macron a annoncé un vaste plan de soutien à l’industrie automobile française, victime d’un coup d’arrêt dû à la crise sanitaire. Depuis l’usine Valeo à Etaples (Pas-de-Calais), il a égrainé une série de mesures destinées à sauvegarder la filière automobile française et ses 400 000 emplois directs: renforcement des aides à l’achat de voitures électriques et hybrides, hausse des primes à la conversion des voitures polluantes… Le chef de l’Etat veut « faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe en portant à plus d’un million par an, sous cinq ans, la production de véhicules électriques, hybrides rechargeables ou hybrides » dans le pays.

Cette déclaration n’a pas vraiment convaincu les ONG de défense de l’environnement qui dénoncent, à l’instar de Greenpeace France, un plan « climaticide ». Il est vrai que les voitures électriques, si elles contribuent beaucoup moins que les véhicules thermiques à la pollution de l’atmosphère, ne sont pas exemptes de reproches, à commencer par la fabrication de leurs batteries. J’ai attiré à plusieurs reprises l’attention sur la destruction des salars sud-américains par l’extraction du lithium.

Au Chili, le désert d’Atacama détient 40 % des réserves mondiales de lithium, l’ingrédient principal utilisé pour les batteries de voitures électriques et hybrides, sans oublier les batteries des téléphones portables et des ordinateurs. C’est une véritable ruée vers l’or qui s’est déclenchée dans le « triangle du lithium », autrement dit les salars ou déserts de sel d’Argentine du Chili et de Bolivie. Le Chili reste le leader dans ce domaine avec des prix très compétitifs qui s’expliquent par des conditions d’extraction optimales. L’Argentine et la Bolivie sont en retrait. En Bolivie, le salar d’Uyuni abrite le plus important gisement de lithium au monde. Selon l’USGS, le pays disposerait de plus de 9 millions de tonnes de matière première. Ayant eu la chance d’admirer la splendeur de ce désert de sel, je suis furieux quand je lis des articles de presse qui annoncent le saccage à venir de ce désert de sel.

Comme je l’ai expliqué précédemment, le processus d’extraction du lithium consiste à évaporer l’eau où il est contenu. Les mines assèchent donc le désert. On estime à 430 milliards le nombre de litres d’eau qui ont été perdus sur le seul plateau d’Atacama. Et le mal ne fait que commencer. Le gouvernement chilien mène toutefois des études pour évaluer d’autres salars où étendre l’exploitation du lithium pour préserver ceux de l’Atacama.

Les mines d’exploitation de lithium sont gérées par des entreprises privées qui payent un loyer au gouvernement pour l’exploitation des mines. Une partie des profits est reversée sous forme de taxes qui doivent être réinvesties dans des infrastructures à Santiago.

Ce que ces habitants du désert dénoncent, ce n’est pas seulement la destruction d’un territoire ; c’est aussi la confiscation de leur droit à participer à l’avenir de leurs enfants. Ils sont d’accord pour que le pays se développe grâce à l’exploitation du lithium, mais ils veulent aussi en faire partie. Mais leur lutte est loin d’être gagnée, et il est fort à parier que le désert de sel disparaîtra, entraînant dans sa destruction des effets aussi graves que ceux de la destruction de la forêt amazonienne.

En constatant des dégâts créés par l’extraction du lithium pour permettre la fabrication de véhicules moins polluants, on se rend compte que l’on remplace des technologies fossiles par d’autres qui induisent elles aussi des problèmes environnementaux. Quelle est la solution ? Peut-être nous faudrait-il changer la manière dont nous utilisons ces technologies, ainsi que la quantité de ce que nous produisons et consommons.

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At the end of May 2020, President Emmanuel Macron announced a vast plan to support the French automobile industry which had been brought to a halt by the Covid-19 crisis. From the Valeo factory in Etaples (Pas-de-Calais), he initiated a series of measures intended to safeguard the French automotive sector and its 400,000 direct jobs: increased aid for the purchase of electric and hybrid cars, increase bonuses for the conversion of polluting cars … The French President wants to “make France the first nation producing clean vehicles in Europe by bringing to more than a million per year, within five years, the production of electric vehicles, plug-in hybrids or hybrids » in the country.”
This statement did not really convince environmental defense NGOs who, like Greenpeace France, denounce a “destructive plan for the climate.”. It is true that electric cars, if they contribute much less than thermal vehicles to air pollution, are not free from reproach, starting with the manufacture of their batteries. I have repeatedly drawn attention to the destruction of South American salars by the extraction of lithium.
In Chile, the Atacama Desert holds 40% of the world’s reserves of lithium, the main ingredient used for batteries in electric and hybrid cars, not to mention batteries in cell phones and computers. It was a real gold rush that started in the « lithium triangle », in other words the salars or salt deserts of Argentina, Chile and Bolivia. Chile remains the leader in this field with very competitive prices which are explained by optimal extraction conditions. Argentina and Bolivia are lagging behind. In Bolivia, the Uyuni Salar is home to the largest deposit of lithium in the world. According to USGS, the country has more than 9 million tonnes of this mineral. I was very fortunate to admire the splendor of this salt desert, I am furious when I read press articles announcing the coming rampage of this wonderful place.
As I explained earlier, the process for extracting lithium is to evaporate the water where it is contained. The mines therefore dry up the desert. An estimated 430 billion liters of water have been lost on the Atacama Plateau alone. And the evil is just beginning. The Chilean government is, however, carrying out studies to assess other salars where to extend the exploitation of lithium so as to preserve those of Atacama.
The lithium mines are operated by private companies that pay rent to the government for mining. Part of the profits are transferred in the form of taxes which are reinvested in infrastructure in Santiago.
What the people who live close to these deserts denounce is not only the destruction of a territory; it is also the confiscation of their right to participate in the future of their children. They agree that the country will develop thanks to the exploitation of lithium, but they also want to a part of the cake. But their struggle is far from won, and it is a safe bet that the salt desert will disappear, leading to its destruction in the same way as the Amazon rainforest is being destroyed.
When we see the damage caused by the extraction of lithium to allow the production of less polluting vehicles, we realize that we are replacing fossil technologies by others that also cause environmental problems. What is the solution ? Perhaps we should change the way we use these technologies, as well as the amount of what we produce and consume.

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Salar d’Uyuni (Photos : C. Grandpey)

Après COVID-19 ? Un avenir climatique toujours aussi sombre ! // After COVID-19? An equally grim climate future!

La crise sanitaire générée par le COVID-19 est un sacré coup de semonce pour notre société de consommation qui était en train de s’orienter de plus en plus vers la mondialisation. Le coronavirus nous montre clairement les limites d’une telle évolution et, par la même occasion, devrait nous remettre les pieds sur terre. La leçon de cette pandémie sera-t-elle retenue ? Servira-t-elle à quelque chose ? C’est une autre affaire !

Du point de vue climatique, je suis prêt à parier que rien ne changera. Certes, l’arrêt brutal d’une grande partie de l’activité économique a marqué une atténuation ponctuelle de la pression exercée par les sociétés industrialisées sur l’environnement. Les médias nous serinent qu’il y a une baisse des émissions des gaz à effet de serre et donc de la pollution atmosphérique. Comme je l’ai fait remarquer à plusieurs reprises, cet infléchissement ponctuel n’aura pratiquement aucune incidence sur la crise environnementale globale qui est le résultat d’une débauche de comportements incompatible avec la capacité de notre planète à la contenir.

A court terme, l’épisode de calme économique que nous vivons actuellement n’occasionnera pas d’inversion du changement climatique, même si des mesures drastiques – on peut rêver ! – étaient mises en oeuvre en sortie de crise. Je ne le répéterai jamais assez : l’ampleur du réchauffement dépend de l’accumulation, et donc de la concentration, de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et non des émissions du moment. Au vu des émissions records de ces dernières décennies et de l’inertie du système – il faut compter une trentaine d’années entre le pic d’émission et la stabilisation de CO2 atmosphérique à son niveau maximum – les grandes lignes de l’avenir climatique à court terme sont déjà écrites. On sait d’ores et déjà que l’on assistera dans les prochaines années à une aggravation majeure du dérèglement climatique, avec toutes les conséquences que le phénomène suppose.

Le secteur agricole est particulièrement à risque. Les scientifiques préviennent que le niveau moyen d’humidité des sols correspondra vraisemblablement dans 30 ans aux records de sécheresse enregistrés aujourd’hui dans de nombreuses régions.  Les sécheresses exceptionnelles que nous connaîtrons en Europe seront des événements destructeurs encore jamais observés. Il faudra donc s’attendre à une baisse tendancielle des rendements, ainsi qu’à des crises sévères pour les années qui viennent.

Comme je l’ai indiqué précédemment, l’apparition d’animaux sauvages dans les rues de nos villes ne doit pas nous faire oublier la triste réalité, à savoir la tendance lourde d’extinction massive du monde vivant provoquée par les pressions croissantes exercées par les sociétés industrialisées. Au delà du risque sanitaire, le secteur agricole est largement menacé par l’effondrement des populations européennes d’insectes ou d’oiseaux  puisque ces espèces participent à la pollinisation des cultures ou à la régulation des pathogènes et ravageurs.

Je suis désolé de faire de telles prévisions sombres, mais il ne peut en être autrement au train où vont les choses, et je crains fort d’être en deçà de la réalité qui nous attend.…

Source : Note inspirée de plusieurs articles parus dans la presse nationale et internationale.

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The health crisis generated by COVID-19 is a big wake-up call for our consumer society which has been moving more and more rapidly towards globalization. The coronavirus clearly shows us the limits of such an evolution. Will the lesson of this pandemic be learned? Will it be of some use? Not so sure!
From a climatic point of view, I’m ready to bet that nothing will change. Admittedly, the sudden cessation of a large part of economic activity marked a temporary easing of the pressure exerted by industrialized societies on the environment. The media tell us that there is a reduction in greenhouse gas emissions and therefore in air pollution. As I have repeatedly pointed out, this temporary shift will have virtually no impact on the global environmental crisis, which is the result of a behaviour incompatible with our planet’s ability to contain it.
In the short term, the episode of economic calm that we are currently experiencing will not cause a reversal of climate change, even if drastic measures – we can dream! – were implemented at the end of the crisis. One should keep in mind that the extent of global warming depends on the accumulation, and therefore the concentration, of greenhouse gases in the atmosphere, and not on current emissions. In view of the record emissions of recent decades and the inertia of the system – it takes about thirty years between the emission peak and the stabilization of atmospheric CO2 to its maximum level – the broad outlines of the climate future short term are already written. We already know that in the coming years we will witness a major worsening of climate change, with all the consequences that the phenomenon implies.
The agricultural sector is particularly at risk. Scientists warn that the average level of soil moisture will likely correspond in 30 years to the drought records recorded today in many regions. The exceptional droughts that we will be observed in Europe will be destructive events never seen before. We should therefore expect a downward trend in yields, as well as severe crises for the coming years.
As I indicated earlier, the appearance of wild animals on the streets of our cities should not make us forget the sad reality, namely the heavy tendency of massive extinction of the living world caused by the increasing pressures exerted by industrialized societies. Beyond the health risk, the agricultural sector is largely threatened by the collapse of European populations of insects or birds since these species participate in the pollination of crops or the regulation of pathogens and pests.
I am sorry to make such gloomy predictions, but it cannot be otherwise at the rate things are going, and I am afraid of being far from the reality that awaits us. …
Source: Several articles published in the national and international press.

Anomalies de température mondiale par rapport à 1850-1900 et prévisions du Met Office pour la période 2020-2024 (Source : Met Office, global-climat).

L’Everest est fermé, mais reste une poubelle! // Everest closed, but still a garbage dump!

C’est bien connu : les expéditions d’alpinistes qui se rendent sur l’Everest dans l’espoir d’atteindre le sommet laissent beaucoup de déchets derrière elles, à tel point que la montagne a été surnommée «la plus haute poubelle du monde». Des tentes fluorescentes, du matériel d’escalade abandonné, des bonbonnes de gaz vides et des excréments humains jonchent le trajet emprunté jusqu’au sommet qui culmine à 8 848 mètres. J’ai déjà attiré l’attention sur ce problème dans une note mise en ligne le 19 juin 2018.
En raison de la pandémie de COVID-19, tous les accès à l’Everest ont été fermés, que ce soit du côté chinois ou népalais. Une seule expédition chinoise a escaladé le côté nord cette saison.
La montagne est déserte et les sherpas sont au chômage. Cette situation inhabituelle offrirait une belle occasion de nettoyer la montagne et la débarrasser de tous les déchets. Cela donnerait également du travail aux sherpas qui n’auront pas de revenus cette saison.
Cependant, la campagne de nettoyage ne semble pas près de démarrer. Le gouvernement népalais a rejeté cette idée. En mars 2020, les autorités ont suspendu les permis pour toutes les expéditions, quelles qu’elles soient, suite à l’épidémie de coronavirus. Cette décision a obligé l’armée népalaise à annuler une ambitieuse campagne de nettoyage de six montagnes, dont l’Everest.
Il est clair qu’un nettoyage des pentes de l’Everest est urgent. L’année dernière, une équipe de 14 personnes a passé six semaines à récupérer des déchets au camp de base de l’Everest et au Camp 4, à près de 8 000 mètres d’altitude. Quatre cadavres ont été évacués, ainsi que plus de 10 tonnes de bouteilles en plastique, de canettes et de matériel d’escalade. Tout cela ne représente qu’une fraction des déchets sur l’Everest. Les camps les plus difficiles à atteindre restent jonchés de détritus et de matériel abandonné. Comme il n’y a plus personne sur la montagne, il serait beaucoup plus facile et plus rapide pour les sherpas de la nettoyer et de redescendre dans la vallée une grande quantité de déchets.
Comme je l’ai écrit précédemment, les alpinistes étrangers paient au moins 30 000 dollars pour s’attaquer à l’Everest, mais les Népalais disent que ces gens se soucient peu de l’environnement. Le Népal prélève une caution de 4 000 dollars qui est restituée si chaque visiteur rapporte au moins huit kilos de déchets. En réalité, à peine la moitié des alpinistes revient avec des détrituss. Au printemps de l’année dernière, la fenêtre d’escalade qui commence normalement en avril a vu un nombre record d’alpinistes ; 885 personnes ont tenté d’atteindre le sommet de l’Everest.

La pandémie de COVID-19 aura au moins eu un avantage. Avec la chute des émissions de gaz polluants, l’atmosphère s’est purifiée dans l’Himalaya et on peut actuellement apercevoir les hauts sommets de la chaîne himalayenne depuis 200 kilomètres de distance, ce qui ne s’était jamais vu depuis plusieurs décennies.
Source: Yahoo News, AFP.

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It has been known for a long time that the mountaineering expeditions on Mount Everest leave a lot of garbage behind them, so much that the worlld’s highest mountain has been called “the highest garbage dump”. Fluorescent tents, discarded climbing equipment, empty gas canisters and human excrement litter the well-trodden route to the 8,848;-metre high summit. I drew attention to the problem in a post released on June 19th, 2018.

Because of the COVID-19 pandemic, all access to Mount Everest has been closed, whether on the Chinese or the Nepalese side. Only a Chinese team has climbed on the north side this season.

The mountain is empty and the sherpas are out of work. This unusual situation would  be a good opportunity to clean the mountain and get rid of the rubbish. It would also give employment to the sherpas who have lost this season’s income.

However, the cleanup campaign does not seem ready to start. Nepal’s government has rejected the initiative. In March 2020, authorities suspended permits for all mountain expeditions over the coronavirus outbreak, forcing the Nepal army to cancel an ambitious clean-up on six mountains including Everest.

Looking at the slopes of Mount Everest, it is clear that some cleanup is necessary. Last year, a 14-person team spent six weeks scouring for litter at the Everest base camp and at Camp 4, nearly 8,000 metres up. They cleared the mountain of four bodies and over 10 tonnes of plastic bottles, cans and climbing equipment. However, it was just a fraction of Everest’s rubbish, with the harder to reach camps still littered with abandoned gear. With the mountain empty, it would be much easier and faster for the sherpas to clean the mountain and they would be able to bring down a vast amount of trash.

As I put it before, foreign climbers pay at least $30,000 to tackle Everest but locals say they pay little attention to their environmental fallout. Nepal levies a $4,000 rubbish deposit for each team to be refunded if each climber brings back eight kilos of waste, but only half return with trash. Last year’s spring climbing window, which normally starts in April, saw a record 885 people summit Everest.

The COVID-19 pandemic will at least have an advantage. With the drop in emissions of polluting gases, the atmosphere has been purified in the Himalayas and one can now see the high peaks of the Himalayan range from 200 kilometers away, which had been impossible for several decades.

Source : Yahoo News, AFP.

Vue de l’Everest et du camp de base côté népalais (Source: Wikipedia)

Un trou dans la couche d’ozone au-dessus du pôle Nord // A hole in the ozone layer above the North Pole

L’excellent documentaire Sur le front des glaciers  (France 2  le 17 mars 2020) a consacré une séquence à la réduction du trou dans la couche d’ozone – ou couche à ozone, comme se plaisait à l’appeler Haroun Tazieff – au-dessus de l’Antarctique. Grâce à l’interdiction d’utilisation des chlorofluorocarbones, les fameux CFC, ce trou est en train de se combler et on espère qu’il aura disparu dans les quatre ou cinq prochaines décennies.

La couche d’ozone est une couche naturelle de gaz dans la haute atmosphère qui protège les êtres vivants sur Terre des rayons ultraviolets du Soleil.
Paradoxalement, alors que le trou se réduit au-dessus de l’Antarctique, le centre météorologique Severe Weather Europe (SWE) a détecté une vaste zone d’appauvrissement de la couche d’ozone au-dessus de l’Arctique canadien, avec une intensité anormalement forte pour l’hémisphère nord.

Une forte chute des valeurs minimales d’ozone a déjà été observée fin novembre 2019 et janvier 2020, mais il s’agissait d’événements de courte durée qui se produisent probablement chaque année pendant la saison froide. Le SWE a déclaré que ces petits trous d’ozone au-dessus des régions polaires septentrionales ne se développent pas en raison d’un processus de destruction chimique par les aérosols, comme c’est le cas en Antarctique.
Ce qui inquiète le SWE, c’est la réduction globale de l’ozone, début mars, alors que les valeurs devraient augmenter lentement. Il ne s’agit pas de la création éphémère d’un mini trou d’ozone, mais d’un réel processus de destruction de l’ozone.
Les recherches effectuées par le SWE ont montré que le trou d’ozone au-dessus de l’Antarctique se développe en raison d’un processus chimique qui implique de l’air très froid en dessous de -78 ° C, la lumière du soleil, ainsi que des émissions humaines de chlorofluorocarbone (CFC) ) et hydrofluorocarbones (HFC). La température froide permet aux nuages ​​stratosphériques de s’établir ; la lumière du soleil réagit ensuite avec ces nuages ​​pour entamer un processus photochimique qui détruit l’ozone, entraînant la formation et la croissance du trou.
Comme la destruction de l’ozone a également besoin de la lumière du soleil, ce processus est limité au-dessus des régions polaires septentrionales. Fin février et en mars, lorsque la lumière du soleil atteint le pôle, la stratosphère n’est généralement plus assez froide pour produire ces nuages, qui sont essentiels au processus de destruction de l’ozone.

La stratosphère peut être exceptionnellement froide au niveau du pôle Nord certaines années, comme c’est la cas en 2020, et elle peut générer des nuages ​​stratosphériques en même temps que la lumière du soleil touche le pôle. Une telle concordance est susceptible de provoquer la destruction de l’ozone.
L’analyse de l’ozone par le SWE montre que l’on a affaire à un trou exceptionnellement grand pour l’hémisphère Nord et avec des valeurs record ; on a enregistré un minimum de 217 unités Dobson. Cependant, on est loin des valeurs observées en Antarctique. Comme mars n’est pas terminé, le SWE explique qu’il n’y a pas encore de données complètes pour ce mois, donc la dernière référence concerne 2019. Dans le passé, deux années – 2011 et 1997 – ont été remarquables, avec des valeurs d’ozone très basses pour le mois de mars. Toutefois, le déficit en ozone n’était pas aussi marqué qu’en 2020 qui pourrait bien être une année record.
Selon le SWE, le trou d’ozone au-dessus du pôle Nord pourrait être de courte durée car la stratosphère devrait se réchauffer avec l’influence grandissante du soleil. La température sera trop élevée pour que les nuages ​​stratosphériques se forment, ce qui réduira lentement le processus de destruction de l’ozone. Selon les prévisions de SWE sur 10 jours, on devrait observer réduction de la taille et de l’intensité du trou d’ozone, même s’il restera présent pendant un certain temps.

Source : Severe Weather Europe.

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The excellent French documentary Sur le front des glaciers (France 2 March 17th, 2020) devoted a sequence to the reduction of the hole in the ozone layer over Antarctica. Thanks to the ban on the use of chlorofluorocarbons, the famous CFCs, this hole is filling up and it is hoped that it will have disappeared in the next four or five decades.
The ozone layer is a natural layer of gas in the upper atmosphere that protects living things on Earth from the sun’s ultraviolet rays.
Paradoxically, as the hole narrows over Antarctica, the Severe Weather Europe (SWE) meteorological centre has detected a large area of ​​ozone depletion over the Canadian Arctic, with an abnormally high intensity for the northern hemisphere.
A sharp drop in minimum ozone values ​​was already observed in late November 2019 and January 2020, but these were short-lived events that likely occur each year during the cold season. SWE has stated that these small ozone holes above the northern polar regions do not develop due to a process of chemical destruction by aerosols, as in Antarctica.
What worries SWE is the overall reduction in ozone in early March, when values ​​are expected to increase slowly. It is not the ephemeral creation of a mini ozone hole, but a real process of ozone destruction.
Research by SWE has shown that the ozone hole over Antarctica is developing due to a chemical process that involves very cold air below -78°C, sunlight , as well as human emissions of chlorofluorocarbon (CFC)) and hydrofluorocarbon (HFC). The cold temperature allows stratospheric clouds to settle; sunlight then reacts with these clouds to start a photochemical process that destroys ozone, causing the hole to form and grow.
As the destruction of ozone also requires sunlight, this process is limited over the northern polar regions. In late February and March, when the sunlight reaches the pole, the stratosphere is generally no longer cold enough to produce these clouds, which are essential to the ozone-depleting process.
The stratosphere can be exceptionally cold at the North Pole in some years, in 2020, for instance, and it can generate stratospheric clouds at the moment when sunlight reaches the pole. Such a combination of events is likely to destroy the ozone.
Ozone analysis by SWE shows that we are dealing with an exceptionally large hole for the northern hemisphere and with record values; a minimum of 217 Dobson units has been recorded. However, we are far from the values ​​observed in Antarctica. As March is not over, SWE explains that there is not yet complete data for this month, so the last reference is for 2019. In the past, two years – 2011 and 1997 – were remarkable, with very low ozone values ​​for the month of March. However, the ozone deficit was not as pronounced as in 2020 which could well be a record year.
According to SWE, the ozone hole above the North Pole could be short-lived because the stratosphere should warm up with the increasing influence of the sun. The temperature will be too high for stratospheric clouds to form, which will slowly reduce the process of ozone destruction. According to SWE’s 10-day forecast, the size and intensity of the ozone hole will decrease, although it will remain there for some time.
Source: Severe Weather Europe.

Source: SWE

Ferroutage transalpin

Suite à ma dernière note à propos de la fonte annoncée de la Mer de Glace et le chapitre consacré au ferroutage, il est bon de rappeler qu’il existe un projet de liaison ferroviaire transalpine Lyon-Turin à travers les Alpes, entre la France et l’Italie. Le but de cette ligne est d’accélérer les transports par trains de voyageurs et de transférer le trafic de fret de la route vers le rail, avec des effets positifs pour l’environnement et une réduction substantielle de la pollution. .

Cette liaison est constituée de trois sections : une section française de 140 km entre l’agglomération lyonnaise et Saint-Jean-de-Maurienne ;  une section commune franco-italienne de 84,1 km entre Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie (mais depuis Montmélian selon l’accord de 2012) et Chiusa di San Michele en Piémont italien ; une section italienne de 46,7 km entre Chiusa di San Michele et la ville de Turin en Italie. La longueur totale de la liaison mixte Lyon-Turin est donc d’environ 271 km, dont un peu plus des deux tiers en France.

Les promoteurs estiment que l’exploitation du corridor Lyon-Turin avec la nouvelle ligne permettra d’obtenir une capacité de trafic fret d’environ 40 millions de tonnes de marchandises à l’horizon 2035. Ils considèrent également que la nouvelle liaison permettra de réduire considérablement les temps de parcours entre de grandes métropoles européennes, de freiner le report du trafic de fret nord-alpin vers la liaison routière par Vintimille, tout en favorisant le développement du trafic régional sur la ligne existante.

Le 23 septembre 2019 a été une journée clé pour le projet Lyon-Turin avec le percement, entre Saint-Martin-la-Porte et La Praz en Savoie des derniers mètres des neuf premiers kilomètres du tunnel de 57,5 km au total. De nombreux élus aveint été conviés pour l’occasion, dont le secrétaire d’Etat en charge des transports. Il a fallu trois ans de travail et la collaboration de 450 ouvriers français et italiens pour construire cette première étape du tunnel, mais il reste beaucoup à faire. Les premiers trains ne circuleront pas avant 2030 !

Source : France Bleu Savoie.

Source : La Transalpine