Quand la chaleur du Sheveluch fait fondre la neige /// When the heat from Sheveluch melts the snow

Dans son dernier rapport quotidien, la Kamchatka Volcanic Eruption Response Team (KVERT) indique que l’activité effusive du Sheveluch (Kamtchatka, Russie) se poursuit, accompagnée d’importantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires révèlent une anomalie thermique sur le volcan.
Le Sheveluch est le volcan actif le plus septentrional du Kamtchatka. Avec le Karymsky, il est le plus actif et celui qui entre le plus fréquemment en éruption dans la région. Il figure aussi parmi les volcans les plus actifs de la planète. Le Sheveluch émet en moyenne 0,015 km³ de magma par an, ce qui provoque de fréquentes et importantes avalanches de lave incandescente et la formation de dômes de lave au sommet.

Crédit photo: KVERT

Le volcan se compose de trois parties : le stratovolcan Vieux Sheveluch – une ancienne caldeira – et le Jeune Sheveluch, volcan actif culminant à environ 2 800 mètres d’altitude. Les émissions de cendres du Sheveluch perturbent fréquemment le trafic aérien entre l’Asie et l’Amérique du Nord.

Vue du dôme de lave du Jeune Sheveluch (Crédit photo : KVERT)

De nouvelles images satellites montrent comment la chaleur en provenance de l’intérieur de l’édifice volcanique fait fondre la neige en surface. Les images prises par le satellite Landsat 9 le 23 avril 2026 montrent des chenaux sombres de cendres et de débris volcaniques qui balafrent les pentes enneigées du Sheveluch.

Vue du dôme de lave du Sheveluch le 23 avril 2026 (Source : NASA)

Le Sheveluch est connu pour son activité quasi constante ; les satellites détectent fréquemment des dépôts de cendres, des signatures thermiques et des avalanches de roches incandescentes sur ses pentes.
Au centre du volcan se trouve un dôme de lave en expansion (Jeune Sheveluch) qui s’est développé ces derniers mois à l’intérieur du cratère en forme de fer à cheval du Vieux Sheveluch. L’effondrement partiel du dôme instable peut déclencher des coulées pyroclastiques qui laissent derrière elles d’épais dépôts qui conservent la chaleur pendant des mois, voire des années après une éruption. Cette chaleur persistante est visible depuis l’espace. Sur les nouvelles images satellites, la neige a fondu le long de plusieurs chenaux d’écoulement, là où de nouveaux dépôts volcaniques se sont répandus sur les pentes du volcan ces derniers mois. Certaines des cicatrices sombres visibles sur les images hébergent probablement la chaleur de la gigantesque éruption du Sheveluch en 2023. Le volcan a alors vomi d’impressionnantes coulées pyroclastiques.

La fonte de la neige et de la glace au sommet d’un volcan actif, provoquée par sa chaleur interne, n’est pas exceptionnelle. Elle n’est pas dangereuse tant que les zones environnantes ne sont pas habitées. En effet, la fonte des neiges et des glaces peut déclencher des lahars dévastateurs. Une telle tragédie s’est produite en 1985 au Nevedo del Ruiz (Colombie), lorsque la chaleur interne du volcan a fait fondre la calotte glaciaire sommitale. Les coulées de boue qui ont suivi ont fait 25 000 victimes, notamment dans la ville d’Armero.

La calotte glaciaire du Nevado del Ruiz vue par satellite (Source : ESA)

Source : GVN, NASA, space.com.

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In its latest daily reports, the Kamchatka Volcanic Eruption Response Team (KVERT) indicates that effusive activity of Sheveluch (Kamchatka / Russia) continues, accompanied by powerful gas-steam emissions. Satellite data show a thermal anomaly on the volcano.

Sheveluch is the northernmost active volcano in Kamchatka. With Karymsky, it is Kamchatka’s largest, most active and most continuously erupting volcano, as well as one of the most active on the planet. Shiveluch erupts an average of 0.015 km3 of magma per year, which causes frequent and large hot avalanches and lava dome formations at the summit. There are three elements of the volcano: the stratovolcano Old Shiveluch, an ancient caldera; and the active Young Shiveluch, with an elevation of about 2,800 meters. Volcanic ash emissions from Sheveluch often disrupt air traffic between Asia and North America.

Fresh satellite images have captured Sheveluch melting snow from the inside out as heat continues to seep through the volcanic edifice. Images captured by the Landsat 9 satellite on April 23, 2026 show dark channels of ash and volcanic debris cutting through the snowy slopes of Sheveluch.

The volcano is known for near-constant activity, with satellites frequently detecting ash deposits, heat signatures and avalanches of hot rock flowing down its slopes.

At the center of the volcano sits a growing lava dome that has been expanding in recent months inside Sheveluch’s horseshoe-shape crater. As parts of the unstable dome collapse, they can trigger fast-moving pyroclastic flows that leave behind thick deposits that can hold heat for months or even years after an eruption. That lingering heat is visible from space. In the new satellite images, snow has melted away along several flow channels where fresh volcanic deposits have spread across the volcano’s slopes in recent months. Some of the dark scars highlighted in the imagery may still contain heat from Shivelyuch’s massive 2023 eruption, which sent huge pyroclastic flows surging across the volcano.

The melting of snow and ice at the summit of an active volcano because of its interior heat is not exceptional. It is not dangerous as long as the areas around ithe volcano are not populated. Indeed, when the snow and ice melt, the phenomenon can trigger dangerous lahars that can be destructive. Such a tragedy occurred in 1985 at Nevedo del Ruiz (Colombia) when the inside heat of the volcano melted the summit icecap. The mudflows that followed killed 25,000 people, especially in the town of Armero.

Source : GVN, NASA, space.com.

La crise de l’eau à Kaboul (Afghanistan) // The water crisis in Kabul (Afghanistan)

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs reprises sur ce blog, le réchauffement climatique, avec la fonte des glaciers, l’élévation du niveau de la mer, les phénomènes extrêmes et les sécheresses à répétition, aura inévitablement de graves conséquences pour les populations. Certaines régions du monde manqueront bientôt d’eau et leurs habitants devront quitter leur lieu de résidence.
En Afghanistan, Kaboul (environ 5 millions d’habitants) se dirige vers une catastrophe. Elle pourrait bientôt devenir la première capitale du monde moderne à ne plus avoir une goutte d’eau. C’est ce qu’explique un récent rapport de Mercy Corps, une organisation non gouvernementale qui prévient que la crise pourrait entraîner un effondrement économique du pays.
La croissance démographique, la crise climatique et leur surexploitation incessante ont épuisé les nappes phréatiques ; près de la moitié des forages de la ville sont déjà à sec. Le directeur de Mercy Corps a déclaré : « C’est à la fois une crise sanitaire, une crise économique et une urgence humanitaire. »

Il y a seulement trente ans, Kaboul comptait moins de deux millions d’habitants, mais la chute des talibans en 2001 a entraîné un afflux de migrants, attirés par la promesse d’une plus grande sécurité et de perspectives économiques. La demande en eau a augmenté parallèlement à la croissance démographique. Kaboul dépend presque entièrement des nappes phréatiques, alimentées par la fonte des neiges et des glaciers des montagnes voisines de l’Hindou Kouch. Le problème est que des années de mauvaise gestion et de surexploitation ont entraîné une baisse de  niveau des nappes, parfois de 30 mètres, au cours de la dernière décennie. Kaboul extrait désormais 44 millions de mètres cubes d’eau souterraine de plus chaque année que ce que la nature peut reconstituer, un déséquilibre qui épuise progressivement les réserves de la ville et les finances de ses habitants.

Certaines familles ont creusé des puits, parfois jusqu’à 120 mètres de profondeur, à la recherche d’eau pour subvenir à leurs besoins. Cette eau est souvent impropre à la consommation, ce qui présente des risques pour la santé. Jusqu’à 80 % des eaux souterraines de Kaboul sont considérées comme polluées, avec des niveaux élevés d’eaux usées, de salinité et d’arsenic. Après avoir dépensé des sommes considérables pour creuser des puits (jusqu’à 550 dollars), les habitants n’ont plus les moyens d’acheter des filtres ou de l’eau purifiée. Ils font donc bouillir l’eau du puits pendant de longues périodes, la laissent refroidir puis la boivent. Jusqu’à 80 % des nappes phréatiques de Kaboul sont contaminées, conséquence de l’utilisation anarchique de latrines sauvages et de la pollution par les déchets industriels. Diarrhées et vomissements sont des problèmes récurrents.
En raison du réchauffement climatique, les montagnes autour de Kaboul reçoivent de plus en plus de pluie, mais de moins en moins de neige. Cela impacte la capitale qui dispose de peu d’infrastructures pour réguler les crues soudaines. Le manque de neige nuit à la recharge des nappes phréatiques.
Si la tendance actuelle se poursuit, l’UNICEF prédit que Kaboul pourrait manquer d’eau souterraine d’ici 2030. Début 2025, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies a annoncé que ses partenaires n’avaient reçu que 8,4 millions de dollars sur les 264 millions nécessaires à la mise en œuvre des programmes d’eau et d’assainissement prévus en Afghanistan. Trois milliards supplémentaires de financements internationaux pour l’eau et l’assainissement ont été gelés depuis le retour au pouvoir des talibans en août 2021. La récente décision des États-Unis de réduire de plus de 80 % leur financement à l’USAID a aggravé la crise.
Les habitants qui n’ont pas les moyens de creuser des centaines de mètres pour trouver de l’eau sont à la merci d’entreprises privées ou doivent compter sur des dons. Pour les familles qui ne peuvent pas se permettre de dépenser beaucoup d’argent pour s’approvisionner en eau, la seule option est de parcourir à pied de longues distances jusqu’aux mosquées qui peuvent fournir de l’eau.
La crise pèse lourdement sur l’avenir des enfants. Le temps qu’ils devraient passer à l’école est désormais consacré essentiellement à aller chercher de l’eau pour leurs familles.
Les femmes sont également victimes de cette crise. Elles sont contraintes de marcher des heures à travers Kaboul pour aller chercher le peu d’eau qu’elles peuvent, risquant leur sécurité sous le régime oppressif des talibans qui leur interdit de sortir sans un mahram, autrement dit un homme pour les accompagner
Source : Mercy Corps, CNN et autres médias.

Kaboul n’est qu’un exemple de ce qui nous attend dans les prochaines décennies si rien n’est fait pour lutter contre le réchauffement climatique. Les plus grandes métropoles d’Asie, d’Europe, d’Amérique et d’Afrique seront inévitablement confrontées au problème de la raréfaction de l’eau potable. Le Rapport mondial 2024 des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, publié par l’UNESCO pour le compte d’ONU-Eau, souligne que les tensions liées à l’eau exacerbent les conflits à l’échelle mondiale. Le rapport explique que, pour préserver la paix, les États doivent renforcer la coopération internationale et les accords transfrontaliers.

 

L’Afghanistan est un pays montagneux enclavé situé sur le plateau iranien, au carrefour de l’Asie centrale et de l’Asie du Sud. Il englobe la majeure partie de l’Hindou Kouch. Le pays compte plusieurs grands fleuves comme l’Amou-Daria. Il possède également de nombreux cours d’eau plus petits, mais tous sont alimentés par les glaciers et les chutes de neige que reçoivent les montagnes environnantes. Les glaciers d’Afghanistan sont concentrés dans l’Hindou Kouch et le Pamir, où environ 3 000 petits glaciers couvrent une superficie d’environ 2 500 km².

Afghanistan is a landlocked, mountainous country located on the Iranian Plateau, at the crossroads of Central and South Asia. It encompasses most of the Hindu Kush. The country has several major rivers, such as the Amu Darya. It also has many smaller streams, but all are fed by glaciers and snowfall from the surrounding mountains. Afghanistan’s glaciers are concentrated in the Hindu Kush and Pamir ranges, where about 3,000 small glaciers cover an area of approximately 2,500 km².

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As I put it several times on this blog, global warming with glacier melt, sea level rise, extreme events and repetitive droughts throughout the world will inevitably have severe consequences for the populations. Some regions of the world will soon miss lack water and people will have to leave the places where they live.

In Afghanistan, Kabul pop. 5,000,000) is inching toward a catastrophe. It could soon become the first modern capital in the world to run completely dry according to a recent report by Mercy Corps, a non-government organization that warns the crisis could lead to economic collapse.

Population growth, the climate crisis, and relentless over-extraction have depleted groundwater levels, and nearly half the city’s boreholes have already gone dry. Mercy Corps director said :“It’s a health crisis, an economic crisis, and a humanitarian emergency all in one.”

Just three decades ago, Kabul’s population was less than 2 million, but the toppling of the Taliban in 2001 led to an influx of migrants, lured by the promise of increased security and economic possibility. As its population grew, so did the demand for water. Kabul relies almost entirely on groundwater, replenished by snow and glacier melt from the nearby Hindu Kush mountains. But years of mismanagement and over-extraction have caused those levels to drop by up to 30 meters over the last decade. Kabul now extracts 44 million cubic meters more groundwater each year than nature can replenish, an imbalance that is steadily draining the city’s reserves and its residents’ finances. Some families have dug deeper wells, as deep as 120 meters,searching for more water to fulfil their needs. This water if often not safe, with risks to people’s health. Up to 80% of Kabul’s groundwater is deemed unsafe, with high levels of sewage, salinity and arsenic. Having spent a lot of meney on well digging (as much as 550 dollars), residents cannot afford to buy a water filter or purified water. Hence, they boil the well water for extended periods of time, let it cool and then drink it. Up to 80% of Kabul’s groundwater is contaminated, a consequence of widespread pit latrine use and industrial waste pollution. Diarrhea and vomiting are problems people experience all the time in Kabul.

Because of global warming, the capital is getting more and more rain, but less and less snow. This is impacting a city which has less infrastructure to regulate the flash flood. The lack of snow is harming Kabul in terms of groundwater recharge.

If current trends continue, UNICEF predicts Kabul could run out of groundwater by 2030. In early 2025, the UN’s office for the coordination of humanitarian affairs announced that its partners had received just 8.4 million dollars of the 264 million required to implement planned water and sanitation programming in Afghanistan. A further 3 billion in international water and sanitation funding has been frozen since the Taliban’s return to power in August 2021. The US’s recent move to cut more than 80% of its USAID funding has compounded the crisis.

Those without the means to dig hundreds of meters for water are at the mercy of private companies or must rely on donations. For families who can’t afford to spend much money to get water, the only option is to walk often long distances to mosques, which can provide water.

The crisis is taking a toll on the children’s future. The hours they should be spending in school, they are now basically spending on fetching water for their families.

Women shoulder much of this crisis, forced to walk for hours across Kabul just to fetch what little water they can, risking their safety under the Taliban’s oppressive rule which prohibits them from going outside without a mahram, or male guardian.

Source : Mercy Corps, CNN and other news media.

Kabul is just one example of what awaits us in the coming decades if nothing is done to combat global warming. The largest cities in Asia, Europe, the Americas, and Africa will inevitably face the problem of dwindling drinking water. The United Nations World Water Development Report 2024, published by UNESCO on behalf of UN-Water, highlights that water-related tensions are exacerbating conflicts worldwide. The report explains that to preserve peace, states must strengthen international cooperation and transboundary agreements.

Neige sur le désert d’Atacama (Chili) ! // Snow on the Atacama Desert (Chile) !

Comme je l’explique souvent sur ce blog, il ne faut pas se contenter d’un seul événement météorologique, climatique ou volcanique pour généraliser. Il faut la répétition de ces événements sur une échelle de temps suffisamment longue pour pouvoir tirer des conclusions plus globales.

L’événement météorologique que l’on vient d’observer dans le désert d’Atacama au Chili est certes exceptionnel, mais il faudra attendre qu’il se répète sur un laps de temps suffisamment long pour l’attribuer au réchauffement climatique.

Une chute de neige extrêmement rare dans l’endroit le plus sec de la planète a interrompu le fonctionnement de l’un des plus importants réseaux de télescopes au monde. La neige a recouvert une partie du désert d’Atacama, qui reçoit habituellement moins de deux centimètres de précipitations par an. Les climatologues avertissent que le réchauffement climatique pourrait exposer l’observatoire à des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents dans les prochaines années.
Le réseau de radiotélescopes ALMA est implanté sur le plateau de Chajnantor à 5 104 m d’altitude dans la région d’Antofagasta au Chili.

Vue aérienne du Plateau de Chajnantor avec les antennes de l’ALMA Crédit photo : European Southern Observatory (ESO)

Les chutes de neige du 26 juin ont été provoquées par une instabilité atmosphérique très inhabituelle qui a affecté le nord du Chili. Les services météorologiques chiliens avaient émis une alerte neige et vent en raison du passage d’une goutte froide dans la région. Ce phénomène s’est accompagné de fortes pluies plus au nord où elles ont provoqué la crue d’une rivière et causé des dégâts aux biens. Les écoles ont été fermées et des coupures de courant et des glissements de terrain ont été signalés. Un événement météorologique d’une telle ampleur n’avait pas été observé depuis près de dix ans.
En raison des mauvaises conditions météorologiques, les opérations scientifiques ont dû être suspendues sur l’ALMA afin de protéger les antennes. L’observatoire a activé son protocole de sécurité et a été mis en « mode survie ». Outre les chutes de neige, les températures ont chuté à -12 °C avec un ressenti de -28 °C, rendant le travail au camp de haute altitude extrêmement difficile. Dans le cadre de ce protocole, toutes les grandes antennes d’ALMA ont été réorientées sous le vent, afin de minimiser les dégâts potentiels causés par l’accumulation de neige ou les fortes rafales. Une fois la tempête passée, les équipes de déneigement ont immédiatement été mobilisées pour inspecter visuellement chaque antenne avant de reprendre les observations.
Le Grand Réseau Millimétrique/Submillimétrique de l’Atacama (ALMA), le plus grand projet astronomique au monde, est un partenariat international entre l’Observatoire Européen Austral (ESO), la Fondation Nationale pour la Science aux États-Unis (NSF) et les Instituts Nationaux des Sciences Naturelles (NINS) du Japon, ainsi que le CNRC (Canada), le NSTC et l’ASIAA (Taïwan) et le KASI (République de Corée), en coopération avec la République du Chili.
L’ALMA est composé de 66 antennes de haute précision. Elles constituent le radiotélescope le plus puissant de la planète. Il est conçu pour gérer des phénomènes météorologiques extrêmes comme celui-ci. L’interruption ds l’ALMA par la neige soulève des questions quant à son fonctionnement face au réchauffement climatique.

La Voie Lactée au-dessus des antennses de l’ALMA (Crédit photo : European Southern Observatory (ESO)

Le désert d’Atacama ne reçoit généralement que 1 à 15 millimètres de précipitations par an, et certains secteurs peuvent passer des années sans enregistrer de quantités de pluie ou de neige mesurables. Comme je l’ai indiqué plus haut, un seul événement ne suffit pas pour tirer des conclusions. Cependant, s’il est encore trop tôt pour établir un lien direct entre les chutes de neige à basse altitude dans le désert et le réchauffement climatique, un climatologue a déclaré : « Les modèles climatiques prédisent une augmentation potentielle des précipitations, même dans cette région hyper aride. Nous ne pouvons pas encore dire avec certitude si cette hausse est déjà en cours. »

Source : presse américaine.

Vue du désert d’Atacama (Photo : C. Grandpey)

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As I often explain on this blog, we should not rely on a single weather, climate or volcano event to generalize. These events must be repeated over a sufficiently long timescale to draw more global conclusions.
The weather event we just observed in the Atacama Desert (Chile) on 26 June 2025 is certainly exceptional, but we will have to wait for it to repeat itself over a sufficiently long period of time to attribute it to global warming.

A rare snowfall in the driest place on Earth has halted operations of one of the world’s premier telescope arrays.The snow has blanketed part of the Atacama Desert, which gets less than two centimeters of rainfall per year. Climate scientists warn that global warming may mean the observatory will face more extreme weather events like this in the future.

ALMA’s radio telescope array is perched high on the Chajnantor Plateau, a desert plain at 5,104 m in Chile’s Antofagasta region. The 26 June snowfall was triggered by unusual atmospheric instability affecting northern Chile. The Chilean weather services issued a snow and wind alert due to the passage of a « cold core » through the region. The phenomenon was accompanied by heavy rainfall that occurred farther north, causing a stream to swell and damage several properties. Schools were ordered to close, and power outages and landslides were reported. A weather event of this magnitude had not been seen in nearly a decade.

Due to the poor weather conditions, scientific operations had to be suspended to protect the antennas. The observatory activated its « survival mode » safety protocol: In addition to the snowfall, temperatures had plummeted to -12°C with a wind chill of -28°C making work at the high-altitude camp extremely difficult. As part of this protocol, all of ALMA’s large antennae were reoriented downwind, helping to minimize potential damage from snow buildup or strong gusts. Once the storm was over, snow-clearing teams were immediately activated to visually inspect each antenna before resuming observations.

The Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (ALMA) – the largest astronomical project in the world – is an international partnership of the European Southern Observatory (ESO), the U.S. National Science Foundation (NSF) and the National Institutes of Natural Sciences (NINS) of Japan, together with NRC (Canada), NSTC and ASIAA (Taiwan), and KASI (Republic of Korea), in cooperation with the Republic of Chile.

ALMA consists of 66 high-precision antennae. They form the most powerful radio telescope on the planet, and one designed to handle extreme weather events like this. The fact that the snow halted operations raises questions about the array’s operations as the climate warms.

The Atacama Desert typically receives only 1 to 15 millimeters of precipitation per year, and many areas can go years without recording any measurable rain or snow.As I put it above, one event is not sufficient to draw conclusions. However, while it is still too early to link lower-altitude snowfalls in the desert directly to global warming, one climate scientists said : « Climate models predict a potential increase in precipitation even in this hyper-arid region. We still can’t say with certainty whether that increase is already underway. »

Source : American news media.

La fonte de l’Himalaya : une menace pour toute l’Asie // Melting Himalayas : a threat to all of Asia

Voici une nouvelle bien inquiétante : la neige vient d’atteindre son niveau le plus bas depuis 23 ans dans l’Himalaya. J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog que l’Himalaya est le château d’eau de l’Asie. Si les glaciers disparaissent, ce sera une catastrophe pour deux milliards de personnes.
La chaîne himalayenne s’étend sur 2 500 km, de l’Afghanistan à l’ouest à la Birmanie à l’est.

Source: NASA

Ses hauts sommets et ses vallées sont recouverts de glace et de neige, dont le cycle annuel de fonte alimente douze grands bassins fluviaux qui serpentent à travers l’Asie centrale et orientale. Ces bassins constituent les principales sources d’eau d’une douzaine de pays. Le problème est qu’une baisse constante des chutes de neige dans l’Himalaya a été observée ces dernières décennies. Au cours de l’hiver 2024-2025, elles ont atteint leur niveau le plus bas depuis 23 ans.

Source : International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD)

Ce qui inquiète le plus les climatologues, c’est que de telles situations de déficit se succèdent continuellement. Le dernier rapport sur l’enneigement en 2025 révèle que les bassins versants du Mékong et de la Salwen, qui alimentent le Myanmar, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam et le Cambodge, sont inférieurs de plus de 50 % à la moyenne. Le bassin versant du Yangtsé en Chine présente un manque de neige de 26 %. Le Gange, en Inde et au Bangladesh, a diminué de 24 %. La situation est identique pour l’Indus, qui alimente le Cachemire et le Pakistan.

La réduction des chutes de neige ne serait pas un problème s’il s’agissait d’un événement ponctuel, mais le Bureau des Nations Unies pour la réduction des catastrophes (UNDRR) indique que cela s’est produit pendant cinq des six dernières années. L’accélération de cette tendance a été observée au cours du dernier quart de siècle, et les conséquences sont énormes.
Moins de neige dans l’Himalaya signifie moins de fonte au printemps et moins d’isolation pour la glace et les glaciers qui se trouvent en dessous. De même, moins de fonte printanière signifie moins de débit d’eau et, par conséquent, moins d’alimentation souterraine des bassins. La neige n’est pas la seule source d’eau des principaux fleuves himalayens. Elle contribue en moyenne à environ un quart du volume annuel. Cependant, les chercheurs expliquent qu’il ne fait aucun doute que les déficits en neige à répétition contribuent à la modification des régimes d’écoulement et à la baisse des niveaux d’eau.
Le bassin du Fleuve Jaune en Chine en est un bon exemple. La couverture de neige (la durée pendant laquelle la neige reste au sol), qui était 98 % supérieure à la moyenne en 2008, a chuté à moins 54 % en 2023, et le bassin continue de faire face à des déficits qui pèsent sur l’agriculture, l’hydroélectricité et la disponibilité en eau.
Il en va de même pour le bassin du Yangtsé en Chine. Cette année, les chutes de neige ont diminué de 26 % plus vite que la moyenne. La diminution constante du manteau neigeux compromet l’efficacité hydroélectrique du barrage des Trois Gorges (Three Gorges Dam).
La situation est identique pour tous les projets hydroélectriques et les régions agricoles qui dépendent de l’Himalaya. L’UNDRR exhorte les pays asiatiques à prendre des mesures d’urgence telles que l’amélioration des systèmes de gestion de l’eau, une meilleure préparation aux sécheresses, de meilleurs systèmes d’alerte précoce et le renforcement de la coopération régionale.
Ces mesures sont d’autant plus urgentes que tous les scientifiques s’accordent à dire que le pire est à venir si rien n’est fait pour enrayer le réchauffement climatique.
Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’Asie est la région la plus touchée par le réchauffement climatique. Des sécheresses successives ont provoqué un nombre particulièrement élevé de vagues de chaleur dévastatrices. À celles-ci se sont ajoutées des tempêtes et des inondations destructrices, et la tendance ne semble pas près de s’arrêter.
La Banque asiatique de développement (Asian Development Bank) prévoit que les rendements rizicoles, de l’Indonésie au Vietnam, chuteront de 50 % d’ici 2100 sans mesures urgentes d’adaptation au réchauffement climatique. Les impacts physiques du réchauffement climatique sont déjà significatifs, mais les conséquences les plus préoccupantes à l’échelle mondiale proviendront de perturbations sociales, économiques et politiques, bien plus difficiles à prévoir ou à gérer que des catastrophes isolées. Dans un contexte mondial déjà instable et marqué par des tensions géopolitiques croissantes, les impacts climatiques ne feront qu’amplifier l’incertitude de la situation.

Source : Médias d’information internationaux.

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Here is an alarming piece of news : Snow has just hit a 23-year low in the Himalayas. I have repeated in several posts that the Himalayas are the water tower of Asia. If the glaciers disappear, it will sound as a disaster to two billion people. .

The Himalayan mountain range reaches 2500 km from Afghanistan in the west to Myanmar in the east. Its high peaks and valleys are covered in ice and snow whose annual cycle of melting feeds 12 major river basins that wind their way across the Central and East Asian landscape. These are the major water sources for a dozen nations The problem is that a steady decline in snow falling across the Himalayas has been observed in recent decades. During the winter 2024-2025, it tumbled to an overall 23-year low, which is definitely alarming. What worries most the climatologists is that they are observing such deficit situations occurring in continuous succession.

The latest snow report for 2025 reveals that the snow catchments for the Mekong and Salwen Rivers that feed into Myanmar, Thailand, Laos, Vietnam and Cambodia are worse than 50 per cent lower than average. China’s Yangtze catchment has 26 percent less snow. The Ganges River of India and Bangladesh is down 24 percent. The situation is identical for the Indus that feeds Kashmir and Pakistan.

The reduced snowfalls would not be a problem if it were a one-off event, but the United Nations Office for Disaster Risk Reduction (UNDRR) says this has happened in five out of the past six years. It is an acceleration of a trend observed over the past quarter century and the implications of this trend are enormous.

Less snow in the Himalayas means less spring melt and less insulation for any ice or glaciers beneath. In its turn, less spring melt means less water flow and that, in turn, means less soak to refill groundwater basins. Snow is not the only source of water for the major Himalayan rivers. While every river differs, snow, on average, contributes to about a quarter of all annual water runoff. However, researchers say there is no doubt that ongoing snow deficits are contributing to changing flow patterns and falling water levels.

China’s Yellow River Basin is a case in point. Its snow persistence (the time snow remains on the ground) fell from 98 percent above average in 2008 to -54 percent in 2023 and the basin continues facing deficits. Such sustained deficits strain agriculture, hydropower, and water availability.

It is a similar story for China’s Yangtze Basin. This year’s snowfall vanished 26 percent faster than average. The steadily declining snowpack jeopardizes hydropower efficiency of the Three Gorges dam.

It is a similar story for all Himalayan-fed hydropower projects and agricultural regions. The United Nations Office for Disaster Risk Reduction (UNDRR) is urging Asian nations to take immediate action. Improved water management systems, stronger drought preparedness, better early warning systems, and greater regional co-operation are among the most urgent ùeasures to be taken.

They are all the more urgent as all scientists agree that the worst is to come if nothing is done to curb global warming.

According to the World Meteorological Organization (WMO), Asia is suffering the most from global warming. Successive droughts have produced a particularly high number of damaging heatwaves. These have been topped off by destructive storms and flood and it is turning into a relentless trend.

The Asian Development Bank has predicted that rice yields from Indonesia to Vietnam will fall 50 percent by 2100 without urgent climate adaptation measures. While the physical impacts of global warming are already intensifying, the most concerning outcomes globally will arise from social, economic and political disruptions which are far more difficult to predict or manage than isolated disaster events. Given an already unstable global context of rising geopolitical tensions, climate impacts will only magnify this volatility.

Source : International news media.