L’Arctique toujours plus chaud // A warmer and warmer Arctic

Selon un rapport de l’ONU intitulé “Global Linkages – a graphic look at the changing Arctic” publié le 13 mars 2019, même si l’accord de Paris est respecté, les températures en Arctique augmenteront entre 3 et 5 degrés par rapport à celles enregistrées entre 1986 et 2005, avec des conséquences désastreuses pour la planète. Elles devraient même atteindre 5 à 9 degrés de plus dans cette région du globe d’ici 2080.

La hausse aura lieu même si l’accord de Paris, qui prévoit de limiter le réchauffement climatique à deux degrés d’ici 2100, est respecté. Si toutes les émissions de gaz à effet de serre étaient stoppées du jour au lendemain, cela ne suffirait pas: les températures en hiver augmenteraient de 4 à 5 degrés par rapport au niveau enregistré à la fin du 20ème siècle. Cette augmentation sera causée par les gaz à effet de serre déjà émis dans l’atmosphère et la chaleur stockée dans les océans. Cette prévision de l’ONU rejoint les propos du docteur Jean-Louis Etienne avec lequel j’avais bordé ce sujet il y a quelque temps.

L’Arctique et ses habitants subissent déjà les conséquences du réchauffement climatique. On sait que d’ici trente ans, quatre millions de personnes et 70% des infrastructures de la région pourraient être menacées par la fonte du permafrost, qui devrait diminuer d’au moins 45% par rapport à aujourd’hui. (voir mes notes concernant la fonte du permafrost et ses effets sur les régions arctiques)

À l’échelle mondiale, le permafrost – aussi appelé pergélisol – contient environ 1672 milliards de tonnes de carbone. Un dégel accru favorisera de manière significative la libération des émissions de dioxyde de carbone et de méthane. Le réchauffement ainsi induit entraînera à son tour davantage de dégel dans une sorte de spirale infernale. Le rapport de l’ONU indique que ce changement climatique accéléré pourrait irrémédiablement éloigner l’objectif de 2 degrés de l’Accord de Paris..

Une autre conséquence de la hausse de la température en Arctique concerne la montée des mers et des océans. On pense que la fonte des glaces du Groenland et des glaciers de l’Arctique contribuera à un tiers de l’augmentation du niveau des océans.

Par ailleurs, en imaginant que le taux de CO2 émis reste le même qu’actuellement, il est facile de conclure que l’Océan Arctique sera probablement libéré des glaces en été dès 2030. Ses eaux seront également plus acides, avec un impact significatif sur la biodiversité. En effet, plus l’eau est acide, plus les coraux, les mollusques et le plancton doivent utiliser de l’énergie pour construire leurs coquilles et leurs squelettes.

Le rapport préconise une réduction significative et à court terme des émissions de gaz à effet de serre, de carbone noir et d’autres soi-disant polluants climatiques de courte durée dans le monde entier.

Source : ONU.

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According to a UN report entitled « Global Linkages – a graphic look at the changing Arctic » published on March 13th, 2019, even if the Paris agreement is respected, temperatures in the Arctic will increase between 3 and 5 degrees compared to those recorded between 1986 and 2005, with disastrous consequences for the planet. They might even reach an increase by 5 to 9 degrees in that region of the globe by 2080.
The rise will take place even if the Paris agreement, which plans to limit global warming to two degrees by 2100, is respected. If all greenhouse gas emissions were halted overnight, that would not be enough: winter temperatures would increase by 4 to 5 degrees from the level recorded at the end of the 20th century. This increase will be caused by greenhouse gases already emitted into the atmosphere and heat stored in the oceans. This prediction of the UN confirms the words of Dr. Jean-Louis Etienne with whom I tackled this topic some time ago.
The Arctic and its inhabitants are already suffering from the consequences of global warming. We know that in the next 30 years, four million people and 70% of the region’s infrastructure could be threatened by the melting of permafrost, which is expected to decrease by at least 45% compared to today. (see my notes about the melting of permafrost and its effects on Arctic regions)
Worldwide, the permafrost contains about 1672 billion tonnes of carbon. An increased thaw will significantly enhance the release of carbon dioxide and methane emissions. The warming thus induced will in turn lead to more thawing in a kind of infernal spiral. The UN report says this accelerated climate change could irremediably move the 2-degree goal away from the Paris Agreement.
Another consequence of the rising temperature in the Arctic is the rise of seas and oceans. Greenland ice melt and Arctic glaciers are thought to contribute one-third of the increase in sea levels.
Moreover, imagining that the emitted CO2 remains the same as it is currently, it is easy to conclude that the Arctic Ocean will probably be free of ice in summer by 2030. Its waters will also be more acidic, with a significant impact on the biodiversity. Indeed, the more acidic the water, the more corals, molluscs and plankton must use energy to build their shells and skeletons.
The report calls for a significant and short-term reduction of greenhouse gas emissions, black carbon and other so-called short-lived climate pollutants worldwide.
Source: United Nations.

Etendue du permafrost dans l’Arctique (Source: NASA)

La fonte des glaciers himalayens et ses dangers // The melting of Himalayan glaciers and its dangers

Dans mon dernier livre «Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique», j’attire l’attention sur le risque de la fonte des glaciers de l’Himalaya et les dangers pour les populations. J’aurai également l’occasion d’aborder ce sujet au cours de la conférence que je proposerai demain 8 février à 18h30 à la Médiathèque de Verneuil sur Vienne.

Selon une étude menée par l’International Centre for Integrated Moutain Development – Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) – et publiée début février, les deux tiers des glaciers de l’Himalaya, le «troisième pôle glaciaire» du monde, pourraient fondre d’ici 2100 si les émissions mondiales ne sont pas réduites. L’étude est le résultat de cinq années de travail par 350 chercheurs et experts. Les scientifiques y expliquent que même si l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris consistant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C est atteint, un tiers des glaciers disparaîtront.
La région montagneuse de Hindou-Kouch-Himalaya (HKH), qui s’étire sur plus de 3 500 kilomètres de l’Afghanistan à la Birmanie, comprend des glaciers qui constituent une source d’approvisionnement en eau essentielle pour quelque 250 millions de personnes dans les montagnes ainsi que pour 1,65 milliard d’autres dans les vallées fluviales en aval. .
Les glaciers alimentent 10 des réseaux hydrographiques les plus importants du monde, notamment le Gange, l’Indus, le Fleuve Jaune, le Mékong et l’Irrawaddy, et approvisionnent directement ou indirectement des milliards de personnes en nourriture, en énergie et en revenus.
Les effets de la fonte des glaciers sur les populations vont de l’aggravation de la pollution de l’air aux phénomènes météorologiques extrêmes, tandis que la baisse des débits des rivières d’avant la mousson déstabilise les systèmes d’approvisionnement en eau urbains ainsi que la production alimentaire et énergétique. Selon l’ICIMOD, «le réchauffement climatique est en passe de transformer en un peu moins d’un siècle les sommets recouverts de glace de huit pays en rochers nus».
L’objectif central de l’Accord de Paris de 2015 était de maintenir au cours de ce siècle la hausse globale de température bien au-dessous de deux degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, et de poursuivre les efforts visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degrés Celsius.
En décembre, les participants à la COP24 en Pologne se sont mis d’accord sur la mise en œuvre de l’accord, avec engagement à limiter la hausse de la température mondiale bien en dessous de deux degrés Celsius. Toutefois, les principaux pollueurs, notamment les États-Unis et l’Arabie saoudite, ont contesté un rapport scientifique publié en octobre dans lequel il était demandé aux pays de réduire de moitié l’utilisation de combustibles fossiles en un peu plus d’une décennie.
La nouvelle étude de l’ICIMOD indique que même si l’objectif de 1,5°C est atteint, cela signifiera une augmentation de 2,1°C dans la région de l’Himalaya. Si les émissions ne sont pas réduites, la hausse sera de cinq degrés. Les glaciers de l’Himalaya, formés il y a environ 70 millions d’années, sont extrêmement sensibles aux variations de température. Depuis les années 1970, ils ont perdu de l’épaisseur et ont reculé, et les zones recouvertes de neige ont diminué. Comme je l’explique dans mon livre, la zone d’accumulation des glaciers des Alpes et de l’Himalaya est à peu près identique, autour de 3000 mètres d’altitude, mais les glaciers des Alpes disparaîtront plus tôt car les sommets les plus hauts ne dépassent guère 4 000 mètres, alors qu’ils dépassent souvent plus de 7 000 mètres dans l’Himalaya.
En même temps que les glaciers reculent, des centaines de lacs glaciaires risquent de rompre les fragiles moraines qui les retiennent et déclencher des inondations. Les données satellitaires montrent que le nombre de lacs de ce type dans la région est passé de 3 350 en 1990 à 4 260 en 10 ans.
La pollution atmosphérique provenant des plaines de l’Indus et du Gange – l’une des régions les plus polluées au monde – dépose également du carbone noir et de la poussière sur les glaciers, ce qui accélère leur fonte et modifie la circulation de la mousson.
Selon les estimations du rapport, la région aura besoin de 4,6 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour s’adapter au changement climatique, et cette somme pourrait atteindre 7,8 milliards de dollars par an d’ici 2050.
Source: ICIMOD.

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In my new book “Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique”, I draw attention to the risk of glacier melting in the Himalayas and the dangers to the populations.

According to a study led by the International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD) and published in early February, two-thirds of Himalayan glaciers, the world’s ‘Third Pole’, could melt by 2100 if global emissions are not reduced. The study is the result of five years of work by 350 researchers and experts. The scientists explain that even if the most ambitious Paris Agreement goal of limiting global warming to 1.5 degrees Celsius is achieved, one-third of the glaciers will go.

Stretching over 3 500 kilometres from Afghanistan to Burma, the mountainous region of Hindu-Kush-Himalaya (HKH) includes glaciers that are a critical water source for some 250 million people in the mountains as well as to 1.65 billion others in the river valleys below.

The glaciers feed 10 of the world’s most important river systems, including the Ganges, Indus, Yellow, Mekong and Irrawaddy, and directly or indirectly supply billions of people with food, energy, clean air and income.

Impacts on people from their melting will range from worsened air pollution to more extreme weather, while lower pre-monsoon river flows will throw urban water systems and food and energy production off-kilter. According to ICIMOD, “global warming is on track to turn the frigid, glacier-covered mountain peaks across eight countries into bare rocks in a little less than a century.”

The 2015 Paris Agreement’s central aim was to keep a global temperature rise this century well below two degrees Celsius above pre-industrial levels and to pursue efforts to limit the temperature increase even further to 1.5 degrees Celsius.

In December, world leaders COP24 in Poland agreed on a common rule book to implement the accord, in which countries committed to limiting global temperature rises to well below two degrees Celsius. However, major polluters, including the United States and Saudi Arabia, disputed a landmark scientific report released in October that suggested nations must slash fossil fuel use by nearly half in a little over a decade.

The new ICIMOD study says that even if the 1.5-degrees target is achieved, it would mean a rise of 2.1 degrees in the Himalayas region. If emissions are not reduced, the rise would be five degrees. The Himalayan glaciers, formed some 70 million years ago, are highly sensitive to changing temperatures. Since the 1970s, they have thinned and retreated, and areas covered by snow and snowfall have decreased. As I explain in my book, the accumulation zone for glaciers in the Alps and the Himalayas is roughly the same, about 3000 metres a.s.l., but glaciers in the Alps will disappear sooner because the highest peaks are only about 4,000 metres high whereas in the Himalayas they are often more than 7,000 metres high

As the glaciers shrink, hundreds of dangerous glacial lakes maintained by fragile moraines can burst and unleash floods. Satellite data shows that numbers of such lakes in the region grew to 4,260 in a decade from 3,350 in 1990.

Air pollution from the Indo-Gangetic Plains – one of the world’s most polluted regions – also deposits black carbon and dust on the glaciers, hastening melting and changing monsoon circulation.

The region would require up to $4.6 billion per year by 2030 to adapt to climate change, rising to as much as $7.8 billion per year by 2050, according to an estimate in the report.

Source : International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD).

Carte reconstituée montrant l’Hindou Kouch – au premier plan – et le Pamir (Source : NASA)

 

Menace d’irréversibilité de fonte des glaces polaires // Threat of an irreversibility of the melting of polar ice

C’est toujours la même rengaine, mais il est utile de la répéter. Il est admis par tous les scientifiques que les calottes glaciaires arctique et antarctique risquent de fondre dans leur totalité si nous continuons à envoyer des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Selon une étude récente publiée dans la revue Nature Climate Change, même la légère hausse de température convenue dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015 pourrait voir les calottes glaciaires fondre suffisamment au cours de ce siècle pour que le phénomène soit « irréversible. » La COP 21 a préconisé une élévation de la température « bien en dessous de » deux degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels et, si possible, à moins de 1,5°C. Cet objectif de réchauffement de 1,5 à 2°C d’ici à 2100 constitue le scénario le plus optimiste pour les scientifiques si l’on se réfère à notre consommation de ressources naturelles et à la combustion de combustibles fossiles. Pour y parvenir, il faudrait modifier radicalement notre mode de vie et de consommation. À titre de comparaison, si nous continuons à émettre des gaz à effet de serre au rythme actuel, la température de notre planète augmentera de 4°C.
Les scientifiques savent depuis des décennies que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique se réduisent, mais ils pensaient qu’elles pourraient survivre à une hausse de température de 1,5 à 2°C et rester relativement intactes. Cependant, selon la nouvelle étude, un réchauffement même modéré de la planète pourrait avoir des effets irréversibles sur la glace polaire et contribuer à une élévation catastrophique du niveau de la mer.
Les chercheurs qui ont effectué l’étude ont analysé les données relatives à la hausse annuelle de la température, à la couverture des calottes glaciaires et aux niveaux de fonte connus. Ils ont découvert que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique atteindraient un « point de non retour » avec une élévation de température autour de 2°C.
On sait depuis longtemps que la glace du Groenland et de l’Antarctique contient suffisamment d’eau pour faire d’élever le niveau de la mer de plusieurs mètres. La calotte glaciaire du Groenland à elle seule a contribué à hauteur de 0,7 millimètre à l’augmentation du niveau de la mer chaque année depuis le milieu des années 90. Qui plus est, les pôles se réchauffent plus rapidement que les autres régions de la planète et le Groenland à lui seul a connu une hausse de 5°C en hiver et de 2°C en été depuis cette époque.
Bien que les scientifiques prédisent qu’il faudra des siècles avant que les pôles fondent totalement, même en cas d’énormes augmentations de la température mondiale, la dernière étude constitue un motif supplémentaire de préoccupation et montre la nécessité de prendre des mesures de prévention.

De nombreux modèles du scénario de 1,5-2°C prévoient que ce seuil sera franchi à court terme, avec un possible réchauffement de la planète de plusieurs degrés, avant l’utilisation du captage du carbone et d’autres technologies pour stabiliser les températures en 2100. L’étude met en garde contre une telle approche et indique qu’une boucle de rétroaction déclenchée par des températures plus élevées « conduirait à une fonte de l’ensemble la calotte glaciaire dans le monde », même si cette hausse de température était ensuite compensée.
Pour le Groenland, l’équipe de chercheurs a déclaré avec une certitude de 95% que la fonte accélérée de la calotte glaciaire se produirait avec un réchauffement de 1,8°C. Pour le Groenland et l’Antarctique, il existe des points de non-retour connus pour les niveaux de réchauffement qui pourraient être atteints avant la fin du siècle.
Source: Nature Climate Change.

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It is the same story all over again, but it is useful to repeat it. It has been admitted by all scientists that the Arctic and Antarctic icecaps are in danger of melting completely if we keep sending greenhouse gases in the atmosphere.

According to a recent study published in the journal Nature Climate Change, even modest temperature rises agreed under the 2015 Paris Agreement could see the ice caps melt enough this century for their loss to be « irreversible. » The COP 21 limits nations to temperature rises « well below » two degrees Celsius above pre-industrial levels and to less than 1.5°C if at all possible. That goal of getting 1.5-2C hotter by 2100 is scientists’ best-case-scenario based on our consumption of natural resources and burning of fossil fuels, and will require radical, global lifestyle changes to achieve.

For comparison, if we continue to emit greenhouse gases at the current rate, the Earth’s temperatures will rise by as much as 4°C.

Scientists have known for decades that the ice sheets of Greenland and Antarctica are shrinking, but it had been assumed that they would survive a 1.5-2°C temperature rise relatively intact. However, according to the new analysis, even modest global warming could cause irreversible damage to the polar ice, contributing to catastrophic sea level rises.

The researchers who performed the study analysed data on annual temperature rises, ice sheet coverage and known melt levels and found that both Greenland and Antarctic ice sheets would reach a « tipping point » at around 2°C.

It is well known that the ice contained in Greenland and Antarctica contain enough frozen water to lift global sea levels several metres. The Greenland ice sheet alone has contributed 0.7 millimetres to global sea level rises every year since the mid-1990s. What is more, the poles are warming faster than anywhere else on Earth, with Greenland alone 5°C warmer in winter and 2°C in summer since then.

Although scientists predict it would take hundreds of years for them to melt even with huge global temperature increases, the latest study provides further cause for concern with mankind’s only realistic plan to avert runaway warming.

Many models of the 1.5-2°C scenario allow for the threshold to be breached in the short term, potentially heating the planet several degrees higher, before using carbon capture and other technologies to bring temperatures back into line by 2100. The study warns against this approach, however, saying that a feedback loop set off by higher temperatures would « lead to self-sustained melting of the entire ice sheet » even if those rises were later offset.

For Greenland, the team said with 95 percent certainty that major ice sheet decline would occur at 1.8°C worth of warming. For both Greenland and Antarctica, tipping points are known to exist for warming levels that could be reached before the end of this century.

Source: Nature Climate Change.

Vue de la calotte glaciaire du Groenland (Photo: C. Grandpey)

Les émissions de CO2 atteignent des sommets // CO2 emissions at the highest

La nouvelle est tombée alors que je rédigeais l’article sur la COP 24 et la production de charbon dans le monde. Selon un bilan annuel publié en marge de la Conférence sur le climat, les émissions de CO2 ont connu en 2018 une hausse inédite depuis sept ans. Elles devraient croître de 2,7% par rapport à 2017, après une hausse de 1,6% l’an dernier ayant suivi trois ans quasiment stables. Il faut remonter à 2011 et la sortie de la crise financière de 2008 pour trouver un taux encore pire.

Cela signifie que l’on est loin de la trajectoire de 1,5°C ou même 2°C de réchauffement de la planète préconisée par l’Accord de Paris en 2015.

La hausse de cette année s’explique notamment par une hausse rapide des émissions de CO2 en Chine (+4,7%), premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. Comme je l’ai écrit dans ma note précédente, les efforts avaient pourtant permis des résultats encourageants les années précédentes.

Deuxième pays émetteur, les États-Unis en sont à +2,5% d’émissions en 2018.

L’Inde se situe à +6,5%.

Les émissions européennes en revanche reculent (-0,7%), avec des disparités nationales.

Côté pétrole, on pensait que le pic de consommation avait été atteint. Il n’en est rien, du fait des transports. En effet, le nombre de véhicules croît de 4% par an, dont une faible part d’électriques. Et le recours au carburant utilisé par l’aviation commerciale a bondi de 27% en 10 ans.

Au total les émissions de CO2 fossile devraient atteindre un record de 37,1 Gt en 2018. Soit les 3/4 des gaz à effet de serre. Auxquels s’ajoutent 5 Gt liées à la déforestation.

Les Etats sont réunis jusqu’au 14 décembre à Katowice pour la COP24. La conférence a jusqu’ici été l’occasion d’appels répétés de l’ONU et des pays les plus vulnérables à accélérer la réduction des émissions, mais il y a eu peu d’engagements fermes.

Source : Médias français.

A mes yeux, ces révélations de l’ONU en matière de CO2 ne sont absolument pas une surprise. Je suis régulièrement l’évolution de la Courbe de Keeling, tracée au vu des concentrations de CO2 sur le Mauna Loa à Hawaii. Cette courbe ne cesse de se diriger vers le haut et les concentrations sont en ce moment supérieures à 409 ppm, ce qui est considérable. A titre de comparaison, elles étaient de 405,8 ppm en décembre 2017.

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The piece of news came while I was writing the post on COP 24 and coal production around the world. According to an annual report published on the sidelines of the Climate Conference, CO2 emissions in 2018 have been unprecedented for seven years. They are likely to grow by 2.7% compared to 2017, after a rise of 1.6% last year after three years that were almost stable. We must go back to 2011 and the end of the 2008 financial crisis to find worse figures

This means that we are far from the 1.5°C or even 2°C global warming trajectory recommended by the Paris Agreement in 2015.
The increase this year can be explained by a rapid rise in CO2 emissions in China (+ 4.7%), the world’s largest emitter of greenhouse gases. As I wrote in my previous post, the country’s efforts had yielded encouraging results in previous years.
The second largest emitting country, the United States is + 2.5% in terms of emissions in 2018.
India is + 6.5%.
European emissions, on the other hand, are declining (-0.7%), with national disparities.
On the oil side, it was thought that the peak of consumption had been reached. It is not so because of transport. Indeed, the number of vehicles is growing by 4% per year, of which a small part is electric. And the volume of fuel used by commercial aviation has jumped 27% in 10 years.
In total, fossil CO2 emissions are expected to reach a record 37.1 Gt in 2018. That is three quarters of greenhouse gases. To which are added 5 Gt linked to deforestation.
States are meeting until December 14th in Katowice for COP24. The conference has so far seen repeated calls from the UN and the most vulnerable countries to accelerate emissions reductions, but there have been few firm commitments.
Source: French news media.
As far as I am concerned, these UN revelations about CO2 emissions are not at all a surprise. I am regularly controlling the Keeling Curve, drawn in view of the CO2 concentrations on Mauna Loa Volcano in Hawaii. This curve has never stopped moving upwards and concentrations are currently above 409 ppm, which is considerable. For comparison, they were 405.8 ppm in December 2017.

La COP 24 : Un espoir pour la planète ? Pas sûr ! // COP 24 : A hope for the planet ? Not so sure!

La COP (Conference Of the Parties) 24 s’ouvre aujourd’hui, 2 décembre 2018, à Katowice, au sud de la Pologne, au cœur du bassin charbonnier de la Silésie. Elle a pour objectif d’adopter les directives d’application de l’Accord de Paris signé le 12 décembre 2015 à l’issue de la COP21. Elle sera présidée par le vice-ministre polonais de l’Energie et 190 États seront représentés.

Ce choix de la Pologne pour accueillir la COP 24 fait quelque peu sourire quand on sait que le pays tire actuellement 80% de son électricité du charbon dans des centrales thermiques obsolètes qui, pour bon nombre d’entre elles, devront fermer dans les dix ans à venir. La première centrale nucléaire de Pologne devrait entrer en service après 2030 et le pays espère réduire la part du charbon dans sa production d’électricité. La Pologne, qui émettait déjà 7,63 tonnes annuelles de CO2 par habitant en 2016 – d’après l’Agence internationale de l’énergie – contre 4,38 tonnes pour la France, passe pour le plus mauvais élève de l’Europe en la matière.

En théorie, la COP24 doit aboutir à la rédaction d’une feuille de route pour que chaque État puisse appliquer l’Accord de Paris concrètement. Ce dernier vise à limiter d’ici à 2100 le réchauffement climatique à 2°C maximum, et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C ». L’Accord prévoit aussi une aide annuelle de 100 milliards de dollars d’ici à 2020 pour aider les pays pauvres à atteindre ces objectifs. La France a autorisé la ratification de l’Accord le 15 juin 2016. Les États-Unis se sont, depuis, retirés. Les pays doivent s’engager à intensifier leurs efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Selon le GIEC dont les prédictions sont probablement en dessous de la vérité, la situation actuelle conduirait à une hausse de la température moyenne mondiale de plus de 3°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Au début du paragraphe précédent, j’ai écrit « en théorie » car l’Accord e Paris a pris du plomb dans l’aile depuis sa signature. Le 1er juin 2017, le président américain Donald Trump annonçait le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris. C’est un coup très dur car les Etats-Unis sont le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre au monde, après la Chine. Outre les États-Unis, l’Australie et le Brésil ont fait savoir qu’ils limiteraient au maximum leurs engagements. L’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil ne va pas arranger les choses.   .

Premier émetteur de gaz à effet de serre au monde, la Chine a fait de gros efforts pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre. C’est d’ailleurs le premier investisseur mondial en énergie propre. Il est cependant difficile de prédire le rôle que le pays jouera lors de la COP 24. En effet, malgré leurs belles promesses, les Chinois ont repris la construction de nouvelles centrales thermiques, et ils financent, via des programmes d’investissement, la construction de centrales à charbon au Pakistan, en Egypte et dans les Balkans.

Vous l’aurez compris, je ne me fais guère d’illusions sur l’issue de la COP 24. On va nous faire de belles déclarations mais les intérêts économiques continueront à prévaloir. Le dérèglement climatique se poursuivra, avec son lot de phénomènes extrêmes de plus en plus nombreux, la fonte des glaciers et de la banquise. L’image qi illustre la couverture de mon dernier livre « Glaciers en péril » représente le Columbia Glacier en Alaska. Au cours des 30 dernières années, le glacier a reculé de plus de 20 km. Dans le même temps, il a perdu la moitié de son épaisseur et de son volume. Mais l’Alaska, c’est loin de la France et tout le monde s’en moque !

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COP (Conference of the Parties) 24 opens today, December 2nd, 2018, in Katowice, in southern Poland, in the heart of the coal basin of Silesia. It aims to adopt the implementing directives of the Paris Agreement signed on December 12th, 2015 at the end of COP21. It will be chaired by Poland’s Deputy Minister of Energy and 190 states will be represented.
This choice of Poland to host COP 24 makes me smile when we know that the country currently derives 80% of its electricity from coal in outdated thermal power plants, which, for many of them, will have to close in the ten years to come. Poland’s first nuclear power plant is expected to be operational after 2030 and the country hopes to reduce the share of coal in its power generation. Poland, which already emitted 7.63 tonnes of CO2 per capita in 2016 according to the International Energy Agency (compared to 4.38 tonnes for France), is considered the worst pupil in Europe.
In theory, COP24 should lead to the drafting of a road map for each State to implement the Paris Agreement in a concrete manner. This agreement aims to limit global warming to 2°C maximum by 2100, and « continue efforts to limit the rise in temperatures to 1.5°C. » The agreement also provides annual assistance of $ 100 billion by 2020 to help poor countries achieve these goals. France authorized its ratification on June 15th, 2016 but the United States has since withdrawn from the Paris Agreement. Countries must commit to stepping up efforts to reduce greenhouse gas emissions. According to the IPCC, whose predictions are probably optimistic, the current situation would lead to an increase in global average temperature of more than 3°C compared to the pre-industrial era.
At the beginning of the preceding paragraph, I wrote « in theory » because the Paris Agreement has been losing its lustre since its signature. On June 1st, 2017, US President Donald Trump announced the withdrawal of the United States from the Paris Agreement. This is a very severe blow because the United States is the second largest emitter of greenhouse gases in the world, after China. In addition to the United States, Australia and Brazil indicated that they would limit their commitments as much as possible. The election of Jair Bolsonaro at the head of Brazil is not going to improve the situation. .
As the world’s largest greenhouse gas emitter, China has made significant efforts to limit its greenhouse gas emissions. It is also the world’s leading investor in clean energy. However, it is difficult to predict the role that the country will play during COP 24. Despite their good promises, the Chinese have resumed the construction of new thermal power plants, and they finance, through investment programs, the construction of coal plants in Pakistan, Egypt and the Balkans.

As you will have understood, I have no illusions about the outcome of COP 24. There will be nice discourses but economic interests will continue to prevail. Climate change will continue, with its increasing extreme phenomena, melting glaciers and sea ice. The photo that illustrates the cover of my latest book « Glaciers at Risk » represents the Columbia Glacier in Alaska. Over the past 30 years, the glacier has retreated more than 20 km. At the same time, it lost half of its thickness and volume. But Alaska is far from France and everyone does not care!

Toutes les informations pour se procurer le livre sont ici:

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2018/11/30/nouveau-livre/

Un avenir climatique inquiétant // A disturbing climate future

Comme viennent de le montrer les derniers rapports sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, les gouvernements auront bien du mal à respecter les conclusions de la COP 21. Il est fort à parier que les températures vont continuer à grimper dans les prochaines années, avec toutes les conséquences que cela suppose. Les scientifiques nous auront prévenus mais, comme le disait fort justement Nicolas Hulot, tout le monde s’en fiche. Pourtant, l’addition risque d’être salée.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Climate Change le lundi 19 novembre 2018, les catastrophes climatiques (inondations, pluies torrentielles ou encore montée des eaux)  ne vont pas seulement augmenter dans le futur, mais qu’elles risquent de frapper simultanément au même endroit.

La Californie brûle, connaît une période d’intense sécheresse et de fortes chaleurs. Ce cumul d’événements climatiques extrêmes qui frappent l’État américain constitue encore un phénomène rare. Selon la dernière étude, au rythme actuel du réchauffement climatique, ces événements destructeurs concomitants sont appelés à se multiplier et à toucher un nombre croissant de personnes.

Une équipe pluridisciplinaire de scientifiques a établi que la moitié de la population mondiale risquait de subir entre trois et six catastrophes climatiques majeures en même temps en 2100, si rien n’est fait pour ralentir les émissions de gaz à effet de serre. L’étude retient dix aléas climatiques – sécheresse, précipitations intenses, incendies, montée du niveau des eaux, entre autres – dont la science peut prévoir avec une relative assurance l’évolution d’ici la fin du siècle. Les chercheurs présentent des exemples très concrets. Dans un monde où la pollution continuerait au rythme actuel, la région de New York risquerait de souffrir, en même temps, des effets de la montée des eaux, de pluies intenses, d’ouragans ainsi que de sécheresse. L’Ile-de-France serait frappée de sécheresse, de manque d’eau potable et de canicule.

Les zones qui risquent de payer le tribut le plus lourd à la multiplication d’événements climatiques extrêmes en série sont les régions côtières et tropicales. Ce sont aussi elles qui connaissent les hausses de populations parmi les plus importantes au monde.

L’originalité de ce travail scientifique réside dans le fait qu’il met en lumière l’exposition de chaque région à des risques climatiques croisés, alors que les études scientifiques se concentraient généralement jusqu’à présent sur un seul phénomène. Les autorités se préparaient à une éventuelle catastrophe en regardant ce qui s’est déjà passé, mais l’étude démontre que le réchauffement climatique doit pousser les responsables à anticiper également de nouveaux scénarios climatiques dans lesquels leur région serait frappée par plusieurs catastrophes simultanées.

Source : Nature Climate Change.

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As the latest reports on CO2 concentrations in the atmosphere have just shown, governments will have a hard time complying with the conclusions of COP 21. It is likely that temperatures will continue to rise in the coming years, with all the consequences that implies. Scientists have warned us but, as Nicolas Hulot quite rightly said, everyone does not care. However, the consequences will be severe.
According to a new study published in the journal Nature Climate Change on Monday, November 19th, 2018, climate disasters (floods, torrential rains or rising water) will not only increase in the future, but they may hit simultaneously in the same place.
California is burning, experiencing a period of intense drought and heat. This accumulation of extreme weather events that hit the State is still a rare phenomenon. According to the latest study, at the current rate of global warming, these concomitant destructive events are expected to multiply and reach an increasing number of people.
A multidisciplinary team of scientists has established that half of the world’s population is likely to experience between three and six major climate disasters at the same time in 2100, if nothing is done to slow down greenhouse gas emissions. The study retains ten climatic hazards – drought, intense rainfall, wildfires, rising water levels, among others – whose evolution science can predict with relative assurance until the end of the century. The researchers present very concrete examples. In a world where pollution continues at the current rate, the New York region could suffer the effects of rising water levels, intense rains, hurricanes and drought at the same time. The Ile-de-France (Paris area) would be hit by drought, lack of drinking water and heatwaves.
The areas that are likely to pay the heaviest toll for the proliferation of extreme climate events in series are coastal and tropical regions. They are also the ones experiencing some of the largest population increases in the world.
The originality of this scientific work lies in the fact that it highlights the exposure of each region to cross-climatic risks, whereas scientific studies have so far focused on a single phenomenon. The authorities were preparing for one possible disaster by looking at what had already happened, but the study shows that global warming must push authorities to also anticipate new climate scenarios in which their region would be hit by several simultaneous disasters.
Source: Nature Climate Change.

Graphique montrant l’évolution des émissions de CO2 depuis l’an 2000. Il faut faire la distinction entre les émissions qui représentent ce qui entre dans l’atmosphère en raison des activités humaines, et la concentration qui indique ce qui reste dans l’atmosphère au terme des interactions entre l’air, la biosphère et les océans. (Source : Faith Birol/AIE.- global-climat)

Températures : Octobre 2018 en deuxième position // October 2018 comes second

Selon les dernières estimations de la NASA, le mois d’octobre 2018 a été le deuxième plus chaud depuis le début des relevés effectués par l’Administration en 1880.

Avec 0,99°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en octobre 2018 est en nette hausse par rapport à septembre où elle était de 0,74°C. Seul le mois d’octobre 2015 marqué par l’émergence d’un super El Niño est devant. Pour l’année en cours (entre janvier et octobre), 2018 est à 0,82°C

Les cinq mois d’octobre les plus chauds depuis 1880 ont tous été observés ces cinq dernières années. Sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de 0,09°C par décennie. Depuis 1998, on note une accélération de 0,26°C par décennie. On peut voir ci-dessous la tendance de long terme au réchauffement sur 10 ans, avec un lissage qui apparaît à travers la courbe rouge.

Selon la NASA, la température globale devrait continuer à augmenter dans les mois à venir, surtout à partir de la fin d’année, avec la montée en puissance des effets d’El Niño, trois ans après le précédent événement. Les températures de surface de la mer sont  en train de remonter dans l’océan Pacifique central et oriental. Le record de 2016 a été favorisé par El Niño avec un soutien également du soleil (1 à 2 ans après le maximum solaire). A l’inverse, 2019 sera marquée par un minimum solaire.

Des anomalies régionales extrêmes ont été observées dans l’hémisphère nord en octobre 2018, notamment en Arctique et en Sibérie avec +6 à 8°C, alors que la NASA relève -2 à -3°C en Amérique du Nord. La cause est une anomalie atmosphérique transportant de l’air chaud dans une orientation nord-est sur l’Asie et un air arctique descendant sur l’Amérique du Nord. L’anomalie pour l’hémisphère nord a été de 1,21°C en octobre, juste derrière le record de 2015 (1,25°C). A la surface des terres, octobre 2018 est au même niveau que 2015.

Par rapport à la période 1880-1899, l’anomalie a été de 1,16°C en octobre 2018. Lors de la COP21 de Paris, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible. Ce dernier niveau avait été dépassé en février 2016 avec 1,6°C.

Source : NASA, global-climat.

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Ici, c’est Limoges!

Selon les services météo, depuis le mois de janvier, 2018 est l’année la plus chaude des 46 dernières années en Limousin. Le soleil a régné en maître tout au long du mois, ou presque, profitant de la présence d’un puissant anticyclone au-dessus du pays. Au total, il a brillé 50 heures de plus que la moyenne habituelle, soit presque 40 % d’excédent. Ce nouveau record fait d’octobre 2018 le plus ensoleillé depuis 1991, année des premières mesures à Limoges. La situation dans le département de la Haute Vienne est très homogène, avec à peine quelques dizaines de minutes d’ensoleillement d’écart entre les différents centres de mesures.

Avec autant d‘ensoleillement, les précipitations du mois d’octobre ont été faibles et la sécheresse s’est installée en Limousin. Avec 118 mm en moyenne, le déficit atteint 50 % dans le sud et l’ouest du département, et jusqu’à 70 % à Limoges. Il a non seulement très peu plu en octobre, à peine le tiers des précipitations habituelles, mais la situation dure depuis des mois.

Côté thermomètre, les températures ont été très supérieures à la normale pendant les deux premières décades, jusqu’à +5°C. La journée la plus chaude a été le 12 octobre, lors de laquelle on a frisé les records avec, par exemple, 28°C à Limoges-ville.
De manière globale, sur la période entre janvier et fin octobre, 2018 est l’année la plus chaude qu’on ait connue à Limoges depuis 46 ans, devant 1997 et 2003. Cela représente une température supérieure de 1,5°C à la moyenne habituelle sur cette même période.

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According to NASA’s latest estimates, October 2018 was the second warmest month since records were first taken by the Administration in 1880.
With 0.99°C above the 1951-1980 average, the anomaly recorded in October 2018 is significantly higher than in September when it was 0.74°C. Only the month of October 2015 marked by the emergence of a super El Niño is ahead. For the current year (between January and October), 2018 is at  0.82°C
The five warmest October months since 1880 have all been observed in the last five years. Over the last 100 years, the rate of warming is 0.09°C per decade. Since 1998, there has been an acceleration of 0.26°C per decade. The long-term trend of warming over 10 years can be seen below, with smoothness appearing with the red curve.
According to NASA, the global temperature should continue to increase in the coming months, especially from the end of the year, with the rise of El Niño effects, three years after the previous event. Sea surface temperatures are rising in the central and eastern Pacific Ocean. The 2016 record was favored by El Niño with support also from the sun (1 to 2 years after the solar maximum). Conversely, 2019 will be marked by a solar minimum.
Extreme regional anomalies were observed in the northern hemisphere in October 2018, especially in the Arctic and Siberia with 6 to 8°C, while NASA records -2 to -3 ° C in North America. The cause is an atmospheric anomaly carrying warm air in a northeasterly direction over Asia, and Arctic air descending over North America. The anomaly for the northern hemisphere was 1.21°C in October, just behind the record of 2015 (1.25°C). On land surface, October 2018 is at the same level as 2015.
Compared to the period 1880-1899, the anomaly was 1.16 ° C in October 2018. At the COP21 in Paris, an agreement was reached to contain warming below 2°C, or 1, 5°C if possible. This last level was exceeded in February 2016 with 1.6°C.
Source: NASA, global-climat.

Source: NASA